Hello everyone !
Avant de vous laissez, j'aimerais remercier Rouky qui m'a rappelé que si j'avais su dessiné, j'aurais fais de cette fic un doujinshi plutôt qu'une fanfic car ma priorité pour cette histoire est d'abord le visuel notamment dans la relation entre les personnages. C'est d'ailleurs dans cette perspective que je parle beaucoup des regards. ça peut paraître rébarbatif mais c'est sur le visage, dans le regard que les sentiments passent avant tout. Après le langage du corps est aussi très expressif.
Hééé oui, à défaut de savoir écrire, j'aurais voulu savoir dessiner... Je crois que cette fic en image serait tellement mieux, en pensant cela, je me sens très frustrée et je passe encore plus de temps à relire mes chapitres, pour ajouter un détail, mettre un peu plus de gestuelle. C'est en partie la raison de ma frustration perpétuelle car, même après avoir publié, j'ai toujours le sentiment que c'est incomplet.
Enfin bref, sur ce coup de gueule, je vous laisse savourer cet épisode un peu plus court que d'habitude mais très important pour introduire un nouveau tournant dans l'histoire.
Épisode 17
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― Inspecteur tout va bien ?
La belle à la chevelure rousse ne daigna pas lever les yeux vers son subordonné, concentrée sur le rapport qu'on lui avait apporté il y avait de cela une heure.
Non seulement il rapportait les faits présumés qui avaient eu lieu dans la demeure de Rob Lucci mais on y avait aussi indiqué son implication dans les affaires de Kaido, la mort d'Ener et ce qu'elle engageait. Le Gouvernement avait beau expliqué aux Radicaux que ce n'était pas de leur ressort de s'occuper de ce simple garde du corps, ce groupe influent exigeait d'énormes dédommagements pour ce qu'il prenait pour un meurtre de sang-froid, une provocation en somme.
Or Nami avait été présente et avait envoyé aux Haut Commandement sa propre version des faits. Elle avait tout dit, sans prendre en compte sa haine envers Kuroashi ni même la compassion qu'elle avait eu en apercevant la mine atterrée de ce dernier quand il avait dû appuyer sur la gâchette. Malheureusement, tout ce qu'avaient retenu ses supérieurs et le Gouvernement, c'était que la faute revenait au jeune cambrioleur. Dont la close de l'affaire était sous la responsabilité de l'Inspecteur Dorobo. A sa grande surprise, alors qu'elle se voyait déjà au chômage rien qu'en lisant les conclusions de l'Inspecteur Général Shepherd, elle fut félicitée et on lui accorda sans délais deux semaines de repos pour guérir des blessures qu'elle avait récolté durant son absence.
Un point seulement la dérangeait. Elle avait bien précisé dans son compte-rendu que ses blessures avaient été causées par Absalom, deux jours après sa rencontre avec Rob Lucci et Ener. Néanmoins, dans la conclusion officielle qui avait été transmise aux médias à propos de cette affaire, on insistait sur le fait qu'un officier avait été sévèrement blessé durant l'interpellation de Rob Lucci. Aucune référence à l'existence d'Absalom n'apparaissait. Pas même son nom. Il avait été complètement jeté dans les oubliettes.
Quelque chose clochait. Elle était allée aux archives pour lire la copie de son rapport, prise d'un doute. Ce ne fut pas facile mais, puisqu'elle était l'officier en question, elle avait eu le droit de l'avoir. L'horreur se mêla à l'incompréhension lorsqu'en comparant la copie à l'originale, elle fit la terrible constatation qu'on avait modifié sa version des faits.
Trois semaines étaient passées et aucun signe de Kuroashi. Faire une descente dans la ville où il l'avait emmené n'aurait servi à rien sinon à s'attirer des ennuis et elle n'en avait pas besoin. Et étrangement, elle sentait qu'elle ne pouvait pas lui faire ça. S'il avait eu la… bonté de la ramener en un seul morceau, l'Inspectrice se serait senti coupable de s'en prendre à des innocents. De toute manière, il ne devait plus y être depuis qu'ils s'étaient séparés.
