Disclaimer : JK Rowling.
Note : Oyé, oyé, gentes dames et messieurs. J'espère que vous allez bien! Veuillez pardonner ce gros écart de publication mais je vous préviens que ce ne sera certainement pas le dernier... En effet, le BAC approche et c'est très important donc je privilégie mes études, bien sûr. Je pense que vous comprendrez :) Cet été, en tout cas, je ne travaille pas (du moins pas comme l'an dernier, du matin jusqu'au soir pendant un mois) et donc j'essaierais d'être plus régulière voire de vous mettr chapitres par mois. Je ne vous promets rien mais l'an dernier au mois d'août, j'avais plutôt bien réussi! Je ne suis pas très satisfaite de ce chapitre mais l'histoire avance peu à peu... Bisous à tous!
Severus entra péniblement dans sa chambre. Il crut qu'il n'allait jamais atteindre la dernière marche. La douleur irradiait tout son corps. Cette réunion avait été longue, douloureuse. Severus s'accrocha à la rambarde des escaliers du Square. Qu'il ait pu transplaner dans cet état relevait du miracle, mais il était hors de question qu'il reste dans le Manoir Malfoy alors qu'il savait très bien que les autres Mangemorts pouvaient profiter de ce moment de faiblesse. C'était trop risqué. Heureusement que la nuit était tombée et que le Square était pratiquement désert. Il n'avait aucune envie que quelqu'un le voit dans cet état. Le lit lui paraissait terriblement loin alors qu'il n'était qu'à quelques mètres de lui. Sa vue se brouilla et Severus s'accrocha à un mur mais s'écroula en gémissant de douleur. Le maître n'avait pas été tendre. Aucune question n'avait été posé. Et heureusement, car Severus n'aurait pu mentir dans ces conditions. Il espérait que cette erreur ne lui coûtera pas sa place d'espion. Harry Potter était, certes, un nouvel espoir mais la guerre était loin d'être gagnée. Le potioniste tenta de se relever, en vain. Toutes forces avaient quitté son corps, et il somnolait à moitié sur le tapis.
Il entendit vaguement un bruit derrière-lui et une voix s'éleva dans le silence de la chambre :
- Rogue? Oh merde...
Ce dernier grogna en sentant quelqu'un le relever pour le mettre dans son lit. Les courbatures resteraient certainement encore quelque jours. Il ouvrit ses yeux pour voir Black, une mine inquiète. Ses gestes doux le surprirent. Severus pensait que le brun allait seulement le claquer dans le lit sans ménagement.
- Ne bouge pas! paniquait légèrement le brun. Je vais chercher des potions!
Severus ne put retenir un faible ricanement. Comme s'il pouvait bouger de toute manière... Sirius revint quelques minutes plus tard, les bras remplis de potions de toutes les couleurs. Il les posa sur le lit et chercha frénétiquement la bonne potion pour les douleurs du maître des potions. Ce dernier l'entendait marmonner.
- La rouge? C'est pas une potion de croissance, ça? Non... Potion anti-douleurs, potion anti-douleurs... Pourquoi Pomfresh ne met-elle pas d'étiquettes sur ses foutus flacons?
- Utilise un accio, imbécile, murmura Severus.
Il y eut un moment de flottement où Black regarda Rogue avec des yeux ronds, comme s'il venait se rendre compte qu'il était un sorcier et qu'il avait, en effet, une baguette.
- Ah... ouais... Accio potions anti-douleurs!
Un flacon vert se logea dans le creux de sa main et Sirius s'empressa de l'ouvrir et d'aider le potioniste à la boire. Severus grimaça au goût infect qui se répandait dans sa bouche. Quelques minutes après, une fraîcheur se logea dans son corps et qui le détendit enfin. Sirius lui donna quelques potions revigorantes en plus et s'allongea à côté de Severus dans le lit. Un silence régna dans la pièce.
