Dooonc, je reviens avec le premier chapitre des trois jours d'entraînements ! :D À partir de maintenant, je commence à mélanger l'ordre des districts, donc j'espère que vous ne serez pas trop perdus ! Mais pour les chapitres sur les évaluations, on va retourner en ordre croissant. Et je commence enfin à décrire un tout petit peu physiquement mes tributs XD Mais vraiment un minimum...
J'ai organisé tous mes chapitres jusqu'au bain de sang, maintenant il ne me reste qu'à les écrire. Plus j'approche de l'arène, plus j'ai hâte ! Heureusement, écrire dans la tête de chaque tributs devient aussi de plus en plus facile pour moi, et donc mon train d'écriture augmente :D J'aurai un petit défi pour les entrevues, mais le reste devrait s'écrire relativement rapidement.
Je suis toujours aussi impressionnée par les commentaires que je reçois à chaque chapitre. MERCI ! J'écris aussi vite que je peux pour qu'on arrive à l'arène et que l'action commence, je vous le promets ! :D Je dois dire, j'ai plutôt hâte de recevoir vos commentaires de haines parce que j'ai cruellement tué votre tribut favoris. Mouahaha ! (meuh non, je blague ! ... Juste un peu)
Question 04: Quels tributs risquent de développer des rivalités, selon vous ?
Je ne répondrai que l'évident: Erwin et Hammil. Mais j'aimerais bien avoir vos avis :) Sur la question des alliances formées, il y en a eu de très intéressantes qui m'ont surprise et m'ont donnée quelques idées, donc j'espère que ce sera pareil avec celle-ci. Laissez aller votre imagination :')
J'ai reçu une réponse à ma question du dernier commentaire sans pseudo (enfin, avec Guest quoi). J'en donne un petit aperçu : « Sinon, pour la question : j'ai adoré les costumes de gladiateurs du Un, les costumes de poissons du Quatre, et les costumes de poulets du Six. Fallait oser, quand même. » Sans ton pseudo, je ne peux pas te donner ton point ! :(
Sinon, comme toujours, bonne lecture ! (Pff, mes NdA sont franchement trop longues, je sais. T.T)
Entraînements - Jour 1
Nouvelles connaissances
Eta Galloway, 17 ans, District 4
– J'aimerais… hum… j'aimerais proposer quelque chose ?
Tous les têtes se tournent vers moi et je pose mes ustensiles, prenant une grande inspiration. Lyall me lance un regard interrogateur et je secoue la tête légèrement, lui faisant comprendre qu'il doit me laisser faire. Il est mon mentor, mais aussi mon meilleur ami. Avec un seul coup d'œil, nous pouvons nous comprendre parfaitement. Quand nous étions jeunes, nous faisions des jeux de cartes avec les autres jeunes du district. Et nous gagnions toujours, car avec un seul regard, nous savions l'état du jeu de l'autre, et nous nous allions pour que l'un de nous deux soit vainqueur. Si nous avions faits nos Jeux ensemble, nous aurions été une équipe d'enfer. Sauf que l'un de nous n'en serait pas revenu.
– J'aimerais faire une alliance de carrières. Enfin, avec ceux qui peuvent se battre, quoi…
Je jette un coup d'œil à Lyall, vérifiant que j'ai bien son accord. Il hoche la tête. Il trouve lui aussi que c'est une bonne idée, donc. Je sais que je veux travailler avec Mizar. Des quelques conversations que j'ai eues avec lui jusqu'à maintenant, on s'entend bien, et on connait nos forces respectives. Mais juste nous deux pourrait être dangereux, si jamais les autres carrières s'allient. Et puis, certains tributs tirés semblent prometteurs aussi. Alors autant faire une alliance avec les plus forts, être sûrs de pouvoir écraser les autres. Et ensuite s'entretuer. Je sais que Mizar ne me trahira pas, il suffira qu'on se protège mutuellement des autres carrières dans notre groupe, jusqu'à notre combat inévitable.
– Je suis d'accord, murmure Mizar.
– Mais vous n'avez pas encore rencontré les autres. Peut-être qu'aucun d'eux ne voudra se joindre à vous, dit Sigrid, l'autre mentor.
– On va les observer durant la matinée, et on verra bien.
Mizar hoche la tête.
– D'accord. On va aussi en discuter avec les autres mentors alors, dit Lyall tranquillement.
Je lui envoie un sourire reconnaissant et il me fait un clin d'œil complice.