Hermep et Koby s'échangèrent un regard consterné, inquiet par le mutisme de leur supérieur. Nami releva les yeux et parut enfin avoir pris en compte que ses deux subordonnés étaient dans son bureau. Elle se rencogna dans son fauteuil et referma le dossier.
― Dites-moi, vous êtes allés dans la demeure de Rob Lucci ?
Évidemment, elle ne les avait pas écoutés. Mettant cela sur le compte de sa précoce sortie d'hôpital, ni Koby ni Hermep ne prirent la peine de signaler qu'ils lui avaient adressé la parole quelques instants plus tôt.
― Durant votre absence, le Commissaire Divisionnaire Tomoshibi nous y a emmenés, expliqua Koby. Si c'est à propos du code que vous avez trouvé sur le lieu de son dernier cambriolage, je peux vous assurez qu'il ne correspond à rien. Que ce fussent 9-5-6-7 ou 1-9-2-6.
Nami regrettait de ne pas avoir posé la question à Kuroashi alors qu'elle l'avait sous la main. En même temps, elle avait fait la bourde monumentale de l'agresser dans une salle de bain à des milliers de mètres d'altitude. Bon, en soit, elle ne regrettait rien mais pour l'avancement de l'affaire… Elle avait foiré sur toute la ligne.
Là au moins, elle avait été régulière dans sa connerie.
― A propos de combinaison…
L'intérêt de l'Inspectrice remonta en flèche, elle fit pivoter son fauteuil vers Hermep.
― Durant son interrogatoire, Rob Lucci nous a révélé qu'il n'y avait pas que des informations sur Kaido dans la statuette que Kuroashi avait volé. Il y avait aussi un autre code qui lui non plus, ne correspond à rien. Il l'a écrit et le Commissaire Divisionnaire Tomoshibi nous a chargés de vous le donner.
L'élève-lieutenant sortit de sa poche un papier qu'il tendit à la jeune femme.
― 10-110-11-0, lut-elle à haute voix. C'est… ça ?
― En fait, c'est l'une des interprétations que nous pouvons faire des chiffres qu'il nous a donné.
― Rob Lucci n'a pas explicité ? Rien dit à voix haute ?
― Il ne sait pas plus que nous ce que ces chiffres signifient mais il a assuré que c'était très important.
Encore un mystère de plus. Kuroashi avait des informations là-dessus ? Il était forcément au courant puisqu'il avait volé cette statuette. D'ailleurs, elle se demandait pourquoi avoir choisit de poser un faux dans l'entrepôt. Pourquoi celui-ci et pas le tableau ?
Zut. Il l'avait eu. Sur toute la ligne.
Elle bondit de son siège, surprenant ses subordonnés qui reculèrent. La jeune femme serra dans son poing le papier puis s'efforça de le lâcher avant qu'il soit illisible.
― La fausse statuette a été examiné ?
― Oui mais il n'y avait rien qui puisse servir à la police. Pas d'empreinte pas d'ADN… Seulement ce code.
Voilà pourquoi il avait tant tenu à la ramener en France ! Le temps que la statuette soit rapatriée dans le poste de police, il avait au minimum cinq jours devant lui pour agir. Pieds et poings liés une nouvelle fois, la jeune Inspectrice avait la tenace sensation d'être aussi impuissante qu'un nourrisson. Mais elle ne pouvait pas admettre d'échec. Étrangement, elle avait l'impression que son prochain coup se ferait en France. Sinon pourquoi l'emmener là ? Il aurait pu tout aussi bien la laisser en Italie ou en Allemagne, dans un endroit où il était certain qu'elle serait dans l'incapacité d'agir durant au moins deux semaines !
Le cambrioleur reprenait ses vieilles habitudes. Il la faisait encore tourner en bourrique et jouait au marionnettiste.
― Nous avons une information de premier ordre concernant Kuroashi.
