Bonsoir tout le monde !

Oui, je sais, j'ai comme d'habitude énormément de retard. Mais il faut aussi dire que j'ai énormément de boulot en ce moment ( vive les jobs d'été, you hou...). Quoiqu'il en soit, voici le chapitre 20. L'action n'est pas au rendez-vous, mais je vous en promets dans le prochain chapitre, que j'essaierai d'écrire rapidement ( pas de promesse hein !)

En tout cas, merci à tout ceux qui me lisent et qui trouvent le temps de laisser une review, elles sont très appréciées, croyez moi, et merci à OTH-FOQ, sans qui la lecture de cette fic vous poignarderait les yeux.

Bonne lecture à tous.

PS: A tout ceux qui s'inquiètent pour comment va finir la fic, sachez que je n'ai pas encore la fin en tête, et que je n'ai encore rien décidée sur le destin de Faith...

PPS : L'histoire a passé la barre des 10 000 vues ! Merci à tous !


Chapitre 20

« Je suis vraiment obligée de faire ça ? demandai-je, encore cachée des regards de Willow, Kennedy, Dawn et B. »

La petite couturière à mes côtés, Mme Guipure si je me souvenais bien, croisa les bras et tapa du pied avec impatience. Il fallait préciser que je n'étais pas du genre cliente idéale. Plutôt l'inverse, en fait. Et bien sûr, comble de tout, à chaque fois que je m'affichai aux regards de mes amies, Kennedy et Willow déclaraient que ce n'était plus ce type de robe qu'elles voulaient pour leurs demoiselles d'honneur et me faisaient me changer illico.

Je les soupçonnai de prendre un malin plaisir à ça.

« Allez, Faith, on a pas toute la journée ! Ça fait plus de 10 minutes que t'es là-dedans ! Sors, qu'on te voie de plus près, fit Kennedy d'un ton rieur.

- A quoi ça sert si c'est pour me faire me changer dans deux minutes ? Autant que vous choisissiez sans moi et que je ne porte la robe qu'au mariage. Comme ça, vous pourrez pas m'obliger à en essayer une centaine avant de faire votre choix, m'exclamai-je en passant ma tête à travers le rideau magique qui me séparait d'elles.

-Tu nous en veux de chercher une robe qui t'aille bien ? demanda d'une manière faussement innocente Dawn, qui était la première à critiquer toutes les robes que j'essayais. »

Je lui envoyai un regard noir avant de me réfugier à nouveau derrière le rideau.

« De toute façon, les demoiselles d'honneur sont censées porter des robes ridicules pour que la mariée soit mise en valeur. Alors me faîtes pas croire ça ! déclarai-je.

-Mademoiselle, vous sortez, vous la choisissez ou vous vous changez ? demanda Guipure impatiemment, son pied martelant toujours le sol. »

Je lui jetai un regard et soupirai devant son air buté.

« Ça va, ça va, je sors ! »

J'écartai le rideau d'un coup sec et m'avançai vers mes amies d'un pas décidé. Là, j'en avais marre.

« Bon, si vous me dîtes d'aller me changer, je vous enfonce cette robe dans le…

-Tu es splendide, fit la voix de ma blonde, me coupant dans mes menaces. »

Oh, j'irai pas jusque-là. La robe en elle-même était belle, je devais l'avouer, mais moi à l'intérieur, pas sûre.

Elle était rouge foncé sans bretelles et s'arrêtait juste au-dessus de mes genoux. J'aurai pu crier victoire au compliment de ma petite amie, mais c'était loin d'être terminé. Oui, parce que d'après elle, j'avais été splendide dans la blanche et l'autre rouge. Et j'avais été sublime dans la deuxième blanche et la dorée.
Autrement dit, son avis était loin d'être objectif, et de faire l'unanimité. Je me tournai donc vers les futures mariées, qui me jaugeaient d'un air songeur.

« Peut-être que si tu essayais la...

- Écoute Ken, t'es ma meilleure amie, et j'ai rien dit jusqu'à maintenant parce que je me répète que c'est ton mariage et que j'ai pas vraiment mon mot à dire, mais si tu me fais me changer, je te jure que je t'éclate la tête contre la première chose de dure que je trouve, est-ce-que c'est clair ? déclarai-je d'une voix calme mais menaçante. »

Elle continua à me regarder, plissant légèrement les yeux cette fois, comme pour juger à quel point j'étais sérieuse.

« Mais peut-être que si tu essayais une toute autre couleur...

