Disclaimer : rien ne m'appartient hormis quelques OC.
Chapitre 20 : my first and last summer.
Harry se réveilla de par les flots de lumière qui entrait dans sa petite chambre. Heureux tel un chat qui vient juste de finir un bol de lait, il se retourna dans son lit, s'étira sous sa couette et fit craquer ses articulations. Il se secoua et apprécia le doux contact de la couette sur son corps à moitié nu, étant donné la chaleur qui régnait en cet été.
Il était heureux, car aujourd'hui c'était son treizième anniversaire, et contrairement à l'année dernière, il ne le passerait pas enfermé dans sa chambre sans le moindre contact avec les personnes qu'il aimait. Non, aujourd'hui, pour la première fois de sa vie il aurait droit à une fête d'anniversaire. Lui, Harry James Potter allait enfin pouvoir fêter son anniversaire et ça allait être sensationnel. Remus lui avait donné l'autorisation d'inviter tous ses amis, et Harry ne s'en était pas privé. Tous avaient répondu présent à l'appel, même Draco qui comptait dire à son père qu'il passait la journée chez Blaise.
Harry fut interrompu dans ces très agréables pensées lorsque quelqu'un frappa timidement à la porte.
« Entrez, cria Harry de son lit.
- Harry Potter Mr, dit Dobby en entrant dans la chambre avec déférence. Harry avait beau faire, même après un mois le petit elfe continuait de vénérer le sol qu'Harry foulait et celui-ci avait choisi d'en prendre parti. Maître Remus m'a dit de vous prévenir qu'il a du partir au ministère mais qu'il sera rentré pour votre fête d'anniversaire cet après-midi. Le petit déjeuner est prêt si vous le désirez, termina-t-il en faisant la révérence, mauvaise habitude qu'il avait prise chez les Malfoy.
- Très bien Dobby j'arrive dans cinq minutes », lui répondit Harry et le petit elfe disparut d'un claquement de doigts.
Harry n'y avait pas prêté attention sur le moment, mais le lendemain de son aventure dans la chambre des secrets, Dobby avait réapparu à son chevet et lui avait demandé presque en pleurant ce que maître Harry désire qu'il fasse. Et là Harry se souvint que Dobby avait décidé tout seul que désormais il serait au service d'Harry Potter, son sauveur. Et là Harry avait été bien embêté. Qu'allait-il faire de Dobby ? Il ne pouvait pas l'emmener au manoir Potter car Lily était contre les elfes de maison et puis de toute façon il n'avait pas envie que Dobby soit là-bas. Et Dobby ne pouvait raisonnablement pas le suivre à Poudlard, tout comme Harry ne pouvait pas rejeter le petit elfe, qui malgré ses efforts plus que foireux, avait tenté de le sauver. Cela avait été un vrai dilemme cornélien jusqu'à ce que ça fasse tilt dans la tête du Serpentard. Il avait décidé de 'donner' Dobby à Remus. Le lycanthrope qui vivait seul dans un cottage de taille raisonnable dans le Hampshire avait bel et bien besoin de quelqu'un pour l'aider à tenir son intérieur, et Remus n'était pas contre l'idée de rémunérer Dobby et lui accorder des jours de repos. Et comme ça Harry serait sûr que Dobby serait bien traité. C'était gagnant pour tout le monde.
Harry, au bout de quelques minutes, sortit de sa chambre et se rendit dans la petite cuisine de Remus. Le cottage était de taille moyenne, mais bon comme disait Remus un célibataire comme lui n'avait pas besoin de beaucoup plus. Pour autant, le cottage était l'endroit préféré d'Harry hormis Poudlard. Décoré par Lily, Evana et Alice, c'était tout à fait accueillant et chaleureux. Il y avait deux chambres, une pour Remus et une autre pour les invités, assez grande pour contenir les membres du trio d'or comme cela avait été le cas à de nombreuses occasions. Qui plus est Remus habitait dans une région très agréable et où il faisait souvent beau, contrairement aux Potter qui habitaient dans le pays de Galles, les Black à Londres et les Londubat dans le nord de l'Angleterre, à York.
Mais le choix d'un tel habitat avait qui plus est été motivé par le fait que Remus ne gagnait pas énormément d'argent, contrairement aux trois autres familles. Quand il était à Poudlard, comme ses amis il avait voulu être auror mais son petit problème de fourrure l'en avait empêché. Après avoir reçu son diplôme, il avait cumulé les petits boulots jusqu'à ce qu'Evana trouve une solution pour lui. Elle avait un cousin éloigné qui travaillait dans le service de détournement de l'artisanat moldu et celui-ci avait consenti à embaucher Remus, malgré sa condition. Ce n'était certainement pas le travail dont il avait rêvé, mais qu'aurait-il pu demander de plus ? Il travaillait de ce fait avec Arthur Weasley qu'il avait décrit à Harry comme un homme 'très gentil et attachant mais un peu simple d'esprit'.