Dorobo se tourna vers Koby qui avait parlé sans prendre de gants pour retenir son attention. Ce qui avait fonctionné.
― Il se trouverait aux États-Unis.
Nami s'interdit tout indice extérieur de sa surprise. Elle se serait trompée ? Impossible !
― Comment pouvons-nous en être certain ? C'est une source fiable ?
― Apparemment, il aurait fait une "visite" dans l'une des demeures d'un certain Jinbei Kaikyou et lui aurait dérobé toutes les affaires qui avaient de la valeur, des bijoux aux tableaux.
La jeune femme ne comprenait pas. Pour transporter autant d'objets, il fallait être plusieurs. Or, Kuroashi avait toujours travaillé en solo. Et ce n'était pas son genre de voler des choses aussi futiles à ses yeux sans que cela n'est une signification ultérieure. Cela ne lui servirait à rien puisqu'il cherchait des informations sur Absalom. Par contre, c'était bel et bien le genre de type à se frotter à l'un des 7 Chefs, que l'on nommait aussi "Princes".
― Et une personne l'a vu ?
Elle savait cette question superflue, stupide puisque Kuroashi prenait garde à ne jamais laisser de témoins.
― Plusieurs personnes on vu un homme en costume chic, cheveux noirs et yeux gris sortir de la villa de Mr Kaikyou à Erie, un sac sur l'épaule, accompagné par deux autres individus.
Pas grand-chose en somme… C'était louche. Malgré les apparences, ce détail avait son importance.
― Et quand est-ce que cela s'est produit ?
― Il y a trois semaines environs. L'information a été d'abord dissimulée afin que Jinbei puisse mener son inspection et il vient d'autoriser la communication des résultats de son enquête préliminaire aux médias et à la police.
La jeune femme s'attendait à tout de celui qu'on surnommait "Le Paladin des Mers" à cause de sa carrière glorieuse dans la Marine alors qu'il venait tout juste d'être admis en tant que Déclaré. Elle admirait cet homme pour sa ténacité, son sens de l'honneur et sa bravoure.
Plus elle écoutait son subordonné, plus elle avait l'impression qu'un épais voile noir se dressait entre elle et la vérité. Tout était trop… scénarisé. Trop de détails. Trop d'interrogation. Depuis quand Kuroashi ne faisait plus dans la subtilité ? Pourquoi partir en laissant des témoins derrière lui ? Il était encore trop tôt pour affirmer quoique ce soit mais cette affaire était loin d'être aussi simple qu'elle ne le paraissait.
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Un spasme parcourut les doigts du jeune homme mais un sourire de façade étira ses lèvres. Il ne pouvait pas en vouloir au garçonnet qui s'inquiétait pour lui.
― Sanjiiiiii, tu veux de la grenadine ?
― Non merci Chopper.
― Et un croissant au beurre avec un pain au chocolat ?
― Non plus, tu peux aller les manger. Je vois bien que t'en meure t'envie.
Zut, il n'avait pas été assez convaincant toutefois Chopper était bien content d'y avoir droit.
― Tu veux un livre ?
― Non Usopp.
― Alors, tu veux…
― Rester seul. J'aimerais sincèrement rester seul. Merci à vous deux mais j'ai vraiment besoin de me retrouver avec moi-même. Je vous appelle si j'ai besoin de quelque chose.
Usopp opina et poussa sans un mot Chopper vers la porte alors que le gamin allait insister. Dernier sourire vers les deux compères qui refermèrent la porte avec lenteur. Le jeune cambrioleur retourna dans sa contemplation muette du plafond. Rester presque trois semaines dans ce lit, à bouger seulement pour se déplacer misérablement vers la salle de bain... Il ne savait pas comment il avait fait pour tenir. Chopper voulait absolument lui apporter ses repas dans sa chambre. Sanji avait baissé les bras à ce sujet. Il n'avait pas été en état de discuter.
Comme l'avait si justement dit Franky, les côtes ne se ressoudaient pas en deux jours. C'était trop simple. Il avait forcé les limites de son corps et voilà où il en était. Heureusement que sa période de convalescence était presque terminée.