– Concentrez-vous sur ceux du premier district, nous conseille Sigrid. Après le coup de la parade, ce n'est pas sûr que ceux du deux soient de bons coéquipiers.
Mizar et moi hochons la tête et le repas continue en silence. Les entraînements commencent bientôt, ainsi que les premiers contacts entre districts. J'ai hâte de pouvoir évaluer la compétition.
J'observe, aux côtés de Mizar, la rousse alors qu'elle s'entraîne au fouet. Je n'étais pas certaine de ses compétences, au début, mais à la voir manier cette arme, on dirait que c'est un membre de son corps à part entière. Comme moi avec un javelot, mon arme de prédilection. J'ignore si elle pourra avoir un fouet dans l'arène, mais elle est certainement une alliée potentielle. Je préfère l'avoir dans mon camps, au début du moins, que comme ennemie. J'échange un regard avec Mizar.
– On peut bien s'essayer. Son partenaire est plus prometteur, mais il semble du genre solitaire. Elle pourrait faire une bonne alliée.
– Je vais lui parler alors. Tu veux t'essayer avec l'autre ? dis-je en désignant le géant du un de la tête, qui s'entraîne tranquillement avec une lance.
– Je vais attendre encore un peu. Je préférerais qu'on sache ce que la fille a à dire. Peut-être qu'ils s'entendent mal ? C'est mieux de connaître leur relation avant de prendre une décision finale.
Je hoche la tête, il a un bon point.
– Je ne vais rien lui promettre avant d'être sûre, alors, dis-je en me dirigeant vers elle.
En chemin, je regarde à peine autour de moi. Tous les carrières s'entraînent aux armes, ainsi que quelques timides autres tributs, qui s'éloignent précipitamment quand je m'approche.
Je m'arrête devant Maelys et ne tressaille même pas quand le fouet passe à quelques centimètres à peine de mon visage. Il est long d'un bon deux mètres et se termine par trois lanières dont les bouts sont de fines lames aiguisées. Une arme redoutable, ça ne fait aucun doute. Mais quelle arme ne l'est pas ? Je peux facilement tuer quelqu'un avec une aiguille, si je n'ai rien de mieux sous la main. Quelque soit la situation, il y a toujours moyen de se confectionner une arme plus ou moins efficace. Et le corps est certainement la meilleure qui soit.
– Tu veux quelque chose ? me dit-elle hautainement, rangeant son fouet avec révérence.
Elle me déplaît immédiatement. C'est vrai que la vanité, ou du moins un sentiment de supériorité, est une façon d'être souvent partagée parmi les carrières. On se croit les meilleurs, et il le faut bien si l'on veut gagner. Et c'est peut-être ma propre vanité qui me cause cette réaction, mais qu'elle me prenne de si haut, ça m'énerve. Je me force à respirer profondément et affiche un sourire poli.
– Je t'ai vu avec le fouet. Tu te débrouilles pas mal.
– Seulement pas mal ? dit-elle en croisant les bras hostilement.
– Tu connais ton arme, disons.
– Évidemment.
Son air suffisant me tape sur les nerfs de plus en plus et je désire m'éloigner sans un mot de plus, mais je repense à Lateefah, qui attend mon retour à la maison. Non, je ne peux pas abandonner. Je dois revenir, je dois lui permettre d'avoir une vie. Une vraie vie, remplie de normalités, avec l'école emmerdante, les amis et les garçons. Une vie loin des armes tranchantes et de l'apprentissage des millions de façons possibles de tuer un être humain.
Mon sourire forcé s'étire sur mes lèvres et je lui tends la main.
– Je suis Eta, du district quatre.
– Je sais, c'est marqué sur tes vêtements, dit-elle en restant immobile.
Je lève les yeux au ciel. Elle fait exprès ou quoi ?
– Je faisais juste me présenter. Et toi, tu es ?
– Maelys, dit-elle de mauvaise grâce, s'emparant de ma main avec hésitation.
– Enchanté.
Elle hoche la tête.
– Tu t'entends bien avec ton partenaire ? demandai-je de but en blanc.
La subtilité n'a jamais été mon fort, je dois bien l'avouer.
– Wade ? dit-elle avec surprise. Ben… on n'a pas d'animosité particulière, si c'est ce que tu veux savoir. Mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'on s'entend… bien…
Elle me regarde soudainement avec suspicion, les yeux rétrécis et les sourcils froncés. Je lève les mains et souris de plus belle. Après tout, on m'a toujours dit que mon sourire avait des pouvoirs calmants. Mais j'ai l'impression qu'il fonctionne mieux sur les garçons.
