Bien le bonsoir :) !
EH BIEN ALORS ? QUE ? QUOI ?
Un chapitre seulement UNE SEMAINE après le précédent ?
Serait-ce Noël ? Je vous vois venir, mais ne vous habituez pas, hein xD
Merci du fond du cœur pour vos lectures et merci à Sundae Vanille, Rozen Coant, Kelpigue, Mimi70, La Mandragore de Nantes pour vos reviews, j'y réponds aussi vite que possible, au mieux demain dans la journée :coeurcoeur: !
Merci à ceux et celles qui me lisent aussi dans l'ombre, je vous aime tout autant !
Sur ce, des bisous et bonne lecture ! :)
Chapitre 4 — L'illustré des Plantes Magiques et de leurs utilisations
La vie reprit son cours au 2, meadowsweet, Stamford. Les jours passaient, se ressemblaient. Une longue semaine passa ainsi. Will passait son temps à échanger des lettres avec Charlie et à attendre des nouvelles de Stephen, et Abigail, bien qu'elle l'eût vue moins d'une semaine plus tôt, s'ennuyait d'Ivy.
Katie s'assombrissait de jour en jour, et bientôt, la maisonnée fut témoin de ses crises de colère, caractéristiques de la fin des vacances d'été, quand elle prenait soudain conscience que ses frère et sœur allaient de nouveau quitter la maison pour Poudlard. Ian tentait tant bien que mal de gérer ces crises, mais elles étaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes, de plus en plus inattendues, et la fatigue accumulée par son travail n'aidait pas à améliorer l'ambiance déjà tendue — lui-même sentait le départ de ses enfants approcher, et cette pensée lui arrachait le cœur. Si l'on rajoutait le froid silence d'Abigail envers son frère — « bof, ça change pas de d'habitude » — depuis la coupe du monde, le moral n'était pas au beau fixe, chez les Swann.
La veille de leurs achats sur le Chemin de Traverse, Abigail profita que son père fût sous la douche pour frapper à la porte de la chambre de son frère. Il lisait un comics sur son lit, et tourna la tête en retirant le casque audio qu'il avait sur les oreilles quand son attention fut attirée par le grincement de sa porte :
« Tiens, tu me parles, maintenant ? C'est nouveau, railla-t-il en voyant sa sœur passer la tête par l'entrebâillement.
— Pas avec cette attitude.
— Droit au but, Abbynette, avant que tu te rappelles que tu me boudes pour… absolument zéro raison.
— Papa veut pas que tu lises celui-là.
— Papa veut que tu manges et pourtant tu le fais pas. C'est pas à toi de me donner des leçons. Droit au but. »
Un soupir plus tard et Abigail marmonnait :
« Tu n'auras pas oublié quel jour on est demain.
— Le jour où on va faire nos courses au Chemin de Traverse. »
Abigail laissa un silence passer entre eux, le regard fixé sur son frère. Il haussa un sourcil, l'enjoignant à hocher la tête pour ajouter :
« Je pensais à autre chose.
— Le jour où tu oscilles entre joie de revoir Ivy et haine envers moi ? hasarda son frère d'un air sombre. Je suis pas amoureux d'elle, Kat et papa disent des bêtises.
— J'y ai réfléchi, et je suis arrivée à la conclusion que tant que tu n'es pas collé à mes basques constamment, ce n'est pas mon problème.
— Incroyable, ricana Will avec son sourire moqueur. Quelle chance j'ai.
— Mais il y a autre chose demain. »
Le sourire du jeune garçon s'effaça au profit d'une moue ennuyée.
« Euh… Le fait qu'on va certainement croiser Charlie ou Stephen ?
— Tu as vraiment oublié ?
— Ça devient pénible, Bybynette.
— Demain, c'est l'anniversaire de papa. »
Il y eut un bref silence, durant lequel ils s'observèrent, leurs visages fermés froncés l'un vers l'autre.
« Bien sûr que j'ai pas oublié, se défendit Will d'un ton si coupable qu'Abigail haussa un sourcil.
— Ça veut dire qu'il faut lui trouver un cadeau.
— D'accord, mais avec quel argent, grosse maligne ?
— C'est toi le gros malin de cette histoire, accusa Abigail en s'asseyant sur le lit, lui faisant plier ses jambes pour lui faire un peu de place. Tu n'as même pas remarqué que Kat et moi, on a fait une cagnotte, je me trompe ?
— Quoi ?! Pourtant je n'étais pas au courant ?
— On l'a mise dans ta chambre ! protesta sa sœur avec agacement, en pointant le doigt vers ladite cagnotte, une petite tirelire en forme de gros lapin, que Katie avait consentie à donner, pour la postéritat- pour le futur, avait-elle murmuré en s'en séparant. »
Will était tellement outré qu'il ne sut quoi dire, mais ses joues, qui se colorèrent si vite, d'un rouge si profond, remplacèrent tous les mots. Abigail secoua lentement la tête, désespérée :
« Mrs McIntyre nous a demandé de l'aider pour son jardin et son salon. Je me suis occupée de sa peinture, et Kat de ses mauvaises herbes.
— Quoi ?! Mais… Depuis quand vous faites ça ?
— La semaine dernière.
— Et vous avez gagné combien ?
— Vingt livres.
— Ah.
— Chacune.
— Quoi ?! »
Son cri outré se perdit dans le grincement de la porte — leur père, les sourcils froncés, passait sa tête dans la chambre, vêtu d'un peignoir aussi miteux que mouillé :
« Vous allez baisser d'un ton, oui ? Kat fait déjà dodo. »
Ils n'eurent pas le temps de marmonner « pardon » qu'il haussait un sourcil suspicieux et les dévisageait tour à tour :
« Qu'est-ce que vous manigancez, tous les deux ?
— Rien du tout, répondirent-ils d'une même voix. »
Pas convaincu pour deux sous, Ian plissa les yeux, marmonna un « humhum » perplexe, puis referma la porte lentement pour retourner dans la salle de bains. Will se tourna aussitôt vers sa sœur et ouvrit la bouche, mais le regard qu'elle lui lança lui passa l'envie de faire tout commentaire. Sans un mot, le regard vide et fixé sur un point invisible, il se passa une main dans les cheveux, et soupira lourdement avant de lancer un regard furibond au lapin-tirelire. La culpabilité s'étala sur son visage en d'immenses plaques rouges, et, mécontent, il grommela :
« Désolé. J'étais occupé.
— On a bien remarqué, asséna Abigail d'une voix mi-douce, mi-froide. C'est toi qui vas penser au cadeau, pour te faire pardonner. Kat est d'accord avec moi sur ce point, évidemment.
— Évidemment, marmonna Will, sombre. Ta bonté n'a franchement pas de limites.
— Contrairement à ma patience. »
Et, sans laisser à son frère le temps de répliquer, ni de remarquer son haussement de sourcils suivi d'un sourire aussi moqueur qu'amusé, elle sauta sur ses pieds et sortit.
Il pleuvait sur Stamford quand ils quittèrent la maison, le lendemain matin. Au fur et à mesure de leur périple, alors que Will et Ian s'amusaient à chanter par-dessus Freddie Mercury le plus fort possible, à l'avant de la voiture, et que Katie et Abigail mettaient leurs mains à plat sur leurs oreilles en se lançant des regards désabusés, sur les sièges arrière, les nuages se dissipèrent, laissant un soleil timide percer dans le ciel.