Remus était sans conteste possible l'adulte préféré d'Harry. Bien qu'étant le parrain de Ryan, il était comme un père pour Harry. C'était lui qui s'était occupé de Harry durant son enfance, qui avait pris soin de lui quand il était malade, qui l'avait éduqué, qui avait partagé ses succès et ses défaites, qui l'avaient réconfortés dans ses cauchemars et lui avait appris que le sang ne voulait rien dire, c'est les liens qu'on forge par volonté qui comptent, qui restent, au bout du compte. Et Harry savait pertinemment que si Remus n'avait pas été présent dans sa vie, il y avait toutes les chances pour qu'il soit devenu amer, aigri et mauvais. Quelque part Remus, tout comme Nev et Eli lui avait sauvé la vie.
Mais ce que Harry ignorait, c'est que lui aussi avait sauvé la vie de Remus. Celui-ci n'avait ni enfants, ni petite amie depuis que sa fiancée, Anna Beals, une amie de dortoir de Lily était morte quelques mois avant la chute de Voldemort. Il avait été tellement déprimé à l'époque qu'il s'était éloigné de ses amis, qu'il s'était renfermé dans sa solitude et son désespoir. Mais quand Voldemort était mort, ou du moins avait disparu, il était retourné vers ses amis, sa seule famille, et peu à peu il avait constaté les différences de traitement qui s'installaient entre les deux jumeaux et après avoir essayé de parler à James et Lily, qui l'avaient tous deux sèchement rembarrés en décrétant que de toute façon Remus ne savait pas de quoi il parlait, après tout il n'avait pas d'enfants lui, il avait décidé de prendre les choses en main et de s'occuper de Harry, de s'assurer que celui-ci connaisse l'amour d'une figure qu'il pouvait considérer familiale. Et très vite il était devenu 'l'oncle' préféré des trois enfants, la figure de référence, stable, sérieux, juste, à la fois marrant mais pouvant mettre de limites quand il y en avait besoin.
En train de mordre dans sa tartine de confiture à la citrouille, Harry James Potter songea qu'au final il avait beaucoup de chance. Même s'il n'avait eu signe de vie de sa 'famille' depuis leur entrevue à l'hôpital plus d'un mois auparavant, il avait ses amis et Remus, et c'était tout ce qui importait.
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Jenny et Lucas furent parmi les derniers à arriver, et Harry en fut soulagé, il avait cru à un moment qu'ils ne viendraient pas. Durant le mois qui venait de s'écouler Harry n'avait eu de nouvelles de sa jeune amie que par l'intermédiaire du Gryffondor. Elle n'allait pas bien, lui racontait Lucas par téléphone (Remus en possédait un), elle passait ses journées enfermée dans sa chambre à lire et Lucas devait la supplier et lui forcer la main pour pouvoir la voir. Elle ne parlait plus et avait perdu son habituelle joie de vivre. Selon son meilleur ami, elle ne se remettait pas du fait d'avoir attaqué Elisabeth, et surtout d'avoir tué un élève.
Jenny était sortie du coma quelques après que les vacances n'aient commencé, et donc ni Harry ni aucun de ses amis n'avait pu la voir, hormis Lucas bien sur qui habitait à deux pas de chez elle. Tous étaient au courant de ce qui lui était arrivé, Harry les avait mis au courant sans avoir vraiment le choix en la matière. Et depuis elle ne donnait aucun signe de vie, pourtant Harry avait essayé de lui écrire à plusieurs reprises, mais Lucas lui avait dit qu'elle n'avait même pas ouvert les lettres, elle avait trop peur de devoir faire face aux reproches et aux accusations.
Et elle faisait des cauchemars. Toutes les nuits elle se réveillait en hurlant, en nage et terrifiée car elle venait de revivre ce qui s'était passé dans la chambre des secrets, avant que Lucas et Harry n'arrivent. Elle n'avait raconté à personne ce passage, même pas à sa mère. Les mots que Tom avait alors prononcés restés gravés dans sa mémoire et la suivaient quoi qu'elle fasse, où qu'elle soit, les menaces qu'il avait proféré, la terreur qui s'était alors distillée dans ses veines tel un poison.
Et elle le savait pas quoi faire pour s'en remettre. Elle avait trop honte pour en parler à quiconque, elle avait trop peur de faire confiance à nouveau, comme elle avait fait confiance à Tom, qu'elle avait pris pour un ami alors qu'en réalité il s'était servie d'elle, il l'avait utilisé afin de revenir à la vie, Dumbledore lui avait expliqué, le plus gentiment possible, que Tom Jedusor était en réalité Voldemort et qu'il l'avait possédé pendant un an, afin de réaliser ses propres desseins. Il l'avait forcé à relâcher la basilique de Salazar Serpentard sur d'innocents élèves, sur une de ses amie, à tuer un de ses condisciples.
