Chapitre 21 : Accident de runes
L'aigle volait toujours parmi les montagnes, tel le roi du ciel qu'il était. La lune se reflétait sur son magnifique plumage. Se laissant guider par les courants d'air, il finit par s'échapper des hautes montagnes pour se rapprocher d'un immense château aux tours hérissées si lumineuses qu'elles concurrençaient les étoiles. Il s'engouffra par une fenêtre ouverte dans un couloir du troisième étage. Se déplaçant avec autant d'aisance qu'il en avait en volant à l'extérieur, il survola les escaliers pour se retrouver dans le septième étage au moment où les premiers rayons du soleil perçaient l'obscurité de la nuit.
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Andrew se réveilla dés qu'un rayon de soleil atteignit son visage. Il ouvrit grand les yeux, repensant à son rêve. Toutes les nuits depuis plus d'un mois, il avait fait ce rêve étrange. Toutes les nuits depuis qu'il était arrivé à Poudlard. Il se leva, toujours préoccupé, se demandant si cet aigle était bel et bien Musi ou alors une invention de son subconscient. Il décida qu'il devrait en parler aux Maîtres Soraï ; ils pourraient sûrement l'éclairer. Comme tous les jours, il enfila un kimono blanc et noir et se jeta par la fenêtre en contrôlant sa descente grâce à la magie des éléments.
Il se dirigea vers le lac où Shiwo l'attendait. Depuis quelques semaines, les deux hommes avaient décidés de s'entraîner à un nouveau style de combat : les combats alliant magie et arme blanche. Pour cela ils se battaient avec une baguette magique dans une main, et un sabre dans l'autre. La difficulté principale était que ce genre de combat s'effectuait à moyenne distance : suffisamment près pour que les katanas s'entrechoquent, mais suffisamment loin pour lancer un sort. Il fallait donc rester très concentré, d'autant plus que la proximité de l'adversaire nécessitait un temps de réactions très rapide face aux sorts. Shiwo et Andrew s'étaient d'abords entraînés sur des mannequins de faible niveau en duel simple. Mais désormais ils se battaient l'un contre l'autre, ce qui les faisait progresser très vite.
Andrew s'était alors rendu compte de ses grandes lacunes en duel magique : s'il connaissait très bien la technique pour avoir participé à de nombreuses batailles, il connaissait en revanche une gamme très restreinte de sortilèges utiles en combat. Il excellait en magie des éléments et magie runique, mais le reste de la magie était toujours passé au second plan dans ses études.
L'entraînement se termina par une victoire très nette de Shiwo qui immobilisa Andrew avec un simple maléfice du saucisson. Le plus jeune des deux regagna donc son dortoir légèrement dépité. Takauji était déjà réveillé lorsqu'Andrew atterrit légèrement sur le rebord de la fenêtre et se dirigea vers la salle de bain comme si de rien n'était. Le prince du Japon décida qu'il n'était pas encore assez réveillé et se replongea sous ses couvertures.
Après avoir pris un copieux petit-déjeuner, ceux qu'on appelait « le groupe en or » se dirigèrent vers leur cour de rune. Andrew s'assit derrière tout le monde et prêta à peine attention à ce que disait le professeur Brocklehurst. Tous les vendredis, il s'asseyait au fond de la classe et écoutait d'une oreille très distraite ce que disait le professeur de runes. Pour autant il travaillait. Il utilisait ses trois heures hebdomadaires de runes magiques pour confectionner et perfectionner sa nouvelle rune de transport. Et elle était enfin finie. La veille, Andrew avait veillé très tard car il avait enfin trouvé comment finaliser sa rune. Il comptait la vérifier et la perfectionner pendant le cour de rune, et ce soir, il essaierait de se rendre au Temple Soraï avec. Il savait pertinemment qu'il vaudrait mieux une distance moins grande pour son premier essai, mais il voulait absolument parler aux Maîtres Soraï : son rêve commençait à le perturber. De plus, le déplacement d'une zone à une autre ne posait pas de problème : il était sûr de lui. Le seul obstacle pouvant survenir était le passage des protections. La téléportation qu'il utilisait passait pas l'essence même de la rune, et n'était donc, en théorie, pas affecté par la magie ambiante. Cependant, les protections du Temple Soraï et surtout de Poudlard étaient telles qu'il avait de sérieux doutes sur cette théorie.
Bien sûr, le professeur Brocklehurst avait remarqué qu'Andrew l'écoutait rarement. A dire vrai, son élève ne l'écoutait que lorsqu'il parlait de ses découvertes sur les runes de Poudlard. Mais voyant qu'Andrew réussissait les exercices qu'il demandait et qu'il faisait ses devoirs avec une perfection étonnante, il ne disait rien et le laissait faire. Il avait bien vu que le jeune garçon fabriquait une rune, et du peu qu'il avait vu c'était une rune de très haut niveau. Cet élève allait sûrement devenir le digne successeur d'Abraham de Vallid, celui que l'on qualifiait de plus grand spécialiste en runes magiques du siècle.
Lorsque le cour fut finit, le petit groupe se dirigea vers la Grande Salle, sauf Albus qui ne les accompagna pas, prétextant devoir retrouver un ami à la bibliothèque.
- Tu n'as rien écouté du cour ! le réprimanda Rose.
- C'est vrai que tu pourrais au moins faire un effort ! ajouta Ellia, franchement outrée.
Andrew se tourna vers Steeve et Takauji qui riaient sous cape et conclut qu'il ne pouvait espérer aucune aide de leur part face aux deux filles en colère.
- Mais je sais déjà ce qu'il vous apprend, tenta-t-il d'argumenter.
- Ce n'est pas une raison, argua Rose Weasley alors qu'elle s'asseyait à la table des Serdaigles sans que personne dans la grande salle ne proteste : tout le monde à Poudlard était habitué à ce que Rose et Albus mange à la table de Takauji, Steeve, Ellia et Andrew, ou vice versa.
- Tu pense que c'est facile, continua-t-elle, d'enseigner quand quelqu'un se fout de ce qu'on dit ?
- Tu sais Rose, tenta Steeve avec prudence, Brocklehurst semblait très intéressé par ce que fabriquait Andrew.
Rose sembla sceptique un instant, puis sa fureur se dirigea vers Steeve. Andrew avait remarqué que quand ils n'étaient pas très intimes, ils se chamaillaient pour un rien.
- Et toi évidemment tu le défends !
- Je dis juste que le professeur à l'air plus intéressé par ce que fait Andrew que par son manque d'attention. Et puis, il n'y a que toi qui réussisses à rester attentive à chaque seconde de chaque cour.
Visiblement, Rose ne sut pas s'il s'agissait d'un compliment déguisé ou d'un reproche. Elle et Steeve restèrent un moment à se fixer du regard. Puis, curieusement, elle se calma et s'excusa devant Andrew. Celui-ci, surpris, lui dit qu'il ferrait un effort la semaine prochaine. Il murmura un merci à l'intention de Steeve qui lui avait sauvé la mise puis un long silence suivit avant que Takauji ne relance la conversation sur les sélections de l'équipe de Serdaigle qui avait lieu cette après-midi.
Comme il l'avait promis, Andrew était venu assister à la sélection de Quidditch de Serdaigle. Takauji avait essayé de le convaincre de participer aux sélections, mais en vain. Il est vrai qu'Andrew adorait voler, mais pas sur un balai. Pour lui, voler c'était dépendre de sa magie, et pas d'un bout de bois ensorcelé. Il préférait voler en utilisant la magie des éléments, il aimait se rendre léger comme une plume et se diriger à l'aide des courants d'air qu'il avait lui-même créé. Alors il s'était assis dans les tribunes et entreprit de passer l'après-midi à discuter avec Ellia pendant que Takauji, qui était capitaine et poursuiveur, effectuait les sélections.