- Il l'a découvert, brisa Sirius, sans émotion particulière.
Ce n'était pas une question, plutôt une phrase conclusive. Oui, le Seigneur des Ténèbres avait découvert l'existence de Harry Potter. Oui, le jeune homme était en vrai danger à présent. Il n'y avait pas vraiment de réponse à donner, puisque tous deux la savaient.
- Pourquoi s'est-il acharné sur toi? osa l'animagus.
- A ton avis? ricana-t-il faiblement. Je suis un espion de l'Ordre et je ne suis même pas foutu de connaître cette information, qui est la plus capitale.
- Qu'est-ce qu'on va faire pour Harry et Malfoy?
- Harry est notre dernier espoir, commença Severus. Mais Harry ne nous fera jamais confiance si on ne lui ramène pas Draco.
- Première étape, donc, sauver Malfoy.
- Effectivement. J'ai appris qu'il était dans les cachots, avec les jumeaux Weasley.
- Une pierre deux coups? lança Sirius.
- Peut-être. Black, il faut que ce foutu plan soit parfait. Sinon, on mourra certainement. Et Draco aussi.
- Si Draco meurt, Harry sera détruit. Ils nous ont fait un putain de remake de Roméo et Juliette, ces deux-là, ironisa l'animagus.
- Il faut qu'on se dépêche. Le Lord ne va pas attendre des mois avant d'exécuter Draco. Et ce n'est pas sûr que lui tienne plus d'une semaine de torture.
Sirius, toujours allongé dans le lit, se tourna complètement vers Severus, silencieusement. Ce dernier, gêné par la proximité et par le regard insistant sur lui essayait en vain de penser à autre chose.
- Que proposes-tu?
- Premièrement, récupérer 3 baguettes. Je vais essayer de voler leurs baguettes au Manoir, mais cela ne m'étonnerait pas qu'elle soit utilisée par quelqu'un d'autre. Ensuite, les faire sortir pendant une réunion. C'est le moment où il y a le moins de Mangemorts dans le Manoir. Les faire sortir par la porte de la cuisine. Le périmètre anti-transplanage s'étend jusqu'à cinq cent mètres.
- Trop facile, fit Sirius sans vraiment rire.
- Rien n'est jamais facile.
Plus personne ne parla. Severus tourna lentement la tête pour voir que Black s'était endormi. Endormi! Dans son lit! Le potioniste soupira, ne pouvant pas s'empêcher de ricaner intérieurement en imaginant la réaction le lendemain matin.
Harry se réveilla brusquement, retenant un cri de pure horreur. Sa panique s'accentua en ne reconnaissant pas l'endroit où il dormait. Il tremblait de tout son corps. Ses souvenirs lui revinrent : l'attaque, Draco, l'Ordre du Phénix, les révélations... Il n'avait passé qu'une seule petite journée au Square et il avait appris plus sur lui en ce laps de temps qu'en 18 ans de sa vie. Il inspira un grand coup avant de se rallonger dans lit, un peu moins inquiet. Ces cauchemars incessants étaient de plus en plus insupportables. Il ne savait pas comment arrêter cette sorte de connexion avec le Seigneur des Ténèbres. Peut-être fallait-il qu'il en parle vraiment à quelqu'un... mais il ne savait plus en qui faire confiance!
Draco lui avait menti. Harry l'avait toujours su, mais ce qu'il avait appris hier le faisait douter encore plus. Draco tenait-il réellement à lui? Ou l'utilisait-il seulement comme une sorte d'arme pour sa propre liberté? Il lui en voulait autant qu'il était inquiet pour lui. Ces deux sentiments se bataillaient dans sa tête, entre le coeur et la raison. Il aimait Draco, c'était un fait indéniable mais... lui faire confiance à nouveau allait être difficile. S'il revenait vivant, ajouta Harry avec horreur. Draco devait revenir vivant.