Ils arrivèrent à Londres sous le soleil, et quoique quelques nuages menaçaient de gâcher le beau temps, ils ne pouvaient se trouver plus ravis. Will s'étira quand il sortit enfin de la Ford, et Katie ronchonna que ce « n'était pas trop tôt, quand même ». Ian lui ébouriffa ses cheveux roux, Abigail ne dit rien, et ils se dirigèrent vers Charing Cross Road, où Will retrouva l'entrée du Chaudron Baveur après une bonne dizaine de minutes d'égarement.
L'atmosphère festive et magique du pub plaqua un immense sourire sur le visage de Will, et allégea la poitrine d'Abigail, quand ils entrèrent. Ils échangèrent un regard — au fond d'eux, ils étaient contents de retrouver la magie, sentaient danser au fond de leurs cœurs une allégresse immense. Ian remarqua cet échange muet, prit sur lui pour cacher la déception et la jalousie qui lui étreignaient la gorge, et serra davantage la main de Katie, laquelle boudait furieusement, le visage rouge de colère en fixant une jeune sorcière de onze ans exhiber sa baguette nouvellement acquise.
« Ils sont là-bas, toussota Will, son sourire s'effaçant au profit d'une petite moue gênée. »
Abigail haussa un sourcil — les joues du jeune garçon s'étaient colorées en un rouge vif en une poignée de secondes — puis tourna la tête vers la table qu'il avait indiquée d'un signe de menton. Son cœur accéléra sa cadence en même temps que ses mains cherchaient à remonter dans ses manches, et Ian, imperturbable malgré les regards qui se posaient sur eux, habillés en bons petits moldus, se racla doucement la gorge :
« Eh bien alors ? Ne restez pas plantés là. »
Will grommela mais accepta de mener la marche, Abigail sur ses talons, cachée derrière sa grande taille pour éviter tout contact incongru avec quelque inconnu. Daisy les aperçut en première et son sourire, sur son visage impeccablement maquillé, alerta Lloyd et Ivy, qui levèrent à leur tour les yeux du jeu sur lequel ils étaient penchés. La joie de revoir leurs amis illumina leurs visages — même Jacob étira un sourire sincère —, si bien que Ian se sentit rougir, et Will, cramoisi, préféra rester en retrait, un peu boudeur. Ivy sauta sur ses pieds et, devant les yeux écarquillés par la surprise de ses parents, se jeta dans les bras de Ian, qui lui tapota l'épaule, abasourdi de cette démonstration de tendresse.
« On n'a qu'à dire que c'était aussi un câlin pour toi, expliqua la jeune fille à Abigail quand elle lâcha finalement un Ian toujours fort confus.
— Je t'ai dit que tu l'aurais un jour, ton câlin, un peu de patience. »
Katie refusa toute forme de bienvenue et alla s'asseoir sur la banquette, recroquevillée et toujours rouge de colère — « laisse-la donc bouder » intima Ian à une Daisy inquiète —, mais le moment le plus embarrassant fut quand Ivy prit Will dans ses bras pour lui dire bonjour. Le jeune garçon, le visage plus rouge qu'une pivoine, fusilla du regard son père, lequel essayait de cacher son hilarité. Lloyd eut l'air mécontent mais Daisy lui envoya un coup de coude dans les côtes, et Jacob haussa un sourcil, lorsqu'il croisa le regard d'Abigail — elle se contenta de hausser les épaules, lui arrachant un sourire amusé.
« Je te déteste, gronda Will à l'attention de son père lorsqu'Ivy le lâcha et s'installa avec Abigail pour lui montrer le nouveau jeu de société qu'ils s'étaient offert — des cartes d'énigmes sur lesquelles un petit personnage dessiné se permettait d'insulter les joueurs s'ils mettaient trop longtemps à deviner la réponse.
— Au lieu de râler contre ton vieux père, tu ferais mieux de me dire ce que tu veux à manger, petit impoli.
— Tu me dégoûtes tellement que j'en ai perdu l'appétit.
— Super. Abbynette ?
— Une soupe, merci. »
Il jeta un coup d'œil à Katie qui boudait toujours aussi furieusement, soupira lourdement, leur demanda un instant et s'éloigna vers le comptoir, bientôt suivi de Will. Ils entendirent « mais papa, je le pensais pas », avant qu'ils ne soient engloutis par la foule.
Daisy et Lloyd regardèrent avec tendresse le visage perplexe d'Abigail quand la sorcière sur la carte d'énigmes lui asséna qu'elle était plus molle qu'un veracrasse atteint d'éclabouille cérébrume, et, après un coup d'œil attendri à sa femme, M. Carson lui intima à l'oreille, la faisant rougir de leur proximité :
« Vas-y, tu en meurs d'envie.
— Mais si elle ne veut pas me parler ?
— Qui n'aurait pas envie de te parler, hein ? »
Daisy rosit davantage en admettant que « oui, d'accord, peut-être », et se leva pour se glisser sur la banquette, près de Katie. Lloyd, quant à lui, en profita pour jouer avec les deux filles et Jacob, qui s'amusait à signer ses réponses aux cartes, lesquelles, frustrées de ne rien y comprendre, s'en donnaient à cœur joie de le traiter de noms d'oiseaux colorés.
« Ça ne va pas, chérie ? »
La colère de Katie éclata aussitôt, et elle releva la tête avec tant de brusquerie que Daisy fut un instant déconcertée, avant que la fillette ne bafouille :
« Qui ça, moi ?
— Oui, toi. Tu crois que je n'ai pas vu la bouille contrite que tu fais ?
— Conquoi ?
— Pourquoi as-tu cette petite frimousse tristounette ? »
Les grands yeux verts de Katie papillonnèrent un instant, puis elle haussa les épaules et ses petites jambes jouèrent dans le vide :
« Pour rien.
— Tu es sûre ?
— Qu'est-ce que c'est que ça encore, un Horglup scroffuleux ? s'indignait Abigail, à côté d'eux, provoquant l'hilarité de Lloyd et de Jacob. »
Daisy sourit doucement et passa une main sur la joue de la petite Katie, dont les yeux se chargèrent aussitôt de larmes.
« Si tu as besoin, chérie, tu sais que ton papa est là pour toi, d'accord ?
— Toi aussi ? couina la fillette d'un air suppliant.
— Autant que possible. »
La petite Katie, remplie de chagrin, se réfugia dans ses bras, et se laissa bercer par les caresses maternelles de Daisy — elle ferma les yeux et ne put s'empêcher de culpabiliser de ressentir un plaisir aussi cruel, sous les mains douces et parfumées de crème de cette maman qu'elle désirait si intensément avoir, alors qu'elle avait bien conscience que son père faisait tous les efforts possibles pour elle, pour Abby, pour Will. Elle fit taire la petite voix dans sa tête et profita du parfum de Daisy, sans remarquer le regard mécontent de Jacob.
Personne ne te pique ta maman, petit Moineau, lui fit remarquer Lloyd, et Daisy le remercia d'un sourire penaud.
Ian et Will revinrent bientôt — Daisy rougit en croisant le regard fatigué que Ian lança à Katie, mais il ne fit aucun commentaire et ils se prirent bientôt tous ensemble au jeu des énigmes, en attendant leur déjeuner.
« C'est quand même sacrément violent, comme jeu, non ? fit remarquer Ian avec amusement après avoir été traité d'Augurey de malheur.
