Chapitre n°20 : Piège sur la Cité des Nuages

Décidément, il n'était entouré que d'incapables... Bouillonnant de colère à l'idée que le Faucon Millénium venait à nouveau de leur échapper, Vador regardait avec satisfaction le capitaine Needa, suffoquant. Celui-ci s'effondra bientôt à ses pieds, les mains portées à sa gorge, s'efforçant dans un geste désespéré de se défaire d'une étreinte invisible, mais ses efforts furent vint et il tomba finalement, mort. Celui qui échouait devait payer, les choses étaient ainsi, d'autant plus que par la faute de cet incompétent, sa femme et sa fille venaient à nouveau de lui filer entre les doigts.

« Excuses acceptées, capitaine Needa », dit Vador en laissant retomber sa main.

Se tournant vers deux officiers qui se tenaient non loin de là, il leur fit signe de venir enlever le corps. Tandis que les deux hommes s'exécutaient et évacuaient le corps sans vie du capitaine, Vador se tourna vers l'amiral Piett qui venait à sa rencontre.

« Seigneur Vador, nos vaisseaux ont scruté l'ensemble de la région et n'ont rien trouvé », lui annonça Piett, mal à l'aise. « Si le Faucon Millénium est passé en vitesse-lumière il doit être à l'autre bout de la Galaxie maintenant ».

« Alertez tous les commandements, calculez toutes les destinations possibles d'après leur dernière trajectoire connue ! », ordonna aussitôt Vador, plus que jamais déterminé à retrouver ce vaisseau.

« Oui mon Seigneur,nous les trouverons », dit Piett en inclinant la tête.

« N'échouez pas cette fois, amiral », ajouta Vador d'un air grave, en ponctuant son avertissement d'un doigt menaçant pointé vers l'amiral.

Piett déglutit difficilement et hocha la tête, tandis que Vador prenait congé. Inspirant profondément, Piett se tourna vers les autres officiers de pont. « Alertez tous les commandements, déployez la flotte ! », ordonna t-il. Il avait déjà eu sous les yeux l'exemple de l'amiral Ozzel et du capitaine Needa. Il ne souhaitait pour rien au monde être le prochain sur la liste des victimes du mécontentement de Dark Vador.


Si seulement Vador ou Piett avaient su à quel point leur proie était proche. Tandis que les différents vaisseaux de la flotte manœuvraient, s'apprêtant à rejoindre leur nouvelle destination, personne n'avait conscience que le Vengeur emportait avec lui, dissimulé, à l'abri contre sa coque, le Faucon Millénium. A son bord, les passagers avaient toujours un peu de mal à comprendre comment ils en étaient arrivés là. Avec une rapidité impressionnante, Han avait réussit à couper tous les circuits de façon à échapper aux détecteurs et s'était fixé contre le vaisseau ennemi à l'insu de tous. Même 3PO avait été désactivé dans la manœuvre et tous appréciaient de ne pas subir un instant ces bavardages incessants. A présent, tous observait la scène qui se déroulait sous leur yeux, tandis que de nombreux vaisseaux ennemis défilaient devant eux.

« La flotte commence à se disperser », observa Han avant de se tourner vers Chewbacca. « Va à l'arrière, près du largage manuel du train d'atterrissage ».

Chewbacca acquiesça et quitta aussitôt le cockpit, sans poser de questions. Padmé et Leïa le suivirent du regard tandis qu'il partait, puis elle reportèrent leur attention sur Han. Celui-ci paraissait toujours en pleine réflexion et les deux jeunes femmes n'avaient aucune idée de ce qu'il avait en tête. Mais l'instinct du jeune homme avait été très efficace jusqu'à maintenant et elles étaient parfaitement enclines à le suivre. N'y tenant plus, Leïa se leva de son siège et vint prendre la place de Chewbacca aux côtés de Han.

« Et qu'est-ce que vous projeter de faire maintenant ? », demanda-t-elle

Du doigts, Han semblait dessiner les trajectoires des différents croiseurs. « S'ils suivent la procédure impériale habituelle ils vont vider leurs déchets avant de passer en vitesse-lumière et nous n'aurons qu'à nous laisser dériver », expliqua t-il, espérant ne pas se tromper sur la manœuvre de ses ennemis.

« Dériver avec les déchets de l'Empire », repris Leïa en hochant la tête. Décidément, Han savait ce qu'il faisait et elle devait admettre qu'elle était assez impressionnée. « Et ensuite ? ».

Han alluma son écran de contrôle. « Il nous faudra trouver un endroit quelque part dans le coin », répondit-il. « Vous avez une idée ? ».

« Où sommes-nous ? », demanda Padmé en se penchant par dessus l'épaule de sa fille afin d'observer l'écran.

« Dans le système Anoath », répondit Han en pointant du doigt une petite constellation sur l'écran, indiquant leur position actuelle.

« Dans le système Anoath il n'y a pas grand chose », commenta Leïa.

« Non... Mais j'ai l'impression d'être déjà venu dans le coin », reprit Han avant d'ouvrir son livre de bord et d'en faire rapidement défiler les pages sur son écran. Il s'arrêta finalement, un sourire se dessinant sur les lèvres. « Ah ça c'est intéressant. Lando. », dit-il.

Padmé et Leïa échangèrent un regard furtif. Ce nom ne leur disait absolument rien. « Lando ? C'est un système ? », demanda Leïa en fronçant les sourcils.

« Non ce n'est pas un système, c'est un ami », répondit Han. « Lando Calrissian. C'est un petit magouilleur, un combinard... », précisa t-il avant de reporter son attention sur son livre de bord pour y rechercher des informations plus précises. « Bespin... C'est pas tout près mais on peut y arriver », ajouta t-il.

Padmé parcouru du regard les informations affichées sur l'écran. « C'est une colonie minière », nota t-elle.

Han confirma d'un hochement de tête. « Oui, la mine de sel de Tibana. Lando a viré l'administrateur », précisa t-il. « Nous avons fait les 400 coups ensembles Lando et moi », ajouta t-il avec un air nostalgique, tout en éteignant son écran.

« Vous avez confiance en lui ? », demanda Leïa, tant la question de leur sécurité paraissait décidément prépondérante ces derniers temps.

« Non », répondit Han après quelques secondes de réflexion. « Mais il n'aime pas beaucoup l'Empire, ça j'en suis certain ».

Laissant les deux jeunes femmes soupesaient ses paroles, Han jeta à nouveau un regard vers les mouvements de l'Empire au dehors. Ils allaient bientôt commencer à déverser leurs déchets. C'était le moment.