Elle avait tellement honte de s'être montrée aussi idiote. Idiote pour avoir fait confiance à un journal qui lui répondait, alors qu'on lui avait répété maintes fois qu'il ne fallait jamais faire confiance à ce genre d'artefacts, surtout quand on en ignorait la provenance. Idiote d'avoir raconté sa vie à quelqu'un de si maléfique, de s'être révélé, d'avoir fait confiance. Elle était une idiote, tout simplement. Elle ne méritait pas ses amis, elle ne méritait même pas de retourner à Poudlard.
Et comment était-elle censée faire face à Elisabeth qu'elle avait pétrifiée ? A Harry et tous ses amis ? Aux Gryffondors, elle avait tué l'un d'entre eux après tout ? Et il y avait une bonne raison pour que le Choixpeau l'ait envoyé à Serpentard, elle n'était pas une Gryffondor, elle n'était pas courageuse, loin de là.
Le directeur lui avait expliqué lorsqu'elle était sortie du coma que le Choixpeau l'avait envoyé à Serpentard probablement parce que Tom Jedusor, descendant de Serpentard en personne, la possédait déjà. Idem pour ses dons en défense contre les forces du mal dont mystérieusement le professeur Dumbledore semblait connaître l'existence : il lui venait de Jedusor qui avait été un des élèves les plus doués de sa génération. Ainsi donc, elle n'était même pas intelligente ou douée, et ne méritait même pas sa place à Serpentard. Qui était-elle alors ? Et où se trouvait sa place ?
Telle étaient les heureuses pensées qui habitaient Jenny depuis plus de trois semaines. Et c'est remplie d'appréhension qu'elle se rendait chez Harry pour son anniversaire. Seules les supplications de Lucas, conjuguées au fait que sa mère lui avait plus ou moins ordonné de s'y rendre, arguant que cela lui ferait du bien de sortir et de voir ses amis, l'avaient 'convaincu' de s'y rendre. Elle ne pouvait pas rester terrée dans sa chambre toute sa vie après tout, même si cela s'avérer être une option plus que tentante.
Ils furent donc les derniers à arriver, bien qu'habitant tout prés en voiture. A l'intérieur la réunion battait son plein, les discussions étaient animés et l'on pouvait entendre des rires heureux même du dehors. Jenny et Lucas avait été amené par Morgana Derwent, qui poussa presque physiquement sa fille à rentrer.
Ce fut Remus qui vint leur ouvrir, un immense sourire aux lèvres. Le maraudeur qui sommeillait en lui était visiblement heureux d'avoir une occasion de s'amuser, même si c'était avec des adolescents de treize ans.
« Ah vous voila enfin ! s'exclama-t-il en voyant les trois sorciers. Harry avait peur que vous ne veniez pas, dit-il avec bonhomie. Venez, venez, entrez, leur indiqua-t-il. Faites comme chez vous et mettez vous à l'aise. Je m'appelle Remus Lupin, dit-il à l'intention de Morgana, tendant la main vers elle, main qu'elle accepta gracieusement.
- Morgana Derwent, je suis juste venu accompagner ma fille, dit-elle d'un ton d'excuse peu commun chez la belle Serpentarde.
- Venez, entrez un instant, insista Remus, et Morgana s'inclina. Je ne suis pas le seul adulte présent si cela peut vous rassurer », plaisanta-t-il.
Pendant ce temps Lucas suivi de Jenny se rendaient dans la salle à manger d'où provenaient les bruits et rires.
« Est-ce que ça va aller ? demanda le jeune Gryffondor en se retournant vers sa meilleure amie. Il avait bien remarqué sa pâleur et la manière dont ses mains tremblaient, mais il avait beau essayer de lui parler, il avait beau essayer de faire n'importe quoi pour la faire s'ouvrir, juste un petit peu, rien ne semblait marcher et chaque jour qui passait, Jenny s'éloignait un peu plus de lui. Et après ce qui était arrivé l'année passée, il ne pouvait pas laisser cela arriver. Il avait déjà échoué une fois, il l'avait laissé tomber, il ne recommencerait pas cette erreur une deuxième fois.
