Author Note : Bonne année 2015 pleine de santé, d'amour et de joie à tous les lecteurs.

Merci à Klaineuse (oui, je vais terminer comme il se doit CUNM, et ce qui se passe dans la tête de Blaine et Kurt est bien simple … pour moi; Merci beaucoup pour ton soutien et j'espère que ce chapitre te plaira), à OnlyDarrenK (merci beaucoup pour ta review et pour le temps que tu prends à lire cette histoire, j'espère qu'elle continuera à te divertir),à Brave Woodpecker, à Licorne-Klaine , à Parax, et à LePinguAmoureux pour vos reviews. Elles m'encouragent et me donnent l'envie de vous donner un max. Merci à vous et Bonne lecture…

Précédemment : Blaine de retour sur Radde rejette Kurt tandis que Jeff a enlevé contre son gré Nick de Terre.

Musique de ce chapitre : Hit the road Jack et Come see about me


Chapitre 6: Trinergie - Rejet


Cette maison était un vrai labyrinthe.

Il en était à sa troisième mission de repérage et il n'était toujours pas au point pour savoir où se trouvait quoi dans cette fichue baraque. A quoi pensaient donc ces Majatiens en construisant ces manoirs vraiment ? Se forçant à rester calme, Nick ressortit de sa poche son plan en construction et indiqua au crayon l'emplacement du troisième salon. Non mais pourquoi tant de salles, de chambres, de salles de bain si on vivait quasiment seul ? Depuis son arrivée, il n'avait croisé que des employés de maison.

Celle qui lui avait été attribuée portait le nom de Charisse. Elle était toute petite, gentille mais bon sang, elle savait ce qu'elle voulait. Et pour le moment, c'était de l'alimenter. Elle faisait une véritable obsession là-dessus. Replaçant la feuille dans sa poche, il reprit son exploration. Il faillit avoir une attaque cardiaque quand une main se saisit de son épaule.

-Est-ce que tu te serais perdu ?

Se retournant brusquement, il se retrouva en face d'une femme de haute taille, avec des yeux verts magnifiques, entourés de longs cils blonds. Elle avait une bouche fine mais parfaitement maquillée et surtout un corps à faire pâlir d'envie les jeunes filles.

-Heu…non, balbutia-t-il.

-Pourtant te voila bien loin des appartements de mon fils, terrien.

-Vous êtes…

-Gwendoline Sterling. Enchantée de voir enfin, face à face, celui qui a rendu mon fils assez fou pour qu'il perde toute contenance et mette en péril sa place au palais.

Nicholas contempla un instant la main tendue de la mère du mécréant qui lui avait fait l'affront de le couper de ses racines. L'envie de la snober germa dans son esprit mais fut vite étouffée dans l'œuf par son éducation. Il lui serra la main et fut surprit de la force avec laquelle elle agrippa fortement la sienne. Un instant il crut qu'elle voulait la lui broyer mais il ne se laissa pas démonter et augmenta aussi la pression en doutant de ses capacités à augmenter graduellement la pression. Gwendoline termina la petite compétition qu'elle avait elle-même commencée.

-Tu es moins fragile que je ne le pensais, avoua-t-elle avant qu'un sourire carnassier n'apparaisse sur ses lèvres.

-Votre fils ferait bien de ne pas l'oublier.

-Tu es un vrai petit feu d'artifice et tu n'as peur de le défier. Les années à venir risquent d'être pleines de surprises et d'intéressantes… confrontations.

-Je n'ai pas l'intention de rester ici des années, cracha le jeune Duval en la fusillant du regard.

-Tu es adorable, dit-elle en caressant sa joue, mais ne te trompes pas petit. Plus tu lui résisteras et plus il prendra plaisir à te briser. Il n'y a rien de plus excitant pour un Majatien qu'un futur lié qui lui demande de prouver sa valeur.

-Oh et bien, il me faudra le briser avant alors…

-Ha, l'espoir fou des jeunes années. Tu sais quoi, je vais t'aider autant que je peux car tu me plais.

-Vraiment ?

-Oui, et je vais commencer dès maintenant. Histoire de te faire gagner du temps, je peux d'ores et déjà te dire qu'il n'y a aucun moyen d'entrer ou de sortir de cette aile de la maison, déclara-t-elle avec un petit sourire sur les lèvres.

-Je ne vois pas de quoi vous parler, essaya Nicholas.