« On y va Chewie, tient toi près », dit-il dans son intercom. Il attendit quelques secondes et vit finalement les soutes du croiseur s'ouvrir. « Décrochement ! », ordonna t-il.

Aussitôt, le Faucon se détacha et commença à dériver au milieu des déchets impériaux relâches dans l'espace, leur offrant une certaine protection. Attendant, ils virent les soutes du croiseur se refermer et celui-ci passa en vitesse-lumière, bientôt imité par le reste de la flotte. Ayant vérifié qu'ils étaient bien seuls désormais, Han remit les moteurs en marche et se mit en route vers Bespin. A son bord, les passagers avaient le sentiment que le plus dur étaient derrière eux, mais ils étaient loin de se douter qu'ils se trompaient lourdement car, au milieu des débris, les moteurs d'un autre vaisseau se mirent bientôt en marche. A bord du Slave I, Boba Fett esquissa un sourire sous son casque. Le Faucon Millénium ne lui échapperait pas. Une fois la destination du vaisseau tant convoité identifiée, il n'aurait qu'à prévenir Vador et il serait libre de livrer Han Solo et Chewbacca à Jabba le Hutt quand bon lui semblerait.


L'aube se levait tandis que le Faucon Millénium pénétrait dans l'atmosphère de Bespin. Mais le soulagement d'arriver enfin au bout du voyage fut de courte durée car deux vaisseaux indigènes surgirent bientôt aux abords au Faucon, tandis que les transmetteurs tentaient d'émettre un message cependant inaudible car brouillé par des parasites. Tous tendirent l'oreille pour essayer d'en comprendre le sens, puis le Faucon fut soudain secoué par un tir de rayon laser qui venait de l'atteindre.

« Charmant accueil... », commenta sombrement Leïa, commença à se demander quand est-ce que le groupe pourrait enfin avoir un moment de répit.

De nouveaux crachotements furent à nouveau émis par les hauts parleurs. « Non je n'ai pas encore l'autorisation de me poser », répondit Han qui avait enfin comprit le sens du message. « Je veux juste contacter Lando Calrissian », ajouta t-il en s'efforçant de parler le plus clairement possible afin de bien se faire comprendre. Il attendit un instant, puis une nouvelle salve de tirs secoua le vaisseau. « Mais attendez une minutes, laissez moi vous expliquer ! », s'écria Han.

« Ne déviez pas de votre trajectoire actuelle », répondit une voix dans les hauts parleurs.

Han n'avait pas l'intention de désobéir à cet ordre et il poursuivit donc sa route, tandis que les deux vaisseaux se positionnaient de part et d'autre du Faucon Millénium et l'escortaient dans sa progression, attendant de recevoir de nouveaux ordres depuis la planète.

« Je croyais que vous connaissiez cette personne », fit remarquer Leïa avec ironie, observant les deux vaisseaux autour d'eux et cherchant dans la Force le signe d'une quelconque menace de leur part.

« Ben c'était il y a longtemps, je me demande s'il n'a pas oublié », répondit Han.

« Autorisation de vous posez sur la plate-forme 3-2-7 », intervint alors à nouveau la voix dans le haut parleur.

« Merci », répondit Han avant de couper le haut parleur et de se retourner vers ses compagnons. « Inutile de vous inquiétez vous voyez, on est comme les doigts de la main Lando et moi », ajouta t-il en s'efforçant de paraître le plus convaincant possible, bien qu'une part de lui se demande toujours s'il avait effectivement fait le bon choix en venant ici. Après tout, Lando se souvenait de lui, mais est-ce une bonne chose ? Han doutait que son ancien compagnon n'ai oublié ce qui s'était produit lors de leur dernière rencontre...

Un long pic terminé par un réacteur géant, soupesant une cité apparu soudain devant eux, semblant émerger des nuages. La ville était immense et paraissait flotter dans les airs. Padmé et Leïa furent émerveillées par cette apparition. Doucement, Han descendit sur la ville, offrant aux passagers la vision de tours aériennes aux formes spiralaire. Se frayant un passage dans le trafic, Han s'approcha de la plate-forme d'atterrissage qui leur avait été attribuée et y posa doucement son vaisseau. Un coup d'œil à l'extérieur leur indiqua que personne ne se trouvait sur la plate-forme pour les accueillir, ce qui n'était pas des plus rassurant.

« Bon et bien, allons-y », dit Han en se levant.

Il quitta le cockpit le premier et tous lui emboîtèrent le pas. Han s'engagea sur la rampe d'accès, attrapant au passage le blaster qui était accroché à sa ceinture, par précaution. Chewbacca le suivait de près, armé de son arbalète. Padmé, Leïa et 3PO fermaient la marche. Tous descendirent prudemment la rampe d'accès, scrutant les alentours. Leïa ne savait pas de quoi il s'agissait, mais quelque chose la dérangea aussitôt.

« Je n'aime pas du tout ça », dit-elle mal à l'aise, la situation ne lui plaisant guère.

« Je suis sûr que tout va bien se passer », tenta de la rassurer Han en se tournant vers elle.

Mais Han savait que les impressions de la jeune femme s'était révélées exactes concernant la grotte et il restait donc sur ses gardes. Une porte s'ouvrit à ce moment là en face d'eux, attirant leur attention, et un groupe de personnes, armées, pénétra sur la plate-forme d'atterrissage. Leur comité d'accueil... A leur tête, Han reconnu Lando Calrissian.

« Ah vous voyez... Mon ami », dit-il à l'encontre de ses compagnons. Il s'avança vers Chewbacca et lui fit signe de s'approcher. « Ouvre l'œil quand même, on sait jamais », lui chuchota t-il.

Chewbacca acquiesça et Han se lança à la rencontre de Lando et de ses hommes, en arborant un large sourire sur le visage et en ouvrant grand les bras. Mais il fut stoppé net par Lando, qui le regardait avec un air bien moins amical. « Comment c'est toi espèce de traite ? Sale petit escroc. », commença Lando en s'arrêtant à trois mètres de Han. « Tu as un sacré culot de venir ici, après tout ce que tu m'as fait ».

Le silence se fit entre les deux hommes, tandis que les deux groupes qui se faisaient face resserrait leur prise sur leurs armes. Prête à intervenir si Han avait des ennuis, Leïa porta la main à son sabre laser, prête à l'activer en cas de danger. La tension monta d'un cran lorsque Lando s'approcha de Han, tous attendant de voir ce qui allait se passer. Arrivé devant Han, Lando leva une main, causant chez Han un mouvement d'esquive, pensant que Lando cherchait à le frapper. Mais ce dernier éclata finalement de rire, avant de prendre Han dans les bras.

