Bonjour à toutes les filles !

Cette semaine, la note d'auteur sera un peu plus longue que d'habitude, mais suite à plusieurs messages pointant un problème de rating et un manque de lemon, je vais m'expliquer ici.

Mesdames, Mesdemoiselles, je vous rappelle que la présence d'un seul lemon, suffit à justifier le rating M. Je ne l'invente pas, c'est dans les conditions générales d'utilisations du site, or, dans mon cas personnel, Harry et Hermione ont un lemon dès le chapitre 3. D'autres sont prévus avec du MMF, MM et FM. L'utilisation régulière des produits stupéfiants ( une pratique illégale dans la majorité des pays ) justifie également le rating M. Il est donc hors de question de baisser le rating à T.

En ce qui concerne le manque de lemon de cette fiction, je vous rappelle qu'ici vous êtes dans une fiction longue, où j'ai pris le parti de développer une histoire et des personnages. Non, il n'y a pas de lemon à chaque chapitre. Si c'est ce que vous cherchez, vous ne le trouverez pas ici, et je vous conseille de vous rabattre sur des OS qui se lisent en dix minutes et sur les PWP qui sont là pour combler les attentes en matière de citron.

Plusieurs messages ont également pointé un plagiat de ma part…

J'en suis profondément attristée, parce que cette fiction je la travaille depuis des années qu'elle me tient à cœur et qu'il n'a jamais été dans mes intentions de plagier qui ou quoi que ce soit. Quand je pompe chez les autres, je le signale, preuve en est, les crédits de toutes les chansons d'intro. Nous sommes dans un fandom où de nombreuses histoires se recoupent et les bases ( prophéties, pouvoirs magiques, pairing, etc etc ) se retrouvent dans la plupart des fictions.

Contrairement à de grands auteurs de fiction je n'ai pas le sentiment d'avoir un impact majeur sur qui que ce soit. On m'a reproché de faire l'apologie des stupéfiants, ce n'est ni le cas, ni le but de cette histoire. Si vous pensez ça, alors sachez que vous êtes passé à côté du fond de cette fiction.

J'accueille chaque review et PM avec plaisir, les critiques constructives et les remarques justifiées, m'aident à avancer et à me remettre en question, mais là je vous avoue que trop c'est trop. Je fais mon possible pour poster de manière régulière, en menant vie pro et familiale de front, mes bêtas sont comme moi, des bénévoles qui prennent de leur temps perso pour vous offrir (gratuitement) un texte construit et propre.

Je conseille à certaines, qui ont un grand manque de respect et de savoir-vivre, de reconsidérez leur propos, de s'adresser aux auteurs avec politesse plutôt que de balancer des PM injurieux et bourrés de fautes d'orthographe du genre :

« Une fiction clasé M on se demande bien pourqoi ! Pas de sexe depuis le debut de lhistoire, des longuers monstre et en plus du plagia. Quan on pique le boulo des autres on assume petite merdeuse ! grosse perte de temps à lire, j'aime pa. »

Comme à chaque fois, je n'oblige personne à me lire, la croix rouge en haut à droite de l'écran vous permet de quitter le texte s'il ne vous plaît pas.

Je regrette qu'une minorité m'oblige à faire ce genre de note moralisatrice qui ne concerne au fond qu'une poignée de lectrices… Alors à toutes celles qui sont là depuis le début de cette aventure, à celles qui commentent, à celles qui apprécient ce texte… Je vous remercie du fond du cœur pour vos messages de soutien…

Mon erreur aura été de ne pas signaler dès le départ ce que contiendrait cette fiction. Je m'en excuse si certaines se sont senties flouées et sachez que je ne referai pas la même erreur sur ma prochaine fiction. J'avais oublié ( depuis Veela malgré moi ) à quel point s'exposer à la critique pouvait parfois être frustrant.

Bonne lecture, on se retrouve en bas.

Fictionnement vôtre, Vivin.

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Aucun d'entre nous n'a voulu recoller les morceaux,

Toute tentative nous montrait qu'on avait vraiment trop d'égo.

Mon père n'était pas chanteur, il aimait les sales rengaines.

Surtout celles qui vous tapent comme un grand coup de surin en pleine poitrine.

Croyant la jouer fine, il ne voulait pas, ne cherchait même pas,

A ranger ce putain d'orgueil qui tranchait les liens familiaux chaque jour un peu plus.

J'avais pas l'impression d'être plus côté qu'une pièce à l'argus…

Donc j'ai dû renoncer, trouver mes propres complices, mes partenaires de glisse.

Désolé si j'm'immisce mais laisse pas traîner ton fils,

Si tu veux pas qu'il glisse, qu'il te ramène du vice.

Suprême NTM, Laisse pas traîner ton fils.

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Chapitre 20 : Conciliations.

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22 Décembre 1997, Manoir Malfoy.

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Il était presque seize heures quand Harry, fraîchement douché, pénétra dans le salon du rez-de-chaussée. Au matin, lui et Drago avaient fini par rejoindre Hermione pour quelques heures de repos. C'était l'absence du Serpentard qui avait réveillé les deux Gryffondors. Ils s'étaient accordés quelques minutes de tendresse bien nécessaire avant de se décider à quitter les appartements prévus pour les amis de passage qui les avaient accueillis pour leur trop brève nuit. Encore éprouvé par les évènements de la veille, Harry trouva son compagnon d'âme en train d'éplucher la Gazette du jour. Sur la table basse, café, toasts et marmelade attendaient sagement d'être dégustés.

-Que disent les nouvelles ? Demanda le Gryffondor en s'installant dans un canapé non loin de la cheminée.

Le Serpentard replia le journal et le déposa sur la table en répondant :

-Rien. Il n'y a pas un mot de l'attaque de Londres, ni dans la Gazette, ni dans le Chicaneur.

-Kingsley a sous doute été mis au courant et a dû faire le nécessaire pour museler la presse, commenta Harry en s'emparant de la cafetière en argent trônant sur la table pour servir deux cafés tout en reprenant :

-Hermione écoute les nouvelles moldues à la radio, elle nous rejoint dès que c'est fini.

Malfoy lui adressa un bref signe de remerciement en prenant sa tasse. Il alluma une cigarette et, pensif, il laissa ses yeux gris embrasser le parc qui s'étendait aux pieds des baies vitrées.

-J'ai beaucoup réfléchi Potter, commença le Serpentard sans détourner les yeux du paysage.

-Et ? Relança le Gryffondor en voyant qu'il n'allait pas plus loin.

-Des têtes vont tomber au sein du Cercle après ce qui s'est passé. Le fiasco du Londres moldu n'était pas censé se produire. Nous devions pénétrer dans la maison et tuer tous les moldus présents. Or rien de tout ça ne s'est produit.

-Très bien Malfoy, commenta Harry sans trop savoir où il voulait en venir. Et du coup ?

Les yeux gris revinrent se poser brièvement sur le Gryffondor avant qu'il n'appelle :

-Kreattur !

-Maître ? S'inclina immédiatement l'elfe en apparaissant devant le Serpentard.

-Raconte à Potter ce que tu m'as dit, tout à l'heure dans la cuisine.

Les oreilles de l'elfe remuèrent mais l'elfe s'exécuta :

-Après votre départ du Manoir Black, Kreattur a entendu du bruit à la porte. Des hommes en noirs cherchaient à pénétrer dans la maison et ils ont réussi. J'ai envoyé les corps des prisonniers dans le grenier où l'hippogriffe dormait et j'ai surveillé les intrus. Ils ont fouillé partout dans la maison : le grand salon, le boudoir de ma bien-aimée Maîtresse, la chambre du pauvre Regulus et celle de Sirius. Ils ont fouillés la grande bibliothèque et le bureau, renversant les secrétaires et les papiers notariés…

-Ont-ils pris quelque chose d'important ? Demanda Harry.

-Non, Maître Harry. Mais quand ils ont commencé à monter dans les étages, j'ai suivi les ordres du Maître Drago et amené les prisonniers ici en lieu sûr.

