Bonjour à tout le monde,
Voici le nouveau chapitre de cette histoire et enfin nos deux héros tentent de s'évader.
Je vous remercie pour vos commentaires et votre fidélité.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
Back in black de ACDC
Chapitre 21 : Evasion
« Mourir en combattant sied mieux au soldat qu'être libre dans la fuite »
Miguel De Cervantes
Castiel et Dean étaient prêts. Du moins, aussi prêts que possible aux vues des circonstances. Ils étaient armés – de pieds de chaise mais Castiel préférait ne pas trop y penser – et ils étaient déterminés à s'évader ou à mourir en essayant. Dean avait assuré à son ami qu'il préférait de loin perdre la vie en tentant de fuir que de survivre en restant auprès d'Alastair. Il disait ne pas vouloir recommencer la même erreur que deux ans plus tôt. Il considérait avoir choisi la solution de facilité à cette époque même si Castiel estimait que ce qu'il avait subi n'avait définitivement rien de « facile ». Mais il avait préféré ne pas contredire le jeune homme sur ce point. Si Dean voulait se battre, ils avaient une chance. Infime certes. C'était toutefois mieux que rien.
Ils s'étaient répétés le plan à haute voix plusieurs fois pour être totalement sûrs qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes. Dean serait en première ligne et Castiel assurerait leurs arrières. Le jeune homme avait tout d'un soldat quand il donnait les précisions du plan à son ami. Et si Castiel n'avait pas su qu'il n'avait jamais rejoint l'armée, il aurait pensé qu'il avait une expérience militaire. Peut être le tenait-il de quelqu'un de sa famille. Son père sans doute. Castiel nota mentalement de poser la question si toutefois il survivait à leur tentative d'évasion.
Une fois les détails peaufinés, il ne leur restait plus qu'à attendre l'arrivée d'un des gardes. Castiel croisait les doigts pour que la première personne à se présenter à eux ne soit pas Alastair. Il n'avait aucune idée de la manière dont Dean réagirait en se retrouvant à nouveau nez à nez avec son bourreau. Il serait sans doute plus facile pour lui d'échapper à un homme de main qu'à celui qui l'avait violé à de multiples reprises depuis qu'il avait dix sept ans. Dix sept ans. Castiel avait toujours beaucoup de mal à assimiler ce fait. Il avait entendu des histoires horribles quand il avait fait son stage à l'hôpital. Il se souvenait de nombreuses victimes de viol qui lui avaient confié l'expérience traumatisante qu'elles avaient vécue. Il se rappelait parfaitement de chacun de leurs mots. De chacune de leurs larmes et de leurs cris désespérés demandant à ce qu'on les aide par tous les moyens possible. Durant ces quelques semaines, il avait connu le vrai désespoir. La vraie souffrance. Mais jamais avant, il n'avait croisé une victime aussi jeune. Une victime qui avait vécu ce traumatisme de façon répétitive. Il avait les mots pour parler à ces personnes. Mais il avait bien plus de difficultés à le faire maintenant qu'il était confronté à une victime qu'il connaissait personnellement et qu'il aimait de tout son cœur. Il comprenait mieux à présent combien il pouvait être difficile pour les familles des victimes d'approcher la personne aimée et de trouver les bons mots. Le viol leur avait été infligé à elles bien sûr. Mais la souffrance était partagée et elle était accablante. A l'époque, il se souvenait avoir pensé que les parents ou conjoints de ses patients étaient lâches de ne pas réussir à les affronter. Il se rappelait d'avoir été en colère contre eux parce qu'ils étaient incapables de réconforter les victimes. Aujourd'hui, il les comprenait. Il n'avait pas connu Dean à l'époque de son viol. Mais il le connaissait maintenant. Et il avait les pires difficultés du monde à accepter qu'on ait pu lui faire autant de mal. Comment un homme pouvait avoir pour but de détruire un autre ? Comment pouvait on être cruel au point de vouloir voler à un garçon de dix sept ans l'innocence et la pureté qu'on voyait en lui ? Parfois, Castiel était écoeuré par le monde dans lequel il vivait. Il avait vécu une enfance protégée – ce qui ne l'avait pas rendue plus heureuse pour autant mais c'était là un autre problème – et il n'avait entendu parlé des gens comme Alastair qu'à travers son poste de télévision puis par les personnes rencontrées à l'hôpital. Rencontrer Dean lui avait mis une sacrée claque dans la figure. Il n'était pas sûr de pouvoir l'oublier un jour. Il ne verrait plus jamais le monde du même œil. Il savait que sa confiance en l'être humain avait été altérée.
Attendre était sans nul doute la partie la plus compliquée et la plus difficile de leur plan. Dean ne tenait pas en place et allait et venait dans la pièce en jurant entre ses dents à chaque fois que ses côtes le faisaient souffrir. Ce qui arrivait bien trop souvent au goût de Castiel. Il avait tenté de lui dire de s'asseoir pour se ménager mais le jeune homme avait refusé aussitôt. Il avait besoin d'évacuer son stress en s'agitant. Castiel n'avait pas le droit de lui dire qu'il avait tort. Cela ne l'empêchait cependant pas de s'inquiéter de son état. Il avait fait mentalement une liste de toutes les complications possibles et il était à présent totalement mort de peur.
