Hello ! Hello !

Voici la suite de La valse des apparences.

Un chapitre un peu plus sombre aujourd'hui, mais qui, j'espère, vous plaira.

Un gros Gros merci à vous qui laissez des reviews chaque semaines. Ca me touche vraiment beaucoup !

Octavia Blacks, Caro1005line, Zeugma412, KeanaB, Elwenn Snape et Eliie Evans (continue les reviews, ça fait trop plaisir ^^)

Bonne lecture !


Rien n'aurait pu la préparer à ce qu'elle vit en entrant dans la maison des MacFarlane. Un silence pesant planait, seulement rompu par les craquements sinistres d'un début d'incendie. Aucun cri n'indiquait qu'un survivant pouvait se trouver parmi les décombres, et c'était un miracle que la maison tienne encore debout. Ils étaient encore arrivés trop tard, et ne pouvaient que constater les dégâts. Son collègue commençait à s'avancer pour essayer de maitriser l'incendie lorsqu'un sort le toucha de plein fouet. Il s'effondra lourdement, mort.

Tonks se mit instantanément en position de combat. Les mangemorts avaient changés de stratégie et attendaient que les aurors sortent de l'ombre pour les abattre comme des lapins. Toute à sa stupéfaction, elle n'avait pas vu d'où était parti le sort, mais dans le salon ravagé, les cachettes ne manquaient pas. Il fallait les forcer à sortir de là ! Tonks visa alors le plafond au-dessus de ses adversaires :

« Bombarda Maxima »

Comme prévu, celui-ci s'effondra dans un nuage de poussière. Quelques dégâts de plus ne changeraient pas grand-chose. Elle vit alors la lueur bleutée d'un bouclier magique à travers la poussière et commença à le bombarder de sorts. Les aurors avaient l'avantage, il fallait en profiter. Occupée à tenter de maitriser son adversaire, elle ne vit pas un sort lui frôler la tête. Heureusement, son partenaire commença à s'occuper de l'autre mangemort. Ils ne savaient pas à combien d'adversaires ils devaient faire face et avaient peur de passer en infériorité numérique.

Soudain, la lueur bleutée disparue, rapidement remplacée par une avalanche de sorts dont elle ne reconnut pas la moitié. Il cherchait à la submerger et il était bien en train de réussir. L'échange de sorts commençait à épuiser sa magie, lorsqu'enfin son adversaire commit une erreur. Il baissa sa garde, et son Petrificus Totalus, le toucha en pleine poitrine. Il se retrouva là, allongé, a sa merci.

Avant d'avoir pu esquisser le moindre geste, une fumée noire enveloppa le mangemort, et aussi soudainement qu'elle était apparue, elle avait disparue. L'autre mangemort avait pu s'enfuir en emportant son camarade avec lui. Tonks jura un grand coup, les mangemorts étaient plus difficiles à attraper que des anguilles. Son seul soulagement fut de savoir qu'il serait certainement puni pour avoir perdu son duel. Maigre consolation.

Dépité, elle, commença alors à explorer la maison dans l'espoir de trouver des survivants, pendant que son coéquipier s'occupait de l'auror tombé au combat. Il avait commis une imprudence et l'avait payée comptant.

Les trois cadavres qu'elle découvrit à l'étage lui confirmèrent qu'ils étaient a présent parfaitement seuls. Ils ne semblaient pas avoir été torturés, mais donnaient l'impression de dormir paisiblement. Elle avait cette impression tenace qu'ils n'avaient été attaqués que pour attirer les aurors dans leur piège. Ils n'étaient pas connus pour leurs prises de positions politiques, c'était une famille discrète et sans histoire, tuée par une guerre à laquelle ils n'avaient jamais pris part. Le père et la mère étaient allongés à l'étage, leur fille à quelques mètres d'eux. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait une telle scène, mais cette petite fille qu'elle voyait pour la première et dernière fois la touchait particulièrement. Elle avait une dizaine d'années, les cheveux blonds coiffés en deux nattes. Elle devait certainement se préparer à entrer à Poudlard, la tête pleine de rêves. La vie s'offrait à elle et elle avait été fauchée dans son envol. Un bruit suspect la sortit de sa contemplation. Elle se retourna brusquement, prête à se battre à nouveau.

Ce qu'elle vit alors lui brisa le cœur. Un petit garçon d'à peine cinq ans, se tenait au milieu des décombre, l'air un peu hagard. Il tenait dans ses bras une peluche de pitiponk et ne semblait pas réaliser ce qu'il se passait. Il était vraisemblablement le seul survivant de l'attaque, elle devait retrouver ses réflexes professionnels. La priorité : l'empêcher de voir les cadavres et faire en sorte de le rassurer. Elle s'avança vers lui en faisant en sorte de masquer la scène avec son corps. Elle le prit par la main :

« Bonjour, je m'appelle Tonks. Et toi ?

