Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 21

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

Je relevai la tête en entendant un bruit étrange et lançai un regard réprobateur à Bairim qui se mordit les lèvres et descendit immédiatement de la table basse sur laquelle il était monté.

— Je finis ça et ensuite, on fera ce que tu veux, ou presque, lui dis-je avant de me replonger dans mes papiers.

Je n'étais plus de réserve depuis deux semaines maintenant et nous avions terminé de remplir tous les dossiers de juillet à la dernière minute, ce qui m'avait quelque peu agacé. Charlie avait pourtant été efficace et je l'avais aidé mais cela n'avait pas suffit. J'avais donc décidé de m'y prendre autrement et de commencer par remplir tous les dossiers des gardiens que j'envoyai immédiatement auprès de leurs Ministères. Ces derniers devaient ensuite me renvoyer le dossier signé et remplis de leur côté que je devrais faire signer à Geoffroy avant de le leur renvoyer. En m'y prenant dès le début du mois, j'avais bon espoir d'être débarrassé de cela pour mi-septembre. Je terminai le dernier dossier et les mis sur la pile des choses à envoyer. J'attrapai ensuite le parchemin contenant l'inventaire que j'avais fait la veille et remplis le formulaire de demande de subventions pour tout ce qui était relié aux Dragons et m'occupai du dossier qui devait l'accompagner, l'ajoutant à la précédente pile.

Bien, il ne me resterait donc que les diverses autres requêtes, ce qui représentait une cinquantaine de dossiers en tout genre mais si je faisais ça sérieusement et de manière organisée, je pourrais probablement avoir terminé pour avant le mariage. Je rangeai rapidement le bureau puis rejoignis Bairim et lui demandai :

— Papa ne va probablement plus tarder, voudrais-tu que nous fassions quelque chose de particulier en attendant qu'il rentre ?

Charlie était parti plusieurs heures plus tôt pour s'occuper de tout ce qui avait attrait au mariage et à son organisation. Nous avions établit une liste précise de ce qu'il devait prendre et j'espérais qu'il s'en sortait.

— Volé avec dagon... dragons !

— On a déjà parlé de ça et c'est non. Tu montras sur un balai avec papa ou moi quand tu auras cinq ans.

Je lui montrai cinq de mes doigts puis lui expliquai que pour l'instant, il avait un an. Bon d'accord, presque deux, mais je n'avais pas envie de perdre du temps à essayer de lui faire comprendre cela.

— Et pour les Dragons, ce sera quand tu seras encore plus grand. Probablement dix ans. Maintenant que nous sommes d'accord sur ce point, y a-t-il autre chose qui te ferait plaisir ?

— Cache-cache.

Ah. Charlie m'avait expliqué succinctement le principe du jeu, enfin il m'avait surtout raconté comment il utilisait cela pour occuper Bairim. Toujours est-il que cela ne semblait pas particulièrement compliqué. L'un des deux devait se cacher et l'autre le chercher, je devais juste trouver un endroit qui serait adapté. Il n'allait pas aller se cacher n'importe où dans le bâtiment et je n'allais pas trop m'éloigner de lui. Je le pris dans mes bras et nous dirigeai vers la bibliothèque. Je vérifiai que personne n'était dans la pièce et essayai de dissimuler le sourire qui voulait étirer mes lèvres en repensant à la dernière fois que Charlie et moi nous étions retrouvés seuls dans cette pièce. J'aimais quand il prenait les devants, indéniablement, mais l'avoir à ma merci était quelque chose que j'appréciais indubitablement. Je l'imaginai un instant attaché et secouai la tête en me reconcentrant sur Bairim. Je sortis ma baguette et fermai les ouvertures afin d'être certain qu'il ne se sauve pas puis lui demandai :

— Qui se cache en premier ?

— Moi, sourit-il tout en allant se cacher en courant.

Je ris et attendis quelques secondes avant de partir à sa recherche. Je remarquai rapidement qu'il était sous l'une des tables mais fis comme si je ne le trouvais pas pendant plusieurs minutes.

OoOoOoOoO

Je venais d'aller coucher Bairim qui avait voulu que Charlie lui donne son bain et que je lui lise une histoire. Le baby phone en main et ce qui correspondait au règlement interne des réserves dans l'autre, je rejoignis le salon où je savais trouver Charlie.

En entrant, je le vis en train de discuter avec Carlos, Hulrick et Johanna. C'était rare qu'aucun des trois ne soit de garde mais je supposais qu'Isaac, Moliva et Abigail les avaient remplacés pour la nuit puisque j'avais croisé Geoffroy qui allait dans son bureau. Je m'installai sur le canapé à côté de Charlie qui avait la paille d'une énième brique de chocolat au lait entre les lèvres. Il avait trouvé cela après ses achats pour le mariage du côté moldu et en avait déjà bu au moins deux, sans compter celui-ci. Je compris rapidement qu'ils discutaient des Dragons et de leur comportement de nouveau à peu près normal et repris ma lecture.

La réserve de Sibérie se montrait toujours aussi insistante et j'avais décidé de leur renvoyer des extraits du règlement, afin qu'ils nous laissent finalement tranquilles. Sauf que pour cela, je devais relire le règlement, ce qui n'était pas si ennuyant que cela finalement.

— T'fais quoi ? grommela Charlie en gardant sa paille en bouche.

— Je lis, répondis-je en lui montrant ce que j'avais en main.

Je lui jetai un regard et me retins de lever les yeux au ciel face à un tel comportement tout autant que de sourire en avisant son air enfantin. Il hocha la tête et je repris ma lecture. Au bout de quelques minutes, Charlie fit un bruit très agaçant avec sa paille en aspirant et je grinçai des dents mais ne dis rien, il n'avait probablement pas fait attention. Je me remis donc à lire tranquillement mais claquai ma langue contre mon palais tout en lui jetant un regard en biais quand il recommença.

— Quoi ? marmonna-t-il.

Je secouai imperceptiblement la tête et me repenchai sur le règlement, seulement pour relever la tête quelques secondes plus tard et lui lancer un regard sombre. Il avait plus de trente ans par Merlin, pas trois, et ce bruit qu'il faisait était des plus agaçants.

— Quoi ?! Je bois, j'ai pas le droit ?

— Si tu as le droit, en silence !

— Pas ma faute si mon chocolat reste coincé au fond.

— Jette-le, ce ne sont que trois malheureuses gouttes.

Il me lança un regard noir et se leva, râlant que ce n'était pas bien de gaspiller, même trois malheureuse gouttes. Je retins un soupir mais repris ma lecture tandis que les trois autres gardiens s'échangeaient des regards amusés. Le calme dura quelques secondes à peine avant que Charlie ne recommence à faire ce bruit agaçant, insistant durant un temps qui me parut durer une éternité. Je posai le règlement et me levai pour gagner la salle à manger et lui prendre la brique des mains avant qu'il ne puisse réagir.

