Très chers lecteurs, bonjour ! *se réfugie derrière sa bêta pour éviter les tomates qu'on lui lance*
Oui, je sais, je suis en retard... Très en retard, même, puisque ça fait un peu plus d'un mois que j'ai publié le dernier chapitre... Je m'excuse auprès de tous ceux qui m'ont envoyés des gentilles reviews (je pense notamment à bulle-de-savon, entre autres) et à qui je n'ai pas eu le temps de répondre...
Donc je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps...
ENJOY !!
Sirius regardait la trotteuse de son réveil avancer doucement le long de sa route circulaire. Pourquoi avançait-elle aussi lentement ?? La trotteuse atteignit la moitié de son chemin, pointant pendant une seconde sur le 6 avant de continuer sa route sur la deuxième partie du réveil. 7. 8. 9. Sirius gardait les yeux ouverts, attendant l'instant où elle atteindrait enfin le 12. 10. Dix et demi. Dix trois quarts. 11. 55 secondes. 56. 57. Pourquoi mettait-elle aussi longtemps pour passer d'un trait à l'autre ?? 58. 59…
Sirius sauta de son lit, au moment même où la petite aiguille se calait enfin complètement sur le chiffre 8. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, il enfila sa robe, se laissa glisser dans ses chaussures, et sortit du dortoir en courant. Une minute plus tard, il arrivait devant l'infirmerie, où Mme Pomfresh lui dit d'un ton sévère :
-Je croyais t'avoir dit que je ne voulais pas te voir avant huit heures…
-Mais il est huit heures !
L'infirmière désigna l'horloge.
-Chez moi, il n'est que 7h55…
-S'il vous plait, madame !!
-Bon d'accord… Rentre…
Sirius rentra dans l'infirmerie, et son regard se posa aussitôt sur le corps rachitique de James allongé sur un lit.
-Comment il va ?
-Son cœur n'est pas reparti, je lui ai fait boire une potion qui oblige son sang à circuler normalement en attendant que son cœur reparte. J'ai essayé de le réanimer hier soir, mais ça n'a donné aucun résultat, et trop de tentatives d'affilées sur un corps privé de magie seraient trop dangereuses.
Sirius ne pouvait plus détacher son regard du corps de James. La magie faisant des ravages sur une personne privée de magie et se trouvant entre la vie et la mort, Mme Pomfresh l'avait équipé d'appareils moldus, transformés pour pouvoir fonctionner à l'intérieur de Poudlard. Une aiguille plantée sous sa peau lui injectait au goutte à goutte un étrange liquide transparent. Un masque accroché sur son visage recouvrait sa bouche et son nez, lui envoyant directement de l'oxygène. James était torse-nu, et une dizaine d'étranges patchs blancs d'où partaient des fils étaient posés sur son torse, contrôlant ses fonctions vitales. Il respirait normalement, sa tension était juste un peu en dessous de la normale… Mais son cœur ne battait toujours pas.
-Il est toujours pas réveillé ? demanda une voix à coté de lui.
Sirius n'avait même pas remarqué que Lily était allongée dans le lit d'à coté.
-Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il.
-J'ai une grippe. J'étais réveillée quand ils ont emmené James ici hier soir… Comment il va ?
-Comme hier soir, répondit Mme Pomfresh. Maintenant rendors-toi, tu as une grippe, il faut que tu te reposes. Et toi, ajouta-t-elle en s'adressant à Sirius, tu as un petit-déjeuner à prendre…
-J'ai pas faim, protesta Sirius.
-Je m'en fous, tu vas manger quand même ! aboya-t-elle sur un ton qui ne laissait place à aucune réplique.
Sirius sortit de l'infirmerie.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Il flottait dans un grand espace noir. Que du noir, partout du noir. Enfin non, pas partout. Une tâche de lumière apparaissait au loin. Une tâche turquoise. Puis d'autres lumières apparurent, se mélangeant, s'assemblant pour former des images, des lieux, des personnes. Il était dans une ruelle de Londres, en train de courir. Il était essoufflé, assoiffé, épuisé, mais il continuait à courir comme si sa vie en dépendait. Il avait également froid : il était un peu plus de minuit, et il était torse-nu, ne portant qu'un jean déchiré de part et d'autres. Il essayait d'ignorer la douleur qui le parcourait sur chaque parcelle de son corps. Surtout dans le ventre, c'était là qu'il avait reçu le plus de coups de pieds venant de son oncle. Il s'arrêta finalement de courir, mais marcha tout en reprenant son souffle. Il finit par grimper les trois marches d'un perron, menant à une porte rouge. Il hésita un instant, sachant qu'il risquait de le réveiller, puis sonna à la porte. Une lumière s'alluma, et la porte s'ouvrit sur un Sirius visiblement à moitié endormi, torse nu avec un bas de pyjama.
-James ? Qu'est-ce que tu fous là à cette heure ?
Sirius alluma la lampe qui éclairait le perron, et son regard se figea en voyant l'état de James. Celui-ci semblait plus qu'épuisé. Mais surtout, son corps était couvert de traces de coups.
-Putain… Rentre !
Sirius le prit par l'épaule, et l'emmena dans le salon, où il l'aida à s'asseoir dans le canapé.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui a fait ça ?
-Mes oncles. Ils me détestent.
-S'ils te détestent, alors pourquoi ils t'ont recueilli quand tes parents sont morts ?