-Tu as bien fait Kreattur, approuva Harry en causant une révérence de la créature qui apprécia que ses maîtres jugent son travail satisfaisant.

-Tu peux partir, le renvoya Drago d'un bref geste de la main.

L'elfe claqua des doigts et des petits gâteaux secs complétèrent le petit déjeuner avant qu'il ne quitte les lieux.

-En une nuit, nous avons plus perdu qu'au cours des six derniers mois, s'apitoya Harry alors que les portes du salon s'ouvraient de nouveau, laissant entrer Hermione, qui vint les rejoindre après leur avoir adressé un sourire.

-Reposée Mione ? Demanda Harry en soufflant sur son café.

-Autant que possible, répondit-elle en se servant à son tour une tasse. Je viens de croiser Kreattur qui sortait du salon. Que vous a-t-il appris ?

-Selon lui, après notre départ pour le Manoir, le Square a été investi par des hommes en noirs qui ont fouillé la maison de fond en comble. Heureusement pour nous, la prévoyance de Malfoy a été payante, l'elfe a protégé les prisonniers en les amenant ici, sachant que son salut en dépendait.

La jeune femme resta silencieuse de longues minutes, elle sentait sur elle les regards des garçons mais contrairement à d'habitude, le malaise ne surgit pas. Bien au contraire, le fait qu'ils soient ainsi tous les trois apaisait son esprit et facilitait sa réflexion.

-Le solstice, murmura-t-elle par-dessus sa tasse. Voldemort a profité de l'alignement des planètes pour pratiquer un rituel de puissance. Et nous n'avons rien vu venir.

-Ce n'est pas le genre de rituel qui passe inaperçu Granger.

-Parce que l'attaque du Londres moldu est passée inaperçue à tes yeux ?

Le Serpentard ne répondit pas et elle continua sur son idée :

-S'il a fait ce que je crois, alors cela expliquerait la levée du Fidelitas mais aussi la puissance de l'impero lancé sur ton père.

-Ce rituel est temporaire ? Demanda Harry inquiet.

-Oui, murmura Hermione. Ce genre de rituel n'est pas éternel, il procure au sorcier qui le pratique une puissance phénoménale mais qui est limitée dans le temps. Il a eu accès à une puissance accrue, seulement quelques heures. Physiquement parlant, une telle pratique a dû lui coûter beaucoup d'énergie. L'alignement des planètes lui a offert une fenêtre de tir que nous n'avons pas su exploiter, contrairement à Lui.

-Mais tout ne s'est pas passé comme il l'avait prévu, contra Drago.

-Tu as raison, souffla Hermione. L'attaque de Londres a échoué mais celle du Square nous a atteints personnellement. La maison est à Harry et c'est le QG de l'Ordre du Phoenix, les Mangemorts le savent depuis l'année dernière quand nous l'avons perdu une première fois pendant qu'on chassait les Horcruxes. Au Square, les cibles c'étaient l'Ordre et Harry. En s'attaquant à moi par le biais de Lucius, il a fait preuve d'intelligence, soit il me tuait et faisait perdre à Harry un allié, soit je le tuais et un traître quittait ce monde. Dans les deux cas il était gagnant. En brisant le fidelitas qu'Albus a apposé sur la maison après la bataille de Poudlard, il nous enlève la seule cachette fiable que nous avions. Il faudra que l'Ordre trouve un nouvel endroit pour se réunir et Poudlard est exclu d'office, Albus refusera de lier la résistance à l'école.

-Sais-tu la puissance magique qu'il faut pour faire sauter un fidelitas Hermione ? Souffla Drago en expirant un nuage de fumée.

-Malheureusement oui… Hier soir, il aurait pu nous tuer sans problème s'il s'en était pris à nous directement. Nous sommes loin d'être en mesure de le battre s'il fait de nouveau appel à ce genre de rituel.

Ils échangèrent tous les trois un regard inquiet. Prendre conscience que l'apparition de leur pouvoir ne garantissait pas leur réussite les effraya tous subitement.

-Harris peut être une solution à certains de nos problèmes, intervint Harry amenant sur lui le regard des deux autres qui l'incitèrent à poursuivre.

-Pourquoi n'irais-je pas tout simplement porter plainte pour cambriolage ? Cela me permettrait de m'approcher de l'Auror, de lui parler et de voir dans quel camp il joue réellement, nous évitant ainsi de perdre du temps avec la préparation du polynectar.

-Tu comptes lui livrer les deux prisonniers ? Demanda Drago.

-Pas forcément. Je pourrais signaler simplement l'effraction….

-Harry, l'Auror saura immédiatement qu'un fidelitas a également été brisé. La maison est en plein Londres moldu, elle est donc forcément protégée. Signaler le cambriolage implique de révéler d'entrée la levée du fidelitas. S'il est aussi doué qu'on le dit, il devrait te poser beaucoup de questions.

-Je marche avec Potter, signala Drago en écrasant sa cigarette dans le cendrier. Porter plainte est une bonne idée, tu l'approcheras sans te cacher sous une fausse identité et il fera ce qu'il sait faire de mieux, enquêter à partir des faits. Il ne se sentira pas piégé.

-Je suis d'accord aussi. Mais que fait-on des deux prisonniers alors ? Demanda Hermione.

-Pour l'instant, ils gambergent, marmonna cyniquement Drago tandis que les flammes s'enroulaient soudainement sur elles-mêmes.

-Tu peux préciser s'il te plait ? Demanda-t-elle après avoir relevé le soubresaut rougeoyant du brasier.

-Il fallait bien que quelqu'un renouvelle les sorts de mutisme de Potter et puisqu'aucun de vous deux n'y a pensé, j'ai fait le sale boulot. Ils sont chacun dans une cellule du Manoir, aveugles, sourds et muets. Ils ont de l'eau et du pain à porter de mains et des couvertures propres. Contrairement à ce que tu penses Granger, je ne suis pas un tyran, souligna-t-il, satisfait d'avoir pris la jeune femme à son propre jeu.

Hermione rougit mais répliqua :

-Je me méfie avec les Malfoy.

-Et tu as raison ! Approuva-t-il avec un clin d'œil qui la fit esquisser un sourire amusé.

-Alors dis-nous Drago, quelle est ton idée ? Demanda Hermione.

-Vous vouliez faire intervenir l'Ordre et j'étais contre mais, pourquoi ne pas laisser l'Ordre se charger de l'interrogatoire des prisonniers qui, de toute façon, ne nous apprendra pas grand-chose. Les trouffions comme Jungson ne savent rien des plans du Lord, ce sont des exécutants. Nott pourrait nous donner quelques pistes mais rien de formel. Il n'est qu'un lieutenant, certes bien vu par Voldemort mais ce n'est pas suffisant pour bénéficier de Ses confidences. Je pense que les livrer à l'Ordre leur donnera quelques infos utiles pour la lutte, tous les jours sur le terrain. Les tuer serait inutile. Par contre, les amnésier et les relâcher après les avoir dotés d'un sort de localisation ça, ça pourrait nous être plus qu'utile.

Hermione fronça les sourcils, intéressée.

-Tu veux qu'ils nous mènent au QG des Mangemorts ?

-10 points pour Gryffondor ! Lança Drago en voyant qu'elle avait saisi son intention.

-Mais pourquoi ne pas te lancer un sort de localisation à toi ? Le QG tu y es régulièrement convoqué non ? Demanda Harry.

-Je suis assez surveillé comme ça Potter. Quand je suis au QG, on ne me quitte pas des yeux, j'attire un peu trop l'attention.

-L'appliquer aux deux prisonniers est beaucoup moins risqué, approuva Hermione. Harry, si Drago était surprit avec une localisation sur lui, ce serait l'exécution immédiate.