— Hey, rends-le-moi !

— Non ! Non seulement c'est malpoli et plutôt mal-élevé, mais en plus c'est proprement agaçant !

— Que tu dis ! Les autres ne se plaignent pas eux. Mais non, Monsieur Lucius Malfoy est agacé donc je dois arrêter de boire.

Je pris ma baguette et lançai un sort de découpe sur la brique afin d'en enlever le haut. Je pris ensuite le morceau de carton et la paille et posai le reste de chocolat sur la table à côté de lui.

— Je ne t'ai pas demandé d'arrêter de boire, dis-je ensuite, seulement de le faire en silence.

Je partis en cuisine afin de jeter ce que j'avais en main à la poubelle. Nous avions déjà un enfant en bas âge, je n'en avais pas besoin d'un second. Surtout que vivre ici, avec Bairim qui plus est, faisait que le silence et le calme se faisaient extrêmement rares, chose que j'appréciais pourtant particulièrement. Je retournai ensuite au salon reprendre ma lecture. Je trouvai bientôt un passage sur les échanges de Dragons et la réglementation à ce niveau et pris un parchemin ainsi que ma baguette afin de faire une copie du passage en question. Charlie revint et s'installa près de moi avant de murmurer :

— Désolé. C'est toi qui a raison.

Je finis ce que je faisais puis posai la main sur sa cuisse et répondis sur le même ton :

— Je n'aurais pas dû m'énerver de cette façon, mais j'apprécierais un peu de calme, parfois.

— Pourquoi tu ne vas pas dans la bibliothèque ou notre chambre dans ce cas ?

— Tu as probablement raison, je vais vous laisser.

— Je ne dis pas ça pour t'éloigner hein.

Je haussai les épaules et rassemblai les papiers puis l'embrassai sur le front et partis pour rejoindre la bibliothèque. Je devais avouer qu'il marquait un point après tout. Pourquoi ne l'avais-je pas laissé tranquille et n'étais-je pas juste parti ? Je voulais du calme, c'était vrai, mais je ne voulais pas de silence total et complet. Et puis, je voulais être près de Charlie, surtout que nous ne nous étions pas vu de la journée.

Je m'installai à l'une des tables et repris mes recherches mais cessai en réalisant que mes pensées se dirigeaient d'elles-mêmes vers Draco. Plus d'un mois était passé depuis que nous avions discuté après lui avoir annoncé notre mariage et je savais de moins en moins comment agir avec lui. Rien dans son comportement n'avait changé et je faisais tout pour que le mien ne change pas non plus mais je ne cessais de chercher comment faire pour me rattraper auprès de lui. Et je ne savais plus vraiment si je devais continuer d'agir normalement avec Bairim ou essayer d'être un peu moins proche de lui quand Draco était là afin de ne pas blesser ce dernier.

Je savais que je me prenais probablement la tête pour pas grand chose mais je refusais que Draco finisse par en vouloir à son petit frère parce qu'il avait eu quelque chose que lui n'aurait jamais. Draco était probablement un peu en colère contre moi, et le pire, c'était qu'il en avait parfaitement le droit. Après tout, il m'avait pardonné sans rien demander et je n'avais rien fais pour m'excuser. J'avais pensé lui offrir quelque chose mais je doutais qu'il le prenne bien, surtout qu'acheter son pardon me semblait mal venu. Je voyais mal comment je pourrais rattraper mon ancien comportement puisque ce n'était pas comme si je pouvais revenir en arrière et tout recommencer. Et même si je pouvais remonter le temps, je n'étais même pas certain de faire les choses autrement.

Je refermai le règlement et soupirai. J'avais voulu faire les choses bien avec Bairim mais en effet, ce n'était pas très juste envers Draco. Sauf que je ne pouvais pas juste rejeter Bairim afin qu'ils soient sur le même plan. N'est-ce pas ?

OoOoOoOoO

Charlie et Harry étaient en train de parler de Merlin savait quoi, ou peut-être même étais-je inclus dans la conversation mais je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à Draco, et Bairim également. Ils étaient arrivés le matin même et avaient passés la matinée avec Bairim pendant que Charlie et moi travaillions, moi au bureau et lui en réserve. Nous avions ensuite mangés et étions passés dans le salon une petite heure plus tôt.

J'avais décidé que je ne pouvais ni n'allais rejeter Bairim, sauf que je ne trouvais toujours pas comment me racheter aux yeux de Draco. Je devrais déjà probablement commencer par demander à Harry et lui d'arrêter de me payer pour les gâteaux que je faisais. Je ne me souvenais même plus pourquoi j'avais accepté. Je me souvenais bien que Draco avait insisté un peu mais cela ne m'empêchait habituellement pas de me faire entendre. Je devrais peut-être aussi me rapprocher d'Harry, afin de lui montrer que j'étais vraiment d'accord avec ses choix et décisions, ou quelque chose comme ça. Et puis, un ou deux cadeaux ne feraient sûrement pas de mal non plus, même si je n'avais strictement aucune idée de ce que je pourrais offrir à Draco.

Peut-être économiser pour leur payer un voyage quelque part, ou une maison pour peu qu'ils en veuillent une. Ou un chien. Je me souvenais vaguement de Draco nous demandant, à Narcissa et moi, s'il pouvait avoir un chien. Il avait aussi voulu une licorne à une période mais un chien serait sûrement plus raisonnable. Je croisai le regard suspicieux de Draco et me détournai immédiatement pour poser les yeux sur Harry et lui demandai :

— Tu es allergique aux poils de chien ?

— Heu non, en tous cas, je n'ai jamais eu de réaction avec mon parrain.

— Ah, bien.

Un chien était donc parfaitement envisageable. Ne restait plus qu'à trouver la race et le format. Et aussi peut-être vérifier qu'ils en voulaient un. Après, c'était peut-être trop de travail pour des gens aussi occupés qu'eux. Ils avaient déjà un hibou si je me souvenais bien... peut-être un poisson. Beaucoup de moldus en avaient et c'était peu de travail.

— Pourquoi cette question ? demanda Harry le sourire aux lèvres.

— Par curiosité. Votre appartement est assez grand ou vous envisagez d'acheter une maison ?

— Draco voudrait une maison, mais je trouve que ce serait bien trop grand juste à deux. Du coup, ben... on reste dans l'appartement. Et la situation lui plaît, avec le temps.

— Oui d'accord mais ça veut dire oui, ou non ? Une maison lui ferait plaisir ?