— C'est bien ce que j'ai dit ! gronda Daisy alors que Lloyd, Ivy et Jacob échangeaient un regard désabusé. »
Finalement, Abigail parvint la première à se faire féliciter pour une bonne réponse, et ils rangèrent bientôt les cartes pour déjeuner.
« Euh… Mon cœur, tu es sûre de vouloir y aller ?
— Oui. »
Ian grimaça devant l'immense portail de bronze de la banque des sorciers, et, après un coup d'œil embarrassé au gobelin en uniforme qui gardait l'entrée, posa son regard sur Abigail, laquelle fixait la façade aussi blanche que sa peau, plus déterminée que jamais. Will, à côté d'elle, gardait les bras croisés sur son torse, une moue sur les lèvres.
« Alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? se moqua Lloyd, qui arrivait derrière eux.
— C'est-à-dire que j'ai normalement ce qu'il faut pour cette année, on n'a qu'à se dire qu'on reviendra l'année prochaine, quand on n'aura plus un sou pour vos affaires, hum ? déglutit Ian en se tournant de nouveau vers la bâtisse. Pourquoi veux-tu aller là-dedans de toute façon ?
— Ce sont mes affaires.
— Je te signale que tu es encore mineure et que tu vis sous mon toit. Ce sont un peu les miennes aussi, surtout quand s'il s'agit d'argent.
— Il marque au moins un milliard de points, et toi, environ zéro, commenta Will. »
Elle le fusilla du regard — il soupira, connaissant parfaitement les raisons pour lesquelles elle voulait se jeter dans la gueule de Gringotts, et leva les mains, signe de son forfait, alors que M. Carson ricanait :
« C'est pour retirer de l'argent ? demanda-t-il gentiment.
— Faire du change.
— Du change ? s'indigna Ian. Quel change ? Ce serait bien de demander mon avis avant de faire changer mon argent.
— Sauf que ce n'est pas ton argent, ne put s'empêcher de remarquer Will d'un ton plein de commisération. Mais celui de Mamie du 007.
— Donne donc, et je vais le faire, proposa Lloyd avant que Ian ait pu dire quoi que ce soit. »
Ian plissa les yeux alors que Will lui adressait un sourire éclatant, et qu'Abigail le fixait de son regard glacé.
« Vous deux, je ne sais pas ce que vous complotez depuis quelques jours mais je- »
Il se tut brusquement, son visage passa de la perplexité à la stupeur, puis se fronça de nouveau de confusion, avant qu'il n'abandonne en grommelant un « à tout à l'heure » désabusé, et se hâte de rejoindre Katie, Mrs Carson, Jacob et Ivy, restés devant les étalages de livres de Fleury & Bott.
« Il a compris ? s'enquit Lloyd avec un sourire amusé aux deux adolescents qui suivaient leur père des yeux.
— Oh, oui, vu la tête qu'il a fait, il a compris. Mais il déteste quand on lui fait des cadeaux pour son anniversaire, expliqua Will, ravi. On aurait pu être un peu plus discrets.
— À peine, s'esclaffa Lloyd. Allez, allons-y. »
Will dut protéger ses yeux du reflet du soleil sur les pierres blanches, alors qu'ils montaient l'escalier de marbre. Les portes, vertigineusement hautes, s'ouvrirent d'elles-mêmes quand ils y arrivèrent, et c'est tout guilleret que Lloyd pénétra dans la banque, suivi des deux adolescents, plus tendus.
Abigail comprit pourquoi Ivy avait refusé de l'accompagner quand ils passèrent les portes pour arriver devant deux autres portes, moins grandes, mais tout aussi imposantes, en argent pur. L'ambiance n'avait rien de rassurant. Deux gobelins les arrêtèrent, et alors que Lloyd leur expliquait le pourquoi de leur venue, Abigail et Will clignèrent des yeux, le nez levé vers le poème gravé sur les portes :
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
Les portes s'ouvrirent enfin, et après que M. Carson eut remercié les gobelins avec un sourire amène, Will et Abigail trottinèrent aussi vite que possible sans paraître impolis vers le hall principal.
« Je n'ai pas eu le temps de terminer le poème, il y avait écrit quoi après richesse ? chuchota Will à sa sœur tendue.
— Le juste châtiment de ta folle hardiesse, répondit-elle en déglutissant, troublée.
— C'est bizarre, comme mot, hardiess- »
Il se tut, ébahi par la beauté de la pièce principale. Tout en marbre, elle s'étendait sur ce que les deux enfants pensaient des kilomètres. De lourds lustres en verre — ou bien était-ce du cristal ? Ils n'arrivaient pas à déterminer, de là où ils étaient — flottaient dans l'air, aidaient les larges fenêtres rondes à illuminer l'intégralité de la salle. Des dizaines de gobelins travaillaient derrière un très long comptoir, au milieu, et sur les côtés, ils pouvaient apercevoir des portes, dans lesquelles des sorciers s'engouffraient, accompagnés de gobelins à la mine patibulaire.
Pantois, Will et Abigail posèrent leurs regards tout autour d'eux, désirant ne rien rater au spectacle des plumes crissant sur les parchemins, des livres de comptes flottant jusqu'à leurs propriétaires, d'encriers mouvant jusqu'aux bouteilles d'encre pour se remplir elles-mêmes, de poussière dérangée par les visiteurs. L'air était si chargé de magie qu'ils se sentirent écrasés, et Abigail ressentit avec panique l'étouffement précédant chacune de ses crises de douleur. Sentir la présence de Will – qui n'en menait pas large non plus – à ses côtés parvint à la rassurer, et ses doigts douloureux se hâtèrent de retrouver dans sa poche l'argent destiné à la surprise - plus si surprise - de leur père, pour se donner du courage.
Lloyd, qui ne sentait plus leur présence derrière lui, se retourna, et les aperçut, à plusieurs mètres de lui, stupéfaits et apeurés. Il se permit un sourire, leur fit signe discrètement, et bientôt, ils trottinèrent vers lui.
« Dites, chuchota Will en dévisageant avec gêne les gobelins qui travaillent là.
— Hm ?
— On ne fait pas… un peu trop… Un peu trop…
— Un peu trop ? l'encouragea Lloyd, mais le mot s'était étranglé dans la gorge de Will.
— Moldus ? termina Abigail d'une petite voix étouffée. »
Son frère approuva le mot d'un signe de tête. Lloyd sourit et ses yeux brillèrent férocement :
« Le premier qui vous fait la réflexion aura affaire à moi. »
Au moment où Katie, Ivy et Jacob en avaient eu plus qu'assez d'attendre et s'étaient dirigés vers le rayon des bandes dessinées, le vendeur de Fleury & Bott se planta enfin devant Daisy, le front en sueur, un semblant de sourire douloureux sur les lèvres.
« Bonjour monsieur, salua Daisy avec une empathie qui fit sourire Ian, derrière elle. Ce serait pour-
— Poudlard ? coupa-t-il d'un air désespéré.
— Oui. Il me faudrait un jeu de livres pour la deuxième année, et un autre pour la troisième année, ajouta-t-elle en cherchant confirmation du regard auprès de Ian. S'il vous plaît. »
Le vendeur acquiesça en soupirant et se hâta d'aller chercher la commande.
« Abby reprendra les livres de deuxième année de Will, marmonna Ian en zieutant vers les piles de livres neufs. Ça sera plus simple.
