L'auteur entre sur scène avec un air soucieux.
PvC : Soucieux... Soucieux... Elle est surtout en train de chercher une bonne excuse pour expliquer son retard. C'est tout. Il ne faut pas aller chercher plus loin.
Ahélya : Mais t'es toujours là toi !
PvC : Bien sûr que je suis toujours là ! Tes lecteurs m'adorent. Bientôt, ils vont te supplier d'abandonner tes fis sur Saya et Hagi pour en faire sur moi.
A (air sceptique) : ça, ça m'étonnerait quand même.
PvC : Bon... continue donc à te chercher des excuses, je m'occupe du reste.
PvC se tourne vers le public.
PvC : Rien n'est à elle. Elle ne fait ceci que pour son plaisir et le vôtre alors... Bonne lecture !
Partie III : Enquêtes
Chapitre n°2 : Entraînements
Omoro
Nuit
Mao n'arrêtait pas de se tourner et de se retourner dans son lit et tout cela à cause de l'un des deux chiens de garde. En même temps, le Chevalier blond avait bien réussi son petit effet en leur apprenant par téléphone que le cercueil de Van Argeno était vide. Je n'ai vraiment pas envie de savoir de quelle manière il a obtenu cette information. Mais dans tous les cas, ça ne change rien au fait que ce mec doit être en vie… On va devoir amasser le plus d'information possible sur lui en un temps record.
En effet, David avait exigé cela d'elle et d'Akihiro dès la réception de cette information qui était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne parce qu'ils avaient enfin un os à ronger alors qu'auparavant, ils se trouvaient dans le noir complet mais… Mauvaise car cet homme n'avait certainement pas réussi à dissimuler aussi bien sa mort en étant seul ce qui voulait dire que leur nouvel ennemi devait être quelqu'un de puissant. Et on en revient à Grant maintenant. Mais je ne peux tout de même pas imaginer que ce type ne fait cela que par vengeance. A quoi celui lui servirait-il de…
« Tu pourrais pas arrêter de bouger, se plaignit soudain Akihiro d'une voix endormie. Y'en a qui ont besoin de dormir. »
La jeune femme se tourna vers son compagnon qui malgré son réveil avait gardé les yeux fermés. Elle le fusilla du regard.
« Comment peux-tu dormir dans un moment pareil ? »
Okamura ouvrit un œil.
« Rester éveillé ne changera rien à la situation. » répliqua-t-il avant de refermer l'œil qu'il venait d'ouvrir.
Il tourna ensuite le dos à Mao. La jeune femme prit un air furieux.
« Nous ferions mieux de trouver des infos. Ce serait toujours mieux que de rester allonger ici en attendant qu'un chiroptère vienne nous tuer. »
Akihiro se redressa puis se retourna pour lui faire face.
« Tu sais bien qu'ils ne réussiront pas à rentrer à l'intérieur. Ils veillent.
-Je n'en doute pas. »
Le journaliste se rallongea.
« Tu vois… Alors dors. Nous n'avons rien à craindre. »
Mao poussa un soupir exaspéré.
« Et Saya ? Vous avez un peu pensé à elle dans votre délire ? Elle vient juste de se réveiller et pour quoi faire ? Se battre encore une fois ! C'est à se demander comment elle fait pour ne pas craquer… »
Akihiro se redressa rapidement et attira la jeune femme contre lui afin de la prendre dans ses bras.
« Comme ça, lui dit-il.
-Comme ça quoi ? »
Un bruit de porte que l'on ouvre empêcha Akihiro de répondre.
« Qu'est-ce qui se passe ? » murmura Mao.
Okamura quitta le lit sans faire de bruit et se dirigea vers la porte qu'il entrouvrit. Ce qu'il vit le fit sourire. Il rejoignit bientôt Mao dans leur lit.
« Alors ? demanda la jeune femme.
-Rien de grave. Juste un petit rendez-vous nocturne.
-Un rendez-vous nocturne ? répéta Mao. Entre qui et qui ?