Son poignet le faisait toujours souffrir. Il avait cessé d'enfler mais il avait pris une teinte violacée qui ne laissait rien présager de bon. Il était presque sûr à présent que l'os était fracturé. La plaie qui l'entourait était heureusement superficielle. Elle le cuisait mais guérirait facilement. La fracture en revanche rendait son poignet presque inefficace. Castiel comptait sur l'adrénaline du combat pour effacer la douleur.
Ils cessèrent de parler après la première heure qu'ils passèrent à attendre. Dean semblait avoir besoin de se concentrer et Castiel était à court de mots rassurants. Il vint coller son oreille à la porte à intervalles réguliers pour s'assurer que personne ne venait. Le silence dans le couloir le lui confirma à chaque fois. Il commençait à se demander si on n'avait pas décidé de les laisser dans cette pièce jusqu'à ce qu'ils soient trop affamés pour se battre. Castiel n'aurait pas su dire depuis combien de temps ils étaient dans ce bâtiment mais son estomac commençait à réclamer de la nourriture et sa gorge était sèche. Il n'y avait aucune fenêtre pour se référer à la lumière du soleil et on lui avait retiré sa montre. Il croyait se souvenir qu'il s'agissait là d'une forme de torture. Elle était efficace. S'il avait été seul, Castiel aurait probablement déjà perdu la tête. Heureusement pour lui, la présence de Dean à ses côtés lui rappelait ses priorités et l'aidait à garder la tête froide.
Le jeune homme était à présent appuyé contre le mur juste à côté de la porte et agitait son arme devant lui, sans nul doute pour tester ses côtes et sa capacité à se défendre au moment venu. Castiel prit quelques secondes pour le regarder. Il serrait les dents mais semblait réellement déterminé. Castiel devait avouer qu'il était impressionné. Il était persuadé qu'à la place du jeune homme, il se serait déjà effondré totalement. Il ne pensait pas être aussi fort et courageux que lui. Il était admiratif de lui.
Dean étendit ses deux bras devant lui puis fit un moulinet avec son poignet. Il porta aussitôt une main à ses côtes en jurant entre ses dents. Castiel avait envie de lui demander une énième fois si tout allait bien mais il savait que ce n'était pas une bonne idée. Il se ferait remballer et il n'avait pas envie d'énerver son ami.
Ils restèrent ainsi sans parler et sans bouger durant ce qui sembla être une éternité avant que Dean ne se redresse brusquement et ne se tourne vers la porte. Il avait les sourcils froncés et Castiel sut presque aussitôt ce qu'il avait entendu. Il se mit alors en position de l'autre côté de la porte et serra son arme entre ses mains.
- Quelqu'un arrive, expliqua Dean inutilement.
Leur plan était simple. Le jeune homme devait retourner s'allonger sur le matelas. Quand la porte s'ouvrirait, il serait la première personne sur laquelle les yeux du garde qui entrerait se poseraient. Il était important qu'il pense que tout était parfaitement normal. Castiel devait ensuite sortir de sa cachette et abattre son arme sur la tête de leur assaillant. C'était simple. Sans doute trop. Mais c'était la seule solution envisageable. Dean adressa un signe de la tête à Castiel avant de se mettre en position. Il s'allongea sur le matelas en grimaçant puis posa son arme à côté de lui pour qu'elle ne se voit pas. Il étira ensuite ses bras au dessus de sa tête et attrapa les cordes qui les avaient liées. Castiel pouvait sentir la panique le gagner. Il pouvait entendre des bruits de pas à son tour. Il était temps d'entrer en action.
Dean avait gardé les yeux ouverts pour surveiller son ami et pouvoir intervenir au cas où il échouerait. Castiel était rassuré de savoir qu'il veillait sur lui. Même s'il doutait qu'il ait le temps de se relever et de courir jusqu'à eux si toutefois les choses se passaient mal. Mais il préférait rester positif. Il déglutit avec peine et colla son dos contre le mur derrière lui.
Les bruits de pas s'étaient considérablement rapprochés et quand Castiel entendit une main se poser sur la poignée de la porte et la clef tourner dans la serrure, il leva son arme et se mit en position. La porte s'ouvrit lentement à côté de lui. Comme Dean l'avait prévu, la personne qui se trouvait derrière n'était pas Alastair mais un de ses hommes de main. Il fit un pas dans la pièce, son regard dirigé vers Dean. Le jeune homme était totalement immobile sur le matelas. Castiel était quant à lui dissimulé à présent derrière la porte. Il retint son souffle pour ne pas faire le moindre bruit et regarda l'homme avancer dans la pièce après avoir fermé la porte derrière lui. Il ne pouvait pas voir Castiel qui se trouvait dans son dos. Le jeune homme prit une seconde pour rassembler ses forces puis se jeta en avant et abattit son arme à l'arrière du crâne du garde aussi violemment que possible. Il entendit un craquement qui ne venait pas de son arme mais bel et bien de la tête de sa victime avant que cette dernière ne s'effondre au sol sans bruit. Il était inconscient. Ou mort. Castiel préférait ne pas trop réfléchir sur ce point.
