Disclaimer : l'univers ainsi que les personnages appartiennent à JK Rowling et je n'y gagne rien.


Chapitre 21 : Godric

Godric se rendit dans un premier temps dans la Salle Commune des Gryffondor.

Il se figea devant le portrait de la Grosse Dame.

-Encore là celle-ci, marmonna-t-il avec un sourire.

-Oui, répondit-elle, pour vous servir.

-Vous... vous m'entendez ?

-Oui, mais je ne vous vois pas. Qui êtes-vous donc ?

-Oh, vous ne me croiriez pas... Vous me laissez passer ?

-Certainement pas. Puisque vous êtes si hautain, débrouillez-vous !

-Très bien, en vous souhaitant, soupira Godric, et il passa au travers du tableau. La Grosse Dame étouffa un cri.

La salle était telle qu'il l'avait créée : ronde, confortable et accueillante avec de gros fauteuils moelleux en velours rouge. Un feu ronflait dans la cheminée.

Les cours étant terminés, un bon nombre d'élèves, surtout des garçons, étaient installés à bavarder, ou à jouer à la bataille explosive ou aux échecs. Les filles, elles, gloussaient de ci de là, en regardant leurs homologues masculins se vanter de leurs exploits au Quidditch, ou entraient et sortaient de leurs dortoirs, surexcitées, parlant robes et coiffures.

Godric fut ravi de cette ambiance chaleureuse, il était fier de la Maison qu'il avait créée, et content de voir qu'un millénaire plus tard, l'esprit des Gryffondor était toujours là, chaleureux et accueillant.

Il fit un tour rapide des dortoirs, sans oser pourtant pénétrer dans celui des filles, et admira la vue d'une des fenêtres de la tour des garçons.

Il vit une lampe s'allumer dans la cabane de Hagrid, et quelques hiboux s'envolèrent de la volière pour survoler la Forêt Interdite.

Godric resta planté là quelques minutes, un sourire béat aux lèvres.

Ensuite, il sortit, ravi de sa visite, dans le couloir, en se faisant admonester par la Grosse Dame, puis circula dans les couloirs et les escaliers jusqu'à arriver devant une gargouille de pierre extrêmement laide.

-Toujours aussi laide ! lança Godric

-Mais je vous retourne le compliment, rétorqua la gargouille outrée.

-Mais du moment que tu fais ton travail, peu importe ton allure. Je suis désolé, je n'ai pas le mot de passe du moment, mais j'aimerais beaucoup visiter le bureau de la Directrice.

-Je ne peux rien refuser à un Fondateur. Allez-y Messire Godric.

-Et bien toi au moins, tu comprends vite.

La gargouille s'anima et fit un pas de côté. Le mur derrière elle s'ouvrit, Godric y entra et monta sur l'escalier en colimaçon qui tourna tout seul sur lui-même. Godric admira la porte de chêne devant laquelle il était arrivé, caressa le heurtoir en forme de griffon, puis passa au travers du pan de bois pour pénétrer dans le bureau du Professeur McGonagall.

La pièce était telle qu'il l'avait laissé, circulaire et pleine de bruits dégagés par de petits instruments d'argent posés ça et là. Les murs, maintenant, étaient recouverts des portraits des anciens directeurs, et il les observa un moment, trouvant l'idée merveilleuse.

Derrière le bureau aux pieds en forme de serres, se trouvait une vitrine dans laquelle se trouvait le Choixpeau et son épée.

Godric fut un instant interloqué, son épée était pourtant bien là, attachée autour de sa taille, mais elle était aussi là dans ce bureau en cet instant précis.

Bien sûr nous n'existons pas ici et maintenant, nous sommes une sorte de projection astrale dans un temps futur, se dit-il.

Il fut interrompu par la porte qui s'ouvrait derrière lui. Minerva pénétra dans la pièce, posa son chapeau sur le bureau et alla droit vers l'un des portraits accrochés au mur.

-Albus je sais que vous ne dormez pas ! dit-elle, alors arrêtez de vous prendre pour un chat. J'ai besoin de vous parler !

Albus Dumbledore ouvrit les yeux, dans son cadre, et fit un grand sourire.

-Je ne dormais pas Minerva. Je méditais. Que se passe-t-il ? Vous avez l'air soucieuse.

Minerva lui conta par le menu les événements répétés depuis le petit-déjeuner, tandis que Godric, écoutant d'une oreille, continuait son exploration de la pièce. Enfin, il s'arrêta après avoir lu tous les noms des anciens Directeurs et les Maisons auxquelles ils appartenaient.

C'est amusant, se dit-il, toutes les Maisons ont eu leur Directeur, mais les Gryffondor l'emportent largement, ceci va faire enrager Salazar.