– Je m'appelle Alfred. Qu'est-ce que tu fais là ? Où sont papa et maman ? »

La question tant redoutée était arrivée.

« Ils sont fatigués et doivent se reposer. Je suis là pour les aider.

– Ils sont malades ?

– Pas exactement, mais ils vont aller à l'hôpital, c'est vrai. Et toi aussi, je vais t'y emmener. D'accord ? »

Le petit garçon hocha la tête. Ce n'était pas à elle de lui annoncer cette nouvelle. Des médicomages avaient une formation spéciale pour cela, et elle risquait de faire plus de mal que de bien en lui parlant de cela. Sa mission était de l'extraire de cette maison et de l'emmener à Ste Mangouste sans le faire paniquer.

Elle le prit dans ses bras pour transplaner. Instinctivement, il avait passé ses petits bras autour de son cou et appuyait sa tête contre son épaule. Elle eut un pincement au cœur en se disant qu'il ne pourrait plus jamais faire cela avec ses parents. Sa vie venait de basculer définitivement alors qu'il semblait si fragile. Trop, peut-être, pour survivre dans ce monde en guerre. Un enfant ne pouvait pas grandir en sachant que ses parents avaient été tués dans une guerre aussi injuste.

Elle prit quelques secondes pour prévenir son coéquipier de son départ, et transplana directement.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour confier Alfred aux bons soins d'une médicomage. Si seulement elle était intervenue plus vite, le petit garçon ne serait pas devenu orphelin !

Le temps qu'elle était partie, son coéquipier avait éteint les flammes et couvert les corps de la famille. Il ne restait presque plus rien à faire dans la maison. D'autres agents du ministère viendraient réparer le gros des dégâts le lendemain, avant que les proches ne viennent. Quelques sorts de consolidation pour éviter que la maison ne s'effondre, et elle était prête à transplaner jusqu'à Poudlard, ou un autre problème n'avait pas été réglé. Elle avait oublié la disparition de Severus pendant quelques heures, mais elle ne savait toujours pas où il se trouvait. C'est avec une boule au ventre qu'elle transplana jusqu'en Ecosse, près du portail du château.

Elle était trop épuisée pour courir, et la peur de voir qu'il n'était toujours pas là la retenait. L'air froid de la nuit lui fouettait le visage pendant qu'elle marchait. Arrivée devant le portrait de l'illustre potionniste, elle lui demanda poliment d'entrer. A sa grande stupéfaction, celui-ci céda et se décala pour dévoiler l'entrée des appartements. Elle se glissa à l'intérieur et écouta attentivement. Aucun bruit ne lui permettait de savoir s'il y avait quelqu'un d'autre. S'avançant dans le salon, elle remarqua une porte entrouverte, qu'elle savait être la salle de bain. La lumière était allumée, Severus devait être là. Soupirant de soulagement, elle entra. Il était penché vers le miroir et était occupé à nettoyer une légère entaille qu'il avait au front.

« Ta mère ne t'a jamais appris à frapper avant d'entrer ?

– Où étais-tu ?

– Je travaillais.

– Où ? Et c'est en te frappant la tête contre des copies que tu t'es blessé ?

– Pourquoi me demande-tu cela ? Est-ce que ça va ?

– Non ! Je suis venue tout à l'heure et tu étais totalement introuvable. Personne ne savais ou tu étais, et puis j'ai été appelé en intervention, c'était horrible. Jack est mort, et la famille aussi, et ils se sont enfuis… »

Severus ne comprenait pas la réaction de l'auror, mais il sentait qu'elle avait besoin de lui. Elle s'expliquerait plus tard. Pour le moment, elle avait juste besoin de soutien, il s'approcha doucement d'elle pour la prendre dans ses bras.

« Chut, je suis là. Calme-toi. Que s'est-il passé ?

– J'ai été appelée en intervention pour une attaque contre une famille. Quand je suis arrivée, c'était trop tard. Un de mes collègues est sorti de sa cachette et il a été tué comme un lapin. Nous nous sommes battus, et ils ont fini par s'enfuir. Toute la famille est morte, sauf le fils que j'ai emmené à Ste Mangouste. Il avait l'air tellement fragile.