Il ne restait pas inactif pourtant. Malgré les conseils de Franky qui refusait catégoriquement que Sanji/Kuroashi travaille, il avait caché derrière son oreiller deux carnets, l'un noir l'autre bleu, et un stylo. Toutes les nuits, il consultait le calepin noir où il avait consigné les informations les plus importantes sur ses potentielles cibles. Dans l'autre carnet, il inscrivait les possibilités qui s'offraient à lui avec l'équipement qu'il avait. Il ne pouvait pas s'arrêter. Il était capable d'écrire une heure entière sans une pause. C'était plus fort que lui. Il sentait qu'il devait faire un arrêt dès que son poignet le faisait souffrir et que sa main tremblait sans que ses doigts ne lâchent le stylo, pire, se crispent dessus.
Kuroashi reprenait toujours le dessus une fois qu'il était seul. C'était inévitable. Il avait encore cette rage de vaincre en lui. Plus intense que jamais depuis qu'il avait échoué la dernière fois. Il se haïssait profondément d'avoir raté une si magnifique occasion de tuer Absalom. Il s'en voulait.
Mais tout ça était à cause de cette Dorobo ! De quel droit s'était-elle invitée ? Le comble de tout, elle s'était permis de lui sauver la vie, lui privant de choix.
Il se sentait confiné dans ce statut de N.D. Cette contrainte, cette étiquette s'était imposée en lui alors qu'il était Kuroashi. Seul Sanji pouvait y avoir droit et cette Inspectrice lui avait assené une véritable claque en agissant tel qu'elle l'avait fait. Néanmoins, à cause de Sanji sans doute, il n'arrivait pas à lui en vouloir bien longtemps.
Ça aussi, il ne se l'expliquait pas.
Il finit par lâcher ses calepins et son stylo. Dès que l'image de Dorobo flottait dans son esprit, il n'arrivait plus à se concentrer sur son travail. Il avait cette subite envie… Tout le renvoyait à cet instant si violent et pourtant porteur de tant de sentiments contradictoires.
Il se leva péniblement, prenant mille précautions pour sortir de la chambre sans faire de bruit afin de se diriger vers la salle de bain juste à côté de sa chambre. Il ôta sa chemise avec une lenteur calculée après s'être planté devant le miroir. Il lui tourna le dos et leva les yeux vers la glace que les jeunes gens avaient installé, de telles sortes à ce qu'on puisse voir le dos sans difficulté. C'était plus pratique pour voir l'emplacement des blessures éventuelles.
Ses doigts suivirent l'ancien tracé des plaies que lui avait infligé la rousse incendiaire dans cette salle de bain. Dans cet avion.
Les plaies n'avaient pas mis énormément de temps à disparaître mais il avait encore l'impression de sentir la douleur que ses ongles lui avaient infligé en se plantant sans hésiter dans sa peau, autrefois laiteuse, à présent aussi bronzé que n'importe quel N.D.
Une peau blanche… Comme ces gens qui, eux, étaient reconnus par le Gouvernement.
Sans qu'il n'en prenne conscience, ses ongles s'étaient enfoncés dans son épiderme, traçant une fine ligne rouge. Il ferma les yeux, se remémorant d'elle alors qu'il était sous son emprise. Qu'elle le dominait. Ses mains avides de parcourir le corps du jeune homme, de découvrir, de s'approprier...
Il se rattrapa au lavabo à la dernière minute avant de tomber. Les yeux grand ouverts, haletant, il essuya de sa main libre la sueur qui perlait sur son front. Bon sang que venait-il de se passer ? Avait-il eu une absence comme lorsqu'il avait été dans la baignoire chez Zoro ? C'était si… étrange. Inquiétant pour d'autres mais lui le percevait autrement.
Il était curieux par l'inconnu. Une part de lui voulait savoir et l'autre préférait l'ignorer.