Mais pour le moment, il était seul. Harry ne pouvait se fier à personne dans cette maison, pour le moment. Même si Rogue et Sirius avait réussi à lui apporter quelque chose, il attendrait encore avant de pouvoir révéler des choses importantes (comme ses visions) mais le vieil homme que tout le monde respectait comme un dieu ici... Hors de question. Dès qu'il l'avait vu, Harry pouvait entendre les rouages de son cerveau se mettre en marche. Si Rogue savait pour la prophétie, ce Dumbledore devait savoir aussi... et la comprenait certainement plus que Harry.
Cette prophétie était inquiétante, pour le brun. S'il comprenait bien, il était le seul capable de tuer un genre de Hitler version sorcier, qui l'avait directement dans sa ligne de mire. Harry soupira. Qu'allait-il faire maintenant? Devait-il suivre leurs ordres sans broncher ou fuir pour retourner à Privet Drive?
Non. Il s'inquiétait trop pour Draco, malgré tous leurs aléas et devait le sauver. Puis avoir une sérieuse conversation avec lui. Puis l'embrasser. Harry se leva en s'étirant. Des affaires était prêtes pour lui. Il les enfila. Les vêtements étaient légèrement trop large mais c'était déjà mieux à sa taille que les loques de son cousin...
Il sortit de la chambre pour se diriger vers celle d'en face, là où dormait Peter. Il jeta un simple coup d'oeil pour constater que ce dernier dormait encore, suant légèrement. Harry prit la serviette humide qui était tombé du front de son ami, la mouilla un peu avant de la replacer correctement. Les traits angoissés, Peter paraissait encore vivre un cauchemar... Harry se rassura en disant qu'il était dans le monde magique, et qu'ils avaient certainement une solution.
Il descendit ensuite l'étage pour aller vers la cuisine où il pouvait déjà entendre des bribes de conversations.
- Et là, je lui ai lancé un bon stupefix dans la face! racontait avec enthousiasme quelqu'un.
- Ron, tu as raconté cette histoire des centaines de fois, soupira une voix qu'il reconnut comme celle d'Hermione. Tu as été imprudent, tu n'aurais pas du y aller!
- J'en suis ressorti vivant, hé!
Harry entra dans la pièce. Il y avait peu de personnes. Immédiatement, tous les regards se posèrent sur lui et un silence inconfortable se fit.
- Hem, bonjour, fit le brun, gêné.
Une femme s'avança vers lui, et lui dit chaleureusement :
- Bonjour, mon chéri. Est-ce que tu as faim?
Ses cheveux roux encadraient son visage fatigué mais Harry ne put que retenir son sourire aimant qu'elle lui adressait. L'amour d'une mère. Pour la première fois, il ressentait l'amour maternelle. Cette femme en avait à revendre.
- O-oui, merci.
- Assieds-toi à côté d'Hermione! Et Ron, tu ne devrais pas être si fier de ta bêtise!
Harry s'installa, sous les regards des autres. Il n'y avait que des adolescents, les sorciers compétents étant probablement partis en mission. Il rentrait à peine dans le monde magique et le voilà déjà avec une guerre sur les bras.
- Ça va, Harry? lui sourit Hermione.
- Oui, merci... répondit-il en commençant à déjeuner.
Il prit une tartine et l'enfourna dans sa bouche. Ses gestes étaient maladroits car il sentait des regards oppressants sur lui. Il détestait être le centre de l'attention.
- Arrêtez de le regarder comme ça, grogna-t-elle ensuite. Désolée, ils sont juste... impressionnés de te voir.
Harry ne l'aurait pas deviné tout seul. Même en essayant d'être discret, sa voisine d'en face ne pouvait cacher son regard qui se posait sur lui toutes les cinq secondes.
- Tu as pleins de Joncheruines dans la tête, Harry, dit une voix douce et rêveuse.