Dean se leva aussitôt du matelas et vint contrôler le pouls de l'homme qui était allongé par terre. Il se mordit la lèvre une seconde avant de relever les yeux vers Castiel. Du sang coulait à présent de la plaie que l'homme avait derrière la tête. Trop de sang pour que ce soit bon signe pour lui. Castiel était surpris d'être responsable de son état. Il n'avait pas pensé qu'il aurait autant de force. Mais de toute évidence la peur était un catalyseur efficace. Et l'homme au sol ne risquait pas de se lever pour les empêcher de s'évader.
- Il est mort ? Demanda Castiel en fronçant les sourcils.
Dean secoua la tête en se redressant. Il s'éloigna du garde et retourna près de la porte.
- Pas encore, répondit il.
Il partageait donc l'avis de Castiel quant au sort de l'homme qu'il avait assommé. Le coup avait été violent et le craquement venait sans nul doute de la fracture qu'il avait à présent à l'arrière du crâne. Castiel secoua alors la tête. Il refusait de se sentir coupable pour cet homme qui avait participé, d'une manière ou d'une autre, aux tortures que Dean avait subies. Il soupira longuement puis rejoignit son ami près de la porte. Le jeune homme colla l'oreille contre puis recula quand il sembla satisfait par ce qu'il entendait ou n'entendait pas. Il jeta un dernier coup d'oeil à Castiel avant d'ouvrir doucement la porte. Il regarda ensuite dans le couloir discrètement avant d'hocher la tête et de sortir enfin de la pièce. Castiel resta sur ses talons, l'oreille tendue et son arme fermement serrée dans ses mains. Comme il l'avait pensé, son poignet ne lui faisait plus mal. Il savait bien sûr que la souffrance reviendrait à pleine puissance quand ils seraient sortis d'ici. Mais il n'avait pas le temps de s'en soucier pour le moment. Devant lui, Dean avançait à un bon rythme. Il s'arrêtait à chaque fois qu'il se retrouvait à un angle du couloir. Mais ils n'avaient croisé personne pour le moment et la chance semblait vouloir leur sourire.
- Les escaliers sont juste à quelques mètres de nous … on continue d'avancer. Si je cours, tu cours. Si je m'arrête, tu t'arrêtes. Compris ?
Castiel lui avait déjà dit à plusieurs reprises qu'il ferait exactement ce qu'il voulait mais il pouvait sentir que son ami avait besoin d'être rassuré. Il hocha donc la tête.
- Compris, répondit il.
Dean acquiesça à son tour avant de se tourner à nouveau dans la direction qu'ils devaient prendre. Le couloir était faiblement éclairé mais les rares néons qui fonctionnaient leur offraient suffisamment de lumière pour voir où ils mettaient les pieds. Dean s'était remis en route à présent. Castiel pouvait discerner les escaliers à quelques mètres d'eux. Il avait bon espoir que tout fonctionne correctement. Il sentit un sourire élargir ses lèvres. Jusqu'à ce qu'il entende un bruit de pas devant eux. Quelqu'un descendait les escaliers. Castiel s'immobilisa aussitôt, pris de panique. Dean l'attrapa alors par le bras et le tira violemment pour se mettre à l'abris sous les marches de l'escalier. Castiel s'accroupit aussitôt dans le dos de Dean et leva les yeux. Il y avait un peu de jour entre chaque marches et après quelques secondes, il put voir des pieds les descendre. De toute évidence, quelqu'un était venu voir ce qui se passait. Castiel n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire et il refusait de prendre la moindre initiative. Il se contenta donc de rester caché derrière Dean, son arme ramenée contre son torse. Il retint une nouvelle fois son souffle, convaincu qu'on pouvait l'entendre respirer à des kilomètres dans le silence du couloir. Le garde était à présent arrivé en bas des escaliers. Castiel aperçut une arme dans ses mains. Il sentit aussitôt le rythme de son cœur s'accélérer considérablement. Dean lui fit signe de ne pas bouger. Ils étaient relativement à l'abris sous les marches, l'obscurité les masquant. Mais si le garde décidait de regarder dans leur direction, il finirait par les voir. Castiel commençait à souffrir du manque d'oxygène. Mais il refusait de respirer tant que le garde serait proche d'eux. Il regarda Dean bouger légèrement et hésita à le suivre. Le jeune homme lui avait toutefois spécifié qu'il devait rester immobile et il comptait bien suivre ses ordres. Il l'observa donc sortir doucement de l'obscurité alors que le garde s'éloignait d'eux. Dean se redressa puis s'élança brusquement dans sa direction. La chance devait avoir tourné puisque l'homme se retourna avant qu'il n'ait réussi à l'atteindre. Il leva automatiquement son arme dans la direction de Dean et Castiel sut que s'il parvenait à tirer, ils étaient fichus. Le coup de feu résonnerait forcément et attirerait les autres personnes présentes à cet étage. Ils seraient encerclés et paieraient sans nul doute cher leur tentative d'évasion. Il n'avait pas vraiment le temps de réfléchir. Il devait agir à l'instinct. Il prit une grande inspiration puis sortit à son tour de sous l'escalier. L'homme fut aussitôt distrait en le voyant et se tourna sensiblement vers lui. Ce fut son erreur. Dean lui sauta dessus immédiatement. Il parvint à le débarrasser de son arme en le faisant tomber en arrière. Il lui asséna ensuite un coup de poing. Castiel courut dans sa direction. Il se doutait que la chute avait du provoquer une vive douleur à son ami. Mais Dean ne semblait pas gêné pour le moment. Il enchaînait les coups de poing à une vitesse impressionnante. Et quand son assaillant fut inconscient, il le frappa avec son arme pour s'assurer qu'il ne se relèverait pas. Castiel l'attrapa alors par le bras pour l'empêcher de le frapper à nouveau et ménager ainsi ses côtes. Dean se retourna vers lui et le dévisagea une seconde. Castiel savait qu'il avait désobéi à son ordre mais il estimait avoir pris la bonne décision. Dean aurait pu se faire tirer dessus. Et il ne semblait pas en avoir conscience. Il y avait une rage infinie inscrite sur son visage et dans ses yeux.