- Je pensais que tu serais un fan de Quidditch, lui avoua Ellia sans lever le nez de son livre alors que Takauji faisait passer les tests à ses attrapeurs potentiels.
- Pourquoi le serai-je ?
- Je ne sais pas, sûrement par ce que tous les garçons de notre âge en sont fan.
- Et pour toi je suis comme tous les garçons de notre âge ?
Il avait détourné son regard d'un troisième année qui venait de s'écraser contre un poteau pour le poser sur Ellia. Il avait son petit sourire charmeur et ce regard malicieux que Takauji lui avait appris quand ils étaient à Philadelphie. Ellia fut si troublée par cette remarque équivoque qu'elle se mordit la lèvre inférieure. Andrew reporta son regard sur les sélections, non sans garder son sourire.
- Pourquoi tu t'intéresses à ce point à l'économie sorcière ? demanda Andrew de but en blanc.
En effet il avait souvent vu la jeune fille se plonger dans des livres sur le commerce des sorciers. D'ailleurs, le livre qu'elle lisait actuellement traitait des relations commerciales entre les gobelins et les sorciers.
- Je crois que j'aimerais monter mon propre commerce, et diriger un grand groupe d'entreprise, un peu à l'image de Marc Phillis avant sa mort.
La main d'Andrew se crispa sur sa cuisse sans qu'il ne puisse la contrôler.
- Tu le connais ? demanda Ellia à qui la réaction d'Andrew n'avait pas échappé, malgré qu'elle soit en apparence occuper à lire.
- J'en ai entendu parler, répondit-il en essayant de se donner un air dégagé. Tu penses donc monter ta propre entreprise. Dans quel secteur ?
Cette fois-ci, ce fut au tour de la jeune fille d'avoir un air charmeur et malicieux :
- Hum, je ne vois aucun intérêt de te le dire, mon cher Andie
Andrew grogna, il détestait ce surnom. Ellia éclata de rire.
Ils continuèrent à discuter de choses et d'autres pendant une bonne partie de l'après-midi. Ellia lui raconta son enfance : elle avait des parents moldus, son père était directeur de banque, et sa mère était institutrice. Ils étaient un couple sans histoire, tout le monde les aimait et à juste titre. Mais leur fille n'avait rien de commun dans le voisinage, ce qui amusait beaucoup les parents d'Ellia. Cette dernière prenait plaisir à leur parler du monde de la magie et eux adoraient l'écouter en parler. Ellia semblait avoir eu la chance d'avoir eu une famille aimante auprès d'elle.
Quand les sélections furent enfin terminées, Andrew et Elliana se dirigèrent vers la bibliothèque. En chemin ils croisèrent Rose et Lilly Potter qui se rendaient dans leur salle commune. Lilly lui adressa un splendide sourire : il était de notoriété publique qu'elle sortait désormais avec Benjamin Johnson, un élève de quatrième année de Gryffondor. En apprenant la nouvelle, Albus n'avait nullement été contrarié, au contraire, un sourire espiègle était apparu sur son visage lorsqu'il envisagea ce que ferrait sa sœur pour que leurs parents ne découvrent pas cette relation. Etant habitué des secrets, Andrew s'était bien gardé d'avouer à ses amis son rôle dans cette petite histoire, et Lilly n'essayait pas de l'en dissuader, même si elle ne cachait pas qu'elle appréciait désormais beaucoup le jeune homme.
En tournant dans un couloir, il faillit renverser une jeune fille de Serpentard. Il se rendit compte qu'il s'agissait en fait d'Abigaël Massent, la seule Serpentard qui avait poursuivit les runes en Aspics. Abigaël était une jolie brune aux yeux pastel et au nez retroussé qui attirait beaucoup de garçons de l'école. Elle était certes très rusée, mais Steeve avait dit d'elle un jour qu'elle avait un trop grand franc-parler pour une Serpentard.
- Et bien Andrew, fais-attention où tu mets les pieds !
- Désolé Abigaël, marmonna Andrew en la regardant étrangement. Il avait comme l'impression qu'elle était sortit du mur.
- Arrête de me regarder comme ça, Hayden, on dirait que t'es tombé amoureux de moi !
Andrew éclata de rire.
- Ça te dérangerait à ce point d'avoir un nouveau prétendant à ta liste déjà si grande ? répliqua t'il avec malice.
- Ça dépend, murmura-t-elle franchement amusée.
Elle tourna autour de lui, tel un vautour, le reluquant d'un œil appréciateur, ce qui ne semblait pas du tout être du goût d'Ellia.
- Moué t'es pas mal.
- Quoi ? C'est tout, s'exclama Andrew en faisant mine d'être outré.
- Tu as failli me renverser, se justifia la jeune fille s'offensant à son tour.
- Tu n'avais qu'à pas te trouver devant moi, proposa Andrew l'air sérieux
- Et toi devant moi, répondit-elle du tac o tac.
Elle finit par éclater de rire à son tour. Mais bien vite elle reprit son sérieux :
- C'est pas que votre présence m'ennuie, mais je dois y aller.
Et sans plus attendre, elle s'élança dans le couloir. Mais juste avant de disparaître à un tournant, elle lança un regard aguicheur à Andrew :
- A plus tard mon beau prétendant.
Et elle disparut rapidement. La remarque fit rire le Serdaigle. Mais lorsque ses yeux se tournèrent vers Ellia, qui était restée muette pendant l'échange, son sourire se figea.
- Quoi ?
Elliana Epps lui lançait un regard noir dont Andrew ne comprenait pas du tout la teneur.
- Qu'est-ce que j'ai fait ?
Mais Ellia ne répondait toujours pas. Ils restèrent là, à se fixer quelques instants, avant qu'elle ne réussisse à articuler : « R-i-e-n » et qu'elle ne reprenne son chemin. Andrew resta un moment à ne rien comprendre, puis il se dépêcha de la rattraper, oubliant complètement de chercher si Abigaël était oui ou non sortie du mur (après tout, à Poudlard il n'y aurait rien d'étonnant !).
Ellia ne lui adressa pas la parole du reste de la journée. Ayant constaté cela, Steeve et Takauji le prirent à part à la fin du repas du soir et lui demandèrent ce qu'il s'était passé. Lorsqu'Andrew leur raconta l'anecdote de l'après-midi, les garçons sourirent mais ne dirent rien. Andrew leva un sourcil d'étonnement, ce à quoi Takauji répliqua : « arrête avec ton tic de soraï ! ». Et Andrew ne put s'empêcher de sourire.
- Je peux vous demander de me couvrir pour ce soir, leur demanda Andrew en rentrant à la tour des Serdaigles.
- Te couvrir pour quoi ? demandèrent en même temps Steeve et Takauji.
- Je dois tester une nouvelle rune ce soir, et je vais sortir du château pour ça.
- Tu compte t'échapper de Poudlard ? s'étonna Steeve.
- Mais les sorties du château sont surveillées, ajouta Takauji.
- Crois-nous, on les a toutes testées, enchérit Steeve avec un sourire, et Andrew ne douta pas un seul instant de sa parole.
- Dois-je te rappeler, Tako, que je t'ai fait traverser la moitié du globe en quelques secondes ? »
Takauji ouvrit tellement la bouche d'étonnement qu'il en eut l'air idiot. Finalement les garçons acceptèrent, mais pas avant qu'Andrew leur promette de leur parler de cette mystérieuse rune quand il serait revenu.