-Alors que si on relâche les deux autres, même amnésiés, tôt ou tard, le Lord voudra les voir de ses yeux, pour se faire une idée de ce qu'on lui aura rapporté. Jamais il ne se rend directement chez les partisans, ce sont eux qui viennent à lui. Tout ce qui concerne l'Ordre l'intéresse au plus haut point. Mettons-le sur la piste de l'Ordre plutôt que sur la nôtre. Ce plan c'est la manière la moins risquée pour nous, d'obtenir la localisation du QG rapidement et d'ouvrir la voie à la contre-offensive.

-Continue Drago, le poussa Harry. C'est quoi la suite ?

-Seul le Premier Cercle a le privilège de pouvoir directement apparaître au QG et c'est par ce biais que les deux prisonniers regagneront le Lord, encadré par quelqu'un du Premier Cercle. Les autres, moi inclus, ont utilisent les aires de transplanage et de portoloin illégales pour Le rejoindre ce qui déjoue la localisation. Le Premier Cercle est là à titre de conseil pour épauler le Lord. Ses membres sont les plus proches de Lui et ils ont les plus hautes responsabilités. Greengrass par exemple, lui il est en charge de l'armement. Fletchey c'est le stratège, c'est lui qui a dû mettre au point les trois vagues d'assaut simultanées sur le 10, Downing Street. Mais le Cercle ne fait pas que ça, il est aussi là pour recueillir les donations des membres. J'ai déjà vu mon père, recevoir de l'argent d'un partisan au Manoir, le garder dans son coffre et noter le don sur un carnet. Je suis persuadé qu'un livre de comptes des donations est gardé quelque part au QG. Severus pensait que l'argent des dons servait au profit personnel du Lord et je ne peux que me ranger à son point de vue quand je vois qu'hier soir les potions incendiaires étaient de si mauvaises qualités que ce sont elles qui ont conduit au désastre. Si j'arrive à mettre la main sur ce cahier, alors nous aurons là une preuve irréfutable de la culpabilité des Mangemorts, leurs noms, la valeur des dons, la fréquence et les dates. Et vous savez comme moi que Dumbledore est friand de ces preuves que l'on peut fournir à un tribunal.

Les deux Gryffondors échangèrent un bref regard.

-Tu planifies donc d'entrer au Premier Cercle ? Comment ? Demanda Hermione.

-Des têtes vont tomber au sein du Cercle, c'est une certitude. Je pense pouvoir faire partie des prochains élus et accéder à des responsabilités mais aussi à de nombreuses informations, dont les livres de compte de l'organisation. Je ne suis cependant pas le seul à mériter l'entrée dans le Cercle, Nott aurait pu, mais ce n'est plus un obstacle maintenant. Personne ne songera à le chercher à part son père, il est fini. Marcus Flint est un fidèle, il pourrait être concerné également… Et si je ne suis pas admis, alors Nott et Jungson seront une seconde chance de découvrir la localisation du QG, nous pourrons en surveiller les abords, surveiller les allées et venues.

Harry, le regard rivé au Serpentard, avait le cœur qui battait à toute vitesse. L'harmonie tant recherchée était enfin là et il sentait que leur plan était le bon, même si Hermione releva une faille importante :

-D'accord, admettons, qu'on trouve le QG, que tu sois intronisé, que tu trouves des preuves et qu'on donne tout ça aux Aurors, qui n'auront plus qu'à faire les perquisitions et les interpellations. Ce serait parfait mais ça ouvrirait la voie à des procès en pagaille. Le système judiciaire ne sera pas en mesure d'absorber autant d'affaires, les délais des procès seront immensément longs. Azkaban n'étant pas extensible à l'infini, tous ne pourront pas être mis en détention provisoire en attendant leurs procès et les avocats brandiront la présomption d'innocence. Ils seront tous sortis en l'espace de quelques mois.

-Avoue que quelques mois de répit, çane serait pas du luxe, contra Drago, pragmatique.

-Des assignations à résidence seraient une solution, proposa Harry. Ca ne concerne au fond qu'une centaine de personnes, cent cinquante tout au plus n'est-ce pas ?

-C'est une question de droit constitutionnel Harry, c'est délicat comme sujet. Les politiques et Kingsley en particulier, devront faire passer des mesures exceptionnelles…

-Qui ne sont pas de notre ressort, la coupa Drago. Nous ce qui nous importe c'est de vaincre Voldemort. Lui faire perdre son QG et une partie de ses troupes devrait l'affaiblir suffisamment. Si Morgane et Merlin sont avec nous, il se pourrait bien qu'il se retrouve seul et alors, nous pourrons le vaincre.

-Drago a raison, commenta Harry, convaincu par le discours.

-Je sais, souffla Hermione après quelques minutes de silence. Mais la loi protège les innocents, la présomption d'innocence évite les condamnations expéditives et les erreurs judiciaires. Ils ne sont pas tous Mangemorts par choix, tu en es la preuve vivante Drago.

-Je sais Hermione mais je n'ai pas d'autres solutions dans ma manche, commenta Drago.

La jeune femme abdiqua, consciente que c'était le meilleur plan qu'ils n'auraient jamais et ajouta.

-Alors puisque nous sommes d'accord, il est temps de faire venir Albus.

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22 Décembre 1997, Manoir Malfoy.

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Albus arriva devant les grilles métalliques du Manoir Malfoy en tout début de soirée, encore un peu sonné par les évènements que Kingsley était venu lui apporter la veille aux premières lueurs de l'aube. Le Premier Ministre moldu, attaqué en plein Londres… Les caméras, appareils photos et micros de toutes les agences de presse moldues de la planète avaient couvert l'évènement... Le Ministre de la Magie en personne et le Directeur avaient unanimement reconnu dans le secret du bureau directorial que Voldemort venait sans conteste de frapper un grand coup. Non pas en commettant un massacre de population civile mais en mettant à mal l'anonymat de leur monde. La nuit précédente, il s'en était fallu de peu pour que les moldus découvrent la Magie avec tout ce qu'elle comportait de mauvais. Heureusement pour elle, la Magie pouvait compter sur un Premier Ministre, compétent, réactif et incorruptible qui avait su faire face à la situation d'urgence totalement inédite.

Severus n'avait pu s'empêcher d'intervenir, caustique, en entendant les deux hommes :

-Un Premier Ministre et un Directeur, pourtant passés par les cours de divination et d'astronomie, auraient dû remarquer qu'au solstice d'hiver, l'alignement des planètes, à l'aide du rituel adapté, donnait puissance et force.

Les deux hommes échangèrent un regard et Kingsley approuva le Maître des Potions :

-On sait maintenant à quoi on doit la puissance de frappe que nous avons encaissée.

En commanditant cette attaque Tom Jedusor venait de changer sa baguette de main, démontrant qu'il n'avait pas perdu une once d'intelligence au gré de ses résurrections successives. Les deux hommes, après avoir longuement parlé sous le regard attentif du portrait de Severus, étaient tombés d'accord sur plusieurs points : Voldemort venait de tester grandeur nature la réaction des Aurors face à un attentat. Sans aucun doute, son but était de provoquer la « Grande Révélation » et donc une guerre ouverte entre les deux sociétés qui coexistaient. Les deux hommes avaient déduit que les moldus sans poids réel ne l'intéressaient plus, dorénavant c'était les têtes pensantes des deux Ministère qui étaient sur Sa liste. Tuer les hautes sphères du pouvoir des deux mondes lui donnerait le contrôle du pays tout entier.

Kingsley, conscient d'être la prochaine cible, avait exposé à son homologue moldu la situation au sein de la communauté sorcière. Tony Blair lui avait assuré qu'il le laissait pour le moment gérer les problèmes mais que si les attaques persistaient, il ferait appel au Conseil de Sécurité de l'ONU qui l'épaulerait sans hésiter. Le sorcier, reçu pour l'occasion à Buckingham Palace dans les salons royaux, avait bluffé en assurant qu'il maitrisait la situation. Ce à quoi la Reine Elizabeth avait répondu d'un ton pincé, sous le regard sceptique de Blair :

-Cela fait plus de vingt ans que les sorciers me parlent de ce Lord Voldemort. Il serait temps en effet, Monsieur le Ministre, de maîtriser ce bien triste personnage.