Il soigna la blessure qu'il s'était involontairement infligé. Il était en train de perdre la tête. Plus ça allait, plus il avait l'impression de devenir dingue. Peut-être allait-il être bon pour l'asile dans quelques mois. Peut-être que quelque chose clochait chez lui, pas physiquement mais dans son être. Était-il possible que ce soit une maladie ? Une hérédité inscrite dans ses gènes dont il n'avait pas connaissance ? Était-ce là depuis le début ou cela s'était-il développé petit à petit ?
Il se posait tellement de questions sur lui-même qu'il n'arrivait pas à comprendre comment des étrangers, ou même son entourage, pouvait le cerner.
Le jeune homme retourna dans sa chambre et se pelotonna sous les couvertures. Le froid ne le dérangeait pas mais ces frissons incontrôlables l'ennuyaient. Il remit ses carnets et son stylo sous l'oreiller et réussit à s'endormir.
Il fut réveillé aux premières lueurs de l'aube par un excentrique agité qui débarqua en trombe dans sa chambre.
― Sanji, tu sais quoi ?
― Non mais si tu me le dis, je le saurais.
― … On parle de toi au journal.
― C'est pas nouveau ça. C'est encore à propos de Rob Lucci ? Ils en n'ont pas marre de…
― Non, à propos de Jinbei.
Le jeune homme se redressa subitement, grimaçant de douleur à cause de ses côtes encore douloureuses. Il refusa l'aide de Franky pour se lever et pour descendre l'escalier pour voir le journal télévisée. Usopp et Chopper n'étaient pas encore levés, par chance.
La télévision –écran plat qu'ils avaient pu se procurer à moitié prix parce qu'elle était "tombée d'un camion" – était déjà allumée et journal télévisé venait tout juste de terminé son sommaire pour passer à l'information principale.
Kuroashi avait encore frappé !
Horrifié, Sanji regardait les images qui retranscrivaient le vol qu'il avait prétendument commis dans l'une des maisons de Jinbei. Il vit la silhouette en costume, cheveux noir et yeux d'argent, ressortir par une porte-fenêtre en compagnie de deux silhouettes, plus baraqués. Le supposé Kuroashi disparaissait dans la nuit, son butin sur le dos.
La journaliste réapparut sur l'écran, précisant que le délit avait été commis il y avait de cela trois semaine mais que le célèbre Paladin des Mers avait souhaité en savoir plus sur cet homme avant de prévenir les autorités.
Le jeune cambrioleur osa un coup d'œil vers son ami qui était aussi perplexe que lui. Repérant l'angoisse de son compère, le jeune homme aux cheveux bleu le rassura.
― Je ne crois pas une seule seconde que ce soit toi.
Dès qu'il les avait rejoint en Angleterre, Sanji avait tout raconté sur sa fameuse absence pendant deux jours après sa visite chez Rob Lucci. Franky le croyait sur parole car, après tout, il le lui avait promis. Kuroashi comme Sanji était un homme d'honneur. La seule chose qu'il avait omis de dire était sa tentative de "suicide" qui avait avorté lorsqu'il avait rencontré Absalom.
Soulagé par cette confirmation, l'attention du jeune voleur retourna vers le journal.
― Merci… Mais je me demande pourquoi Jinbei prévient seulement maintenant les autorités.
―Je pense surtout que ça s'adressait à toi. Tu devrais l'appeler.
― … En réalité, c'est pour ça que tu m'as fait levé aussi tôt n'est-ce pas ?
― Qu'est-ce que tu crois ? T'aurais pu lire ces nouvelles en lisant le quotidien dans quelques heures.
Sanji eut un soupir et sortit son portable. Cela le dérangeait pas mal qu'on le pense aussi impulsif et aussi négligeant. Comment les gens pouvaient être dupes à ce point ? Il suffisait qu'un mec lambda porte un costume tel que ceux qu'avait Kuroashi, ait les cheveux noir et ça y est, c'était forcément Kuroashi ? Personne ne savait à quoi il ressemblait exactement !
Tout ça pour un peu d'audimat et d'argent…
Kuroashi était en colère contre ces abrutis.