-Je ne connais pas une souris qui n'essaye pas de sortir du labyrinthe duquel on l'a enfermé. Bonne journée beau-fils.

-Jamais je ne serais votre…

Gwendoline lui avait déjà tourné le dos et lui faisait au revoir de la main. Cette famille était entièrement composée de membres tarés. Il allait lui falloir trouver une échappatoire et vite.

Une fois sortit, il pourrait retrouver Blaine et les faire fuir ce bout de l'univers qui renfermait ces horribles personnages.

-*-*-*-*-*-*-*K&B -*-*-*-*-*-*-

-As-tu bien dormi fils, demanda le roi au petit bouclé qui regardait avec envie un petit pain aux bruns et de la confiture qui se trouvait en face de lui.

-Très bien père, sourit tout naturellement le dernier des Anderson.

-Commence à déjeuner mon enfant et racontes-moi enfin un peu tes aventures. Depuis ton retour, nous n'avons pas eu le temps de discuter de ton passage sur terre. Cela fait déjà quelques jours et je veux tout savoir, dit avec un sourire paternel le roi.

-C'était génial, commença sans se faire prier et en tartinant généreusement sa tranche pain Blaine. Mon Nicholas et ma sœur étaient tous les deux là pour m'accueillir et on ne s'est pas quitté de la semaine. On a…

C'était ainsi que commença un monologue de vingt minutes qui ne fut interrompu que lorsque Kurt entra en riant accompagné de Chandler. Burt et Blaine froncèrent tous deux les sourcils face à cette interruption inopinée.

-Kurt, dois-je te rappeler que ceci est la salle familiale du petit déjeuner.

-Mais…

-Non, trancha catégoriquement le roi.

Les deux jeunes gens sortirent et une minute plus tard, un Kurt aux lèvres roses pénétra de nouveau dans la salle où régnait cette fois un lourd silence.

-Bonjour père, bonjour Blaine,

-Bonjour fils,

-Bonjour prince Kurt, répondit son lié d'un ton moqueur.

Encore cette insolence ! Irrité, Kurt reposa son verre.

-Je ne sais pas à quoi tu joues mais je n'aime pas ce ton que tu emploies depuis ton retour.

Haussant les épaules, le plus jeune essuya ses lèvres avant de s'adresser au roi.

-Puis-je sortir de table père ?

-As-tu assez déjeuné, s'inquiéta d'une voix bourrue Burt.

-Oui et j'aimerais aller voir Finn, il m'a promis de me montrer un bébé bouilie. On part en expédition pour toute la matinée.

Burt sourit et lança un regard rapide à son fils, qui semblait sur le point de s'étrangler de rage d'être ainsi ignoré.

-Fais attention et promet de ne pas en ramener un, même s'ils sont tous doux.

Se sachant découvert, Blaine laissa échapper un rire clair et joyeux qui réchauffa le cœur de Burt et sortit.

-Pourquoi l'avoir autorisé à sortir alors que je viens d'arriver ?

-Il est venu à l'heure et il n'a pas eu l'audace de venir accompagner que c'est contre nos coutumes, voila pourquoi Kurt, le réprimanda le souverain.

-C'est injuste, se récria le fils. Tu m'as donné ton accord pour…

-Je ne t'ai pas donné mon accord pour lui manquer de respect, ni pour l'ignorer et encore moins pour que tu t'affiches ainsi aux yeux de tous avec ton quatre heure.

-Ne l'appelle pas comme ça. Je sais que je devrais être plus discret, et nous le sommes beaucoup plus depuis le retour de Blaine mais je tiens à lui papa et …

-Kurt… Une première amourette est toujours intense, et avec ta première maturité, je sais à quel point tu as besoin de contact avec lui mais il n'est pas ton lié. Ne fais pas l'erreur de tout mélanger.

Kurt grimaça en entendant son père employé le terme, à son sens péjoratif, d'amourette et non d'amour. Ce qui était d'autant plus ennuyant quand on savait qu'il passait des moments bien plus agréables avec Chandler qu'avec Blaine.

-Peut-être que Blaine n'est pas destiné à être plus que…

-Plus que quoi, tonna le roi. Aucun Majatien n'a deux liés de ce type et tu le sais. En avoir un est déjà un miracle en soi. Ne te leurre pas, le seul lien que tu pourras établir avec ton Kiehl est un lien de type 1 et une fois ton noyau énergétique revitalisé, tu te rendras bien vite compte qu'il n'était qu'un passe-temps pour toi.