Une fois dans la salle commune des Serdaigles, Andrew fila directement dans le dortoir des garçons. Il échangea son uniforme de Poudlard contre des vêtements elfiques beaucoup plus confortables. Steeve et Takauji entrèrent au moment où Andrew enfilait son long manteau de soraï qui descendait jusqu'au sol. Etrangement, le manteau avait suivit la croissance d'Andrew depuis ses onze ans pour toujours frôler le sol.
— Et comment tu compte t'évader de Poudlard ? demanda Steeve intéressé.
— Et bien d'abords je vais dans le parc et ensuite Musi me transportera à Pré-au-Lard. Après je pourrai tester ma rune.
— Et pourquoi tu ne peux pas tester ta rune à Poudlard ? interrogea le prince du Japon.
— C'est ce qu'on appelle une rune de transport. Ce serait trop risqué de la testé à Poudlard. Je n'ai pas envie de terminer broyé par les protections du château.
— Oh, fit Steeve, et bien bonne nuit alors !
Andrew leur adressa un bref sourire ; il était tout de même étonné qu'ils le couvrent sans poser plus de question. Il se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit, et sauta dans l'obscurité d'une nuit déjà bien avancée, provoquant une vive réaction de la part de ses amis. Comme il le faisait tous les jours, il amorti sa chute par magie en envoyant un puissant vent pour le ralentir. Il s'éloigna de quelques pas et appela son aigle. Quelques secondes plus tard, Musi et lui apparaissaient dans une ruelle de Pré-au-Lard. L'aigle se posa sur le rebord d'un toit et regarda son maître avec attention.
Andrew se mit directement au travail. Il sortit sa baguette créa une rune qui l'enveloppa d'un bouclier : on est jamais trop prudent. Ensuite il commença à tracer des lignes complexes sur le sol. Puis les lignes formèrent une rune. Et Andrew l'activa. La rune se mit à briller fortement d'une lueur aveuglante. Alors Andrew disparut dans une épaisse fumée grise et un bruissement de cape.
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Il réapparut sur un petit chemin de terre niché entre la mer et la montagne à l'autre bout de la planète. Le soleil se levait déjà sur la petite île d'Hayaslima, offrant une vue magnifique à quiconque observait ce paysage. Sa rune avait marché. Pas qu'il en ait douté, mais il était heureux de le constater. Maintenant, il lui fallait tester le comportement de sa rune face aux protections magiques
Il réessaya donc à nouveau la rune. Et c'est avec une grande satisfaction, mais tout de même un peu secoué, qu'il se retrouva devant l'entrée du Temple. Cependant, il fut nettement moins satisfait lorsqu'Henri Hanatom, le Bâtisseur du temple, arriva devant lui. En effet, Henri semblait furieux qu'Andrew réussisse, pour la quatrième fois, à percer les défenses du Temple. Il fallut une bonne demi-heure à Andrew pour lui expliquer comment il avait fait. Mais Henri Hanatom ne semblait guère contenté du fait qu'Andrew soit le seul à pouvoir utiliser cette technique et que par conséquent il ne représentait aucun danger.
Finalement, le Bâtisseur du Temple consentit à lui dire où se trouvaient les maîtres soraï : Maître Shinobu était parti une heure plutôt pour une mystérieuse mission et Maître Alsestia était à Elfendiès. Andrew se dirigea donc prestement vers le hall du temple. Il se retrouva bien vite devant les deux immenses arches menant à Elfendiès et Nidavelle qu'il avait créé deux ans plus tôt avec l'elfe Elring et le nain Tagnus. Il s'étonnait toujours de la façon dont les arches s'accordaient si bien avec la décoration du Temple. Mais sans plus s'émouvoir, il passa l'arche menant à Elfendiès et se retrouva sur une de ses plus hautes plateformes. A la différence d'Hayaslima, le soleil était couché depuis peu sur la splendide ville des elfes.
Andrew savait exactement où trouver maître Alsestia lorsqu'elle était à Elfendiès car elle se rendait toujours où Andrew avait lui-même l'habitude d'aller quand il vivait ici. Beaucoup d'elfes le saluèrent lorsqu'ils le croisèrent, reconnaissant en lui celui qui avait amené la rencontre des soraï, des nains et des elfes. Il fut même un moment étouffé par Mayusliva qui sembla plus qu'heureuse de le revoir. En effet, même s'ils ne sortaient plus ensemble, ils étaient restés très proches, en s'écrivant souvent par l'intermédiaire de Musi. Oubliant un instant pourquoi il était venu ici, Andrew s'attarda un peu pour discuter avec la belle princesse des elfes.
Mais il finit par poursuivre son chemin, en lui promettant de revenir dés ses prochaines vacances. Comme il s'en était douté, la maître Soraï Alsestia était en compagnie de Dame Vanualë, la reine des elfes. Les deux femmes (ou plutôt la femme et l'elfe) étaient devenues de très grandes amies ; Andrew trouvait que leur complicité formait le plus grand symbole du pacte SEN. Toutes deux discutaient tranquillement, accoudées à une rambarde. D'ici, la vue sur Elfendiès était époustouflante : des milliers de torche éclairaient la ville sylvestre, la baignant d'une douce et chaude lueur. C'était comme si les étoiles elles-mêmes étaient venus éclairer la ville des elfes.
— Bonsoir Andrew, le salua Alsestia sans même se retourner.
Andrew sourit : Alsestia n'était pas maître soraï pour rien, elle ne devait jamais quitter un état proche de la transe, donc il ne lui était pas difficile d'identifier quelqu'un venant de derrière elle. C'était dans ce genre d'occasion qu'Andrew remarquait que bien qu'il soit doué pour son âge, il avait encore beaucoup de chemin à faire.
— Tu n'étais pas sensé être à Poudlard cette année ? continua Alsestia avec un sarcasme amusé.
— A vrai dire, j'y étais il y a encore moins d'une heure. Mais j'ai… décidé de faire une balade nocturne pour vous parler.
— Tu m'en vois ravi, lui répondit la reine des elfes alors qu'elle s'était retournée pour le gratifier d'un grand sourire. Tu es toujours le bienvenu ici.
Andrew inclina gracieusement la tête en guise de remerciement.
— Je suppose que tu es venu ici pour une bonne raison.
— Oui je voulais tester une nouvelle rune de transport, répondit Andrew avec nonchalance.
Ce n'est qu'à ce moment qu'Alsestia détourna son regard de la prestigieuse ville elfique pour se concentrer sur le plus jeune guerrier soraï depuis Maître Iram Liang.
— Te connaissant, tu n'es pas venu uniquement pour ça, lui sourit-elle
— Effectivement, j'avais besoin de vos conseils, concéda le jeune soraï avec un sourire malin.
— Peut-être devrais-je vous laisser alors ? demanda la reine.
— Non, Majesté, vous pouvez rester. En fait vous pourrez peut-être m'aider aussi.
— Très bien, Andrew, je t'écoute : quel est ton problème ?
Et Andrew leur raconta ses étranges rêves qu'il avait fait chaque nuit depuis son arrivé à Poudlard. Il expliqua sa première théorie, à savoir qu'il développait un lien encore plus intense avec Musi, mais il ne fut pas surpris que la maître soraï ne la trouve pas plus concluante que ça. Dame Vanualë lui confirma :
- Mon peuple n'a jamais eu vent d'un tel lien entre un aigle elfique et son maitre…
- Oui, Vana à raison.
