Hey ! Autant vous le dire tout de suite, on approche de la fin… Savourez les derniers chapitres, jeunes yaoistes !

annie-kim : Merci pour la review ! Et j'espère poster plus tôt la semaine prochaine. Sûrement le 19 juin…


Un mois avait passé. Pendant la première semaine, Jeff avait vraiment cru à sa sortie de prison. Dur comme fer. Mais après trente jours, il s'était fait à l'idée que Hunter avait bel et bien effacé toutes les preuves. Il n'était pas encore désespéré, mais il était abattu. Il en avait marre. Et s'il ne sortait jamais de prison, en fait ? Et s'il ne sortait qu'au bout de deux ans, comme les autres ? Bien qu'il ne lui reste qu'un an environ, il était fatigué de la prison et il savait qu'il ne pourrait pas tenir tout ce temps. Même s'il avait deux amis et qu'ils étaient vraiment très gentils, il voulait à tout prix sortir. Pour retrouver Nick. Pour retrouver Riker. C'étaient ses rêves les plus chers. Retrouver son meilleur ami et retrouver son petit frère.

Pendant ce mois, Jeff avait tenté de manger un peu. Ses tentatives étaient pleines de bonne volonté, mais rien que de croquer dans un morceau de pain le rassasiait. Alors il donnait le reste à Sebastian, qui était un gros mangeur. Chandler essayait de l'en empêcher, mais Jeff insistait. Autant que son repas aille dans un estomac que dans une poubelle.

Jeff avait fait du progrès au niveau « sentimental ». Il ne pleurait – presque – plus. C'était de plus en plus rare. Les deux seules fois où il avait pleuré, c'était pour Nick – et par le biais Calvin – et l'autre pour Riker.


Alors que Jeff retournait dans sa cellule pour dormir, Finn l'arrêta :

– Hé, attendez, Numéro 6 ! J'ai quelque chose à vous dire !

Jeff se retourna et retint son souffle.

– On m'a fait parvenir un message de la part de la direction.

Voyant que Jeff ne bougeait toujours pas, il poursuivit :

– Vous devez aller dans le bureau du directeur demain, à 19:00.

Jeff sourit de toutes ses dents et retourna dans sa cellule. Il était persuadé que c'était pour sa sortie de prison. Et si ce n'était pas ça, c'était pour quoi d'autre, de toute façon ? Il était si heureux ! Ce qu'il attendait depuis des mois allait enfin arriver !

Il enfouit sa tête dans l'oreiller de Nick. A force, ce lit avait pris l'odeur de Jeff, mais il s'en fichait. Soudain, il pensa au départ de Nicholas. Le brun n'avait pas pu prendre ses affaires… Jeffrey se promit de mettre tous ses biens et ceux de Nick dans sa poche pour le rendez-vous du lendemain.

Peut-être qu'il espérait trop ? Peut-être qu'en fait le directeur allait lui dire : « Je suis désolé, Numéro 6, mais on a fait tout ce qu'on a pu. On n'a trouvé aucun indice qui pourrait montrer que Clarington est le coupable. Vous devrez donc rester ici jusqu'à ce que votre séjour prenne fin. » Jeffrey serait abattu. Vivre dans cette prison pendant encore un peu moins de deux ans ? Impossible. Il ne le supporterait pas.

Jeff tremblait. Ses dents claquaient légèrement, aussi. Il avait peur, il était stressé. Il était assis sur un fauteuil, devant la porte du directeur. Il était tôt. 18:45. Il avait joint ses mains et faisait se cogner nerveusement ses deux pouces l'un contre l'autre. Il regardait le sol, que ses pieds martelaient sans bruit.

Il n'avait pas oublié de prendre ses affaires ainsi que celles de Nick. Elles reposaient dans sa poche et menaçaient de tomber à chaque seconde. Il essayait de ne pas trop bouger pour ne pas les perdre, mais c'était plus fort que lui.

Puis la porte s'ouvrit. Une femme blonde sortit de la pièce. Elle portait le numéro 5.

– Oh, bonjour ! lui dit-elle avec un sourire. J'ai toujours été fan de vous ! Oh, mais vous vous êtes teint les cheveux ? Ne vous inquiétez pas, ça vous va à merveille, la couleur jaune !

