21
Police !
Itachi eut un soupir de soulagement lorsqu'il reconnut l'entrée de l'hôpital où il avait été interné pour son coma.
Mais soudain, ses jambes se dérobèrent sous lui. Il avait vraiment forcé sur ce coup là, et son jutsu de déplacement rapide était extrêmement fatigant du point de vue musculaire.
Itachi se releva pourtant et, Sakura toujours sur son épaule, pénétra dans l'hôpital.
Alors qu'il se dirigeait vers le guichet d'où l'observait une réceptionniste ahurie, Itachi fut à nouveau pris d'une violente migraine et ferma les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, tout était plus sombre et brouillé autour de lui. Sa vue était devenue floue.
« Merde… Il fallait bien que ça arrive un jour » pensa Itachi en posant Sakura sur le sol.
« Voilà ce que c'est de trop utiliser le Mangekyou… »
Puis il reporta son attention sur la femme de l'accueil. Par chance, l'hôpital était quasiment vide et il n'y avait pas de queue.
- Vite ! Elle a été empoisonnée ! C'est une urgence, elle n'en a plus pour longtemps ! hurla le brun.
La femme ne perdit pas une seconde et appela du renfort. Des infirmiers se précipitèrent auprès de la brune avec une civière, et Sakura fut aussitôt emmenée vers la salle d'opération. Inconsciemment, Itachi les suivit mais on l'empêcha d'entrer dans la salle.
Le brun voulut protester mais la fatigue eut raison de sa volonté, et on le conduisit dans la salle d'attente.
Le brun éprouvait en ce moment même ce qu'avaient dû ressentir ses amis lorsqu'il était dans le coma. Il se morfondait dans son coin, regardant sans cesse l'heure et guettant les docteurs.
Le brun anxieux, malgré tous ses efforts, était incapable de s'endormir et fixait l'horloge murale. Itachi devait plisser les yeux pour distinguer les chiffres du cadran, à cause de sa vue brouillée.
Itachi s'était toujours fié à sa vue, et son altération était un coup dur. Mais Sakura était beaucoup plus importante que ses petits problèmes oculaires.
- Monsieur Yoake ?
Itachi releva la tête et vit le docteur qui lui faisait signe. Le jeune shinobi se leva et se dirigea vers ce dernier. La peur lui rongeait la poitrine.
- Ne vous en faites pas, dit aussitôt le médecin. L'opération a été un succès, nous avons enlevé la quasi-totalité du poison. Elle vivra.
Une immense bouffée de soulagement envahit Itachi, qui sourit au docteur.
- Merci beaucoup monsieur.
- Je vous en prie. Mais ce sont surtout les chirurgiens qu'il faut remercier.
Itachi opina et se dirigea vers la salle d'opération, accompagné du médecin.
Il n'était toujours pas autorisé à entrer dans la pièce, mais le brun put jeter un regard par la fenêtre, et constata que Sakura dormait paisiblement.
Rassuré, Itachi s'assit sur un banc et joignit ses mains. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Il pensa à Sakura, à ses amis restés au Japon, et aux trois rescapés de l'IEPP qui roulaient loin de l'institut. Il faudrait qu'il les rejoigne, mais il voulait attendre le réveil de la brune.
Au bout d'un moment, il céda enfin à la fatigue et sombra dans un sommeil profond.
Itachi se tenait sur une plage, qui s'étendait à perte de vue. Il entendait le mugissement des vagues qui venaient s'écraser sur le sable dans un roulement de tonnerre.
Les yeux perdus dans le vague, le jeune adolescent de seize ans vit un homme émerger de l'océan.
- Eh Itachi ! Viens me rejoindre !
Shisui, torse nu et en maillot de bain, fit de grands gestes au brun qui se contenta de sourire.
- Non merci Shisui… Ça ne me dit rien…
- A quoi tu penses encore ? demanda Shisui en s'asseyant à côté de son ami.