- Vana ? répéta Andrew avec un sourire
A sa grande surprise, Alsestia lui fit une grimace : une réaction qu'on n'attendrait pas de la part d'un soraï, et encore moins d'un maître soraï. Mais elle reprit son air concentré :
- Il arrive que la magie communique avec un sorcier par son subconscient…
Andrew leva un sourcil d'étonnement.
- Comment ça la magie communique ?
- Lors de ta formation, nous t'avons enseigné le peu de chose connue à propos de la magie. Mais en fait, nous sommes plus conscients de ce que nous ne savons pas à son sujet que de ce que nous savons réellement.
Andrew hocha de la tête pour montrer qu'il comprenait, plus ou moins.
- De temps en temps, certaine forme de magie se mettent en place on ne sait comment et envoient un message à ceux qui y sont réceptifs. C'est notamment le cas des devins…
Andrew fronça les sourcils :
- Je suis devin ?
Alsestia éclata de rire. La manticore se sentit légèrement vexée.
- Non. Si je devais formuler une théorie, je dirais que c'est sûrement dû au fait qu'aller à Poudlard était ton plus grand rêve. La réalisation de ce rêve a peut-être débloqué quelque chose chez toi. Peut-être aussi s'agit-il d'une puissante magie qui veut te dire quelque chose. De toute façon, si ce rêve continue, il finira par te mener quelque part. Tu vas devoir te montrer patient.
Andrew garda le silence. Attendre que son rêve soit plus concret était sûrement la meilleure solution. Alsestia sembla se perdre dans ses pensées sans que ni Andrew ni la reine ne veuille l'en sortir. Finalement la maître Soraï reprit :
- Oui, tu devrais attendre de voir où te mèneras ton rêve, mais sois prudent. Et en attendant, fais quelques recherches sur le rapport entre les rêves et la magie. Demande à Baptista de t'aider. La bibliothèque de l'ordre est assez fournie en évènement rares et étranges !
Andrew sourit de nouveau : nul doute qu'en regroupant le savoir des soraï, on obtenait beaucoup de choses inédites. Le jeune soraï salua les deux femmes, remerciant Alsestia pour ses conseils et repartit pour le temple, soucieux. Cette fois-ci, il décida d'utiliser sa rune. Et pour la cinquième fois de sa vie, Henri Hanatom constata qu'un garçon trois fois plus jeune que lui avait passé les protections du temple qu'il avait installées avec tant de soin. Dépité, les épaules du soraï plus âgé s'affaissèrent, et Andrew lui promit de trouver une solution pour contrer son nouveau moyen de transport, même si l'idée ne lui plaisait pas.
Il trouva Baptista Deflavo, le bibliothécaire du temple, occupé à lire une pile de parchemin avec la plus grande attention dont il était capable. Andrew lui exposa son problème et ensemble ils commencèrent à chercher. Ils passèrent ainsi quelques heures plongés dans les livres à la recherche de rêves étranges. Mais tout ce qu'il trouvait se rapportait aux rêves prémonitoires, ce qui ne concernait en rien le jeune garçon. Cela faisait 6 ou 7 heures qu'il avait quitté Poudlard quand une voix avec un fort accent le tira de son livre :
- Alors comme ça tu sors de Poudlard et tu ne viens même pas me saluer !
Andrew leva alors les yeux sur Kévin Auloncour et sourit. Kévin était un fabricant d'armes qui travaillait désormais pour le pacte SEN. Il était un peu rondouillard et portait toujours un béret rouge sur la tête ; c'était sa façon de montrer à tous qu'il était français et fier de l'être.
- Je suis venu en coup de vent seulement, se défendit Andrew.
- Tu aurais quand même pu venir voir mon atelier à Nidavelle.
- Il est à peine cinq heures du matin à Nidavelle, protesta Andrew. D'ailleurs qu'est-ce que tu fais encore debout !
- Je devais aller à Tokyo faire des achats spéciaux, lui répondit le vieux fabricant d'armes avec un clin d'œil. C'est vrai qu'il est dur de s'habituer au rythme des journées du pacte SEN. En fait, il ne fait jamais vraiment nuit ici…
En effet, Nidavelle, Elfendiès et Hayaslima étaient situées suffisamment loin les unes des autres pour que lorsque le soleil se couchait sur une ville, il était levé dans une autre. Andrew entendait souvent parler d'histoire où certains membres du pacte passaient plusieurs journées d'affilées sans dormir et sans même s'en rendre compte tellement les villes trépidaient d'activité.
Andrew resta quelques temps à parler avec son vieil ami avant de voir qu'il était en retard pour retourner à Poudlard. Il salua chaleureusement son compagnon et sortit dans la cour du temple. Là il se remit sous un bouclier et commença à tracer des lignes au sol : en à peine une minute, il avait disparut.
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Lorsque les lumières de la rune le firent disparaître, il ressentit comme un blocage dans l'exécution de la rune. Finalement, comme il l'avait craint, les protections de Poudlard empêchaient sa rematérialisation dans l'illustre château. Alors maintenant il n'avait plus qu'à espérer que son bouclier, le plus puissant qu'il ait, résiste à ce que les protections lui ferraient subir. Mais contre toute attente, Andrew réapparut au beau milieu d'une belle et grande pièce circulaire dont les murs étaient jonchés de portraits.
Il n'eut pas le temps de se rendre compte qu'il était à deux mètres du sol que déjà il s'écrasait lourdement face contre terre. Gémissant et jurant, il se retourna avec difficulté. Mais la douleur lui parut comme une juste punition : comment avait-il été assez orgueilleux pour penser qu'il pourrait se téléporter directement dans le parc de Poudlard ?
Se relevant avec difficulté, il entreprit d'évaluer où il se trouvait. Ce qui le marqua le plus fut certainement les portraits : les murs en étaient recouverts, mais deux tableaux retinrent son attention plus que d'autre : Severus Rogue et Albus Dumbledore, deux anciens directeurs de Poudlard. Si le premier semblait encore assoupi, le deuxième le regardait avec un intérêt non dissimulé. Andrew ne reconnut aucun des autres personnages. Mais un doute naquit dans son esprit lorsqu'il reconnut un chapeau usé et rapiécé : le choixpeau magique. Il se précipita à la fenêtre et comprit : dehors se tenait le magnifique parc de Poudlard. Finalement, Andrew avait réussit : il s'était téléporté à Poudlard. Mais les protections, au lieu de la broyer net, l'avait simplement envoyé dans cette pièce. Normalement, il aurait été content de son exploit, mais si son intuition était bonne, il se trouvait sûrement dans le bureau de la directrice. Et cette dernière ne serait sûrement pas ravie d'apprendre sa virée de la nuit dernière. La seule solution qui lui vint à l'esprit était de s'enfuir. Alors n'hésitant pas, il ouvrit la fenêtre et sauta, sous les cris d'effroi des portraits réveillés.
Au lieu d'amortir sa chute au sol, il se dirigea plutôt vers une fenêtre du septième étage proche de la tour des Serdaigles. Une fois dans le couloir, il se traîna péniblement jusqu'à la tour des Serdaigles en se promettant de jumeler sa rune avec matelas pour éviter ce genre de chutes désagréables. Qui sait, peut-être que ses côtes seraient épargnés la prochaine fois.
En tant que soraï et étant donné son passé, il aurait normalement dû se spécialiser dans une magie portée vers le combat. Pourtant, quand il y réfléchissait, Andrew se rendait compte que ses plus grandes inventions étaient basées sur le déplacement. Peut-être devrait-il se concentrer d'avantage sur le combat qui l'attendait. Car il s'en était bien rendu compte en combattant contre Shiwo, sa connaissance en sortilèges utiles en duel magique était plus que limitée.