— Par Merlin, Ian, cesse donc de te justifier, Jacob aussi héritera des vieux livres d'Ivy, et ni Lloyd, ni moi n'avons la moindre honte à le dire haut et fort. Personne, et surtout pas nous, ne te trouvera radin parce que tu n'offres pas de manuels neufs à ta fille. Je pense sincèrement, connaissant un peu le phénomène, qu'elle n'en a strictement rien à faire. »
Un sourire penaud éclaira le visage de Ian, et avec un haussement d'épaules, il murmura :
« Oui, c'est vrai. Merci, Daisy. »
Elle lui sourit gentiment et bientôt, le vendeur revint, chargé des livres demandés par l'école :
« Voilà m'dame. Vous payez séparément ?
— Non, non, coupa Daisy quand Ian essaya de dire que oui, il payait sa part. Je paye !
— Hors de question !
— Vois ça comme un cadeau d'anniversaire de Lloyd et moi, ajouta-t-elle avec un clin d'œil. »
Elle profita de la confusion totale dans laquelle ses propos avaient plongé Ian pour sortir une bourse de son sac et la tendre au vendeur.
« Dis donc, Daisy, je ne crois pas avoir mentionné un jour ma date d'anniversaire, ni à toi, ni à Lloyd. »
Le rouge qui monta aux joues de Mrs Carson, tout autant que ses yeux qui s'écarquillèrent d'angoisse, le firent soupirer sombrement.
« Les petits monstres, gronda-t-il, mécontent. Ils vous ont envoyé un hibou pour vous prévenir, hum ?
— Oh, non, ne les gronde pas – merci monsieur, oui, au revoir –, ils étaient tous les trois si contents de pouvoir fêter ton anniversaire ici…, le supplia Daisy dans une moue embêtée.
— Nous verrons ça quand ils reviendront de Gringotts. »
Et sans attendre, il monta chercher Katie, Ivy et Jacob — Katie essaya tant bien que mal de se faire offrir le Livre invisible de l'invisibilité, sans succès, et se rabattit sur Les aventures de Martin Miggs, le moldu fou :
« Tu as déjà essayé l'année dernière, ça ne marche toujours pas, fit remarquer Ian d'un air blasé. Allez, ouste, tout le monde dehors. »
Ivy attrapa la main de son petit frère et ils zigzaguèrent tous les quatre entre les chalands vers la sortie, tous soulagés de retrouver de l'air, loin de l'agitation de la boutique de livres. Les manuels d'Ivy dans les mains, Daisy les attendait, un peu en retrait, un sourire aux lèvres en les apercevant sortir.
Écrasés par le luxe de la salle et le dédain qui émanait des gobelins, Abigail et Will restèrent derrière Lloyd, avec la désagréable impression d'être aussi grands que des fourmis. Lloyd avait soumis leur demande, et ils étaient à présent sondés du regard par un gobelin au nez crochu qui se penchait sur eux avec une grimace de mépris. Sans un mot, il tendit une main aux longs doigts noueux, dans laquelle M. Carson posa la monnaie — Will eut une petite grimace involontaire en remarquant la longueur des ongles de la créature, mais détourna très vite le regard, de peur de se montrer impoli.
Finalement, ils reçurent ce pourquoi ils étaient venus, et, sans demander leur reste, après un salut pour le moins expéditif, ils firent demi-tour et se hâtèrent de sortir — à l'air libre, ils s'autorisèrent un long soupir, respirèrent de nouveau librement.
« La première fois fait toujours cet effet, leur intima M. Carson avec un clin d'œil en tendant la bourse pleine de gallions et de mornilles.
— Je comprends mieux pourquoi papa retarde le moment où il faudra y retourner, soupira Will en attrapant l'argent. Merci beaucoup de nous avoir accompagnés, en tout cas.
— C'est normal, c'est normal. Vous avez prévu de lui offrir quoi ?
— Ça, je m'en occupe, c'est à moi que revient cette lourde tâche. Mais pour ça, il faut aller à Fleury & Bott. »
Lloyd ricana, et ils tournèrent les talons pour s'éloigner de la banque.
Quand Abigail aperçut le monde qui se pressait dans la librairie, elle s'empressa d'apprendre à son frère qu'elle n'avait aucune envie de se perdre là-dedans, ce à quoi il répondit qu'il comprenait, mais, trop désireux d'accomplir son devoir, il lui assura qu'il irait vaincre vents et marées pour leur père.
Ian attendait non loin de la devanture, et parut soulagé de les apercevoir braver la foule.
« Toujours vivants, à ce que je vois. Tant mieux. Les autres sont allés se perdre chez l'apothicaire, leur apprit-il. Je vous attendais pour les rejoindre.
— Je dois aller acheter mes livres, chantonna Will.
— Je les ai déjà. »
Le sourire sur le visage du jeune garçon s'éteignit, et il bafouilla, en croisant le regard désolant d'inexpressivité de sa sœur :
« Ah euh ben euh… T'en as oublié un.
— Ah ? marmonna son père en haussant un sourcil.
— Tu as pris ceux pour mes options ?
— Oui.
— Et celui que je voulais m'offrir pour le trajet du Poudlard Express ?
— J'ignorais qu'il existait un tel livre.
— Je n'en ai pas pour longtemps, ne m'attendez pas. »
Et sans demander son reste, il s'enfuit dans la foule, à l'intérieur du magasin.
Ian soupira silencieusement, se tourna vers Abigail qui l'interrogea du regard — il ouvrit la bouche pour protester qu'ils l'embêtaient, avec son anniversaire, que ça n'avait pourtant aucune importance, mais il se tut et se contenta de dire :
« Allez-y, je vous rejoindrai quand il sera revenu.
— Ohé, M. Swann ! »
Ian, Lloyd et Abigail se tournèrent vers la voix enjouée qui venait de le héler, et virent Charlie s'arrêter devant eux, visiblement content de les avoir trouvés.
« Bonjour Charles.
— Charlie, rectifia l'intéressé en rosissant.
— Et moi je m'appelle Ian, pas M. Swann, remarqua Ian avec douceur.
— Je m'en souviendrai, grimaça le garçon avant d'apercevoir Abigail qui se cachait derrière son père. Tiens, salut Abbynette.
— Charles, répondit-elle d'un ton glacial. »
Charlie laissa fleurir une moue mécontente sur ses lèvres puis se tourna de nouveau vers Ian :
« Quand maman vous a aperçus elle m'a autorisé à faire mes achats avec Willychou. Vous l'auriez vu dernièrement ? »
L'éclat de rire qui secoua Ian et Lloyd lui arracha un sourire éclatant, mais son euphorie retomba bien vite quand il croisa le regard froidement impassible d'Abigail.
« Il est allé s'acheter un livre, lui apprit ensuite Ian. Tu sais quoi ? Si Willychou et toi préférez rester tous les deux, faites donc, mais demande-lui d'être de retour au Chaudron Baveur à seize heures, d'accord ?
— Bien sûr, M. Ian Swann. »
Ian ne put s'empêcher de rire, avant d'ajouter :
« Parfait. Allons-y, nous, et ça serait gentil de m'expliquer tous ces secrets que vous semblez partager aujourd'hui, toi et ton frère.
— Dans tes rêves, répliqua Abigail avec une insolence qui fit soupirer Ian et ricaner Lloyd. »
Pendant ce temps, Will se faufilait dans le rayon botanique illustrée de Fleury & Bott. Il fit défiler plusieurs titres, reposa quelques albums avec une grimace dégoûtée — les 1000 plantes les plus meurtrières n'étaient décemment pas un cadeau à faire à son paternel —, ou outrée — quinze gallions pour une encyclopédie lui semblait tout de même un peu cher payé.