-Ils étaient obligés, c'était le seul moyen pour eux d'avoir une chance de toucher l'héritage de mes parents. Mais ce soir, ils m'ont tabassé… Je me suis enfui… J'ai vraiment cru qu'ils allaient me tuer… J'ai eu trop peur…
-T'as eu raison de te barrer, James. Attends-moi deux secondes, je vais te chercher un tube de crème cicatrisante.
-Merci.
James resta immobile, laissant les doigts de Sirius glisser sur ses blessures, les enduisant de crème cicatrisante. Il n'en pouvait plus. Ses parents étaient morts quinze jours auparavant, et il était déjà sur le point de craquer. Une larme coula rapidement sur sa joue, mais elle n'échappa pas à Sirius.
-Eh, c'est bon, frangin, ça va aller…
Sirius le serra dans ses bras, et James plongea la tête dans le creux de son épaule, fondant en larmes, parcouru de sanglots intarissables.
-Allez, ça va aller… Je te laisserai pas tomber vieux frère… Jamais…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-Vous y croyez maintenant ? demanda McGonagall.
Dumbledore acquiesça d'un hochement de tête, et demanda :
-Comment va-t-il ?
-Comme va un enfant qui a passé un mois à se prostituer et à faire les poubelles pour trouver de la nourriture. Que vous le vouliez ou non, ce n'est plus ce gamin prétentieux qui jouait des sales tours à tout le monde. Si Mme Pomfresh arrive à le sauver, elle l'aura vraiment ramené de loin !
-Elle ne sait toujours pas d'où vient sa maladie ?
-Non.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Sirius restait assis sur la même chaise, depuis le début de la journée, observant James, allongé confortablement sur son lit, entouré de tous ces patchs, toutes ces aiguilles, tous ces tuyaux, tous ces fils. Derrière lui, Lily brisa le silence, demandant :
-Dis-moi, Black… Est-ce que James a été dans le monde moldu ?
-C'est là que je l'ai retrouvé… Pourquoi ?
-Parce que sa maladie, ça me fait penser aux mêmes symptômes que ceux qu'avaient un de mes voisins, quand j'étais petite. Et ça correspondrait bien à une ancienne maladie détruite par les sorciers du temps des fondateurs de l'école, je l'ai lu dans un bouquin à la bibliothèque.
-Oui, la crise de 980… fit remarquer Sirius. C'est le seul truc d'histoire de la magie qui vaut presque la peine d'être retenu… Tu parles de ce virus qui a décimé les trois quarts de la population sorcière en deux mois, avant que Salazar Serpentard ne mette au point un antidote ?
-Exactement. Tu trouves pas que ça correspondrait ? Si cette maladie existait encore dans le monde moldu ?
Mme Pomfresh, qui venait de rentrer, répondit :
-Ca y ressemble beaucoup, c'est sûr… Comment s'appelle cette maladie, chez les moldus ?
-Elle a pas vraiment de nom, c'est une maladie vraiment très rare, qui touche principalement des homosexuels, même si certains scientifiques disent que ça n'a rien à voir. La plupart des gens appellent cette maladie "le cancer gay", mais des chercheurs lui ont donné le nom du Syndrome de l'Immuno-Déficience Acquise, ou SIDA.
-Oui, ce que nous, nous appelons l'EMTM, Epidémie Mortelle à Transmission Magique J'étais en train de faire des tests pour vérifier si ce n'était pas ça…
-Mais si c'est le cas… demanda Lily.
-En 980, les sorciers ont vraiment cru que cette maladie les décimerait tous. Aujourd'hui, près de 1000 ans après, nous nous souvenons encore de la peur de ce virus. Une loi oblige l'institut de Sainte Mangouste à offrir gratuitement et sans aucune vérification une potion de soins, si quelqu'un la demande. Cette même loi stipule que je dois l'obtenir dans les 12 heures après sa demande. Même si James se prostituait, ils n'ont pas le droit de me la refuser. Je dois encore faire deux-trois vérifications pour être sûre qu'il s'agit bien de ce virus, mais si c'est le cas, je demande une potion à Ste Mangouste, et je devrais l'avoir ce soir.
Mme Pomfresh baissa les yeux sur Sirius, et l'attrapa par le poignet.
-C'est quoi, ça ??
-Une égratignure.
-Tu restes ici tant que je t'ai pas dit de sortir !!
-Pourquoi ??
-Parce que tu as soigné James pendant une semaine ! Si cette égratignure est rentrée en contact avec une de ses blessures, tu pourrais être contaminé toi aussi, cette maladie passe par le sang ! Assieds-toi sur un lit…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James sortit dans le jardin, se dirigea vers le verger, tout au fond, où il attrapa une pomme, qu'il croqua. Il soupira légèrement en sentant son mal de ventre disparaître. Lorsque ses parents étaient morts, et que ses oncles avaient récupéré la totalité de l'argent, le ministère lui avait accordée une subvention de quelques gallions "en dédommagement". Cet argent n'était pas encore épuisé, mais James ne voulait pas s'en servir pour lui-même, il en avait juste assez pour que Nina puisse manger correctement jusqu'à la fin des vacances. Et lui-même se nourrissait de pommes depuis bientôt deux semaines.
Même si le verger était immense, il avait de plus en plus mal à la tête, au fur et à mesure qu'il perdait du poids. Il ne mangeait que des fruits, il savait qu'il avait des carences en protéines et en calcium, mais il ne pouvait pas manger de viande ou autre chose… S'il en mangeait, sa sœur n'en aurait pas assez.