Les propos de la Reine avaient alerté le Directeur. Tant que les attaques se cantonnaient au monde sorcier, les moldus s'en souciaient peu. Aujourd'hui Voldemort venait de briser la première de leur règle : « restons cachés ». Albus doutait que la société sorcière puisse survivre à une coalition internationale moldue aussi puissante que celle qui avait ravagé l'Irak lors de la Seconde Guerre du Golfe au début des années 90.

Le Directeur se reprochait de n'avoir rien vu venir de l'attaque, rien senti, pas même une intuition n'était venue guider sa pensée, lui qui avait toujours eu une clairvoyance plus que développée devait désormais se contenter d'une vague intuition de temps à autre quand se présentait devant lui un choix important. Son dernier pressentiment, il l'avait eu au cours de l'été quand il avait reçu le tout premier message de Drago et accepté de le rencontrer… Aujourd'hui, la fatigue lui pesait, l'énergie lui manquait et Albus sentait que sa mission touchait à sa fin. Le temps que Merlin lui avait alloué était compté. Son regard embrassa sa main noirâtre infestée du poison qui le rongeait chaque jour un peu plus et malgré lui une peur toute humaine de la mort le submergea. Severus avait fait son possible, deux ans plus tôt, en circonscrivant le mal mais son fidèle espion n'avait pas pu l'éradiquer. Il avait fini par lui murmurer dans le silence de son bureau :

«-Vous avez deux années tout au plus Albus.

-Prions Merlin et Morgane que ce soit suffisant, avait-il répondu. »

Le souvenir se dissipa quand le vent cinglant de Décembre s'enroula dans ses robes et le fit frissonner. Il s'avança vers les grilles d'apparence métallique qui s'évaporèrent sur son passage, prouvant qu'il était bien attendu ici et non au Square. Severus avait encore une fois eu raison et le vieil homme sourit tristement. Une nouvelle fois, la clairvoyance se refusait à lui. Cela devenait récurent et confortait son intuition première, ses pouvoirs et sa puissance le quittaient petit à petit. Dorénavant produire un sort complexe tel qu'un patronus lui demandait beaucoup plus de concentration et d'efforts… Son temps s'effilochait.

Tandis qu'il remontait l'allée, ses yeux observateurs remarquèrent rapidement les rideaux de tissu blanc qui tournoyaient dans les airs au premier étage de la massive bâtisse qui se dressait devant lui. Les grandes portes fenêtres donnant sur un balcon de pierre n'étaient plus que des vestiges de montants arrachés et pendants tristement dans le vide. La blancheur du tissu se détachait dans la nuit noire et les bris de verres affutés qui avaient vaillamment résistés aux sortilèges destructeurs, reflétaient la luminosité lunaire.

A n'en pas douter, sa présence était requise, pensa-t-il tout en pressant le pas. Il s'engouffra sous le perron et d'un bref mouvement de poignet actionna le bélier qui retomba lourdement contre la porte. Un elfe se présenta à lui, le fit entrer et le débarrassa de sa cape en couinant :

-Mes maîtres vous attendent au salon, Monsieur Dumbledore.

La créature le précéda et Albus le suivit docilement. En s'arrêtant aux pieds de l'escalier de marbre, le temps que l'elfe ouvre les portes, le regard du Directeur accrocha avec surprise, Kreattur l'elfe des Black, au balcon du palier supérieur. Sans qu'il ne puisse s'y arrêter il pénétra dans le salon de réception et en profita pour laisser ses yeux embrasser la pièce tandis que la porte se refermait silencieusement dans son dos.

Drago debout, le dos appuyé contre le montant de la cheminée, une cigarette à la main, le couvait d'un regard qui le ramena l'espace d'une seconde au temps de sa jeunesse et de Grindelwald en lui causant un désagréable frisson. Deux descendants de Morgane, se rappela-t-il. Comment pouvait-il oublier ce genre de détails ?

Ses yeux effleurèrent Harry, assis dos à l'entrée, dans un canapé faisant face à la cheminée puis passèrent sur Hermione, confortablement installée dans un fauteuil dans le coin de la cheminée opposé au Serpentard, vraisemblablement absorbée par la lecture d'un des nombreux parchemins qu'elle tenait à la main. Aucun des deux Gryffondors n'avait remarqué son arrivée et le cœur du Directeur se pinça et soudainement, il ne fut plus si sûr de la nécessité absolue de sa présence. Il fronça ses sourcils, essayant de déterminer ce qui avait changé entre ces trois-là…

-Professeur, installez-vous, l'accueillit finalement Drago en lui désignant une place sur le canapé aux côtés de Harry qui lui adressa un bref sourire, fatigué et dépourvu de sa chaleur habituelle.

Hermione releva la tête de ses notes pour le saluer avec sa bienveillance habituelle. Albus finissait de s'installer quand Harry prit la direction de l'entretien avec un naturel déconcertant. Bien que surpris par la tournure de l'entretien, il écouta attentivement les mots de son protégé tandis qu'en son for intérieur, son cœur se serrait. D'habitude c'était lui qui menait les réunions. Là, il n'était qu'un simple spectateur. Mais à mesure qu'Harry relatait ce qu'il avait vécu, son cœur oublia vite ses peines pour battre plus vite et plus fort. Quand son élève évoqua son pouvoir et leurs pouvoirs, Albus fut envahi par une satisfaction profonde…

Enfin ! Ils savaient ce qu'ils étaient et l'acceptaient pleinement.

Mais la suite du récit détourna le vieux sorcier de ses émotions. Le poids réel de l'attaque subie l'étouffait, la perte du Square était un mystère qui méritait une enquête approfondie… Avaient-ils été trahis ? Par qui ? Mondingus ? Un membre plus proche encore ?... Ou bien un sorcier habile avait-il pu briser les défenses ? Heureusement la mise à sac de la maison n'apprendrait rien de particulier aux Mangemorts, Albus put leur assurer :

-Tous les documents, la liste des membres, les courriers, les missions, nos renseignements, prouvant de près ou de loin que l'Ordre existe bel et bien, sont cachés au cœur de Poudlard dans une pièce que seul l'héritier de Salazar serait capable d'ouvrir.

Albus vit Drago froncer les sourcils mais Hermione compléta rapidement :

-Seul Harry peut ouvrir la Chambre des Secrets. Il faut parler Fourchelangue et…

-Voldemort le peux aussi, souligna le Gryffondor.

-Poudlard est protégé et sait parfaitement bien se défendre en cas d'attaque. La magie primaire qui y circule en fait une place forte plus impénétrable que Gringotts. Nos documents y sont en sécurité. Cependant la maison des Black recèle de nombreux objets magiques qui pourraient être utilisés dans certains rituels prohibés. De même sa bibliothèque, bien qu'en partie détruite par une flambée colérique de Sirius, regorge d'ouvrages à ne pas mettre entre toutes les mains…

-Kreattur nous a assuré que rien n'avait été dérobé. Ils cherchaient quelque chose qu'ils n'ont pas trouvé.

-Justement, intervint Harry en ramenant l'attention sur lui après avoir brièvement consulté du regard Hermione puis Drago, comme pour s'assurer que rien ne changeait au plan qu'ils avaient prévu, tous les trois ensemble. Nous voudrions contacter le Bureau des Aurors pour leur confier l'enquête et trouver les coupables de l'effraction. Il faudrait que Greg Harris soit en charge de l'investigation. Pourriez-vous contacter Kingsley à ce sujet et faire le nécessaire ?

Albus, surpris par la requête, somme toute extrêmement simple, acquiesça :

-Je ferai le nécessaire mais, permettez-moi de vous demander pourquoi l'Auror Harris vous intéresse-t-il ?