La voix provenait d'une jeune fille pâle, aux longs cheveux blonds. Ses yeux bleus semblaient remplis de rêveries et de mystère et elle le fixait d'un air étrange, presque... dérangeant. Sa manière familière de lui parler le gêna d'abord avant de le réconforter... Elle ne le regardait pas comme les autres, au moins. Elle était un peu plus naturelle.
- Des quoi? hésita le brun, ne voulant pas passer pour un ignorant.
- Des Joncheruines. Ce sont des petites bestioles invisibles qui infestent le cerveau et qui rendent fou les gens. Tu devrais faire attention.
- Euh... certainement, merci...
- Oh, je suis désolée Harry! s'exclama Hermione. Personne ne s'est présenté. Voici Luna, Ronald et Ginny.
Ronald et Ginny devaient être frère et soeur, pensa Harry. Ils lui faisaient penser à ces deux jumeaux roux qu'il avait vu dans ses rêves... Qu'étaient-ils devenus?
- On est ravi de t'accueillir dans l'Ordre du Phénix, mec! lui sourit Ron. Ma soeur était complètement fan de toi, quand elle était gamine. Je suis sûre qu'elle rêvait de t'épouser en secret. Manque pas ton occasion, Ginny! ricana-t-il.
- Ronald! s'offusqua la rouquine.
Le brun émit un léger sourire. Ronald était une source de comique à lui tout seul. Ginny rougit quand il posa ses yeux sur elle. Elle est mignonne, se dit Harry.
- Ne l'écoute pas, grogna-t-elle. Il dit n'importe quoi!
- Ginny, tes Joncheruines s'agitent, l'alerta Luna.
Hermione leva les yeux au ciel devant les paroles de Luna et murmura discrètement au brun.
- Même pour nous, les paroles de Luna sont incompréhensibles. Ne cherche pas à comprendre. C'est Luna.
Harry fit un léger sourire, en acquiesçant. Il la trouvait pourtant très rafraîchissante.
- Mes chéris, je dois aller faire quelques courses importantes. Ne faites pas de bêtises, les informa Molly. Harry, si ton ami se réveille, l'infirmière est dans le grand salon au troisième étage. Et je crois que Sirius est rentré mais il n'est pas dans sa chambre... Enfin bref, à plus tard, les enfants!
- Maman, on n'est plus des enfants, grogna Ron.
- Vraiment? ironisa Hermione. Venant de toi, cette phrase me surprend...
Ron pestiféra contre la brune, qui cachait son rire derrière son livre. Luna et Ginny parlait ensemble avec enthousiasme.
Harry ne se mêlait pas vraiment à la conversation qui battait son plein. Il n'en avait pas envie. Ses pensées étaient tournées vers Peter et Draco. L'un était entre la vie et la mort, et l'autre était captif sous les tortures des Mangemorts. Les deux personnes les plus importantes pour lui étaient en danger et rester là, et rire avec les autres, le rendait malade. Il se sentait inutile.
- Harry... commença Ginny, avec une mine inquiète. Tu es tout pâle...
- Ça doit pas être facile de se retrouver dans cette bouse d'hyppogriffe, continua Ronald. La guerre fait rage et maintenant que t'es là... ils vont tous se reposer sur toi...
Le brun retint un soupir. Il était sûr que l'histoire allait prendre cette tournure. L'enfant prodige de retour avec de meilleurs pouvoirs... Hors de question!
- Je ne suis pas un héros, rétorqua Harry. Je suis loin d'être puissant ou quoique ce soit. Vous savez beaucoup plus de chose, vous avez été dans une école spécialisée pour les sorciers. Je sors d'un lycée de merde, sans même avoir un diplôme. Vous seriez fou de compter sur moi.
- Harry, ne dit pas que tu n'es pas puissant! Je t'ai vu à l'oeuvre, alors que tu étais sans baguette! fit Hermione.
- C'était un coup de chance! Je n'ai même plus de baguette!