- Dean, on doit filer, murmura Castiel.
Le jeune homme reporta son attention sur le garde qui était toujours inconscient puis hocha lentement la tête. Il se releva ensuite et porta une main à ses côtes. Castiel savait qu'il souffrait mais une nouvelle fois, il préféra ne rien dire. Il attira le jeune homme vers les escaliers puis se plaça à nouveau derrière lui. Dean monta les premières marches lentement. Ils étaient totalement à découvert dans l'escalier. Si quelqu'un arrivait en face d'eux, ils n'avaient aucun moyen de s'échapper. Mais il ne pouvait pas non plus accélérer le rythme et risquer de se faire entendre. Leurs chaussures semblaient faire un bruit énorme sur le métal des marches. Castiel fit de son mieux pour être le plus discret possible. Quand ils arrivèrent enfin en haut, une nouvelle porte se trouvait face à eux. Dean posa la main sur la poignée avant de coller son oreille contre. Il sembla satisfait après quelques secondes et appuya finalement sur la poignée. Le couloir dans lequel ils se trouvèrent en franchissant la porte était heureusement vide. Dean le remonta lentement, Castiel toujours sur ses talons. Ils passèrent une porte et entendirent des éclats de voix de l'autre côté. Le jeune homme accéléra alors le rythme pour mettre de la distance entre eux et les personnes qui se trouvaient dans cette pièce. Castiel jetait des regards par dessus son épaule régulièrement pour s'assurer qu'ils n'étaient pas suivis. Ils tournèrent ensuite une première fois à droite puis à gauche. Dean semblait réellement savoir où ils allaient et Castiel croisait les doigts pour que ce soit le cas. Cet endroit était un véritable labyrinthe et il se serait sans nul doute déjà perdu s'il avait été seul.
- La sortie est juste après cet angle et …
Dean n'eut pas le temps de finir sa phrase. Au moment où il tournait finalement pour la dernière fois à droite, un poing s'abattit dans son visage le faisant chuter sur les fesses. Castiel laissa échapper un cri de surprise. Il recula d'un pas en gardant les yeux rivés sur l'angle du couloir. Il se retrouva rapidement nez à nez avec avec un homme d'une quarantaine d'année, habillé d'un costume de marque et dont le sourire donnait des frissons à Castiel. Il avait les cheveux courts et châtains foncés. Ses yeux marrons étaient froids et durs. Ses dents d'un blanc éclatant. Il aurait pu être séduisant s'il n'avait pas été aussi terrifiant. Castiel recula d'un nouveau pas pour mettre un peu plus de distance entre eux. Il avait envie de courir vers Dean mais le jeune homme était conscient et tentait déjà de se relever.
- Quelle surprise de vous trouver là Messieurs, lança l'homme en avançant.
Castiel ne savait pas quoi faire. De toute évidence, leur adversaire n'était pas armé. Mais il pouvait tout à fait cacher une arme quelque part sur lui et la sortir avant qu'il n'ait le temps de l'atteindre. De surcroît, Dean faisait une cible idéale. Il semblait sonné par le coup de poing et il avait des difficultés à rester debout. Ses côtes le faisaient probablement terriblement souffrir. Mais ils ne pouvaient pas non plus rester sans rien faire. D'autres hommes allaient arriver et ils perdraient la seule chance qu'ils avaient de s'enfuir. Castiel devait prendre les choses en main et agir. Il se força à faire un pas, refusant de laisser la peur le paralyser.
- On va sortir d'ici et vous ne pourrez rien faire pour nous empêcher, jeta t-il en tentant de sembler confiant.
Bien sûr, sa voix tremblait et l'effet ne devait pas être très convaincant. L'homme tourna alors la tête vers lui et haussa les sourcils.
- Vraiment ? Répliqua t-il en souriant toujours.
Castiel hocha alors la tête. Dean avait à présent un bras collé contre son corps. Il avait lâché son arme en tombant et semblait avoir des difficultés à reprendre son souffle. Castiel combla la distance qui le séparait du jeune homme et vit que leur adversaire posait une main dans son dos. Il était armé. Les choses se compliquaient sérieusement.
- Oui, vraiment, confirma Castiel.
Il posa une main dans le dos de Dean pour le soutenir au cas où et serra son arme dans l'autre.
- Moi je crois plutôt que vous allez me suivre gentiment jusqu'à votre cellule et que vous attendrez là bas qu'Alastair décide de ce qu'il veut faire de vous. J'ai une vague idée de ce qu'il a en réserve pour Dean mais pour toi … je suppose qu'il te tuera. Je suis désolé, expliqua l'homme.