Lucas était un garçon extrêmement complexe, beaucoup plus mature que les garçons de son âge. Il était extrêmement intelligent, mais ne s'en vantait pas et ne semblait même pas s'en rendre compte. Au contraire, à l'instar de Jenny, il se mettait la barre trop haut et prenait extrêmement mal tout échec. Il était très sociable, mais extrêmement timide et réservé sur sa vie privée. Et quelque part, inconsciemment, il se sentait trahi par Jenny : comment avait-elle pu ne pas lui faire confiance et lui dire que quelque chose n'allait pas ? Comment avait-elle pu se confier à ce journal plus qu'à lui, alors qu'elle le connaissait à peine ? C'était stupide, et irrationnel, mais il avait l'impression d'être jaloux envers cet horrible journal. Il se souvenait vividement de la seule et unique fois où il avait écrit dans ce journal, et Tom lui avait alors paru incroyablement arrogant, et presque condescendant envers lui, comme s'il savait quelque chose que lui Lucas ignorait, des secrets de Jenny auquel il n'avait pas accès.
Aussi, au fond de lui Lucas gardait une certaine rancune envers la Serpentarde, non pas à cause de ce qu'elle avait fait sous l'influence du journal, mais parce que toute cette aventure lui avait donné le sentiment d'avoir échoué quelque part auprès d'elle, de ne pas avoir fait assez, lui qui se donnait toujours à fond dans tout ce qu'il faisait, lui pour qui l'échec n'était pas une chose envisageable. Et de ce fait, leur amitié ne serait plus jamais la même après cette première année à Poudlard. Surtout si elle persistait dans cette voie, si elle se laissait abattre par le désespoir et les Ténèbres.
- Oui ça va aller, dit Jenny avec plus d'assurance qu'elle n'en ressentait réellement. Elle adressa un petit sourire à son ami, et d'un pas ferme ouvrit la porte qui les séparait de leurs amis.
Un silence s'installa aussitôt dans la pièce lorsque tous eurent remarqués la présence de Lucas et Jenny. Ce n'était pas un silence tendu ou désagréable, c'était plus un silence qui disait 'eh bien quelle surprise on ne s'attendait plus à vous voir'.
- Eh bien vous voilà enfin, ce n'est pas trop tôt, s'exclama Elisabeth, se levant du canapé où elle se trouvait en compagnie d'Harry et Blaise. Elle se dirigea vers les deux nouveaux arrivants et sans hésiter une seule seconde, prit la petite Jenny dans ses bras.
- Tu m'as manqué, murmura-t-elle dans son oreille, et aussitôt elle sentit la deuxième année se détendre dans ses bras. Et toi aussi, ajouta-t-elle avec un sourire à l'intention de Lucas qu'elle prit également dans ses bras. L'atmosphère se détendit aussitôt et tous saluèrent leurs amis.
- Venez, il faut que je vous présente quelqu'un de formidable, ajouta Elisabeth, prenant Jenny par le bras et les dirigeant vers l'autre bout de la pièce où se trouvait Draco et une personne plus âgée.
- Tonks, s'écria Jenny, oubliant toute gêne, tout malaise. Mais qu'est ce que tu fais là ?
- Jenny, cria en retour la jeune fille, et d'un mouvement brusque elle accourut vers la jeune sorcière qu'elle prit dans ses bras. Mais tu as grandi depuis le temps dis moi ! s'exclama-t-elle avec un grand sourire. Et comme ça tu es amie avec ma cousine et toute sa clique !
- Ta cousine ? demanda Jenny avec curiosité. Mais de qui tu parles ?
- Eh bien de moi, répondit Elisabeth, qui avait néanmoins l'air perplexe. Mais comment est-ce que vous vous connaissez toutes les deux ?
- Nos mères sont amies, ça date de Poudlard, dit avec bonne humeur Tonks. Mais je n'avais pas vu la petite Jenny depuis que je suis entrée dans le programme pour être aurore ! Et elle ne m'a même pas écrit quand elle était à Poudlard, elle m'a vite oubliée cette vilaine Serpentarde ! ajouta Tonks, faisant semblant de faire une moue indignée.
- Désolée, marmonna Jenny, mais tu n'es pas non plus la correspondante la plus fidèle ou la plus régulière.
- Peu importe cela va changer à présent », affirma avec force Tonks, faisant signe à Draco de les rejoindre, lui qui dans son coin, sirotant son verre de jus de citrouille, assistait à la scène d'un air narquois. Cela faisait à peine dix minutes qu'il rencontrait enfin sa fameuse cousine Nymphadora Tonks (mais à quoi pensait sa tante Andromeda en l'affublant d'un tel prénom, sérieusement ?) dont lui avait tant parlé Liz à Poudlard, et pourtant il l'appréciait déjà. Même si la jeune fille avait l'air singulièrement maladroite (en à peine dix minutes elle avait réussi à trébucher, faire tomber le verre de Draco sur les nouvelles chaussures de Daphné qui n'en avait pas eu l'air ravie et était vite retournée voir Tracey, et lui dire qu'il était le portrait craché de son père, juste avant d'affirmer qu'elle avait toujours trouvé que Lucius Malfoy ressemblait à un albinos constipé, ce qui avait fait hurler de rire Blaise qui n'était partie que devant les regards menaçants de Draco), elle avait l'air extrêmement intelligente, et puis elle était aurore. Cela devait vouloir dire qu'elle était courageuse et douée. Et puis elle avait l'air sympathique, et elle ne tenait pas gré à Draco d'être le fils de sa tante Narcissa qui les avait renié elle et sa mère plus de vingt ans auparavant. Draco était donc disposé à devenir ami avec sa cousine, dans le plus grand secret bien entendu.