« Comment vas-tu vieux pirates ? », demanda t-il tout sourire. « Oh je suis content de te revoir ».

Les hommes de Lando se détendirent, de même que Padmé, Leïa, Chewbacca et 3PO, qui avancèrent à leur tour vers Lando afin de rejoindre Han. Se fiant à ses impressions, Leïa restait cependant sur ses gardes et conservait un œil sur Han tandis que celui-ci était en train d'expliquer à leur hôte la raison de leur présence ici, à savoir que le Faucon Millénium avait besoin de réparations.

« Qu'est-ce que tu as fait à mon appareil ? », demanda Lando en secouant la tête.

Han fronça les sourcils. « Ton appareil ? », répéta t-il. « Hey, n'oublie pas que je l'ai gagné de façon nette et sans bavures », rappela t-il, faisant allusion à une lointaine partie de Sabbac.

Lando hocha la tête en esquissant un sourire. « Et qu'est-ce qui cloche sur le vaisseau ? », demanda t-il.

« L'hyperpropulsion », répondit Han.

« Le Faucon Millénium privé de ses tripes... », commenta Lando. « Je vais mettre mes hommes dessus immédiatement ». Il jeta ensuite un regard par dessus l'épaule de Han. « Et comment vas-tu Chewbacca ? », demanda t-il au wookie. « Pourquoi tu t'accroches toujours à ce gagne petit ? ».

Chewbacca répondit par un bref grognement, mais Lando n'y accorda guère d'importance car son attention fut bientôt captée par les deux jeunes femmes qui se présentèrent derrière Han. « Bonjour, mais qu'est-ce que je vois là ? », dit-il d'un air charmeur, son regard passant de Padmé à Leïa, tandis qu'il ne savait plus où donner de la tête. La ressemblance entre les deux jeunes femmes était frappante, peut-être étaient-elles sœurs, mais en tout cas elles étaient d'une égale beauté. Décidément, Han avait beaucoup de chance pour voyager avec ses deux créatures de rêves. « Bienvenu, je m'appelle Lando Calrissian et je suis l'administrateur de ce complexe. Et vous qui êtes vous ? ».

Padmé et Leïa se regardèrent en souriant, puis Padmé prit les devant, tendant sa main à Lando qui s'empressa de la prendre. « Je m'appelle Padmé », se présenta t-elle.

« Bienvenu Padmé », dit-il en lui baisant la main.

Han l'observa répéter le même manège avec Leïa et il détailla chaque geste de Lando avec un brin de jalousie. Puis, lorsqu'il jugea que Leïa avait eu largement le temps de se présenter et que Lando tenait la main de la jeune fille dans la sienne depuis un peu trop longtemps, il s'approcha et vint se placer à côté de Leïa avant de prendre la main que tenait Lando dans la sienne.

« Bon ben ça va, vieux charmeur », dit-il en passant le bras de Leïa dans le sien et en passant entre elle et Lando, prenant ainsi bien le soin de les séparer.

Au bras de Han, Leïa ne pu s'empêcher de sourire face à se qui venait de se passer. Han venait de faire preuve d'un brin de jalousie et elle trouvait cela particulièrement mignon. Padmé et Chewbacca leur emboîtèrent le pas, tandis que 3PO s'approchait de Lando, sa main dorée tendue. « Je suis 3PO, relation humano-cyborg et je suis entièrement à votre... ». Mais déjà Lando ne l'écoutait plus, le regard fixé sur Padmé et Leïa qui s'éloignaient. Et il s'empressa bien vite de les suivre, ignorant les plaintes de 3PO sur le comportement humain.


Dans le grand salon circulaire des appartements qui leur avait été assigné par Lando, Leïa faisait les cents pas. Lando avait eu des manières tout à fait charmantes avec eux, il les avait très bien accueillit, mais malgré tout elle ne pouvait se résoudre à lui faire pleinement confiance. Elle n'était pas tranquille car elle ressentait toujours se profond sentiment de malaise, comme si un danger rodait autour d'eux, et elle détestait ne pas être capable de mettre le doigt sur cette menace. Soupirant, elle s'avança vers la fenêtre et observa la ville qui s'étalait sous ses yeux. Qu'est-ce que tu nous caches ? Ne pouvait-elle s'empêcher de penser, comme si elle attendait que la ville lui donne une réponse.

Son attention fut bientôt attirée par le bruit de la porte des appartements qui s'ouvrait. Détournant son regard de la vue sur la Cité des Nuages, Leïa se retourna pour voir Han pénétrer d'un pas rapide dans la pièce. La jeune fille ne put s'empêcher de laisser échapper un sourire en le voyant et elle s'avança vers lui, tandis qu'il prenait place sur l'un des canapés.

« Où est votre mère ? », demanda t-il en regardant autour de lui, voyant que seule Leïa se trouvait là.

« Elle se repose », répondit Leïa en prenant place à ses côtés. « Le voyage a été éprouvant ».

Han hocha la tête. « Oui, je comprend », dit-il. « Mais nous pourrions ne pas nous attardez ici, notre vaisseau sera bientôt réparé », annonça t-il en souriant. « Encore deux ou trois petites choses et ça va être parfait ».

« Le plus tôt sera le mieux », répondit Leïa. « Il y a quelque chose de bizarre ici, je ne saurai dire quoi... ».

Han s'approcha et prit ses mains dans les siennes, avant de déposer délicatement un baiser sur le front de la jeune femme. « Ne vous inquiétez pas », lui dit Han. « Je vous promet que nous partirons bientôt », assura t-il, n'aimant pas la voir ainsi.

Leïa plongea son regard dans le sien. Elle avait hâte de retrouver l'Alliance Rebelle, mais elle savait également ce que cela signifiait pour Han. Elle ne se souvenait que trop bien de la discussion qu'ils avaient peu avant que la Base de Hoth ne soit attaquée. « Et ensuite vous nous quitterez, n'est-ce pas ? », dit-elle, baissant la tête, essayant de ne pas montrer l'émotion que cette perspective causait chez elle.

Han baissa la tête à son tour, mal à l'aise et ne sachant pas vraiment quoi répondre. Il se souvenait avoir dit à Leïa qu'il partirait bientôt afin de régler ces dettes envers Jabba le Hutt, mais les progrès qu'il avait effectué ses derniers temps auprès de la jeune fille ne lui donnait guère l'envie de partir. S'il le pouvait, il préférerait rester tout le temps auprès d'elle.