– Ecoute, je dois te dire quelque chose. Je ne te mentais pas quand je disais que je travaillais, mais il ne s'agissait en effet pas de mn métier de professeur, mais bien de celui d'espion. Mes blessures viennent d'un plafond qui m'est tombé sur la tete. »

L'information fit lentement son chemin dans l'esprit de Tonks. Elle avait été bouleversée par cette intervention et n'avait pas les idées très claires. Elle se recula brusquement d'horreur lorsqu'elle comprit tout ce qu'impliquait ce qu'il venait de dire.

« C'était toi ? C'est toi qui a fait ça ? Je me battais contre toi ?

– Non, moi, je me battais contre ton coéquipier, et c'est moi qui ai fait en sorte d'arrêter le combat.

– Mais c'est de la folie ! J'aurais pu te tuer, ou te capturer !

– Ne t'inquiète pas pour ça, je sais me défendre. Je savais me battre alors que tu n'étais encore qu'une petite fille.

– A chaque intervention, je vais avoir peur que ce soit toi. J'aurai pu t'aplatir avec ce plafond. En plus, j'étais morte d'inquiétude de ne pas savoir où tu étais, alors je voulais en finir au plus vite.

– C'est vrai que tu n'as pas fait dans la subtilité. Mais il va falloir mettre en place un système pour qu'une situation comme celle de ce soir ne se reproduise pas. Je dois pouvoir te prévenir quand je pars en mission avec les mangemorts.

Ce serait bien. Tu peux peut être demandé prévenir le tableau qui garde es appartements. Nous avons déjà sympathisé.

– pourquoi dis-tu cela.

– Il a catégoriquement refusé de me laisser entrer quand je suis venue sous prétexte que tu n'avais pas donné l'autorisation explicite. Mais bon, peu importe.

–Oh, je vois. Mais non, on ne peut pas faire cela. J'ai à peine le temps de sortir du château lorsqu'il m'appelle, que je ne pourrais pas faire un détour par ici. Il faut quelque chose qui soit toujours accessible, mais discret. Je sais ! FITZY ! »

Un pop discret se fit entendre. L'elfe s'inclina profondément, un peu surpris d'être appelé en pleine nuit.

« Fitzy, je te présente Miss Tonks. Tu lui obéiras comme si c'était moi. Il arrivera que je te laisse des messages pour elle. Tu ne devras parler qu'à elle. Pour tous les autres, tu ne seras au courant de rien, en particulier pour le professeur Dumbledore. C'est bien compris ? »

L'elfe hocha la tête devant le regard médusé de Tonks. Apres avoir demandé un repas pour l'auror, qui avec tous ces évènements n'avait pas eu le temps de diner, l'elfe disparut.

« Eh bien, monsieur ne se refuse rien. Un elfe personnel ici. Je ne savais pas qu'être prof payait aussi bien.

– Petite impertinente. Fitzy est une 'cadeau' du directeur, pour quelques services que je lui ai rendu. Je me demandais ce que je pourrai en faire, mais je fais appel à lui de temps en temps.

– Oh, c'est extrêmement généreux de sa part.

– Hum, oui. Un peu trop même. J'ai souvent cette impression qu'il a un coup d'avance sur tout le monde, et qu'il ne fait rien au hasard. Mais bon, ce n'est pas le moment de parler de lui. Ça va mieux ?

– oui, un peu. Cette famille m'a retournée. Tu aurais certainement eu sa sœur l'année prochaine comme élève. Et le petit garçon semblait tellement perdu. Ce n'est pas une façon de commencer sa vie. Il n'aura aucun souvenir de ses parents, qui sont morts dans une guerre absurde. Je crois que ses grands-parents sont encore vivants, donc ils pourront le recueillir, mais tout de même. Il a perdu ses deux parents d'un coup, sans rien pouvoir faire. Dis-moi que tu n'y étais pour rien.

– J'ai participé à la mission, donc je suis responsable autant que les autres. Mais ce n'est pas moi qui les ai tués. Nous étions deux à faire le guet pour vous bloquer et laisser le temps aux autres de partir. Vous êtes arrivés suffisamment vite pour qu'ils n'aient pas le temps de fouiller la maison et de le découvrir. Vous lui avez sauvé la vie.

– Si tu le dis.

– Je sens que ça ne va pas fort. J'aimerais que tu restes ici ce soir. »

C'était le comble. Elle qui était venue le voir suite à son cauchemar, elle avait complètement craqué et avait besoin que ce soit lui qui la réconforte. Elle accepta avec soulagement. Un pop dans le salon leur indiqua que la collation qu'ils avaient demandée était arrivée.


Voilà, dites-moi ce que vous en avez pensé :)

Vos petits mots me font toujours tellement plaisir!

A la semaine prochaine !