Le jeune cambrioleur se réfugia dans la S.B. tandis que Franky lui assura qu'il réceptionnerait Usopp et Chopper pour les occuper. Ils verraient tous deux le planning pour les prochains jours.
La personne qui avait volé son identité était vraiment très négligente. Ses complices ne devaient pas non plus avoir beaucoup de jugeote. Ils venaient de se mettre à dos les Huit Supernovas en faisant ça.
De plus, s'ils avaient été plus consciencieux, ils auraient su qu'il ne fallait pas s'attaquer à Jinbei en se faisant passer pour Kuroashi.
― Tient ! J'attendais ton coup de fil Kuro.
― Salut Jinbei. Les affaires qu'ils t'ont dérobées ne vont pas t'apporter d'ennuis ?
― Rien de compromettant, je te rassure… Je savais bien que tu réagirais à cette annonce. Par contre, je n'ai pas pu la faire partager aux médias avant aujourd'hui. Avec les révoltes de N.D. qui éclatent un peu partout aux États-Unis, la répression du Gouvernement, je n'ai pas eu le temps de me consacrer à ce vol qui est très secondaire.
― Je comprends, de toute façon, je n'aurais pas été en état de bouger. On peut dire que c'est un timing parfait.
― … T'as rencontré Absalom n'est-ce pas ?
Touché. Kuroashi resta silencieux un moment.
― Tu étais au courant de quoi exactement ?
― Je savais que tu avais Rob Lucci en ligne de mire. Chez les 7, le bruit court qu'il travaillait pour Kaido qui est un partenaire très proche d'Absalom.
― Et pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
― Parce que tel que je te connais, tu aurais foncé droit dans le guet-apens et tu ne serais plus là pour en parler.
Qu'importe ce qui se serait passé, je serais mort si j'avais échoué ou réussis, songea le jeune homme en repensant à son opportunité manqué à cause de la rousse. Il préféra ne pas aborder le sujet.
― Écoute, je te dois beaucoup Jinbei. Sincèrement, je ne pourrais jamais te rembourser pour ce que tu as fait pour moi mais là…
― Je prends mon rôle très à cœur. On m'a fait jurer de m'occuper de toi et de tout faire pour que tu t'en sortes quoiqu'il arrive mais admets que tu es une tête de mule qui refuse constamment mon aide. Tu veux la jouer solo, d'accord, mais pense aux conséquences. Tu n'es pas tout seul sur le navire.
Ils savaient tout les deux qui étaient ce "on" que Jinbei venait de mentionner. Pas besoin de préciser. Néanmoins, la tirade faillit faire sortir le jeune homme hors de ses gonds.
― J'ai pas envie de t'impliquer dans mes affaires. T'es dans la même situation que tous les Chefs, même couvert de gloire. Je m'en voudrais de t'entraîner dans mes problèmes simplement parce que je t'ai demandé de m'aider.
― Ma situation, comme tu le dis si bien, me permet d'avoir pas mal d'informations. Dis-moi qui est ta prochaine cible et je te dirais où elle se trouve au moins. Ce serait un formidable gain de temps !
― Jinbei…
― C'est pas à Kuroashi que je m'adresse maintenant mais à Sanji. Si tu retrouves Absalom, tiens-moi au courant, on ne serait pas trop de deux pour s'en occuper. Je suis contre toute forme de vengeance mais puisqu'elle te tient à cœur, je ferais tout pour que tu l'accomplisses et que tu trouves un nouveau sens à ta vie.
Le pauvre… S'il savait.
― Tu en as déjà fais bien assez. Si tu le croises ou que t'as l'occasion de passer un coup de fils à ce vieux schnock de Zeff, tu pourras le saluer de ma part et lui dire qu'affectueusement je souhaite qu'il passe vite l'arme à gauche afin que j'hérite de ses biens ?
― … Entendu.
Jinbei s'était résigné. Pour le moment tout du moins. Le connaissant, Sanji savait qu'ils auraient encore pas mal de discorde à ce sujet.