-Potter n'a pas tout dit, Professeur, esquiva habilement Drago avec un sourire carnassier. Le petit bonus de cette attaque au Square, ce sont les deux prisonniers que l'elfe a eu le bon sens de ramener ici. Théodore Nott et Elliot Jungson (*) sont actuellement dans mes cachots, aveugles, sourds et muets. Leur cas sera réglé sous peu, finit-il en allumant une cigarette.

(*) Elliot est une pure invention mais son père était un des Mangemorts présents au Département des Mystères.

-Tu devais sans doute être là-bas hier soir ? Enchaîna Albus, bien conscient que Drago cherchait à éviter le sujet « Harris » pour le moment et qu'il valait mieux éviter de contrarier ce Gardien-là en particulier.

Le Serpentard raconta dans les grandes lignes ce qu'il avait vécu côté Mangemort pendant l'assaut, le feu qu'il avait réussi à maîtriser. Il mentionna aussi tous les journalistes moldus qu'il avait vu autour du 10, Downing Street alors qu'il était dissimulé par un sortilège :

-Ils se disent journalistes… Des vautours oui. Les nôtres sont pareils. Notre anonymat aurait pu en prendre un sacré coup !

Il finit sur ce coup de sang et jeta son mégot dans les flammes qui rugirent à l'approche de leur Maître. Albus ne mentionna pas à haute voix, l'étrange comportement du feu mais s'assura d'un regard de le faire comprendre aux deux autres qui hochèrent la tête.

-Les journalistes moldus, reprit le Directeur, sont persuadés qu'ils étaient sur les lieux d'un attentat perpétré par l'IRA. Kingsley a conjointement diligenté Aurors et Langues-de-Plombs. Tandis que les uns partaient à l'assaut, les autres apposaient des boucliers sonores pour étouffer les explosions et créaient une illusion d'attentat totalement moldu. Quelques images ont été tournées mais les oubliettes se sont chargées de faire disparaître ces preuves.

-C'est quoi ça, l'hira? Demanda Drago.

-L'IRA c'est le bras armé des indépendantistes irlandais. Ils veulent se séparer du royaume et commettent régulièrement des attentats pour y parvenir. Les moldus ne seront pas vraiment surpris qu'ils soient à l'origine de cette attaque, expliqua Harry en se souvenant des propos de l'Oncle Vernon à ce sujet :

« -Tu verras Pétunia, un de ces jours, ces fichus irlandais feront sauter Buckingham ! ».

Hermione approuva les propos du Gryffondor d'un hochement de tête et expliqua à son tour, avec sa pertinence habituelle, comment Lucius Malfoy sous l'emprise d'un impero, qu'elle avait brisé avec difficulté, l'avait attaquée dans ses appartements, ici au Manoir. Elle pensait qu'étant un Malfoy de sang, la magie du bâtiment l'avait reconnu et laissé entrer.

-Je ne m'en suis souvenue que tout à l'heure en repensant à l'attaque. Mais Malfoy Sr n'est pas venu seul, j'ai entendu quelqu'un lui dire : « Tu sais ce qu'il te reste à faire ». Un homme était là, mais qui ? Je l'ignore. Peut-être l'inconnu voulait-il s'assurer de le laisser au bon endroit après s'être assuré que les elfes, tenus en laisse par un Malfoy de sang, n'interviendraient pas pour m'aider. Je n'ai eu la vie sauve que grâce à mes talents de sorcière, le Vent s'était refusé à moi à cause de notre manque de lien, annonça-t-elle au Directeur avant de marquer une petite pause pour placer son argument principal :

-Cette attaque aurait pu tous nous tuer Albus ! Nous avons perdu un abri et la catastrophe du monde moldu aurait pu être évitée si nous avions l'entière vérité Albus. Qu'êtes-vous donc ? Un « gravitant » comme le dit la Prophétie ? Quel est votre rôle dans ce cycle ?

Albus, paralysé par la puissance magique émanant subitement de la jeune femme qu'il connaissait douce et effacée, ne répondit pas immédiatement. Devait-il parler ?

-Il nous faut la vérité Albus, insista Harry fermement attirant à lui les yeux bleus un peu perdus.

Etait-ce le bon moment ? Etaient-ils prêts ?

-C'est maintenant qu'il faut parler Professeur, sans la vérité ici et maintenant je sors de cette pièce, et je traîne Lucius par la peau du cou jusqu'à Voldemort. Il se fera un plaisir de le récupérer et saura le punira bien mieux que ces fiches molles d'Aurors. Croyez-bien Directeur que je n'aurais aucun scrupule à mettre cette menace à exécution.

Albus frissonna en croisant les yeux déterminés du Serpentard et abdiqua.

-Depuis la nuit des temps, Merlin et Morgane s'affrontent à chaque génération à travers les meilleurs sorciers du temps. Ils choisissent chacun un champion, leur champion. A mes dix-sept ans, après la mort d'Arianna, ma jeune sœur, Merlin m'est apparu dans un songe qui changea ma vie. J'avais été choisi pour vaincre Gellert Grindelwald, le champion de Morgane. Nous, qui avions été amis, devions nous battre pour obtenir le pouvoir de la Baguette de Sureau. Je pensais avoir donné la victoire à Merlin en obtenant cette relique. Tout aurait dû prendre fin en 1945 avec ma victoire, les prochains champions seraient choisis d'ici un siècle, soit en 2045, mais…

Le vieil homme soupira tristement et Hermione perçut l'ombre des regrets planer au-dessus de lui :

-Ma jeunesse et mon espoir de rédemption pour Gellert m'ont fait commettre une erreur qu'aujourd'hui je regrette. J'ai refusé de le tuer, faisant preuve de faiblesse en le laissant croupir en prison pour le restant de sa vie. Mais pour que l'Equilibre soit maintenu, l'un de nous devait mourir afin que la puissance magique dont les Dieux nous ont fait don leur revienne. Je pensais que ma mission était de protéger la relique, ce que j'ai fait. Mais mon erreur de jugement a profité à la Fée qui s'est faufilé dans la brèche.

-Elle a créé Voldemort ? Murmura Hermione inquiète.

-Je ne pense pas Hermione. La magie primaire est bien plus complexe qu'on ne le croit. Les grandes familles de sorciers comptent souvent parmi leurs membres des champions des mages, qui ont transmis puissance et pouvoir à leurs descendants. Tom Jedusor est un Gaunt par sa mère, une famille chargée de protéger, dans des temps anciens, la Pierre de Résurrection. C'est le genre de relique, dangereuse et puissante que les Mages gardent à l'œil. Par exemple l'épée de Gryffondor n'est autre que la lame qu'Harrold a utilisée pour tuer le Dragon de Morgane, protégée à travers les siècles par la magie primaire des Fondateurs au sein de l'Ecole et que Merlin t'a envoyé Harry, par le biais de Severus… Je pense que Morgane a aidé Tom Jedusor à devenir Lord Voldemort, pas directement, je ne pense pas qu'elle lui soit apparu, sinon il l'aurait revendiqué, mais elle a pu mettre sur sa route des indices qui l'ont conduit aux Horcruxes. Elle a triché et faussé l'Equilibre du Monde.

-Pourquoi un siècle d'attente est-il nécessaire entre chaque génération ? Intervint une nouvelle fois Hermione.

-C'est le temps qu'il faut au Cosmos, à la Magie primaire qui nous donne vie, qui coule en nous tous, sorciers, pour retrouver son Equilibre après la quantité de magie que libère le combat des deux champions. L'univers est un écosystème comme un autre, il lui faut du temps pour se remettre d'un tel combat.

-Les Dieux sont omniscients, non ? Alors pourquoi Merlin n'a rien fait ? Demanda Harry.

-Il a agi Harry, sois en certain, mais dans l'ombre pour ne pas aggraver le déséquilibre cosmique. James Potter, un descendant du troisième frère Peverell, protecteur d'une relique puissante, a été choisi par le Mage. Il l'a associé à une née-moldue pour le rendre plus puissant. Le couple était destiné à détruire le pouvoir de Voldemort. Mais le rituel d'alliance des sangs entre Lily et James n'a pas été assez fort.