— Je ne sais pas, rit-il. Demandez-lui.

— Quoi ? soufflai-je, pas amusé pour ma part. Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

— Je ne sais pas, mais... tu sembles bizarre depuis quelques temps et ta tête est juste amusante. Pardon.

— Ce n'est pas grave.

Une maison donc. Après tout pourquoi pas. Une pas trop grande pour qu'ils ne se sentent pas trop seuls mais une assez grande pour qu'ils aient de la place et puissent accueillir qui ils voulaient. Mais cela allait me revenir très cher et je n'avais pas encore assez d'argent pour faire ça, loin de là. Je devrais probablement commencer moins grand.

— Il veut toujours un chien ? demandai-je ensuite à Harry en observant Draco.

Nous avions dû lui refuser, notamment à cause des paons qui se promenaient dans le jardin mais maintenant, ce serait peut-être le bon moment. Si je me souvenais bien, il n'aimait pas les chats de toute façon, et un rat serait probablement un mauvais souvenir pour Harry. A moins que je ne me rabatte sur quelque chose qu'il avait au manoir mais que le Ministère lui avait retiré après la grande bataille... à cause de moi qui plus est. Néanmoins, je devais avouer ne pas vraiment savoir ce qu'il pouvait avoir au Manoir ou ce à quoi il pouvait tenir...

— Un chien ? Il veut un chien ?

Il blanchit et souffla :

— Il ne m'en a jamais parlé. Quelle sorte de race exactement ? Depuis quand ?

— La dernière fois qu'il a évoqué l'idée, il devait avoir huit ans. C'est pourquoi je te pose la question.

Il soupira de soulagement et répondit :

— En tous cas, il ne m'en a jamais parlé. A part ses plantes qui envahissent notre salon et notre salle à manger, il ne montre aucun autre intérêt. Je lui en parlerais si tu veux.

— Des plantes ? Quel genre de plantes ?

S'il n'avait pas parlé de chien, c'était probablement qu'il n'en voulait pas, mais s'il aimait les plantes, je pouvais lui en offrir.

— Des plantes carnivores. C'est très utile pour ne plus avoir d'insecte à la maison.

— Les plantes sont plus abordables, marmonnai-je dans ma barbe en fixant Draco et Bairim qui s'amusaient ensemble, en attendant que j'aie assez pour la maison...

Harry me regarda étrangement et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Bairim vint se coller à ses jambes.

— Tu joues avec moi ?

— Je pense qu'il ne veut plus de moi, plaisanta Draco en allant s'asseoir.

— Ne dis pas n'importe quoi, répliquai-je doucement. Il t'adore.

— Je sais, et moi aussi. Je dois avouer qu'une petite pause n'est pas de refus. As-tu quelque chose à boire de frais ?

— Bien sûr, que veux-tu ? lui demandai-je en me levant.

— Je ne sais pas, qu'est-ce que vous avez ?

— Du jus de citrouille et du jus d'orange ainsi que des briques de chocolat au lait.

— Hum... une brique de chocolat au lait. Depuis quand vous en avez ?

— Quelques jours. Quelqu'un d'autre veut quelque chose ?

— Une verre d'eau, fit Harry de derrière la table.

— Un chocolat, ajouta Charlie.

— Bairim, tu veux quelque chose ?

Il me demanda un chocolat à son tour et je partis en cuisine pour récupérer les différentes boissons. Je revins dans la salle à manger et les distribuai puis dis à Draco :

— Vous devriez arrêter de me payer, pour les gâteaux.

— Pourquoi ça ?

— Parce que tu es mon fils et je n'arrive déjà pas bien à me souvenir pourquoi j'avais accepté de premier abord.

— Parce que tu nous reviens moins chers que si nous allons chez une pâtisserie et puis, ça te fais quelques sous pour subvenir à tes besoins. Pourquoi reparler de ça ?

— Oui c'est vrai mais tu es mon fils et ce serait mieux si vous ne me payez pas. Je continuerais de les faire et comme ça, vous économiserez un peu plus ou vous vous ferez plaisir.

Il rit et but un peu avant de dire :

— Papa, on gagne assez d'argent pour que parfois on ne sache plus quoi en faire. Et je n'accepterais pas que tu nous fournisses les gâteaux sans être payé alors que tu travailles et dois t'occuper de Bairim en même temps. Souhaites-tu arrêter ?

— Non, je ne souhaite pas arrêter de vous aider sur ce plan, seulement ne plus vous extorquer de l'argent.

— Tu ne nous extorques rien, je te rassure. Et sinon, pour le mariage, les préparatifs avancent ?

— Écoute Draco, je t'informais juste du fait que je ne prendrais plus ton argent, ce n'est pas à toi de m'entretenir. Et oui, on est dans les temps, étonnamment, ajoutai-je en lançant un léger sourire à Charlie.

— Qu'ai-je fait pour mériter ça ? demanda ce dernier.

— Je continuerai de te payer, quitte à faire virer l'argent sur votre compte à Gringotts, fit Draco en même temps.

— Pour ce que je prends d'argent sur ce compte, répliquai-je. C'est Charlie que tu paieras mais si ça te fait plaisir...

— Pourquoi tu fais ça ? demanda-t-il suspicieux. Pourquoi maintenant ?

— J'y ai repensé, c'est tout.

— Alors cesse d'y penser, rit-il.

— Non, je ne veux pas de ton argent.

— Papa !

— Tu voudrais un chien ? demandai-je pour changer de sujet.

Je savais que j'agissais vraiment bizarrement mais je voulais régler ça et que Draco me pardonne. Comme ça, je pourrais enfin être totalement heureux, ou au moins essayer de l'être.

— Bon, fit-il en se levant.

Il quitta la pièce et cria ensuite :

— Papa, tu peux venir deux secondes ?

Je soupirai et le rejoignis en cuisine tout en évitant les regards suspicieux d'Harry et Charlie. Je le trouvai appuyé contre le plan de travail, un air tout sauf ravi plaqué sur le visage.

— Je... peux t'aider avec quelque chose ? hésitai-je.

— Oui, j'aimerais savoir ce qu'il te prend au juste.

— Rien du tout. Je voudrais juste... te faire plaisir.

— En m'obligeant à te faire travailler gratuitement ? demanda-t-il surpris et moqueur.

— En économisant de l'argent pour t'acheter ou faire ce que tu veux. Et puis même, je fais des gâteaux à Bairim deux fois par semaine et ne le fais pas payer. Je ne vois pas pourquoi toi tu devrais.

— Oh c'est donc ça ! souffla-t-il attristé. Ça n'a rien à voir. Je mange très peu les gâteaux que tu nous fais, c'est pour les clients.