– C'est juste que Mizar et moi…
Je m'interromps et le pointe du doigt. Il est en train de s'entraîner à l'épée contre un instructeur.
– Mon partenaire à moi, continuai-je. On s'est dit qu'on aimerait faire une alliance de carrières. Comme il y en a depuis quelques années, tu vois ? Mais bon, on veut des gens avec qui on peut travailler. Et si toi et ton partenaire ne vous entendiez pas…
– Vous auriez alors à choisir entre nous deux, finit-elle pour moi.
Je hoche la tête. Sa posture a changé et elle commence enfin à me regarder avec intérêt.
– J'ai pensé la même chose que vous. J'attendais juste de voir… comment ça se passait, dit-elle avec un petit sourire. Vous pouvez toujours tenter le coup avec Wade, mais je n'ai pas l'impression qu'il est intéressé par une alliance.
– Comment ça ?
– Je lui en ai glissé un mot, ce matin, mais il m'a rejetée en bonne et dû forme.
– Mais tu ne serais pas contre l'avoir comme allié ?
– J'en serais même plutôt contente. Il est dangereux, Wade.
Je crois apercevoir une lueur de peur dans ses yeux, mais elle disparait aussi vite qu'elle est venue. Juste mon imagination ? En tout cas, si elle a peur de lui, il doit en effet être un adversaire de taille. Après l'avoir vu manier le fouet, je n'aurais pas pensé qu'elle ait peur d'un autre tribut. Je dirai donc à Mizar de s'essayer avec le géant. Je préfère l'avoir de notre côté, comme cette fille. Qu'elle me déplaise ou non, elle devrait être un bon soutien. Surtout si on n'arrive pas à convaincre son partenaire ou les tributs du deux.
– Alors ça te dirait de t'allier ? dis-je en reportant mon attention sur elle.
– Pourquoi pas. Je pourrai toujours changer d'avis quand je veux, après tout, dit-elle en haussant les épaules.
Je lui souris, essayant de ne pas trop penser à ce que ses paroles veulent dire. Changer d'avis, c'est nous trahir. Essayer de nous tuer. Mais je suis comme elle, de toute façon. Quand je sentirai le moment venu, il n'y aura aucune pitié, aucune empathie. Ils devront tous mourir. Quelque soit le moyen utilisé.
Hammil Combe, 18 ans, District 2
Je regarde ce que font les autres carrières avec amusement. Il semble se passer quelque chose entre les tributs du un et du quatre. Les deux filles ont parlé ensemble il y a quelques minutes, puis les deux garçons ont aussi discuté. J'ai bien l'impression qu'une alliance se crée sous mes yeux. Je suis un peu triste qu'ils ne m'aient pas encore invité, mais j'imagine que l'incident avec Erwin ne me donne pas très bonne réputation en ce moment. Enfin, elle est bien moins pire que celle de ma partenaire.
Erwin, à son habitude, est complètement aveugle à ce qui se manigance. Elle manipule une énorme masse, détruisant tout sur son passage. Depuis la parade, elle semble proche d'exploser à tout instant. Je ricane en me rappelant l'événement une nouvelle fois. Oh, l'expression sur son visage… Jamais rien vécu d'aussi satisfaisant. Sauf peut-être quand j'ai avoué à Shaylee mon amour et qu'elle m'a dit que c'était réciproque.
Je me perds dans mes pensées à nouveau, comme chaque fois que je me remémore ma petite amie. Je me demande ce qu'elle a pensé des parades. Elle a dû rire. Arihel, Warick et elle ont dû en faire des blagues toutes la soirée. Et comme je la connais, elle a même dû les écrire sur un bout de papier, pour me les raconter à mon retour.
Elle est comme ça, Shaylee. Chaque fois qu'on devait se séparer, elle écrivait tout ce qui lui arrivait, de peur de l'oublier et de ne pas pouvoir m'en parler ensuite. Je me demande ce qu'elle m'aura écrit, pendant mes Jeux. Je peux déjà la voir, le visage rouge alors qu'elle balbutie les histoires, se relisant à plusieurs reprises, sautant des phrases sans faire exprès. Me demandant c'est quoi, ce mot, là. Juste là, tu peux le lire ? Et me frappant l'épaule alors que je rie d'elle. C'est pas drôle, Hammil, arrête de rire, j'essaie d'être sérieuse, me sermonnera-t-elle avec les sourcils froncés.