-Laisse-moi te donner quelques petits indices… Petite, brune, les cheveux de nouveau court, qui peut dormir pendant trente ans et qui a un appétit d'ogre. »
Il ne lui laissa pas le temps de répondre et poursuivit :
« Grand, brun, cheveux longs, qui ne dort, ni ne mange. »
Akihiro fixa attentivement Mao.
« Ça te suffit comme réponse ou je dois en rajouter ? » lui demanda-t-il.
La jeune femme avait pris un air renfrogné.
« Qu'est-ce qu'il y a ? la questionna le journaliste.
-Attend… Ne me dit pas que Saya est allée…
-Ca te pose un problème ?
-Bien sûr que ça me pose un problème ! le coupa Mao. Et Kaï ? » (1)
Akihiro se rallongea en poussant un profond soupir.
« Mais c'est pas vrai ! Elle recommence ! »
La tête du journaliste disparut sous les draps.
« Je n'ai pas envie qu'il finisse sa vie tout seul. C'est tout ! expliqua Mao.
-Ben alors… Qu'est-ce que tu attends pour me laisser tomber et courir dans ses bras ? » demanda Okamura en lui tournant le dos.
La réflexion laissa Mao sans voix pendant un petit moment mais la réponse finit par arriver sous la forme de coups de poing assénés sur le dos du journaliste, coups de poing accompagnés de vociférations inintelligibles de la part de la jeune femme. Comme si elle pouvait l'abandonner après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble... Sans compter que maintenant, elle était...
Mais Mao se retrouva soudain couché sur le dos avec Okamura sur elle qui maintenait ses poignets de chaque côté de sa tête. Le journaliste avait laissé l'orage se déchaîner pendant quelques minutes puis avait fini par réagir. Il était sur le point de dire à la jeune femme son avis sur les projets matrimoniaux qu'elle avait pour Kaï mais en remarquant le léger sourire machiavélique qui venait de se dessiner sur le visage de sa compagne, il préféra rester silencieux.
« Je ne pensais pas que tu oserais traiter de la sorte une femme dans mon état.
-Ton état ? Quel état ? »
Mao ne répondit pas et se contenta de sourire.
Omoro
Salon
Un peu plus tôt
Saya sortit de sa chambre sur la pointe des pieds afin de ne pas réveiller Kaori puis se dirigea le plus silencieusement possible vers le salon. Comme la dernière fois, Hagi était assis sur le canapé en train de lire, la lampe à côté de lui allumée et comme d'habitude, il sentit sa présence. Le Chevalier releva la tête pour la regarder puis se leva en posant son livre sur le petit meuble sur lequel se trouvait la lampe.
« Y a-t-il un problème ? » lui demanda-t-il.
Elle lui fit signe que non puis s'assit sur le canapé. Il resta debout. Saya prit ses mains et le força doucement à se rasseoir à ses côtés. Elle posa ensuite la tête contre son épaule et ferma les yeux.
« J'avais juste… » commença-t-elle.
Saya se tut. J'avais juste envie d'être avec toi… Pourquoi avait-elle l'impression que c'était idiot de dire ça ? Peut-être parce qu'ils avaient toujours été ensemble pendant toutes ces années… Peut-être parce qu'elle avait toujours l'impression qu'il était avec elle… Alors pourquoi maintenant éprouvait-elle soudain le besoin de rester en permanence à ses côtés ?
Il faisait plus froid dans le salon que dans sa chambre. Saya frissonna. Deux bras s'enroulèrent autour de sa taille puis l'attirèrent contre leur propriétaire. Quelques secondes plus tard, elle se trouvait assise sur le genoux d'Hagi, sa tête reposant de nouveau contre son épaule, les bras de son Chevalier autour d'elle.
« Ça va mieux ? » lui demanda-t-il au bout de quelques minutes.
