Le premier match de Quidditch de l'année est aujourd'hui. Vu que c'est Fred qui joue, je m'installe auprès de Roger, clairement satisfait de cette situation. Je ne comprends pas vraiment mais, à l'entrée de Frédéric sur le terrain, son sourire s'accentue. Les deux garçons se toisent du regard. Fred a toujours l'air fâché quand je suis en sa compagnie. J'imagine que c'est parce qu'il pense toujours que Roger a de mauvaises intentions. De son côté, je ne comprends pas pourquoi Roger se délecte autant de ma présence et de pouvoir narguer Fred, car il semblerait que c'est ce qu'il se passe. Mon amitié serait-elle une victoire pour lui ? Quelque chose dont il pourrait être fier ? En tout cas, il n'arrange pas mes problèmes avec mon colocataire.

« T'as pas fini de le regarder comme ça ? Je ne suis pas un trophée à ce que je sache. »

« Hein ? Mais ce n'est…Tu n'es… » voyant mon sourcil soulevé, il décide de changer de sujet et de regarder le terrain, feignant de ne pas se rendre compte que je le fixe, insistant pour régler le problème.

Je finis par me résigner, déplace mon regard vers Fred, qui, comme quand il est particulièrement sur les nerfs, se met à faire des acrobaties autours de ses goals.

« Tu sais, je suis sûr que si vous essayiez, vous pourriez être amis tous les deux. En attendant, moi, je reste là, à vous voir vous détester pour je ne sais quel désaccord entre vos familles et je ne sais pas quoi faire pour n'offenser aucun des deux. T'es sensé être le plus mature alors, tu pourrais faire un effort quand même, non ?» Là-dessus, je garde le regard fixé sur mon ami, rappelé à l'ordre pour le coup d'envoi. Au tour de Roger de se tourner vers moi la bouche ouverte pendant quelques secondes. Il finit par la refermer et se concentre sur le match, ne m'adressant que peu la parole jusqu'à la fin du match. À la victoire des Serdaigles sur les Gryffondor, je saute de joie, ainsi que la moitié de la tribune. Certains Poufsouffles étaient en effet favorable à notre victoire. Je décide d'aller féliciter Frédéric, qui a arrêté une quinzaine de tirs sur la totalité du match mais, quand je m'élance vers la sortie, une main me retient par le poignet. Je déploie une force surhumaine pour me concentrer sur mes pouvoirs. Je ne sais pas pourquoi, sûrement la surprise, mais je me suis senti perdre tout contrôle.

« Je vais essayer… Mais, ce désaccord, il n'a rien à faire avec nos deux familles figure-toi. »

« Ouais, à d'autres » dis-je en détournant mon regard pour chercher mon ami. J'espère juste qu'il n'a pas encore atteint les vestiaires. La pression sur mon bras ayant disparu, je me retourne pour dire au revoir à Roger, mais il semble avoir disparu dans la foule jaune et noire.

J'hésite un instant, et puis me décide à descendre les escaliers me séparant du stade.

Évidemment, je rate mon ami. Je décide alors de l'attendre dans la salle commune. Après quelques minutes, il vient s'assoir à côté de moi dans un fauteuil trop petit pour deux.

« Ah tu m'écrases ! »

Il passe son bras autour de mon cou.

« Dis, t'as vu mon arrêt quand j'ai arrêté le souaffle avec ma tête ? C'était chouette, ça non ? »

« Oui, oui, j'étais au premier banc, j'ai tout vu. »

Cela lui rappelle sans doute mon voisin sur le banc juste au-dessus du banc de l'équipe des Poufsouffles puisque son air enjoué, si rare pourtant, disparaît en un instant.

Je m'en veux d'avoir anéanti sa bonne humeur mais je décide de lui faire part de la promesse de son rival.

« Tu sais, Roger n'a pas l'air de prendre trop à cœur le fait que vous soyez de familles dont les publications sont en concurrence. Sache qu'il m'a promis d'essayer de devenir ton ami. » Là-dessus, son air fâché s'intensifie. Mon discours ne produit pas l'effet escompté, au contraire. Fred se lève précipitamment et tourne les talons en direction de la chambre.

« Mais où tu vas ? » m'entends-je lui crier.

« Je suis épuisé, bonne nuit. » Il monte l'escalier quatre à quatre et claque la porte derrière lui. Pas du tout enclin à le laisser finir la conversation là-dessus.

Quand j'ouvre la porte, il est torse nu, en train de se changer. Je referme alors rapidement la porte pour respecter son intimité et décide de frapper. Je sens mes joues brûler alors que je l'entends rire de l'autre côté de la porte. Il vient m'ouvrir, habillé cette fois.

« Mais qu'est-ce qu'il te prend ? Tu m'as déjà vu me changer des milliers de fois. Tu es hilarant, tu sais. »

Ce qu'il dit est vrai et je ne sais pas pourquoi le voir ainsi m'a autant troublé mais, loin de là l'envie de m'attarder sur le sujet et, visiblement vexé, je passe à l'attaque.

« Mais toi, qu'est-ce qu'il te prend ? Tu t'énerves à chaque fois que je parle de Roger mais tout ce que je veux, c'est que tout le monde s'entende. J'aimerais vraiment que tu lui laisses une chance, tu ne pourrais pas faire ça, pour moi ? Ca me rendrait la vie tellement plus facile si vous étiez amis, malgré les différents entre vos parents. Après tout, ça ne vous concerne pas, si ? »

J'avais d'autres arguments en réserve mais Fred s'approche de moi, pose sa tête sur mon épaule et m'enferme dans ses bras.

« Tu ne comprends rien à rien toi, n'est-ce pas ? » Là-dessus, il se redresse et me regarde dans les yeux. Voyant son regard alerte, je me rends compte que mon œil cloche. Je me concentre dessus pour vite le rendre vert à nouveau mais il est trop, tard, Fred a tout vu. Il attrape alors mon bras et me traîne en dehors de la chambre.