-Je ne le crois pas.

-Vraiment ? Veux-tu en faire le pari ?

-Si c'est ce qu'il te faut pour accepter Chandler alors oui, je tiens le pari.

Un sourire lent se dessina sur les lèvres charnues de Burt alors qu'il se levait et énonçait les termes de leur arrangement. Si son fils se croyait si malin, qui était-il pour l'empêcher de foncer dans un mur ? Rien ne valait une bonne claque pour se réveiller et briser la bulle dans laquelle il s'était entouré.

Son appétit envolé, Kurt sortit lui aussi de la salle de déjeuner et se dirigea vers les écuries. Enfourchant son destrier, il partit pour une longue chevauchée, oubliant tout jusqu'à ce que son estomac se rappelle à lui. Il devait être aux alentours du milieu d'après midi quand, après une bonne douche, il se dirigea vers la salle des stratégies où il y rencontra un Jefferson, les cheveux en pétard, qui faisait les cent pas.

- Hé bien, hé bien, si ce n'est pas bras mon gauche adoré qui se fait du sang d'encre.

-Kurt, j'ai quelque chose à te dire.

-Si cela à avoir avec Chandler, crois-moi, je suis plus que fatigué que tout le monde veuille y mette son grain de sel.

-Ca, je veux bien le croire. C'est que ce n'était pas forcément le meilleur choix que tu pouvais faire. Et tu n'as pas non plus choisi le meilleur moment. Je suis malheureusement mal placé pour en parler.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Désolé les gazelles mais on a une situation difficile à régler, intervint Puck qui arriva le souffle court, les yeux magentas, le bras gauche en sang, l'œil droit au beurre noir et une brulure sur la jambe gauche.

-Merde alors, on t'a pas raté, siffla admiratif Jeff.

-Pas le temps de me complimenter gauche, si on veut que notre prince adoré ne perde pas la tête, il va nous falloir sauver son lié, et vite.

-Blaine ?

-Tu en as un autre ? Parce qu'aux dernières nouvelles, ton poney Kiehl n'est rien de plus qu'un passager clandestin.

-Poney ?

Sans attendre de répondre de ses âmes sœurs, Puck fila sans un mot. Les yeux en cours de changement vers le magenta, Kurt et Jeff le rejoignirent au pas de course. Ils déboulèrent sur la cours, où un Finn en mode Majatien, avait adopté une posture défensive. Le petit bouclé par contre, était parmi les grands absents. Puck avait pris place aux côtés d'Hudson et ils se battaient à tour de rôle et quelque fois ensemble sur un coup stratège contre une bête immense qui faisait trois fois leur taille et deux fois leur surface et force. Jeff enleva son pull tandis que Kurt analysait la situation. C'était la première fois qu'il en voyait un de si près. On entendait toujours parler des bouimies. Des bêtes féroces, protectrices de leur forêt centrale et qui ne se révélaient être vraiment terrifiantes que lors de la présence de Radde près de leur second astre.

Les bouimies vivaient bien plus longtemps que les Majatiens. Ils se reproduisaient peu mais quand il le faisait, ils n'avaient qu'une portée de deux descendants, les bouilies. Jusqu'à leur maturité, cent ans plus tard, ils étaient tout ce qui a de plus vulnérable, de vraies petites peluches.

Finn avait promis à Blaine de lui en montrer un et si le 'parent' était ici, cela voulait dire que le second était en route, sûrement avec de la cavalerie. Les deux espèces, Majatiens et bouimies étaient les deux seules espèces complètement fragiles et instinctives pendant la trinergie, elles ne s'affrontaient jamais sauf en cas de force majeure.

Ce qui ramenait Kurt à la question suivante : « Où donc était Blaine ? ». Il n'eut pas à s'interroger plus longuement que la voix de son lié retentissait.

-C'est bon, c'est bon Finn, je suis de retour.

Le petit bouclé courait avec dans ses bras, un plaid dans lequel des oreilles jaunes se balançaient de droite à gauche. Qu'est-ce que cette merde ?

Si la bête avait compris que son petit lui revenait, elle ne cessa pas pour autant ses coups acharnés et même si Jeff s'était joint à l'équipe de défense, ils ne semblaient pas reprendre le dessus. Blaine continuait à courir et finit par les dépasser. Il tendait la couverture vers la bête en souriant. Etait-il donc fou ? Oh non rectification, il allait se faire déchiqueter. Prêt à intervenir, Kurt s'élança en courant vers lui, la main levée prêt à le secourir en l'enveloppant d'une bulle protectrice. Mais son lié l'avait vu venir et lui cria de ne pas s'approcher. Comme si Kurt allait l'écouter !