- Penses-tu que tout le monde peut se vanter d'avoir survécu au sortilège de mort, Harry? lança Luna. Ne te sous-estime pas.
- Si j'étais si puissant que ça, j'aurais pu les sauver! finit Harry, en se levant brusquement et remontant à l'étage.
Il s'enferma dans sa chambre, et se retint d'hurler de rage. Il ne voulait pas être différent des autres! Pourquoi ne pouvait-il pas connaître son monde, sans avoir des problèmes sur ses épaules? Juste être un adolescent normal, avoir une famille, un petit-copain... C'était trop demander... Quelqu'un toqua à la porte. Il ne répondit pas.
- Harry, ouvre-moi la porte s'il-te-plaît.
Il reconnut la voix d'Hermione. Il fit un geste pour lui ouvrir mais se ravisa. Il n'avait pas envie de se justifier, ni de parler à quelqu'un.
- Va-t-en.
- Tu vas t'enfermer le restant de tes jours dans cette chambre? J'ai quelque chose pour toi. C'est très important.
Harry ricana.
- Tu dis ça pour que je t'ouvre la porte.
- C'est Draco qui me l'a donnée.
- Qu'est-ce que c'est? demanda Harry, sa curiosité prenant le dessus.
- On va continuer à parler avec une porte entre nous deux?
Harry soupira puis se leva pour ouvrir la porte. Hermione était seule. Elle entra avec un paquet sous le bras qui attira le regard du brun. La brune s'avança vers son lit où elle s'assit avant d'inciter Harry à venir face à elle. Elle déballa soigneusement le paquet. La forme était familière pour Harry et son coeur battait à cent à l'heure. Était-ce vraiment ce à quoi il pensait? La jeune sorcière tendit finalement la boîte à Harry, avant de dire :
- Ouvre-là. Elle est à toi.
Harry ouvrit délicatement la boîte, dégagea les deux bandes de tissus fin et soyeuses qui recouvraient le cadeau. Sa baguette. Entre ses mains, à nouveau. Il avait toujours regretté ce moment-là, où il avait jeté sa baguette dans la figure de Draco. Il avait eu la sensation de redevenir fou, comme avant que le blond ne lui fasse découvrir la magie. Il se sentait à nouveau lui, avec cette baguette. C'était la sienne. Il ressentit un léger coup de jus quand ses doigts s'approprièrent la baguette, mais il n'avait jamais été plus heureux.
- Quand...? commença Harry, sans réussir à finir sa phrase, les yeux fixés sur sa baguette.
- Au moment de transplaner. Il l'a glissée dans mon sac, en murmurant ton nom. C'était un peu son adieu à lui, j'imagine, déclara Hermione, se remémorant du visage de Draco à ce moment-là. Déterminée.
- Je lui avais jeté à la figure, j'avais décidé d'oublier cette partie de moi... Toute cette magie... J'étais tellement en colère.
- Tu n'as pas à être un héros, Harry. Mais il faut que tu admettes ta puissance. Je connais des diplômés qui ne savent pas le quart de ce que tu sais. Draco voulait te protéger. N'en veux pas aux autres, ils ne connaissent pas ta situation.
- Tu crois que je devrais leur parler de Draco? tenta Harry.
- Je ne pense pas, soupira la jeune fille. Draco avait une sale réputation à Poudlard, je te l'ai dit. Il s'en est particulièrement pris aux Weasley... surtout Ron.
- Je ne sais pas quoi faire...
- Sois juste toi-même, lui sourit la sorcière. Je serai toujours ton alliée.
- Et les autres?
- A toi de te faire une opinion. Ron et moi... On se doutait un peu de ton retour... On avait réussi à avoir quelques infos. Tu peux compter sur nous. Après, les adultes sont toujours plus complexes que nous, de jeunes "ados" insouciants.
- On n'a pas vraiment le temps d'être insouciant en temps de guerre, rétorqua Harry.