- A rien…
- Tu m'en diras tant…
Shisui s'éloigna et plongea de nouveau dans la mer. Le jeune homme était excellent en natation et il se mouvait avec grâce au milieu des vagues.
Itachi le regarda nager, mais son esprit était ailleurs. Où ? Il n'en avait aucune idée…
Lorsque le soleil se coucha, Shisui vint de nouveau s'asseoir à côté d'Itachi. Il étendit sa serviette et se coucha dessus, un grand sourire sur les lèvres.
- Allez dis-moi à quoi tu penses… C'est une fille ?
Itachi fit un geste de dénégation et lui lança un regard noir.
- Je ne pense pas que l'amour soit fait pour moi, tu sais…
- Tu ne vas pas recommencer ! s'écria Shisui. Tout le monde a le droit d'être aimé, et a le droit d'aimer. Et c'est le cas pour toi aussi.
- Je ne sais même pas ce que c'est, souffla Itachi.
- Un jour, tu le sauras… répondit mystérieusement Shisui. Mais tu sais, l'amour et l'amitié sont étroitement liés. Dans les deux cas, tu es prêt à tout pour protéger l'autre.
Itachi acquiesça, tout en continuant d'observer l'horizon.
Shisui, les yeux rivés vers le ciel, continua de parler.
- Karasu, les sentiments sont nécessaires pour vivre heureux. Je suis conscient que ton passé est dur, et marqué par la tristesse et la haine. Mais tu dois t'accrocher à la vie.
Les deux adolescents pensèrent en même temps à la phrase qu'avait eu Itachi pour son petit frère.
« Mon idiot de petit frère, si tu désire tant me tuer, détestes moi, hais moi. Et… survis dans cette obscurité. Cours, cours, et accroche toi à la vie ! »
- Un jour tu trouveras cette personne… dit simplement Shisui. J'en suis convaincu, car tu mérite de connaître l'amour, comme moi.
Itachi leva des yeux interrogateurs vers son ami, mais celui-ci se releva et lui tourna le dos.
- Ces derniers temps, je suis envahi par un mauvais pressentiment… Comme si je n'en avais plus pour longtemps.
- Qu'est-ce que tu racontes ? fit Karasu, les sourcils froncés.
- Itachi… Si je dois mourir, et que cela t'attriste, regarde le bon côté des choses. Cela voudra dire que tu es vivant, que tu as des sentiments, que tu m'aimais, et que tu es prêt à aimer.
Sur ce, Shisui quitta la plage et prit le sentier qui menait au château, laissant son ami digérer ses paroles.
« Peut-être a-t-il raison… Peut-être ai-je le droit d'être heureux après tout… »
- Itachi !
le brun ouvrit les yeux. Qui l'avait appelé ? Pendant quelques instants, il fut étonné de voir flou, avant de se souvenir des derniers évènements. La netteté et la clarté des images de son rêve tranchait avec ce qu'il voyait à présent… Pourtant Itachi s'en moquait, car il voyait le visage de Sakura, penché au dessus du sien. Et il comprenait enfin que Shisui avait eu raison.
- Ça va ? demanda Itachi à la brune qui marchait péniblement.
- Tout va bien ne t'inquiète pas, répondit la brune dans un sourire crispé.
Itachi la regarda gravement, puis, d'une seule main, la hissa sur ses épaules. La brune eut un cri de protestation, mais le regard de l'Uchiha le dissuada d'ajouter quelque chose.
Itachi sortit de l'hôpital en faisant attention à la tête de Sakura, puis chercha un coin sombre.
Il s'arrêta finalement dans une étroite ruelle déserte, et déposa Sakura à terre.
- Tu es prête ? demanda le brun.
- Oui, répondit Sakura en agrippant l'épaule de son chef.
Puis elle ajouta :
- Merci…
Itachi, surpris, leva ses yeux d'ébène vers la fille.