Un sourire triste se dessine sur mes lèvres. Elle me manque. Elle me manque comme elle ne m'a jamais manqué. Sauf peut-être pendant ses propres Jeux. Parce que je pouvais la voir, mais je ne pouvais pas lui parler, la toucher. La protéger. J'étais impuissant, alors qu'elle se battait à mort. Recevait une cicatrice dans le dos qui restera imprimée à jamais, un rappel de la cruauté des Jeux.
Je secoue légèrement la tête. Ce n'est pas le temps de parler en mal des Hunger Games. En particulier puisque je m'y suis porté volontaire. Je m'empare d'un couteau et le fait tournoyer dans ma main distraitement, me cherchant une cible. Mes yeux en croise une parfaite et je ferme un œil, ramenant mon bras vers l'arrière.
– Je ne ferais pas ça si j'étais toi. C'est le genre de truc qui cause des problèmes, dit une voix amusée.
Je sursaute et baisse le bras, me retournant vers mon interlocuteur. C'est le blond du quatre.
– Et que penses-tu que j'allais faire ? demandai-je innocemment.
– Je pense que tu t'apprêtais à lancer ton couteau dans le mannequin juste à droite de ta partenaire. Question de lui faire un peu peur, peut-être ?
– Je pense pas qu'elle soit capable d'avoir peur. Non, c'était plutôt pour l'énerver un peu plus.
– Et pourquoi tiens-tu autant à ce qu'elle te déteste ?
J'observe le garçon devant moi. Il a de toute évidence fini les discussions avec le premier district, alors ce doit maintenant être mon tour. Est-ce que je veux faire bonne impression, où est-ce que je veux travailler solo ? Parce que je ne vais certainement pas m'allier avec Erwin. Je me décide finalement à lui dire la vérité. C'est ce qui risque le plus de l'intéresser à moi. Et je préfère avoir la plupart des carrières de mon côté, plutôt que comme ennemis. Erwin est bien assez pour ce rôle.
– Plus elle est en colère contre moi, moins elle réfléchie. Si elle m'attaque complètement envahie par sa rage, elle va faire plus d'erreurs. Et être plus facile à battre.
– Je vois.
– Mais je dois aussi avouer que voir son visage se contracter par la rage est une satisfaction immense, dis-je avec un sourire moqueur.
– C'est bien ce que je pensais.
Il sourit à son tour et tend la main. Je lui jette un regard interrogateur et il pointe le couteau avec insistance. Levant les sourcils, je lui tends l'arme lentement. Il l'empoigne fermement, et avant même que je ne puisse réagir, l'envoie valser en direction d'Erwin d'un mouvement sûr. Le projectile frôle la joue de la géante, se pointant dans le cœur du mannequin. Elle reste immobile quelques secondes, puis se retourne d'un bond. Mizar et moi nous tournons précipitamment l'un vers l'autre, faisant semblant d'être engagés dans une conversation passionnante.
– As-tu vu sa tête ? dis-je avec un énorme sourire.
Il sourit et me fait signe de s'éloigner tranquillement. Dès que nous sommes hors de sa vue, nous éclatons de rire. Je lui tape le dos en le félicitant.
– Tu m'as volé la vedette, mais merci pour ce spectacle !
– Et merci à toi pour le coups à la parade !
On échange un sourire complice et continuons de parler ainsi pendant quelques minutes, tout en nous entraînant au tir à l'arc. Mizar est meilleur que moi, mais pas excellent. Soudain, il pose son arc et se tourne vers moi, la mine sérieuse. C'est maintenant que ça commence vraiment.
– Moi et ma partenaire, on a décidé de s'allier pour les Jeux. On s'est dit qu'une alliance de carrières serait bien. Pour le moment, la fille du un, la rousse, s'est jointe à nous. Son partenaire… n'est pas trop excité à l'idée. Est-ce que… ça te tenterait ?
– Pensez-vous inviter Erwin aussi ?
– Eta dit peut-être, mais moi je ne suis pas trop pour. Elle ne me plaît pas, cette fille.
– Ça, une fille ?
Il sourit timidement.
– Elle semble trop impulsive. Trop de force brute et pas de cervelle. Dans une équipe, ce n'est pas idéal.
Je hoche la tête mais garde le silence.
– Alors, une alliance… ça te dit ?
Je sais déjà ce que je veux, et je lui dis clairement.