Elle se redressa pour plonger son regard dans le sien. Elle lui sourit. Oui, c'était beaucoup mieux. Saya se pencha ensuite vers lui pour l'embrasser. Le Chevalier ne répondit pas tout de suite au baiser. Depuis qu'ils s'étaient fait surprendre par Julia, il semblait hésitant. Saya ne comprenait pas pourquoi. Bien sûr, elle avait peur elle aussi qu'une telle chose se reproduise mais…
Ses doigts fins remontèrent le long de la chemise d'Hagi et s'arrêtèrent au premier bouton attaché du haut de son Chevalier. Le bouton en question sauta. La main de l'immortelle descendit un peu. Un deuxième bouton sauta. Sa main descendit encore une fois et appliqua le même traitement au troisième. Elle était sur le point de faire de même avec le quatrième lorsque qu'une autre main se posa sur la sienne pour l'empêcher de mener à bien ce qu'elle était en train de faire. Saya leva la tête pour regarder son Chevalier dans les yeux. Elle voulait une explication. Hagi soupira. Comment lui expliquer ? Il cherchait ses mots.
Un cri retentit.
Malgré leur incroyable vitesse, ils furent les derniers à arriver devant la porte de la chambre que partageaient Mao et Akihiro. Kaï, Lewis et David avaient leurs armes à la main. Les deux premiers se trouvaient sur le côté de la porte. David, lui, était devant, la main sur la poignée. Tous les autres se tenaient sur le seuil de leur chambre, un air inquiet peint sur leur visage.
La porte s'ouvrit avec fracas. Les trois humains entrèrent. Quelques secondes plus tard, le rire de Lewis s'éleva. Saya et Hagi échangèrent un regard intriguée. La Reine, suivie de son Chevalier, alla jusqu'à la porte et entra dans la chambre.
Saya comprenait mieux la raison du rire de Lewis. Il est vrai que la scène d'y prêtait bien. Okamura était à genoux sur le lit et affichait un air suppliant à Mao qui lui tournait le dos.
« Tu étais sérieuse tout à l'heure ou tu te moquais de moi ? » demandait le journaliste.
Apparemment, la présence des trois autres hommes lui importait peu.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Saya en faisant un pas de plus dans la chambre.
Lewis la regarda.
« Encore une dispute qui a mal tourné je parie. » répondit-il en souriant.
L'ancien agent de la CIA remarqua alors Hagi. Son sourire s'élargit.
« Ce n'est pas une excuse pour crier sans raison. » dit David.
Okamura cessa un instant ses supplications à Mao pour regarder l'agent du Bouclier Rouge.
« C'est bon ! Je me suis déjà excusé ! s'écria le journaliste.
-David a raison, intervint Kaï. Dans notre situation…
-C'est vrai, le coupa Lewis. Disputez-vous autant que vous voulez mais en silence. Ne dérangez pas ceux qui dorment… »
Un nouveau sourire se dessina sur son visage.
« Ou ceux qui ont mieux à faire que dormir. » ajouta-t-il en regardant Saya et Hagi avec un air malicieux.
Mao et Okamura furent alors abandonné et tous les visages se tournèrent vers les deux immortels. Hagi commença par lever la main vers le haut de sa chemise puis la laissa retomber en voyant le sourire de Lewis s'élargir encore plus. Saya, les joues rouges, se racla la gorge.
« Pourquoi a-t-il crié ? demanda-t-elle dans l'espoir de détourner rapidement la conversation.
-C'est ce que nous nous demandons tous. » répondit David en fixant Okamura.
Le journaliste, lui, s'était de nouveau tourné vers Mao.
« Est-ce que tu étais sérieuse ? demanda-t-il d'un ton suppliant.
-Devine, répliqua la jeune femme.
-Mao s'il te plait… Tu ne peux pas me cacher quelque chose comme ça. Nous attendons ça depuis longtemps. Si tu es… »
Le journaliste se tourna vers les autres occupants de la pièce.
« Pourriez-vous sortir s'il vous plait. C'est une conversation privée. »
Il remarqua soudain que d'autres personnes venaient de mettre le nez à la porte pour savoir ce qui était en train de se passer. Akihiro se passa la main sur le visage en soupirant.
« Ecoutez… Je suis désolé d'avoir crié. C'est juste que Mao m'a annoncé une chose à laquelle je ne m'attendais pas et… »
Il se tut pendant un instant.