Castiel savait très bien ce qui l'attendait s'ils étaient capturés. Mais l'entendre dans la bouche de leur adversaire rendait les choses bien trop réelles. Il déglutit avec peine alors que Dean vacillait dangereusement.
- Ecoutez, je ne suis pas forcément d'accord avec ce qu'Alastair aime faire de son temps libre. En ce qui me concerne, ses passe temps sont … disons … plutôt écoeurants. Mais il est le patron ici et cela lui donne tous les droits. Je préfèrerais qu'il ne perde pas son temps avec toi Dean mais puisque cela semble lui … procurer du plaisir, je ne peux pas m'y opposer.
- Tu rêves de prendre sa place, protesta le jeune homme d'une voix rauque.
- Oh tu me connais trop bien mon cher. Chaque chose en son temps cependant … je dirigerais très probablement cette organisation d'ici peu de temps mais je dois prendre mon mal en patience. Je ne suis pas suffisamment stupide pour me lancer dans un coup d'état qui risquerait de me coûter la vie.
Castiel ne savait pas quoi faire de cette nouvelle information. Il doutait qu'elle soit d'une grande importance pour eux. Il avait l'impression que Dean cherchait à gagner du temps. Probablement pour récupérer son souffle et ses forces. Si toutefois c'était encore possible dans son état.
- Qu'est-ce que tu attends alors ? Préviens les que nous sommes là, suggéra le jeune homme en vacillant une nouvelle fois.
Castiel ne pouvait pas réellement le soutenir sans lâcher son arme et c'était inenvisageable pour lui. Il allait devoir croiser les doigts pour que son ami tienne le choc encore quelques minutes. Devant eux, l'homme souriait toujours et semblait parfaitement confiant quant à la suite des évènements. Il avait toutes les raisons de l'être. Il était définitivement en position de force. Plus encore quand il sortit enfin le revolver qu'il avait caché dans la ceinture de son pantalon. Il le pointa au niveau du visage de Dean et inclina la tête sur le côté.
- Je suppose qu'il serait furieux si tu venais à prendre une balle et à mourir mais je pourrais toujours plaider la légitime défense. Et je suis sûr qu'il finirait par trouver quelqu'un d'autre pour satisfaire ces petits plaisirs malsains, expliqua leur adversaire.
Castiel choisit ce moment pour intervenir. L'homme semblait uniquement concentré sur Dean. De toute évidence, il sous estimait lui aussi Castiel. C'était une opportunité. Le jeune homme s'élança dans sa direction et leva son arme pour l'abattre dans son bras. Mais son adversaire n'était pas naïf. Il s'écarta d'un pas et dans un mouvement digne des meilleurs cascadeurs, il attrapa Dean par les épaules, le fit pivoter et s'appuya contre dos. Il avait son arme collée contre la tempe du jeune homme, son doigt sur la gâchette prêt à appuyer. Castiel s'immobilisa alors aussitôt.
- Tu ne veux pas jouer aux héros pour ce type. Il n'en vaut définitivement pas la peine, expliqua l'homme.
Il se pencha ensuite sur le cou de Dean et inspira profondément.
- J'aime l'odeur de la peur … particulièrement la tienne. Es-tu terrifié ?
Castiel savait que son ami était effectivement totalement effrayé. Même s'il ne l'admettrait probablement pas. Il se souvint alors de ce que Dean lui avait dit avant qu'ils ne mettent leur plan en action. Il préférait mourir que de redevenir prisonnier. Il refusait de survivre si c'était pour être à nouveau l'esclave d'Alastair. Et quand son regard croisa celui du jeune homme, il comprit qu'il allait tenter quelque chose. Il savait que c'était désespéré et qu'il ne survivrait pas mais il n'avait pas l'intention de baisser les bras.
- C'est ton téléphone contre mes fesses Dick ou tu es réellement très content de me voir ? Demanda Dean en souriant à son tour.
Castiel comprit alors qui il avait face à lui. Richard Roman. L'homme pour qui Edgar disait travailler. Celui qui voulait prendre la place d'Alastair et diriger l'organisation à sa manière. Il était décrit comme cruel et extrêmement intelligent. Il dirigeait une société mondialement connue et qui lui servait de façade pour ses activités criminelles. C'était un homme influent. Castiel doutait que ces informations lui servent dans cette situation mais il se sentait un peu mieux en ayant un nom à mettre sur son visage.
- Oh, tu sais aussi bien que moi que je ne suis pas de ce bord mais … la proposition est tentante. Un trou est un trou après tout.
Il était écoeurant. Ignoble. Castiel sentit la colère monter en lui. Il la laissa s'insinuer en lui et lui donner un regain d'énergie qui lui serait sans nul doute nécessaire.
- On sait tous les deux qu'Alastair est arrivé au bout de ce qu'il pouvait faire ici et il finira par vous faire tous couler. Je sais des choses sur lui que tu ignores et je pourrais t'aider à le faire tomber. Mais tu dois laisser partir Castiel. Je resterais ici et je serais à ton service. Je ferais tout ce que tu me demandes, avança Dean.