- Merci de m'avoir sauvé.
Itachi se contenta d'un hochement de tête puis composa les signes de son jutsu de déplacement instantané.
Qu'est-ce qui se passe ? demanda Adrien à ses deux compagnons.
Alors qu'ils roulaient sur l'autoroute, le voyant de la porte arrière s'était subitement allumé, comme si elle avait été ouverte. Il était pourtant sûr de l'avoir verrouillée…
- Regardez derrière vous, et vous saurez tout, répondit la voix chantante de Maïté.
Yohan regarda à l'arrière tandis qu'Adrien, qui conduisait, jeta un coup d'œil au rétro intérieur. Les deux garçons eurent un hoquet de stupeur.
- Salut ! fit Itachi, amusé par leur réaction.
Les banquette arrières, autrefois monopolisées par Maïté, étaient désormais occupées par deux personnes de plus. Itachi et Sakura venaient de faire apparition dans la camionnette.
- Alors c'était de ça que tu parlais, lorsque tu as dis que tu nous rejoindrais plus tard, sourit Yohan. Impressionnant ton truc.
Les cinq occupants de la camionnette décidèrent de s'arrêter à une aire de repos, histoire de faire le point.
Ils empruntèrent ensuite le pont qui enjambait l'autoroute pour accéder à la station service qui se trouvait de l'autre côté et y acheter des sandwiches. Tous les cinq s'assirent ensuite sur une table en bois.
Après un repas frugal rapidement consommé, la joyeuse troupe décidèrent de faire plus amplement connaissance.
- Je viens de me rendre compte que nous ne sommes pas vraiment présentés, commença Itachi. Nous sommes…
- Sakura et Itachi, répondirent en cœur les trois autres.
- Vous avez de la mémoire, c'est bien, dit Itachi d'une voix amusée. Mais passons aux choses sérieuses. Sakura et moi faisons partie d'une organisation, Amaterasu, dont je suis le fondateur. Actuellement, nous sommes huit, les six autres sont au Japon, où se trouve notre quartier général. Nous avons tous des pouvoirs, comme vous, et notre but est de lutter contre Madara, le créateur de ces chers IEPP. Nous devons également trouver l'élu afin d'éliminer la menace Madara. Définitivement. C'est pourquoi je vous propose de nous rejoindre.
Les trois rescapés de l'IEPP restèrent silencieux un moment, puis Maïté s'exclama :
- Ma foi, ce sera avec joie. Rien de tel qu'un peu d'action pour trouver l'inspiration !
Yohan et Adrien échangèrent un regard puis ce dernier prit la parole :
- Je suis d'accord, mais j'aimerais voir mes parents avant.
- Bien sûr ! répondit le chef d'Amaterasu. Tes parents et ta sœur se font un sang d'encre pour toi…
Adrien parut étonné puis se mit à sourire.
- Dans ce cas, c'est parfait pour moi. Mais, j'aurai quand même une dernière question.
- Vas-y, lui dit Sakura en souriant.
- Y a-t-il beaucoup de jolies filles dans l'organisation ? demanda Adrien en se frottant les mains, le regard lubrique.
Evidemment, Sakura lui répondit dans le langage des coups.
Après cet incident regrettable, tous se tournèrent vers Yohan.
Ce dernier parut hésiter, puis dit :
- Ça paye bien ? Parce que j'allais bientôt décrocher un job et…
Itachi rigola.
- Ne t'inquiète pas, tu seras nourri et logé gratuitement dans un château et je pourrai te prêter tout l'argent dont tu as besoin. Enfin sans exagérer, bien entendu.
Yohan ouvrit de grands yeux puis s'écria :
- C'est ok ! Mais…
Le Hyûga regarda Itachi dans les yeux, ses pupilles d'un blanc laiteux rencontrant deux yeux noirs corbeau.
- Pourrais-tu m'apprendre les Genjutsu ? demanda-t-il à son nouveau chef.