— Je... qu'ai-je encore dit pour te blesser ?

— Tu... tu ne dois pas agir comme ça, sous prétexte que je t'ai dit ça l'autre jour. Ça ne rime à rien. C'est de toi qu'il était question, de ce que tu fais avec lui, pas de ce que tu lui fais. Tu comprends la nuance ?

— Oui, mais je ne peux pas vraiment te donner à manger ou changer tes couches ou jouer à cache-cache avec toi.

— En effet. Mais si ça te travail tant, on pourrait faire des choses ensemble, de temps en temps.

— Je ne veux pas que tu essaies de me rendre heureux ou de me satisfaire Draco. Mon but était plutôt de te faire plaisir à toi.

— Et ce sera le cas, souffla-t-il. Enfin tout dépend de ce que l'on fera, rit-il.

— As-tu une idée en tête ? Sachant que je ne peux pas sortir d'ici...

— Que fais-tu au camp, à part la réserve ?

— Et bien... je remplis des papiers, je fais un peu de ménage aussi, ajoutai-je avec une grimace. Et des gâteaux.

— Alors, on pourrait en faire ensemble. Et puis, vu que je cuisine très peu, ayant la fâcheuse tendance de tout brûler, cela fera aussi plaisir à Harry.

— Tu... voudrais vraiment ? Et ça t'aiderait à... enfin, tu m'en voudrais moins ?

— Oui, mais papa... je ne t'en veux pas vraiment. C'est juste parfois, quand je te vois aussi proche de lui. La seule chose de positive dont je me souvienne étant petit, c'était quand je venais te déranger dans ton bureau ou ailleurs, fier de courir, parce que tu ne me mettais pas à la porte.

— Je sais, soupirai-je. J'ai essayé d'être différent de mon père mais je n'ai pas très bien réussi, j'en suis conscient. Je ne voulais pas être comme lui avec toi mais je ne pouvais pas non plus... j'étais trop lâche pour lui tenir tête, même à trente ans. Et ensuite, j'ai pensé que la façon dont il m'avait élevé n'était pas si mal puisque je pouvais me protéger du monde extérieur et assurer ton avenir. Enfin, jusqu'à ce que tout parte de travers et que je perde tout contrôle.

Voldemort était revenu en partie d'abord, puis totalement et il avait recouvert sa puissance. Puis Draco avait écopé de la marque et le Lord était venu habiter au Manoir. Dans cet ordre ou non, je ne m'en souvenais même plus vraiment.

— Je suis vraiment désolé Draco. J'aurais aimé que les choses puissent avoir été différentes...

— Si cela avait été le cas, tu ne serais pas vivant pour en parler. Il t'aurait tué, et mère aussi, peut-être même moi. Les choses sont comme elles sont.

— Je sais, fis-je en m'approchant pour le prendre dans mes bras. Mais ça ne m'empêche pas d'être désolé, même si ça ne change rien pour toi.

— Et le fait que tu sois désolé me fait plaisir. Je sais que tu tiens à moi aujourd'hui et tu le montres.

Il me rendit mon étreinte. J'embrassai sa tempe puis le relâchai.

— Tu veux qu'on fasse quelque chose maintenant ?

— Comme tu veux...

— Non c'est... écoute, si tu veux qu'on commence quelque chose, j'en serais ravi, mais si tu préfères qu'on ne débute que la semaine prochaine, alors c'est bon pour moi aussi.

— Tu as quoi exactement... enfin, que pourrait-on faire maintenant ?

— J'ai un stock de chocolat et de poudre de noisette, Bairim oblige, mais nous avons aussi des fruits de saison et de la vanille.

Il se lécha les lèvres et souffla ensuite :

— Bairim a de très bons gouts.

Je souris et sortis divers ingrédients pour que nous puissions commencer la préparation.

— Ça m'intrigue quand même, lui dis-je après quelques minutes. Tu voudrais un chien ou pas ?

— Un chien ? Pourquoi voudrais-je un chien ?

— T'en voulais un, il y a quelques années.

Il rit et dit :

— J'ai aussi voulu une licorne et un phénix. Crois-tu que je devrais m'en procurer ?

— Je ne t'ai pas demandé si tu devais en avoir, mais si tu le voulais.

— Non, enfin je ne crois pas. Pourquoi cette question ?

— Simple curiosité.

Il me lança un regard suspicieux mais se remit rapidement à la préparation de son gâteau. Et ce ne fut que mon intervention rapide quelques secondes plus tard qui l'empêcha de verser près de 100 grammes de sel dans sa pâte au chocolat.

POV Charlie

Je ne cessai de fixer les lignes incompréhensible et ce depuis une semaine. J'avais été chercher la bague et j'en avais profité pour faire un saut à la banque afin de savoir si je pouvais oui ou non dupliquer les livres présents dans le coffre. J'avais été plus qu'heureux quand le Gobelin m'avait autorisé à avoir recours à ce sortilège, mais je n'étais pas plus avancé, vu que tout cela était un vrai charabia.

Je soupirai en regardant l'heure, sachant que ma famille arriverait par portoloin dans trois heures.

Et j'hésitai toujours à offrir la bague à Lucius avant, après leur arrivée, ou pendant le repas du soir. J'avais aussi peur que cette dernière ne lui plaise pas, ou qu'elle ne lui aille pas. Elle était censée s'adapter magiquement, mais parfois, ce genre d'enchantement ne fonctionnait pas. Je savais que je stressais pour rien, sans aucune raison, mais c'était plus fort que moi et j'en voulais un peu à Lucius de m'avoir autant transformé au fil des années. Cependant, je me disais aussi que Lucius préférerait certainement que tout cela se fasse dans l'intimité, même si une petite partie de lui aurait peut-être aimée partager ça avec Draco. Mais pas forcément avec tous les Weasley, pensai-je.

Je fermai les livres et retournai les ranger dans la chambre, et plus exactement dans le premier tiroir de ma commode. Je fouillai également le deuxième et touchai le petit boîtier noir qui contenait la bague de Lucius. J'hésitai encore quelques secondes et le pris, le mettant dans ma poche, tout à coup heureux d'avoir mis un jeans. De toute manière, demain, j'allais passer toute la soirée avec costume et une robe de sorcier par dessus, tenue beaucoup trop sérieuse, j'avais donc eu besoin d'être plus à l'aise. Je souris, en pensant au lendemain, et à ce qui allait arriver.

J'allais me marier.

J'entendis soudain pleurer et me rendis dans la chambre de Bairim. Il était assis et pleurait vraiment beaucoup.

— Oh mon chéri, tu as fait un cauchemar.