Il sortit de la maison. Depuis le début des vacances, il essayait de trouver du travail. Il ramassa un exemplaire de La Gazette du Sorcier qui traînait par terre, et le parcourut avant de s'arrêter sur la page des annonces. Il commença par celle du Chaudron Baveur, qui recherchait juste quelqu'un pour nettoyer les chambres une fois rendues par les clients. Il transplana dans le bar, et alla voir Tom, le barman.
-Tu viens pour l'annonce ? demanda-t-il.
Il acquiesça et l'homme lui demanda :
-Je peux voir une photocopie de ton diplôme d'ASPICS ?
-J'ai pas encore d'ASPICS, je vais rentrer en 7e année…
-Désolé, je peux pas t'embaucher. Tu connais la loi, j'ai pas le droit de t'engager sans ce diplôme…
-Mais j'ai pas besoin de magie pour faire ça ! protesta-t-il.
-Je sais, mais ça n'a rien à voir… Tu sais que je n'ai pas le droit d'engager un étudiant qui n'a pas encore de diplôme d'ASPICS… Désolé.
-Pas grave… Merci quand même…
Il sortit du bar. Même s'il s'attendait à cette réponse, il ne pouvait dissimuler une certaine déception. Il avait plus que faim, et personne ne pouvait l'embaucher avant sa sortie de Poudlard…Une brusque idée le saisit. Il se concentra, tourna sur lui-même, et transplana du coté moldu de Londres. Il arpenta les rues avant d'arriver sur une grande allée commerciale, et repéra rapidement une annonce devant un magasin. Pendant les vacances, à la fin du mois de juillet, beaucoup de magasins laissaient des annonces pour recruter des travailleurs pour le mois suivant. Il hésita deux secondes, puis rentra dans le magasin.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-Ca t'étonne, qu'il ait peur de toi ? demanda Lily en haussant les sourcils.
-Non, mais… Je sais que j'ai été con, mais…
-Dis, Black… Est-ce que tu te souviens de la discussion qu'on a eue ? Juste avant qu'il soit viré ?
-Oui, pourquoi ?
(Flash-Back)
Remus et Lily rentrèrent ensemble dans la salle commune. Sirius était assis dans un fauteuil, les yeux rivés sur une photo qu'il n'eut pas le temps de cacher avant que Remus ne la lui arrache des mains. C'était une photo qui datait de l'année dernière, où James et lui faisaient des grimaces au photographe, avant de disparaître hors du cadre pour réapparaître aux quatre coins de la photo. Remus demanda :
-Il te manque, hein ?
Sirius acquiesça tristement, les yeux rivés sur la photo.
-Black… S'il te manque tant que ça, pourquoi tu ne vas tout simplement lui parler ? Tu sais, lui aussi il a besoin de toi… Plus que jamais…
-Non, trancha Sirius. Je n'ai rien à lui dire. Mon frère me manque. Pas cette pute.
-Tu sais…murmura Remus. Moi aussi, au début, je pensais vraiment qu'il aimait ça… Mais maintenant je suis plus trop sûr… Ses oncles lui ont pris tout son argent, il ne peut pas travailler dans le monde sorcier parce qu'il n'a pas ses ASPICS, ni dans le monde moldu parce qu'il n'a pas 18 ans… Et s'il ne trouvait pas d'argent, les services sociaux lui auraient pris sa sœur…Tu voulais qu'il en trouve où, de l'argent ?
-Il aurait pu m'en demander ! rugit Sirius. J'aurais jamais refusé de lui donner de l'argent s'il en manquait !!
-Tu connais James, il est bien trop orgueilleux pour ça !! Même s'il te considérait comme son frère, sa fierté en aurait quand même pris un coup…
-Parce que sa fierté n'en prend pas un coup quand il se fait baiser par des futurs mangemorts, selon toi ? Non seulement il passe ses week-ends avec un taré, mais en plus il accepte de passer ses semaines avec les Serpentards !! Je te l'ai dit, j'ai pas envie de traîner avec cette pute à mangemorts…Ma réputation en serait trop ternie.
-T'ES VRAIMENT LE PLUS GRAND CRETIN DU MONDE !! rugit Lily en se levant.
Elle sortit de la salle commune et tomba nez à nez avec James. Visiblement, à travers le portrait, il avait entendu leur conversation. Ses yeux étaient rouges, mais Lily savait que cette couleur n'était pas seulement due à la drogue qu'il fumait. Il avait pleuré, c'était évident.
-Ca va ? demanda-t-elle d'une voix douce.
James acquiesça d'un hochement de tête, sans rien répondre. Il n'avait plus décroché un seul mot à quiconque depuis une éternité.
-Tu veux venir faire un tour avec moi dans le parc ?
Il sourit légèrement et hocha à nouveau la tête. Ils sortirent, James restant toujours silencieux. Lily savait pourquoi, elle se souvenait trop bien du jour où Sirius l'avait tabassé en lui disant clairement qu'il ne voulait plus l'entendre. Plus personne n'avait entendu la voix de James depuis ce jour là.
James se laissa tomber sur l'herbe, à coté de Lily, savourant la chaleur du soleil sur sa peau mille fois trop pâle.
-Au fait, James ? demanda Lily d'une voix douce.
Il releva la tête vers elle, l'interrogeant du regard, et elle reprit :
-C'est bientôt le 1e avril… Tu voudrais quoi, pour ton anniversaire ?
James baissa la tête aussitôt, retenant les larmes qui lui montait aux yeux.
-Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta Lily.