- Dawn, l'avertissement vaut pour toi aussi, ajoutai-je en voyant la jeune femme tenter une approche. »

Dawn et Kennedy regardèrent simultanément leur propre montre, et une seconde plus tard, Kennedy me regarda en souriant de toutes ses dents et Dawn eut l'air dépité.

Ouais, là, j'avais définitivement manqué un truc.

« Je t'avais bien dit qu'elle ne tiendrait pas autant ! Une heure et dix-huit minutes ! Ça doit être un record personnel pour elle ! Et toi qui pensais qu'elle tiendrait deux heures ! Pff. File-moi mes vingt billets ! s'exclama ma meilleure amie en tendant la main vers la petite sœur de B. »

Cette dernière grommela légèrement et sortit l'argent demandé. C'est à ce moment-là que tout se mit en place dans ma tête.

Et j'étais pas contente.

« Vous avez parié sur moi ? Sur le temps que je tiendrais ? fis-je toujours d'une voix calme. »

Kennedy et Dawn cherchèrent respectivement le regard de Willow et Buffy, mais celles-ci secouèrent la tête.

« On vous avait prévenues de ne pas parier, dit Buffy.

-Vous vous débrouillez avec elle maintenant, ajouta Red.

- Attendez que je sois sortie de cette robe, et vous allez déguster. Croyez-moi, ça va pas être beau à voir quand j'en aurais fini avec vous, les menaçai-je alors que je rentrai à nouveau dans la cabine improvisée pour me changer. »

A peine me retrouvai-je hors de leur regard que j'entendis des pas précipités et le rire clair de B. Je réprimai moi-même un sourire en me changeant en imaginant la tête des deux parieuses en train de prendre la fuite.

Moins de deux minutes plus tard, je revins vers le groupe qui était diminué de deux personnes. La robe dans un sac à la main, je me mis face à Willow. Après tout, elle était la deuxième mariée, elle avait son mot à dire.

« Alors, Red, je prends laquelle ? Parce que je suppose qu'elles m'en ont fait essayer beaucoup pour rien.

- Celle-là est celle qui te va le mieux, à mon avis. Et puis Buffy sera aussi en rouge, vous vous correspondrez. »

Je tournai mon regard vers la blonde qui me fit un grand sourire. Son comportement avait beaucoup changé. Elle était plus chaleureuse, et elle n'avait pas ouvert un bouquin depuis hier soir. Depuis que j'avais fermé le dernier de force, en fait. Après le départ de Willow et Ken de notre chambre, on avait continué à s'embrasser et se câliner, mais nous n'étions pas allées plus loin. Ce qui était bien. J'étais d'accord avec ça, prendre les choses lentement.

Et je n'étais pas du tout frustrée. Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment pas...

« Je vais vous laisser, je vais voir où en sont nos fuyardes. J'espère que tu ne les as pas trop effrayées, Faith.

- On espère le contraire alors. »

Elle se permit un léger sourire avant de se lever et de sortir de la pièce.

« Tu étais vraiment superbe dans cette robe. Dommage que tu aies dû l'enlever, bouda ma blonde.

- Quoi, je ne suis pas superbe en jean et en pull ? m'offusquai-je en levant un sourcil.

-Eh bien... Disons que ça peut aller, me taquina-t-elle en s'amusant. »

J'hochai raidement la tête et pointai la porte derrière moi avec mon pouce.

« Peut-être que je vais y aller moi aussi, voir si je suis un peu mieux estimée ailleurs... »

Je fis mine de partir mais je sentis rapidement deux bras m'enlacer la taille par derrière.

« Que tu peux être susceptible... Un vrai bébé. »

Okay, peut-être que je vais vraiment y aller en fait.

« Ta sympathie m'étouffe aujourd'hui, B, déclarai-je en me tournant dans ses bras pour lui faire face. »

Elle me sourit, enroulant ses bras autour de mon cou pendant que les miens entouraient sa taille, et me donna un léger baiser avant de s'approcher encore plus de moi, son corps s'emboîtant parfaitement au mien, son souffle chaud sur ma nuque.

Ma peau n'était pas en contact avec la sienne, mais ça ne m'empêchait pas de sentir sa chaleur corporelle m'envahir, et me faire encore plus tourner la tête.

Cette fille allait me tuer, je vous jure...

« Je pourrais rester là pour toujours. »

Je ne pus m'empêcher de gémir de satisfaction à ses paroles et elle rit un peu, envoyant des vibrations dans tout mon corps. Elle se décolla légèrement pour que ses yeux rencontrent les miens, et je vous jure que j'aurai pu lui sauter dessus là maintenant en voyant le désir en eux.