Arrivé à sa Tour, il résolut l'énigme du bâtant de la porte d'une voix lointaine et entra dans la salle commune des Serdaigles. Le soleil ne s'était levé sur Poudlard que depuis moins d'une heure, et aujourd'hui samedi, tout le château était encore assoupi (exception des elfes de maison et peut-être des soraï qui y résidaient). La première chose qu'Andrew remarqua fut une petite forme aux longs cheveux noirs pelotonnée sur un canapé. Il devina rapidement qu'il s'agissait d'Elliana qui s'était apparemment endormie en lisant un énième livre. Andrew s'approcha doucement de la jeune fille et tenta de la réveiller en lui tapotant doucement l'épaule. Ellia se réveilla lentement. Son regard sembla perdu un bref instant, puis, lorsqu'elle remarqua Andrew, ses yeux bleus électriques devinrent fou-furieux. Il fallut à Andrew toute la concentration des soraï pour ne montrer aucune réaction.
- Je peux savoir où tu étais cette nuit ?
Et Andrew n'eut rien d'autre à faire que de paraître gêné : devait-il lui avouer qu'il avait traversé le globe et était revenu ? Le croirait-elle ?
- Ne me dis pas que tu étais dans ton dortoir, parce que, contrairement aux dires de Shiwo et Steeve, tu n'y étais pas !
- Tu me crois si je te dis que j'étais au japon pour une affaire confidentiel ?
Ellia plissa les yeux, le regardant avec suspicion, dans une moue tout à fait séduisante. Il lui fallut vraiment toute sa concentration pour ne pas ciller. Finalement Ellia sembla capituler sur ce point :
- Un truc de soraï ?
Andrew acquiesça.
- Tu aurais pu me prévenir, lui reprocha t'elle. Je me suis inquiétée !
- Tu n'avais pas l'aire d'humeur à me parler hier soir, répondit Andrew avec sarcasme. Il se réfugiait toujours dans les sarcasmes quand il était embarrassé.
- Oh ça, murmura la jeune fille.
Elle passa alors de passablement furieuse à extrêmement gênée. Andrew préféra se taire pour la laisser parler.
- Je suis désolé pour hier, je sais pas ce qu'il m'a pris, je…
- Ça va, l'interrompit Andrew en posa la main sur l'épaule de son amie, n'en parlons plus. Tu ferrais mieux d'aller te coucher, t'as l'air fatiguée !
- Tu t'es vu, rétorqua la jeune fille en riant. Tu as l'air d'avoir passé une nuit blanche, et en plus tu es couvert de poussière ! Comment tu expliques ça ?
« Fichue rune poussiéreuse », pensa t'il.
- Et bien j'ai effectivement passé une nuit blanche, et pour la poussière… disons que Poudlard est un vieux château.
Et il la planta là, sans plus d'explications. Il lui dirait plus tard pour sa nouvelle rune. Pour l'instant, il avait bien l'intention de poursuivre ses recherches sur ses rêves et, pourquoi pas, de sérieusement s'entrainer au duel magique. Il passa en coup de vent dans le dortoir pour prendre une douche et enfiler un uniforme propre. Ensuite il descendit dans la Grande-Salle où seule Shiwo et Sylvia étaient présents. Mais tellement absorbés dans leur discussion, ils ne remarquèrent pas leur condisciple soraï qui prit deux croissants à manger sur la route de la bibliothèque.
Ce n'est que quelques heures plus tard que Steeve, Takauji et Ellia débarquèrent dans la bibliothèque.
- Alors, commença Takauji, tu n'as rien à nous dire.
Andrew leva les yeux des deux énormes grimoires qu'il essayait de lire en même temps. Lorsqu'il vit ses trois amis, il se dit qu'il n'avait pas le choix :
- Allez raconte, le pressa Steeve, c'était quoi cette mystérieuse rune.
Heureusement pour eux, le rayon des runes dans lequel ils se trouvaient étaient très éloigné du bureau de la bibliothécaire. Ainsi ils pouvaient parler, ou plutôt chuchoter, sans risque de subir de longues et douloureuses heures de tortures.
- C'est une rune de transport qui permet de se rendre où on veut, révéla Andrew.
Il fut vexé de constater que Steeve et Takauji semblèrent soudainement moins enthousiastes.
- Un peu comme le transplanage, conclut Takauji visiblement déçu.
- Plus ou moins. L'avantage est qu'on peut passer un certain nombre de protections avec, et parcourir de longues distances sans être fatigué si contrairement au transplanage.
- Tu veux dire que peux passer des sortilèges anti-transplanage ? lui demanda Ellia qui commençait à saisir l'ampleur de la rune.
- Oui sans problème. Mais les plus grandes places magiques sont gardées par bien plus que des sorts anti-transplanage.
- Tu as réussi à transplaner dans Poudlard ? demanda Steeve qui semblait regagné par l'excitation.
- Ce n'est pas du transplanage, corrigea Andrew, c'est plus de la téléportation.
- Et tu as pu te téléporté à Poudlard ? répéta Steeve qui ne se souciait guère de la nuance.
- Et bien pas vraiment.
- Comment ça pas vraiment ? C'est oui ou non, répliqua Takauji avec force.
La manticore faillit s'énerver de leur impatience. Et Andrew dut une nouvelle fois calmer les ardeurs de l'animal mythique en lui.
- Quand j'ai voulu transplaner à Poudlard, les protections m'ont envoyé directement dans le bureau de la directrice. Heureusement, elle n'y était pas. Mais si le portrait de Dumbledore lui avoue, je suis mal barré !
Ses trois amis avaient maintenant des yeux ébahis par ce qu'il venait d'entendre.
- Tu as transplané à Poudlard, lâcha Takauji
- Non ! Je me suis téléporté, c'est différent, argua Andrew
- Tu as transplané à Poudlard, répéta Steeve qui, comme Takauji, ne détachait pas son regard du jeune soraï.
- Andrew, intervint Ellia hésitante, c'est… Enfin… Je crois que presque personne avant toi n'avait réussi ça avant toi !
- En fait si, corrigea le jeune soraï, surprenant ainsi ses camarades.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- La base de ma rune est une autre rune, inventée au XIIIème siècle par Bowman Wright.
- C'est pas lui qui a inventé le vif d'or ? demanda Ellia
Steeve et Takauji la regardait comme si elle souffrait de la varicelle du dragon.
- Quoi ? C'est pas parce que je ne suis pas fan de Quidditch que je n'y connais rien !
Les deux Serdaigles ouvraient et fermaient la bouche, médusés.
- Si c'est bien lui, répondit Andrew amusé. Sa rune permettait de passé à travers pas mal de protections magiques. J'ai repris son idée et l'ai adaptée aux sortilèges qui ont été inventés depuis, comme le sortilège anti-transplanage. J'ai aussi ajouté quelques modifications que m'avait montrées Abraham de Vallid. En fait, j'ai juste adapté quelques lignes, je n'ai pas créé grand-chose.
- Tu nous l'apprendras ? demanda Takauji avec espoir.
- Quand elle sera au point, ce qui n'est pas prêt d'arrivé…
Après quelques minutes à parler, Steeve et Takauji quittèrent la bibliothèque pour s'atteler à l'exécution de leur grande blague, qui aurait lieu lundi. Andrew se retrouva donc seul avec Ellia qui ne voyait pas d'un très bon œil la future blague de ses amis. Elle avait ouvert la bouche, comme pour parler, mais des chuchotements virulents l'interrompirent :
- Mais j'en ai marre de me cacher, se plaignit une voix venant du rayon de l'ancienne magie qui se trouvait à une dizaine de mètres.