Il murmura, à peine audiblement :
-Pour mon anniversaire…
-Oui ?
-Je… Je veux mes parents…Je veux mes amis… Je veux que ce soit comme l'année dernière… Je veux plus me prostituer…
(Fin du flash-back)
Lily reprit :
-T'as pas vu dans quel état il était, ce jour là… Je te jure, si j'avais pas été avec lui, j'aurais vraiment eu peur de le retrouver encore une fois pendu à un arbre !
-Je sais que j'ai été con avec lui…
-Pas qu'un peu… Tu sais, il avait peut-être peur de toi… Mais en même temps, tu peux pas savoir à quel point il doit être content de te retrouver…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Lily était assise sur son lit, dans l'infirmerie… Madame Pomfresh lui parlait, mais elle n'écoutait pas, les yeux fixés sur un lit où un corps frêle reposait… sans tous ces bips des machines autour de lui, on l'aurait cru mort… son cœur se serra… Si seulement elle avait été plus forte, si seulement elle était passé par-dessus ses préjugés bien avant, James n'en serait pas arrivé là, il n'aurait pas été si malheureux et souffrant aujourd'hui… Si une seule personne s'était levée bien avant contre le reste des maraudeurs afin prendre sa défense… Quelque part, elle se sentait elle aussi coupable du malheur du brun à lunettes… James avait passé deux semaines entières à dormir dans les mêmes appartements qu'elle avant d'être renvoyé, elle aurait dut l'aider plus que ça, le protéger contre les coups répétés que Sirius lui assénait continuellement, uniquement pour l'envie de se défouler un peu. Elle aurait dut l'aider et l'encourager à ne plus se droguer, elle aurait dut empêcher Kalrane de le narguer dans la Grande Salle, elle aurait dut enlever ce couteau des mains de James bien avant, elle aurait dut retrouver James dans le monde moldu avant qu'il ne soit en train de mourir de faim. Elle n'aurait jamais dut le laisser sombrer dans ce trou sans fin.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Il jeta négligemment un œil à la forme recroquevillée à ses pieds. Puis il releva sa baguette.
-Endoloris !
Un cri de douleur résonna, et s'interrompit quelques secondes après, remplacé par une respiration saccadée.
-Tu me déçois. Tu me déçois beaucoup. Je pensais vraiment pouvoir te faire confiance. Tu me déçois.
-Je suis sincèrement désolé, Maître, souffla une voix.
-Désolé de quoi ? De ne pas avoir saisi l'occasion qui s'est présentée à toi pendant plus de 6 mois pour accomplir ta mission ? D'avoir lamentablement échoué la deuxième mission que je t'avais donné ? D'avoir préféré t'amuser avec un descendant de l'une des plus nobles familles de sang-pur plutôt que de me le livrer pour qu'il devienne l'un de mes disciples ?
Il se leva, et reprit :
-Tu n'avais aucun droit sur ce gamin, Matt. Il m'appartenait, et tu le savais très bien. Et au lieu de me le livrer comme je te l'avais ordonné, tu as bêtement préféré t'amuser avec lui… Juste pour satisfaire tes désirs… Et en plus, tu laisses filer une gamine que tu avais juste à embaucher comme prostituée pour pouvoir me la livrer… Tu me déçois énormément. Devrais-je te castrer pour que tu réfléchisses ENFIN avec ta tête et non avec ta queue et que tu m'obéisses ? Deux missions que tu as ratées. La prochaine que tu rates sera la dernière que tu feras de toutes manières…
-Ca ne se reproduira plus, mon Maître, souffla Matt.
-Tu as intérêt. Mais pour en être tout à fait sûr… Endoloris !!
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Tout tournait autour de lui. Il s'appuya contre le mur et s'efforça de respirer calmement, saisi de vertiges de plus en plus fréquents, de plus en plus intenses. Et surtout, il avait de plus en plus mal au ventre. Ca devait faire trois semaines qu'il n'avait rien mangé d'autre que des pommes, et il crevait de faim.
Il se laissa tomber sur son lit, fermant les yeux pour faire disparaître sa sensation de tournis. Puis il se releva, et descendit lentement l'escalier.
-Nina ?
-Oui ?
-Je sors pas longtemps, je devrais pas en avoir pour plus d'une heure.
-OK !
Il sortit, et tourna sur lui-même pour disparaître dans un CRAC sonore. Il se sentit écrasé par un tube de caoutchouc, sa sensation de vertige revenant de plus belle. Enfin, le tube se desserra et il s'écroula à plat ventre par terre. Il resta étendu sur le sol pendant quelques minutes avant de tenter de se relever. Titubant, il y parvint enfin, et avança de quelques pas jusqu'à une porte rouge. Il sonna à la porte, et s'appuya contre le mur pour reprendre des forces. Mais il était trop épuisé, et le décor n'arrêtait pas de tourner, tourner, et encore tourner autour de lui. Malgré lui, ses yeux se fermèrent et il se sentit retomber par terre. Il n'avait plus la force de bouger, il avait trop faim, et plus aucunes forces. Il entendit une porte s'ouvrir, et quelqu'un le prit par les épaules pour le remettre sur ses jambes.
-James ? JAMES !
James leva les yeux vers le visage inquiet de Sirius, qui glissa un bras sous ses épaules et l'aida à avancer jusqu'à un salon, où il l'obligea à s'asseoir dans le canapé. James essaya de parler, mais les gargouillements de son ventre furent bien plus explicites. Sirius l'obligea à lever la tête, et demanda :
-Toi, tu crèves de faim, hein ?