-Ta mère Potter était une née moldue, tout comme toi Hermione. Qu'a-t-il donc de particulier ce sang de bourbe pour que les mages l'utilisent dans leur rituel ? Demanda Drago.

-Un né-moldu n'est ni plus ni moins qu'un descendant de Cracmol. Nombre d'entre eux fréquentent depuis longtemps les deux mondes et certains occupent même aujourd'hui des postes de dirigeants hauts-placés chez les moldus. Le gène magique qui ne s'était pas déclenché chez eux, ils l'ont transmis à leurs descendants jusqu'à ce qu'il émerge de nouveau pour une raison inconnue. Quand il ressurgit parfois des siècles plus tard, dans un né-moldu, la puissance magique de l'individu est plus importante. Nombre de nés-moldus ont à leur compte des découvertes magiques importantes…

-La potion-tue-loup, le Quidditch qui ressemble grandement au rugby moldu, les flammes éternelles, la potion de régénération sanguine, les chocogrenouilles, les bavb…

-Ca va Granger, on a compris.

Le vent siffla violement en réponse mais la jeune femme se tint coït et laissa Albus continuer :

-J'aime à croire que certains de ces nés-moldus ont reçu un petit coup de pouce de Merlin, qui veille sur le monde qu'il a créé. Lily et James Potter ont embrassé la cause du Phoenix, ils en ont été les leaders et sont devenus des cibles en l'espace de quelques semaines. Leur puissance magique était phénoménale quand ils combattaient côte à côté. Leurs quelques victoires furent retentissantes mais l'entêtement de James et l'affrontement final à Godric's Hollow les a menés à leur perte. Je leur avais conseillé de se cacher… Et la nuit de leur assassinat, Merlin m'est de nouveau apparu dans un songe. Je… Je crois bien que mon esprit a voyagé jusqu'à Lui, à Avalon. Il m'a annoncé que Voldemort n'avait pas été vaincu, seulement affaibli et que les Potter avaient échoué à le détruire. Je me rappelle lui avoir demandé ce qu'il advenait de l'enfant. Il m'a souri, bienveillant, et m'a répondu : « Morgane et moi avons fait le nécessaire pour contrer les pouvoirs des Ténèbres. Les Gardiens ont été appelés, leurs descendants endossent déjà leur rôle de protecteur. Guidez-les, Albus Dumbledore. » En me réveillant, au matin du 1er Août 1981, Sa voix a résonné dans mon esprit une dernière fois : « Sirius Black, Severus Rogue, Lucius Malfoy. Harry Potter, Drago Malfoy, Hermione Granger. Trois Descendants, trois Gardiens. Protégez-les. »

Le vieil homme se tut et remercia Harry qui lui tendait un verre d'eau.

-Un Guide pour nous six ? Murmura dans le vague la jeune femme, déjà partie bien loin sur le chemin des hypothèses que ces informations lui donnaient.

-En quelque sorte, approuva Albus en posant sur elle ses yeux bleus luisants d'émotion de livrer une vérité qu'il avait gardée pour lui toutes ces années.

-Lucius Malfoy ?! Il a bien quelque chose à voir avec la Prophétie alors… C'est le descendant de Morgane ? Demanda Harry un peu étourdi par les liens qui les reliaient tous les sept.

-Ça pourrait aussi être Severus, il était à Serpentard, contra Drago.

-Merlin à un humour caustique, moi je crois qu'Il a fait de Sirius son propre descendant. Il espérait sans doute, faire un pied de nez à Morgane en lui prenant un Black de sang pour sa cause. Lucius Malfoy c'est le descendant de Morgane, c'est certain. Le Professeur Rogue était le troisième, comme moi, un intermédiaire. Mais il lui était impossible d'avoir la moindre conversation avec Sirius, tout comme Lucius je suppose. Les Mages n'ont pas fait preuve de beaucoup de stratégie en choisissant des descendants incapables de s'entendre.

-Ta déduction est bonne Hermione. L'héritage, dont Merlin a doté Sirius, l'a poussé à suivre James Potter aveuglément, il devait protéger Harry, c'était son rôle et en le choisissant pour parrain, les Potter ont fait ce qu'il fallait. Tout comme les Malfoy ont choisi Severus pour protéger Drago. Sirius, Lucius et Severus n'ont rien fait pour s'entendre, mais les Mages savent ce qu'ils font quand ils choisissent de doter certains individus de pouvoir et ils ont poursuivi dans cette voie avec vous, les Gardiens. L'Equilibre ne peut être atteint qu'avec une dose équivalente de mal et de bien.

-Les Mages, par leur inaction et leur obsession de conserver l'Equilibre, ont surtout laissé Voldemort prendre bien trop de pouvoir ! Et c'est nous qui nettoyons leur merde ! Lança Drago.

-La génération d'avant a essayé de limiter les dégâts, de nous protéger et ils ont tous échoué. Sirius, Severus, mes parents, tes parents Drago mais aussi les tiens Hermione, ils y ont tous perdu la vie, souffla tristement Harry.

-Mais nous, nous n'avons pas fait la même erreur, nous avons réussi à nous allier, constata Hermione entraînant un silence imposant de vérité.

-Hermione a raison, jeunes gens. Ne perdez pas espoir en l'avenir…

-L'avenir c'est une guerre Albus, renchérit Harry de sa voie lointaine qui attira immédiatement l'attention d'Hermione et de Drago. Ce ton-là annonçait des Vérités, ils le savaient. Une guerre ouverte entre moldu et sorciers…

-C'est là que tu trompes Harry, votre alliance empêchera Voldemort de provoquer cet évènement. Vous le détruirez avant. Je le sais, parce que les Mages n'ont pas dépensé autant d'énergie à vous protéger pour vous voir échouer alors que vous êtes prêts. Vous sauverez le monde de cette guerre et des horreurs qui arriveront si jamais Voldemort prend l'ascendant sur le pays puis sur le Monde. C'est écrit : « L'alliance des trois sangs apportera l'équilibre. »

Les propos du Directeur jetèrent un silence sur l'Assemblée. Les Âmes semblaient se sonder les unes les autres ce qui créaitune poussée magique dans l'atmosphère. Quelques minutes passèrent et finalement, Drago, Harry et Hermione s'adressèrent un signe de tête et le Serpentard finit par demander :

-Et Lucius ? Que fait-on de lui ? On l'interroge et après ?

-Encore faudrait-il qu'il survive, lâcha gravement Hermione. Il a vécu depuis Octobre dans les cachots de Voldemort et ça se voit. Il est en état de malnutrition, ses dents se déchaussent et ses cheveux tombent par poignée, ses pupilles sont quasiment blanchâtre j'ai peur qu'il ne retrouve pas complètement la vue. Voldemort a profité du solstice pour attirer à lui une puissance qui se retrouve dans l'impero de Lucius. Voldemort a su se servir d'une magie primaire qu'il déteste et méprise. Nous sommes impardonnables d'avoir commis une telle erreur.

-Nous avons fait preuve d'un grand aveuglement, c'est certain, approuva le Directeur avant qu'elle ne poursuive.

-De plus, Lucius fait des crises de spasmophilie à cause des nombreux doloris qu'il a dû recevoir, ses blessures se rouvrent sous l'effet des tremblements, certaines sont suintantes et infectées. La septicémie est galopante et il supporte mal les traitements magiques. Il porte également une vilaine blessure sur l'avant-bras gauche. On l'a… écorché vif. Sa Marque a disparu mais sa chair recrache un sang noir et nauséabond…

-La punition est à la hauteur de la faute commise Granger, il l'a trahi, statua Drago inflexible.

Hermione s'abstint de tout commentaire mais croisa les yeux bleus de son Directeur qui lui répondit chaleureusement, étonné de constater que, même sur son lit de mort, Lucius Malfoy, réussissait encore à se faire des alliés.