– Je me joins à vous tant qu'Erwin n'en fait pas parti. Et si l'occasion se présente, je veux être celui qui la tue.
– Je vais en parler à Eta, mais je crois que ça pourrait s'arranger.
Il s'éloigne, allant rejoindre sa partenaire. Ils discutent sérieusement. Elle me jette des coups d'œil de temps à autre et lui me lance un sourire, alors que je les observe de loin. Je l'aime bien, ce type. J'ai l'impression qu'on se comprend. Être en alliance avec lui ne serait pas si mal. J'espère qu'ils accepteront ma condition. Je sais que je serais incapable de travailler avec Erwin, et si à cause de cela je me retrouve seul avec ma pauvre petite personne dans l'arène, alors c'est ainsi que ce sera. Ma première cible est Erwin, que je sois en alliance ou non. Et personne ne pourra m'en empêcher. S'il y a une personne que je ne veux absolument pas voir gagner, c'est bien elle. Je vais m'assurer qu'elle y reste.
Les deux partenaires arrêtent de parler et Mizar se tourne vers moi, levant le pouce avec un grand sourire. Et voilà, je fais parti de l'alliance des carrières. Je me demande si Shaylee trouverait que j'ai pris une bonne décision. J'ai l'impression que oui.
Fir Rollo, 18 ans, District 11
Je regarde les tributs rassemblés autour de l'instructeur. Les expressions sont tendues, les gestes prudents, les regards suspicieux. L'homme nous explique les règlements du centre d'entraînement. Il y a différentes stations. On peut se promener à notre guise entre celles-ci. Il y aura des instructeurs présents pour nous aider. Le repas se prend à midi dans le grand réfectoire.
– Mais le plus important à retenir, continue-t-il, est qu'il vous ait strictement interdit de vous battre avec un autre tribut.
Il nous regarde sévèrement, s'assurant que nous avons bien compris. Certains des tributs hochent prudemment la tête, mais la plupart n'ont aucune réaction. Quelques-uns des carrières vont jusqu'à sourire. Ils sont les seuls qui semblent relativement détendus. Ce n'est pas nouveau pour eux, après tout, de s'entraîner avec des armes. Et ils n'ont pas non plus à craindre les autres tributs. Ce sont eux, les plus dangereux.
Tout le monde s'éparpille à différentes stations. Je reste immobile un moment, indécis. Ce serait bien que je m'entraîne avec une faux, qui est quand même le seul instrument que je pourrais peut-être utiliser comme arme sans trop de difficulté. Mais puisque je ne m'en suis jamais servi ainsi, j'ai besoin d'entraînement. En même temps, l'utiliser devant les autres tributs est un peu trop révélateur.
Je peux bien essayer d'autres choses avant la faux. De toute manière, il est très possible que les juges n'en mettent aucune dans l'arène, alors autant m'entraîner avec d'autres armes au cas où. Heureusement pour moi, je connais déjà bien les plantes grâce à mon district, et je pense que j'ai de bonnes chances en survie. Ne reste donc plus qu'à apprendre à me battre. Pour tuer.
Je frissonne et mon coup de poing à Adaeze me revient à nouveau en tête, comme ça m'arrive si souvent depuis le train. Le contact de peau contre peau, son expression terrorisée, la douleur à mes jointures… Et bien malgré moi, le soulagement de la voir s'écraser au sol, la satisfaction d'être plus fort, plus puissant.
Non, vaux mieux ne pas y penser. Je dois me concentrer sur le présent, sur ma survie. Je pourrai questionner ma conscience une fois que tout sera fini. Soit je serai mort, soit je serai de retour dans mon district, entouré par ma famille. Et là, seulement là, je pourrai m'en vouloir pour les actes que j'aurai commis dans les Hunger Games. Pas avant.
Je me dirige vers la station de combat au corps à corps. Après tout, c'est très possible que je me retrouve sans armes. Autant apprendre à me défendre comme je le peux, avec la seule chose que je vais être sûr de toujours posséder tant que je serai en vie; mon corps.
Il y a seulement un autre tribut qui s'y trouve déjà. Il a le numéro neuf collé au dos. Je reste à l'observer un moment, ne voulant pas le déranger. Il se débrouille plutôt bien contre l'instructeur, il semble avoir de la souplesse et de bons réflexes.