« Je resterai tant que vous aurez besoin de moi », répondit t-il avec sincérité.

Leïa hocha la tête, heureuse de l'entendre dire ça. Elle sentit l'émotion la submerger encore davantage lorsqu'elle vit Han s'avançait vers elle et passer doucement son bras autour de son épaule. Répondant à son instinct, se souvenant du moment merveilleux qu'ils avaient partagé à bord du Faucon, elle s'avança elle aussi vers Han et très vite, ses lèvres trouvèrent celles du jeune homme. Se laissant aller à son baiser, elle réalisa à quel point la douceur des caresses de Han lui avait manqué. Au bout de quelques instant qui leur avait paru duré une douce éternité, ils se séparèrent et se regardèrent tendrement. Sans un mot, Han caressa doucement le visage de la jeune fille puis il l'attira à nouveau vers lui, ne pouvant plus attendre pour sentir à nouveau ses lèvres contre les siennes. Leïa le laissa faire, attendant le moment où ses lèvres rencontreraient enfin celles de l'ancien contrebandier, mais cette fois ils furent interrompu par des hurlements de terreur provenant de la pièce voisine.


C'était l'été sur Naboo, et le soleil me réchauffait le visage, tandis que je me trouvais exactement là où j'aurais du être, là où j'appartenais, blottie dans les bras de mon mari. A l'abri des regards, dans la Contrée des Lacs où était né notre amour, nous savourions pleinement chaque instant des dix jours de permission d'Anakin. Comblée, je levais les yeux vers le visage de mon mari, en détaillant chaque trait comme j'avais l'habitude de le faire, comme si j'avais peur que cet instant ne soit le dernier où je pourrai l'admirer. Levant une main, j'entrepris de caresser la joue d'Anakin et de l'attirer vers moi, ne rêvant que de déposer un baiser sur ses lèvres. Esquissant un sourire, il comprit bien vite ou je voulais en venir et ne me fit pas attendre plus longtemps, achevant de combler le vide qui séparait nos deux visages.

Nos deux lèvres se scellèrent en un doux baiser dont j'aurai voulu qu'il dure une éternité. J'en savourais chaque seconde, me laissant emporter par le flot d'émotion, de bonheur et d'amour qui me traversait de part en part. Finalement, nous manquâmes d'air et nos visages se séparèrent lentement, mais nos regards restèrent plongés l'un dans l'autre. Ce que j'aimais me noyer dans ses magnifiques yeux bleus.

« Je t'aime Anakin », dis-je, les mots échappant la bouche sans que le puisse les empêcher.

Anakin répondit à ma déclaration par un sourire rayonnant. « Et je t'aime aussi ma Padmé ».

Il me caressa délicatement le bras, ce simple contact contre la peau me procurant des frissons. Je fermai les yeux un instant, m'abandonnant à son contact, puis, lorsque j'ouvrai les yeux à nouveau, je remarquai que l'attention de mon mari était désormais ailleurs. Son regard plus triste et plus grave tourné vers le ciel me suffit pour deviner aussitôt à quoi il pensait.

« Tu penses à la guerre, n'est-ce pas ? », le questionnai-je.

Ma question l'arracha à ses pensées et il pencha la tête vers moi, me regardant tendrement. « Oui », répondit t-il. « Je sais que je vais devoir y retourner, mais maintenant que je suis avec toi ici, une part de moi voudrait neplus jamais tenir ce sabre laser », ajouta t-il en désignant de la tête son sabre posé sur une table basse à côté du fauteuil sur lequel nous nous trouvions, sur la terrasse de la villa de Varykino.

« Tu ne dois pas dire ça Anakin », dis-je aussitôt en posant un doigt sur ses lèvres. « Tu es peut-être mon époux, mais tu es aussi un Chevalier Jedi. Et cela doit passer en premier ».

Anakin hocha pensivement la tête. « Pas quand cette guerre sera terminée », dit-il d'un air convaincu, avant de porter une main à mon visage et de me caresser tendrement la joue. « Palpatine va ramener la paix dans la Galaxie et alors je serai libre de venir vivre ici avec toi », ajouta t-il.

Je voyais à quel point il avait foi en cet avenir et j'aurai aimé pouvoir en faire de même mais, bien que ce soir exactement là la vie dont je rêvais moi aussi, je doutais que les choses soient si faciles. « Je sais que tu crois en Palpatine », lui dis-je, « Mais il n'est qu'un homme et ce sont des milliers de monde qui sont en guerre ».

« Tout reviendra en ordre lorsque nous serons venu à bout des Séparatistes », réaffirma Anakin. « J'en suis certain, Padmé. Ce n'est qu'une question de temps ».

Je savais qu'il était inutile que j'essaie de le contredire sur ce point et je ne répondis donc rien, me contentant de me blottir davantage contre lui, espérant de tout mon cœur qu'il avait raison et que tout serait bientôt terminé. Nous restâmes ainsi quelques instants, lorsque je sentis Anakin remuer sous moi.

« Cette chaleur est étouffante, je vais aller chercher quelque chose à boire », me dit-il. « Veux-tu que je te ramène quelque chose ? ».

Prenant en effet conscience de la chaleur, chose à laquelle je n'avais jusque là que peu prêté attention tant mes pensées étaient focalisées sur mon mari, j'acquiesçai. « Oui s'il te plaît », lui répondis-je.

Je m'apprêtais à me lever pour lui permettre de se lever librement du fauteuil, mais il m'en empêcha en me retenant contre lui. Puis, finalement, il se leva me tenant toujours dans ses bras, comme si j'étais aussi légère qu'une plume. En souriant, il fit un tour sur lui-même, m'arrachant un vif éclat de rire. Ces moments là étaient si précieux à nos yeux tant ils étaient rares. Il me reposa finalement sur le fauteuil et s'agenouilla à mes côtés.

« Je reviens vite », me dit-il tendrement avant de déposer un doux baiser sur mes lèvres.

« Je l'espère bien », lui répondis-je, l'air espiègle, en souriant.

Il se leva enfin et, après avoir jeté un dernier regard vers moi, il pénétra à l'intérieur. Au comble du bonheur, je fermai les yeux, laissant mon esprit se remémorer les caresses et les baisers que je venais d'échanger avec mon mari. Je restais ainsi plusieurs minutes, les battements de mon cœur s'accélérant à chacun de ses souvenirs... Anakin me manquait déjà, cela semblait faire une éternité qu'il avait pénétré dans la villa, me laissant seule dans la chaleur estivale de la terrasse. Pourtant, un frisson glacial me traversa soudain et j'ouvris les yeux. Anakin n'était toujours pas revenu. Je me trouvais toujours sur la terrasse de la villa, mais l'atmosphère s'était rafraîchit, le ciel s'était assombrit.