-Severus est venu me voir Minerva et m'a exposé un théorie de faille temporelle forte intéressante.

-Elle n'est pas de lui cette théorie Albus !

-Je le sais, il me la dit.

-Ah... je suis un peu étonnée.

-N'est-ce pas ? fit en souriant Albus, ses yeux lançant des clins d'œil malicieux. Il change Minerva, il change. L'approche du mariage peut-être. Qui aurait cru que Gilderoy puisse avoir une telle influence sur lui.

-Qui aurait cru en Gilderoy tout simplement, fit Minerva sarcastique. Comme quoi les miracles existent, car en plus de n'être plus un menteur, il sait enfin se servir d'une baguette magique correctement !

-La vie est pleine de surprise. Il vous faudra suivre de près cette jeune Hermione.

-Je le fais depuis la rentrée, comme vous me l'avez demandé suite à l'adoption de Fumseck. C'est effectivement une élève brillante, encore plus qu'Alix. Nous ferons quelque chose de ces deux-là c'est certain.

Mais revenons à nos chatons, qu'en pensez-vous réellement Albus ?

-Je ne sais trop quoi penser, n'ayant pas ressenti moi-même le phénomène, quoique qu'ici même, je ressente une présence, en plus de la votre.

-Une présence ? Minerva se retourna et inspecta son bureau.

-Oui mais une présence bénéfique et amicale. Regardez comme s'illumine tout d'un coup l'Épée Minerva !

En effet, tandis que les rubis de l'épée dans la vitrine rougeoyait, celle de Godric en faisait autant. Il n'osa pas la toucher, ayant peur de se brûler. Il resta suffoqué devant ce phénomène. Était-il possible que l'Épée reconnaisse son propriétaire ? Elle semblait l'appeler.

Comme irrésistiblement attiré vers la vitrine, Godric s'avança à pas lents vers elle, et toucha la garde qui se mit alors à briller d'un éclat majestueux. Le Choixpeau, à ses côtés, se mit alors à remuer et le tissu se déchira pour former une bouche :

Oh mon maître

quel plaisir de vous revoir,

ne venez-vous point ici en traitre,

me retirer mon pouvoir ?

-Qu'est-ce Albus ? Oh le Choixpeau ! Vous l'avez entendu. Mais à qui parle-t-il ?

-Oh oui Minerva, je crois que je commence à comprendre.

Non, répondit Godric au Choixpeau, ne t'inquiètes pas, tu fais parfaitement ton travail pour lequel nous t'avons conçu, nous avons observé l'école toute la journée, et c'est parfait, enfin sauf pour Salazar. Mais continues à répartir comme tu le fais, et comme tu le sens.

Le Choixpeau redevint immobile.

Minerva semblait sous le choc.

-Qu'avez-vous compris Albus ? demanda-t-elle au portrait.

-Je pense que nous avons des invités très spéciaux aujourd'hui, des invités revenus du passé.

-Revenus du passé ? Mais... attendez, l'Épée, le Choixpeau... Godric Gryffondor ? Vous délirez, c'est impossible.

Godric ria sous cape. Il aurait voulu apparaître derrière Minerva en chair et en os et lui crier : « Bouh ! C'est moi Godric ! »

-Demandez à son portrait Minerva, si vous ne me croyez pas, proposa Albus.

Minerva se déplaça de quelques pas, et se retrouva devant les quatre portraits des Fondateurs, alignés les uns à côté des autres dans de magnifiques cadres ouvragés, qui la regardaient malicieusement, enfin trois d'entre eux, parce que Salazar, lui avait un air plus que boudeur.

Elle interrogea du regard le portrait de Godric Gryffondor et celui-ci se contenta de lui adresser un clin d'œil, et de faire un geste de la main en direction de quelqu'un qui semblait se trouver derrière elle.

Minerva regarda par-dessus son épaule, à la fois effrayée et excitée.

-Quel dommage que je ne puisse vous voir … dit-elle, j'aurais eu grand plaisir à discuter avec vous.

Godric lui sourit, déçu lui aussi de ne pas pouvoir avoir cette conversation.

Je vous salue bien Ma Dame, et je suis fière de vous savoir dans les rangs des Gryffondor, dit-il en se penchant et simulant un baise-main en lui frôlant les doigts.

Il fit un grand geste du bras, soulevant ainsi la plume de paon posée sur le bureau directorial, et lui fit faire un mouvement gracieux.

Il quitta ensuite le bureau, nostalgique, mais heureux.

-Il le regrette aussi je pense, déclara Albus hilare.

-Oui je l'avais compris, répondit Minerva en caressant doucement sa main, et regardant sa plume atterrir avec douceur sur un parchemin.