Il acquiesça d'un hochement de tête, incapable de dire quoi que ce soit d'autre.
-Et tu pouvais pas venir me voir avant de te retrouver dans cet état ?
Il ne répondit rien, et Sirius lui ébouriffa les cheveux.
-Allez, attends-moi deux secondes, je vais te chercher quelque chose à manger.
-Merci…
Sirius disparut, et revint quelques minutes plus tard avec une assiette remplie de morceaux de poulet et de riz. Il la posa sur la table basse, devant James, et murmura :
-Mange quand même doucement… Ton estomac n'est plus habitué à recevoir de la nourriture, faudrait pas que tu te rendes malade…
Il acquiesça et commença à manger. De toute sa vie, il ne se souvenait pas d'avoir mangé quelque chose qui lui avait paru aussi bon. Lorsqu'il eut fini de manger, Sirius lui proposa :
-Tu en veux d'autre ?
-Non… Merci infiniment… murmura-t-il avec un sourire reconnaissant.
-De rien… Pour répéter ma question : tu pouvais pas venir avant ??
-Je… Je voulais pas te déranger…
Une douleur fulgurante lui traversa la joue. Sirius venait de le gifler.
-Tu crois vraiment que je vais te laisser crever de faim simplement parce que je ne veux pas que tu me déranges ?
-J'étais pas… commença-t-il.
-SI ! James, ne le nie pas, tu étais en train de mourir de faim, au sens propre du mot !! Réponds-moi franchement : si je ne t'avais pas aidé, tu aurais été capable de te relever seul ?
-Non, mais…
-Alors écoute-moi. Demain, j'avais l'intention d'aller faire des courses. Que tu le veuilles ou non, je t'achète aussi de la nourriture pour toi, et je te l'amène en revenant, c'est clair ?
James hésita. Il était bien trop fier pour accepter plus d'une fois de l'aide de la part de quelqu'un, même de son frère… D'un autre coté, il avait trop faim… Et il manquait trop d'argent.
-T'es pas obligé, tu sais… Ca fait des semaines que je cherche du boulot, je finirais bien par en trouver…
-Alors je t'amène de la nourriture tant que t'as pas trouvé de travail, d'accord ?
-Ca marche. Merci beaucoup…
-De rien, frangin…
Après avoir discuté pendant encore une demi-heure, James rentra chez lui. Il arrivait dans son quartier lorsqu'il entendit une voix derrière lui.
-Bonsoir.
Il se retourna pour faire face à une dame à laquelle il ne pouvait pas donner d'âge. Son visage ridé contrastait avec ses cheveux d'un noir d'ébène attachés en un chignon très serré. Il lui aurait donné environ 60 ans, sans pouvoir en être sûr.
-Bonsoir… murmura James.
-Dis-moi… J'ai appris que tu cherchais du travail…
-De qui le savez-vous ?
-J'ai mes sources. Mais puisque ça a visiblement l'air d'être vrai, j'en aurais peut-être à te proposer…
-Je vous écoute.
-Je dirige une maison close, et je cherche des hommes de ton âge environ pour certains de mes clients préférant les hommes. Tu serais intéressé ?
James la foudroya du regard.
-Je suis désespéré, mais pas à ce point là. Et j'aime les femmes. Allez recruter ailleurs.
-Comme tu veux… Tiens, je te laisse quand même ma carte si jamais tu changeais d'avis…
Elle lui tendit une carte que James prit par politesse, sachant qu'il allait de toute façon la jeter dès qu'il rentrerait chez lui.
-N'hésite pas à me contacter ! lui dit-elle avant de transplaner.
James soupira, glissa la carte dans sa poche arrière, et rentra chez lui. Toutes les lumières étaient éteintes. Il monta silencieusement l'escalier, et jeta un coup d'œil dans la chambre de sa sœur. Nina dormait déjà. Il referma la porte sans faire de bruit, rentra dans sa propre chambre, se mit en pyjama et se laissa tomber dans son lit, s'endormant immédiatement.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James transpirait, la sueur collant ses mèches noires sur son front. Sirius tendit la main, voulant les dégager en arrière, mais ses doigts ne rencontrèrent qu'un mur transparent, parcouru d'étincelles magiques qui entourait le lit de James. Depuis que Mme Pomfresh avait compris que sa maladie lui avait zappé toutes ses défenses immunitaires, elle l'avait enfermé dans une bulle stérile, où aucun microbe ne pourrait lui asséner un coup fatal. Son cœur avait recommencé à battre de lui-même, mais trop lentement encore pour qu'il puisse survivre sans la potion qui obligeait son sang à circuler normalement dans ses veines. Le sac en plastique renfermant un liquide transparent et gluant continuait à laisser couler au goutte à goutte cette substance dans ses veines, le nourrissant bien plus que pendant les deux semaines qu'il avait passées dans le monde moldu. Et son visage restait recouvert par un masque à oxygène, James étant incapable de respirer par lui-même.