« Anakin ! Anakin ! », appelai-je, peu rassurée.

Mais je n'obtins aucune réponse. Intrigué, je me levai et m'approchai prudemment de l'ouverture par laquelle Anakin était entrée dans la villa. L'intérieur paraissait si sombre... Un sentiment étrange naquis en moi tandis que je renouvelais mon appel. Toujours rien... Dans ma poitrine, je sentis les battements de mon cœur s'accéléraient et une vague de panique me traversa soudain, lorsque le son étrange d'une respiration mécanique parvint à mes oreille. Figée et incapable de faire le moindre mouvement, je vis, terrifiée, la haute silhouette noire et menaçante de mon pire cauchemar s'avancer vers moi.

« Tu es à moi Padmé », me dit la voix menaçante de Dark Vador. « Tu ne m'échapperas pas, jamais. Je te retrouverai toujours, où que tu sois... ».

Il s'avança encore davantage vers moi, achevant de combler la distance qui nous séparait et leva une main gantée vers moi, m'arrachant un hurlement de terreur.

« NON ! », hurla Padmé en se débattant dans son sommeil. « Non, laisse moi tranquille ! Laisse moi tranquille ! ».

Leïa pénétra en courant dans la chambre de sa mère. « MAMAN ! », appela t-elle en prenant place à ses côtés. Padmé se débattait violemment, comme si elle cherchait à échapper à une prise invisible. « MAMAN ! », appela à nouveau Leïa, tentant de la réveiller en la secouant doucement.

Padmé ouvrit finalement les yeux, haletante, tremblante de peur, balayant la pièce du regard. Aussitôt Leïa lui posa une main rassurante sur la joue. « Ça va aller, maman », lui dit-elle d'une voix apaisante. « Ça va aller, ce n'était qu'un cauchemar... C'est finit. ».

Inspirant profondément, Padmé reprit peu à peu conscience de la réalité et de la présence réconfortante de sa fille à ses côtés. Les larmes lui venant aux yeux, elle se laissa couler dans les bras ouverts de Leïa. « Oh ma chérie, c'était horrible », dit-elle la voix entrecoupée de larmes. « Je... J'ai rêvé d'un moment que ton père et moi avions passé sur Naboo et soudain il... Il... Il s'est transformé en Vador et il m'a promis que je ne pourrai jamais lui échapper... », poursuivit-elle, encore tremblante au souvenir de ce cauchemar. « Oh Leïa j'ai eu si peur, tout m'a semblé si réel... ».

« Ce n'était qu'un cauchemar, maman », répéta Leïa en lui caressant doucement les cheveux pour l'apaiser. « Je ne le laisserai jamais te faire de mal, je te le promet », ajouta-t-elle avec détermination et s'écarta doucement et en regardant sa mère. « Il ne nous séparera plus, d'accord ? », poursuivit-elle en scrutant Padmé, attendant une réponse, une réaction de sa part.

Se détendant au fur et à mesure des paroles de sa fille, Padmé hocha la tête, essuyant ses larmes du revers de sa main. « D'accord », murmura t-elle, esquissant un sourire.

Leïa lui rendit son sourire, et elle se prirent à nouveau dans les bras. Elles restèrent ainsi quelques instants, la présence de l'une apaisant l'autre. Leïa était cependant inquiète, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si ce genre de cauchemar allait se répéter souvent, maintenant que la vérité sur Dark Vador avait éclaté. Elle détestait savoir que sa mère allait devoir subir cela, après toutes les épreuves qu'elle avait déjà traversé. Un léger raclement de gorge derrière elles attira leur attention et elles se retournèrent pour voir Han, debout dans l'encadrement de la porte.

« Excusez moi de vous déranger », dit-il, gêné car il était conscient d'interrompre un moment particulier entre les deux jeunes femmes. « Est-ce que tout va bien, madame Naberrie ? », ajouta t-il.

Padmé hocha la tête. « Ça va mieux, merci Han », répondit-elle en souriant.

« Tant mieux », répondit Han en souriant. Il jeta ensuite un coup d'œil vers le salon avant de reporter son attention sur les deux jeunes femmes. « Lando propose que nous nous joignons à lui pour un rafraîchissement », dit-il. « Vous voulez venir avec nous ? ».

Padmé considéra un instant la proposition, songeant que cela lui changerait certainement les idées. « Bien sûr », répondit-elle avant de tourner un regard interrogateur vers sa fille. « Leïa ? ».

Le regard de Leïa passa alternativement de Han à sa mère, puis vers le salon où elle supposait que Lando les attendait sûrement. La proposition, pourtant simple, banale et courtoise, ne lui plaisait pas tant que cela, en partie à cause du fait que Lando et la planète ne lui inspiraient guère confiance. Mais sa mère semblait disposée à y aller et Han également, et elle ne pouvait pas les laisser y aller seuls.

« Très bien, allons-y », répondit-elle, en esquissant un sourire destiné à dissimuler ses craintes.

Han hocha la tête. « Très bien. Prenez le temps qu'il vous faut pour vous préparer, je vais l'annoncer à Lando ».

Il jeta un dernier regard à Leïa, repensant à ce qui venait de se passer entre eux, puis quitta la pièce. Leïa le regarda partir puis se retourna vers sa mère, en train de repousser les couvertures qui la dissimulaient. Padmé se leva finalement du lit et Leïa l'aida à revêtir l'une des robes que Lando avait fait mettre à leur disposition avec les appartements. Au bout de quelques minutes, les deux jeunes femmes regagnèrent le salon où les attendaient Han et Lando, et également 3PO et Chewbacca. Aussitôt, Lando se précipita vers elles, tout sourire, et entreprit de leur baiser la main.

« Vous êtes vraiment magnifiques », leur dit-il, son regard charmeur passant de l'une à l'autre. « Vous êtes faites pour vivre dans les nuages avec nous ».

« Merci », répondit Padmé, amusée par l'attitude de Lando. Si seulement il connaissait mon age véritable, mon histoire et l'identité de mon mari, ne put-elle s'empêcher de penser, j'imagine qu'il perdrait son sourire.

Malgré sa méfiance et ses doutes, Leïa ne put s'empêcher de sourire elle aussi, puis elle regarda par dessus l'épaule de Lando, Han, qui observait lui aussi le manège de son ancien compère, avec l'envie de rire. Puis, n'y tenant plus, l'ancien contrebandier s'approcha et tendit son bras à Leïa.

