Bonjour bonjour !
J'espère que vous allez bien, ça faisait longtemps ! (Conscience : Et à qui la faute, hein ?) Bonne rentrée à toutes et à tous, quoi qu'un peu en retard hé hé hé...
Ce chapitre est un des - ou le, ze sais plus exactement - plus longs de cette fanfic, et ça contient à peine la moitié de ce que je voulais écrire X) Donc il y a des chances pour que vous ayez aussi un long chapitre la prochaine fois...
Malgré cela, je trouve qu'il est un peu bancal, donc si vous trouvez qu'il manque parfois des explications, détails et autres, n'hésitez pas à me le faire remarquer !
Donc, du côté de Law et Cie cette fois, comme le chapitre prochain. Bonne lecture !
Disclaimer : Seuls les OCs m'appartiennent, le reste est à Oda !
Réponse aux reviews :
Ines : Merci !
11 ans : Libres ?
- Law, je vais prendre le tour de garde, essayez de dormir, Lumia et toi, proposa Ban, pourtant tout aussi exténué que ses aînés.
Tous les trois avaient les traits marqués par la fatigue, des cernes immenses sous leurs yeux, et surtout les corps trop maigres de ceux qui luttaient pour manger et survivre. Ils essayaient d'épargner le plus possible Ellaine, mais les privations commençaient néanmoins à aussi se faire sentir sur la plus jeune, qui somnolait souvent et n'était plus aussi pleine d'énergie qu'avant. Law avait bien tenté de se priver autant que Lumia et Ban, mais comme il se remettait de sa maladie, rien n'avait pu faire plier les deux autres, et même s'il mangeait toujours moins que la benjamine, il n'en restait pas moins privilégié. Seul Bepo tenait, bon gré mal gré, et il était celui qui endurait le mieux leur fuite incessante qui durait depuis... presque six mois maintenant, leur semblait-il, mais le temps était une notion trop vague pour eux.
Tout cela parce qu'ils avaient fait ''l'erreur'' de tuer deux esclavagistes pour sauver leur peau. Mais leur équipage n'avait pas apprécié ce fait, et depuis lors pourchassait le petit groupe dans North Blue, les faisant se rapprocher de plus en plus de Red Line.
Une fois, Lumia et Law avaient proposé de se rendre pour que les trois autres puissent vivre sans avoir l'équipage de pirates à leurs trousse. Ce fut la première fois qu'Ellaine leva la main sur quelqu'un. Elle les avaient tous deux giflés, avant de leur crier dessus, tandis qu'ils en restaient tous éberlués. Elle leur avait reproché de ne pas vouloir s'accrocher à la vie, et leur avait explicitement dit qu'elle refusait qu'ils se sacrifient pour eux, parce qu'elle aurait alors l'impression d'avoir leur mort sur la conscience, et elle s'y refusait.
Alors ils avaient abandonné l'idée, mais comme ils ne pouvaient désormais rester très longtemps au même endroit, trouver de quoi se nourrir et se vêtir était devenu un vrai combat. Leurs habits tombaient en lambeaux, les exposant à la morsure des bises glaciales de North Blue, et les carences alimentaires commençaient à se faire sentir.
Mais la plus touchée était Lumia, qui ne dormait pratiquement plus, et le peu de sommeil qu'elle réussissait à avoir était peuplé de cauchemars tels qu'elle n'osait pas la plupart du temps s'endormir. Ban, Ellaine et Bepo avaient donc fini par apprendre le triste passé de leur aînée à travers ses divagations nocturnes, mais cela ne les avait pas rebutés pour autant. Ils étaient restés. Puis de toute façon, où auraient-ils pu aller autrement ? Leur seule famille, s'ils pouvaient l'appeler ainsi, était ce petit groupe hétéroclite mais soudé.
- Je n'arriverai sans doute pas à dormir cette nuit Ban, et Lumia encore moins. Cette histoire va finir par la tuer d'épuisement... et aucun somnifère ne fait effet, avec son fruit, répondit Law à la proposition de son cadet. Donc je pense que tu devrais dormir plutôt.
Le blanc soupira en secouant la tête.
- Je suis moins fatigué que vous deux. Vous ne tiendrez plus longtemps à ce rythme, et tu le sais très bien... Pourquoi t'entêtes-tu ?
- Parce que c'est aux aînés de protéger les cadets, pas l'inverse, souffla rapidement le brun avant de clore la discussion. Va te coucher.