Soudainement la bouimie créa un champ de force entre eux et Blaine.

-Qu'est-ce que c'est que ça, s'écria Finn les yeux écarquillés.

Il lança une boule d'énergie qui se retrouva absorbée par le champ.

-Blaine, éloignes-toi de lui, lui cria le fils de Carole.

Kurt se décida à user de leur lien mental mais cette fois c'est Blaine qui le ferma. Depuis quand l'enfant avait compris que cela allait dans les deux sens ? Perdu, Kurt suivit attentivement ce qui se passait en face de lui, la peur au ventre, la bile dans la gorge, les sens en furie.

Son pauvre Blaine ! Attends, non mais il rêvait ou quoi ? Se frottant les yeux, il réalisa que non !

L'enfant embrassa ce qui avait dans le plaid et le berça un instant. Puis il le déposa sur le sol et s'éloigna un peu. La petite bête toute poilue et somme toute peu effrayant sortit de sa couverture lentement. Sa patte était entourée d'un bandage et en boitillant, elle s'approcha de la bête précédemment en furie. Celle-ci la renifla puis la prit dans sa gueule avant de regarder longuement Blaine. Il semblait presqu'il communiquait et le sourire ravi de Blaine, reflétait sa fierté… pour… allez savoir pourquoi ! La bête finit par s'éloigner rapidement mais il fallut cependant attendre quelques minutes avant que le champ ne se désintègre.

-Tu as vu ça Finn, c'était génial, s'exclama enthousiaste le plus jeune d'entre eux.

-Grave petit mec, lui répondit le jeune homme en lui présentant son poing. C'était du tonnerre.

-Vous aviez organisé cela, comprit Puck.

-C'était disons… un plan en construction, dit Finn mais on a assuré. Bien joué Blaine.

Clap. Le bruit retentit et d'un mouvement synchrone Puck, Jeff et Finn se tournèrent vers le couple. Blaine se tenait la joue, les yeux humides mais le poing fermé. Son corps tremblait sous la colère.

-Je...te...déteste.

Il s'éloigna en courant et Finn allait le rejoindre quand tout à coup, il se tourna brusquement vers le trio atypique.

-Tu n'avais pas le droit de lui faire cela.

-Père lui avait dit de ne pas ramener de bouilie et malgré cela, il l'a fait. Il nous a mis en danger et tu l'y as aidé. Tu mérites…

-Je mérite une punition, sans aucun doute. Je ne dirai rien contre mais moi, au moins je suis de ton poids. Blaine …

-Est mon lié et je le traiterai comme j'en ai envie.

-Je n'ai pas peur de toi, ni de ton bras droit, dit-il en désignant Puck, ou gauche, en montrant Jeff. Blaine est mon ami et il a de toute évidence besoin d'un protecteur aussi. Et comme tu ne sembles pas connaitre quand un adversaire est à ta taille, grogna Finn, je vais devoir le protéger de toi.

-Tu ne fais pas le poids contre moi.

-Peut-être, peut-être pas mais Burt et ma mère sauront m'aider à le protéger. Ne lève plus jamais la main contre lui.

La menace voilée lancée, Finn s'éloigna alors que Jeff et Puck entourait Kurt.

-Je fais un saut à l'infirmerie et ensuite tous les trois, il va falloir que l'on parle, dit simplement Puck.

-*-*-*-*-*-*-*-*-*N&J*-*-*-*-*-*-*-*-

Deux semaines plus tard et Blaine le fuyait encore. Après s'être excusé platement et devant son père, Kurt s'était attendu à ce que son lié passe l'éponge comme d'habitude. Blaine avait hoché de la tête mais ne l'avait même pas regardé. Au grand plaisir de Finn ! Celui-ci avait prit soin de tout relaté à leurs parents et le savon que lui avait passé son père n'avait pas été à son goût.

Comment aurait-il pu imaginer que Blaine avait trouvé la petite bouilie blessée et l'avait amené pour qu'elle soit soignée. Comment aurait-il pu savoir que son lié avait une voix d'ange qui adoucirait la mère et le petit et ce suffisamment pour qu'il éloigne le petit de son nid. Les deux compères pourtant avaient oublié un élément à l'équation et c'est que c'est le père et non la mère qui se lançait à la recherche de leur bouilie manquant.