« Bon, nous y allons ? », demanda t-il avec un air entendu à Lando, tandis que Leïa prenait avec bonheur le bras qu'il lui offrait.

« Oui, bien sûr », répondit Lando, comprenant que Leïa était en quelque chose chasse gardée, en tendant à son tour son bras à Padmé, qui l'accepta.

Tous les six quittèrent l'appartement, Padmé et Lando ouvrant la marche. Ce dernier entreprit alors de les guider à travers le complexe, vers le lieu où ils devaient prendre leur collation, tout en leur présentant les installations et en leur décrivant brièvement leur fonctionnement.

« Vous voyez, comme nous sommes une petite exploitation nous ne tombons pas sous la juridiction de l'Empire », leur expliqua t-il.

« Vous faites partie de la guilde des mines ? », demanda Padmé, qui avait écouté avec intérêt les explications de leur hôte.

« Non, pas encore », répondit Lando. « Notre exploitation est trop petite pour avoir été remarqué, ce qui est un grand avantage pour tout le monde. La plupart de nos clients ne tiennent pas à attirer l'attention sur eux ».

« Tu ne crains pas que l'Empire découvre un jour cette petite exploitation et la fasse fermer ? », demanda Han.

Leïa n'entendit pas la réponse de Lando. Son cœur se serra soudain lorsque, à travers la Force, elle perçu un danger imminent qui se rapprochait. Elle sentit l'atmosphère s'assombrir soudain et s'arrêta net. Le souffle court, elle sentit à nouveau la présence sombre qu'elle avait perçu à bord du Faucon, alors qu'ils s'apprêtaient à quitter Hoth... Et cela ne signifiait qu'une seule chose... Vador, Vador était ici.

« Leïa ? Leïa, est-ce que ça va ? », demanda Han, scrutant le visage figé de la jeune femme.

Comme si elle reprenait soudain conscience, Leïa réalisa que tout le petit groupe s'était arrêté et que tous la regardaient avec inquiétude, attendant de savoir qu'elle était la raison de son trouble. « Vador... Il est ici », laissa t-elle échapper. « Je le sens... Je sens ses ténèbres », ajouta t-elle, le regard plongée dans celui de sa mère.

« Vous en êtes sûre ? », lui demanda Han, en prenant ses mains dans les siennes.

Leïa hocha la tête, le souffle court.

« Elle a raison », murmura Padmé, en proie à la panique. A présent que Leïa avait annoncé la présence de son mari, Padmé la ressentait elle aussi, comme elle l'avait perçu sur Hoth. Toujours cette sensation qu'elle éprouvait lorsque Anakin était proche. « Je sens sa présence moi aussi ».

Ne questionnant même pas le fait que Padmé puisse sentir le Seigneur Sith alors qu'elle n'était pas censée être réceptive à la Force, Han comprit que l'Empire était bel et bien là et qu'ils étaient en danger. Au milieu de ses inquiétudes et du vif désir de mettre Leïa et Padmé en sécurité qui s'empara de lui, le silence de Lando l'interpella tandis que l'ambassadeur de la Cité des Nuages lui apparaissait soudain particulièrement mal à l'aise. Et maintenant qu'il y repensait, les couloirs par lesquels Lando les faisaient passer étaient étrangement déserts... Fronçant les sourcils, tandis qu'un fort sentiment de trahison s'emparait de lui, Han lâcha doucement la main de Leïa et s'approcha de Lando.

« C'est étrange que tu n'aies pas fait mention de la présence de l'Empire au moment de nous proposer une petite balade », lui dit-il d'un air plein de sous-entendu, le regard menaçant. « Tu vas nous faire croire qu'au vu de ta position au sein de cette ville tu n'étais pas au courant ». Devant la réaction de Lando, qui reculait au fur et à mesure que lui-même avançait, Han comprit qu'il avait vu juste. Lando avait cherché à les attirer dans un piège. « Tu nous as trahit », siffla t-il. « Je savais qu'il ne fallait pas te faire confiance. Tu veux nous livrer à l'Empire ! ».

Lando savait qu'il ne pourrait pas se dérober. Les regards accusateurs, déçus et trahit des cinq personnes devant lui ne faisaient qu'accentuer son malaise. « Ils étaient là avant que vous arriviez », tenta t-il d'expliquer. « Je n'avais pas le choix, je suis désolé », ajouta t-il en levant les mains en signe de protection tandis que Chewbacca, furieux, fondait soudain sur lui, en émettant des grognements menaçants.

« On a toujours le choix », rétorqua Han. « Surtout lorsqu'il s'agit de vendre ses amis ».

Mais Lando ne put répondre, les mains poilus et puissantes de Chewbacca s'étant refermées autour de son cou. Tandis qu'il se débattait, tentant d'échapper à la forte poigne du Wookie, Padmé s'approcha de Han. « Han, ce n'est pas la solution », dit-elle en posant une main sur son bras. « Vador est ici, nous devrions plutôt essayer de retourner sur le Faucon et de nous enfuir ».

« Cela ne nous servira à rien s'il déclenche l'alarme sitôt que nous l'aurons laissé partir », fit remarquer Han en désignant Lando, suffoquant, d'un signe de la tête.

Padmé soupira, sachant que Han avait raison. Si Lando était déterminé à les livrer à Vador, pour quoi que se soit en échange, il n'hésiterait pas à informer aussitôt sa garde de leur fuite et celle-ci serait alors bien courte. Mais elle ne pouvait se résoudre à s'abaisser au jeu et aux méthodes cruelles de l'Empire et à laisser ainsi un homme mourir devant elle.

« Chewie, lâche-le ! », ordonna t-elle. « Tu vas le tuer ! »

Chewbacca tourna sa tête poilu vers Padmé, ses mains toujours fermées autour du cou de Lando. Il était bien décidé à poursuivre sa besogne, mais le regard noir et autoritaire que lui lança l'ancienne Sénatrice le troubla et lui fit cependant relâcher quelque peu sa prise, assez pour que sa victime puisse reprendre un peu son souffle.

« Je... Je peux vous ai...aider... », suffoqua Lando, les mains sur celles de Chewbacca pour tenter de les desserrer et de se sortir de son étreinte.

« Ah vraiment ? », demanda Han avec ironie.

« Laisse le parler, Chewie ! », ordonna Leïa en venant se placer aux côtés de sa mère. « Ça me gène de l'admettre mais il pourrait être notre seul moyen de quitter cette planète ».

