Disclaimer : Il était une fois une petite sapiwette sauvage qui flânait dans la forêt ; c'est par pur hasard qu'elle se retrouva en possession de l'ensemble de l'univers de Harry Potter, et la hache cachée dans son panier à pique-nique n'y était pour rien.

Mot de l'auteur : Bon, c'est la dernière fois que je poste aussi vite, parce que vous épuisez mes réserves là ^^" Je vais essayer de continuer à écrire assez vite, mais je ne peux rien vous promettre =\ Bref, voici le nouveau chapitre, Enjoy o/


Chapitre 20 :

C'était un bel après-midi de printemps. L'air embaumait, les fleurs laissaient flotter leur parfum de renouveau dans le soleil faiblissant. Il faisait chaud, il faisait bon.

Ginny allait vers la gare, la tête dans ses pensées, le corps rompu par les efforts de la journée.

Encore, hein ? Il en voulait encore. Et encore.

Elle était toute éprouvée par l'incident qui avait survenu dans la matinée. Cette fois-ci, elle n'avait vraiment pas envie de faire l'amour. Elle avait dit non.

Flash-back :

"Hmmm... Harry, s'il te plaît, non..."

"Quoi ?"

"Pas maintenant, je suis pas motivée..."

"Mais c'est pas un problème ça ! Je vais m'en charger..."

"Non, s'il te plaît, non... Vraiment non !"

Harry se redresse, interloqué. Il la regarde, fronce les sourcils. Elle est nue, lui aussi. Elle sait qu'il en a envie, elle le sent contre elle, désireux, tendu, mais elle n'en a pas envie. Pas cette fois. Elle n'a pas envie de céder.

"Mais... Pourquoi ?"

"Parce que, je n'en ai pas envie c'est tout, c'est bon c'est pas un drame !"

"Mais... Mais..."

"Et puis, j'avais envie de prendre une douche d'abord."

Il lui lance un regard dédaigneux, se recouche à côté d'elle, et lui tourne le dos.

"Bah vas-y alors" dit-il d'une voix méchante.

Ginny se sent soudain blessée. Qu'a-t-elle fait qui mérite un tel changement ?

"Mais... Ne te mets pas dans un tel état juste pour ça..!"

"C'est bon j'ai dit, va donc la prendre ta douche, puisque c'est si important pour toi !"

Est-il en train de faire une crise de... De quoi d'ailleurs ? Jalousie ? Non, on ne peut pas jalouser une douche tout de même ! Mais alors, que se passe-t-il ?

"Harry...? Y'a quelque chose qui en va pas ?"

"Tout va bien."

"Attends, tu te fiches de moi ? Tu me fais la cour, et d'un seul coup tu me parles méchamment ! J'ai dit quelque chose de mal ?"

"Rien. C'est bon."

"Harry, c'est quoi cette réponse ? T'as quel âge ?"

Il se retourne vers elle d'un coup et la plaqua au lit.

"Je ne pensais pas que la femme que j'aime me repousserait, voilà tout !"

Et il l'embrasse. Immédiatement, comme si son corps réagissait sans son accord, Ginny se sent fondre, comme à chaque fois. Elle se laisse faire. Mais cette fois-ci, elle prend conscience d'une chose : elle se fait manipuler. Elle n'existe pas. Une fois qu'Harry a terminé, elle se sent sale. Terriblement sale. Il s'en va, content. Pas un bisou, pas une remarque. Pas un mot. Juste le bruit de ses pas et de la porte qui s'ouvre, puis se referme.

Fin du Flash-back.

Quelque chose clochait. Décidément, quelque chose n'allait pas. Elle ne comprenait pas. D'ordinaire, le printemps la remplissait de joie. Là, elle avait l'impression que le monde, tout autour d'elle, aspirait à être détruit.

Heureusement, cette journée se prévoyait sans soucis, sans aucun autre but que la détente. Les examens approchants, les élèves de la cinquième à la septième année avaient obtenu quelques jours de repos avant la grande période des révisions. Et, chose surprenante, Hermione Granger avait accepté de dénigrer de précieuses heures d'étude pour accompagner Ginny à Pré-au-Lard.