Ban insista, mais le plus vieux fut inflexible, et le blanc se résolut à aller se coucher aux côtés de sa sœur et de Bepo.
Cela causa leur perte.
Ils leur étaient tombés dessus pendant la nuit, et trop épuisé les deux aînés n'avaient pas tenu très longtemps, même s'ils avaient réussi à en tuer quelques-uns. Et désormais le petit groupe de cinq se retrouvaient enchaînés à fond de cale, dans une obscurité presque totale, dépouillés de toutes leurs possessions qui leur étaient chères, mais leurs blessures soignées un minimum.
Lumia s'était recroquevillée sur elle-même et se balançait d'avant en arrière en murmurant des phrases sans queue ni tête, faisant cliqueter ses chaînes en Granit Marin, comme en transe. Tous sentaient désormais qu'elle deviendrait totalement folle si elle redevenait esclave, d'autant plus si elle retombait entre les mains de Doflamingo, qui lui ferait payer très cher sa désertion.
Ellaine pleurait discrètement, et Law pouvait entendre son frère, qui devait être juste à côté d'elle, tenter de la rassurer, même si aucune échappatoire leur semblait possible.
Bepo demeurait silencieux et immobile, et le brun quant à lui était dans une espèce d'état second dû sans doute aux chaînes en foutu granit qui le privait de ses pouvoirs. Il se maudissait de ne pouvoir rien faire, de ne rien avoir pu faire. Il aurait dû être plus fort pour pouvoir les protéger et leur épargner ce calvaire.
Mais il était faible. Il avait toujours été faible. Il n'avait pas pu sauver sa sœur, il n'avait pas pu empêcher sa cousine de devenir Ténébris, et il n'avait pas pu protéger ses amis. Il serra les poings. S'il réussissait à s'en sortir, avec tous les autres, il se promit de devenir capable de tous les protéger, quel qu'en soit le prix pour cela. Et il mettrait un terme au cauchemar éternel de Lumia en tuant Doflamingo.
La porte de la cale s'ouvrit, laissant rentrer un flot de lumière qui les aveugla. Ellaine se traîna sur le sol pour se réfugier dans les bras de Ban, tandis que Bepo, plus proche de Law, vint se réfugier contre lui. Une silhouette apparut dans l'encadrement, et avança, faisant résonner sur le bois ses chaussures.
Toc. Toc. Toc.
Le brun sursauta quand il put distinguer les traits de la personne devant eux. Une femme, mais sans doute une des plus terrifiantes qu'il ait jamais vue. Une beauté fatale, comme il la décrirait plus tard. Elle était vêtue d'un kimono noir, pourtant pas du type traditionnel. Celui-ci laissait ses épaules découvertes, et s'arrêtait à mi-cuisse, sans doute pour plus de liberté de mouvement, alors que ses jambes étaient recouvertes d'un leggings fin noir. De son obi rouge sang dépassait plusieurs pommeaux de dague et de couteaux, tandis que dans son dos pendait un sabre d'abordage. Mais son visage marqua le plus le brun. Il était d'une pâleur extrême, encore plus que celui de Lumia, et deux yeux rouges maquillés de noir se détachaient sur cette figure de poupée de porcelaine, qui ne montrait aucune émotion. Ses cheveux noirs étaient ramassés en un chignon haut, tandis que sur le côté gauche de son visage était attaché un masque qu'il reconnut comme étant celui d'un Kistune, un dieu-renard.
La femme sortit de sa manche de kimono un kiseru* qu'elle alluma, avant de prendre la parole :
- C'est donc vous qui avez tué deux de mes hommes au départ... Vous en avez fait bien plus, étonnant, je vous pensais plus faibles. Que vais-donc faire de vous ? Le Mink me rapportera sûrement beaucoup aux enchères... réfléchit-elle à voix haute en posant ses yeux sur Bepo, qui enfouit son visage dans le torse de Law, qui la foudroya du regard.
Cela attira son attention, et elle lui adressa un sourire cynique qui lui fit froid dans le dos. La lueur qu'il n'arrivait pas à définir dans les yeux sanglants qui le transperçaient lui donnait des frissons. Il se sentait glacé par le simple regard de cette pirate.
- Toi. Tu es le gosse qui maniait le nodachi avec ton étrange pouvoir... Quel fruit as-tu mangé ? lui demanda-t-elle, avant de faire un geste de sa main libre, comme si la réponse lui importait peu, ce qui au final était le cas. Qu'importe de toute façon, rien que le fait que tu en ais mangé un pourrait intéresser les Tenryubittos.