Castiel eut envie de protester et de secouer la tête. Mais il savait que son ami avait une idée en tête. Il n'accepterait jamais de laisser Dick Roman le manipuler et l'utiliser pour quoi que ce soit. Il cherchait à le faire réfléchir. A le faire douter. Il voulait obtenir une opportunité de retourner le situation à son avantage. C'était judicieux. Dean savait exactement comment exploiter les faiblesses de son adversaire. Celle de Roman était évidente. La vanité. La convoitise et l'ambition.
- C'est une suggestion intéressante Dean, concéda Dick.
Il avait toujours son arme collée contre la tempe du jeune homme mais il n'avait toujours pas alerté les autres. Ce qui semblait signifier qu'il avait réellement l'intention d'étudier la proposition de Dean. Ou qu'il aimait faire durer le suspens.
- Suis la alors, rétorqua le jeune homme.
Roman soupira longuement avant d'inspirer une nouvelle fois l'odeur de Dean. Castiel fit un pas dans sa direction alors qu'il avait les yeux fermés et s'immobilisa dès qu'il le regarda à nouveau.
- Ou je pourrais le tuer et te garder avec moi quand même, avança Dick, visiblement amusé.
Ils ne le feraient pas flancher. Castiel le savait et Dean semblait en être conscient également. Le jeune homme hocha légèrement la tête puis adressa un petit sourire triste à son ami. C'était un signal. Il allait entrer en action. Il voulait lui faire passer un dernier message. Quelque chose qui ressemblait vaguement à un « désolé » ou à un « adieu ». Les deux à la fois sans doute. Castiel ne comptait pas le laisser se sacrifier. Il tenta de lui faire comprendre à travers le regard qu'ils partagèrent. Il ne sut pas si Dean avait compris ou non. Mais le jeune homme baissa brusquement la tête avant de la lancer en arrière de toutes ses forces. L'arrière de son crâne entra en collision avec le nez de Dick, lui arrachant un cri de douleur puis une série de jurons que toutes les personnes présentes dans le bâtiment avaient du entendre. Castiel s'élança alors dans sa direction et leva le bras pour le frapper avec son arme. Il entendit alors un coup de feu, sentit une violente douleur dans son épaule et tomba aussitôt sur le côté. Il avait été touché. Il en était presque sûr. Il ne savait pas quand il avait fermé les yeux mais il se força à les rouvrir. Il avait heurté le mur dans sa chute et il n'avait pas la force de se relever. Dean se battait à présent contre Dick mais il était affaibli par ses blessures et il était en train de perdre. Castiel tenta de se redresser mais retomba aussitôt sur les fesses. Il pouvait sentir du sang couler de la plaie sur son épaule. Il aurait cru que se faire tirer dessus était plus douloureux. Mais il supposait que l'adrénaline aidait dans cette situation. Il fut satisfait de constater qu'il avait été touché au même bras que son poignet cassé. Cela lui laissait une chance de se défendre avec sa main gauche maintenant que la droite était définitivement hors d'usage. Il chercha son arme ou celle de Dean derrière lui alors que le jeune homme recevait des coups au visage et parvenait à en donner quelques uns en retour. Dick saignait du nez et de l'arcade mais il avait facilement le dessus. Castiel réalisa en le regardant qu'il avait laissé tomber son revolver. C'était leur seule chance. Il se redressa sur le genoux et avança jusqu'au pistolet. Il le ramassa et le brandit dans la direction de Dick. Ce dernier s'immobilisa alors aussitôt. Dean dut se retenir au mur pour ne pas tomber à son tour.
- Si tu bouges, je te tue, jeta Castiel, déterminé.
Il parvint finalement à se remettre debout tout en gardant le revolver pointé en direction du visage de son adversaire. Le bruit du coup de feu avait alerté les autres personnes présentes et il pouvait entendre des bruits de pas dans son dos. Il contourna alors Roman et colla l'arme contre sa tempe. Dean tituba jusqu'à lui. Sa lèvre était ouverte et un hématome se formait déjà sous son œil gauche. Il était plié en deux pour soulager ses côtes.
- Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Castiel.
Il avait beau être celui qui tenait l'arme, il n'avait pas pour autant la moindre idée de la marche à suivre. Et il avait besoin que le jeune homme lui indique la marche à suivre. Il fut soulagé quand ce dernier bougea enfin et posa sa main sur la sienne pour lui prendre l'arme. Castiel se laissa faire alors que les bruits de pas approchaient. Ils n'avaient plus de temps à perdre.
- On part, asséna Dean finalement.