- Al, tu sais bien que si mes parents apprennent qu'on sort ensemble, ils risquent de m'envoyer à Durmstrang.
- Andrew et Ellia échangèrent un regard entendu : à leur connaissance, une seule personne dans tout Poudlard avait ce diminutif.
- Mais tu seras majeure l'année prochaine, tu pourras aller étudier où tu veux, répondit la voix du jeune homme qu'Andrew pensait avoir identifié.
- Si je leur avoue, mes parents me jetteront dehors.
- Tu viendras vivre chez moi, répliqua l'autre voix.
- La fille eut un rire sarcastique. Et Andrew sut tout de suite de qui il s'agissait.
- Al, je t'aime beaucoup, mais je n'ai pas envie de me fâcher avec mes parents pour une simple histoire de cœur !
- Une simple histoire de cœur ? C'est tout ce que je suis ? Une simple histoire de cœur ?
- Non Al, c'est pas ce que j'ai voulu dire, je…
Mais Al s'était déjà enfuit sans que ni Andrew ni Ellia ne puissent voir s'il s'agissait bien de la personne à laquelle ils pensaient. Le soraï se demanda un instant s'il devait aller aider le jeune homme, avant de se rendre compte qu'il ne pouvait rien pour lui, pour l'instant. Décidant de garder ça pour eux, Andrew se remit à ses recherches alors qu'Ellia commença ses devoirs.
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N'y tenant plus, moins de douze heures après son atterrissage manqué dans le bureau de la directrice, Andrew reprit son travail sur sa nouvelle rune. Il ne servait à rien d'étudier les protections de Poudlard pour les contrer car, d'une part, il lui faudrait des années et d'autre part, il n'avait aucune chance de réussir. De plus, il voulait que sa rune fonctionne partout, et donc elle devait pouvoir franchir tout type de protection. Mais Andrew avait étudié auprès du plus grand spécialiste en rune du siècle, il avait donc appris comment contourner ce genre de problème.
Et c'est ainsi que trois heures plus tard, il avait trouvé et appliqué un moyen supposé contrer les protections en incorporant dans sa rune une autre rune qui consumerait les protections que l'empêcheraient d'agir. Et donc, vers minuit, il se dirigea vers une salle de classe inutilisée pour tester sa toute nouvelle rune. Après tout, il fallait bien tester une rune pour savoir si elle marchait où non, et quel autre lieu présentait de meilleurs condition de test que Poudlard ? Si Andrew était vraiment honnête envers lui-même, il avouerait qu'en matière de rune, il était une vraie tête brûlée. Bien loin de l'attitude voulut par son statut de soraï.
Il se plaça donc sous son plus puissant bouclier et actionna sa rune.
Ce n'est que lorsque les lumières de la rune le recouvrirent et qu'il ressentit une nouvel sensation de blocage qu'il comprit que Poudlard n'était pas Poudlard pour rien.
A nouveau il réapparut au beau milieu du bureau du directeur. Et, comme la première fois, il s'écrasa de tout son long. Mais ces côtes ne supportèrent pas ce traitement répétitif : Andrew eut bien l'impression qu'il s'en était cassé une. Peut-être même deux.
- Quand on parle du cognard, il vous défonce le crâne, cita la voix experte de Shiwo.
Andrew fut tout simplement horrifié. Il était plus de minuit et ce bureau n'était toujours pas vide : il allait passer un sale quart d'heure. Il jura inaudiblement en roulant difficilement sur le dos, et prit pleine conscience de son corps meurtri. Tant bien que mal, il parvint à se mettre debout et put observer les personnes présentes. Il y avait évidemment Minerva Mcgonagall, vénérable directrice de l'école, ainsi que Laura Madley, la directrice adjointe, et Shiwo Kaliato, qu'on ne présente plus. Mais ce qui étonna le plus le jeune soraï, bien qu'il n'en montra rien, fut l'homme d'une quarantaine d'année, aux cheveux noirs de jais et avec une cicatrice sur le front debout à côté d'un homme asiatique aux cheveux blancs coupés courts qui portait la robe des maîtres Soraï : Harry Potter et Shinobu étaient à Poudlard.
- Monsieur Hayden, comment êtes-vous arrivé ici ? tonna la voix dure de Minerva Mcgonagall
- Je… Eh… accident de rune, Madame.
- Oh, s'exclama Shinobu avec un grand sourire, Henri m'a parlé de ta nouvelle invention. Son sourire devint contrit alors qu'il ajoutait : il n'était pas très content !
Malgré la situation embarrassante, Andrew ne put s'empêcher de rire. Son rire ne fit que lui rappeler ses côtes douloureuses.
- J'ai promis à Henri de travailler sur les protections du temple et de ne plus essayé de percer ses défenses, Maître.
Shinobu éclata de rire, ne croyant pas un seul instant son jeune disciple. Minerva Mcgonagall manifesta sa présence par un raclement de gorge.
- Puis-je savoir de quelle rune vous parler ? demanda-t-elle avec un air pincée.
Andrew décida d'être honnête. Il venait déjà de faire éruption inopinément dans son bureau, pas la peine d'aggraver la situation. Il s'approcha d'une petite table et essaya de s'appuyer dessus sans en donner l'air : ses côtes étaient vraiment douloureuses et il pouvait difficilement se tenir debout.
- J'ai créé une rune qui me permet de me téléporté où je veux à partir d'où je veux.
- Comme le transplanage ? demanda Harry en fronçant les sourcils
La manticore faillit s'énerver encore une fois. Pourquoi est-ce qu'ils pensaient tous au transplanage ? Les anglais ne connaissent que ce mode de transport ?
- Si on veut, mais cette rune est conçue pour passer à travers la plupart des sortilèges de protection. Cependant il semble que Poudlard pose toujours quelques difficultés…
- Vous êtes capable de vous téléporter à Poudlard ? s'exclama Mcgonagall qui avait pâli.
- Je suis capable de me téléporter dans votre bureau. Malheureusement, vu que je ne compte pas y venir souvent, je ne vois pas l'intérêt de ma rune pour le moment, répondit Andrew le plus sérieusement du monde alors qu'il arborait un sourire poli.
Shiwo tenta de cacher un fou-rire. A part lui et Shinobu, les autres ne semblaient pas en revenir. Andrew espérait que le choc serait si grand qu'ils oublieraient la punition. C'était un peu Serpentard, mais il n'avait pas trop le choix. Harry fut le premier à sortir de sa léthargie.
- Quoiqu'il en soit, tu tombes bien, nous voulions te parler.
Andrew tourna son visage vers l'ami de ses parents pour obtenir davantage de précisions. Shinobu allait continuer, mais Mcgonagall l'interrompit sévèrement:
- Il semblerait que votre dossier scolaire soit quelque peu… erroné, Monsieur Hayden, si c'est bien votre vrai nom.
Le Serdaigle tourna un regard intrigué vers Maître Shinobu. Dés qu'il avait vu le maître soraï à Poudlard, il avait deviné que sa fausse identité avait été compromise. Mais connaissant Shinobu, il s'était sûrement contenté de révéler le strict minimum. Andrew paria là-dessus :
- Hayden est bien un nom d'emprunt, mais n'espérez pas connaître mon vrai nom.
Mcgonagall ne se gêna pas pour montrer son mécontentement, largement accompagné par les portraits les entourant. Elle se tourna vers Harry, suspicieuse :
- Vous savez qui il est vraiment, n'est-ce pas Harry ?
L'homme qui avait terrassé Voldemort se contenta de hocher la tête avec un sourire. Un silence gêné s'installa.