De l'autre côté de la pièce, Harry regarda la scène autour de lui avec bonheur. Tous ses amis étaient présents, toutes les personnes qu'il aimait et appréciait, réunis dans la même pièce pour fêter son anniversaire. A lui. C'en était presque incroyable, et un an auparavant, il n'aurait même pas osé imaginer telle scène.
Et également, pour la première fois de sa vie il avait reçu un nombre incroyable de cadeaux. Des friandises en tout genre de la part de Nev, un livre sur le Quidditch de la part de Daphné et d'autres romans moldus de la part de Tracey, Harry s'était en effet pris de passion pour certains auteurs moldus et lui et Tracey pouvait parler de certains de ces livres pendant des heures, au grand dam de leurs amis. Un jeux d'échec version sorcière de Draco, clin d'œil indubitable à leur petite aventure en première année, un nécessaire pour s'occuper de son balai de la part d'Elisabeth, un livre sur les serpents et leurs propriétés magiques, de Blaise, et Harry avait apprécié l'intention, il était sûr que Sigur serait content de ce présent, Sigur qui appréciait beaucoup son petit séjour chez Remus où il avait le droit de se balader à sa guise, et d'explorer les jardins environnants. De la part de Jenny et Lucas, qui apparemment s'étaient mis ensemble pour lui trouver un cadeau il avait eu un vif d'or, avec lequel il avait la ferme intention de s'entraîner dés que possible, de Remus un kit de farces et attrapes venant de chez Zonko, à utiliser selon son oncle 'sans modération', et enfin de Tonks un livre sobrement intitulé je suis à Serpentard, et alors ? qui l'avait fait hurlé de rire. Compter sur Tonks pour trouver des cadeaux originaux et cependant incroyablement bien pensé.
Cela lui avait fait très plaisir de revoir la jeune métamorphomage. Harry la connaissait depuis sa plus tendre enfance, les Tonks étant en effet très proches de Sirius et sa famille, et Tonks avait été une compagne de jeune d'Eli, Nev et Harry malgré la différence d'âge certaine et le fait qu'elle soit déjà à Poudlard. Harry se souvint que Tonks avait été extrêmement déçu en apprenant qu'aucun des trois n'avait atterri dans sa maison. Elle était également une des rares à ne pas apprécier Ryan. Cela remontait à leur première rencontre. Harry devait avoir trois, quatre ans peut-être et Tonks environ douze ou treize ans, c'est-à-dire une période où elle ne possédait encore aucune maîtrise sur ses capacités de métamorphomage et se transformait quelque fois sans même s'en rendre compte. Et Ryan s'était aussitôt moqué d'elle, contrairement à Harry qui en avait été fasciné. Inutile de dire que Tonks avait aussitôt détesté Ryan qui en plus de cela s'était aussi moqué de son prénom et refusait de l'appeler autrement que Nymphadora, car après tout affirmait le survivant d'un ton narquois, c'était bel et bien son prénom, n'est ce pas ?
Cependant, quand à sa sortie de Poudlard, Tonks s'était brusquement décidée pour une carrière d'auror, le trio d'or n'avait eu l'occasion de revoir leur amie pendant deux longues années, pendant lesquelles elle était en formation, isolée de sa famille et ses amis. Mais maintenant c'était officiel, Nymphadora Tonks était auror, et après un an en période probatoire elle serait officiellement désignée comme telle.
Oui, c'était une belle journée pour Harry. A ce moment précis il n'aurait rien pu souhaiter de plus. Enfin sauf peut-être que ses propres parents lui souhaitent un bon anniversaire, mais après tout, il ne croyait plus aux miracles.
oOoOoOoOoO
Elisabeth se trouvait dans sa bibliothèque. Assisse dans un canapé en velours rouge et or, les jambes passées par-dessus l'appui de fauteuil, elle était plongée dans un livre. Et son père, qui avait passé la tête dans l'embrasure de la porte, regardait sa fille unique avec tendresse. Ce n'était que lorsqu'il avait appris qu'elle avait été pétrifiée que Sirius Black s'était rendu compte à quel point il tenait à sa fille, à quel point il l'aimait, et qu'il ferait tout pour elle, inconditionnellement. Il avait beau avoir leurs divergences, et la plus importante étant un impertinent Serpentard du nom d'Harry Potter, il l'aimait très fort. Elle ressemblait tellement à sa mère. La même indépendance d'esprit, la même intelligence, du courage à revendre et la liste pouvait se poursuivre ainsi indéfiniment.