Jetant un dernier regard d'avertissement à Lando, Chewbacca relâcha soudain sa prise. Lando tomba au sol et porta aussitôt ses mains à son cou, douloureux, entreprenant de le masser. Mais son répit fut de courte durée car Han se précipita immédiatement vers lui et l'attrapa violemment par le bras avant de le forcer à se lever.

« Tu as de la chance », lui souffla t-il d'un air menaçant. « Si Chewie et moi avions été seuls tu ne serais déjà plus de ce monde. Et maintenant comment est-ce que tu comptes nous aider ? », ajouta t-il avec un air entendu, en croisant les bras et en regardant Lando avec attention.

« Je connais ce complexe », expliqua Lando. « Je sais où attend l'Empire, où sont poster les hommes et je peux vous mener au Faucon par des chemins dérobés et plus rapides ».

« Très bien, après toi », dit Han en faisant signe à Lando d'ouvrir la marche. « Et ne t'avise pas de nous jouer un autre mauvais coup ou cette fois Chewbacca ne te lâchera pas ».

Déglutissant difficilement, Lando hocha la tête. Il savait que Han n'hésiterait pas à le tuer et le souvenir des mains puissantes de Chewbacca autour de son cou était encore frais. Décidé à aider le petit groupe à s'enfuir, et pourquoi pas à s'enfuir avec eux ce qui lui permettrait d'échapper au courroux de Vador, Lando leur fit signe de le suivre tandis qu'il s'engageait dans le dédale de couloirs que constituait la Cité des Nuages en direction de la plate forme 3-2-7 où les attendait le Faucon Millénium.

Au même moment, non loin du groupe de fuyards, la silhouette sombre de Dark Vador sentit une vague de fureur le parcourir de part en part. La colère l'envahit et, tandis qu'il la laissait s'exprimer à travers la Force, les vitres autour de lui explosèrent, projetant des éclats de verres dans toutes la pièce. Il avait tout prévu, son plan était parfait. Il lui semblait si parfait qu'après avoir fait désactiver l'hyperpropulsion du Faucon Millénium il n'avait même pas songer à laisser des gardes sur la plate-forme d'atterrissage. D'abord il devait récupérer sa femme et sa fille et ensuite il devait se servir de leurs amis, au moyen d'une petite séance de torture, afin d'attirer son fils ici. Il aurait du avoir sa famille réunie avec lui dans quelques heures mais au lieu de ça il sentait qu'il y avait un problème, il sentait leur présence s'éloigner. La présence de l'Empire avait été découverte, il avait sentit la vague de panique traverser Padmé et Leïa.

« Les prisonniers s'enfuit ! », hurla t-il. « Rattrapez-les et ramenez-les moi VIVANTS ! », ordonna t-il.

Sans demander leur reste, les stromstroopers présents dans la pièce prirent aussitôt leur arme à la main et partirent à l'assaut des couloirs. Fronçant les sourcils sous son casque, Boba Fett se retira lui aussi en silence. Il était tout près de capturer Han Solo et Chewbacca et il était hors de question qu'il passe à côté de la récompense juteuse que Jabba avait promis pour leur capture.


Le groupe composé de Padmé, Leïa, Han, Chewbacca et 3PO poursuivait sa course folle en direction de la plate forme 3-2-7, suivant Lando qui les menait à toute vitesse à travers un dédale de couloirs. Tous savaient que l'alerte avait été donnée, l'agitation dans la Cité des Nuages était en effet palpable et à chaque détour ils s'attendaient à se retrouver face à un détachement de Clones armés, prêts à les arrêter. Tous espéraient surtout que Lando ne les conduisait pas vers un nouveau piège...

« Nous y sommes presque ! », s'écria Lando en jetant un coup d'œil par dessus son épaule. « Dépêchez vous ! ».

Prit d'un élan d'espoir à l'idée que la délivrance était toute proche, le groupe accéléra l'allure... Pour se retrouver face à Boba Fett qui les attendait, planté au milieu du couloir, son blaster à la main. Quatre soldats clones se trouvaient à ses côtés, également près à livrer bataille. Souriant sous son masque, le chasseur de prime s'avança d'un pas décidé vers les fuyards, ceux-ci ayant stoppé net leur course. Ils étaient coincés...

« On essaye de s'enfuir ? », demanda Fett sur un ton ironique. « Je suis désolé mais vous n'irez nulle part... ».

S'en attendre une seconde, Han attrapa son blaster et tira un coup vers le chasseur de prime qui le para aisément et riposta aussitôt. Les tirs de blasters fusèrent bientôt dans toutes les directions, chacun cherchant comme il pouvait à se mettre à couvert tout en essayant d'atteindre son ennemi. Au milieu, Leïa armée de son sabre laser entreprenait de renvoyer les tirs impériaux vers leurs émetteurs. Si Boba Fett les avait retrouvé, elle savait que ce n'était plus qu'une question de minutes avant que de nouveaux bataillons de Clones ne débarquent. Leur seul espoir était de se débarrasser au plus vite de ce groupe d'assaillant et de regagner le Faucon Millénium. Avec adresse, elle para l'un des tirs qui visait sa mère et le renvoya sur le Clone qui avait tiré. Celui-ci s'effondra au sol, bientôt imité par un second, touché par un tir de Han. Au beau milieu des jérémiades affolées de 3PO qu'elle s'efforçait d'ignorer, Padmé en abattit un troisième avant de pointer son arme sur le dernier, quelque peu désarçonné, et de l'abattre à son tour.

Boba Fett réalisa soudain qu'il était seul et il se maudit de ne pas avoir amené plus de Clones avec lui. Il n'avait pas compté sur la présence d'un Jedi face à lui et cela lui compliquait bien la tâche. Avec rage, il pointa son arme sur Leïa et tira avec détermination dans sa direction, mais la jeune fille para toutes ses attaques et vint finalement mettre fin à la vie du chasseur de prime, son sabre laser s'enfonçant dans l'armure mandalorienne. Avec soulagement, tous virent le corps de Boba Fett tomber sur le sol et Han sentit soudain un gros poids en moins peser sur ses épaules... Un chasseur de prime à ses trousses de moins, et pas des moindres...

« Vous avez été épatante ! », dit-il à l'adresse de Leïa, en s'approchant d'elle avec un sourire charmeur. « Vous aussi madame Naberrie », ajouta t-il en se tournant vers Padmé, qui répondit par un sourire.

Leïa ne put s'empêcher de sourire elle aussi à l'adresse de Han, mais elle savait qu'ils ne devaient pas se relâcher. « Merci Han, mais nous ne devons pas traîner ici ! », s'écria t-elle.