« Bref ! Pourriez-vous sortir maintenant et retourner dormir… »
Il regarda Saya et Hagi.
« Ou flirter. »
Son regard parcourut ensuite l'ensemble de la pièce.
« Mais je vous en supplie, laissez-nous seuls pour le moment. Je vous expliquerai tout demain. »
Les autres l'observèrent pendant un long moment puis se décidèrent à sortir. Okamura referma la porte derrière eux puis se tourna vers Mao.
« C'est vrai ou pas ? » la questionna-t-il.
Mais la jeune femme ne répondit pas. Elle préféra sourire et se remettre au lit.
De l'autre côté de la porte
Lewis colla l'oreille contre la porte de la chambre de Mao et Akihiro dans l'espoir d'entendre ce qui pouvait se dire à l'intérieur.
« On dirait une vieille commère, lui fit remarquer Kaï au bout d'un moment.
-Comme si tu ne voulais pas savoir ce qui se passe là-dedans toi aussi, répliqua l'ancien agent de la CIA.
-Mais je ne veux pas le savoir, protesta le jeune homme.
-Pourquoi tu restes ici alors ? »
Kaï ne répondit pas et tourna légèrement la tête. Lewis suivit son regard. Saya discutait avec David et Julia afin d'avoir le fin mot de cette histoire. Son Chevalier était à côté d'elle, comme à son habitude et écoutait attentivement les deux humains.
« C'est une grande fille tu sais, observa à voix basse Lewis en reportant son attention, ou plutôt son oreille, sur la porte.
-Je sais. Merci. C'est juste que…
-Que quoi ? L'amour platonique ne peut pas durer des siècles tu sais.
-Je sais, répéta Kaï, mais…
-Et puis tu le connais. Il ne fera rien que Saya ne souhaite pas. »
Lewis reporta une nouvelle fois son attention sur la porte. Il grimaça. Il n'entendait vraiment rien. Mieux valait abandonner. Il se dirigea ensuite vers la chambre de Kaï qu'il partageait avec ce dernier.
« Je vais me coucher. » annonça-t-il.
Les autres lui souhaitèrent une bonne nuit et juste avant d'entrer dans sa chambre, l'ancien agent de la CIA ajouta :
« Et ne veillez pas trop tard les amoureux. »
Hagi demeura impassible mais Saya rougit légèrement.
Le reste de la nuit se passa sans la moindre anicroche. Tout le monde dormit sur ses deux oreilles… Enfin tout le monde… Dans la chambre de Mao et d'Akihiro, une personne passa la nuit à se tourner et à se retourner dans son lit tout en se demandant si la jeune femme qui partageait sa vie depuis maintenant sept ans était sérieuse. Quant à la jeune femme en question… Elle passa une nuit des plus tranquille malgré les mouvements incessants de son compagnon. Elle fut hélas réveillée assez tôt le lendemain matin par des bruits de combat. Elle soupira et enfouit sa tête dans son oreiller. Elle ne pouvait pas protester. Elle le savait. Ils avaient besoin de s'entraîner.
Omoro, Jardin
Matin
Okamura avait passé la nuit à se demander si Mao avait été sérieuse. Au moment de se lever, il avait même été tenté de la réveiller pour le lui demander mais il avait renoncé à cette idée en se rendant compte de la plénitude du sommeil de la jeune femme. Les derniers jours avaient été riches en émotion et ils n'avaient guère pu prendre de repos. Mieux valait la laisser dormir, surtout si ce qu'elle lui avait laissé entendre était vrai.. Il avait donc quitté leur lit en silence et avait rejoint ceux qui étaient déjà levés pour prendre le petit déjeuner. Ils ne parlèrent pas des évènements de la nuit et il leur en fut reconnaissant. Il se posait trop de question tout seul. Les autres n'avaient donc nul besoin d'en rajouter. Le journaliste ne remarqua même pas le moment où Saya et Hagi se levèrent et commencèrent à s'entraîner. Il ne fit même pas attention au bruit des lames qui s'entrechoquaient avec plus ou moins de régularité.