-Il nous est impossible de l'amener à Sainte-Mangouste mais je peux demander à Pompom de t'envoyer des potions et des onguents avec quelques instructions. Je propose qu'il reste ici au Manoir tant qu'il est inconscient. Mais à l'instant où il s'éveillera et qu'il sera en mesure de parler alors nous aviserons. Qu'en dîtes-vous ?

Hermione approuva rapidement d'un mouvement de tête, mais ceux d'Harry et du Serpentard se firent attendre. Il fallut qu'Hermione se tourne successivement vers chacun d'eux pour qu'ils acquiescent avec réticence. Visiblement, soigner et protéger Lucius Malfoy ne leur convenaient pas mais Hermione réussissait à les faire plier un peu. Lucius serait en sécurité au moins pour quelques temps, nul doute que Voldemort chercherait à savoir ce qu'il était advenu de son ancien lieutenant.

-Bien, puisque le cas Lucius semble réglé…, commença Albus rapidement interrompu par Harry qui lui reprenait le leadership conversationnel.

-Albus, quelqu'un d'autre au sein de l'Ordre, une personne de confiance, devrait connaître la vérité nous concernant.

Les yeux bleus se posèrent sur son protégé avant d'englober les deux autres Gardiens :

-Mon temps est compté, jeunes gens. Ma mission touche à sa fin, je le sais depuis presque deux ans maintenant. La malédiction de la Pierre me ronge et m'affaiblit. La mort de Gellert a donné la victoire officielle à Merlin, notre puissance à Gellert et moi disparaît pour laisser émerger la vôtre, plus puissante et nécessaire pour contrer le Seigneur des Ténèbres. Merlin voulait que je réunisse les Âmes et que je leur enseigne ce qu'elles devaient savoir.

Ses yeux se posèrent avec peur sur sa main noirâtre et déjà morte, tandis qu'il reprenait d'une voix éteinte :

-Le poison qui gangrène ma main se répand malgré les soins de Pompom et les conseils du portrait de Severus. Il me reste quelques semaines, peut-être quelques mois. Il est temps pour moi de passer la main, j'en suis conscient, mes pouvoirs s'affaiblissent, la preuve en est mon Fidelitas n'a pas résisté à Voldemort… Mais je voudrais faire ça à ma manière, finit-il doucement.

La main d'Hermione se posa sur son bras et le pressa doucement, lui procurant une vague de réconfort que seules les femmes étaient capables de prodiguer.

-Allez-y Albus nous vous écoutons, lui murmura-t-elle.

-Je ne révélerai pas à l'Ordre entier ce que vous êtes en réalité. Il serait bien trop dangereux de vous dévoiler ainsi car la trahison peut venir de partout. Deux personnes au sein de l'Ordre ont mon entière confiance, Minerva et Kingsley. Quand mon décès surviendra, je voudrais que ma chère collègue prenne la tête de Poudlard et que Kingsley dirige l'Ordre, lui seul à la carrure nécessaire pour cette mission. C'est un ancien Auror, un stratège, il est intelligent et ne veut que libérer la société sorcière du joug de Voldemort.

Quand il finit, la main d'Hermione quitta son bras et leurs regards s'accrochèrent. Avec une facilité teintée de puissance, la jeune femme pénétra l'esprit du vieux sorcier et laissa quelques mots s'imprégner dans son esprit :

« Albus, vous avez été pour chacun de nous le meilleur guide que l'on pouvait avoir. Merlin vous accueillera en Avalon, c'est une certitude. »

Elle se retira de son esprit en douceur tandis qu'Harry reprenait, après avoir jeté un bref coup d'œil au Serpentard qui l'enjoignit à poursuivre.

-Je vais raccompagner Albus à Poudlard. Nous parlerons ensemble à Kingsley, il nous croira d'autant plus que je pourrais lui montrer mes pouvoirs.

-Nous voulons livrer Nott et Jungson à l'Ordre, Professeur, reprit Drago. Ils auront sans doute des informations à livrer, je ne peux pas les garder ici, ils connaissent les lieux et sauront les reconnaître. Nous avons pensé que la cabane hurlante pourrait accueillir les prisonniers, leurs interrogatoires pourraient s'y dérouler en toutes discrétions. Les bruits étranges ne seront pas suspects là-bas.

-C'est juste, approuva Albus.

-Nous tenons expressément, ajouta Hermione, à ce qu'ils soient bien traités. Qu'ils soient interrogés sous Véritaserum, avant d'être amnésiés et relâchés avec un sort de traçage. L'un d'eux doit cependant être capable de raconter que c'est l'Ordre qui les a interrogés. Voldemort doit croire que le combat est toujours le même. Drago pense et, nous sommes d'accord avec lui, que tôt ou tard, ces deux-là seront présentés à Lui, pour faire leur rapport ce qui nous donnerait la localisation de leur QG.

-Que comptez-vous faire avec cette information ? Demanda Albus.

-Nous espérons que l'Ordre du Phoenix et les Aurors utilisent cette information pour y faire une descente, trouver des preuves, n'importe quoi permettant de mettre la plupart des partisans à l'ombre, nous laissant le champ libre pour attaquer et tuer Voldemort.

-Pour le connaître, comme je le connais, Voldemort va se terrer après ce qu'il a fait. Il va observer les réactions et seulement après il mettra en œuvre une nouvelle offensive. C'est pourquoi vous avez besoin de l'Auror Harris, n'est-ce pas ? Demanda Albus.

-Si Harris dirige l'enquête du Square, lui expliqua Harry, je serai en contact avec lui pour le dépôt de plainte, la constatation de l'effraction etc. Je trouverai un moyen de lui parler de Drago d'une manière voilée et de lui demander d'arrêter de le prendre pour cible. Et si en plus Kingsley, son chef, le Ministre de la Magie, appuie mon propos alors notre tâche n'en sera que plus facile. On peut s'en faire un puissant allié, le moment venu il pourrait nous épauler.

-Je ne peux qu'approuver cette démarche, sourit Albus.

-Alors il semblerait que nous ayons un plan, affirma Drago.

-Un plan, certes, mais nous n'avons que des présomptions sur la façon dont il faut Le tuer. Les éléments ont leur place dans le rituel c'est certain mais…

A ses mots, l'attention d'Harry se décrocha d'Hermione pour se focaliser sur le Serpentard. Entre eux deux, un seul mot flotta :

Lucius.

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23 Décembre 1997, Manoir Malfoy.

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Drago, tapi à l'angle du couloir et habilement dissimulé par l'ombre d'une statue de marbre noire, surveillait, avec la plus grande des attentions, les doubles portes de chêne ouvragées marquant l'entrée des appartements de feu Septimus. Si ses calculs étaient bons, Granger ne devrait pas tarder à pointer le bout de sa baguette. Et en effet quelques minutes plus tard un sourire satisfait étira lentement ses lèvres. Même si la rigueur métronomique de sa femme lui avait facilité la tâche, elle était bien là où il l'attendait.

Potter, parti depuis la veille pour Poudlard et le Square, lui avait demandé avant de quitter les lieux : « Si tu as l'occasion de faire parler Lucius, sans qu'Hermione ne s'en rende compte, alors n'hésite pas. ». Il avait approuvé d'un sourire froid et répondu : « Tu peux considérer son interrogatoire imminent ».

Et comme toutes les trois heures depuis la veille qu'il surveillait ses allées et venues, Granger leva les protections sur la porte et pénétra dans la chambre qui servait d'infirmerie pour assurer la survie de son géniteur, lui consacrant plus de temps qu'à n'importe qui d'autre entre ces murs. Quand sa femme n'était pas auprès de Lucius, elle restait enfermée dans la bibliothèque du Manoir, cherchant dans les plus vieux grimoires poussiéreux la moindre piste. En fin perspicace, Drago sentait qu'elle cherchait surtout à se cacher de lui pour repousser l'inévitable connexion physique qu'ils devaient partager.