« Je suis d'accord, mais d'abord... », Lando s'avança d'un pas pressé vers une prise de branchement pour ordinateur et s'en servit pour connecter un émetteur au réseau local. Bientôt, sa voix résonna dans tout le complexe. « Attention, Attention, ici Lando Calrissian. L'Empire prend le contrôle de la Cité, je vous conseille de fuir avant que de nouvelles troupes n'arrivent... ».

Padmé et Leïa échangèrent un regard, tandis qu'elles voyaient Lando avertir son peuple de la menace imminente. Elles savaient qu'ils perdaient là un temps précieux, mais elles savaient également que l'une comme l'autre aurait agit de la même façon. Le regard de Padmé se posa sur le corps sans vie de Fett et elle s'avança vers lui, repérant les armes que renfermaient l'armure de leur assaillant. Elle ramassa le blaster qu'il avait fait tombé au sol et aperçu un détonateur thermal dans l'une des sacoches accrochée à sa ceinture. Sans plus attendre et songeant qu'une telle arme pourrait leur servir, elle s'en empara au moment où Lando achevait son message.

« Venez ! », cria t-il, invitant le groupe à poursuivre sa course folle.

Tous repartirent en direction du Faucon, mais bientôt le bruit de troupes Clones qui se rapprochaient se fit entendre. Deux soldats impériaux émergèrent soudain derrière eux et ouvrirent aussitôt le feu sur les fuyards, mais leur course fut rapidement interrompue par les tirs de blaster de Han et Chewbacca.

« On a plus beaucoup de temps ! », cria Han, tandis qu'ils sortaient enfin des couloirs pour débarquer dans un espace plus vaste, dont la seule voie de sortie était une passerelle qui s'actionnait manuellement.

« Nous y sommes presque ! », cria Lando. « L'accès à la plate-forme n'est pas loin après cette passerelle ».

Alors que Lando actionnait la passerelle, un nouveau groupe de Clones arriva, les obligeant à une nouvelle halte et surtout à se mettre à couvert, dans les abris précaires qui s'offraient à eux. Au milieu de tirs, Chewbacca prit 3PO sous son bras et entreprit de traverser la passerelle, bientôt imité par Lando. S'approchant de la cachette de Leïa, Han lui attrapa le bras et la poussa en direction de la passerelle, tout en continuant de tirer sur les ennemis pour couvrir leur fuite jusqu'à un nouvel abris.

« Maman ! », appela Leïa, voyant Padmé dans un abris en face d'elle, plus éloigné. « Vient ! »

Padmé entendit le cri de sa fille et se tourna vers elle, prête à la rejoindre, mais un tir passa très près d'elle et l'obligea à regagner sa cachette de fortune. « Vas-y Leïa, je te rejoins », lui cria t-elle, avant d'abattre le Clone qui l'avait menacé.

« Non ! », cria Leïa. « Je ne pars pas sans toi ! ».

Plus déterminée que jamais à protéger sa mère et à fuir cette planète, la jeune Jedi para les tirs des impériaux avec force et soudain le calme se fit. L'épaisse fumée qui avait résulté de la bataille se dissipa bientôt pour dévoiler le spectacle des corps de dizaines d'Impériaux au sol... Mais déjà le bruit de nouvelles troupes Clones se faisait entendre non loin de là.

« Ne traînons pas ici ! Venez madame Naberrie», s'écria Han, son blaster toujours à la main, en poussant Leïa vers la passerelle.

Sortant de sa cachette, Padmé entreprit de les suivre, mais elle stoppa finalement sa route devant la passerelle, la seule voix d'accès entre le Faucon et les Clones. Maintenant que les troupes Impériales avait été avertis de leur fuite, il y en aurait de plus en plus derrière eux... Ils n'auraient pas le temps de rejoindre le vaisseau à coup d'arrêts répétés pour faire face à leurs ennemis. Inspirant profondément, Padmé baissa les yeux sur le blaster qu'elle tenait dans sa main droite et sur le détonateur thermal qu'elle avait dans sa main droite. Sa décision était prise, elle ferait tout pour protéger sa fille et faire en sorte qu'elle ne tombe pas entre les mains de l'Empire et de Vador. S'assurant que Han et Leïa avaient traversé la passerelle, elle leva son blaster et tira sur la commande qui avait permis à Lando de l'activer. Aussitôt la passerelle disparue, sans moyen de la réactiver.

Se retournant, Leïa réalisa que la passerelle par laquelle Han et elle venaient de s'échapper n'était plus là et que sa mère était toujours de l'autre côté, un blaster à la main, la commande encore fumante à ses côtés. Sentant soudain son cœur se serrer dans sa poitrine, Leïa comprit ce que sa mère s'apprêtait à faire et elle ne pouvait s'y résoudre. Elle ne pouvait la perdre encore... Il fallait qu'elle la rejoigne.

« Maman ! Non ! », cria t-elle désespérée en se précipitant vers la passerelle désactivée, avant que Han ne la rattrape et ne la serre contre lui. « Tu ne peux pas me laisser... »

Les yeux embués de larmes, Padmé leva les yeux vers sa fille et la regarda, comme si c'était la dernière fois qu'elle devait la voir et qu'elle tenait à en mémoriser chaque détail. « Je t'aime ma chéri. », lui dit-elle d'une voix douce. « Luke et toi je vous ai toujours aimé. Mon seul regret est de ne pas avoir été là pour vous voir grandir et pour vous protéger comme je l'aurai du... Mais c'est ce que je vais faire maintenant et je veux que tu fuis et que tu ne regardes pas en arrière... ».

Les larmes coulant le long de ses joues, Leïa secouait obstinément la tête, refusant de croire ce qui était en train de se passer. « Non... », sanglota t-elle. « Non, je refuse de te perdre... Je ne peux pas te perdre... »

Inspirant profondément, tandis qu'elle entendait les Clones se rapprochaient de plus en plus, Padmé tourna son regard vers Han. « Prenez soin d'elle Han », lui dit-elle.

La gorge serrée, Han ne put répondre et se contenta de regarder Padmé armer avec détermination son détonateur thermal. Sereine et à l'abri dans un creux du mur, Padmé attendit que les Clones se rapprochent, puis lorsque le groupe fit irruption dans la pièce, elle sortie de sa cachette et avant que l'un d'eux n'ait le temps de tirer elle lança le détonateur dans leur direction. La force de l'explosion la projeta violemment contre le mur et elle retomba lourdement sur le sol. Faible, elle sentit ses forces l'abandonner... La dernière chose qu'elle entendit fut le cri déchirant de douleur de Leïa, puis elle tomba dans l'inconscience.