- Harry! cria soudainement une voix dans le couloir! Harry! Ton ami est réveillé!
Harry se précipita vers la chambre de Peter. Ce dernier peinait à garder les yeux ouverts et semblait encore fiévreux.
- Harry, Harry... murmurait-il sans cesse.
Ce dernier se posa à son chevet, lui serrant une main pour le rassurer.
- Je suis là, Peter. Tout va bien se passer, chuchota le brun, d'une voix tremblante.
- Qu-qu'est-ce qui s-se passe? Où est-ce qu'on est?
- Dans un endroit sans danger. Tu as été blessé. Mais tout va bien se passer, répéta Harry, comme s'il essayait de se convaincre lui-même.
- Où est... le blond?
Peter luttait pour parler. Il transpirait, à cause de la fièvre et tremblait.
- Repose-toi. On est en sécurité, finit par dire Harry.
Apaisé, Peter ferma les yeux avant de se rendormir à nouveau. Harry ne savait pas si ce réveil avait encore tranquillisé ses inquiétudes ou bien les avait accentués. Il garda la main de son ami, la serrant fort espérant juste que ce simple geste pourrait apaiser ses rêves et qu'il puisse dormir tranquillement. L'infirmière entra ensuite, un panier à la main rempli de fiole en tout genre.
- A-t-il parlé? s'enquit-elle tout en sortant des potions spécifiques.
- Un peu... mais il reste faible.
Pomfresh lança un regard inquiet vers le moldu qui dormait. Elle fit quelques sortilèges de diagnostic. Harry la regardait attentivement, ne voulant rater aucune de ses expressions.
- Nous ne connaissons pas le sortilège et c'est ce qui me ralentit le plus... Mais pour le moment, il n'est pas en danger, monsieur Potter. Allez vous reposer, vous avez une mine à faire peur à Vous-Savez-Qui, ironisa-t-elle.
- Je suis sûr que vous dormez moins que moi... rétorqua le brun. Est-ce que Sirius et Rogue sont là?
- Je ne sais pas... Tu devrais aller voir dans sa chambre!
Harry acquiesça, puis sortit de la pièce, laissant l'infirmière s'occuper de Peter. Il monta prudemment à l'étage, ne voulant pas réveiller le portrait de la vieille harpie qui dormait profondément pour le moment. Il avait eu la joie d'entendre sa voix mélodieuse hier et il préférait ne pas revivre ce moment de frayeur et d'hystérie. Quelle idée de créer un tableau qui parle aussi..
Il ne pouvait pas dire que le Square était l'endroit le plus accueillant qui soit. Poussiéreux, sombre et infesté de minuscules monstres agressifs (dont il n'avait pas retenu le nom), le Square était son placard à balais en cinquante fois plus grand. Cependant, c'était un endroit extrêmement protégé et les sortilèges de nettoyages de Molly réussissaient peu à peu à enlever toute la poussière, d'après Hermione.
Il croisa quelque sorciers en montant à l'étage. Harry réussit à rester poli sans leur balancer des remarques acerbes sous leurs regards choqués. C'est super malpoli de fixer les gens comme ça, grogna le brun. Personne n'osait réellement l'approcher par contre... Ils semblaient si impressionnés par "Celui-qui-a-vaincu" (surnom qu'il avait entendu au détour d'un couloir) qu'ils n'osaient pas lui parler! Il était juste un adolescent comme les autres, pardi!
Harry arriva finalement à la porte de chambre du maître des potions. Il était angoissé à l'idée de lui parler. Il espérait des bonnes nouvelles et pourtant, en connaissant le monstre qui retenait captif Draco... Harry avait peur de l'issu de sa captivité. Harry toqua. Pas de réponse. Il retenta encore une fois mais toujours rien. Déçu et encore plus inquiet, il soupira avant de partir. Une voix l'interrompit.
- Mr Potter? Je vous cherchais justement.