Le brun serra les dents, mais ne répliqua pas, avoir côtoyé Doflamingo lui avait au moins appris à faire profil bas quand il était en situation d'infériorité. Il se souvenait encore des punitions qu'il pouvait infliger à Lumia s'il lui semblait qu'elle le défiait, ne serait-ce que pour une broutille.
La pirate fit ensuite dériver son regard sur les deux frère et sœur, juste en face de Law et Bepo.
- Je ne sais vraiment pas ce que je vais faire de vous deux néanmoins... Elle inhala une bouffée de tabac de son kiseru, avant de reprendre en désignant Ellaine. Peut-être quelqu'un sera-t-il intéressé par toi gamine, il y en a qui aimerait goûter à de la chair si fraîche, si jeune et innocente... Ou peut-être qu'un bordel voudra de toi, qui sait, nous verrons bien ce que nous trouverons comme salle des ventes en chemin.
Le regard de Ban se fit noir, et Law le supplia silencieusement de ne rien faire, mais le blanc ne le vit pas. Il se jeta sur la femme, néanmoins arrêté par ses chaînes avant qu'il ne puisse la toucher.
- Oser la vendre et je vous tuerai, gronda-t-il, une lueur de folie furieuse dans ses yeux verts.
- Quel courage, grinça la pirate, quelle stupidité surtout...
Elle le gifla violemment, lui faisant détourner la tête.
- Tu vas devoir apprendre à rester à ta place si tu veux avoir une chance de survivre, esclave, souffla-t-elle en sifflant presque le dernier mot.
Ban se mordit la lèvre pour ne pas geindre de douleur, et seules les supplications d'Ellaine firent qu'il recula, sans néanmoins détourner ses yeux flamboyant d'une haine pure de la femme.
La pirate l'ignora à nouveau pour se diriger vers Lumia, qui en la sentant approcher tenta de reculer, mais ses chaînes lui laissaient beaucoup moins de liberté de mouvement qu'au reste du groupe. L'adulte s'accroupit face à elle, et lui souffla la fumée de sa pipe au visage.
- Toi... Tu sais que certains de mes hommes m'ont appris qu'ils t'avaient déjà vu ? C'était dans un raid en South Blue, il y a presque onze ans maintenant. Je n'étais pas encore capitaine à cette époque... Mais ils m'ont appris autre chose d'intéressant. Ils t'ont vendue comme esclave. Alors il y a sûrement une prime sur ta petite tête de fugitive, ne ? Oh, mais ne t'inquiète pas, chérie, fit-elle en lui relevant la tête en prenant son menton entre ses doigts. Si jamais la prime n'est pas à la hauteur de mes espérances, je te revendrai... Ou peut-être que je laisserai mes hommes s'amuser un peu avec toi, pour t'apprendre les choses de la vie.
Lumia écarquilla les yeux en comprenant le sens de ses paroles, et elle balbutia rapidement une litanie de ''non, non, pas ça, pas encore'', qui fit rire aux éclats la pirate.
- Oh si très chère, encore si je le désire ! Alors vous allez tous être très gentils, sinon...
Elle ne finit pas sa phrase, laissant planer la menace silencieuse. L'absence de réaction violente dut lui plaire, parce qu'elle repartir en direction de la porte, et sur le pas, lançant :
- Vous serez nourris et soignés un minimum, de la marchandise abîmée ne vaut pas grand-chose, mais un seul geste de rébellion, et vous savez ce qui les attend, fit-elle en désignant Lumia puis Ellaine. Je suppose qu'on ne se reverra pas avant votre vente, donc adieu, ajouta-t-elle en se retournant et en passant le seuil, avant de claquer la porte.
Seuls des sanglots et des gémissement déchirèrent ensuite le silence, alors que les garçons ruminaient leur colère et leur haine intérieurement. Et pour la première fois, Ban comprit ce qui pouvait nourrir la lueur de fureur dans les yeux d'acier de son aîné quand des vieux cauchemars revenaient le hanter.
La même brillait désormais dans ses yeux verts.