« Malheureusement, je dois aller finir les préparatifs du mariage avec Willow. »

Cette phrase me sortit de mes pensées qui devenaient de plus en plus intéressantes et je grimaçai en resserrant ma prise sur ses hanches.

« Tu vas devoir me laisser partir. Allez Faith... »

Je soupirai et la libérai à contrecœur, envoyant un regard noir quand elle sourit, moqueuse. Oui, j'étais accro, et alors ? C'était de sa faute à elle, pas de la mienne !

Elle me tapota la joue comme elle l'aurait fait à une gamine de 3 ans.

« Boude pas, je reviens bientôt. Et sois sage ! s'exclama-t-elle en partant.

- J'aurai droit à quoi si je le suis ? la taquinai-je.

- A quelque chose dont tu n'as vraiment pas idée, fit-elle d'une voix séductrice. »

Merde, elle allait vraiment me tuer...


« Vous commencez à être vraiment douée avec ces sortilèges. C'est remarquable étant donné le temps que vous avez eu pour apprendre, déclara Lupin en se redressant, après plus d'une heure d'entraînement.»

Je me relevai également et m'étirai les membres. Oui, j'étais plutôt douée avec certains sortilèges. Mais il y en avait encore un qui était loin d'être à ma portée.

« Je n'arrive pas à former un Patronus, maugréai-je en époussetant mon jean.

- Certain des meilleurs sorciers n'arrivent pas à le créer. Il faut, pour d'autres, des décennies avant de pouvoir lancer correctement ce sort. Ne soyez pas trop dure envers vous-même. »

Je hochai la tête à contrecœur et fit craquer ma nuque.

« Pourquoi vous continuez à m'entraîner ? Vous êtes au courant de la prophétie, n'est-ce-pas ? Alors pourquoi je continue d'apprendre ces sorts si c'est pour mourir dans onze jours ? »

La question me brûlait les lèvres depuis plusieurs jours, et j'en avais marre de me retenir, honnêtement. Je le vis soupirer et me jauger du regard, comme s'il n'était pas sûr de devoir me donner la réponse.

Génial, encore des cachotteries. Merde, qu'est-ce-que je commençais à vraiment détester ce monde !

« Dumbledore m'a fait promettre de continuer à vous entraîner, coûte que coûte, tous les jours. Je ne sais pas les raisons de ce choix...

- Mais quand ça vient de Dumbledore, généralement, on ferme sa bouche et on écoute. Il a souvent raison sur un tas de chose, le coupa une voix en haut des escaliers. »

J'avais reconnu le timbre de Sirius avant même de tourner la tête. Et quand je le vis, il était adossé au mur avec un sourire amusé aux lèvres et les bras croisés sur sa poitrine.

« Tu m'espionnes, cousin ? fis-je avec un petit sourire aux lèvres. »

C'était un peu bizarre de penser à lui comme ma famille. De penser que j'avais une famille tout court. Surtout quand on sait que j'avais flirté un peu avec lui au début du mois...

Ouais, vraiment bizarre.

« Je viens te chercher, en fait. Dumbledore est rentré il y a une heure. Il veut te parler. »

Et merde, dans quel pétrin je m'étais encore fourrée, moi ?


« Entrez, fit la voix grave de Dumbledore derrière la porte de la cuisine.

-Vous vouliez me voir ? demandai-je en passant ma tête dans l'entrebâillement de la porte. »

Il était assis à la table avec un petit sac de voyage à ses pieds.

« Oui, je vous en prie, approchez. »

Comme toujours quand il s'agissait de Dumbledore, j'obéissais. Ce mec dégageait une telle autorité que s'il me demandait de sauter d'un pont, je crois que je le ferai.

D'ailleurs, vu la prophétie, ce qu'il me demandait revenait au même.

« Il paraîtrait que vous avez décidé de faire une promenade nocturne, il y a quelques jours, dit-il en me regardant par-dessus ses lunettes en forme de demi-lunes.

- Oui, c'est vrai. Kennedy s'était enfuie dehors après qu'on se soient disputées et je ne pouvais pas la laisser partir seule, après ce qu'il s'était passé pour elle, expliquai-je, bien qu'il ne m'ait pas demandé de me justifier. »

Il croisa les mains et les posa sur la table de la cuisine et laissa ses yeux bleus me transpercer. Finalement, après quelques secondes de silence, il lâcha un soupir.