Le garçon s'empare brusquement du bras de l'homme et le fait passer par-dessus ses épaules, l'écrasant au sol. J'écarquille les yeux. Un sourire s'étire sur ses lèvres et il lève un poing en l'air. J'ai soudain l'impression de me retrouver devant Finley, alors qu'il a réussit un mauvais coup. Il en fait souvent, à la maison. Son ingéniosité ne semble pas avoir de limites. Et quand il réussit, il lève le poing, un énorme sourire étampé sur le visage.
Les deux doivent avoir approximativement le même âge. Ils sont aussi de la même grandeur. Mais ce garçon semble plus sérieux, plus sage. Plus sûr de lui-même. Il agite la tête, dégageant ses cheveux noirs de son front en sueur. Il tend une main à l'instructeur et l'aide à se relever. Je continue de le regarder, fasciné. Plus je le regarde, plus je pense à Finley. À mon petit frère qui m'a serré dans ses bras avec désespoir. Mon petit frère qui essayait de passer pour un grand, depuis un an. Qui voulait me faire croire qu'il n'avait plus besoin de moi. Mais me demandait tout de même du soutien, silencieusement.
Est-il pareil, ce garçon ? Essaie-t-il de passer pour mature, pour responsable ? Peut-être qu'en réalité, il est terrorisé à l'intérieur. Je sais qu'à son âge, je l'aurais été. Même maintenant, je le suis encore un peu. Et pourtant, je suis l'un des plus imposants des tributs. Avec le type du un, qui ne parle à personne.
– Tu veux quelque chose ?
Je sursaute et regarde à ma droite, où le garçon se tient, les bras croisés. Du coin de l'œil, je peux voir que l'instructeur est en train d'aider un autre tribut. Une fille aux cheveux châtains coupés au niveau du cou. Dans son dos, je peux voir le numéro neuf. Sa partenaire de district, alors. C'est vrai qu'ils ont l'air de bien s'entendre, tous les deux. En tout cas, ils se parlent souvent. Et ils ont tous les deux faits les épouvantails, à la parade. Peut-être ont-ils décidés de s'allier ?
Une main s'agite devant mon visage. Je cligne des yeux.
– Quoi ? dis-je avec incompréhension.
– Tu me regardes depuis tout à l'heure. Tu as quelque chose à me dire ?
– Non… J'attendais juste mon tour.
Je suis étonné qu'il m'ait remarqué. Il semblait pourtant concentré sur son combat. Mais j'imagine que je ne passe pas inaperçu.
– Tu veux t'essayer contre moi ? dit-il brusquement.
– Quoi ?
– T'es un peu sourd d'oreille ? demande-t-il avec un sourire moqueur. J'ai dit : Tu veux t'entraîner avec moi ? Au corps à corps.
– Me semble qu'on n'a pas le droit de se battre entre tributs… dis-je, confus.
Il hausse les épaules.
– On s'en fout, des règles. T'as l'air d'un adversaire intéressant. Et j'ai pas l'impression que tu sois du genre à décider de me briser la nuque tout d'un coup.
– Comment peux-tu en être sûr ?
– Je sais pas… Je le suis. J'ai le flair, pour les personnes violentes, dit-il avec un air mystérieux.
– Si tu le dis…
– Alors, tu veux t'essayer ?
– Pourquoi pas. Mais je vais pas te montrer de pitié.
– C'est moi qui va pas t'en montrer.
On se met en position l'un en face de l'autre. Il a un sourire confiant sur le visage. Je me tiens droit, le dépassant d'une bonne tête et demie. Il me fait un petit signe du doigt, m'invitant à l'attaquer, et je m'avance d'un pas. Avant que je ne puisse comprendre ce qui s'est passé, je suis sur le dos, son bras en travers de ma gorge.
Il se relève immédiatement et me regarde de haut.
– On fait moins le malin, hein ? T'avais trop confiance en ta taille, le grand.
Je souris et me relève rapidement.
– Pas mal. Tu peux me dire comment tu as réussi ça ?
– Un magicien ne révèle jamais ses secrets !
– Si je t'apprends à te servir d'une faux, tu m'apprends le corps à corps ?
Il me regarde un instant. Puis il hausse les épaules.
– Pourquoi pas.
– Ton nom ?
– Le tien ?
Je lève les yeux au ciel.
– Fir.
– Moi c'est Wren.
– Hey ! Pas de combat entre tributs ! dit une voix affolée dans notre dos.
On se retourne. L'instructeur nous regarde, les bras croisés et les sourcils froncés. La fille qu'il aidait, la partenaire de Wren, se tient derrière lui avec un petit sourire.