Sirius se souvint du bébé qu'il avait tenu dans ses bras, la petite fille qui adorait son papa, qui proclamait qu'il était son héros. Mais les choses avaient bien changés depuis. Sa petite fille s'était éloignée de lui, elle ne lui parlait presque plus, préférant passer tout son temps en compagnie de ces…serpentards, ceux là-mêmes que Sirius avait combattu toute sa vie, ceux là-mêmes qu'il méprisait et abhorrait. Comment avaient-ils pu en arriver là ? Car ils étaient en train de la perdre, Sirius le sentait bien. Elle passait beaucoup trop de temps avec Potter et ces autres Serpentards. Elle prenait sa défense contre sa famille et contre Ryan. Elle ne passait presque plus de temps avec eux, elle ne leur parlait presque pas. Elle était devenue une étrangère, et c'était pour cela que Sirius allait tenter un dernier coup pour essayer de récupérer sa fille. Une petite confrontation s'imposait, et Sirius, arrogant comme il l'était, ne doutait pas une seule seconde de son issue. Avec un peu de chance ces quelques mois passés dans le coma avaient inculqués un peu de bon sens à sa fille.
« Coucou ma chérie, dit-il d'une voix douce, entrant enfin dans la pièce. Elisabeth eut l'air surprise de le voir, surprise de cette interruption.
- Bonjour papa, répondit-elle d'un ton neutre. Elle ne voulait surtout pas s'énerver contre son père, mais tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il était l'agaçait prodigieusement. Elle ne supportait pas son attitude envers Harry, envers les Serpentards, et son comportement en général. Et elle ne se trouvait aucun point commun avec lui, cela rendait donc les choses plus faciles
- Qu'est ce que tu fais de beau ? lui demanda-t-il tout en s'avançant vers elle. Cela irrita Elisabeth. Elle n'aimait guère qu'on la dérange de la sorte. Surtout quand on n'avait rien d'important à lui dire. Ne pouvait-il pas voir qu'elle était en train de lire quelque chose d'extrêmement important ?
- Je suis en train de lire un livre, indiqua-t-elle en replongeant sa tête dans l'ouvrage, espérant ainsi que le message passé serait clair. Mais apparemment ce n'était pas le cas, son père resta en effet planté en face d'elle.
- Est-ce qu'on peut parler quelques minutes ? continua-t-il de cette voix trop douce, et Elisabeth, réprimant un petit soupir d'exaspération, reposa le livre sur ses genoux. Elle leva ses yeux bleus saphir vers son père et attendit qu'il parle. Elle avait le sentiment que cette conversation ne serait pas des plus plaisante.
- Je voulais juste m'assurer que tu vas bien, depuis que tu es sortie du coma, commença-t-il. Tu sais, cela a vraiment été très long sans toi, tout ce temps, tu nous as beaucoup manqué. Et j'ai l'impression depuis que tu es revenue, que tu passes beaucoup de temps enfermée à lire, et ce n'est pas forcément sain. Tu pourrais sortir t'amuser un peu. Ryan et Emmett sont à Godric's Hollow, tu peux aller les rejoindre si tu veux, proposa-t-il avec un petit sourire.
- Tu sais pertinemment que je n'ai aucun intérêt à être en leur compagnie, répondit-elle d'un ton sec. Si tu veux vraiment me faire plaisir laisse-moi aller chez oncle Remus voir Harry et Nev ou me rendre chez Daphné, Tracey ou Blaise. Ce sont eux mes amis, ce sont eux les seules personnes avec qui j'ai envie de passer du temps.
- Il en est hors de question, s'emporta Sirius. Je ne veux pas que ma fille unique passe du temps avec des Serpentards ! Ils sont dangereux, je sais que tu ne t'en rends pas encore compte car tu es encore trop jeune…
- Je suis bien plus mature que tu ne le penses ! dit-elle en élevant le ton. Tu ne les connais même pas, tu ne sais même pas qui est ton propre filleul alors arrête cinq minutes de les juger de la sorte ! Serpentard n'est pas une maison indigne, bien au contraire ! Regarde tante Andromeda, elle était à Serpentard, et pourtant tu l'adores ! Alors pourquoi faire tant d'histoires sur le fait qu'Harry y soit !
Une lueur d'hésitation sembla passer dans les yeux de son père mais ce fut tellement fugace qu'Elisabeth pensa l'avoir imaginé car très vite son père s'était remis à crier.