Elle s'approcha de lui et lui demanda :

– Est-ce que vous pourriez me signer un autographe ? Comme : « Pour Brittany, de Justin Bieber. » Vous voulez bien ? Mais… Je n'ai pas de stylo ! Quel dommage ! Bon, ne bougez pas de là, je vais en chercher un ! Restez ici, surtout !

– Numéro 5 ? Brittany ?

Une femme brune, qui semblait être une secrétaire, arriva. Elle regarda Jeff.

– Vous n'auriez pas vu Numéro 5 ?

– Si, elle m'a pris pour Justin Bieber.

– Pas étonnant… Hum. Par où est-elle partie ?

– Par là.

– Merci. Ne vous en faites pas pour elle. Elle est un peu simple d'esprit.

Sur ce, la secrétaire partit et Jeffrey se leva pour entrer dans la pièce. Le directeur lui sourit aimablement. Le Numéro 6 s'assit.

– Bonsoir ! dit-il joyeusement au blond. J'ai une très bonne nouvelle.

Il attendait visiblement que son interlocuteur réponde, mais Jeff resta silencieux. Il poursuivit donc :

– Après un mois de recherches minutieuses et de tentatives innombrables, nous avons enfin coincé Clarington ! En fait, nous n'avions pas vraiment de preuves directes, mais en faisant pression sur lui, on a réussi à en obtenir ! Donc, ça veut dire que vous êtes innocenté. C'est une excellente nouvelle, n'est-ce pas ?

Jeffrey sourit, aux anges, et acquiesça.

– Nous avons prévu votre sortie dans deux jours. Cela vous convient-il ?

– Oui, Monsieur.

– Bien. Nous appellerons votre famille et-

– Ça m'étonnerait qu'ils veuillent.

– Ah oui ? Pourquoi ça ?

– Ils ne s'occupent pas de moi.

– Ah, je vois… Il y aurait-il quelqu'un à prévenir ?

– Mon frère, Riker Sterling. Il a neuf ans.

– Ça m'étonnerait qu'un enfant puisse faire le voyage seul.

– Prévenez-le, s'il vous plait.

Le directeur nota quelque chose sur son agenda et demanda :

– Est-ce que vous connaissez quelqu'un du nom de Nicholas Duval ?

– Oui ! dit précipitamment Jeff.

– Il ne cesse d'appeler la prison, depuis deux mois environ. Il demande chaque fois comment vous allez et quand est-ce que vous sortirez.

– C'est normal, c'est mon meilleur ami. Vous pourrez le prévenir lui aussi, s'il vous plait ?

– Oui, bien entendu.

Jeffrey sourit.

– Merci, Monsieur.

– C'est tout naturel. Au revoir, Numéro 6. Soyez heureux.

Le blond se leva et quitta la pièce. Finn était là.

– Alors ?

– Je vais sortir de prison ! s'exclama Jeff.

Le gardien sourit de toutes ses dents. Sans trop savoir pourquoi, le geôlier le prit dans ses bras. D'abord surpris, le détenu ne fit rien, mais il finit par lui rendre son étreinte. Il avait développé une sorte d'amitié pour Finn, plutôt comme un sentiment de fraternité. Finn pourrait être son grand frère, il était très protecteur envers lui.

– Je suis super content pour vous, Numéro 6. Vous allez me manquer.

– Vous aussi, Finn.

Ils retournèrent lentement jusqu'au secteur C, discutant un peu. Jeff – après avoir rangé ses biens et ceux de Nick dans son tiroir – se coucha, souriant. Il était tellement content ! Il pourrait enfin sortir d'ici ! Dans deux jours seulement, il serait libre comme l'air. Il était aussi heureux de voir que Nick tenait beaucoup à lui, vu qu'il appelait souvent la prison pour avoir de ses nouvelles. Peut-être que leur retrouvailles seraient grandioses ? En tout cas, Jeffrey l'espérait. Peut-être même que Riker serait là, si quelqu'un l'emmenait ? Son petit frère serait si content de le voir, et Jeff aussi !

Le blond s'endormit, un sourire pendant à ses lèvres.