Okamura était plongé dans ses pensées et ne parlait pas mais les autres étaient tout aussi silencieux que lui. Ils regardaient l'entraînement, le combat plutôt, avec attention qu'ils soient ou non habitués à une telle démonstration. Min finit tout de même par troubler le silence.
« C'est comme une danse. »
Elle n'avait peut-être pas tort mais le visage de certains se crispa légèrement en entendant cette réflexion. Elle leur rappelait de mauvais souvenirs. Un rire se fit entendre.
« Karl aurait apprécié. »
Les lames du sabre et du poignard cessèrent tout mouvement. Les humains tournèrent la tête. Nathan se tenait à quelques mètres d'eux. Quand était-il rentré ?
« Ne prononcez pas ce nom. » ordonna Kaï.
Le Chevalier blond se contenta de sourire puis se dirigea vers Saya et Hagi. Personne ne l'avait encore remarqué mais il avait deux épées identiques à la main.
« Qui est Karl ? » osa demander Min.
Les humains n'eurent pas le temps de répondre.
« C'était l'un de mes frères. » déclara Nathan en se retournant à demi.
Min se tourna vers les autres humains dans l'espoir d'avoir de plus amples explications.
« L'un des Chevaliers de la sœur de Saya, lui expliqua David. Il dirigeait le lycée de Cinq Flèches.
-Mon lycée était dirigé par l'un d'eux !
-Oui. Et Diva y était cachée depuis la guerre du Vietnam. »
Tandis que David et Julia poursuivaient leurs explications auprès de Min, le regard de Kaï s'était dirigé vers sa sœur et les deux Chevaliers. Ils semblaient tous les trois plongés dans une grande conversation qui, au grand déplaisir de Kaï, avait lieu en français.
« Je commence à en avoir marre de toutes ses cachotteries, marmonna le jeune homme.
-Quelles cachotteries ? demanda Lewis.
-Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont décidé de nous cacher le passé des Reines et des Chevaliers. Cela nous concerne tout autant qu'eux il me semble.
-Cela n'est pas leur avis apparemment, observa Lewis.
-Dis plutôt que c'est l'avis de Nathan mais… Je ne comprends pas pourquoi Saya est d'accord avec lui sur ce point.
-Tu en as parlé avec elle ? lui demanda Monique.
-Oui et non. Quand je veux revenir sur le sujet, elle fait tout pour détourner la conversation.
-Je pourrais peut-être t'apporter quelques éléments de réponse sur cette fameuse histoire dans un futur proche. » intervint soudain Julia.
Les autres se tournèrent vers elle, étonnés.
« J'ai demandé à Joël d'assigner quelques membres du Bouclier Rouge à ce genre de recherche. Si les Chiroptères cohabitent avec les Hommes depuis des centaines d'années, il doit forcément en rester des traces quelques part.
-Mais… Vous n'avez jamais pensé à faire ces recherches avant ? questionna Kaori.
-Il y avait beaucoup trop d'inconnu, répondit la scientifique. De plus, nos recherches sur les Chiroptères ne visaient qu'à poursuivre les travaux du premier Joël. Nous ne nous intéressions qu'au côté biologique.
-Qu'est-ce qui a changé ?
-Nous sommes maintenant sûrs que cette histoire existe bel et bien.
-Mais vous travaillez toujours en aveugle, fit remarquer Monique. Vous ne savez toujours pas où chercher.
-Oui et non. » répondit Julia, les yeux fixés sur Nathan.
Le Chevalier blond ne s'en rendait certainement pas compte mais il lui arrivait de se trahir, surtout lorsqu'il était avec Saya. Le respect qu'il lui montrait en toute occasion, même s'il était dissimulé sous sa gouaille habituelle, était suspect. Mais ce n'était pas tout. Il y avait ses manières en générale, sa façon de parler… Tout comme Hagi et Saya, il lui arrivait d'utiliser des mots tombés dans l'oubli depuis longtemps. Grâce à cela, et à plein d'autres petits détails auxquels il fallait faire attention, ils pourraient peut-être savoir à quelle époque et dans quelle région du monde il était né et trouver par la suite des renseignements sur l'histoire des Chiroptères.