– C'est beau, il n'y a pas eu de mal, dis-je en levant les bras. Il me montrait juste quelques trucs.
– Si on promet de ne pas se blesser, vous pouvez nous laisser faire ? demande Wren avec un sourire innocent.
L'instructeur nous regarde de haut en bas, suspicieux. Derrière lui, la fille s'avance, posant une main sur son épaule.
– Si je les garde à l'œil, ça va ?
Il soupire longuement.
– Ok, c'est beau. Mais si jamais l'un de vous se retrouve blessé, c'est finir les entraînements pour vous deux. Vous serez strictement dans les stations sans armes.
On hoche tous la tête vigoureusement et il s'éloigne en grommelant.
– Tu t'es fait un nouvel ami ? demande la fille à Wren.
Il se tourne vers moi.
– Peut-être ?
Maelys Slane, 17 ans, District 1
– C'est quoi ton nom déjà ? me demande le type du deux, le partenaire de district de la géante.
Je sursaute, reposant ma fourchette doucement. Je me frappe la tête mentalement. J'ai l'impression qu'ils doivent tous voir au travers de mon masque. J'essaie de paraître confiante. Hautaine, même. Mais je me crispe chaque fois que l'un des carrières m'adresse la parole. En particulier la fille du quatre, Eta. Elle semble être une carrière bien plus compétente que moi, et pourtant nous avons le même âge. Je me concentre sur le garçon assis à ma gauche.
– Maelys.
– Moi c'est Hammil. Je t'ai vu avec le fouet. Tu sais vraiment bien t'en servir.
– C'est mon arme préférée, dis-je doucement.
– Moi c'est l'épée.
Il me sourit et on se serre la main. Je suis contente que ce soit lui qui ait rejoint notre alliance, plutôt que sa partenaire. Il me fait moins peur. Je suis certaine qu'il est tout aussi dangereux, mais je supporte mieux sa présence. Celui des carrières qui m'intimide le moins, c'est définitivement le garçon du quatre, Mizar. Il a un regard doux, comparé aux autres.
– Qu'est-ce qu'on va faire pour son partenaire, alors ? demande Eta tranquillement, en me pointant. On lui laisse quelques jours pour y réfléchir ?
Je hausse les épaules.
– Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est fort. S'il ne nous rejoint pas, il va falloir l'éliminer rapidement.
– On peut toujours essayer de le convaincre à nouveau. Je l'aime bien, moi. Peut-être que je pourrais le convaincre, propose Mizar.
– Tu peux bien t'essayer, si tu veux, dit Eta. Mais si jamais il continue de dire non, il est notre cible principale au bain de sang. Compris ?
– Et sa partenaire à lui ? dis-je en désignant Hammil de la tête.
– Ne t'en fais pas, me dit-il avec un clin d'œil. Je m'occupe d'elle. Elle ne nous dérangera pas bien longtemps.
Il jette un regard mauvais en direction de sa partenaire, qui mange seule dans son coin. Elle nous jette ses propres regards meurtriers de temps en temps, les épaules tendues et le visage renfrogné. Elle n'est pas la seule à nous dévorer des yeux. La plupart des tributs font de même.
– Et est-ce qu'on recrute d'autres tributs ou on s'en tient aux carrières ? demande Mizar.
– Lyall m'a proposé d'inviter le type du onze. Le noir, dit Eta. Lyall est mon mentor, ajoute-t-elle devant nos regards interrogateurs.
– C'est vrai qu'il pourrait peut-être aider. Mais si ça se trouve, il ne sait pas du tout se servir d'une arme, répond Hammil.
– Non, je l'ai vu avec une faux tout à l'heure. Il s'entraînait avec le gamin du neuf. Il sait se défendre, rétorque Mizar.
– Qui va le voir, alors ? demandai-je, afin de participer à la conversation.
Chaque fois que j'interviens, j'ai le cœur qui bat. Mais si je veux leur faire croire que je suis en parfait contrôle de moi-même, je dois moi aussi prendre des décisions. Je dois m'habituer à discuter tranquillement avec eux, comme si de rien n'était. Comme si on ne faisait pas de plans pour les Hunger Games. Pour tuer des gens ou être tuer. Parce que vraiment, on peut y mettre tous les jolis mots qu'on veut, les Hunger Games, ce n'est que la mort, tout simplement. La mort du gamin pleurnichard du sept, la mort du noir, la mort du beau garçon qui m'a souri, à la parade. La mort d'Eta. Ma mort.