Harry fronça les sourcils en voyant Dumbledore et son air bienveillant se rapprocher de lui. Le vieil homme mit un bras sur son épaule pour le diriger au fond du couloir, vers une pièce un peu plus à l'écart. Harry se dégagea de l'étreinte avant de répliquer froidement :
- Nous pouvons parler ici, je pense.
Dumbledore se tendit. Ce gamin n'était pas assez influençable. Il allait avoir beaucoup plus de mal que prévu...
- Mon garçon, il y a des discussions qu'on ne peut pas avoir dans un couloir... Je n'en aurais pas pour longtemps. Suis-moi, je te prie.
- C'est à propos de quoi? continua le brun.
- Qui protèges-tu, Harry? répliqua le directeur. Je suis loin d'être bête, mon garçon. Si tu te brusques à chaque fois qu'on te parle, c'est parce que tu as peur de faire une erreur et de mettre en danger quelqu'un... N'est-ce pas?
Harry soupira. Ce vieux sénile était vraiment agaçant.
- Je suis loin d'être bête, aussi, monsieur. Veuillez comprendre que ma confiance est loin de vous être accordée. Vous croyez que je ne comprends pas votre petit jeu? Le héros, celui-qui-a-vaincu... Je ne serai pas votre arme. Je ferai ce qu'il me plait.
Sur ces mots, Harry se tourna vivement pour descendre dans sa chambre.
- Chaque jour, des innocents meurent, Harry! Que ce soit des moldus ou des sorciers... Des femmes, des enfants... Voldemort les tue sans scrupule! Tu es le seul à pouvoir l'arrêter... Notre dernier espoir...
- Vous me prenez par la pitié? ragea le jeune homme. Vous m'avez abandonné chez des monstres! Vous êtes responsable de ce que je suis aujourd'hui. Si vous souhaitiez que je devienne l'un de vos pions, il fallait être un peu plus rusé, mon vieux!
Autour de lui, les objets se mirent à voler. Les vieux vases entassés dans un coin éclatèrent tous, provoquant un énorme boucan. Harry ne contrôlait plus sa magie. La colère était telle qu'il n'arrivait plus à se calmer comme lui avait appris Draco. Il sentit la terre trembler, ou peut-être était-ce lui-même qui tremblait. Il ne savait plus vraiment. Il regardait juste Dumbledore, toujours fier, bien qu'un peu surpris par cette scène. Cette attitude nonchalante ne fit qu'amplifier sa colère. Comment osait-il être ainsi? Quelqu'un saisit son bras et avant de se rendre compte de ce qu'il faisait, il projetait la personne de l'autre côté du couloir.
- Potter, calmez-vous! hurla Rogue. Tout de suite!
Il reprit ses esprits en reconnaissant le potioniste. Il dirigea son regard vers l'homme inconscient, au sol, et vit que c'était son parrain. Assailli de culpabilité, il courut vers lui pour l'aider. Sirius n'était que légèrement blessé mais Harry ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir.
- Que lui avez-vous dit, vieux fou? siffla Rogue.
Dumbledore ne répondit pas et partit sans un mot.
- Je suis désolé, Sirius... murmura Harry.
- T'as une sacré force, dis donc... grogna le parrain, en se relevant avec difficulté.
- Quelques potions feront l'affaire... trancha Rogue. Rentrons dans la chambre. J'imagine que vous vouliez me parler, Potter.
- Hum, oui... répondit Harry, gêné. Pourquoi vous étiez ensemble dans la même chambre, d'ailleurs? se rendit compte le jeune homme, intrigué. Vous êtes... un couple?
Sirius toussota pour masquer sa gêne avant de prendre le bras de Harry et l'inciter à la rentrer dans la chambre.
- Parlons de chose plus sérieuse, veux-tu?
Harry acquiesça sérieusement. Les choses allaient pouvoir avancer.
Une review fait toujours plaisir et encourage l'auteur! ~