- Nous avons besoin de toi, Andrew, intervint maître Shinobu soudainement.
Le garçon tourna à nouveau son regard vers son supérieur hiérarchique.
- Ce matin, nous avons mis la main sur un livre écrit en ancienne rune qui intéressait tout particulièrement…
Il s'arrêta un instant, regarda Mcgonagall et Madley.
- Notre ennemi commun.
Andrew hocha la tête, montrant qu'il avait compris l'allusion au Mage Noir. Le vieil asiatique lui tendit alors un énorme grimoire noir usé et poussiéreux, apparu semble-t-il de nulle part. L'objet regorgeait de magie.
- Il semble qu'il tenait à cet objet, reprit Harry Potter, nous avons eu du mal à le garder en sécurité.
Si le jeune homme fut étonné d'apprendre qu'Harry avait collaboré avec les soraï, il n'en montra rien. Pourtant, une question échappa de ses lèvres :
- Combien ?
Le regard de Shinobu s'assombrit, son sourire se fana :
- 3 soraï sont morts, un autre est blessé mais devrait s'en sortir. Il s'en est fallu de peu, Harry a eu l'information au dernier moment.
Andrew hocha simplement de la tête, habitué à ne pas montrer ses réactions.
- Pourquoi voulait-il se livre ?
- C'est un ancien livre très puissant, comme tu dois le sentir. Mais nous ne parvenons pas à le traduire, sauf pour la première page.
Andrew l'ouvrit à la première page et constata qu'il connaissait cette langue.
- C'est de l'elfique, s'étonna-t-il.
Shinobu acquiesça en silence.
- Quand le maître des portes se révélera, que sa voix s'élèvera, alors l'arme de Thor apparaîtra, traduit Andrew.
- Vous parler l'elfique ? s'étouffa le professeur McGonagall.
- Entre autre, répondit Andrew qui avait déjà tourné la page pour se concentrer sur le reste du livre, ne prêtant plus attention à la directrice. Il ne remarqua donc pas l'air affligé de la sous-directrice, et encore moins le choc sur le visage de la directrice.
Le livre était écrit avec une écriture runique qu'Andrew avait déjà rencontrée dans un temple enfoui sous les pyramides de Gizeh, en Egypte. C'était aussi la même écriture que la rune dont la cicatrice sous sa clavicule avait pris la forme. Le jeune garçon fut alors persuadé d'une chose : ce livre n'était pas arrivé par hasard dans ses mains. Sans qu'il ne sache trop comment, il sut qu'il devait trouver le maître des portes. Ce livre amenait aussi un tas de question : qu'était l'arme de Thor ? Etait-ce une arme qui pourrait l'aider contre le Mage Noir ? Et de quelles portes parlait ce texte ?
- Tu es notre plus grand expert en rune. Serais-tu capable de traduire ce texte ? demanda Shinobu, en le coupant dans ses réflexions.
- Difficilement, répondit honnêtement Andrew. Mais j'essaierai de traduire ce que je pourrai.
Il réfléchit au meilleur moyen d'entamer sa traduction, et se rendit compte qu'il devrait sûrement retourné au Caire pour fouiller la bibliothèque d'Abraham. Il ne vit aucune raison le poussant à en prévenir la directrice ou la sous-directrice.
- Bien dans ce cas, envoie-nous Musi dés que tu auras des résultats, conclut Maître Shinobu.
Andrew fit un signe de la tête pour acquiescer. Harry se rapprocha de lui pendant que les soraï échangeaient quelques mots avec Mcgonagall et Madley.
- Il semblerait que mon fils est parlé de toi à ma femme, commença-t-il juste assez fort pour que seul Andrew entende.
- Albus et moi sommes assez proches, avoua le garçon.
- Et ma femme tient absolument à rencontrer le nouveau meilleur ami de mon fils. Donc tu es invité à passer noël avec nous.
Andrew mis un instant à comprendre ce qu'Harry venait de dire. Il avait fait l'impasse sur la dernière phrase, butant aux mots meilleur ami. Andrew avait le plus souvent parlé avec Ellia, car ils partageaient beaucoup de points communs et étaient liés par une affinité presque naturelle. Pourtant, il était presque aussi souvent avec Albus, tous les deux préférant travailler à l'écart d'Ellia et Rose, évitant ainsi leur enthousiasme exacerbant pour les études. De ce fait, les deux garçons étaient devenus très complices même s'ils ne se confiaient pas l'un à l'autre. L'expression meilleur ami ne lui sembla pas du tout incongrue, bien au contraire elle était adaptée et surtout normale. Et c'est cela qui choqua Andrew. L'orphelin devenu soraï, dont l'esprit était hanté par une créature sanguinaire et dont le sabre avait été affuté par deux guerres successives, avait eut le droit à une chose simple et banale : un ami, un meilleur ami.
Il avait déjà était très proche de certaines personnes, comme Shiwo ou Agnès, mais jamais avec un garçon de son âge.
- Andrew ? s'inquiéta Harry.
- Ou… oui, excuse-moi, je m'étais perdu dans mes pensées. Tu disais ?
- Ma femme voudrait t'inviter à passer noël avec nous. Elle ne connaît pas ta véritable identité, mais je me suis dit que tu serais heureux de passer un noël avec quelqu'un.
- Noël se passe en famille, rétorqua Andrew, ne désirant pas s'imposer à ce genre de réunion.
Harry lui fit un sourire connaisseur :
- Quand je suis entrée à Poudlard, j'étais orphelin moi aussi. Pourtant Molly et Arthur Weasley, les parents de ma femme, m'ont accueilli dans leur famille à bras ouvert. Alors je sais exactement ce que tu ressens, Andrew. Ce qui veut dire que tu ne t'en tireras pas avec l'excuse de la famille. En plus, si on en croit l'éloge que ma fille fait de toi dans ses lettres, tu te feras rapidement adopter par la famille Potter…
Andrew répondit à son sourire bienveillant par un rire désabusé.
- Si je comprends bien, je n'ai pas le choix ?
- Non, je te demandais juste pour paraître poli.
- Trop aimable, grogna Andrew.
- Merci.
- Très bien je viendrai passer noël avec vous. Mais je passerai le début de mes vacances à Elfendiès, j'ai promis à Mayusliva.
- La princesse des elfes ?
- Oui.
- Charmante jeune femme.
- Oui. On ne dirait absolument pas qu'elle à 116 ans.
Harry éclata bruyamment de rire, ne pouvant se retenir.
- Dites-nous si on vous dérange, tonna la voix de Laura Madley.
- Excusez-nous, répondit aimablement Harry en essayant de retrouver son calme.
- Monsieur Hayden, reprit la directrice, Maître Shinobu prétend que je ne devrais pas vous exclure en dépit que vous ayez falsifié votre dossier scolaire, ce qui, je vous le rappelle, une très grave infraction.
- Vous comptez le dénoncer aux Aurors, Minerva ? demanda Harry Potter avec un sourire narquois. Etant directeur du bureau des Aurors, Potter pouvait facilement annuler toute procédure lancée contre Andrew, et McGonagall avait très bien saisi le message.
Pourtant Andrew déglutit : elle voulait le renvoyer ?
- Andrew fait partie des protecteurs du prince Takauji, intervint Shiwo, sous-entendant clairement que renvoyer Andrew pourrait irriter l'Empereur du Japon.
- Est-ce vrai ? demanda Mcgonagall en se tourna vers le concerné.