― Je me charge de ces types, promis.
― Alors je t'envoie les infos que j'ai pu réunir. Ce n'est pas grand-chose mais…
― Je viendrais en personne pour voir les dégâts dès que je me serais chargé de ma cible en France. J'amènerais mes deux spécialistes avec moi. J'espère simplement qu'ils ne vont pas s'attaquer à une autre de tes maisons et qu'ils tombent sur…
― Ne t'inquiète pas pour moi. Ce sont certainement des amateurs ou des inconscients. Ils ont trouvés une cible qu'il leur a paru facile et ont voulu jouer les caïds. J'ai surtout hâte qu'on discute face-à-face devant une bonne tasse de café.
― C'est vrai qu'un bon café résout tout n'est-ce pas ?
― Tss… A très vite espèce d'effronté.
Il raccrocha au nez de Sanji qui ne s'en offusqua pas. La réaction du quadragénaire l'amusait car il savait qu'il avait beaucoup d'affection pour le jeune homme. C'était réciproque. Il redescendit et constata avec surprise qu'Usopp et Chopper prenaient leur petit-déjeuner. Et dire qu'il voulait toucher deux mots à Franky avant qu'ils ne débarquent. C'était raté. Son compère avait eu la présence d'esprit d'éteindre la télévision. C'était ça de pris.
― Tient t'es débout ? fit le métis avec son ironie habituelle.
Sanji choisit de faire comme s'il n'avait rien entendu.
― Bonjour Usopp, belle matinée n'est-ce pas ? Moi en tout cas je suis en pleine forme. Merci de t'en soucier.
Le jeune homme s'assit, regardant avec une tendresse paternelle Chopper tendre la main vers la boîte de céréales… que Franky éloignait pour le taquiner. Boîte que le cambrioleur arracha des mains de son ami et qu'il tendit au cadet en se disant qu'il ne valait pas mieux qu'Usopp.
― On va où la prochaine fois ? s'enquit ce dernier.
― Vous restez là. Moi je vais devoir être absent une semaine et ensuite nous irons aux États-Unis, en Pennsylvanie.
― Ah ? Pour quelles raisons ?
Sanji adressa un sourire malicieux au métis qui le sentait très mal. Relevant ses lunettes de soleil, Franky devinait aisément où voulait en venir son ami. Le regard de Chopper navigua entre son grand frère et son presque-père. Il détestait cette complicité qui existait entre les deux jeunes gens et il trouvait que Franky était vraiment trop désobligeant pour la mériter. Inconscient de ce qui se tramait dans la petite tête brune du garçon, Sanji ébouriffa les cheveux du petit.
― On va jouer à… quelle est le nom de cette vieille série que vous regardez le soir ?
― Sisi Impératrice ?
Silence complet à la proposition d'Usopp sur qui toute l'attention s'était tournée. Au vue de leur réaction, même Chopper c'était dire, le métis les tranquillisa.
― Les gars, je plaisantais. Tu parles des Experts ?
― Ouais. Je préfère.
― Mec… Arrête de faire flipper comme ça, ajouta Franky dont le regard atterré valait toutes les remarques du monde. J'étais à deux doigts de me demander ce qu'on avait bien pu faire pour foirer ton éducation avec Sanji.
― J'avoue, j'ai eu une de ces frousses…
― Mais puisque je vous dis que je blaguais ! Enfin bref... On va à Erie donc ?
― C'est exact, fit le jeune cambrioleur.
Usopp et Chopper, l'imagination débordante après ce que venait de dire Sanji, avaient les yeux brillants et étaient déjà pressés d'y être. Sachant qu'ils allaient réagir ainsi, le voleur mit les points sur les i.
― Vous savez, quand je dis que ce sera comme dans Les Experts, c'est seulement que ce que nous devrons faire y sera approchant. N'imaginez pas qu'on va mené une réelle investigation, je vais la faire de mon côté mais vous récupérerez les indices.