Ils n'avaient pas vraiment eu la notion du temps depuis leur capture, mais d'après les maigres informations qu'ils avaient pu glaner quand les pirates venaient leur donner leur repas journalier et au début soigner sommairement leurs blessures, ils étaient passés sur Grand Line depuis deux mois au moins. Ils avaient eu jusque là de la chance l'équipage qui les retenaient captifs n'était pas pour l'instant tombé sur une île assez importante pour que la capitaine ne tente de les vendre. De plus, aucun d'entre eux n'étaient tombés malades, malgré leurs conditions de vie qui bien que supportables restaient difficiles, surtout pour Ellaine.
Seulement, la petite fille avait fini par apprendre que pleurer ne l'aiderait pas, et s'était endurcie, cachant sa détresse par un humour assez noir et sarcastique, qui contrastait avec son innocence enfantine désormais lointaine.
Mais cela leur permettait à tous de tenir, surtout à Lumia. Combien de fois était-elle tombée dans un mutisme tel que ses amis avaient craint pour sa santé mentale précaire ? Trop, de l'avis de Law. Cependant elle tenait bon, elle refusait d'abandonner, d'une certaine façon, ceux qu'elle considérait comme sa famille.
Ils n'avaient également pas la notion du jour et de la nuit, dans l'obscurité perpétuelle de la cale, et ils arrivaient uniquement à calculer la succession des jours qui passaient avec le repas qu'on leur apportait, une fois dans la journée. Ils avaient tentés de s'échapper, mais leurs fers résistaient à leurs fréquentes tentatives de forcer les serrures, déjà qu'ils ne pouvaient compter que sur leur toucher pour y arriver... Law pensait qu'ils finiraient par tous devenir fous, ou les esclaves malléables que voulait avoir la capitaine.
Puis, quelque chose finit par briser la routine de leur captivité, quand un autre prisonnier fut amené dans la cave par la capitaine en personne, accompagnés de deux de ses sbires. Les enfants surent qu'il devait faire nuit, quand ils s'aperçurent que le couloir de dehors était plongé lui aussi dans le noir quand il n'était pas éclairé par la lampe à l'huile que tenait l'un des deux hommes. Mais malgré cette faible lumière, ils ne purent observer leur prochain compagnon d'infortune.
- Déposez-le près du gamin brun et mettez-lui les chaînes, nous ne voudrions pas qu'il s'échappe, fit-elle d'une voix froide, accordant à peine un regard sur ses autres prisonniers. Dépêchez-vous ! Il ne manquerait plus que les preux défenseurs de l'île des hommes-poissons ne viennent à apprendre ce que nous avons fait, ajouta-t-elle avec un accent de dédain, qui fit rire doucement mais nerveusement Ellaine.
La pirate l'entendit et se tourna brusquement vers elle alors que les deux hommes enchaînaient l'autre. La lueur de lampe tremblotante devait jouer des tours aux yeux de Law, car était-ce bien une peau bleue qu'il avait aperçue ? Il repoussa néanmoins cette question au fond de son esprit quand la pirate prit par le col la petite blanche et la levait au-dessus du sol.
- Toi... qu'est-ce qui te fait rire ? chuchota-t-elle d'une voix froide et menaçante.
Ban et Law suppliaient silencieusement leur cadette de se taire, tandis que Bepo s'était relevé à demi, faisant tinter ses chaînes. Lumia se réveilla à ce moment-là, et en sentant la tension présente dans l'air se raidit. Ça allait mal tourner pour Ellaine, ça ne pouvait que mal tourner si rien ne détournait l'attention de la femme de la plus jeune, elle le sentait.
Elle ne fut sans doute pas la seule, puisque le nouveau prisonnier commença à siffler un air de chanson, ce qui attira l'attention de la capitaine. Elle relâcha brutalement Ellaine, qui tomba lourdement au sol, mais ne laissa aucun geignement de douleur passer ses lèvres tandis que son frère la remettait assise. La femme se dirigea vers le nouveau et le gifla.
- Tais-toi ! Je te vendrais comme esclave bientôt, alors es-tu délirant pour pousser la chansonnette ?
Et le prisonnier rit, d'un rire sonore qui remplit toute la pièce, et qui réchauffa l'espace d'un instant le cœur des enfants. Cet homme n'avait peur de rien, et se riait de leur bourreau sans hésiter, la défiant.
- Idiote de rookie, tu ignores donc qui je suis... Tu risques de tomber de haut, alors. Nous haïssons les gens de ton espèce, ma capture pourrait très bien être un plan pour te détruire... Après tout, qu'en sais-tu ?