Castiel tourna alors les talons mais un coup de feu le fit se retourner aussitôt. Quand il posa les yeux sur son ami, il réalisa qu'il était celui qui avait tiré. Dick Roman était à présent allongé sur le sol, face contre terre, une plaie béante à l'arrière du crâne. Dean l'avait tué. Il l'avait abattu. Pendant une seconde, Castiel fut incapable de bouger. Il regarda le jeune homme se diriger vers lui et l'attraper par son bras blessé pour le forcer à se remettre en route. Il le suivit alors. Le bruit du coup de feu résonnait toujours dans ses oreilles. Il avait la tête qui tournait et l'image du crâne déformé de leur adversaire dansait devant ses yeux. Il savait que Dean avait eu raison de tirer. Il savait également que c'était leur seule chance. Mais le jeune homme n'avait pas hésité une seconde. Il ne paraissait pas perturbé par ce qu'il venait de faire. Bien au contraire. Il courrait à présent dans le couloir et ne relâcha Castiel que lorsqu'ils eurent atteint la porte de sortie. Un nouveau garde les attendait à l'extérieur mais Dean tira une nouvelle fois et l'homme tomba aussitôt à terre, touché au ventre. Derrière eux, ils pouvaient entendre des cris et des bruits de pas. Ils étaient pourchassés. Castiel choisit d'ignorer sa peur et la nausée qui le menaçait et de courir à son tour. Il suivit Dean à l'extérieur et le suivit sur le chemin qui menait loin de l'entrepôt où ils avaient été enfermé. Ils avaient fait quelques centaines de mètres quand d'autres personnes sortirent du bâtiment derrière eux, leur criant de s'arrêter. Dean ne s'arrêta pas pour autant. Plusieurs coups de feu résonnèrent autour d'eux mais aucun ne fut suffisamment précis pour les atteindre. Dean utilisa le couvert des arbres pour les mettre à l'abri et continua de courir. Castiel avait de plus en plus de difficultés à le suivre. Il avait le souffle court et son épaule le lançait affreusement. Il pouvait toujours sentir le sang couler et son tee shirt était à présent entièrement mouillé au niveau de son bras. Ses muscles protestaient tous et il n'était pas sûr de pouvoir continuer à ce rythme plus longtemps. Il ne s'immobilisa pas pour autant. Ils devaient mettre un maximum de distance entre eux et leurs poursuivants. Il se força donc à continuer. Dean semblait avoir quelques difficultés également à reprendre son souffle devant lui. Ils s'enfoncèrent un peu plus dans la forêt qui entourait l'entrepôt pour rester hors de vue.
Ils coururent pendant un très long moment. Quand ils atteignirent enfin une route, Dean s'immobilisa et regarda autour de lui. Il y avait une immense casse devant eux. Elle semblait abandonnée mais plusieurs véhicules s'y trouvaient. Le jeune homme s'approcha du grillage qui l'entourait et l'étudia une seconde. Ils allaient devoir passer par dessus. Castiel doutait de pouvoir y arriver. Mais il était prêt à essayer. Il se retourna pour surveiller leurs arrières et sursauta quand Dean posa une main sur son épaule. Il lui fit alors face.
- Il faut entrer à l'intérieur, expliqua t-il inutilement.
Castiel hocha la tête et fit de son mieux pour ne pas regarder l'arme que son ami tenait toujours fermement dans sa main. Il tourna ensuite le visage vers le haut du grillage. Il devait sauter pour l'atteindre et il était presque sûr de ne pas pouvoir le faire. Dean semblait l'avoir compris aussi. Il s'accroupit alors, rangea l'arme à l'arrière de son jean puis joignit ses mains devant la jambe de Castiel.
- Je vais t'aider, assura t-il.
Castiel acquiesça sans perdre de temps à protester. Il savait que Dean aggraverait sa blessure aux côtes en le portant mais ils n'avaient pas d'autres choix. Il posa son pied sur les mains du jeune homme puis donna une petite impulsion avec son autre jambe pour s'élancer en direction du haut du grillage. Il tendit aussitôt les bras et attrapa le rebord de la clôture. Son épaule le lança immédiatement mais il ignora la douleur. Dean le souleva finalement pour l'aider et avec une nouvelle impulsion dans les mains du jeune homme, Castiel parvint à passer la moitié de son corps de l'autre côté. Son poids l'entraîna aussitôt en avant et il tomba en bas de la clôture lourdement. Il laissa échapper un cri de douleur quand son épaule heurta le sol. Il fut incapable de se relever pendant de longues secondes. Sa vue était brouillée et la douleur était trop forte pour qu'il ne puisse bouger. Il tourna toutefois le visage vers Dean en serrant les dents. Le jeune homme avait reculé pour prendre de l'élan. Il le regarda courir en direction du grillage puis sauter pour en atteindre le haut. Il y parvint à son premier essai et se hissa en haut. Il fit basculer son corps en avant mais parvint à faire passer ses jambes et à se retourner en même temps pour atterrir sur ses pieds. Le choc fut tout de même violent et il cria en atterrissant sur le sol. Il porta une main à ses côtes et tendit l'autre en direction de Castiel. Leurs adversaires s'approchaient d'eux. Ils pouvaient entendre leurs cris à nouveau. Dean aida son ami à se remettre debout puis ils s'élancèrent en direction des voitures. Castiel n'avait aucune idée de ce qu'ils devaient faire à présent. Il se contenta donc de suivre son compagnon jusqu'à un véhicule éloigné. C'était un vieux modèle de Ford que Castiel se souvenait d'avoir vu dans certains films en noir et blanc. Dean utilisa le manche de son arme pour briser la vitre et ouvrir la portière. Il se pencha ensuite à