« Faith, vous ne saisissez pas l'importance que vous avez pour l'Ordre...

-Me garder enfermée nuit et jour n'est pas la solution pour que je me calme. Au contraire, je vais péter un câble si je reste dans ce manoir jusqu'au 31. Et c'est pas bon, quand je pète un câble, le coupai-je. »

J'en avais plus que marre qu'on me répète à longueur de temps que j'étais la chose la plus précieuse que le monde ait jamais porté. Je préférais encore quand on me traitait comme de la merde. Franchement, ça en devenait lassant d'être la petite protégée de Dumbledore.

« Ce n'est pas une raison pour agir de manière complètement irréfléchie. Sans vous, la guerre est perdue, Faith. Vous êtes notre atout majeur, il faut comprendre que nous voulons vous préserver. »

Je commençai à sentir la colère monter en moi. Me préserver ?

« Me préserver ? Pour mieux me sacrifier après, vous voulez dire ! Vous me gardez enfermée pour être sûr que je ne m'enfuie pas avant le 31. C'est dégueulasse. Ce n'est même plus un sacrifice, dans ce cas-là. C'est un meurtre ! m'exclamai-je en frappant mon poing sur la table, sentant le bois se fissurer sous mes doigts fléchis. »

Dumbledore se leva calmement et alla ouvrir la porte de la cuisine, aussi banalement qu'il l'aurait fait si nous étions en train d'avoir une conversation tranquille sur la pluie et le beau-temps.

« Jamais, jamais je ne vous ai obligé à rester dans le manoir. Je vous ai dit que vous ne pouviez pas sortir, certes, mais je ne vous ai jamais attachée, bâillonnée ou emprisonnée dans cette maison. La porte d'entrée a toujours été ouverte, et quant à votre fugue au manoir des Lestrange pour aller chercher miss Summers, je ne l'ai pas empêchée. J'aurais pu, car j'avais lu dans votre regard avant même de lire dans vos pensées ce que vous prévoyiez de faire. Mais je ne vous ai pas arrêtée. Au contraire, je suis venu vous sauver. Et j'ai dit que j'avais des raisons pour lesquelles je ne voulais pas que vous vous y rendiez. »

Il s'approcha lentement de moi, la porte de la cuisine toujours ouverte, et continua de me parler d'une voix froide et sèche, dégoulinante de sérieux et de menace.

« Je ne l'avais pas clairement mentionné, et c'est apparemment sorti de votre esprit, mais n'oubliez pas l'un des vers de la prophétie : Ce ne sera que lorsque le dernier battement du cœur de l'Essence résonnera au milieu de la bataille que le pouvoir ultime pourra être distribué et qu'après le dilemme présenté que l'espoir renaîtra dans les cœurs les plus meurtris. Le dilemme, Faith. Je ne pense pas me tromper en pensant que c'est la décision que vous aurez à prendre, entre vivre et mourir. Alors je vais vous le dire, maintenant. Vous avez le choix. Si vous décidez de ne pas combattre, et de ne pas effectuer le sacrifice, je comprendrais parfaitement, et je ne pourrais pas vous blâmer. Et si vous voulez, vous pouvez partir tout de suite, je ne vous retiens pas. Mais il faut que vous assimiliez ça, Faith. Vous avez le choix.

- Je ne peux pas vous abandonner. Ce n'est plus une question de choix, c'est une question de bon sens. Je ne peux pas partir du jour au lendemain en vous laissant vous débrouiller avec votre guerre, en vous laissant perdre et en laissant Tronche-de-Serpent prendre le contrôle du monde. Je ne pourrais plus me regarder en face. J'ai fait un bon nombre d'erreur par le passé, et j'ai connu les deux côtés du pouvoir. Ce choix, je l'ai fait plusieurs fois. Combattre ou fuir. Le bien ou le mal. Comment vous pouvez me dire que j'ai le choix, alors qu'en fait je dois décider entre ma mort et la fin du monde ? Comment pourrai-je décider que ma vie vaut plus que celle des millions d'autres personnes qui n'attendent qu'une chose, c'est de vivre en paix ? Alors je suis désolée, mais ce n'est pas un dilemme. Ce n'est même pas un choix. C'est une question de devoir. »

Dumbledore me jaugea du regard quelques secondes, pendant lesquelles il passa un silence de plomb.