Les deux jeunes filles s'assirent face à face dans le wagon. Aucune ne parlait ; de toute manière, le train produisait un tel vacarme qu'il aurait été impossible de se faire entendre sans crier. Et Ginny n'avait pas assez d'énergie pour crier. Elle se pencha vers la vitre et posa son front chaud contre le verre froid. Le contact provoqua immédiatement une auréole d'eau condensée. Hermione eut l'impression de voir une jeune martyr la veille de son exécution. Cet étrange pressentiment la fit frémir, mais elle ne dit rien. Elle savait Ginny susceptible, fière, et sourde à tout avertissement ou conseil. Si elle tentait de lui donner son avis directement sur l'histoire que vivait son amie, elle risquait d'être automatiquement rangée dans la catégorie des "nuisibles". Or, Ginny était intraitable avec les nuisibles. Hermione ne pouvait pas prendre ce risque. Après tout, la rouquine vivait une période instable de sa vie, et si elle se faisait rejeter alors plus personne ne serait là pour la surveiller de loin et ramasser les morceaux s'il y avait de la casse.

Ce fut Hermione qui dirigea la promenade, de boutique en boutique, se contentant de donner son avis sur un livre ou sur une plume, en bref des banalités à pleurer, alors que son cerveau bouillonnait. Elle avait envie de lui crier de faire gaffe, de regarder où elle allait. Mais elle ne pouvait rien dire, alors elle se bornait à expliquer en quoi la plume d'oie était excellente et en quoi elle dépassait la plume de coq de bruyère. Elle énumérait les avantages et désavantages de chaque article comme pour exorciser les avertissements qui l'obsédaient. Faire déferler ses connaissances était le seul moyen pour elle de se faire taire.

Leurs pas les menèrent ensuite aux Trois Balais où elles se posèrent, fatiguées et encombrées de sacs. Retranchées derrière leurs chopes de bièraubeurre, elles restaient muettes. A les voir, on aurait cru des amies séparées depuis longtemps qui se retrouvaient après des années d'absence. Tant de choses à dire, tant de mots à prononcer... Mais désormais une distance trop grande les séparait, une distance qui pour ces mots était infranchissable. Deux inconnues. Harry les avait fait devenir deux inconnues.

Hermione se décida néanmoins à parler :

"Hem... Alors, tout va bien avec Harry ?

- Oh ! Oui, s'exclama Ginny avec le sourire. Je vis enfin l'idylle que j'attendais depuis des années !

- Ah... Et, heu... Je suppose que tu n'as pas reçu de nouvelles de Malefoy depuis votre... séparation ?

- Non... enfin si.

- Raconte !

- Oh, ce n'est pas grand' chose... J'étais allée jusqu'à l'Allée des Embrumes - à cause d'un gage que j'ai perdu, ce serait trop long à expliquer - et je l'ai vu, de loin.

- Et...?

- Et c'est tout. Je lui ai fit signe, de loin. Il a baissé la tête et est entré dans une boutique. Après, je suis partie.

- Est-ce que je peux te poser quelques... questions intimes ? Ne le prends pas mal, mais je suis ton amie, je veux ton bonheur, si ma question te déplaît ne te mets pas en colère mais dis-le moi et je l'oublierai.

- Vas-y, répondit la rousse, qui sentait déjà la mauvaise humeur la gagner.

- Es-tu vraiment plus heureuse avec Harry ? Je veux dire : on ne te voit plus flirter avec les garçons, tu ne joues plus à provoquer les professeurs, tu es... Eh bien...

- Adulte ? Oui, je sais. J'ai changé. Mais c'est pour le meilleur, crois moi. Je me sens femme avec lui, mais en même temps je me sens fillette, fragile... C'est vraiment extra ce que je vis avec Harry !

- Hm... D'accord."

Elle n'osa pas poser plus de question. La limite entre l'amie et la nuisible était mince, et Ginny avait l'air d'être capable de tout balancer au nom de son amour pour Harry.

Au moment où elles sortirent, un hibou se posa près de Ginny. C'était le hibou des Weasley. Il portait une lettre que la jeune fille se précipita d'ouvrir.

Ginny, mon Amour, était-il écrit.

Je dois partir, Dumbledore a reçu des informations importantes quant à mes recherches. Je pense revenir dans deux semaines, le temps d'aller jusque là-bas et de voir si les rumeurs sont fondées.

Attends moi, tu me manques déjà.

H.

Etrangement, le cœur d'Hermione se fit plus léger. Deux semaines, c'était peut-être suffisant pour faire entendre raison à Ginny...


Quand je vous disais qu'il ne fallait pas désespérer, après tout peut-être que ça va s'arranger !

Une review, un chapitre... Mais avec un peu de temps d'attente cette fois ^^" Oh pas beaucoup je vous rassure, juste le temps pour m'avancer d'un chapitre ou deux... :3