Réaliser qu'il avait commis une telle injustice et que son lié avait du ressentiment envers lui était …dur. Surtout pour son Majatien et pour ne pas y penser, et ne pas se soumettre aux regards désapprobateurs de ses bras droit et gauche, il avait décidé de se perdre dans Kiehl.

Et bon sang de bonsoir, qu'est ce que c'était bon !

C'était ce que se répétait en boucle Kurt alors que Chandler s'était transformé en véritable sangsue. Il aurait un mal de chien à cacher cet énorme suçon que se plaisait à lui faire le demi-Majatien. Le jeune homme avait un don. Celui de le transformer en loque avec ses lèvres seulement : elles avaient leurs propres magies. Son cou, son torse, ses parties érogènes, c'était quelque chose d'incompréhensiblement bon. Comme il comprenait Jeff quand celui lui disait qu'il passait à côté de moments forts agréables. Un mois après le retour de Blaine, et il ne regrettait pas son choix d'avoir cédé à la volupté.

Le lendemain du retour et rejet de son petit lié, leur planète s'était mise en orbite autour de leur second astre et son corps, oh son corps était devenu insatiable. Il lui en fallait plus, toujours plus et même avec la libido débridée de son « ami bienfaiteur », il passait son temps à rêver et à fantasmer sur tout cul bien ferme et rond que croisait son regard. La folie des premiers instants passés, il commençait même à penser à multiplier les partenaires. Un mois avant, il avait eu peur de commencer et maintenant il craignait de ne plus pouvoir s'arrêter. Une fois de plus, son père avait eu raison ! Si cela continuait comme cela, il perdrait son pari et bon sang, il le refusait catégoriquement.

-Je peux te rendre encore plus fou de désir, lui chuchota Chandler avant de reprendre ses lèves goulument.

Kurt lui mordilla la lèvre inférieure et s'apprêtait à lui arracher ses vêtements quand il fut arrêté par des mains douces.

-Doucement, lui susurra son initiateur. Prends le temps de savourer…

Chandler était sympa, plein d'enthousiasme et d'imagination mais il était trop vanille à son goût. Son Majatien voulait plus de sensations, les sentiments mielleux n'étaient pas à l'ordre du jour. Il voulait vite, fort, sans limite. Pas un partenaire avec des sentiments, juste un partenaire débridé.

Il poussa un gémissement d'extase à cette simple pensée et Kiehl qui pensa être la raison de ce son, mit encore plus d'ardeur à la tache, caressant avec douceur son torse. Se sentant coupable de se servir ainsi de lui, le jeune prince se reconcentra sur son partenaire. Un minute plus tard, et l'on toquait à la porte alors que la voix fluette de Blaine cassait définitivement son érection. Son Majatien, lui, se réjouissait du court moment qu'il allait passer avec son lié.

Ceci aussi était déconcertant. Kurt ne savait plus sur quel pied danser avec le garçon tandis que sa partie primaire semblait rechercher l'odeur, le visage et plus que tout le sourire du petit.

-Qu'est-ce qu'il veut cette fois, demanda énervé Chandler.

C'était bien la sixième fois depuis le début de la semaine qu'il pointait le bout de son nez, juste au moment où les choses devenaient intéressantes et le jeune Kiehl commençait sérieusement à être sur les nerfs.

-Votre altesse, résonna encore une fois la voix du jeune Anderson. C'est ton lié, le seul et l'unique qui te parle.

C'était la nouvelle phrase fétiche de l'enfant pour se présenter et cela mettait Chandler littéralement hors de lui. Quand Puck avait suggéré à l'enfant cette boutade, il l'avait mis de suite en pratique, et de voir la réaction du chewing-gum, proche de l'apoplexie l'avait définitivement poussé à l'adopter.

Se doutant que le bouclé ne partirait pas sans voir son visage, Kurt se dégagea et passa un foulard autour de son cou, nouvel accessoire qu'il avait adopté et reboutonna sa chemise. Vérifiant qu'il était présentable dans son miroir, il lança un regard appuyé sur Chandler pour lui demander de se tenir correctement.

-Je t'ai déjà dit de m'appeler Kurt, Blaine, lui rappela l'héritier avant d'ouvrir la porte.