« Vous pensez peut-être ça maintenant, mais le 31, tout sera différent. Il peut se passer encore bien des choses en dix jours. Je vois que vous avez beaucoup réfléchi à la question, et je suis satisfait, en dépit des circonstances, que vous preniez la situation au sérieux. J'avais entendu dire que vous agissiez de manière très relâchée ces derniers jours, et j'avais peur que vous ne saisissiez pas la gravité de la prophétie.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, je l'ai saisi, la gravité de votre foutue prophétie. Je ne retournerai plus dehors, si c'est ce qui vous tracasse. Mais je vous préviens, je vais être insupportable ces prochains jours. Si vous ne m'autorisez pas à sortir, je vais craquer. Et Harry aussi, soit dit en passant. Ça fait des semaines qu'il est enfermé ici, d'après ce qu'on m'a dit. Et il est de plus en plus de mauvaise humeur.

-Oui, sur ce point, vous vous ressemblez beaucoup, déclara-t-il.

-On aime tous les deux se promener au clair de lune ? demandai-je, à moitié sérieuse.

-Vous aimez tous les deux attirer le danger quand ce n'est clairement pas nécessaire. Cela doit être un trait de famille, conclut-il en soupirant légèrement. »

Je reniflai avec dédain. C'était encore un peu dur à assimiler d'avoir une nouvelle famille. Et même si j'appelai Sirius cousin, j'étais pas vraiment prête à les considérer tous comme ceux qu'ils étaient réellement pour moi.

J'avais déjà une famille. B, Ken, Red, Dawn, Xander et Giles. J'en avais pas besoin d'une autre, sérieux.

Surtout d'une qui me foutait dans autant d'emmerdes.

« J'ai peut-être une solution à votre manque d'action et de sortie. Mais ce n'est vraiment pas l'option que je préfère, déclara-t-il soudain en allant s'asseoir à son bureau. »

Ça sera toujours mieux que de rester enfermée dans cette cage qui sert de manoir.

« Je vous écoute.

- Il y a un endroit où je dois me rendre prochainement. C'est un endroit dangereux que les Mangemorts ont envahi il y a déjà quelques années. Je souhaitai emmener le professeur Lupin et Sirius avec moi, mais si cela peut éviter d'autres de vos balades nocturnes, je vous prendrais avec moi. Ainsi qu'Harry. »

Je me redressai à ses paroles. Une vague d'adrénaline m'avait submergée au moment où j'avais entendu le mot « dangereux ». Mon corps demandait de l'action depuis des jours, et j'allai enfin en recevoir un peu, avec de la chance.

« Où se trouve cet endroit ? demandai-je, prête à y aller sur le champ. »

Il détourna le regard et le posa dans le vide, fixant involontairement un point au-dessus de mon épaule. Il semblait vraiment perdu dans ses pensées, à ce moment -à. Au bout de quelques secondes seulement, il se reprit et me fit face.

« Il s'agit de Poudlard, mon ancienne école de sorcellerie. Nous partirons dans deux jours, le 22 au matin, et la mission pourra être faîte dans la journée, si tout va bien, fit-il d'une voix lourde et fatiguée. »


Le repas fut étrangement calme ce soir-là. Dumbledore avait annoncé son projet de nous emmener Harry et moi avec lui à Poudlard, et ça avait été accueilli de manière très mitigée. Certains, comme Sirius, Lupin ou encore le rouquin que je ne pouvais pas m'encadrer, étaient ravis et un peu jaloux qu'on puisse enfin avoir un peu d'action. D'autres en revanche, comme Mme Weasley, Hermione et la sœur insupportable du rouquin, pensaient que c'était vraiment trop dangereux de nous laisser partir comme ça à l'aventure alors qu'on était les deux sorciers les plus recherchés de l'Angleterre en ce moment.

Buffy, pour sa part, n'avait encore rien dit. Je compris rapidement qu'elle ne voulait pas créer de scandale au repas.

Parce qu'une fois dans notre chambre, elle me fit clairement comprendre son point de vue.

« Tu es complètement dingue ! »

Ça fait toujours plaisir à entendre.

« Et pourquoi suis-je folle, cette fois-ci ? demandai-je le plus innocemment possible en allant dans la salle d'eau pour me brosser les dents.

-Tu te jettes directement dans ses bras ! Il a failli t'avoir deux fois déjà, ça ne te suffit pas ? »

Il me fallut une poignée de secondes pour comprendre qu'elle me parlait de Face-de-reptile.