- Tu ne te rends pas compte que ton ami Harry est dangereux ! Il est jaloux de Ryan à un point que tu n'imagines même pas et cela le rend amer et violent. Après tout qui ne nous dit pas que c'est lui qui était derrière toutes ces attaques l'année dernière !
Sur ces paroles le visage d'Elisabeth se referma complètement et sa voix se fit très dure.
- Tu penses peut-être que c'est Harry qui m'a envoyé à l'hôpital ? Qu'est ce qui ne va pas chez toi ? Harry est mon meilleur ami, jamais il ne me ferait le moindre mal bien au contraire. Mais quand est-ce que tu cesseras d'être aveuglé par le survivant et tu verras que son frère vaut bien plus que lui ! cria-t-elle avec colère.
- Tu vois un peu ce que tu dis ! cria Sirius en retour. Oser prétendre qu'Harry est meilleur que Ryan, c'est lui qui t'a mis de pareilles inepties en tête c'est évident, tu vois ce qu'il te fait ! Je n'aurais pas du seulement le frapper j'aurais du….
- Qu'est ce que tu viens de dire ? l'interrompit Elisabeth d'une voix aussi glaciale que la banquise. Est-ce que j'ai bien entendu ce que j'ai cru entendre ? Tu as frappé Harry ? hurla-t-elle, son beau visage déformé par la colère et la rage. Même Sirius eut le bon sens de ne pas trop s'en vanter et de reculer d'un pas.
- C'était au début des vacances de Noël quand ils sont tous descendus du Poudlard Express, tenta-t-il de se défendre. Il se pavanait au milieu de sa cour de Serpentards, tel un roi, il avait un tel air arrogant sur le visage. Et je savais que c'était de sa faute si toi tu te trouvais à l'hôpital, au lieu d'être avec nous pour les fêtes de Noël ! Alors j'ai réagi en conséquence, je suis ton père et c'est mon boulot de te défendre ! termina-t-il sur un ton légèrement plus énervé.
Elisabeth se leva de son fauteuil. Elle avait rarement été aussi en colère de sa vie. Elle avait des envies de meurtre, elle avait envie de sortir sa baguette et lancer un sort à son père qui lui regretterait d'être né. Ses yeux habituellement si joyeux lançaient des éclairs de pure rage. Comment avait-il pu oser ? Comment avait-il pu croire un seul instant qu'Harry avait pu lui faire du mal ? A elle, sa meilleure amie ? Est-ce qu'il avait été absent durant ces dix dernières années ? N'avait-il pas vu qu'Harry, Neville et elle étaient les meilleurs amis du monde, qu'ils étaient toujours ensemble, qu'ils se protégeaient, s'entraidaient, s'aimaient ? Mais quand cesserait-il d'être aveugle et de vivre dans l'orbite de Ryan ?
- Je te préviens, commença-t-elle d'une voix menaçante, si jamais tu retouches Harry, si jamais tu lui fais le moindre mal, tu le payeras très cher et tu me perdras définitivement. Tu ne connais absolument rien d'Harry, si c'était le cas, si tu savais tout ce qu'il a accompli, la manière dont il me protège, continuellement, si tu savais qu'il a probablement été le plus malheureux de mon absence, si tu cessais d'être aussi stupide, aussi aveugle et je pourrais continuer la liste encore et encore, alors, alors nous deux nous pourrions avoir une vraie relation, et je ne serais pas aussi distante avec vous tous comme tu le dis, lança-t-elle avec mépris. Mais en attendant tu me dégoûtes, cracha-t-elle. Je vais aller chez Remus et y rester quelque temps et n'essaie même pas de m'en empêcher ! ».
Et sur ces mots elle sortit de la bibliothèque en trombe, laissant un Sirius désemparé, perdu et énervé. De quoi est-ce qu'elle parlait ? Elle avait tort, elle avait forcément tort, Harry était maléfique, il était jaloux de son frère, il avait même été clamé partout que c'était lui qui avait vaincu ce troll en première année, Dumbledore le leur avait dit ! Et il était à Serpentard, et d'après l'expérience de Sirius, cela était forcément mauvais signe. Oui d'accord Andromeda avait été répartie à Serpentard, mais c'était à cause de sa famille, c'était parce qu'elle avait eu peur d'être répartie autre part et avait du supplier le choixpeau de l'envoyer dans la maison des serpents. C'était évident. Alors pourquoi est-ce que Elisabeth réagissait de cette manière, pourquoi prenait-elle sa défense comme cela ? Qu'est ce qu'elle avait voulu dire ? Sirius était perdu, il aimait sa fille et était prêt à lui faire confiance car il savait pertinemment qu'elle était vraiment très intelligente, et très brillante. Mais elle avait tort en ce qui concernait Harry. Et Sirius était en train de la perdre pour ce morveux arrogant et machiavélique. Il ne pouvait laisser la situation perdurer ainsi, il fallait qu'il agisse. Aucun de ces enfants ne passerait du côté des Ténèbres, il avait déjà perdu son frère et Peter, il ne laisserait pas l'histoire se répéter.