- Bien entendu, répondit ce dernier, intrigué. Mais pourquoi une telle requête ?
- C'est que…
Yohan paraissait embêté et tripotait ses longs cheveux bruns.
- Depuis peu, les gens me regardent bizarrement, à cause de mes yeux, fit-il en désignant ses Byakugan. J'aimerais apprendre à les dissimuler.
- Comme tu voudras, répondit Itachi. Mais tu sais, il ne faut pas prêter trop d'attention au regard des autres…
Yohan acquiesça puis regarda Adrien et Maïté.
- Oh fait, on voulait vous remercier pour nous avoir sorti de là. Merci pour tout, vraiment !
Itachi et Sakura parurent gênés et les remercièrent à leur tour.
- Bon qui commence à se présenter ? demanda soudain Itachi.
- Toi, répondirent les quatre shinobis en cœur.
Itachi eut un sourire en coin, puis se lança :
- Je m'appelle Karasu, mais vous m'appellerez Itachi dans les discussions non privées. J'ai dix-sept ans, j'ai un frère qui s'appelle Akio, et qui est la réincarnation de Sasuke. Les types de l'IEPP ont dû vous expliquer pour les réincarnations ?
Les trois nouveaux hochèrent la tête, et Itachi continua.
- Il y a peu de choses que j'aime si ce n'est mes amis, qui se réduisent aux membres d'Amaterasu. Je déteste Madara et l'Akatsuki, et mes hobbies sont lire des mangas et m'entraîner aux arts ninjas. Voilà !
Itachi songea à sa première présentation auprès de son professeur, Abdul, et se rendit compte que ses sentiments avaient beaucoup changé. Il avait mûri, sans doute.
Tous les regards convergèrent vers Sakura, qui se présenta à son tour :
- Je m'appelle Tamara, et je suis la réincarnation de Sakura. J'ai dix-sept ans, comme Itachi, et je viens de New York, où je travaillais comme serveuse, comme vous pouvez le voir, dit-elle en montrant ses vêtements.
Les trois garçons se mirent aussitôt à loucher sur la robe, avant de détourner les yeux lorsque Sakura releva la tête vers eux. Eviter toute conduite suicidaire…
- Je déteste qu'on me traite de mégalo, même si c'est vrai.
J'aime écouter de la musique, je suis assez gourmande et je suis classée première de l'Etat de New York en boxe thaïlandaise.
Adrien déglutit. Il allait vraiment devoir faire gaffe sur ce coup-là.
- Sinon, que dire… Mes parents et mes deux frères aînés habitent aux Etats-Unis, mais je suis d'origine japonaise.
- Ok ! Je crois que c'est à moi ! fit le Hyûga en se levant. Je m'appelle Yohan et…
- Une minute ! intervint Itachi.
Au grand étonnement des trois nouveaux, mais pas de Sakura qui voyait où il voulait en venir, Itachi sortit Gamataki de sa poche, et le plaça au centre de la table.
- Gamataki va vous révéler votre nom de réincarnation… Je suppose que vous voulez tous le connaître ?
Un oui général lui répondit, et le crapaud se dirigea vers Yohan.
- Allonge la monnaie, dit le crapaud en tendant sa patte vers le Hyûga.
- Quoi ? Mais je…
- Ah ah ah ! Je blague, bien sûr, ricana Gamataki en sortant son éternel paquet de chips.
Par contre, je ne dirai pas nom à un peu de bouffe… Voici le deal ! Un paquet de chips si vous voulez votre nom, ok les noobs ?
Alors qu'Itachi étouffait un rire, Sakura se baissa vers le batracien.
- Mais mon petit Gamataki, pour moi c'était gratuit, non ? dit-elle en minaudant.
Gamataki eut un coup de patte rageur et lui jeta un regard noir.
- Tu pouvais pas te taire, espèce d'idiote ? Tu viens de faire échouer une brillante opération commerciale ! Maintenant, impossible de les pigeonner… Adieu paquets de chips…
- Allez, vas-y Gama, et je te les achèterai des paquets de chips, dit Itachi en souriant.
D'un seul coup, le crapaud se métamorphosa, passant des larmes au rire.
- Youpi ! Bon… Par qui je commence ?
Neji leva une main hésitante, et Gamataki le regarda d'un air blasé.
- J'imagine que tu te doutes que tu es un Hyûga, misérable scolopendre ?
Le jeune homme ne releva pas la dernière partie de la phrase et acquiesça vigoureusement.
- Paaarfait… Itachi, tu veux bien le retenir au cas où ? demanda le crapaud au brun. La réaction est parfois violente, et il risque de tomber du banc. Non pas que ça me dérangerait mais…
Itachi s'exécuta, et Gamataki révéla le premier nom, en mâchonnant une chips.
- Hyûga Neji.
Yohan ne tomba pas, mais devint blanc comme neige, avant de vomir sur Itachi, qui se tenait sur sa droite et le maintenait.
Tous les autres éclatèrent de rire, tandis qu'Itachi oscillait entre gêne, dégoût et colère.
- Tu l'as fait exprès, sale crapaud de malheur ?
- Non, je te le jure ! s'exclama Gamataki en croisant les doigts, avant de se tourner vers les deux filles, à qui il confia :
- En réalité, les Hyûga ont toujours eu le baptême difficile…
La gente féminine rit, tandis qu'Itachi rougissait en épongeant la substance nauséabonde.
- J'ai entendu, Gamataki… Tu peux faire une croix sur tes chips.
Le crapaud changea radicalement d'attitude et se mit au garde-à-vous.
- Chef, je ne recommencerai plus, chef !
Yohan, qui avait repris des couleurs se releva et s'excusa, tandis que le crapaud plongeait une nouvelle fois sa petite main dans le paquet de chips et se tournait vers Maïté.
- Hn. Killer Bee. Tu le connais déjà, non ?
Maïté, surprise, opina du chef.
- Oui, comment…
- Je suis le meilleur, c'est tout ! Vu que je possède une bonne perception du chakra, ce fut un jeu d'enfant de voir que tu avais retrouvé l'ensemble de tes pouvoirs. Bon, il reste plus que l'abruti maintenant, s'exclama le batracien en engloutissant une énième chips.
- Abruti ? Tu vas voir espèce de reptile stupide ! cria Adrien en levant le poing.
Le crapaud le fixa un moment la bouche ouverte, avant de murmurer :
- Un reptile ? Incroyable ! Il est aussi con que Jiraya !
En entendant le dernier mot, Adrien tomba à la renverse et s'écroula dans l'herbe.
- Ah ! Là tu aurais dû le tenir, Itachi.
Le Seigneur des Corbeaux lui lança un regard noir, tandis que la réincarnation de Jiraya se relevait en se massant le dos.
- Jiraya… ça ne m'étonne pas, dit soudain Maïté.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda Sakura qui ne connaissait rien du monde de Naruto.
- Lis le manga et tu sauras, lui répondit la blonde dans un sourire.
- Jiraya est le plus grand pervers de l'univers, récita Neji.
Aussitôt, Sakura se leva et cogna le pauvre Adrien qui n'en demandait pas tant.
C'est un Adrien bien mal en point qui commença sa présentation.
- Je m'appelle Adrien, j'ai vingt-deux ans, et j'habite à Pornichet. Il n'y a rien que je déteste, mais j'aime les mangas : je suis ultra fan de Naruto. Ah oui j'aime aussi le coca, les filles, et je suis un gros pervers ! Bwahaha ! conclut le brun en agitant ses doigts.
Sakura écarquilla les yeux. Mais c'est qu'il l'avoue en plus ! Elle résista néanmoins à l'envie de frapper le jeune homme, qui s'était protégé instinctivement.
- Bon, bah, comme je l'ai déjà dit, je m'appelle Yohan, entonna soudain le Hyûga, alors que tous les autres se taisaient.
J'ai vingt-trois ans et comme tout le monde, j'aime les mangas et la musique. Mes loisirs ? Le paint-ball, les sorties avec les copains, les trucs cool quoi. Je déteste les gens qui me regardent de travers. Mon rêve pour l'avenir, c'est d'être enfin reconnu à ma juste valeur.
- Tu es sûr que tu n'es pas la réincarnation de Naruto ? plaisanta Adrien.
Le Hyûga se contenta de sourire.
Dès que la voix de Yohan s'éteint, Maïté prit le relais.
- Je m'appelle Maïté, et j'ai trente-deux balais. La poésie, pleine d'émotion, est ma vie et ma passion. De la danse aux arts plastiques, j'aime tout ce qui prône l'esthétique. Je déteste la guerre et les gens terre-à-terre, prisonniers de leur incapacité à rêver.
Il n'y pas grand-chose à ajouter, si ce n'est que depuis mardi dernier, j'héberge un gentil démon qui répond au plus glorieux des noms : Hachibi ! J'ai fini, ajouta la jeune femme en se tournant vers Itachi.
Celui-ci ne répondit pas. Neji et lui avaient les yeux rivés sur une camionnette blanche qui était en train de se garer non loin de leur table. La camionnette ressemblait étrangement à la leur, et une silhouette portant une robe noire parsemée de nuages rouges venait d'en descendre. Itachi agrippa son sabre, et montra la camionnette aux autres.
- Encore eux ! siffla Neji. Il y en a encore combien des comme ça ?
Itachi ne répondit rien, mais se tourna vers le Hyûga :
- Neji, peux tu sonder le véhicule avec ton Byakugan ?
Le brun s'exécuta et répondit rapidement :
- Trois personnes, en comptant celui qui vient de descendre.
Itachi assimilait l'information lorsque Adrien intervint :
- Vous croyez qu'ils nous cherchent ?
- Je n'en sais rien.
Itachi réfléchit, puis ajouta :
- Je ne pense pas. S'ils se sont garés de notre côté, c'est qu'ils roulaient dans la direction inverse à la nôtre. Ils se dirigent sans doute vers l'institut…
- Peut-être y amènent-ils un nouveau prisonnier, suggéra Neji.
Le visage de Sakura s'éclaira.
- C'est sans doute ça ! D'autant plus que les deux autres personnes ne sont toujours pas sorties de la camionnette ! Ce seraient donc…
- Le gardien et son prisonnier, compléta sombrement Itachi.
Le brun se leva et s'apprêtait à se diriger vers le véhicule, lorsqu'il fut retenu par la brune.
- Quoi ? lui demanda Itachi sans se retourner.
- Il est hors de question que tu y ailles tout seul ! Nous pouvons…
- Vous n'avez pas encore reçue de formation digne de ce nom, la coupa Itachi. Les risques…
- On s'en tape des risques ! s'exclama Neji ? On veut t'aider.
Itachi soupira, et se tourna vers le groupe.
- Ecoutez, je vous promets que vous serez bientôt capables de vous battre contre ces types, mais pas maintenant. Et puis… j'ai un plan, révéla Itachi en souriant.
Le brun s'échappa de la poigne de la brune exaspérée, puis composa quelques signes.
Il y eut un petit nuage de fumée, dont sortit un Itachi transformé. Il avait une fois de plus revêtu l'apparence de Naruto, mais était en plus affublé d'un uniforme de policier.
- Alors c'est ça ton plan ? ricana Adrien. Pas bête mais…
- … Il y a un risque je sais, dit Itachi. Si ce mec a un sharingan et l'active, il verra le Henge… Mais on a pas d'autre plan.
Sur ce, Itachi se dirigea vers le camion en sortant un carnet de nulle part.
- Monsieur ? Vous êtes le conducteur de ce véhicule ?
Le shinobi à moitié endormi se redressa subitement, aux aguets.
- Que, quoi ? Ah ! Bonjour, monsieur l'agent. Non, je ne suis pas le conducteur. Il y a un problème ?
- Rien de grave, je voulais juste m'assurer que vous ne reprendrez pas la route avec des pneus dans cet état, fit Itachi en désignant l'arrière du véhicule.
Alarmé, l'homme ouvrit la portière et sortit, talonné par le faux policier. Il se penchait vers les pneus lorsqu'il perdit connaissance.
Itachi balaya les environs du regard, rassurant les vacanciers intrigués.
- Police, veuillez ne pas vous approcher. Cet homme est dangereux, c'est un suspect dans une affaire d'enlèvement, ajouta Itachi.
Ses amis, qui l'avaient suivi regardaient la scène, hilares, lorsqu'il virent revenir le troisième larron. Aussitôt, Neji avertit Itachi qui se tourna vers l'homme qui courait vers lui.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Vous êtes accusés d'enlèvement et…
- Puis-je voir votre carte, l'interrompit le shinobi.
- Bien sûr, lui répondit Itachi en baissant la tête pour sortir ladite carte de sa poche.
Comme prévu, l'homme profita de l'ouverture et tenta d'abattre sa main sur la nuque du policier.
A sa grande surprise, ce dernier lui saisit la main sans la regarder, et lui porta un coup au plexus solaire qui le fit s'étaler sur le bitume. Itachi ne perdit pas une seconde et assomma l'homme d'un coup de poing magistral.
La foule de curieux applaudit, tandis qu'Itachi se permettait un sourire. Ces types étaient vraiment faibles…
Itachi les fouilla et trouva sur l'un d'eux les clefs de la porte arrière de la camionnette.
Le blond se dépêcha d'ouvrir et pénétra dans le véhicule. Il y régnait une grande pénombre, et cela ajouté à ses troubles de vision, il n'y voyait pas grand-chose. Il activa son sharingan et vit un chakra tout près de lui. Trop près. Pris de court, Itachi ne put éviter le coup de poing qui le fit reculer de quelques centimètres.
L'Uchiha ne savait pas trop s'il avait affaire à un ami ou à un ennemi, mais en tout cas, cette personne ne tapait pas très fort…
« Ça m'étonnerait que ce soit ça un type de l'Aka, songea Itachi ».
Le Seigneur des Corbeaux attrapa la main de l'inconnu et la tira vers lui.
Il put alors voir son agresseur. Une adolescente aux cheveux blonds foncés et aux yeux verts.
Elle devait mesurer un mètre soixante-cinq et était plutôt mignonne. Mais à cet instant, elle semblait surtout apeurée et se débattait de toutes ses forces.
- Calme toi ! Je suis venu te sauver, lui expliqua le blond en la lâchant.
Les paroles du jeune homme la rassurèrent plus que l'uniforme et la fille commença à se calmer.
- Ou suis-je ? Que s'est-il passé ?
Itachi prit un air sérieux.
- Tu as été kidnappée et enfermée dans cette camionnette.
Voyant que les curieux s'agglutinaient autour d'eux, Itachi préféra faire vite.
- Je sais que tu dois être fatiguée, mais je dois recueillir ta déposition.
La fille acquiesça, tandis que les spectateurs laissaient exprimer leur désapprobation.
« Les policiers auront toujours le mauvais rôle, et ne sont jamais remerciés », songea Itachi.
- Mais enfin, vous n'avez pas de cœur ? Elle est bouleversée cette gamine ! fit une femme en s'avançant vers eux.
Itachi ferma les yeux. Elle pouvait pas s'occuper de ses affaires celle-là ?
- Je suis désolé mademoiselle, mais je dois faire ça maintenant, continua Itachi sans un regard pour la femme.
Que diriez-vous d'un coin un peu à l'écart de cette agitation ? lui demanda le policier blond.
Tous deux se dirigèrent vers la table où Itachi et ses amis avaient déjeuné auparavant.
- Vous ne faites rien pour eux ? demanda la blonde en désignant les deux shinobis à terre.
- Ils sont très bien là où ils sont. De toute façon, il ne pourront pas tomber plus bas, ricana le policier.
Le duo fut bientôt rejoint par les nouveaux membres d'Amaterasu. Dès que ceux-ci furent arrivés, Itachi fit quelques mudras puis dit :
- Genjutsu activé.
Aussitôt, le brun dissipa son Henge, et la blonde sursauta.
- Vous…
- Plus tard, les questions ! intervint Sakura. Pour l'instant, nous devons fuir. Et vite !
- Mais ne t'en fais pas, nous sommes les gentils, dit Neji en levant le pouce.
- Bonjour ! Ravi de voir qu'il y a une jolie fille de plus dans le groupe, chantonna Jiraya.
Killer Bee, elle, était occupée à gratter sur son bloc note et ne prit même pas la peine de relever la tête.
- Allons-y, dit simplement Itachi.
Madara jura en donnant un coup de pied dans le cadavre de Myoshin.
- Itachi… Il était là et tu n'as même pas été capable de l'arrêter. Tu m'as déçu, Myoshin…
Madara releva la tête vers ses subordonnés qui tremblaient par peur de la sanction.
- Vous n'êtes qu'un ramassis de pleutres et d'incapables ! s'exclama Madara, ses yeux rouges brillants de haine.
- Nous…
D'un revers de sabre, Madara décapita l'inconscient et poursuivit :
- Combien ? Combien d'hommes ont été tués ? Et combien de prisonniers ont été libérés ?
Un des shinobis répondit à son chef d'un voix blanche :
- Il a libéré trois prisonniers. Et a tué sept autres shinobis…
- A lui tout seul ? Vous en êtes sûr ? tempêta Madara.
- Absolument sûr, intervint un autre shinobi. Vous comprendrez bientôt pourquoi en voyant les cadavres… Nous les avons mis au hangar, pour éviter que le feu ne se répande.
Madara, plein d'interrogations, pénétra dans le hangar et il les vit.
Six des sept cadavres avaient presque disparu, incinérés par les flammes noires qui continuaient de danser sur le sol.
- Amaterasu… murmura Madara.
A la grande surprise de ses acolytes, un grand sourire naquit sur les lèvres de Madara.
- C'est dangereux, ça, Itachi… Tu seras bientôt aveugle à ce rythme là, et même si tu es devenu impitoyable, je ne pense pas que tu sois prêt à tuer ton frère pour obtenir le Mangekyou éternel…
- Le Mangekyou éternel ? osa un des shinobis qui se tenait aux côtés de Madara. Comme le vôtre Madara-sama ? Mais je ne savais pas qu'il fallait les yeux de son frère pour l'obtenir ?
Le sourire de Madara s'agrandit.
- Il faut les yeux de son frère de réincarnation. Et manque de chance, le frère de réincarnation et le frère biologique de ce cher Karasu ne font qu'un. Comment vas-tu faire mon cher Itachi ? souffla Madara.
- Madara-sama ! Venez voir !
Madara se tourna vers le shinobi chargé d'examiner les cadavres.
- Qu'y a-t-il ? demanda Madara en s'approchant.
- C'est bizarre, la main droite des cadavres… Elles semblent épargnées par les flammes.
Madara promena son regard sur les macchabées et put vérifier ses dires.
Le chef de l'Akatsuki se pencha vers l'un des shinobis décédés et lui ouvrit la main droite.
Au centre de sa paume, comme gravé par les flammes noires, brillait un kanji.
- Le Seigneur des Corbeaux… déchiffra Madara.