« Je ne me jette pas dans ses bras. Et puis, je serai avec Dumbledore. C'est comme, le meilleur sorcier au monde. Alors ne t'inquiète pas. »

Et puis, il m'aura quand même, à la fin. Mais bon, pas la peine d'envenimer les choses en relançant ça sur le tapis.

« Tu es consciente d'être une fugitive dans ce monde ? D'être recherchée comme la pire criminelle qui soit ?

- Oui, j'en suis consciente. Et ce n'est pas la première fois que je suis une criminelle recherchée, tu sais ? Je m'en sortirai très bien. »

Ouch, j'avais lancé le sujet hypersensible sur le tapis : mon passé. Je vis son reflet dans le miroir. Son teint était devenu pâle, et sa mâchoire était si serrée qu'elle allait sûrement se choper une crampe.

« Tu es impossible. On dirait que tu cherches constamment le danger. Que tu es prête à tout sacrifier pour une bouffée d'adrénaline. »

Tiens, une seconde personne qui pensait que j'étais un aimant à problèmes. A croire que c'était vrai.

« J'ai le droit d'avoir envie de me rendre utile.

- Pas en te mettant en danger ! Faith, bon sang... »

Voilà qu'elle perdait ses mots maintenant. Elle se pinça l'arête du nez et ferma les yeux pour réfléchir pendant que je me rinçais la bouche.

« Je pensais que tu voulais qu'on profite un maximum de nous avant le 31. C'est comme ça que tu envisageais les choses, en te lançant à l'aventure dans un pays en guerre ? »

Je me tournai vers elle et la jaugeai du regard. Elle avait abattu sa dernière carte, son dernier argument sur lequel elle pouvait s'appuyer : Nous.

« Tu sais que je veux qu'on soit le plus possible ensemble. Mais je n'en peux plus de rester enfermée toute la journée dans ce foutu manoir à avoir cette foutue routine ! Petit-déjeuner, essayage, déjeuner, entraînement, dîner et dormir ! Je ne peux pas ! Je ne suis pas quelqu'un qui peut rester assise à rien faire, ou qui veut que toutes ses journées se ressemblent ! Je veux bouger, je veux chasser, je veux découvrir de nouvelles choses pendant qu'il en est encore temps, je veux me défouler, et pendant une journée, je voudrais éviter de penser à toutes ces histoires de prophéties. C'est vraiment trop demander ? m'exclamai-je en me tournant vers elle.

Elle se mordit la lèvre inférieure et détourna le regard.

« Tu veux bouger, tu veux te battre, tu veux découvrir des choses nouvelles ? Tu sais à qui tu me fais penser, là ? A toi i ans. Quand tu te foutais du lendemain et que seul le moment présent importait. C'est ça que tu veux redevenir ? Une gosse capricieuse et égoïste de 16 ans ? J'ai 25 ans, Faith. Je cherche autre chose que de m'amuser tous les jours. Si tu n'as pas mûri de ce côté-là, ou si tu as des doutes sur ce que tu veux avec moi ou avec le reste...

-Hé, ne remets pas en doute les sentiments que j'ai pour toi, d'accord ? Ils sont forts, ils sont profonds, et tu le sais très bien. Et non, je ne suis pas redevenue la Faith d'avant, comme tu en as peur, ne t'inquiètes pas ! Je veux juste— la coupai-je, mais je le fus à mon tour.

-Tu t'entends ? Je veux, je veux, je veux ! C'est pas comme ça qu'on prend les décisions dans un couple, Faith. On est deux à choisir, ne fais pas l'égoïste !

- C'est pas parce que je suis en couple avec toi que tu dois tout choisir à ma place, et vice versa. C'est ma vie et mes choix, et même si j'apprécie tes conseils, je la vivrai comme je l'entends, conclus-je en allant chercher des affaires pour dormir.

Elle me regarda quelques secondes, et je vis de la déception et de la douleur dans son regard, ce qui calma immédiatement ma colère.

« Buffy...

- Non, te biles pas, j'ai compris. Tu veux vivre ta vie comme tu l'entends, et je vais pas te freiner dans tes désirs d'aventure. Je suis désolée de t'avoir fait perdre ton temps ces derniers jours. »

- Non, B, attends... »

Trop tard, elle sortit de la chambre et claqua la porte derrière elle.

Furieuse, je mis un violent coup de pied dans ma valise qui traînait, l'envoyant rouler quelques mètres plus loin. Ignorant totalement la douleur qui se diffusait dans mon pied, je m'allongeai sur mon lit en soupirant.

J'avais encore tout gâché.