– Eta, vas-y, toi, propose Mizar, me sortant de mes pensées noires.
Elle hausse les épaules.
– Ok. Je le fais cet après-midi alors. Il a de la compagnie, en ce moment, dit-elle en le pointant.
En effet, il se tient avec les deux tributs du neuf.
– Ils sont ensemble depuis la matinée. J'ai l'impression qu'ils forment peut-être leur propre alliance, souligne Mizar.
Après nous, ils sont le deuxième groupe le plus gros. Il y a bien quelques tributs qui se tiennent deux par deux, mais pas beaucoup. Et ils sont du même district, comme ceux qui huit, la jolie fille à la peau blanche et aux longs cheveux noirs et le type qui semble la suivre partout comme un petit chien. À part eux, il y a les deux du cinquième qui sont assis ensemble. Mais ils ne semblent pas se dire grand-chose. Tous les autres sont éparpillés dans la salle, mangeant seuls et en silence.
– Je vais m'essayer quand même. On sait jamais, dit Eta.
On continue notre repas tranquillement. Mizar et Hammil font exprès de parler et de raconter des blagues, histoire de faire croire aux autres tributs qu'on s'entend tous très bien et qu'on est complètement détendus. Je crois qu'eux le sont, en fait. Mais pas moi.
Moi je dois tout faire pour avaler ne serait-ce qu'une bouchée. J'ai le ventre noué. Je me demande si le stress va finir par me quitter. Il me rend complètement folle. J'ai été entraînée toute ma vie pour ça, et pourtant on dirait que ça n'a servi à rien. Je suis terrorisée.
Je regarde les lumières du Capitole, prenant de grandes inspirations d'air frais. J'ignore s'il est permis de monter sur le toit du centre, mais j'avais besoin de quitter mon étage. J'avais besoin d'être seule. J'en suis maintenant rendue qu'être dans une pièce me donne la chair de poule. J'ai l'impression que quelqu'un va m'attaquer à tout moment et que je n'ai aucun moyen de m'enfuir. Je crois que je deviens paranoïaque.
Je ferme les yeux, retenant mes larmes. Ma maison me manque. Les conseils teintés de jugements de ma mère me manquent. Les sourires confiants de mon père me manquent. Les regards effrayés des jeunes de mon district me manquent. Mais surtout, je me manque. Mon ancienne confiance, mon ancienne sûreté me manque. Je ferais tout pour revenir en arrière et ne pas me porter volontaire. Tout.
– Belle vue, hein ? dit une voix dans mon dos.
Je me retourne d'un bond et scrute les ténèbres. L'inconnu s'avance de quelques pas et je le reconnais. C'est le garçon du douze, celui dont je sens le regard peser sur moi depuis la parade. Je rougis légèrement. Que je le veuille ou non, je dois avouer que ça me plaît, qu'un aussi beau garçon me porte attention. Je ne sais pas quelles sont ses intentions, mais c'est l'occasion de le savoir.
– Pas mal, oui, dis-je nonchalamment. Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Comme toi j'imagine. Prendre l'air.
Je hoche la tête et reporte mon attention vers la vue, incapable de soutenir son regard. Il est trop intense, trop… Beau. Avec ses yeux bleus-verts qui semblent sonder mon âme, ou un truc du genre. C'est intimidant. Un petit rire m'échappe. Maintenant, un petit tribut tout faible arrive à m'intimider. Mais qu'est-ce que je suis devenue, franchement.
– Quelque chose de drôle ?
– Non… rien.
Je toussote brièvement et fais bien attention de ne pas le regarder.
– En fait, ça tombe bien que tu sois là. Je voulais justement te parler.
– À moi ? Pourquoi ? dis-je avec surprise en me tournant vers lui brusquement.
– Eh bien… J'avais envie de faire ta connaissance... Peut-être ?
– Vraiment ? demandai-je, sceptique, en levant un sourcil.
– Vraiment. Tu m'intéresses. Va savoir pourquoi. Tu as quelque chose… tu attires mon regard.
Je me sens rougir à nouveau et détourne les yeux, m'appuyant contre la rambarde.
– C'est ça oui… marmonnai-je.
Il a un petit rire et imite ma position.
– Et puis, j'ai une proposition à te faire, ajoute-t-il finalement avec un sourire en coin mystérieux.
Que pensez-vous de cette première journée ? Pas trop mélangés par tous ces tributs qui se côtoient soudainement ?