-Bien sûr votre altesse, rétorqua cependant l'enfant en lui faisant un grand sourire malicieux.

Depuis son retour et sa réflexion sur le fait que Kurt n'était pas son Kurt, l'enfant refusait de l'appeler autrement que par son titre. L'effet était immédiat car son Majatien se sentait prêt à tout faire pour se faire reconnaitre.

-Que veux-tu mon lié ? Demandes ce que tu veux et je te le donnerais.

Portant son index gauche à sa lèvre inférieure, Blaine leva les yeux au plafond, faisant semblant d'y réfléchir avant de dire d'une voix hésitante :

-Je veux que tu me suives. Papa Burt veut te voir pour notre moment de famille.

Penchant la tête sur le côté, il sembla enfin remarquer le châtain qui lui lançait un regard noir. Tirant la langue, il fit une série de grimaces avant de détaler sans demander son reste.

-Corriges-le, lui ordonna Kiehl.

-C'est un enfant et il agit comme tel. Ce serait plutôt à toi de faire des efforts non ?

Il n'était déjà pas dans les petits papiers de son lié et de son père, il n'allait pas pour une bouche, certes talentueuse, se mettre dans la merde.

-Tu es avec moi pourtant c'est toujours de son côté que tu te ranges, se plaignit une fois de plus son amant.

-Hé bien, jamais lui ne se plaint de toi. Il est mon lié Kiehl, ne l'oublie pas. Je ne peux vivre sans lui et je ne le veux même pas. Crois bien que j'apprécie ce qu'on a, et c'est sympa mais ne fais pas l'erreur de croire que si tu me posais un ultimatum, ce serait Blaine le perdant. Nous sommes liés au niveau 3 et dès qu'il sera en âge, nous finirons de sceller notre destinée. Maintenant si tu veux bien m'excuser, répondit-il en citant hypocritement le même discours que lui avait servi son père deux semaines plus tôt.

Les choses étaient alors un peu différentes !

-Je suis vraiment désolé de m'être ainsi emporté s'excusa pauvrement son interlocuteur avant d'essayer de se racheter. Puis-je au moins t'accompagner jusqu'à votre salon ?

Kurt le regarda un instant avant de l'embrasser légèrement et d'acquiescer. Depuis le retour de son lié, ils étaient bien plus discrets et se permettaient juste de se tenir par la main. Marchant d'un bon pas, car si son père était un homme tolérant, il y avait une chose sur laquelle il était intransigeant c'était bien les moments de famille, et leur ponctualité à ces rendez-vous tous les vendredis soirs.

A peine arrivé devant la porte du salon familiale, que celle-ci s'ouvrait seule laissant un instant plus tard apparaitre la stature imposante de Finn. En voyant cela, le jeune couple fronça les sourcils. Burt refusait que Kiehl se joigne à eux. Pourquoi le nouveau protecteur auto-attitré de Blaine avait lui, droit à un laisser passer ?

Kurt pensa un instant à poser directement la question quand comme un boulet, Blaine poussa Finn et se faufila jusqu'à ne montrer que sa tête bouclée. Son regard se posa directement sur le couple avant de pousser un petit cri joyeux puis ouvrant complètement la porte, il tendit la main vers son ami de haute stature et allongea la main. Kurt put entendre le rire chaud de son père et la voix de Carole dire à son fils de respecter sa promesse alors que de la monnaie sortait de la poche de Finn et allait dans la main de Blaine. La mine ravie de l'enfant ne laissant aucun doute sur sa joie.

Laissant le jeune châtain à la porte, Kurt lui sourit de nouveau avant d'entrer et de refermer la porte.

-Comment tu savais que la tique serait là, questionna Finn curieux et un peu dégouté d'avoir perdu son pari.

-La tique, souleva Kurt.

-Le parasite qui t'accompagne tout le temps, la sangsue, lui expliqua sans remord Blaine en le regardant droit dans les yeux.

Cette impertinence ! C'était une nouvelle attitude de son lié depuis son retour de terre. C'était ce petit quelque chose qui lui manquait avec Kiehl. Ce manque de peur pour l'affronter, cette envie de vivre et de pleinement faire les choses, cette possibilité de se croire son égal alors qu'il était si faible. C'était excitant à souhait. Pas d'un point de vue sexuel car son lié était encore si peu mature mais même quand il l'énervait par son attitude immature, il l'appelait au plus profond de lui, à chaque minute, à chaque rébellion, tout simplement sans cesse. C'était ce lien, cette subtile dépendance qui faisait que Blaine était unique à ses yeux.