Une larme coula rapidement sur la joue de Sirius, avant de disparaître dans son cou. C'était de sa faute. Malgré tout ce que Lily pourrait lui dire et lui répéter, il n'arrivait pas à se déculpabiliser. C'était lui qui avait tabassé James, lui qui lui avait brisé plusieurs côtes et un bras, lui qui l'obligeait à dormir par terre, lui qui n'avait jamais réagi lorsque James refusait de s'alimenter, lorsqu'il se droguait, lorsqu'il se scarifiait, lorsqu'il avait tellement manqué d'argent qu'il avait été obligé de vendre son corps à des mangemorts plus pervers les uns que les autres. S'il était resté avec lui, s'il ne l'avait pas torturé pendant six mois… Il n'aurait jamais été viré… Il n'aurait jamais contracté cette putain de maladie… Il murmura, tout en sachant que James ne pouvait pas l'entendre :
-Tiens le coup, vieux frère… S'il te plait… Je me le pardonnerais pas si tu y restais…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James tournait en rond dans sa chambre. Même si Sirius lui sauvait la vie, au sens propre du mot, en lui donnant régulièrement de quoi manger, il ne pouvait plus supporter de dépendre de quelqu'un, même de Sirius, même de son frère. Mais il n'arrivait pas à trouver du travail, les réponses étaient toujours les mêmes : dans le monde sorcier, il n'avait pas d'ASPICS, et dans le monde moldu, il n'avait pas 18 ans. Et même si Sirius lui fournissait de quoi se nourrir correctement, ça ne réglait pas ses problèmes d'argent, en particulier avec l'approche de la rentrée des classes, il était loin d'avoir de quoi payer les fournitures de Nina et les siennes. Et il ne supporterait pas de devoir demander encore plus d'argent à Sirius, sa fierté en était suffisamment atteinte comme ça.
Il se laissa tomber sur son lit, regardant le plafond sans le voir. Il repensait à la proposition de cette femme il y a deux semaines, de travailler dans une maison close… Quand elle le lui avait proposé, il avait refusé net… Il était désespéré, mais pas au point de se prostituer. Mais plus il y repensait, plus il se disait que finalement, cela valait peut-être le coup. La rentrée était dans trois semaines… Il pouvait travailler pendant trois semaines, avant de rentrer à Poudlard où il n'aurait plus aucun souci d'argent ou de nourriture… Et à la fin de l'année, même s'il n'avait pas d'ASPICS, il aurait au moins 18 ans, et pourrait travailler dans le monde moldu… Trois semaines…Ce n'était pas la fin du monde… Juste pour trois semaines, parce qu'il n'avait vraiment aucune autre possibilité… Il plongea sa main dans la poche de son jean, et en ressortit une carte de visite.
Il marchait dans la rue ensoleillée de Pré-au-lard, savourant la chaleur du mois d'août. Il tourna dans une ruelle plus sombre, et arriva devant une maison de visiblement trois étages, recouverte en partie par du lierre. Hésitant quelques secondes, il finit par frapper à la porte, qui s'ouvrit sur la femme qui l'avait accosté deux semaines plus tôt.
-Tiens ! Aurais-tu changé d'avis ? demanda-t-elle en souriant.
-Peut-être. J'aurais juste voulu plus de renseignements.
-Rentre.
Elle l'emmena dans un salon, où elle l'invita à s'asseoir sur un canapé.
-Bon alors, je te résume ça en gros. Je suppose que tu veux connaître les prix ?
-Oui.
-Ils varient selon la nature de tes prestations, mais en général, ils sont compris entre 50 et 70 gallions par client. Je prends 80 pour 100 de ce salaire, tu gardes le reste, ça te feras au minimum 10 gallions par client. Mais tu dois savoir que, si tu acceptes, tu seras demandé par la plupart de nos clients préférant les hommes… Et aussi par certaines femmes. Pour un adolescent aussi beau et musclé que toi, je pense que tu ne devrais pas avoir de mal à gagner près de 50 gallions par jour. Les tarifs doublent si tu passes la nuit avec un client, mais je ne t'obligerais jamais à travailler toute une nuit si tu ne le veux pas.
James ne répondit rien pendant quelques secondes. Puis il demanda :
-Je peux arrêter quand je veux ?
-Quand tu veux, je ne t'empêcherais pas de partir…Alors ?
-C'est d'accord, accepta James.
-Parfait. Tu ne vas pas commencer à travailler tout de suite, je voudrais d'accord que tu sois un peu… Initié. Normalement j'ai quelqu'un pour ça, mais il est en arrêt… Quelqu'un m'avait proposé de le remplacer si j'en avais besoin, le temps de le re-contacter, et c'est bon. Suis-moi, je vais te montrer la chambre où tu vas travailler.
James la suivit dans une chambre d'une dizaine de mètres carrés, aux murs rouges. Deux chaises étaient installées dans un coin, le seul autre meuble étant un lit deux places, tout simple, au milieu de la pièce. Elle lui indiqua :
-Attends-moi là quelques minutes, je vais joindre la personne qui m'a proposé de remplacer mon initiateur. Il m'a dit qu'il était disponible pratiquement 24h/24. Je te rejoins tout de suite.
Il acquiesça, et la femme ressortit de la chambre, fermant la porte derrière elle. James s'assit sur le lit, et plongea la tête dans ses mains. Une petite voix intérieure lui criait qu'il n'aurait jamais dut accepter. Une autre voix, beaucoup plus forte, lui disait qu'il n'aurait jamais gagné autant en une journée avec un autre travail.
La porte s'ouvrit à nouveau quelques minutes plus tard, laissant rentrer la femme avec un homme d'environ 25 ans. Il avait l'étrange sentiment de l'avoir déjà vu, sans pouvoir déterminer où. La femme indiqua à l'homme derrière elle :
-Je ne t'en demande pas beaucoup, je veux juste que tu lui fasses un petit briefing de ce que les clients demandent le plus souvent.
-OK.