La femme fit un pas en arrière, et Bepo pour la première fois sentit la peur s'exfiltrer des pores de sa peau. Elle reprit néanmoins contenance rapidement, et se détourna pour sortir, ses hommes à sa suite. La porte se referma, et Ellaine, remplit d'espoir par les paroles de l'homme, demanda d'une petite voix, un peu cassée :
- Dites monsieur... C'est vrai, ce que vous lui avez dit ?
- Ellaine, on ne le connaît pas, tais-toi ! souffla son frère, qui lui n'avait absolument aucun espoir.
Car même si les paroles de l'homme étaient ne seraient-ce qu'en partie vraies, le petit groupe pourrait très bien tomber sur finalement pire que la capitaine.
- Depuis combien de temps êtes-vous ici, petite ? demanda le nouveau venu d'une voix adoucie, et Law crut y déceler une note de compassion et d'inquiétude.
Était-ce possible que l'homme ait dit vrai, et qu'il était leur porte de sortie si l'équipage était attaqué ? Il réfléchit rapidement, et en conclut que pour le moment l'homme ne posait pas de question indiscrète, et qu'ils pouvaient se permettre de répondre. Et puis... Il devait avouer que cela lui faisait du bien, un peu, de pouvoir parler à une autre personne que sa famille. Pas qu'il ne les aimait pas, mais leurs discussions avaient fini par se faire rare, voir déprimantes, alors il les évitait.
- Deux mois au moins monsieur, on vient de North Blue, répondit-il donc sous le regard sans doute choqué de Ban, et il sentit aussi les yeux de Lumia sur lui, même s'il ne la voyait pas.
Un grondement de rage sortit de la gorge de l'homme.
- Et vous êtes dans cette cale tous les cinq depuis autant de temps ?
Là, l'homme sut qu'il avait fait une erreur, il n'aurait pas du dire le nombre exact, car il n'avait pas pu voir la présence de la jeune fille au fond de la cale, juste la sentir avec son Haki, et les quatre autre jeunes le savaient bien.
- Qui êtes-vous vraiment ? souffla Law, soupçonneux, avant que Bepo ne lui morde légèrement le poignet pour attirer son attention. Quoi Bepo ?
- Désolé de te couper, chuchota l'ourson, dont la captivité n'avait pas amélioré son tic de langage. Mais il sent bizarre... il sent comme la mer... Il sent le rhum aussi, un peu...
- Pirate, murmura Lumia, tout en bougeant d'après le son de ses chaînes. C'est un pirate.
À ces mots Bepo se rapprocha de Law, et Ellaine en fit de même avec Ban. Les pirates n'avaient jamais été tendre avec eux, et ils en avaient toujours souffert. Alors ils se turent, et l'homme ne put rien tirer de plus de ce petit groupe.
Pourtant leurs conditions de vie le firent grincer des dents. Deux mois dans l'obscurité, enchaînés, et sans doute sans avoir de contacts humains, pour celle la plus au fond. Il avait envie de hurler, de tuer ceux qui avaient réduit ces petits à ça. Il haïssait les marchands d'esclaves, et il n'était pas le seul. Alors quand ils avaient entendu parler de cette rookie, Eyes Akane*, qui prévoyait selon les rumeurs de créer tout un trafic surtout à partir des hommes-poissons, de leur île, bien qu'elle soit sous leur protection... Leur père avait très peu apprécié la nouvelle, et leur avait demandé de détruire la menace.
Il était l'appât, maintenant qu'il était sur le navire, Marco et leur division respective pourraient leur tomber dessus en suivant sa Vivre Card. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle ait enfermé des enfants – oui, il comptait le Mink comme un enfant, il ne devait pas être très âgé après tout - dans ses cales, sans doute pour les revendre à Sabaody. Il espérait qu'il pourrait les sauver.
Il espérait pouvoir un jour les contempler libres et souriants.
Ce furent des bruits de combats qui réveillèrent l'homme, et un sourire carnassier apparut sur son visage. Bien, Marco et les autres avaient rattrapé ces enfoirés. Seulement son sourire s'effaça quand il sentit que les enfants étaient terrifiés. Il soupira, il allait avoir du mal à gagner la confiance des gamins pour qu'ils le suivent une fois les combats terminés, mais il n'allait tout de même pas les laisser se débrouiller seuls, non ?
Il se demandait néanmoins qui étaient exactement ces enfants pour que la capitaine les enchaîne comme des criminels. Ils étaient presque autant chargé de chaînes que lui.