l'intérieur et se glissa sous le volant. Castiel garda les yeux rivés sur les environs pour s'assurer qu'ils étaient toujours seuls. Il pouvait sentir son cœur battre dans ses tempes et il avait toujours la tête qui tournait. Il savait qu'il allait sans nul doute perdre connaissance d'ici peu. Il priait pour que Dean parvienne à faire fonctionner la voiture dans laquelle il s'activait. Ses oreilles lui semblaient remplies de coton et sa vision était toujours brouillée. Il crut entendre un bruit dans le lointain mais n'aurait pas su dire de quoi il s'agissait. Il se concentra dessus de toutes ses forces. Un moteur de voiture. Quelqu'un arrivait. Il sentit la panique le gagner et se tourna vers Dean pour le prévenir. Le jeune homme était ressorti de la voiture et semblait lui parler. Mais Castiel ne pouvait pas l'entendre. Il ouvrit la bouche pour le prévenir de la proximité du véhicule dont il entendait le moteur au loin. Mais il fut incapable de dire quoi que ce soit. Dean l'attrapa alors par le bras et le conduisit de l'autre côté de la voiture. Il lui ouvrit la portière passager puis le fit s'asseoir sur le siège. Castiel pouvait sentir les vibrations du moteur sous ses pieds et sous ses fesses. La voiture fonctionnait. Il réalisa alors que c'était elle qu'il avait entendu quelques secondes plus tôt. Il ne comprenait pas comment le bruit pouvait lui avoir semblé aussi loin. Il secoua la tête pour tenter d'éclaircir son audition et sa vision mais échoua lamentablement. Il allait vomir. Une nouvelle fois, il voulut prévenir Dean mais le jeune homme n'était plus à côté de lui. Castiel fronça les sourcils. La portière était fermée. Son ami ne pouvait pas l'avoir abandonné ici. Il avait la respiration saccadée et ses poumons protestaient très clairement dans sa poitrine contre le manque d'oxygène. Castiel se pencha aussitôt en avant et vomit entre ses jambes. Il n'avait rien dans l'estomac et seul de la bile s'échappa de sa bouche lui brûlant l'oesophage au passage. Quand il redressa la tête, le paysage bougeait devant lui. La voiture roulait. Castiel se tourna du côté conducteur. Dean était installé derrière le volant et conduisait, le regard braqué sur la sortie devant eux. Il parlait mais Castiel ne l'entendait toujours pas.
La casse possédait un immense portail fermé par un cadenas. Dean s'en approchait à présent à grande vitesse. Il accéléra un peu plus encore quand ils furent à quelques mètres de la sortie. La voiture heurta alors le portail qui s'ouvrit aussitôt sous le choc. Le pare brise de la voiture se fendit sur toute la longueur. Castiel supposait que le choc avait du être violant et bruyant. Mais il n'avait rien entendu. Il tira sur le col de son tee shirt pour tenter d'examiner sa blessure à l'épaule. Le sang avait collé le tissu à sa peau et une violente douleur le dissuada de continuer. Il se souvenait parfaitement d'avoir vu des dizaines de personnages de séries ou de films se prendre des balles à la télévision. Ils ne semblaient jamais réellement souffrir. Ils continuaient de courir et de se défendre malgré le sang qui coulait. La réalité était bien différente. Castiel avait la sensation que son bras étaient entièrement paralysé. Il souffrait le martyre et tout son corps paraissait sur le point de se mettre en veille. Il avait toujours la nausée et il se pencha à nouveau. Il ne vomit pas mais toussa quelques secondes. Sa tête tournait de plus en plus et son champ de vision se réduisait au fil des secondes. A côté de lui, Dean continuait de parler. Castiel avait envie de lui dire qu'il ne l'entendait pas mais il était toujours incapable de parler. Il tourna la tête sur le côté et regarda le paysage défiler sous ses yeux. Tout était trouble. Ses oreilles sifflaient à présent. Il ne pouvait plus sentir les vibrations du moteur dans ses jambes. Son cœur semblait battre dans son épaule. Il n'avait aucune idée de la direction qu'ils prenaient. Il avait la sensation que le temps s'était arrêté. Il était probablement en train de mourir. Il ferma les yeux malgré lui. Il repensa alors à ce que Dean avait fait pour les sortir de cet enfer. Il avait tué un homme de sang froid. Tué un homme qu'il aurait pu assommer à la place. Il n'avait pas hésité une seconde. Castiel se demandait s'il avait déjà tiré sur quelqu'un d'autre. L'idée le terrifiait. Il voulut rouvrir les yeux pour échapper aux images que son cerveau faisait défiler derrière ses paupières mais elles étaient trop lourdes et il manquait de force. Il tenta de soulever sa main valide pour s'essuyer le visage mais n'y parvint pas non plus. Il pouvait sentir la sueur couler sur son front. Il lui sembla entendre un bruit vague mais il n'y prêta pas vraiment attention. Il avait trop mal à l'épaule pour pouvoir se concentrer sur quoi que ce soit. Il ne savait même plus s'ils roulaient toujours ou s'ils étaient arrêtés à présent. Il ne sentait plus rien d'autre que la douleur. Il voulait perdre connaissance pour y échapper. Il n'avait pas la force de la supporter plus longtemps. Il adressa une dernière pensée à Gabriel qu'il ne reverrait probablement jamais puis pria pour que Dean parvienne tout de même à s'en sortir sans lui. Il s'abandonna ensuite aux ténèbres qui le guettaient et laissa le néant emmener avec lui sa douleur et sa peur. Il était persuadé en sombrant qu'il ne reverrait plus jamais la lueur du jour. Et pendant une courte seconde, il ne put s'empêcher de s'en sentir soulagé.