― Oui mais quand même ! C'est génial ! s'extasia Chopper. Je vais enfin pouvoir venir avec toi sur le terrain.
Quand est-ce que j'ai dis qu'il venait ? se demanda le jeune homme qui tenta d'arrondir les angles. Histoire que le petit ne se fasse pas trop d'illusion.
― Je ne vais voler personne là-bas, l'informa t-il. Et puis c'est dangereux. Les malfaiteurs pourraient revenir sur les lieux du vol s'ils nous savent là-bas.
― Que… QUOI ?
― Usopp…
Ce dernier se racla la gorge et comprit où voulait en venir les deux jeunes hommes. Les quatre ans de différence se faisaient bien sentir d'un coup. Habituellement, elles s'imposaient dans les moments critiques tels que ce qui s'était passé lorsque Kuroashi avait amené la flic inconsciente dans leur planque en Russie.
― Je voulais dire… Oui c'est même très probable. Après tout, on ne sait rien de ces types. D'après 99.9% des statistiques faites à ce sujet, 40…89% des malfaiteurs reviennent dans les endroits où ils ont commit leurs crimes.
Il avait rectifié en croisant le regard noir de Sanji. Ok, message reçu, il fallait le convaincre de ne pas venir. Franky et lui avaient carte blanche pour le dissuader de venir avec eux à la résidence de Jinbei.
Chopper écarquilla les yeux, terrifié à l'idée non pas de décéder mais que ceux qu'il considérait comme sa véritable famille meurent.
― Mais… Du temps sera passé non ? Ils ne penseront pas à revenir après une semaine ou plus hein ?
― Mais si justement ! continua Usopp après un coup de coude de Sanji dans les côtes. Comme ça, ils sont sûrs que la police a décampé.
Chopper en lâcha sa cuillère, se réfugiant sur les genoux du jeune cambrioleur qui, protecteur, posa une main sur le sommet du crâne du cadet.
― On a qu'à leur dire que c'est Kuroashi qui est dans les parages et ils ne vont pas venir hein ?
Sanji haussa les sourcils. Il en avait dans la caboche. Il fut mentalement impressionné par la jugeote de Chopper qui tenait à tout prix à rester avec lui quand l'occasion se présentait. Dès qu'on lui fermait une porte, il tentait de passer par une fenêtre ou par une fissure. Malin. Il commençait à lui ressembler, c'en était flippant.
― Et s'ils savaient qu'un garçonnet de 11 ans était avec lui ? intervint Franky. On sait jamais, ils pourraient s'en prendre à toi pour piéger Kuroashi.
Point de non retour atteint. Le petit terrifié se blottit contre Sanji qui le laissait faire mais qui, discrètement, leva son pouce en signe de victoire vers ses deux compères.
―Tu comprends pourquoi il vaut mieux que tu restes à la maison ?
Chopper hocha la tête et Sanji l'obligea à se rasseoir à sa place. Le jeune homme se souvint que sur sa cible, il n'avait pratiquement rien. Pas grand-chose en fait à part l'endroit où il devait être, certains objets de valeur qu'il avait planqué mais qui ne contenait rien de compromettant et une rumeur. Ça l'agaçait profondément.
Il n'allait pas avoir le choix. Kuroashi allait devoir se rabattre sur ce que tout voleur de base désirait. Ça le répugnait mais qu'importe, il n'était plus à un objet près à voler.
Et il avait une petite idée pour récupérer les informations qu'il lui fallait. Cela n'allait pas plaire à Franky mais il n'avait pas le choix. Il voulait s'occuper le plus vite possible de Jabura pour aller aux États-Unis.
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à suivre...
Youuuuuuuh on s'approche d'un autre évènement majeur pour Kuroashi ! Celui que vous attendez tous/toutes !... ou pas.
Vu tout ce que j'ai dis au début de cet épisode, je ne vais pas trop blablater ici et vous souhaites une bonne semaine. Laissez une review si l'envie vous vient, c'est toujours un plaisir de les lire et puis ça me booste !