Il secoua la tête et renifla, continuant malgré tout de pleurer. Il tendit les mains pour je le prenne dans mes bras, ce que je fis. Ce fut alors que je remarquai son front tout rouge. Je frottai délicatement et sentis une bosse se former.

— Tu t'es cogner Bairim ? demandai-je en embrassant ses joues humides de ses larmes.

Il hocha la tête tout en reniflant avant de se coller contre moi et de s'accrocher à mon cou.

— Je vais te faire un bisou magique, d'accord ? murmurai-je tout en sortant.

— Vi.

Je me reculai un peu et lui fis son bisou magique, ce qui fit cesser rapidement ses pleurs. Je me rendis ensuite en cuisine, me disant qu'un petit cacao pourrait le réconforter. Je tombai sur Carlos et lui demandai :

— Vous avez déjà fini votre garde ?

— Déjà ? rit-il. Mais oui, depuis cinq minutes.

Je souris et terminai rapidement pour ensuite rejoindre le salon. J'y trouvais Lucius et m'assis à ses côtés sur le canapé, face à la fenêtre.

— Toujours d'accord pour demain, le taquinai-je.

— Demain ? fit-il innocemment.

Il caressa la joue de Bairim puis souffla :

— Qu'est-ce qu'il se passe mon grand ?

— Il s'est certainement cogné dans son berceau, il a une bosse sur le front.

Il poussa les mèches de Bairim de devant son front puis se pencha sur lui pour embrasser la bosse avant de venir poser ses lèvres sur les miennes doucement.

— Alors, comment s'est passé la garde, futur Monsieur Weasley, ris-je.

Il fronça les sourcils et ouvrit la bouche mais la referma. Il fit ensuite une grimace puis se pinça les lèvres.

— Bien, fit-il après quelques secondes.

— Quelque chose ne va pas ?

— C'est... je... ça va.

Je haussai les épaules et posai la tête sur la sienne, fatigué de ma garde de nuit. Je fermai les yeux quelques secondes, mais ris, avant de les rouvrir.

— Bairim, tu ne peux pas mettre tes doigts dans le nez des autres. Ni dans le tien, d'ailleurs, ajoutai-je.

Il leva vers moi ses grands yeux innocents puis murmura :

— Socolat.

— Tu viens d'en avoir un, petit bonhomme. Veux-tu avoir de nouveau avoir mal au ventre comme la dernière fois ? demandai-je en caressant son ventre.

Ma réponse ne dut pas lui plaire car il quitta mes genoux pour ceux de Lucius.

— Fais-moi un câlin, exigea Lucius en le serrant contre lui.

Bairim ne se fit pas prier et l'embrassa même sur la joue, en faisant du bruit. Lucius le chatouilla avant d'inspecter son front.

— Lui as-tu mis de l'onguent ?

— Non, est-ce utile ?

— Peut-être. Ça risque de le lancer demain si on ne fait rien.

Je me levai et allai rapidement à l'infirmerie pour revenir avec de l'onguent. Je le tendis à Lucius qui le prit et en appliqua sur la bosse. Bairim sourit, avant de descendre au sol et de courir jusqu'à ses jeux. J'avais l'impression qu'il avait attendu d'être soigné pour passer à autre chose et j'avais envie de rire. Je regardai ensuite Lucius qui s'était calé contre le dossier du canapé, les yeux posés sur Bairim.

— Tu l'aimes, soufflai-je. Et tu m'aimes. Tout comme moi je vous aime.

— Tout va pour le mieux dans ce cas, répondit-il sur le même ton.

Je restai silencieux et regardai ensuite notre fils qui s'amusait comme un petit fou avec ses cubes de constructions. Je posai la main sur ma poche et me demandai si c'était le bon moment ou non.

— Et toi ? me demanda-t-il après quelques secondes. Toujours d'accord ?

— Oui, bien évidement.

Je plaçai ma main sur sa cuisse et la serrai un peu avant de sortir l'écrin de ma poche.

— Je sais que cela reste une formalité, mais j'ai pensé que cela te ferait plaisir.

Je lui présentai la boîte noire et souris, anxieux malgré tout.

— Un cadeau ? fit-il, visiblement ravi.

— Oui, soufflai-je amusé.

Il prit la l'écrin entre ses mains et l'ouvrit avant de fixer son contenu tout en se mordant la lèvre inférieure.

— Elle ne te plait pas ? m'inquiétai-je. Si c'est le cas, je peux l'échanger.

Enfin, je l'espérais. Il se tourna vers moi pour répliquer :

— Ne dis pas n'importe quoi.

Il me donna ensuite la bague et me tendit sa main puis dit :

— Mets-la-moi, s'il te plait.

Je me sentis fébrile, dans le sens où le lendemain, j'allai devoir faire pareille avec une alliance. Je souris, essayant de cacher la montée de stress et lui passai la bague au doigt. Elle lui allait parfaitement, mais lui plaisait-elle vraiment ? Il plaça son doigt sous mon menton puis remonta mon visage avant de se jeter sur mes lèvres. Je répondis avidement et gémis en sentant sa langue quémander l'entrée que je lui accordais. Je pus vaguement entendre Bairim rire et souris contre la bouche de Lucius.

Le baiser dura de longues minutes, et je peinai même à m'écarter de lui de quelques millimètres afin de rependre un peu d'air. Je caressai ensuite ses cheveux tout en posant mon front contre le sien.

— Dois-je en déduire que la bague te plaît ?

— Tu peux oui, sourit-il en posant sa bouche à la commissure de mes lèvres.

— J'en suis heureux. Je tenais vraiment à ce que tu aies la tienne. As-tu vu l'inscription ? soufflai-je.

Il haussa un sourcil et retira la bague avant de lire ce qui était inscrit à l'intérieur. Un sourire étira ses lèvres et il remit la bague avant de se jeter une nouvelle fois sur ma bouche.

— Je devrais t'offrir des bagues plus souvent, réussis-je à dire.

— Ah oui ?

— Oui, tu m'embrasses beaucoup mieux.

Il eut un air choqué et me pinça les flancs.

— Aille ! gémis-je en lui rendant la pareille.

Il attrapa mes mains et maintint mes poignets en une prise assez serrée puis me lança un regard de défi.

— Oh, donc tu as le droit de le faire, mais moi non ? répliquai-je amusé mais ne le montrant pas.

— Tout à fait.

— Je ne suis pas d'accord avec ça.

— D'accord, répondit-il sans cependant desserrer sa prise.

— Lucius ? sifflai-je tout en me léchant les lèvres.

J'avais envie qu'il repense à ce que nous avions fait dans la bibliothèque l'autre jour.