Une dizaine de minutes plus tard, elle ressortit des appartements silencieux en compagnie de Kinky qui portait les bandages sales et les divers déchets liés aux soins. Drago regarda intensément Hermione remonter le couloir qui débouchait dans le hall d'entrée du Manoir, détaillant sa silhouette fine et féminine, avant de brusquement se rencogner dans l'ombre de la statue. Granger venait de se retourner et scrutait l'angle du mur où il était caché.

-Kinky ? Dis-moi, que fait Drago aujourd'hui ?

-Le Maître a dit qu'il sortait sur la Traverse.

-Il est absent ?

-Oui Maîtresse, affirma la créature.

Hermione jeta un dernier regard suspicieux à la statue d'Arrietta Malfoy et tourna les talons.

Ce foutu lien était une véritable entrave dans certaines situations, même coupé d'elle, elle parvenait à sentir sa présence. Il n'était pas dupe de son départ, curieuse et inquisitrice comme elle l'était, elle reviendrait sûrement avant la fin des trois heures habituelles. Ne détectant aucun bruit mais se fiant à son instinct, Drago fit tourner sa baguette entre ses doigts et murmura :

-Hominium Revelio.

Il était seul.

Il rangea sa baguette et quitta silencieusement sa cachette, remontant rapidement le couloir pour se poster devant la porte close. Il ferma ses yeux, inspira profondément, comme Potter le faisait, et posa ses paumes contre le panneau.

-Finite incantatem, murmura-t-il.

Sortant de ses mains, la chaleur de sa magie se propagea dans le bois qui l'absorba, la serrure cliqueta et le battant s'ouvrit silencieusement. Il se faufila à l'intérieur, referma la porte et resta figé sur le seuil de la pièce.

Devant lui, le salon transformé en chambre était plongé dans la pénombre. L'air ambiant était saturé d'odeurs médicinales et de la pestilence que dégageait le patient, allongé au milieu du lit à baldaquin qui semblait à deux doigts de l'avaler tout entier, tant le corps en son sein semblait maigre et maladif. Chauve, décharné, les pommettes saillantes, la perte des dents, évoquée par Granger la veille, faisait que ses lèvres s'affaissaient dans sa cavité buccale et lui donnait l'impression de paraître cent ans de plus…

Malgré lui, le corps du fils frissonna à l'unisson de la souffrance endurée par le père. Ce père adoré et détesté qui un jour lui avait dit : « Toutes les choses que je fais ont pour objectif de nous mettre à l'abri ». Drago était curieux de savoir ce que Lucius avait bien pu faire pour les mettre à l'abri et l'idée de le confronter l'emporta sur la légère empathie qu'il avait ressentie en constatant de ses yeux la dégradation physique qu'il avait subie.

Il s'avança, déterminé à faire ce qu'il fallait et pointa sa baguette sans hésitation sur le corps de son paternel.

-Enervatum !... Enervatum Maxima !

Les paupières se relevèrent brièvement, papillonnèrent plusieurs secondes avant de s'ouvrir et de révéler des iris laiteux.

-Bonjour Père, débuta Drago causant un sursaut faible au corps groggy.

Lucius ouvrit sa bouche, révélant l'absence de nombreuses dents, mais fut incapable d'esquisser le moindre son.

-Amplificatum !

Le sortilège frappa la gorge de son père et Lucius put souffler :

-Fils.

-Je n'ai pas beaucoup de temps, vous répondrez à mes questions.

Même s'il était affaiblitphysiquement, Lucius Malfoy n'en conservait pas moins un intellect intact. Et c'est d'une voix rauque qu'il exhala :

-Sinon ?

Drago pointa, sans aucune hésitation, sa baguette sur la carotide palpitante et s'approcha de l'oreille de son père pour y siffler :

-Ma baguette me démange Père et un avada passerait inaperçu dans votre état. Ne me titillez-pas. Contentez-vous de parler.

Lucius déglutit difficilement mais esquissa son célèbre sourire narquois qui réveilla la haine du fils :

-Tu ne changeras jamais Drago… Un imbécile de première, voilà ce que tu es.

Lucius toussa de longues secondes, amenant la sueur à perler à ses tempes avant de reprendre d'une voix plus rocailleuse que jamais :

-Me réveiller va donner du travail à ta femme… et… te fait commettre une nouvelle erreur…

Aussi blanc que les draps, son père au visage cadavérique le dévisageait de ses yeux dérangeants mais qui luisaient de vérité.

- Marque-la au plus vite… Elle sera protégée quelques temps… Il la tuera si tu ne le fais pas…

Le quinquagénaire respira difficilement, causant l'affaissement de sa cage thoracique et reprit tant bien que mal :

-Cherche la relique des Malfoy… cachée… Manoir.

Il n'en dit pas plus, un spasme annonciateur du pire l'en empêcha. Seule sa volonté lui permit de se détourner de son fils avant que la nausée ne le submerge. Il vomit de la bile noire, liquide et malodorante sur les draps immaculés. De ses oreilles coulèrent la même substance noirâtre et aussi visqueuse que du pétrole, son corps se mit à trembler tel un épileptique. Drago, pétrifié par la scène, le regardait sans esquisser le moindre geste pour lui venir en aide alors que des alarmes stridentes se déclenchaient dans la chambre causant l'arrivée quasi immédiate des elfes.

Les créatures s'activèrent en tous sens, les fioles lévitèrent, les claquements de doigts amenaient potions, filtres et onguents sur la table de soin, les premiers bandages essuyèrent les fluides visqueux tandis que son Père perdait connaissance en exhalant un son rauque et gargouillant. Drago sentit qu'on lui tirait sa manche et il baissa les yeux sur Kinky qui le repoussait gentiment mais fermement en couinant :

-Maître Drago devrait partir… Si la Maîtresse le voit ici…

L'elfe ne put finir sa phrase. Les battants de la porte s'ouvrirent sur une Hermione essoufflée d'avoir traversé le Manoir au pas de course après que les alarmes médicales aient résonné dans la bibliothèque où elle travaillait. Drago, baguette encore à la main, croisa les yeux chocolats déçus et rageurs de sa femme.

-Réduire mon travail à néant est une de tes spécialités, lâcha-t-elle froidement à son intention avant de se détourner de lui avec la rage au cœur pour s'occuper de son patient.

-Kinky, il me faut de l'essence de Mandragore, trois gouttes non diluées pour la douleur. Laya, immobilise-le, il faut stopper cette crise…

-Granger, tenta Drago alors qu'Hermione se tournait vers lui, agacée.

-Je n'ai pas de temps à te consacrer Malfoy. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué j'essaie de sauver le seul espoir que l'on ait ! Ton intervention était inutile et nous fait perdre un temps précieux !

Elle reporta son attention sur son père et s'assit au bord du lit, lui maintenant la tête en arrière pour faire couler diverses potions dans sa gorge. Se sentant de trop, Drago quitta les lieux. Sur le seuil, il observa sa femme une dernière fois, trop occupée par son paternel pour lui accorder la moindre attention, Drago se contenta de secouer la tête avant de franchir la porte. Granger ne pouvait imaginer quel genre de relation lui et son père entretenait, le passé qu'ils avaient en commun et qui était fait d'horreurs.

Il ne regrettait rien.

Son père n'avait que ce qu'il méritait et Lucius le savait. Il payait ses dettes et si le processus l'amenait à la mort, ce n'était certainement pas Drago qui s'en plaindrait. Bien au contraire.

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A suivre …

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Voilà Mesdames, en espérant que vous avez aimé !

Au fait avez-vous vu que JKR annonce la sortie du huitième tome, « Harry Potter and the Cursed Child » ? J'en connais certaines pour qui Noël tombera le 31 Juillet cette année ^^ !

On se retrouve le 2 Mars au plus tard, pour la suite de nos aventures.

A bientôt !

VC.