Après une bonne poignée de minutes, le jeune garçon posa enfin les yeux sur le cadeau parfait, et, un sourire de triomphe s'étalant sur son visage, il tendit le bras. Le livre glissa hors de son étagère, et, d'une caresse sur la couverture illustrée en reliefs, son nouveau propriétaire s'autorisa une petite moue appréciatrice, avant de ricaner bêtement en imaginant la tête que ferait son père lorsqu'il l'aurait dans les mains. En sifflotant, il se retourna pour rejoindre la caisse.
Le premier vendeur étant follement occupé, il se dirigea vers la caisse du fond, se prit un coup de coude dans la tête, un autre au niveau du ventre, et c'est avec une grimace qu'il arriva enfin devant le comptoir, derrière une file de sorciers et sorcières. Il grommela intérieurement, afficha sur son visage une mine patiente, quand bien même complètement fausse, et attendit son tour. Il commençait à avoir chaud et à se sentir oppressé — inconsciemment, il resserra sa prise autour du livre.
Il ne restait plus que deux sorcières devant lui quand il se sentit violemment expulsé sur le côté — il eut à peine le temps d'entendre un « oh ! pardon jeune homme ! » qu'il sentait son pied en écraser un autre avec une affreuse brutalité — un cri de douleur lui vrilla le tympan, et c'est tout penaud qu'il se reprit et s'excusa :
« Je suis désolé, désolé, désolé, je-
— Tu m'as écrasé le pied !
— Je ne voulais pas !
— Je ne vais plus pouvoir marcher à cause de toi ! »
Une fille d'à peu près son âge, les larmes aux yeux, une grimace sur le visage, le fusillait du regard, tout en tâtant son pied d'une main. Will reconnut les lourds cheveux ondulés qui s'échappaient de sa queue-de-cheval approximative, et s'excusa encore :
« Vraiment, je suis désolé euh- McBee, c'est ça ? »
La surprise s'étala sur le visage de l'adolescente, remplaçant bien vite la douleur, puis remplacée aussitôt par la méfiance :
« C'est ça. Comment le sais-tu ?
— Ben… On est dans la même année, non ? Tu es bien à Poufsouffle ?
— Ah, mais oui, c'est toi qui m'as fait exploser le chaudron à la tête l'année dernière ! »
Will rougit furieusement et grimaça :
« Je t'ai déjà dit que j'étais désolé !
— Jeune homme ? héla le vendeur à ce moment. C'est à vous.
— Écoute McBee, je suis vraiment désolé, on m'a poussé- »
Elle le fit taire d'un regard noir et s'éloigna en boitillant, le laissant ruminer pour lui-même. Tant pis, pensa-t-il en payant puis en rejoignant la sortie, tant pis pour cette folle aux cheveux fous.
« Ah, te voilà enfin ! »
Will leva les yeux et aperçut, sur le côté de l'échoppe, Charlie, qui souriait en croisant le regard de son ami. Le cœur de Will s'envola aussitôt, et c'est l'esprit beaucoup plus léger qu'il fit un pas vers lui, un immense sourire aux lèvres :
« Ben alors, t'en faisais une tête en sortant, se moqua Charlie en jetant un coup d'œil à l'ouvrage qu'il tenait fermement dans ses mains.
— C'est pas ma faute, grogna Will, et son sourire s'effaça aussitôt. On m'a poussé et j'ai écrabouillé le pied de cette folle furieuse de McBee.
— McBee, c'est la Poufsouffle ? Celle qui s'est pris ton chaudron en pleine poire l'année dernière ?
— Celle-là même. Interdiction de te moquer ou ça t'arrivera à toi aussi. »
Mais Charlie se fichait bien de ses menaces, et s'esclaffa.
« J'ai croisé ton père, il a accepté que tu passes la journée avec moi si tu es revenu au Chaudron Baveur pour quatre heures, lui apprit-il en évitant à la fois une famille de sorciers pressés et la colère de Will.
— Ah, chouette. Je dois aller chez Mrs Guipure.
— Ok, Willychou, dit-il, et il ne sembla pas entendre le « pardon ?! » étranglé qui s'échappa des lèvres de Will. Qu'est-ce que tu as là ? interrogea-t-il ensuite avec malice en pointant du doigt le livre sous le bras de son ami, pour s'éviter le courroux du jeune garçon.
— Pas touche, c'est le cadeau d'anniversaire de mon père.
— Oh, pardon. Bon, allons-y, et il faut que tu me racontes la Coupe du Monde ! Petit veinard.
— D'accord, seulement si après tu racontes tes vacances dans les moindres détails. »
Will invita Charlie à l'anniversaire surprise qu'ils organisaient pour son père, mais le rouquin dut rejoindre ses parents, qui demandèrent à Will de souhaiter un très bon anniversaire de leur part à Ian, et c'est tout seul qu'il se dirigea vers le Chaudron Baveur, l'esprit encore tout engourdi par tout ce que lui avait appris Charlie pendant l'après-midi. Une seule question lui tournait dans la tête, alors qu'il remarquait de loin la table autour de laquelle se tenaient les Carson-Davies, son père et ses sœurs — et contournait une autre table où il aperçut au dernier moment la chevelure indomptée de McBee — : est-ce qu'Abbynette était au courant, pour leur ancien professeur de Défense ? L'annonce de sa mort par Charlie lui avait fait l'effet d'un coup de poing, d'autant plus que la date coïncidait avec l'arrêt brutal des lettres de Stephen.
Il sentait, sans trop le comprendre, son cœur désespéré de naïveté et d'innocence se gangréner de tristesse. L'épouvante que lui inspirait la noirceur de l'âme humaine lui nouait la gorge et lui glaçait les entrailles. Il sourit maladroitement quand on le salua, et se dirigea aussitôt vers sa petite sœur, à laquelle il chuchota :
« Dis donc, Abbynette, t'es au courant pour le professeur O'Cuinn ? »
L'horreur dans sa voix trahissait l'émotion qui le secouait. Abigail pressentit l'esclandre qu'il allait laisser éclater si elle lui disait la vérité, mais répondit tout de même :
« Ivy m'en a parlé dans une lettre, oui. »
Le ton froidement détaché fit froncer les sourcils à son frère. Un instant, il ne dit rien, alors qu'éclataient les rires derrière eux, dévisagea sa sœur qui détourna le regard pour distinguer Jacob les observer et détourner le regard en comprenant qu'il avait été vu, puis, sur un ton sec, il fit claquer son reproche :
« Et c'est tout ce que ça te fait ?
— Que veux-tu que je te dise ? répliqua aussitôt Abigail, blessée de se sentir ainsi jugée par son frère.
— Mais… Je ne sais pas mais… c'est affreux, comme nouvelle.
— Je n'ai pas dit le contraire.
— Qu'est-ce que vous racontez encore tous les deux comme messes-basses ? les coupa Katie. Venez, c'est le moment parfait pour offrir son cadeau à papa. »
Will ajouta seulement à voix très basse « comme tu n'as rien d'autre à dire de toute façon » à l'adresse d'Abigail, et se détourna, laissant sa sœur abasourdie. La colère envahit sa poitrine déjà désagréablement douloureuse, et c'est sans remarquer la mine soucieuse d'Ivy qu'elle s'approcha de son père.