Elle ressortit, laissant l'homme seul avec James, qui se leva pour lui faire face. Il se souvint enfin d'où il l'avait vu : c'était le grand frère d'Evan Rosier, et il était à Poudlard quand lui-même était en 1e année. Un silence s'installa entre eux deux, avant que Rosier ne se décide à le briser.
-Assieds-toi, indiqua-t-il en désignant le lit.
James se rassit, et Rosier s'assit à coté de lui. Il posa deux mains sur ses épaules, et lui dit :
-Commence par te détendre.
-Je suis parfaitement détendu, répondit-il d'une voix tranchante.
Rosier laissa remonter ses mains vers le visage du jeune Gryffondor, qui n'opposa aucune résistance, laissant l'homme caresser doucement les contours de son visage. Il se rapprocha encore un peu de lui, et posa ses lèvres sur les siennes tout en lui enlevant sa chemise. James se dégagea brusquement.
-C'est suffisamment humiliant comme ça pour moi, je refuse de vous embrasser. Et je peux me défroquer seul.
-Alors fais-le ! soupira Rosier.
James enleva rapidement sa chemise, puis son pantalon et son boxer avant d'être totalement nu devant l'homme qui s'était également déshabillé. Il désigna le lit et lui demanda :
-Tu as déjà couché avec des mecs ?
-Non.
-OK. Ne t'inquiète pas, je vais juste t'habituer à te faire prendre, et te faire faire rapidement le tour des positions que tes clients te demanderont le plus souvent. Mets-toi en position quadrupédique (1).
James fronça les sourcils d'incompréhension, et il reprit :
-A quatre pattes, imbécile !
Le Gryffondor le foudroya du regard avant de s'exécuter. Se plaçant à quatre pattes sur le lit, il ferma les yeux, dégoûté par ce qu'il faisait.
-Détends-toi. Je te jure que je ne vais pas te faire mal.
Il se raidit en sentant un doigt le pénétrer, puis se détendit légèrement au fur et à mesure que la douleur disparaissait. Un deuxième doigt le pénétra. Lorsqu'il se fut un minimum habitué, Rosier retira ses doigts, et James sentit quelque chose de nettement plus gros les remplacer. Il ne pouvait pas dire que ça faisait mal. Pas douloureux, surtout désagréable. Il commença à faire de légers mouvements de va-et-vient, puis plus rapides au fur et à mesure que James s'habituait à sa présence, avant de se retirer.
-Tu t'en sors pas mal… Allonge-toi sur le dos !
James se laissa tomber sur le lit et se retourna. Rosier s'allongea au-dessus de lui, prit doucement les jambes de James qu'il passa au-dessus de ses épaules. Puis il le pénétra à nouveau. Il laissa échapper un léger gémissement de douleur, surtout du à sa position plus qu'inconfortable. Rosier le caressa longuement, laissant filer sous ses mains toutes les parties de son corps qu'il pouvait atteindre. Après à nouveau quelques coups de reins, cette fois un peu plus violents et plus rapides, il le libéra, et demanda :
-Ca va ?
James répondit par un gémissement de douleur en laissant ses jambes retomber sur le lit. Il avait l'impression d'avoir les hanches en miettes.
-Allez, ça va suffire… Tu t'es pas mal débrouillé pour une première fois, tu sais… Par contre, tu dois savoir que pas mal de clients exigent que tu jouisses en même temps qu'eux. Il faudra que tu aies un peu plus de couilles pour tes prochains rendez-vous…Allez, rhabille-toi !
James se rhabilla, et ils redescendirent voir Mme Jackwell, qui lui dit :
-Bon, c'est d'accord, je t'attends demain, à partir de 13 heures, d'accord ? On n'a pas forcément de clients le matin… Entendu ?
Il acquiesça d'un hochement de tête, et rentra chez lui. Il monta dans sa chambre, et se laissa tomber sur son lit. Il plongea sa tête dans son oreiller, et ferma les yeux, comme pour essayer vainement d'oublier la douleur qui lui martelait les hanches, l'humiliation encore cuisante qu'il en ressentait. Il entendit quelqu'un sonner à la porte, mais ne bougea pas, sachant que Nina était dans le salon, juste à coté de l'entrée. Environ 10 minutes plus tard, la porte de sa chambre s'ouvrit, et quelqu'un le chatouilla sous les côtes. Il grommela :
-Arrête, Patmol, c'est pas drôle…
-Roh, mais qu'est-ce que t'as mon Jimmy ?
-Je suis de mauvaise humeur, c'est tout, répondit-il simplement.
Il se redressa et s'assit à coté de Sirius, qui reprit :
-Vas y, raconte-moi tout, qu'est-ce que t'as ?
-Rien…
Il replia ses jambes contre lui, et passa ses bras autour de ses genoux.
-James, putain, tu me fais peur, dis-moi quelque chose s'il te plait !
-Quelque chose.
-JAMES !
-QUOI ? Sirius, s'il te plait, j'ai vraiment pas envie de parler…
Sirius le gifla violemment.
-ET MOI J'AI PAS ENVIE DE TE LAISSER DANS CET ETAT ! Qu'est-ce qu'il y a ?
James ne répondit rien.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-Je te l'avais dit, Matt… Ne me dis pas que tu n'étais pas prévenu…
-S'il te plait, Erwan, tais-toi et aide-moi à m'allonger…
Matt se laissa tomber sur son lit, et Rosier continua :
-Enfin, quoi… Tu as ce gamin à portée de main pendant six mois… Et tu le gardes chez toi alors que tu sais pertinemment que le Maître voulait que tu le lui apportes !!