- Je rends bien ce service à l'Empereur, mais pour être honnête, venir à Poudlard est le rêve de toute ma vie. Je vous ai menti sur mon identité, je l'admets. Mais si j'étais venu sous ma véritable identité, j'aurai mis l'école en danger. De plus, vous ne m'auriez pas accepté sachant que j'étais un soraï, termina-t-il avec un sourire malin.
- Serpentard et Gryffondor dans un même corps, commenta le portrait de Rogue, un résultat intéressant !
- Un Serdaigle, tout simplement, répliqua Harry Potter avec une certaine fierté dans la voix. Plusieurs portraits pouffèrent de rire.
Mais Mcgonagall n'avait pas lâché son regard dur du jeune homme. Elle le jaugeait, essayant de déterminer ce qu'elle savait du jeune homme. Andrew était pour l'instant un bon élève, et Brocklehurst jurait que c'était le prochain spécialiste des runes du siècle. Le garçon était sérieux, concentré, rigoureux, et avait réussi à remettre Malefoy à sa place, s'attirant le respect de celui-ci (ce qui n'était pas un mince exploit). Shinobu arguait qu'Andrew était un élève exceptionnel qui ne demandait qu'à apprendre. Il lui avait expliqué qu'en bon soraï, il cultivait la sagesse et la connaissance bien avant l'art du combat. Et que d'ailleurs, sa formation au Temple ne pouvait qu'être bénéfique à cette école. De plus, le garçon semblait avoir de nombreuses connaissances haut placées. Finalement, Minerva Mcgonagall fit confiance à son instinct gryffondorien :
- Très bien, Monsieur Hayden, vous resterez parmi nous. J'enlève cependant 20 points à Serdaigle pour avoir enfreint le couvre-feu. Et vous aurez une semaine de retenues. Quant à cette rune, je veux que vous arrêtiez immédiatement ces recherches, elles compromettent la sécurité du château.
Shiwo éclata de rire, oubliant la légendaire retenue des soraï. Même Shinobu et Andrew ne purent s'empêcher de sourire. Car Andrew pouvait survivre à une ville assiégée, dompter une tempête ou encore combattre une escouade de sorciers avec un sabre, mais s'il y avait une chose qu'il ne pouvait pas faire, c'était arrêter ses recherches sur les runes. Mais évidemment, si on le menaçait d'expulsion…
- C'est promis, professeur, répondit le jeune soraï d'une voix grave et douloureuse, Merlin savait qu'il aurait adoré terminé cette rune.
Mcgonagall sembla satisfaite. La réunion prit fin. Shinobu salua tout le monde, puis emmena Shiwo à l'écart pour une raison qu'il ignorait. Harry s'approcha également d'Andrew et lui fit une brève accolade. « Prend soin de toi » lui avait-il glissé. Puis, l'Auror s'en alla accompagner de Laura Madley. Andrew se tourna vers la directrice :
- Que je n'ai pas à me plaindre de vous Monsieur Hayden. Bonne nuit.
- Bonne nuit, professeur.
Et Andrew partit par la porte cette fois. Il se retrouva dans un couloir qu'il estima être au deuxième étage. Avant de retourner dans la tour des Serdaigle, il devait récupérer ses affaires qui étaient toujours dans la classe où il avait essayé sa rune. Il lui fallut cinq minutes de marche. Ruminant contre la directrice pour ne plus pouvoir continuer sa rune, il faillit ne pas percevoir le déferlement de magie qui avait lieu au bout du couloir. Il se mit rapidement en transe et repéra que l'afflux de magie venait d'une salle de classe inutilisée. Il s'y dirigea prudemment et finit par reconnaître une signature magique qu'il connaissait bien.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il aperçut Albus Potter lancer sort sur sort à de pauvres mannequins inanimés. La puissance du jeune homme épata le soraï qui était loin de maîtriser autant de sortilèges avec une efficacité aussi redoutable. Malheureusement, Andrew vit que se défouler n'aidait absolument pas le Gryffondor, bien au contraire.
- ALBUS, cria Andrew.
Ce dernier se retourna avec une vivacité étonnante, apercevant seulement son camarade, et s'arrêta net, tétanisé. Les deux garçons s'observèrent quelques instants. Andrew décida de prendre la parole.
- Veux-tu qu'on parle d'Abigaël ?
Les yeux d'Albus s'agrandirent sous le choc. Il ne devait pas s'attendre à ce qu'Andrew soit au courant pour leur relation amoureuse censée rester secrète.
- Comment as-tu su pour elle et moi ?
- Je vous ai malencontreusement entendu vous disputer à la bibliothèque ce matin.
- Oh !
Albus décida de s'asseoir par terre, contre le mur. Andrew vint se mettre à ses côtés.
- J'en ai marre de me cacher, Andie.
Ledit Andie retint un grognement. Qu'est-ce qu'il avait horreur de ce surnom. Mais il ne laissa rien paraître et continua d'écouter son ami qui commençait doucement à parler.
- Elle ne veut pas qu'on avoue aux autres notre relation, parce que je suis un Potter, et elle une Serpentard dont la famille est… disons peu tolérante. Ça fait un an qu'on sort ensemble déjà, et depuis j'ai tous les jours envie de crier au monde que je l'aime. Mais elle refuse, à cause de ses parents. J'en ai marre. Marre de me cacher, marre de mentir à mes amis, à ma famille…
Des larmes silencieuses coulaient sur son visage, presque invisible. Andrew se releva avec un sourire.
- Je sais de quoi tu as besoin. Lève-toi.
Albus leva un regard embué vers Andrew et obéit docilement.
— La nuit vient de tomber à Mexico. Je connais un bar très sympa. Tu vas adorer….
Je me suis rendu compte que je donnais quelques indications sur le récit lorsque je répondais aux reviews par mp. Donc, pour que tout le monde en profite, j'ai décidé de répondre aux reviews à la fin de mes chapitres.
Shuriken57 : Merci pour ta review. L'amour va planer sur Poudlard cette année, mais pas besoin d'en savoir plus^^
Valabo : Merci à toi. J'ai l'impression que le retour d'Andrew en Angleterre a augmenté la taille de mes chapitres, mes je ne vais pas m'en plaindre ! A bientôt pour la suite.
Mitelfe : Je ne suis pas sûr de mériter autant de compliments, mais ça fait vraiment plaisir ; Merci beaucoup. Pour les points d'exclamation : je me soigne. J'apprend à chaque chapitre un peu plus sur l'écriture. Tu n'es pas la première à me faire remarquer que j'ai peu de reviews, mais même quelques unes me suffisent. Je suis tout à fait conscient de ne pas avoir le niveau de certains auteurs de fic qui eux en méritent beaucoup, donc ça ne me dérange pas. Ceci dit, je ne suis pas contre le fait d'être inondé de reviews^^
Bonne continuation
Kisscool : Ne t'inquiète pas pour le Mage Noir, il fera une réaparition sanglante dans pas très longtemps. Quant à ma deuxième fic, c'était juste un essai, une idée que j'avais envie de coucher sur le papier pour m'en débarasser. Maintenant je me consacre entièrement aux Chroniques, enfin dés que mon emploi du temps me le permet. Merci pour tes reviews et à bientôt.
J'espère n'avoir oublié personne. Si c'est le cas, vous avez le droit de me gueuler dessus et de me lyncher sur la place public (mais j'espère que vous vous contenterez de la première partie^^).
Il semble qu'une malédiction frappe mes correcteurs (ou correctrices devrais-je dire). Donc pour la quatrième fois, je lance un appel désespéré à tout beta-reader voulant bien corriger mes innombrables fautes d'orthographe. Attention, ce poste semble aussi maudit que le poste de prof de DCFM à Poudlard!
A bientôt!
Clyver