Pendant les deux jours suivants, Jeff fut le plus heureux du monde. Il avait presque tout le temps le sourire et faisait même un effort pour manger et parler un peu. Chandler et Sebastian se doutaient bien qu'il se passait quelque chose, mais bizarrement ils ne demandaient rien. Alors que Jeffrey lavait le linge à la main, aidé par une dizaine de filles et de garçons, on lui chuchota :

– Jeffrey.

Le blond leva brusquement la tête. Il avait cru reconnaître cette voix. Il tourna la tête dans tous les sens. Son visage se décomposa quand il vit à qui il avait affaire. En face de lui se tenait Hunter Clarington, en train de mettre du savon sur un t-shirt. L'ex-inspecteur lui sourit.

– Alors comme ça, ça t'amuse de me redonner deux ans et demi de plus de prison ?

– Euh… Je- Je-

– Tu ? Tu es désolé ? Mais ça t'arrange bien, en même temps, non ? Toi, bien sûr, tu vas sortir d'ici bientôt et tu vas recommencer ta vie d'avant. Mais moi, tu t'en fous. Moi, je peux crever. Je peux attraper la peste. Je peux me suicider. Tu t'en tapes.

Jeffrey ne savait pas quoi répondre. Il était gêné. C'est vrai, le pauvre… Mais, attends une seconde.

– T'aurais dû penser à ça avant de tuer mon fiancé, le rembarra le blond. Tu t'es mis toi-même dans le pétrin. Et oui, je suis désolé pour toi, mais tu as ce que tu mérites, après tout.

– Je ne pouvais pas faire autrement !

– Ah ouais ? Tes pulsions criminelles étaient trop fortes ? Tu étais obligé de tuer le premier gay que tu croisais ? Et pourquoi c'est tombé sur Calvin ?

– Il était dans mon ancienne école primaire. Il se moquait toujours de moi.

– Calvin ne se moquait jamais de personne. C'était un homme bien !

– Tu parles ! Il me pourrissait la vie ! Lui et ses copains, dont le stupide fiancé de ce stupide Duval faisait partie, rigolaient de moi. Ils me prenaient toutes les filles qui m'intéressaient et m'accusaient des pires bêtises qu'ils faisaient !

– Qu- Quoi ? Non… Calvin n'aurait jamais fait ça… Et il ne connaissait pas Fabian.

– Bien sûr qu'il le connaissait ! C'étaient mes deux pires ennemis ! Calvin et Fabian, les deux inséparables. Même s'ils n'avaient pas le même âge, ils s'entendaient comme des frères. Et ils sont partis la dernière année. Pas au même endroit, d'après ce que j'ai entendu. Ensuite, ils ne se sont plus jamais revus, je crois. Bon débarras ! Je revois la tête de ces deux tapettes quand je les ai tuées. Ils étaient terrifiés. Ils pensaient que j'étais resté le faible Hunter Clarington de leur enfance, mais pas du tout. Les choses qu'ils m'avaient faites endurer m'avaient rendu plus fort. Et je les ai tués, tous les deux, de sang-froid, en riant.

– Ce n'étaient pas des tapettes ! protesta Jeff dans un murmure.

– Oh que si. Des grosses tafioles. Ils n'arrêtaient pas de me supplier de les laisser en vie. Ton petit connard de Calvin hurlait ton nom alors qu'il agonisait. Mêmes si ses membres se paralysaient petit à petit, il continuait de t'appeler et de dire qu'il t'aimait. Mais pas une fois, pas une, il n'a dit qu'il était désolé de ce qu'il m'avait fait. Jamais. Ni son putain de copain. Ils ont seulement dit vos noms. Pathétique.

Jeffrey avait senti une larme couler sur sa joue. Son fiancé était mort dans l'agonie, en hurlant son nom. Il l'avait aimé jusqu'au dernier souffle. Mais le blond ne pouvait pas croire que son Calvin avait terrorisé et maltraité Hunter étant enfant. Surtout avec Fabian. Ce n'était pas possible. Pourquoi son ex-petit ami ne lui avait rien dit ? Peut-être qu'il avait trop honte ? Jeff ne pensait pas que son ex-fiancé pouvait être aussi méchant. Il avait dû bien changer.

– Tu- Tu mens. Calvin n'était pas comme ça.