« Joyeux anniversaire papa ! claironna Katie, dans son innocence enfantine.
— Vous me fatiguez, tous les trois, vous savez. »
Ce fut Katie qui eut l'honneur de remettre le cadeau à leur père, qui, malgré tout, souriait d'un air ému en les embrassant tous les trois du regard. Will se mit à chanter, Abby se renfrogna en refusant d'ouvrir la bouche, et Katie répéta d'une petite voix aiguë « ouvre-le, ouvre-le ! ».
Ian déchira le papier doucement, jusqu'à ce que Will remarque qu'il avait été emballé à la va-vite par un sorcier, donc que le temps qu'il y avait mis — « approximativement zéro seconde » — ne justifiait pas tant de minutie.
Daisy et Lloyd, tendrement enlacés dans le coin de leur banquette, regardèrent Ian avec un attendrissement non dissimulé, quand il cligna des paupières en prenant connaissance du titre de son ouvrage — l'illustré des plantes magiques et de leurs utilisations. Katie passa ses doigts sur la couverture en relief, les yeux brillants, et Will lui apprit avec un petit sourire qu'il avait eu le feu vert de ses petites sœurs pour choisir le cadeau.
« Comme ça, tu ne diras plus que tu resteras avec tes plantes moldues, ajouta-t-il d'un petit air malicieux. »
Ian s'était tu, les yeux brillants, et se leva pour prendre son fils dans ses bras. Katie laissa le livre à Jacob et Ivy et s'empressa de se blottir contre son père à son tour. Seule Abigail n'osa pas se joindre à eux.
« Ce matin, j'étais sûr que vous aviez oublié, avoua Ian en embrassant tour à tour son aîné et sa cadette.
— Franchement papa, qu'est-ce que tu crois ? Ça fait des semaines qu'on prépare ça, claironna Will, et son sourire s'effaça au profit d'une rougeur aux joues quand il croisa le regard outré et plein de colère de ses petites sœurs.
— Vous êtes impossibles. Par contre, l'année prochaine, il faudra être un tout petit peu plus discrets, hein. Le coup de Gringotts et l'argent de mamie du 007, une fois mais pas deux.
— La maîtresse de l'année dernière disait qu'on apprend de nos erreurs, commenta Katie avec philosophie. On fera mieux l'année prochaine.
— J'en suis sûr, chuchota Ian en la prenant sur ses genoux. »
Une fois l'émotion du cadeau passée, ils se rendirent compte que Lloyd et Daisy, sur les conseils avisés d'Ivy et Jacob, avaient commandé un gros gâteau plein de crème. Ian eut du mal à contenir les larmes qui pointèrent le bout de leur nez, et, alors que les parents d'Ivy lui tapotaient chacun une épaule avec des sourires attendris, il souffla les dix bougies qu'on avait réussi à obtenir du barman.
« Ça te fait quel âge, en vrai ? questionna Lloyd alors qu'ils mangeaient avec appétit.
— Pas dix, en tout cas, remarqua Ian, et à côté d'eux, Daisy et Ivy riaient doucement de la quantité de crème qu'Abigail s'était mis sur le menton. Ça m'en fait trente-sept.
— Oh eh beh, t'es encore un petit jeunot.
— Quoi, ne va pas me dire que Daisy et toi vous avez déjà dépassé les quarante.
— Trente-neuf, répondit Lloyd avec un clin d'œil. »
Ils furent interrompus dans leur discussion par Katie qui râlait après son frère — « il m'a piqué de la crème ! » « quoi ! même pas vrai ! ».
Daisy avoua ensuite qu'Ivy l'avait mise au courant des manigances des enfants Swann, et Lloyd ajouta, alors que Will et Abigail se tournaient vers l'adolescente en fronçant les sourcils de mécontentement, qu'il s'était beaucoup amusé. Ivy rougit en se réfugiant dans son verre de jus de pamplemousse, et Jacob, ne comprenant pas pourquoi on s'en prenait ainsi à sa sœur, se décala pour jeter un regard féroce à quiconque oserait lui reprocher quoi que ce fût.
La bonne humeur prima autour de la table, puis vint l'heure de se quitter. Ils se donnèrent rendez-vous quatre jours plus tard, sur le quai 9¾, et se quittèrent après moult remerciements et tapes sur les épaules ou dans le dos. Jacob accepta même de sourire, et Ivy enlaça Will, prétextant une nouvelle fois qu'elle câlinait son amie par la même occasion. Puis ils s'éloignèrent, chacun de leur côté, la voix pleine de joie et de promesses.
Le retour à Stamford fut bruyant, plein d'éclats de rire et de complicité, qui fana toutefois au moment du repas — la fatigue, l'appréhension du départ, les quelques tensions de la journée se mêlèrent et assoupirent leur enjouement.
Katie alla vite se coucher, après le dîner. Will l'imita, essaya de s'endormir, sans y parvenir malgré la fatigue. La discussion qu'il avait eue avec Abbynette, un peu plus tôt dans la journée, lui restait en travers de la gorge, lui conférait un sentiment de malaise qu'il voulait absolument mettre au clair. Alors il repoussa ses couvertures, se leva, et sans bruit, se dirigea vers la chambre de sa sœur.
Dans son lit, Abigail songeait à son père, à la complicité qu'elle lui refusait, en l'éloignant toujours d'elle, en lui refusant ses caresses, ses étreintes. La culpabilité lui rongeait l'esprit. Les images de la famille Carson, si soudée, si épanouie, lui tombait devant les yeux à chaque fois qu'elle fermait ses paupières, et son cœur se serrait jusqu'à l'en étouffer — c'était à ça, qu'elle aspirait, cette relation paisible avec son père, son frère, sa sœur… Mais elle avait peur.
Son regard affligé se posa sur ses mains. Elle sentait sa magie fourmiller au bout de ses doigts, essayer de sortir. Elle sentait toujours ce picotement au niveau de ses bras, qui la faisait plus ou moins souffrir selon les jours. Mais au fond, elle savait que quelque chose avait déjà changé. Elle avait, à défaut d'avoir éliminé toute panique, eu moins peur. Elle avait refusé d'écouter la plainte épouvantée au fond de sa poitrine. Elle avait fait taire la petite voix qui faisait trembler tout son corps d'anticipation effrayée — elle avait vécu une journée en dehors de la maison, entourée d'inconnus, sans penser à la catastrophe qu'elle aurait pu déclencher. Son inconscience l'effraya, la fit frissonner alors qu'elle se recroquevillait et ramenait ses mains vers elle.
Pourtant, malgré cette imprudence qui la terrifiait tellement, elle prenait conscience que ses barrières mentales devenaient jour après jour plus solides, sa volonté plus épaisse, sa façon d'interagir avec sa magie plus… facile. Elle avait l'impression, sans la maîtriser vraiment, de comprendre enfin l'Introspection.
Finalement, elle ne voulait pas voir qu'elle s'impressionnait. Cette pensée seule l'engourdissait. Tout allait trop vite, elle était intimement persuadée que sa réussite n'en était que plus trompeuse…
Des petits coups à sa porte firent éclater ses rêveries sombres — timidement, elle se redressa dans son lit et autorisa l'entrée à sa chambre, persuadée qu'il s'agissait de son père :
« Hey, Abbynette. »
La voix de son frère n'était qu'un murmure, au travers de la froide obscurité. Il avait l'air si triste, et si perdu, sur le seuil de la porte, que la colère contre lui qui la secouait depuis l'après-midi, sans qu'elle pût trouver un moyen de l'apaiser, s'affola et quitta son cœur, n'y laissant qu'un vide immense, dans lequel un chagrin, plus cruel encore, se faufila. Will essaya de sonder les yeux de sa sœur, ne parvint qu'à lire une profonde inquiétude dans ses iris bleutés et son silence timide, et, sans bruit, s'assit au bout de son lit.