« Arrêtez de m'observer ainsi ma chère. Cela va finir par me gêner ! »
L'exclamation sortit Julia de sa rêverie. Nathan s'était installé juste en face d'elle, le coude sur la table et son menton dans le creux de sa main, son regard plongé dans celui de la scientifique.
« Je suis désolé mais il ne pourra rien y avoir entre nous. Vous êtes mariée et je vous rappelle que même si elle est morte, je n'appartiens qu'à une seule femme. Mais si votre mari apprécie les jeux à trois... »
Julia n'eut pas le temps de répliquer. Le Chevalier blond s'était déjà retourné afin de pouvoir observer le combat qui venait de reprendre entre Saya et Hagi. Les armes des deux immortels avaient changé. Le sabre et le poignard avaient été remplacé par les deux épées qu'avait apportées Nathan.
« On peut savoir à quoi ça sert ? » demanda Kaï.
Pour le moment, le jeune homme ne voyait pas en quoi cet entraînement différait de celui que faisaient habituellement Saya et Hagi. Le Chevalier blond ne se tourna pas vers lui pour répondre et préféra continuer de fixer le combat.
« Je pourrais te dire non. » lui dit Nathan tandis que ses yeux suivaient chaque coup d'épée donné malgré leur rapidité d'exécution.
Kaï grimaça à cette réponse.
« Mais puisque Saya m'a dit de ménager ta susceptibilité, je vais te répondre. »
La grimace s'élargit. Nathan se tourna enfin vers le frère de Saya.
« Je suis en train de tester leur lien. »
Puis le Chevalier blond s'intéressa de nouveau au combat des deux autres immortels tout en continuant son explication. Connaissant ces humains, ils allaient encore poser des questions, donc mieux valait satisfaire leur foutue curiosité de suite et leur répondre.
« Regardez à quelle vitesse les coups se succèdent. Le fait qu'ils ne se blessent jamais l'un l'autre ne vous a donc jamais étonnés ? »
Il n'attendit pas leur réponse et poursuivit.
« Je sais qu'ils ne s'en rendent pas vraiment compte mais ils lisent les coups de l'autre dans son esprit.
-Et alors ? demanda Julia.
-Et alors ? répéta Nathan. Si je réussis à affiner leur lien ce que vous avez vu il y a quelques nuits ne sera plus un événement exceptionnel. »
Le Chevalier blond prit un air pensif.
« Leur lien est fort mais il est comme un diamant brut qu'il faut tailler. Les jumeaux auraient adoré ça. » murmura-t-il en souriant.
Les regards des humains se croisèrent. Les jumeaux ? Il s'agissait certainement de Chevaliers que Nathan avait connus mais personne n'osa demander une confirmation qui ne viendrait certainement pas. La voix de Julia s'éleva cependant.
« La mère de Saya et vous avez été entraîné de cette manière ? » demanda-t-elle.
Nathan se tourna vers elle et lui sourit.
« Vous êtes plus subtile que cela d'habitude Docteur. »
Il se tut pendant un instant.
« De toute façon, savoir quel entraînement nous avons suivi ne vous donnera aucune information sur notre histoire que vous voulez tant connaître
-Nous savons tout de même maintenant que vous avez été entraîné, répliqua Julia.
-Je ne viens que de confirmer une évidence très chère. »
Julia voulut alors lui poser une nouvelle question mais Nathan l'interrompit d'un geste.
« Oui, les jumeaux dont je viens de parler ont été nos professeurs. Ils entraînaient chaque Reine et chaque Chevalier et on les disait plus vieux que la plus âgée de nos Reines encore en vie. »
Les humains prirent un air effaré qui fit sourire le Chevalier blond.
« Le fait que je vous réponde vous étonne et je suis certain que vous vous imaginez déjà que cela pourrait vous permettre de découvrir mon passé et notre histoire. Vous vous trompez. Sans nom, sans date et sans lien, vous ne trouverez rien. »
Il inclina légèrement la tête pour leur faire un salut moqueur.