– Qu'est-ce que tu en sais ? Avant, c'était un putain d'hétéro. Mais j'avais senti qu'ils étaient bizarres, lui et Fabian. J'ai un Gaydar. Ça ne me sert absolument à rien. Sauf peut-être à m'éloigner le plus possible des gays. Comme maintenant.

– Tais-toi ! cracha Jeff. Tu n'es qu'un salaud ! Tu n'avais pas à tuer mon fiancé ! Il avait changé ! Si vous aviez parlé calmement, il se serait excusé. Je le connais.

– Tu le connais ? Non, tu ne le connais pas du tout. J'ai grandi avec lui. Je le connais mieux que toi.

– J'ai passé sept ans à ses côtés. J'aurais pu passer ma vie à ses côtés si seulement tu n'avais jamais existé !

– Ça aurait été trop beau.

Un gardien s'avança vers eux.

– Vous pourriez arrêter de discuter ? C'est un lavoir ici, pas un bar.

Hunter grommela et murmura enfin :

– J'espère que tu vas finir comme Calvin. Et que Nicholas aussi. Je déteste tous ceux qui aimaient Fabian et Calvin.

– Va te faire foutre, Clarington.

Le brun ricana et le blond poursuivit sa besogne. Alors que l'après-midi se terminait, le Numéro 6 retourna dans sa cellule. Plus qu'une nuit avant sa sortie ! Le blond se jeta sur sa couchette – sa vraie couchette. Il avait décidé de ne plus dormir dans le lit de Nick – c'était inutile à présent, vu qu'il allait s'en aller et qu'il sentait l'odeur de Jeff.

Quelqu'un toqua à sa porte. Il attendit patiemment que Finn entre. Ce dernier avait un sourire sur le visage et un sac plastique à la main. Il lui tendit le sac.

– Tenez, c'est pour vous. J'ai pensé que vous pourriez en avoir besoin pour vos affaires personnelles. J'ai vu que vous les aviez mises dans votre poche l'autre jour et que ça vous encombrait plus qu'autre chose.

– Merci beaucoup, Finn. Si j'avais eu un grand frère, j'aurais aimé que ce soit vous.

Touché, le geôlier sourit en baissant les yeux.

– C'est gentil, Numéro 6. Je dois y aller, désolé.

Il se leva et, avant de partir, dit :

– J'ai été content de vous rencontrer. J'espère que nos chemins se recroiseront. Mais pas ici.

– Oui, moi aussi. Au revoir, Finn.

Le gardien ferma la porte. Jeff se dit que Finn allait beaucoup lui manquer. Le garçon avait été très gentil avec lui depuis le début. Il avait été patient, parce que, comme tout le monde, Jeffrey l'avait rejeté. Chandler aussi s'était fait envoyer bouler. Mais le petit blond n'était pas rancunier. Sebastian était simplement ami avec lui parce qu'il était ami avec Chandler – et parce qu'il lui donnait ses restes de repas. Nick, lui, c'était différent. Le courant – bien que Jeff ne veuille pas trop l'admettre – était tout de suite passé entre eux. Même s'il n'avait pas voulu de son amitié au début, ce n'était qu'en apparence. Tout au fond de lui, il avait eu besoin d'une présence à ses côtés. Mais, en toute loyauté envers Calvin, il n'avait rien voulu entendre. Maintenant, il regrettait un peu. Mais bon, ce n'était pas très grave, vu qu'il reverrait très bientôt Nicholas. Rien qu'à cette pensée, le corps tout entier de Jeff frissonna de plaisir. Il ferma les yeux tout en s'imaginant dans les bras de son ami, l'embrassant de partout pour lui montrer à quel point le brun lui avait manqué. Il gémit presque à ce léger fantasme.

Il n'allait pas réussir à dormir ce soir, c'était sûr. Demain, c'était le grand jour. Demain, il quittait la prison. Demain, tout était fini.


Questions de fin de chap : Oui, j'ai même réussi à glisser Brittany dans la fiction x) Comment trouvez-vous la relation Jeff/Finn ? Et, le plus gros pour la fin, comment c'était entre Jeffrey et Hunter ? Vous comprenez maintenant pourquoi il a tué Fabian et Calvin… C'était une belle coïncidence, que les fiancés de Nick et Jeff aient été meilleurs amis dans le temps :') Bref, à vos claviers et laissez des reviews !