« Je voulais juste- juste te dire pardon, pour cet après-midi. J'ai bien vu que je t'avais mise en colère, à cause de ma réflexion sur le professeur O'Cuinn mais- ce n'était pas contre toi. C'est juste que j'ai peur. J'ai l'impression que le monde de la magie est beaucoup plus sombre que je ne le pensais, et ça me fait peur. C'est tout. Tu ne m'en veux pas ?
— Non, chuchota Abigail d'une petite voix tremblante. Je ne t'en veux pas. Moi aussi je suis désolée. »
Seuls les bruits de leur père dans la cuisine leur parvinrent, pendant une minute trop longue où le silence épais, rassurant, s'installa entre eux. Puis Will, la gorge nouée, essaya de sourire, se releva en se frictionnant les bras, et murmura d'une voix hésitante, malgré toute la frustration de ne savoir mettre des mots sur les émotions qui bataillaient au fond de lui :
« Merci Abbynette. »
Elle ne répondit pas. C'était là, peut-être, tout ce qui le dérangeait, songea-t-il un instant, sans oser lui en faire part, trop incertain de son interprétation. Elle jouait avec ses draps, l'air ailleurs, tendue, quand il tourna les talons pour quitter la chambre.
« Will ? »
Le chuchotement lui était parvenu alors qu'il atteignait la porte. Il se retourna, mais elle avait baissé la tête et jouait maintenant avec sa peluche.
« Oui ?
— Qu'est-ce que…, commença-t-elle, et les mots avaient l'air si difficiles à prononcer qu'une immense tristesse s'empara de son frère. Qu'est-ce que je suis censée répondre, à ce que tu me dis ?
— Comment ça, Abbynette ? demanda-t-il très doucement. »
Il ne se rappelait pas l'avoir déjà vue dans un tel état d'embarras, ne put s'empêcher d'en sourire.
« Je ne fais pas exprès, murmura-t-elle encore. De ne pas répondre. C'est que je ne sais pas comment faire. Mais je vois bien que ça te rend triste. Que ça rend papa triste. Que ça rend la maman d'Ivy triste. Que ça rend Ivy triste. Toi, tu sais comment faire. Alors comment on fait ?
— Comment faire pour quoi, Abbynette ? Répondre aux gens, c'est-à-dire ?
— Je ne sais pas, moi, leur répondre, quand ils te parlent. Avoir une conversation normale.
— Tu veux dire… Comme toi et moi en ce moment ? se moqua-t-il doucement.
— Non… Comme… Comme toi quand tu rencontres du monde. Comme toi quand tu me dis que tu as… que tu as peur.
— Oh… Eh bien euh, je ne sais pas trop. C'est assez naturel. »
Les quelques secondes de silence qui suivirent furent interrompues par une petite toux gênée de Will :
« Désolé… »
Une petite moue navrée déforma les lèvres d'Abigail, puis, lentement, elle s'allongea dans son lit et son regard se perdit au loin. Will tapota ses draps et murmura :
« Bon, je vais te laisser dormir, alors… Tu sais, même si tu réponds pas, c'est agréable de savoir que tu écoutes. »
Il n'attendait pas de réponse, et n'en obtint pas. Un timide « bonne nuit » plus tard, et il atteignait la porte. Alors, étouffée dans une hésitation confuse, la voix d'Abigail s'éleva :
« Merci, Willychou.
— Je vous déteste, Charlie et toi. »
Assis dans son lit, Ian feuilletait son nouveau livre sur la botanique sorcière, le cœur gonflé d'amour pour les trois petits monstres qui devaient dormir, à l'heure qu'il était. Son lit, d'habitude trop grand, trop froid, lui semblait rempli d'espoir. Il essayait de ne plus songer au moment où ils reprendraient la voiture pour se rendre à King's Cross, où ils se diraient au revoir pour de longs mois. La période entre août et Noël était toujours trop longue. Il chassa ces pensées en se concentrant sur les Grassettes Chatouilleuses. Décidément, ces sorciers étaient farfelus. Et ce monde auquel il n'avait pas droit d'appartenance était si dense, si bien caché, il avait parfois l'impression qu'il était victime d'hallucinations.
Alors que la Grassette Chatouilleuse de l'illustration se mettait à bouger sur le papier, suivant ses doigts qui tentaient de tourner la page, une petite souris gratta à la porte. Ian tendit l'oreille, les sourcils froncés par la surprise, quand le bruit reprit, un peu plus fort :
« Oui ? dit-il alors doucement. »
La porte s'ouvrit timidement, et laissa passer le visage d'Abigail — Ian sourit, surpris et content de la voir, et reposa son livre.
« Eh bien alors ? Tu ne dors pas ?
— Je n'y arrive pas.
— Entre. Viens là. »
Il tapota son lit. Elle entra, referma la porte, et s'approcha. Elle s'était emmitouflée dans sa robe de chambre bleue, remarqua son père en souriant, le cœur gonflé de bonheur. La fillette s'assit, passa une main derrière son oreille pour dégager un peu son visage, et regarda son père, indécise.
« Tu veux rester là un peu ?
— Je veux bien, murmura-t-elle. »
Elle jeta un coup d'œil au livre et demanda tout bas :
« Il te plaît ?
— Il est super. Vous êtes formidables, tous les trois.
— C'est Will qui s'en est occupé. Katie et moi on a juste rassemblé les fonds.
— Juste, répéta son père avec un haussement de sourcil amusé. J'en étais aux Grassettes Chatouilleuses.
— On les a étudiées, l'année dernière. »
Son père eut un doux sourire alors qu'elle s'installait confortablement, les pensées loin dans les terres d'Écosse. C'était ce jour-là qu'elle avait rencontré Ivy, que le professeur Chourave les avait obligées à faire équipe. Ian la laissa vagabonder dans ses pensées et reprit sa lecture, bâillant quelquefois.
« Papa ? chuchota soudain Abigail d'une petite voix intimidée.
— Oui, mon cœur ?
— J'ai un autre cadeau pour toi.
— Vraiment ? Mais chérie, il ne faut pas, je suis comblé, tu sais.
— Mais j'y tiens. »
Elle avait l'air effrayée, mais déterminée.
« Alors… Alors d'accord. »
Le petit sourire attendri qu'il lui adressa lui insuffla plus de courage qu'elle n'en avait — lentement, la respiration difficile, elle s'approcha, s'emmitoufla davantage dans sa robe de chambre, cacha ses mains. Elle sentait au fond qu'elle allait le regretter, mais elle en avait assez. Assez de se laisser enfermer par la peur. Au moins ce soir-là se sentait-elle suffisamment de courage. Son cœur battait à s'en décrocher dans sa poitrine alors que son épaule touchait celle de son père, et qu'elle dirigeait sa tête vers le creux de son cou. Elle le sentit se tendre de surprise, arrêter de respirer, dans l'attente de son étreinte.