— Oui ? fit-il en fixant attentivement mes lèvres et ma langue qui les parcourait.

— Si tu ne me lâches pas, je ne réponds plus de rien et Bairim est dans la pièce.

— Tu n'oseras pas.

— Tu me connais si mal, répondis-je en fixant sa bouche.

— Des paroles, toujours des paroles, me taquina-t-il.

— Bairim, tu m'en veux si j'attaque Pada ?

Il se tourna vers moi et fronça les sourcils en nous regardant.

— Pas bobo, dit-il avec aplomb.

— Ça te dirait de l'attaquer avec moi, à l'aide de bisous et de chatouilles ?

Je n'avais pas envie qu'il pleure comme quand j'avais fait semblant de manger le nez de Lucius. Ce dernier claqua la langue contre son palais immédiatement et lui dit :

— Ou alors, tu m'aides attaquer Papa.

Les yeux de Bairim s'illuminèrent et je fis semblant de m'enfuir. Bairim courut vers moi et attrapa ma jambe, me stoppant afin de lui faire croire que cela avait suffit à m'arrêter. Je me laissai aussi tomber au sol alors qu'il commençait à me chatouiller.

OoOoOoOoO

Nous avions passés un bon moment avec Bairim qui grandissait de plus en plus. Mais j'avais ressenti ce malaise quand une fois de plus, il nous avait parlé des Dragons. Et dans ces cas là, j'avais envie d'être dans sa tête, mais je ne pouvais pas. C'était mon fils. Je regardai le ciel, sachant que ma famille allait arriver et Hulrick se plaça tout à coup devant moi, l'air contrarié :

— Tu pourrais peut-être nous aider non ?

— Oui, désolé.

Je retournai au travail, c'est-à-dire installer la tente pour la réception, ainsi que l'agencement du mobilier, mais aussi la tente pour ma famille. J'entendis Bairim rire et crier et me retournai. Il gambadait un grand sourire aux lèvres et je remarquai directement la direction qu'il prenait. Les portes de la réserve. Je regardai alors avec attention et vis... Storme à une vingtaine de mètres.

— Bairim ? appelai-je afin qu'il vienne vers moi.

Il me regarda et m'adressa un grand sourire avant de continuer son chemin jusqu'à Storme.

— Lucius ?

J'avais besoin de savoir si on laissait Bairim s'approcher de la barrière ou non. Il sortit de la tente et me sourit, venant m'embrasser certainement en pensant que je l'avais appelé pour ça.

— Regarde un peu le petit, murmurai-je tout en mordillant rapidement sa mâchoire.

— Bairim ! l'interpela-t-il à son tour. Viens ici s'il te plait.

Ce dernier fit la même chose qu'avec moi et je pensai le laisser se rapprocher de la barrière afin qu'il puisse voir Storme de plus près, mais Lucius en décida autrement en courant après le petit fuyard et l'attrapa, l'embrassant ensuite tout en le ramenant vers moi.

— Alors ? On ne m'écoute plus, le grondai-je gentiment. Qu'est-ce qu'on dit à Pada et Papa ?

— Mais veux voir Stome !

— Et nous avions, si je me souviens bien, décidés que tu n'irais pas près des Dragons sans nous, le gronda gentiment Lucius.

— Alors viens, fit Bairim en essayant de descendre des bras de Lucius.

— Nous n'avons pas trop le temps aujourd'hui mon chéri,... hésita son père en me lançant un regard.

— Promis, on essayera de te permettre de voir Storme dans plusieurs jours, ajoutai-je.

— Pas mainant ?

— Non, pas Maintenant, articulai-je exagérément.

Il soupira et eut une moue contrariée tout en se tordant dans les bras de Lucius pour pouvoir regarder Storme.

— Fais lui signe, il te voit, ris-je.

J'entendis soudain du bruit derrière et me retournai.

— Salut, fis-je en allant vers eux.

Ron posa Rose qui sourit en voyant les tentes.

— Hello toi, dis-je amusé. Viens voir tonton !

Elle me regarda étrangement et courut dans les jambes d'Hermione. Je ris et allai embrasser ma famille.

— Tout va bien ? demandai-je par habitude.

Il y eut une hésitation d'à peine une ou deux secondes avant que papa ne réponde :

— Oui oui. Et vous, tout est prêt pour le mariage ?

— Presque, on va dire. Votre tente est montée, installez-vous pendant qu'on finit.

Je souris et rejoignis ensuite les autres pour constater qu'ils avaient fini de disposer les meubles.

— Parfait, soufflai-je. Bon ben, on a plus qu'à attendre demain pour installer les fleurs et autres, puis y aura plus qu'à dire « oui, que la Magie nous lies à jamais ».

— Vu toute l'organisation que sa demande, râla gentiment Hulrick, je vous préviens que si l'un de vous deux essaie de quitter l'autre devant l'autel, je l'y ramène illico.

— Si quelqu'un doit fuir, ça ne sera pas moi, affirmai-je en allant prendre Lucius et Bairim dans mes bras.

J'embrassai ce dernier qui était accroché au cou de Lucius, concentré à lui faire je ne savais quoi dans ses cheveux.

— Je n'ai pas prévu de m'enfuir non plus, répondit le blond, pas après tout ce que j'ai dû faire pour en arriver là.

Je l'embrassai et souris ensuite tout en décoiffant Bairim.

OoOoOoOoO

Nous mangions tous ensemble dans la tente occupés par ma famille mais je pouvais voir qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, sans mettre le doigt dessus. J'en profitai donc pour lancer le sujet avant que le dessert ne soit servit :

— Il se passe quoi au juste ?

— De quoi tu parles ? me demanda Ron.

— J'sais pas, y a un truc qui est bizarre.

En le disant, je me rendis compte qu'en fait c'était l'absence de blague débile de la part des jumeaux.

— Oh, vous avez enfin muris ? demandai-je en riant.

George me lança un regard faussement vexé tandis que Fred m'adressa un regard sombre.

— Genre, y a quoi exactement là ? Parce que rien à foutre que demain je me marie, si quelque chose ne va pas, j'aimerais ne pas être mis de côtés.

— Tu n'es pas mis de côté, me rassura immédiatement maman avec un petit sourire.

— Ouais, ben c'est pas l'impression que ça donne.

— Sinon Molly, commença Harry surement pour changer de sujet, il paraît que vous avez vue Teddy l'autre jour, il me l'a dit dans sa dernière lettre.

— Oh oui, nous l'avons vu il y a un peu plus d'une semaine. Nous les avons croisés, lui et Andromeda, dans une rue marchande du Londres moldu.