Il ne sursauta pas quand la porte s'ouvrit, au contraire des deux enfants face à lui qui tressaillirent, alors que celui à ses côtés cilla à peine, de même que le Mink et la fille du fond.
- Et bien commandant Namur, v'z'ètes pas en très bonne position, fit une silhouette sur le pas de la porte, avant de s'avancer. Hou, y'a pas beaucoup de lumière, mais on fera avec, ajouta-t-il en sortant un briquet de sa poche ainsi qu'un trousseau de clé. Ça devrait suffire pour vous libérer.
Le nouveau venu se stoppa en voyant Law avec la lumière faiblarde de son briquet, et laissa échapper un hoquet de surprise avant de siffler.
- Hé bien, je suppose qu'on aura du boulot en plus pour aider ce gosse, souffla-t-il en haussant les épaules.
- Y'a pas que lui, répondit le dit-Namur en levant les yeux au ciel, mais cette discussion se finira plus tard. Aide-moi donc à me libérer, puis rejoins Marco pour le prévenir qu'on a cinq gamins dans la cale. Je m'occuperai d'eux en attendant.
Le commandant fut très vite libéré, et son subordonné fila rapidement faire passer le message, lui laissant le briquet. Il s'approcha de Law et s'accroupit devant lui. L'enfant eut un hoquet de stupeur en le voyant. Il n'avait pas rêvé, l'homme devant lui avait la peau bleue !
- Qui... qui êtes-vous ? demanda-t-il de façon la plus neutre possible.
- Namur, commandant de la huitième division de Barbe-Blanche, mais je ne pense pas que c'était de que tu voulais savoir petit. Je suis un homme-poisson.
Le commandant s'attendait à une réaction stupide du brun, qui l'étonna en hochant simplement la tête, semblant réfléchir aux informations qu'on venait de lui donner.
- Qu'est-ce que vous aller faire de nous une fois que vous nous aurez libérés ? le questionna-t-il. Je doute qu'un si grand équipage que le vôtre accepte de s'occuper d'un aussi petit groupe d'enfants comme le nôtre.
Il y avait un léger sarcasme que le commandant releva, et cela le fit soupirer. Le gamin devant lui devait avoir à peine douze ans, cela le navrait qu'il soit déjà assez détruit par la vie pour lui répondre ainsi.
- Déjà, fit-il en examinant rapidement l'enfant, vous soigner correctement, vous laver et vous offrir des vêtements décents. Après, s'il vous reste de la famille, on essayera de la prévenir pour qu'on vienne vous chercher. Si vous n'en avez plus, on verra si une de nos îles sous notre protection accepte de vous héberger.
- Pourquoi ?
L'exclamation venait de derrière lui, et il se retourna pour faire face à une paire d'yeux verts en partie dissimulés derrière une mèche de cheveux blancs sales.
- Nous ne sommes pas le genre de pirates qui se réjouissent du malheur des autres, surtout d'enfants. Quand nous en trouvons dans les bateaux de marchands d'esclaves que nous arrêtons, nous essayons de les aider dans la mesure de nos moyens.
Le silence s'installa après ses paroles, et il commença alors à délivrer le brun devant lui de ses fers. Il fit rapidement la même chose pour les quatre autres, mais il dut rattraper la dernière, une fille aux cheveux noirs, qui n'avait même plus assez de forces pour se tenir assise, au contraire de ses amis qui déliaient leurs membres trop longtemps enchaînés.
- LUMIA !
La quadruple exclamation retentit tout de suite, et il leva haut la lumière de son briquet pour voir le brun se mettre difficilement debout pour s'approcher d'eux.
- Elle s'est évanouie, constata-t-il, avec un léger soupir de soulagement qui étonna le commandant.
Il n'en fit cependant pas la remarque, et signala doucement aux quatre enfants qu'ils attendraient la fin des combats avant de remonter. Ils acquiescèrent en silence, et se rassemblèrent près de lui, surtout pour veiller sur la dénommée Lumia lui sembla-t-il.
Ce fut un de ses hommes, Théo, qui vinrent les chercher, mais les enfants semblaient n'accepter que sa présence, peut-être parce qu'ils avaient eu le temps de s'y habituer. En tout cas, ils étaient sur leurs gardes, et quand Théo demanda à la plus jeune qui paraissait épuisée si elle voulait qu'il la porte, elle refusa immédiatement avant de venir se réfugier dans les bras de celui qui était sans doute – vu la ressemblance – son frère.