« Laissez-moi revenir à mon observation maintenant. »
Son regard recommença à suivre sans difficulté les coups d'épée qui continuaient toujours de s'échanger entre l'autre Chevalier et sa Reine.
« Combien de temps cela leur prendra-t-il pour apprendre à se battre de cette manière ? demanda tout d'un coup David.
-Je vous l'ai dit. Le lien est déjà forgé et c'est l'un des plus forts que j'ai rencontré. Ils se sont donc toujours battus de cette manière. Je n'ai rien à leur apprendre. Je ne peux que les aider à le développer et… Cela devrait prendre moins de temps que vous ne le pensez… »
Grâce à ce qui s'est passé dans le tombeau, compléta intérieurement le Chevalier blond. (2)
« Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? » le questionna Julia.
Nathan sourit mais ne répondit pas. Un bruit de lames qui se rencontrent plus fort que les autres et celui d'un objet en métal tombant sur le sol s'élevèrent. Les humains tournèrent la tête vers les deux combattants et les trouvèrent immobiles, leurs lames croisées à droite de la tête de Saya. Sur le sol, il y avait un poignard. Au modèle, on pouvait voir qu'il appartenait à Nathan. Les humains se tournèrent vers le Chevalier blond. Quand avait-il lancé ce poignard ? Ils ne l'avaient même pas vu bouger.
« Comme ça, répondit Nathan en se levant. Saya ne pouvait pas voir le poignard arriver mais Hagi oui. Je vous laisse le soin d'imaginer ce qui a pu se passer. »
Il se dirigea ensuite vers les deux autres immortels mais il se retourna vers les humains à mi-chemin.
« Dîtes-leur d'abandonner leurs recherches. Ils ne trouveront rien. Certaines personnes y ont veillé.
-Un homme seul ne peut être capable d'une telle chose.
-Il est étonnant que vous ayez oublié une telle chose Docteur. Je ne suis pas un homme. »
La phrase laissa Julia sans voix.
Saya et Hagi avaient assisté à l'échange sans mot dire et ils regardaient attentivement les humains et Nathan. Pris pas leur combat, ils n'avaient pas fait attention à ce qui se passait à côté d'eux. Dès que Nathan fut à leurs côtés, Saya exigea une explication.
« Rien d'important. Ne t'inquiète pas. » lui répondit Nathan.
Saya ne parut guère convaincue par cette information. Elle voulait en savoir plus mais quelque chose lui disait qu'il valait peut-être mieux ne pas chercher à creuser cette affaire. Elle passa cependant outre ce mauvais pressentiment et lorsque Nathan l'envoya s'asseoir avec les autres elle demanda une explication à son frère mais…
« Grande Reine, ce n'est pas parce que je t'ai envoyée t'asseoir que cela veut dire que tu vas te reposer ! » la rappela à l'ordre Nathan.
Heureusement qu'il s'était exprimé en français parce que si les autres avaient compris le titre que le Chevalier blond lui donnait, elle en serait morte de honte. Saya allait lui rappeler ce qu'elle pensait de cette appellation sur le champ.
« Nathan, combien de fois faudra-t-il te dire de… »
L'immortelle se tut brusquement au moment où elle vit que Nathan était en train de mettre une épée dans les mains d'Hagi. Rien de bien étrange en soit… Mise à part le fait que son Chevalier avait maintenant les yeux bandés.
« Qu'est-ce que…
-C'est pour cette raison que je t'ai dit que je ne t'avais pas envoyée te reposer, lui dit le Chevalier blond. Je veux que tu regardes notre combat et que notre combat. »
Il s'adressa ensuite aux humains qui semblaient ne pas en croire leurs yeux.
« Le premier qui l'a distraie aura affaire à moi. »
Puis le Chevalier de Miru regarda de nouveau Saya. L'enfant de sa Reine semblait très inquiète.
« Il n'y aura aucun problème, la rassura Nathan. Regarde le combat et focalise ton esprit sur le lien. C'est la seule chose que je te demande. »
Il sourit.