Harry sourit et acquiesça avant de boire une gorgée de son vin. Le repas continua et je ne cessai de jeter des coups d'œil à maman, puis aux jumeaux, avant de me souvenir. Elle m'avait dit leur en avoir parlé... Était-ce ça qui n'allait pas ? Je me promis d'en parler aux jumeaux à la fin du repas et fis comme si de rien n'était, papotant avec Hermione sur les livres que j'avais trouvé dans le coffre de Bairim.

Une petite heure plus tard, après avoir mangé le dessert et bu un thé ou un chocolat pour ma part, Lucius murmura à mon oreille, tout en caressant la tête de Bairim posée sur son épaule :

— Je vais aller le coucher.

— Okay. Je vous rejoins rapidement.

J'embrassai le front de Bairim qui ne broncha même pas et posai ensuite mes lèvres sur celles de Lucius et soufflai, d'une voix basse et amusée :

— A moins que tu préfères que nous fassions chambre à part pour cette nuit.

— Et bien... ce serait probablement mieux en effet.

Je fronçai les sourcils, ayant avant tout voulu le taquiner.

— Oh, très bien. Je dormirais dans la chambre du haut.

Je l'embrassai un peu plus longuement, sachant d'avance qu'il allait me manquer et dis :

— Ce n'est que pour une nuit, après tout.

— Oh ?! Je plaisantais, mais si tu préfères, alors d'accord.

Il m'embrassa profondément puis lécha et mordilla ma lèvre inférieure avant de reculer.

— C'est moi qui plaisantais, fis-je. Donc... on dort ensemble ?

Un sourire moqueur étira ses lèvres et il ajouta :

— Vraiment mignon que tu ne puisses plus te passer de moi à ce point...

Je grognai mais souris alors qu'il se levait et quittait ensuite la tente, non sans saluer tout le monde et allant serrer Draco dans ses bras. J'étais content que leur relation aille mieux, depuis quelques jours, et cuisiner ensemble les avaient rapprochés. Du coup, en voyant ça, j'avais hâte que Bairim puisse voler ou m'accompagner sur un balai. Et encore plus de lui faire découvrir les Dragons, même si... je commençai à croire que c'était lui qui allait m'apprendre des choses sur eux.

— Dites les gars, soufflai-je après plusieurs minutes, j'aurais besoin de vous quelques minutes.

Je m'étais adressé aux jumeaux, toujours en train de boire leur thé. Ils échangèrent un regard et Fred me demanda :

— Pour quoi faire ?

— Par rapport à demain, mentis-je. Vous avez cinq minutes.

Seulement, je n'avais pas prévu que Ron me demande :

— Pourquoi c'est des jumeaux que t'as besoin ?

— Es-tu jaloux ? m'exclamai-je en riant.

— Ça n'a rien à voir. Qu'est-ce que tu prépares ?

— Tut tut, fis-je en regardant les jumeaux. Alors ?

Ron pesta mais n'insista pas plus et notre discussion devait avoir attisé la curiosité des jumeaux parce qu'ils se levèrent et me pressèrent même de les suivre. Ce que je fis. Une fois dehors, à l'abri des oreilles indiscrètes, Fred me dit :

— Alors, de quoi as-tu besoin ?

— J'aimerais savoir ce qu'il se passe, soufflai-je en les regardant tous les deux.

George eut une moue embêté et Fred se renferma immédiatement puis aboya :

— De quoi tu parles ?

— De ce qu'il se passe entre maman et vous. Parce que je ne suis pas aveugle et que j'aimerais savoir le problème.

— Qu'est-ce que ça peut te faire ?

— Je suis curieux. Alors ?

Je regardai George, étant décelé chez lui une possibilité pour qu'il parle plus rapidement que Fred. Il soupira puis dit :

— Maman nous a parlé de quelque chose et Fred ne le prend pas très bien.

— Bien sûr que je le prends pas bien ! cracha immédiatement ce dernier.

— C'est bien ce qu'il me semblait, soufflai-je.

Je regardai alors Fred, et demandai :

— Je lui ai conseillé de vous le dire, de manière égoïste, pour savoir si vous lui auriez pardonné.

— Tu te fous de ma gueule ? répliqua Fred sans attendre. Comment est-ce qu'on est censé pardonner une telle chose ? Elle a eu sept putains d'enfants et les seuls dont elle ne voulait pas, c'était nous !

— Fred..., soupira George en me lançant un regard embêté. Ça n'a duré que quelques mois et ensuite, elle nous a aimé tout autant que les autres. Ça ne devait pas être facile pour elle avec déjà trois enfants en bas âge.

— Elle vous aime, affirmai-je.

— Sept enfants ! Deux non voulu et non prévu. Les autres, elle a pas réagit pareil. Je la déteste. Tu sais ce que ça fait de te sentir de trop, d'un coup ? De te dire que ta mère, celle qui te regarde la plupart du temps avec de l'indulgence, ne t'a pas voulu ?

Il secoua la tête, les mâchoires serrées et ajouta :

— Je me suis toujours senti nulle part à ma place, sauf près de George. Je pensais que c'était un truc de jumeaux. Mais en fait, j'ai surement ressenti son rejet !

— Fred, souffla George, indulgent. A part Bill, Charlie et peut-être Percy, je pense pas qu'elle avait prévu ni nous, ni Ron, ni Ginny. Et souviens-toi à qui tu parles, murmura-t-il ensuite en lui faisant les gros yeux.

— Non, laisse-le faire. Je sais que tout le monde veut me rassurer en me disant que Bairim me pardonnera, mais je vois que ça ne sera pas le cas.

— Ne dis pas n'importe quoi, répliqua George. Fred ne voit et n'entend que ce qu'il veut pour le coup. Maman nous aime et nous a aimé autant que les autres, ça lui a juste pris plus de temps. Non mais franchement Fred, s'énerva-t-il ensuite, tu te rends compte de toutes les conneries qu'elle nous a pardonné ? On n'a pas arrêté de faire des bêtises, on a quitté Poudlard avant d'avoir nos Aspics et ensuite, on n'a rien trouvé de mieux qu'être des connards et enfreindre la loi avec Draco ! Elle nous a pardonné un nombre incalculable d'erreurs et elle en a fait une, une seule, et tu ne peux pas t'en remettre ?

Fred ne répondit rien et sans un mot de plus, nous laissa seuls George et moi.

— Comment ça se fait que toi, tu vois les choses comme ça et pas lui ? demandai-je des plus curieux.

Le plus souvent, ils étaient toujours du même avis.

— Je ne sais pas. Il pense qu'elle ne nous a jamais aimé et a toujours fait semblant je pense. Mais je sais que ce n'est pas ça. Elle ne nous a pas voulu pendant quelques mois mais nous a aimé pendant des années et des années, pour moi ça compense largement. Mais honnêtement, je pense que ça ira pour Bairim, en ce qui te concerne du moins.