- Par contre les gamins, le doc' m'a conseillé de vous donner ça, prévint le pirate en sortant de sa poche des bandes de tissus assez larges pour couvrir les yeux. Comme vous êtes restés une longue période dans le noir, la luminosité même faible de ce matin risque de vous brûler les yeux, au contraire d'une flamme de briquet ou de lampe. Va falloir attendre un peu avant de l'enlever une fois sur le pont, pour que vous soyez habitués.
Law tendit la main sans un mot pour récupérer les bandeaux, et malgré un léger moment de doute Théo les lui donna. Le brun en donna un à chacun, mais pour Lumia le noua lui-même, malgré Namur qui se proposait. Il n'était peut-être pas en état de se défendre, et sa cousine évanouie ne risquait pas de paniquer dans les bras d'un homme, mais il ne laisserait personne la toucher plus que ça.
Il fut le premier à sortir sur le pont, et il inspira une bouffée d'air frais. Bon sang, il devait lui avouer que cela lui avait manqué. Et par rapport au vent froid et cinglant de North Blue, l'air de Grand Line avait un goût de douce liberté. Un rire nerveux lui chatouilla la gorge, mais il le retint quand il fut bousculé par Ellaine. Elle s'excusa en bredouillant, croyant qu'il s'agissait d'un des pirates qui les avaient libérés, et il posa une main sur son épaule.
- Ce n'est que moi, chuchota-t-il d'une voix légèrement rauque.
Il attendit un moment avant d'enlever son bandeau et ses yeux furent frappés par la lumière, bien qu'encore douce puisque c'était l'aube. Il ne put empêcher un sourire légèrement dément s'inscrire sur ses lèvres. Le spectacle du soleil encore rouge qui se levait au-dessus des flots était tout simplement magique. Il se baissa au niveau d'Ellaine et dénoua son bandeau à son tour, se relevant ensuite.
Les yeux mordorés s'écarquillèrent devant l'aube naissante, et elle glissa sa main en silence dans celle du brun, avant de se cacher derrière son dos malgré ses vêtements crasseux, fuyant les regards curieux des adultes présents sur le pont, alors que son aîné affectait de les ignorer.
- Law, j'ai peur... murmura-t-elle pour son aîné. Qu'est-ce qu'il vont faire de nous ?
- Je ne sais pas, admit-il avant de vaciller légèrement, la tête lui tournant.
Il ferma les yeux et essaya d'ignorer son malaise, quand il sentit une main le retenir dans son dos. Il se retourna pour voir Ban, qui avait aussi retiré son bandeau, lui faire un maigre sourire sous la mèche de cheveux blancs sales qui couvraient en partie son visage.
Bepo les rejoignit peu après, suivit par l'homme-poisson qui portait dans ses bras Lumia, la plus mal en point d'eux cinq. Law grinça des dents, rageant de dépendre autant de leurs sauveurs, et Ellaine serra un peu plus sa main dans un vain effort pour le calmer.
Cependant, l'attention de la blanche fut attiré par un éclat à sa droite, et elle tourna légèrement le visage dans cette direction. Elle remarqua un pirate grand, avec une coupe de cheveux blonds qui lui rappelait un ananas – cela l'aurait sourire si elle ne se sentait pas aussi mal à l'aise dans un lieu aussi potentiellement hostile pour eux – devant un coffre. Il devait être en train de fouiller dedans, sûrement pour évaluer ce qu'il pourrait en tirer, mais il venait de tirer un collier, dont la perle étincelante au soleil du matin l'avait attirée. Elle le reconnut toute de suite et pâlit brusquement. C'était son collier, le dernier souvenir qu'elle tenait de sa mère !
Elle lâcha la main du garçon le plus vieux, qui ne s'en inquiéta pas tout de suite, et courut rapidement vers le blond, puissant dans ses maigres forces, et prit le collier dans ses petites mains sales sous le regard surpris du pirate.
- C'est à moi ! fit-elle, avant de lâcher prise en se rendant compte de ce qu'elle venait de faire.
Elle recula de quelques pas et rentra la tête dans ses épaules, attendant un coup qui ne vint jamais.
Law et Ban faillirent s'élancer pour se mettre entre la petite et le blond quand Bepo les retint, son instinct lui soufflant qu'elle ne craignait rien.