Et les images du chien gelé sur le tapis éclatèrent devant ses yeux, remplacées par celles de son père recouvert de petits cristaux glacés. La panique qu'elle avait réussi à contenir dans son cœur éclata dans sa poitrine — dans un mouvement d'effroi, elle recula, et quitta précipitamment le lit. La colère et la frustration l'étranglèrent, et les larmes perlèrent sur ses joues, sans qu'elle pût les contrôler. Ian se leva aussi brutalement pour venir la consoler, mais elle recula d'un pas, cachant davantage ses mains dans ses manches.
« Oh, Abbynette…, chuchota-t-il en essayant de poser une main sur ses cheveux, mais elle refusa.
— Je n'y arrive pas, sanglota-t-elle. Je suis désolée, je n'y arrive pas.
— Calme-toi, calme-toi. Ce n'est rien, ma chérie, ce n'est rien, merci déjà d'avoir essayé.
— Mais si- s'il t'arrivait quelque chose ? Si je te faisais du mal ? »
Les mots se perdirent dans la gorge de Ian. Sans réfléchir, il posa une main sur l'épaule de la fillette — elle se figea, ses pleurs tarirent aussitôt, et elle leva des yeux horrifiés sur son père, persuadée qu'il se transformerait en glaçon dans les secondes qui suivraient.
« Abby chérie, je t'ai prise dans mes bras pendant les premières années de ta vie, et il ne m'est jamais rien arrivé, murmura-t-il, le cœur battant. »
Elle renifla doucement, alors qu'il pressait doucement son épaule, et se penchait pour pouvoir la regarder dans les yeux. Elle restait immobile, muette, toute troublée. Son cœur affolé lui faisait mal.
« Il ne faut pas t'obliger, si tu n'en as pas envie, toi. Si tu fais ça pour moi… Ce n'est pas inutile, mais presque. Tu sais, chérie, j'attendrai le temps qu'il faudra. Si tu as besoin de plus de temps pour te sentir en sécurité, alors j'attendrai. »
Il retira lentement sa main de son épaule, et s'assit sur le lit pour être à sa hauteur. Elle hocha lentement la tête, sécha ses larmes.
« Je suis désolée.
— Mais non, chérie, mais non. C'est… C'est déjà un beau cadeau d'avoir essayé.
— Je t'aime, papa, souffla-t-elle, les yeux ancrés dans les siens. »
En entendant ces trois petits mots, le cœur de Ian s'arrêta le temps d'une seconde. Les mots s'étouffèrent dans sa gorge, il ouvrit la bouche plusieurs fois pour parler, sans y parvenir, le souffle coupé par le débordement de tendresse qui s'était emparé. Ses yeux s'ancrèrent sur le visage de porcelaine de la fillette, une boule d'amour menaçant d'exploser dans sa gorge, puis, lentement, il leva les mains vers son visage, la vit déglutir, trembler, mais elle ramena ses mains l'une contre l'autre, cachées dans sa robe de chambre, et ferma les paupières très fort, sans essayer de s'échapper.
« Abby, chuchota-t-il tout bas, moi aussi je t'aime. »
Et, avec beaucoup de lenteur et de douceur, il laissa glisser ses doigts sur ses joues froides. Elle eut un mouvement de recul, respira profondément, puis détendit sa mâchoire alors qu'il murmurait encore :
« Je t'aime de toutes mes forces. »
Ses doigts se posèrent sur ses joues, précautionneusement, et, aussi paisiblement que possible, ses pouces tremblotants caressèrent sa peau. Elle eut l'air de se retenir de s'enfuir en courant — le cœur de Ian courait à s'en décrocher de fierté et d'allégresse, alors qu'elle parvenait à détendre lentement les muscles de son visage.
« Je t'aime, que tu acceptes de me faire des câlins ou pas. »
Il la vit froncer les sourcils, les yeux toujours clos, alors que ses lèvres se plissaient et que les larmes coulaient sur ses joues, gelant avant d'avoir pu toucher le sol.
« Je t'aime, jusqu'à la fin de mes jours. »
Et, délicatement, il dessina, de ses pouces, son arcade sourcilière, les laissa glisser jusqu'à ses pommettes, dessina les traits de sa mâchoire, dans une promesse de protection muette, qu'elle comprit aussitôt — il la vit déglutir, pleurer un peu plus, tout son petit être tremblait.
Il laissa retomber ses mains sur ses cuisses. Abigail ouvrit lentement les yeux, posa son regard sur les joues baignées de larmes de son père et papillonna des paupières, confuse. L'ouragan qui lui dévorait la poitrine et les bras lui faisait un mal de chien, mais ce n'était rien comparé à la fierté qui gigotait au creux de son ventre. Un coup d'œil aux mains de son père lui indiqua qu'il n'avait rien — pas une trace de glace ou de gel.
« Pleure pas, papa, coassa-t-elle d'une petite voix penaude.
— Ce n'est pas de la tristesse, répondit-il dans un sourire tranquille. Abby, s'il y a quelque chose dont tu dois te souvenir, c'est que je n'ai pas peur de toi. J'ai confiance en toi, en tes capacités. Tu vois. »
Il lui montra ses mains. Elle hocha lentement la tête, sans pouvoir prononcer un mot. Son crâne lui faisait un mal de chien. La fatigue lui prenait la gorge, floutait sa vue.
« Tu devrais aller dormir, lui conseilla son père d'une voix très douce. »
Elle acquiesça d'un petit signe de tête, murmura :
« Bonne nuit papa. Bon anniversaire. »
Et alors qu'il la remerciait et lui souhaitait aussi une bonne nuit, elle tourna les talons et se dépêcha de rejoindre son lit avant que la douleur ne l'empêchât d'aller plus loin.
Lorsque la porte fut refermée, Ian se roula en boule dans son lit, coinça ses mains entre ses cuisses pour les réchauffer et laissa les portes de ses pleurs s'ouvrir, déversant son chagrin mêlé de joie sur son oreiller.
Pour le bureau des réclamations, adressez-vous à Abbynette plutôt qu'à moi, j'y suis pour rien dans cette histoire ;) Petit message perso pour Papa Swann : si, si, je t'aime fort fort, même si parfois t'as pas trop l'impression !
Je n'ai pas écrit le poème de Gringotts! Mes talents poétiques ne sont qu'au stade zéro, j'en ai bien peur :p
Comme d'habitude, un grand merci à tout le monde de suivre encore cette histoire, moult love sur vous keurkeur, et merci à Docteur Citrouille, à sa fiction avec Polly — vous aurez évidemment reconnu cette McBee à Poufsouffle, qui vient tout droit de sa trilogie Pensées Pittoresques d'une Poufsouffle, Secrets Saugrenus d'une Sorcière et Mémoires Magnifiques d'une Magicienne !—, à sa fiction en préparation (ce teasing de l'enfer), et tout le tralala ! Merci :hugs:
J'espère que ce chapitre vous aura plu, j'avais plein de trucs à vous dire, mais j'ai tout oublié en chemin de relecture, et du coup zblblbl (tout ceci est fort éclairant).
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, même si c'est un petit mot rapide, même si c'est presque rien !
En attendant de me rappeler ce que je voulais vous dire, je vous fais des bisous, et vous dis à bientôt (peut-être ?), :hugsdel'espace:
Pluie de plaids tout douillets sur vous (ouiiii, c'est bientôt la saison des plaids et du chocolat chaud avec une brioche à la cannelle ! *-*)
Apple