— J'ai voulu le tuer, affirmai-je en ayant envie de vomir sous l'émotion qui me gagnait à prononcer ses mots. Je ne me suis pas contenté de ne pas le vouloir.

— Mais c'est une chose que tu ne lui diras pas, affirma-t-il avec aplomb, jamais. Tu peux lui dire que tu ne l'as pas toujours voulu et même que tu ne l'aimais pas à un moment, mais tu n'as pas le droit de lui dire que tu as voulu le tuer.

Je secouai la tête et soufflai :

— Je ne pourrais pas le regarder éternellement et avoir ça sur la conscience. Ça me pèse, et j'appréhende le moment où il me haïra, mais je ne peux pas garder ça pour moi, c'est déjà assez dure comme ça de le regarder de temps en temps en repensant à cette période.

Et je savais que c'était égoïste.

— Si tu le feras. J'ai beaucoup pensé à ça dernièrement, avec ce que maman nous a dit et tout. Tu as été égoïste à ce moment-là de ne pas en vouloir, parce que tu ne voulais pas bouleverser ton monde et avoir à faire face à quelque chose de nouveau. Et tu t'en veux, ce qui fait de toi quelqu'un de bien. Mais si tu lui dis que tu as voulu le tuer, toi ça te soulagera peut-être mais et lui ? Tu penses que ça l'aidera à se sentir mieux ? Il va déjà devoir supporté le regard des autres à cause du fait qu'il sera né de deux pères, qui plus est un Weasley et un Malfoy, deux familles totalement opposées et censées se détester depuis des siècles, littéralement. Et quand as-tu prévu de lui dire ça ? Avant ou après qu'il ait compris que son autre père avait été un Mangemort pendant des années et avait torturé pas mal de gens, dont des nés-moldus avec lesquels il sera peut-être ami. Sérieusement Charlie, s'il en veut à Lucius pour ça et que tu lui dis que tu as voulu le tuer, vous allez le perdre tous les deux, et probablement pour toujours.

Je ne répondis rien, choqué de comprendre qu'il avait raison. Bairim allait souffrir, et lui dire une chose pareille n'allait pas l'aider à nous voir. Et je ne voulais pas perdre mon fils, jamais. Je secouai la tête, les larmes amères noyant mes yeux.

— Je... je n'ai pas pensé à tous ça. Je...

Je me repris et me frottai le visage, avant de souffler d'une voix déterminée :

— Alors, je ne lui dirais jamais.

George me sourit puis me prit dans ses bras maladroitement.

— Je me sens plus malin que toi pour le coup, souffla-t-il ensuite, un sourire dans la voix. Ça fait du bien.

Je le serais à mon tour et répondis ensuite :

— Profites-en, ça n'arrivera pas tous les jours.

— Ah ah ! Et sinon, prêt à devenir un homme marié ?

— Oui, et toi, c'est pour quand ?

— Très amusant, dit-il avant de me tirer la langue.

— Non, justement. Quand est-ce que tu vas nous présenter quelqu'un ?

— J'ai le temps, répliqua-t-il en haussant les épaules.

— Est-ce tu as déjà eu des relations, au moins ? demandai-je.

— Bien sûr ! fit-il en rougissant.

— Alors, pourquoi n'a-t-on jamais vu de jolie fille à ton bras ou même des garçons ? Où est le problème ?

— J'ai besoin de trouver quelqu'un qui s'entendra parfaitement avec Fred et comprendra ce qu'on partage. Ce n'est encore jamais arrivé, c'est tout.

— Oh, je pensais que c'est parce que vous n'aviez pas encore trouvé quelqu'un qui accepte de coucher avec vous deux, fis-je mine de rien.

— Si, soupira-t-il après un moment d'hésitation, on a trouvé.

— Et ?

— Et quoi ?

— Et bien, pourquoi vous ne nous la présentez pas ? On pourrait comprendre, avec le temps. Vous faites ce que vous voulez de votre vie.

— C'est ça, maman et papa pourraient comprendre ? Et Ginny ? Bill ? On sait tous les deux que non. Et puis même ce n'est pas... ça ne marche pas non plus. Écoute, on pourrait parler d'autre chose ? Si Fred apprend que je t'ai parlé de ça, il va m'en vouloir à mort et c'est déjà assez tendu entre nous en ce moment alors s'il te plait, ne parle de ça à personne.

— Okay. Mais... est-ce que ça fait longtemps que vous faites ménage à trois ?

J'étais assez curieux sur leur mode de vie, qui ne me posait aucun problème. Je devais donc être aussi dérangé qu'eux, mais bon, je côtoyais des Dragons chaque jour et allais épouser Lucius le lendemain.

— Je ne suis pas certain que tu veuilles en apprendre plus sur nos... relations.

— Si si, le rassurai-je. Rien ne me choquera et je suis curieux. Et puis, tu es mon petit frère et je m'inquiète pour vous.

— Comme tu veux. Quelques années, je crois.

— Avec la même fille ou...

— Non, enfin oui et non. Pas vraiment.

— Tu n'es pas clair, ris-je. Allez, ne me fait pas te supplier. Raconte-moi !

— Fred préfère les filles mais ça me dérange pas, et je préfère les garçons mais Fred n'est pas contre. Alors on... alterne.

— Oh... tu as tout compris, les hommes c'est beaucoup mieux. Et est-ce... toi et Fred ?

Merlin, pourquoi avais-je posé cette question ?!

— On... s'embrasse... parfois, hésita-t-il gêné.

Je déglutis, voyant à son visage qu'il était même plus que gêné, comme dérangé. Et je ne doutais plus qu'ils faisaient peut-être plus que ça, mais je choisis de ne pas creuser plus.

— Oh... bien. Du coup, je vous conseillerais d'effectivement garder ça pour vous.

Je posai la main sur son épaule, puis l'attirai à moi afin de lui montrer que je ne le jugeais pas, ni n'allais le repousser. Seulement, je repensai à une chose.

— Bordel ! Vous l'avez donc maté en plus ! Que jamais Harry n'apprenne ça, où vous êtes morts et je ne pourrais rien faire contre ça. Idem pour Lucius.

— On n'a pas prévu de leur en parler, lâcha-t-il dans un souffle.

— Très bien. Bon, je vais rejoindre mon futur mari. Toi, tu devrais aller voir Fred, je n'ai pas envie qu'il soit saoul demain à mon mariage.

— Je m'en occupe. Amuses-toi bien.


Nous espérons que ce vingt-et-unième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes