MERCI, THANK YOU, DANKE, GRACIAS a MAHA1959 =)


Chapitre 20 : Mensonge

Louvia se trémoussa, puis ouvrit un œil. Elle vit alors une énorme masse de poils étalée à côté d'elle. Quand elle se redressa sur ses coudes, une tête émergea du tas de fourrure. Ses grands yeux bleus la dévisagèrent un instant, puis le loup lui donna un coup de museau humide. Elle écarquilla les yeux, mais sa vue était troublée et la pièce où elle se trouvait, tanguait. Et elle ne voyait pas une tête rattachée à un corps, mais deux. Louvia se frotta les yeux et se tapa le front pour se remettre les idées en place. Une douleur fulgurante lui traversa le poignet, qu'elle ramena contre elle en grognant.

- Enfin debout, gémit le loup. Ça va ?

Louvia secoua sa tête et put enfin y voir clair. Le loup était toujours allongé et sa tête était à quelques centimètres de son visage ; elle sentait son souffle chaud lui balayer la figure. Quand elle reprit ses esprits, elle sursauta violemment en balbutiant :

- Mandoza ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Et où sommes-nous ?

- Tu as l'air surprise de me voir, geint-il. On est chez les elfes...

Louvia gémit.

- Et si je suis là c'est parce que c'est moi qui t'ai amenée ici. Tes sorciers s'étaient paumés, grogna Mandoza.

Elle ne savait pas pourquoi, mais le fait que Mandoza soit là n'était pas du tout une bonne chose. Non, pas du tout.

Louvia essaya de se redresser mais ses chevilles lui faisaient mal tout comme ses poignets. Elle les inspecta et vit de grosses ecchymoses bleutées qui les entouraient comme des bracelets. Elle sentait aussi un point engourdi au-dessus de sa poitrine, elle y jeta un œil ; elle avait une trace ovale rosée sur la peau, comme une morsure.

- J'étais obligé, se défendit Mandoza.

- Merci, lui dit-elle.

Le loup avança sa grosse tête afin de la poser sur son épaule.

- Je vais t'aider à te relever.

Elle passa ses bras autour du cou imposant, arrivant tout juste à en faire le tour. Mandoza se redressa, la relevant du même coup.

- Où est Draco ? Demanda-t-elle.

Elle espérait de tout son cœur qu'ils aient réussi à s'échapper quand les mangemorts les avaient pris au piège.

- Il est dehors, grogna Mandoza.

- Il va bien ?

- Oui.

Mandoza avait répondu sur un ton qui montrait clairement que ce n'était pas quelque chose qu'il appréciait : Il aurait tant aimé qu'il soit à moitié mort.

Ils sortirent de la maison taillée dans l'arbre. Louvia était pendue au cou du loup. Un large sourire se dessina sur son visage quand elle aperçut ses quatre amis sorciers blottis les uns contre les autres, profondément endormis. Un filet de bave coulait même sur le menton pointu de Draco.

Louvia clopina jusqu'à eux, et quand elle se pencha vers Draco, celui-ci ouvrit les yeux. Il resta quelques secondes sans bouger et sans rien dire, le temps que son cerveau endormi face le point, puis il sourit.

- Louvia !

Il se releva et voulut la serrer dans ses bras mais Mandoza jappa, lui interdisant de l'approcher. Louvia se décrocha du loup et tomba presque dans les bras de Draco. Il posa sa joue contre la sienne encore un peu plus chaude que la normale.

- J'ai eu si peur pour toi, soufflèrent-ils en même temps.

- Bon, c'est fini ces retrouvailles émouvantes ? Grogna Mandoza. On rentre maintenant.

- Avant, il faut que je me change, dit Louvia.

Un bruit de ventre criant famine, en gargouillant très fortement, se fit entendre.

- Et, il n'y aurait pas quelque chose à manger ?

Mandoza se redressa sur ses deux pattes, dominant tout le monde de sa hauteur impressionnante. Les membres du loup se déformèrent, les poils rentèrent sous la peau. Mandoza reprit sa forme humaine.

Puis le vieil elfe qui avait attendu Louvia, lui apporta une longue tunique elfique ainsi qu'une sorte de galette de pain blanc. Elle retira son jean et son tee-shirt qui étaient foutus et enfila la tunique. Elle était soyeuse et d'une douceur incomparable. Quant au pain, elle fit la moue en le prenant mais le porta néanmoins à sa bouche. Elle mâcha longuement avant d'avaler.

- Beurk ! Comment faites-vous pour avaler un tel truc ?

L'elfe sourit.

- Bon, on y va maintenant, s'impatienta Mandoza.

- Je ne veux pas te retenir plus longtemps, rentre chez toi, lui dit Louvia.

- Et comment vas-tu rentrer, toi ?

- Bien, par-là.

Elle désigna de la tête un chemin.

- Tu n'arrives pas à marcher.

- On l'aidera, rétorqua Draco.

Mandoza haussa un sourcil.

- Tu n'es pas capable de la soutenir.

- Je peux marcher, grogna Louvia.

- Et si elle s'évanouit, comment allez-vous faire, vous les boss en orientation ?

Silence de la part de Draco et de Louvia.

- Bon. Je crois que vous ne pouvez rien rajouter, alors on se dépêche.

- Ça t'ennuie, dit Louvia. Nous allons rentrer par nous même...

- Non. Pour rien au monde je ne raterais ça.

- Tu raterais ... quoi ?

- Je suis sûr que tes frères et ton père vont être très contents de voir les sorciers après ce qu'il s'est passé, fit-il avec un grand sourire sadique.

Louvia se renfrogna.

- Ils ne feront rien puisqu'ils ne sauront rien.

- Et comment ?

- Officiellement je suis partie à la chasse aux dragons et par malheur je suis tombée sur un venimeux qui m'a mordu, commença Louvia.

- C'est quoi cette histoire ? La coupa Mandoza.

- Et Draco, Harry, Ron et Hermione m'ont sauvée, continua Louvia, et amenée chez les elfes puis tu les as rencontrés et ramenés au village.

- Pas mal comme version, commenta Draco. Ouais, ça peut marcher.

- Tu vas leur mentir ? Railla Mandoza.

- Il le faut, répondit Louvia. Et je te demande de bien vouloir raconter cette même histoire à mes parents.

- Pff, alors là, ne rêve pas !

- S'il te plaît, le pria Louvia. Et je ferais absolument tout ce que tu voudras...

Mandoza soupira.

- Si jamais ils le savent, ils vont être en colère et Draco devra partir avec Harry et ils seront en danger. Le méchant sorcier leur veut du mal !

- Oh, le gros méchant sorcier pas beau, se moqua Mandoza.

Il ricana. Draco serra ses poings, l'un d'eux contenant sa baguette.

- Il leur ferait beaucoup de mal ! Insista Louvia.

- C'est alléchant.

Mandoza passa sa langue sur sa lèvre inférieure. Louvia bouillonnait, quel crétin ! Elle avait envie de le frapper mais elle était trop faible et puis il risquait de tout balancer.

- Ce n'est pas leur faute, railla-t-elle.

- Absolument. Ce n'est pas eux qui t'ont emmenée, je ne sais pas où, et qui t'ont empoisonnée...

- Nous ne l'avons pas empoisonnée, dit Draco en grinçant des dents.

- Je ne parle pas de ça, reprit Louvia sur un ton sérieux.

Voronwë était revenu voir le vieil elfe et discutait avec, à l'écart des trois jeunes qui se disputaient.

- De quoi alors ?

- Ils n'ont rien à voir avec la mort de ta mère.

Mandoza siffla de colère, la rage qu'il avait tentée de contenir depuis leur arrivée remonta, l'envahissant complètement. Il serrait ses poings tellement fort que ses jointures craquèrent.

- Tu peux me frapper si tu veux, mais c'est la vérité.

Il pinça ses lèvres et leva un bras comme pour lui infliger un coup. Draco pointa sa baguette sur lui. Mandoza ricana. Un rire hystérique et faux. Ses yeux étaient gonflés, gorgés de sang, ce qui leur donnaient une teinte rouge. En riant, il leva le menton, découvrant sa gorge.

Et là, Louvia la vit. La petite tâche bleu au creux de son cou et de sa mâchoire. Elle se tourna vers les elfes qui avaient déjà compris. Mandoza sifflait entre ses dents, projetant quelques postillons. On aurait dit qu'il était enragé.

Puis, en un éclair, Louvia saisit la chevelure blonde et la tira vers elle pour que la tête de Mandoza soit à sa hauteur, à porter de crocs. Voronwë s'était glissé derrière le colosse hystérique et avait encerclé de ses bras ceux de Mandoza pour qu'il ne puisse plus bouger.

Ensuite, elle entailla la toute petite tâche. Le vieil elfe arriva avec la fiole de contre poison et en versa une goutte sur la plaie qui moussa. Mandoza grogna et se défit de l'étreinte de Voronwë.

- Il faut te remettre les idées en place, dit l'elfe à l'adresse de Mandoza. Je suis désolé.

Il lui décocha un coup de poing bien senti sur la pommette droite.

- Tu te sens mieux ? S'enquit Louvia.

- Il lui en faut encore un, répondit Draco.

Draco frappa le visage du colosse puis lui enfonça son poing dans l'estomac, dur comme la pierre. Les phalanges de Draco le lancèrent. Il se frotta les mains.

- Outch ! Ça fait mal, mais qu'est-ce que ça fait du bien !

Mandoza tapota sa coupure au cou et se donna un coup sur le front. Sa colère avait baissé d'un cran, et il put la renfermer en lui. Il se rapprocha de Louvia, comme si de rien n'était, prit son menton dans une main et releva sa tête pour pouvoir voir ses yeux.

- J'accepte de mentir à une seule condition.

Il leva le petit doigt à la hauteur de sa bouche.

- Je veux que tu partes et que tu ne reviennes plus jamais dans cette forêt.

Louvia se liquéfia. Il ne pouvait pas exiger ça d'elle. Son cœur se serra dans sa poitrine et elle sentit les larmes montées. Il la détestait tellement qu'il voulait qu'elle parte. Elle crispa son visage pour refouler un sanglot. S'il voulait ça d'elle, elle devrait le faire, elle serait capable d'énormément de choses pour le satisfaire.

Mandoza lâcha son menton et regarda par-dessus l'épaule de Louvia.

- M'as-tu bien compris ? Demanda Mandoza à Draco. Toi autant qu'eux.

Il désigna les trois sorciers endormis.

- Je ne veux plus vous revoir.

Son cœur fit un bon dans sa poitrine, il s'était séparé d'un poids, Mandoza ne souhaitait pas son départ. Mais elle, elle ne souhaitait pas du tout le départ de ses amis sorciers.

- Hors de question, s'opposa Louvia. Ils ne partiront pas ! Ils sont en sécurité ici, alors ils resteront jusqu'à ce que...

- Dans ce cas...

Soudain Hermione et Harry émergèrent. Ils se relevèrent et jetèrent un regard interrogateur à Draco.

- Contente que tu ailles mieux Louvia, fit Hermione.

- Ça va ? S'enquit Harry.

- Oui, merci, répondit Louvia.

- Réveillons la belette et partons, ordonna presque Draco.

- Non, dit Louvia sur un ton catégorique.

Elle fit face à Mandoza et rajouta :

- Tu as une dette envers moi que tu dois rembourser.

- A ouais ? Depuis quand ?

- Depuis que je t'ai enlevé cette…

Elle leva la main vers la petite coupure de son cou et la chatouilla du bout des doigts.

- ... Vilaine tâche.

- Je te signale que j'ai fait la même chose pour toi.

Louvia ne savait à présent plus quoi dire. Enfin si :

- Je rentrerai chez moi demain. Tu n'auras pas besoin de venir donc tu ne verras pas ma famille et ne seras pas obligé de mentir.

Il fronça les sourcils.

- Je finirai bien par les croiser et tout leur dire.

- C'est du chantage.

- Un moyen de pression, rectifia-t-il.

- Sonia ne sera pas contente, ajouta Louvia.

À l'expression du visage de Mandoza, elle sut que c'était gagné. Sonia était un vrai tyran et elle avait pris le parti des sorciers.

- Ecoute, je suis désolée mais Draco ne partira pas. Les méchants sorciers qui sont à leurs trousses veulent les tuer parce qu'ils font une mission pour…

Louvia s'arrêta parce qu'elle ne savait même pas de quoi elle parlait. Ils faisaient une mission, ça elle le savait parce qu'ils sont allés faire quelque chose à Londres. Mais quoi ?

- Cette guerre concerne l'ensemble du monde magique, dit Harry.

- Nous ne nous y impliquerons pas, railla Mandoza.

- Nous n'aurons peut être pas le choix, intervint le vieil elfe.

Mandoza se boucha les oreilles.

- Je n'ai pas envie de le savoir !

- Il réagit vraiment comme un gamin, commenta Voronwë.

- Vous me gavez ! Renchérit Mandoza, Ras le bol !

Louvia soupira. Le lythari leur tourna le dos et commença à partir. Louvia respira un grand coup, essaya de mettre un pied devant l'autre sans vaciller. Elle réussit à marcher jusqu'à lui et lui agrippa le bras. Il se retourna et marmonna.

- Qu'est-ce que tu veux, encore ?

- Si tu ne veux pas mentir pour sauver la peau des sorciers...

Louvia marqua une pause.

- Fais-le pour sauver la mienne.

Elle lui sourit à moitié en espérant qu'il ne se mette pas à rigoler. Au contraire Mandoza adopta une expression plutôt sérieuse. Il se mordit la lèvre. « Je t'en supplie », pensa Louvia. La mâchoire du blond se décrocha et il se mit à bailler ouvertement sans même songer à mettre sa main devant sa bouche.

- Je suis fatigué, j'ai envie de dormir, dit-il.

- Vous pouvez dormir ici, leur proposa le vieil elfe.

Mandoza haussa les épaules.

- Je prends ça pour un oui, je vais vous chercher des couvertures.

Louvia rejoignit les sorciers. Elle s'assit à côté d'Hermione qui frissonnait. Draco prit le petit sac en perle ensorcelé de la sorcière, l'ouvrit puis farfouilla à l'intérieur pour trouver sa cape et d'éventuels oreillers.

- Tu as des oreillers dans ton sac ? Demanda–t-il.

- Il doit y en avoir trois.

Il retourna le contenu du sac et en sortit trois coussins ainsi que sa cape de Poudlard qu'il avait gardée quand il avait transplanné chez les lytharis la première fois. Harry avait, quant à lui, allumé un feu magique qui ne s'étalait pas et qui ne brûlait pas. Mandoza pinça ses lèvres quand il vit le feu jaillir de sa baguette.

Le vieil elfe revint avec six couvertures tissées avec des fibres bizarres. Il en donna une à chacun. Mandoza se roula en boule au pied d'un arbre, le plus loin possible des sorciers. Harry et Hermione reprirent leur place et s'enveloppèrent dans leur édredon elfique, calant leur tête avec un oreiller. Draco avait lui aussi hérité d'un coussin puisque Ron s'était endormi sans, on l'avait juste recouvert.

Louvia était légèrement en retrait par rapport à eux, elle avait replié ses genoux contre elle et les avait entourés de ses bras. Draco qui allait s'allonger lui aussi, tourna la tête vers la lythari.

- Viens avec nous, il fait plus chaud ici.

A ce moment Mandoza grogna, mais se devait être dans son rêve. Louvia hésita puis se redressa et alla s'allonger entre Hermione et Draco...

La nuit était presque terminée quand Draco se leva. Il s'extirpa de sa couverture tout en veillant à ne pas réveiller Louvia qui dormait profondément, enlacée à Hermione. Les deux jeunes filles s'étaient collées l'une à l'autre durant leur sommeil et Louvia avait entouré de ses bras le ventre d'Hermione comme elle le faisait avec son petit frère.

Draco se dirigea lentement vers Harry qu'il réveilla en le secouant doucement. Il lui chuchota quelque chose à l'oreille. Harry acquiesça, récupéra ses lunettes qu'il mit sur son nez puis se leva. Ils se dirigèrent à pas de loup vers Mandoza qui dormait profondément. Ils essayèrent de le réveiller, tout d'abord en douceur, mais Mandoza ne bougea pas un orteil. Draco commençait à avoir l'habitude des lytharis et il savait qu'il était difficile de les tirer du lit. Il y alla donc franco quand il lui donna un coup de pied dans le derrière. Mandoza rouspéta pendant son sommeil mais ne battit pas un cil. Draco, dont la patience était légendaire, (semblable à celle d'une personne ayant patienté quatre heures pour avoir un rendez-vous et quand enfin arrive son tour, le conseiller prend sa pause) choppa la tignasse blonde de Mandoza et le secoua violemment. Le lythari ouvrit enfin les yeux. Il gronda en voyant les deux sorciers.

- On voudrait te parler, lui dit Draco.

- Va te faire... Grommela Mandoza.

- De Louvia et de ce que tu nous as demandés, ajouta Draco.

- Tu sais qu'avec ce que tu viens de faire, tu me donnes une excuse en or pour t'étriper.

- Et moi de faire de toi ma prochaine descente de lit, répondit Draco avec un sourire.

- Parlons, décréta Mandoza agacé. Vous allez vous barrer de notre forêt ?

- Oui.

Le lythari se dressa sur ses pieds.

- Très intéressant, se réjouit ce dernier...

... Le soleil perçait à travers l'épaisse couche de feuilles des immenses arbres blancs.

- Debout ! Hurla Mandoza aux oreilles de Louvia qui dormait.

Elle entrouvrit les yeux et se redressa sur ses coudes.

- C'est l'heure ?

- Yep, répondit Mandoza bizzarement rayonnant, il semblait ... épanoui, rien à voir avec le grincheux de la veille.

Draco arriva et posa une assiette sur les cuisses de la lythari.

- Bon ap'.

- Wahou ! Où as-tu trouvé tout ça ?

Dans l'assiette il y avait des œufs brouillés et une galette toute molle mais pas de provenance elfique ; Ouf, parce que ces trucs c'est vraiment écœurant !

- Magie, magie, psalmodia Draco en agitant les mains.

Mandoza grogna et s'en alla. Louvia porta la galette briochée à sa bouche.

- Miam !

- Dépêche-toi, je n'ai pas toute la journée ! Gueula Mandoza.

- Ok, marmonna Louvia la bouche pleine.

Elle engloutit l'assiette en un temps record.

- Fini !

…Le groupe de sorciers et Louvia s'étaient mis en marche pour regagner le village de cette dernière. Mandoza les accompagnait, traînant des pieds à l'arrière du groupe, et shootant dans chaque malheureuse pierre qu'il rencontrait sur son passage. Il ruminait dans sa barbe inexistante. Mais son visage était éclairé par un sourire narquois et satisfait. Il était d'une humeur totalement opposée à celle, exécrable, qui le dominait hier soir.

- Il ne fait plus la tronche, constata Louvia.

- Tant mieux, je ne veux pas paraître désobligeante, mais hier il faisait très peur. On aurait dit qu'il...

- Avait la rage, finit Louvia.

- Oui.

- Une infime quantité d'argent peut rendre certains d'entre nous plus hargneux que d'habitude.

Louvia se retourna et fixa pendant un moment le lythari beaucoup trop réjoui. Elle haussa les épaules.

- Ça a l'air de lui être passé.

Elle avançait en regardant en arrière et elle ne vit pas la racine qui barrait le passage. Son pied s'y accrocha et elle tomba en avant. Elle positionna ses mains devant elle afin d'amortir sa chute. Erreur ! Ses poignets n'apprécièrent pas de se retrouver écrasés par le reste de son corps. Une brûlure intense lui parcourut ses blessures, autant celles de ses poignets que de ses chevilles. Elle grognassa de douleur. Elle tentait de se relever quand deux mains la soulevèrent par les aisselles.

- Je te l'avais dit que tu ne serais pas capable de marcher tout le long, lui fit remarquer Mandoza d'une voix cristalline.

- Epargne-moi tes sarcasmes !

- Nous sommes bientôt arrivés.

Elle frotta ses poignets qu'elle avait bandés pour que personne ne remarque les bleuissures qui cerclaient ses poignets à la manière de bracelets. Elle avait fait également de même avec ses chevilles.

- Comment vas-tu justifier ça ? Demanda Mandoza en désignant les bandages.

Louvia réfléchit rapidement, rien ne lui venait en tête.

- Tu n'as qu'à dire que c'est une nouvelle mode, suggéra Draco.

- Une quoi ?

- Mode, façon de s'habiller.

- Ouais, ça pourrait coller. Merci, fit-elle avec un sourire, tu as toujours de très bonnes idées !

Mandoza railla.

- Tu es jaloux, constata t-elle.

- Quoi ? Reprit ce dernier, jaloux ?

Louvia se contenta de sourire et reprit sa marche.

Ils arrivèrent enfin au village. Dès que les villageois aperçurent Louvia, ils lui firent un signe de la main et sourirent de soulagement.

- Eh, bien ! On se demandait où tu avais bien pu passer ! Dit une femme en s'avançant vers elle. Ton père allait justement lancer une troupe à ta recherche.

- AH ! ENFIN ! S'écria Jake en courant vers le petit groupe.

Puis Louvia aperçut son père qui tapait du pied, sa mère qui semblait vraiment soulagée et ses frères qui affichaient des expressions diverses. Ceux qui s'étaient agglutinés autour du petit groupe se décalèrent pour laisser passer le chef. Sa mère passa devant lui et vint serrer sa fille dans ses bras.

- Où étais-tu ? J'ai eu si peur pour toi.

Anna relâcha son étreinte et Remeaudor vint se poster devant sa fille, le regard haut. Louvia fit la grimace, cela sentait le sermon à plein nez. Remeaudor toussota, puis bascula la tête de côté et rencontra le regard azuré du fils d'Hungerion. Il esquissa un sourire.

- Où étais-tu ?

- Tu me promets de ne pas t'énerver avant que je n'aie fini, objecta sa fille.

- Ça commence mal, nota Remeaudor, mais vas-y.

Louvia expliqua donc sa mésaventure mise au point avec les sorciers et Mandoza. Remeaudor questionna plusieurs fois les sorciers, Mandoza n'approuva pas leurs dires mais il grogna plusieurs fois comme signe de consentement. Ensuite il rentra chez lui. Les membres de la meute ne revinrent pas sur l'escapade désastreuse de Louvia.

Louvia dormait profondément et se remettait doucement de ses émotions dues au séjour peu hospitalier chez la famille de Draco. Les sorciers l'imitaient, ils avaient retrouvé le confort de la tente. La vielle cabane en bois dans laquelle ils avaient séjourné n'avait rien d'enviable. Même si cette mésaventure les avait renseignés sur un point fondamental pour leur mission contre Voldemort puisqu'ils savaient où se trouvait un autre horcruxe : dans la chambre forte appartenant aux Lestrange chez Gringotts. Ils savaient également de quoi il s'agissait : la coupe de Poufsouffle. Et une information supplémentaire sur un autre horcruxe : cela pourrait être le diadème perdu de Serdaigle.

La jeune lythari dormait par terre, ses bras enroulés autour de son petit frère Rom. Elle était heureuse et soulagée d'être encore en vie et de pouvoir encore profiter de sa famille.

Une grande main vint la secouer pour la tirer de son sommeil. Elle s'y reprit à plusieurs fois avant que Louvia daigne ouvrir un œil. Lou se dégagea de son petit frère sans le réveiller, et la main la prit par-dessous l'épaule pour la soulever. Ensuite elle dut suivre le propriétaire de cette même main jusqu'en dehors de la grotte.

Le grand feu qui marquait le centre du village se mourrait, il n'avait plus que de petites brindilles à grignoter pour rester en vie. Assis autour de ce feu dépérissant, Remeaudor, Nathaniel et Quirin attendaient le retour de Wladimir avec Louvia. Cette dernière se demandait pourquoi on l'avait tirée du lit pour une réunion familiale, réunion familiale sans sa mère et son petit frère.

Le cerveau de Louvia était encore embrumé par le sommeil, ses yeux étaient encore à demi-fermés.

- Assois-toi, la pria Remeaudor.

Elle s'exécuta et s'assit en face de ses trois grands frères et de son père.

- Louvia, dit son père sur un ton grave, tu es allée beaucoup trop loin dans tes bêtises.

Les quatre membres de sa famille la fixèrent avec des regards noirs et sévères, ce qui fit avaler difficilement sa salive à la jeune fille. Jamais son père et ses frères avaient semblé autant en colère contre elle. Et le pire c'est que c'était entièrement justifié, elle espérait juste qu'ils ne soient pas au courant pour son mensonge concernant "l'attaque des dragons venimeux" sur sa personne. Si son père venait à découvrir qu'elle avait quitté la forêt sans son autorisation pour se rendre dans une ville humaine et, en plus de cela, qu'elle s'était faite capturer par des mangemorts qui lui ont, même sans le faire exprès, administrée de l'argent ! Là, elle était bonne pour une punition à vie. Mais, ce qu'elle redoutait le plus, c'est que sa mère l'apprenne, parce que là, elle serait bonne pour la morgue.

- Pour commencer, tu as fait prendre des risques à ton ami en l'amenant à la rivière, continua le père, même si ce n'était pas intentionnel et que les jumeaux l'ont bien pris.

Oui, mais comme il venait de le dire ce n'était pas intentionnel. Et puis Draco n'allait pas rester, toute sa vie, séquestré par mère.

- Ça, ce n'était quasiment rien, mais tu avais tout de même désobéi à ta mère.

Et sa mère le lui avait bien fait remarquer.

- Sauf qu'ensuite tu as exposé Draco en le faisant manger avec nous lors de la chasse de la pleine lune.

Elle voulut faire remarquer à son père que lui et mère avaient été d'accord pour que Draco participe au repas.

- A ce moment là tout a dégénéré. Hungerion a très mal réagi et nos deux meutes sont maintenant en froid. Un froid qui a augmenté parce que tu es allée provoquer la petite amie de son fils et que tu l'as salement amochée !

Mince, il est au courant de cette histoire et elle qui pensait réussir à le dissimuler. Elle jeta un regard à Nathaniel. Son père le vit et rétorqua :

Ton frère a eu entièrement raison de me mettre au courant de cette mésaventure.

- Tu m'as désobéi Lou, lui rappela Nathaniel.

Et le problème, ton frère vient de le souligner, c'est que tu désobéis à tout le monde, à ta mère, à moi, à ton frère.

- En plus de mettre les autres en danger, tu t'y mets toi-même, répliqua Wladimir.

- Non, mais, franchement, reprit son père. Qu'est- ce qui t'a pris de provoquer la meute de Ted après avoir mis à mal une des leurs ? Tu voulais quoi ? Te faire encore plus amocher que la dernière fois où tu t'es retrouvée seule face à eux ?

- Une épaule en moins en plus des cinq jours à nous casser les couilles à ne pas vouloir guérir, rajouta Quirin.

Louvia baissa les yeux. Ils avaient raison, elle avait plus que totalement déconnée sur ce coup là. A cause d'elle son père allait avoir encore plus de mal à faire la paix avec Hungerion.

- Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je ne me contrôlais plus, se justifia t-elle. La colère m'a aveuglée et j'ai foncé dans le tas sans réfléchir.

- Je leur ai dit aussi la façon dont Carmena t'avait provoquée, l'informa Nathaniel.

- Ce n'est pas une excuse, intervint Wladimir. Tu aurais dû être plus intelligente qu'elle !

- Je sais, mais j'avais perdu mes moyens.

- Nous en arrivons là où nous voulions en venir.

- C'est-à-dire ? Demanda Louvia.

- Nous ne croyons pas à ton histoire avec les dragons.

L'estomac de Louvia se noua. Ils avaient deviné que c'était un mensonge. Elle allait en prendre plein la figure.

- Pourquoi ?

Louvia, répondit son père. Tu as provoqué la meute de Ted et blessé une de ses membres qui, de plus, est la petite amie de Mandoza. Le lendemain tu disparais et tu reviens seulement quatre jours après dans un état déplorable…

- Là où père veut en venir Lou, coupa Wladimir, c'est que nous pensons que la bande de Ted a réussi à te faire payer ta trop grande confiance en toi.

L'estomac de Louvia se dénoua. Ils n'avaient pas tiré les bonnes conclusions.

- Vous pensez que c'est Ted et les autres qui m'ont blessée ?

- C'est ce que nous pensons, répondit Remeaudor. Et ça expliquerait le fait que ce soit Mandoza qui t'ait conduite chez les elfes pour te soigner et qui t'ait ramenée au village.

- Non, vous vous trompez.

- Et nous pensons aussi qu'ils ont dû foutre une peur bleue aux sorciers pour qu'ils aient la même version que toi et Mandoza.

- Je te jure que non. Ils ne m'ont rien fait. J'ai fait l'imbécile en voulant aller chasser des dragons.

- Regarde-moi dans les yeux ma fille, ordonna Remeaudor.

Aïe... Quand son père lui demandait cela, elle ne pouvait pas mentir, car il le devinerait immédiatement ; sauf que là... elle ne mentirait pas. Enfin presque pas, puisque ce n'était pas Ted et ses coéquipiers qui l'avaient mise dans cet état.

- Ce n'est pas Ted qui m'a fait ça, lui dit-elle en le regardant dans le blanc des yeux.

- Bien, tu ne mens pas, conclut Remeaudor. A partir d'aujourd'hui je veux que tu écoutes tous les adultes et tes frères, et que tu ne te comportes plus comme une idiote. Et tu iras aussi, accompagnée de tes frères, faire des excuses à Carmena.

- Je n'ai pas envie de faire des excuses à cette..., marmonna Louvia.

- LOUVIA ! Ne parle pas mal !

- Pardon.

- Tu as compris ?

- Oui.

- Bien, on peut retourner se coucher.

Ils se levèrent tous, sauf Wladimir, pour regagner leurs couches douillettes qui les attendaient dans la grotte familiale.

- Louvia, attend, l'arrêta Wladimir.

Elle se retourna, son frère tapota la place libre à côté de lui pour l'inviter à venir le rejoindre. Elle alla s'asseoir. Dès qu'elle posa ses fesses à terre, Wladimir passa ses longs bras autour des épaules de sa sœur pour la rabattre contre son torse. Il la pressa contre lui, et elle enroula ses bras autour de son frère, heureuse de voir qu'il ne lui en voulait pas autant qu'elle le croyait.

- Ne me refais plus jamais ça.

- Oui, lui promit-elle...


Et grand merci à tout les fidèles lecteurs =) Et je vous prie de nous excuser du retard pour ce chapitre, mais ce n'était pas de notre faute ; L'Ordinateur nous a lâchement abandonné pendant un certain temps ^^

Dans le prochain chapitre, Talalannnnnnnnn, Proposition de la face-de-serpent-défraichie ! :

Elle se leva pour repartir dans son lit. Wladimir se leva également mais ne la suivit pas. Il se dirigea vers la forêt.

- Où vas-tu ?

- Dans la forêt, père veut que l'on surveille les alentours à tours de rôle.

- Pourquoi ?

- Il y a des gens qui rodent, on ne sait pas qui ils sont, ni leur intention donc père préfère être prudent.

- D'accord, fais attention !