-Tu ne t'en plaignais pas quand je te laissais profiter de lui, je te signale, rétorqua Matt. Mais ne t'inquiète pas, je vais retrouver cette petite salope, et quand je l'aurais, il n'aura pas le temps de comprendre ce qui se passe avant de se prendre un avada entre les deux yeux !
-Tu t'y es mal pris, aussi… Je sais bien que ce gamin était une pute parfaite, mais tu l'as tellement maltraité qu'il a réussi à se barrer légalement ! Vu l'état dans lequel il était, c'était évident qu'il essayerait de partir…
-Merde, t'es dans son camp ou dans le mien ? rugit Matt. C'est MA pute, je te rappelle, t'as pas intérêt à le retrouver sans me prévenir !
-Matt, je te dis juste que tu l'as quand même salement amoché… Beaucoup plus qu'il ne pouvait le supporter… C'est qu'un gamin de 18 ans, après tout…
-T'es amoureux de lui ou quoi ??
Rosier ne répondit rien. Non, il n'était pas amoureux. Les mangemorts n'aiment pas, n'ont pas le droit d'aimer. Mais ce gamin était si beau, il avait un corps si parfait… Il n'avait jamais dit à Matt qu'il avait été en quelques sortes son premier client. S'il le lui avait dit, il aurait peut-être refusé qu'il s'approche de lui pendant les soirées qu'ils organisaient chez Matt. Et il ne l'aurait pas supporté. James avait un corps bien trop parfait pour qu'il supporte de ne plus pouvoir coucher avec lui.
Matt, lui, devenait chaque jour un peu plus déterminé à retrouver James. Lorsqu'il l'avait embauché pour la première fois, il voulait juste saisir un moyen de se rapprocher de lui pour pouvoir le livrer à son Maître dès que possible. Mais lorsqu'il avait couché avec James… Il avait compris qu'il en serait incapable, James avait un cul bien trop étroit, bien trop agréable pour ça… Mais cette fois, il ne pouvait plus se rater. Et puis, s'il livrait au Maître la personne qu'il convoitait le plus, peut-être qu'il le récompenserait en le laissant utiliser James de temps en temps… Peut-être… Mais ce peut-être raisonnait dans sa tête de façon de plus en plus incertaine… Si le Maître le goûtait, personne n'en aurait accès après, surtout pas lui, qui avait déjà failli une première fois à sa mission… Non, il devait attraper le gamin et s'exiler avec lui ailleurs, dans un pays où même son Maître n'avait aucun contact… Il n'était pas marqué, il n'aurait aucune façon d'être repéré et retrouvé…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-James ! appela la voix de Mme Jackwell. Un client pour toi !
James sortit de sa chambre, et descendit dans le hall de la maison close. A coté de Mme Jackwell se tenait un homme d'environ 25 ans, grand, mince, avec de magnifiques yeux bleus. Ses cheveux châtains clair seraient probablement tombés plus bas que ses épaules s'ils n'avaient pas été attachés en une queue de cheval. Il observa James d'un regard inquisiteur, avant de dire à l'intention de la tenancière :
-Combien ?
-Les tarifs habituels, 50 gallions.
-Entendu, je le prends.
James suivit l'homme dans la chambre dans laquelle il travaillait. Il lui demanda :
-Comment tu t'appelles ?
-James.
-Moi c'est Matt. D'après Mme Jackwell, tu viendrais tout juste de commencer à travailler ?
-Oui, je bosse depuis une semaine.
-Parfait, j'espère que tu seras quand même assez expérimenté pour moi… Déshabille-toi !
James enleva ses vêtements, puis, sur ordre de Matt, s'allongea à plat ventre sur le lit. L'homme le pénétra brutalement, faisant crier James à la fois de surprise et de douleur. Après plusieurs coups de reins brutaux, il se libéra en lui et se retira. Il saisit James par les épaules, et le fit basculer pour le reprendre dans une autre position. A nouveau il se retira après quelques coups de reins, encore plus brutaux qu'avant. Il voulut reprendre James pour le faire basculer à nouveau, mais, surestimant la taille du lit, James se retrouva tout au bord et tomba à plat ventre, se cognant le front contre la table de chevet au passage (NdA : Dédicace à une personne qui saura se reconnaître. Désolée, c'était trop tentant !!). Il resta quelques secondes allongé sur les lattes en bois. Puis celles-ci s'ouvrirent sous lui, et il chuta dans le vide.
Un souffle d'air frais lui frappait doucement le nez et la bouche. Un bip s'élevait régulièrement d'une machine à coté de lui. Des fils électriques partaient des patchs blancs posés sur son torse. Une bulle stérile parcourue d'étincelles magiques l'entourait. Il leva les yeux au plafond, reconnaissant les étoiles magiques fixées habituellement par un maléfice de glue au plafond de l'infirmerie de Poudlard. Il était à Poudlard. Il était chez lui.
NdB : Même si je ne suis pas l'auteur, je dédicace ce chapitre à tous ceux qui ont souffert de cette satanée maladie, et à ceux qui en souffrent encore aujourd'hui… Je dédicace également ce chapitre à un artiste dont la voix est chère à mon cœur, même s'il est décédé aujourd'hui… Freddy Mercury… Unissons nous contre cette maladie qui détruit tout sur son passage, mais aussi contre les discriminations envers les malades…
(1) L'abus d'acrogym est dangereux pour la santé de l'auteur, à consommer avec modération.
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