« Puis vous échangerez de place. »
Kaï retrouva alors sa voix.
« Vous êtes malade ! »
Nathan posa une main sur son torse tout en prenant une mine faussement offensée.
« Ce que tu viens de dire me blesse énormément grand frère. »
Un air sérieux prit ensuite la place.
« Comme je l'ai dit, il n'y aura aucun problème. S'ils sont attentifs, ils ne se blesseront pas. A moins que… »
Le regard bleu fixa attentivement Kaï…
« Tu n'a pas confiance en Saya, ni en Hagi.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire.
-Moi je pense que si.
-Comment voulez-vous qu'elle ne se blesse pas ! Elle aura les yeux bandés !
-Et alors ? Hagi regardera le combat. Par son intermédiaire, elle pourra voir ce qu'il se passe.
-Mais…
-Les blessures font partie de l'entraînement de toute façon grand frère et puis… Ce n'est pas comme si il nous fallait des mois pour…, le coupa Nathan.
-Il n'est pas question que Saya…
-Je vais le faire. » l'interrompit alors l'immortelle d'un ton résolu.
Kaï se tourna vers Saya.
« Je ne te laisserai pas… commença-t-il.
-C'est mon choix, répliqua sa sœur. Je veux le faire. »
Le ton de l'immortelle s'adoucit.
« Je dois mettre fin à l'existence des Chiroptères. C'est mon devoir. Cet entraînement me permettra de me battre plus efficacement contre eux. Je dois le faire. »
Kaï voulut protester une nouvelle fois mais le Chevalier de Miru l'en empêcha en donnant le signal du départ de l'entraînement. Juste avant de revenir vers Hagi, le Chevalier blond se tourna vers Saya.
« Tu es prête ? » demanda-t-il.
Elle inclina très lentement la tête. Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'Hagi ne soit pas blessé.
« Tu sais qu'il n'y a qu'un seul moyen pour ça, lui fit remarquer Nathan comme s'il savait exactement ce qui était en train de se passer dans sa tête.
-Je sais. » murmura Saya.
L'immortelle s'assit tandis que Nathan allait rejoindre l'autre Chevalier. Kaï voulut profiter de son départ pour essayer de faire valoir une nouvelle fois son point de vue mais Saya ne lui permit même pas de prononcer un seul mot.
« Tait-toi, ordonna-t-elle en fixant attentivement le combat qui venait de commencer.
-Mais…
-Ne me distrais pas. Si tu le fais, Hagi sera sans doute blessé. »
Mais Kaï ne tint pas compte de son ordre. Saya l'ignora. Le jeune homme finit par se taire. Il n'y avait rien à faire. Saya ne l'écoutait pas et ne l'écouta pas les jour suivants mais cela n'empêcha pas Kaï d'essayer de la dissuader de faire cet entraînement. Lorsque Hagi fut blessé quelques jours plus tard, il crut que sa sœur allait enfin laisser tomber mais il n'en fut rien. La résolution de l'immortelle devint même encore plus forte. Kaï finit par abandonner après une bonne semaine.
(1) Ahélya : Pour tuer Mao... prenez un ticket
PvC : Pour tuer Ahélya, faites pareil.
(2) Avis aux éventuels pervers, je parle de l'échange de sang. Pas d'autre chose...
A : Bon... Comme d'habitude, je suis incapable de vous dire quand viendra le prochain chapitre. J'ai repris la fac donc... plus de boulot mais ne vous inquiétez pas, je consacre mes intercours à Revanche.
PvC : Exclusivement à Revanche... Tu es sûre ?
A : C'est vrai... J'ai d'autres idées de fic en tête mais rien de concret pour le moment. On verra ça après Revanche. Je vous laisse maintenant. Comme l'a dit PvC, je ne fais ceci que pour le plaisir et le seul salaire que je réclame se présente sous forme de review. Merci d'avance.
L'auteur quitte la scène... Puis revient.
A : Le mot de la fin... ALL HAIL LELOUCH !! Je sais, ça n'a rien à faire ici mais j'avais envie de le dire.