-Blaine, du respect en tout temps, lui rappela Burt alors que Kurt ne se sentait pas le cœur de le reprendre. Il passait déjà si peu de temps avec son lié, si en plus, il le réprimandait sans cesse.

-Et donc ?

-Hé bien Kurt, j'ai fait le pari avec mon ami qu'après la dernière frayeur qu'avait fait ton père à la tique, il n'oserait pas venir si prêt du roi, mais j'avais tort, dit du bout des lèvres Finn.

Au rappel de la colère de son père quand la tique…enfin quand Chandler avait osé repousser Blaine alors que celui-ci s'approchait de Kurt. Ohlala, cela avait été un moment à marquer d'une pierre blanche. Le jeune homme avait découvert une facette que beaucoup oubliait du souverain. Cependant, si le calme et le pragmatisme étaient les premiers compliments que l'on attribuait au roi, en toute intimité, c'était son côté papa poule qui en faisait un adversaire redoutable. Une fois activé, il était redoutable. Après cette altercation, père et fils ne s'étaient pas parlé pendant trois jours tandis que Blaine avait suivi son papa Burt comme un chiot, sa mère.

Kurt se retourna un instant vers son lié et l'étudia un instant avant de lui demander :

-Tu sembles toujours savoir quand je suis avec lui et où on se trouve. Comment fais-tu ?

-Ca sent.

-Pardon, s'offusqua le prince.

-Plus je me rapproche de vous, plus j'ai envie de vomir. Ca pue. Déjà, Chandler a une odeur bizarre et forte mais quand il est avec toi, altesse, c'est comme de…l'œuf pourri.

-Appelle-moi Kurt. Ou lié ou Hummel mais arrête avec 'altesse'.

-Oui, prince Kurt.

Fronçant les sourcils, Kurt prit place à côté du jeune Anderson mais celui-ci se leva et alla se poser de l'autre côté du roi, son regard plein d'admiration pour son papa adoptif.

- Pourquoi Finn et Carole sont là, finit par demander Kurt en suivant du regard son aimant bouclé personnel.

Rougissant et passant la main sur son crâne, Burt inspira lentement avant de se jeter à l'eau.

-Oui, hé bien, Carole et moi avons décidé de donner à notre couple une chance. Je lui ai donc demandé la permission de la courtiser ouvertement et je souhaitais en parler avec vous trois, les garçons, avant d'aller plus loin.

- Courmiser ? Ca veut dire quoi, demanda perplexe Bee.

-Cela veut dire qu'il veut se marier avec ma maman, dit lentement Finn le visage neutre.

-Ouiiii, cria à tue-tête Blaine. Finn, on va tout partager, moi mon papa Burt et toi ta maman Carole. On va pouvoir avoir la même chambre, continua-t-il tout excité. Tu seras mon frère, conclut-il en sautant sur la chaise.

Riant de la joie évidente que leur offrait son futur beau-fils, Burt ne décollait pourtant pas les yeux de son fils. Carole demanda à Bee de se rassoir avant de se faire mal mais tout à sa joie, il alla lui faire un câlin, les yeux plein d'étoiles.

-Kurt, qu'en penses-tu ?

-Il est plus que temps que tu penses à toi et Carole te rends heureux. Elle est aussi très importante, et ce depuis longtemps pour Blaine. Ce n'est pas comme si je pouvais vous dire non à tous les deux.

Burt et Kurt se regardèrent un instant et se comprirent.

Le regard des deux hommes se dirigèrent vers Carole qui les joues roses, riaient des efforts que faisaient les deux garçons, l'un si petit et mignon, l'autre attendrissant avec des membres dont il ne savait que faire, montrer leurs dents, leurs muscles, des pas de danse, dans une compétition absurde qui mettait en joie leur destinataire.

A la fin du repas pourtant, Blaine n'avait toujours pas adressé un regard ou une attention particulière à son lié, l'ignorant avec superbe. Il s'était mis dans la merde et il allait devoir réparer tout cela. Incapable de détacher son regard de lui, Kurt ne cessait de toucher le symbole de leur lien tandis que Burt assistait, avec un sourire connaisseur, au début de la chute de Kurt… et du gain à venir de leur pari.


Alors ce chapitre vous a-t-il plu ? Prochain chapitre aura un peu plus de Nick… et d'autres choses !