Et ce fut le cas. Le blond s'agenouilla devant Ellaine et lui passa le lien autour de son cou, avant de faire un nœud solide. La blanche leva des yeux étonnés sur l'adulte qui lui fit un doux sourire avant de se relever et d'ébouriffer ses cheveux déjà bien emmêlés.
- Si ça t'appartient, alors il est normal que tu le récupères, non ? Il y a autre chose à toi dans cette malle ? Ou peut-être – il jeta un bref coup d'œil au petit groupe qu'avait ramené Namur – à un de tes amis ?
- Je peux jeter un œil ? demanda-t-elle alors avec espoir.
Peut-être qu'aucune de leurs affaires n'avaient été encore revendues. Elle l'espérait tellement, ne serait-ce que pour Lumia, la petite était sûre qu'elle se sentirait bien mieux avec sa gavroche sur la tête et réfugiée dans son grand manteau de plumes noires. Et Law sans son nodachi et son bonnet n'était plus lui-même. Puis il y avait aussi le foulard de son frère.
- Vas-y, acquiesça le pirate en s'éloignant de la malle pour lui laisser le loisir de fouiller dedans. Vous pouvez venir aussi, fit-il au reste du groupe.
Law et Ban se regardèrent, et l'aîné demanda au plus jeune d'y aller avec Bepo, tandis qu'il resterait auprès de Lumia, qui s'était entre-temps endormie dans les bras de Namur. Le blanc acquiesça, et le Mink et lui rejoignirent la plus jeune qui n'osait plus fouiller, de peur de ne pas trouver ce qu'elle cherchait. Bepo pourtant renifla l'air, et malgré les deux mois minimum où ces objets avaient été arrachés à leur propriétaire, il sentait au milieu d'odeurs inconnues celle de Lumia et de Law en grande partie, et un tout petit peu celle de Ban.
Le blanc retrouva avec un sourire lumineux son foulard rouge, qu'il noua immédiatement autour de son cou. Sa petite sœur trouva quand à elle la peluche et la gavroche de Lumia, et Bepo se saisit du manteau de la brune et du chapeau du brun. Ils rendirent les objets à leur propriétaires, et Law était heureux de retrouver son couvre-chef, bien qu'un peu déçu de ne plus avoir son nodachi.
Le blond attendit un peu avant de les rejoindre, et sentit très bien leur crispation quand il s'approcha. Il se présenta à eux comme le premier commandant, et leur demanda de suivre Namur pour qu'ils puissent se reposer. Il enverrait un médecin vérifier leur état plus tard, de même qu'un repas. À la mention de nourriture les yeux mordorés de la plus jeune fille s'illuminèrent, et c'était presque s'il ne voyait pas la salive couler de sa bouche.
- Je viendrai vous voir aussi pour qu'on discute sur votre avenir, d'accord ?
Les deux enfants au cheveux blancs et le Mink jetèrent un œil vers le brun qui hocha la tête, et ils acquiescèrent à leur tour. Marco comprit que s'il voulait obtenir la confiance du petit groupe, il devrait passer par lui. Ils les regarda passer sur le mini Moby Dick, et son cœur se serra. Pauvres gosses... Il se sentait presque heureux pour une fois d'avoir tué. Rien que le fait de savoir qu'ainsi il leur éviterait de connaître le même sort que lui le rendait heureux.
- Commandant, on a rassemblé les prisonniers et on leur a pris leurs armes. On les a interrogé sur les gosses aussi, comme vous nous l'avez demandé. Il semblerait que les gamins aient fait des dégâts dans leurs rangs quand ils les ont attaqués, et celui qui a réussi à les mettre à terre ait pris ça à l'un d'entre eux...
Le pirate tendit au blond un nodachi, qu'il reconnut comme une lame maudite. Où est-ce que les gamins avaient trouvé ça ? se demanda-t-il en le prenant et en l'examinant. Ce qui était sûr, c'était qu'ils cachaient beaucoup de choses, et qu'il allait être dur de gagner leur confiance...
PITIE PAS LES TOMATES ! Même si je sais que vous n'allez pas m'aimer plus avec ce chapitre... J'vous promets que ça va s'améliorer !
Juste pour petite indication, Akane veut dire garance en japonais, autant pour la fleur que la teinte, donc la signification du nom de la trafiquante ne vous échappe plus désormais...
Le prochain chapitre sortira entre le jeudi 12 et le vendredi treize octobre, d'ici là portez-vous bien ! Au plaisir de lire vos reviews aussi :)