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« Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? s'exclama Elisabeth, qui venait juste d'atterrir dans le salon de Remus par voie de poudre de cheminette. Comme une Black se le devait elle avait atterri avec grâce et dignité et élégance, surprenant fortement Harry et Neville, qui jouant à une partie d'échecs sorciers n'attendaient pas leur amie avant plusieurs jours, sachant que son père ne la laissait pas souvent sortir.
- De quoi est-ce que tu parles ? demanda Harry avec prudence. L'expérience lui avait appris qu'une Elisabeth énervée n'était pas une Elisabeth facile à gérer et que dans de tels cas il valait mieux se cacher. Très loin.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit que mon strangulot de père t'avait attaqué à la gare à Noël dernier, lorsque j'étais pétrifiée ? répéta plus calmement Elisabeth, les yeux fixés sur son meilleur ami, qui déglutit en voyant son air déterminé et légèrement colérique.
- Je crois que je vais aller voir ailleurs si j'y suis, murmura Neville, qui, sans demander son reste, partit presque en courant du salon.
- J'attends Harry, dit Elisabeth en tapant du pied. Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Même à l'hôpital tu ne m'as rien dit ! J'avais le droit de savoir que mon père te soupçonnait.
- A quoi bon ! s'offusqua Harry. C'est le passé et je sais très bien que ton cher père ne me porte pas dans son cœur, tout comme mes propres parents, ceux de Neville et les trois-quarts de la population sorcière, alors ça ne change pas grand-chose. Pour te dire la vérité je n'y pensais même plus ici, et je ne voyais pas l'intérêt d'envenimer les choses entre vous deux. Toi tu as la chance d'avoir des parents qui t'aiment et se soucient de toi alors profites-en tant que tu peux, lâcha-t-il avec une amertume à peine dissimulée.
- Tu dois me le dire parce que c'est important, expliqua Elisabeth d'une voix beaucoup plus douce, s'asseyant aux côtés de son meilleur ami. Chaque personne qui s'oppose à toi, qui raconte des horreurs sur ton dos, ce n'est pas seulement toi qu'elle attaque, c'est également moi, et aussi Nev. On est tous les trois dans la même galère, on est tous les trois ensemble quoi qu'il se passe, dit-elle avec un petit sourire triste. Je sais que tu souffres de ce que tes parents….
- Je n'ai pas envie d'en parler, l'interrompit-il avec mauvaise humeur. Il se leva du canapé et commença à arpenter la pièce. Moins je parle de mes parents, moi je suis en contact avec eux, et mieux je me porte.
- Harry, la manière dont ils te traitent n'est pas juste, et tôt ou tard ils devront payer, s'indigna doucement la Serdaigle. Et ne crois pas que leurs comportements soient justifiés, que ce soit de tes parents, des miens ou de ceux de Nev. Ils sont tous coupables, et à dire vrai je ne les comprends pas. Bien sûr que Ryan est le survivant, mais honnêtement je ne pense pas qu'il ait fait grand-chose pour mériter ce titre. Ce n'était qu'un bébé ! Comment aurait-il pu vaincre le plus grand seigneur des Ténèbres alors qu'il ne savait même pas marcher ?
- Qu'est ce que tu insinues ? demanda le Serpentard avec curiosité.
- Je pense que Dumbledore ne nous dis pas tout, dit-elle lentement, pesant de manière évidente ses mots. Et oncle Remus est d'accord avec moi. Il est persuadé que Dumbledore cache quelque chose de très important.
- Ce n'est pas important au fond que Dumbledore fasse des cachoteries ou non, décréta Harry en haussant les épaules. Ce n'est pas son comportement qui fait que mes parents agissent de cette façon, qu'ils soient comme cela avec moi, reconnaissant à peine que j'existe. Mis à part lorsque nous étions tous à l'infirmerie à ton chevet cela fait depuis Noël dernier que je n'ai pas eu de leurs nouvelles, et cela me va très bien comme cela. Je n'ai pas besoin d'eux dans ma vie, je t'ai toi, et tout le reste de la bande, et Remus et Tonks. Je n'ai besoin de rien d'autre », conclut-il avec un petit sourire forcé, mais Eli ne fut pas dupe.
Elle avait très vite constaté à son réveil qu'Harry avait changé. Elle ne savait pas si c'était en bien ou en mal, mais il paraissait plus fort, plus indépendant et plus mature. Bien sur cela pouvait être dû à son aventure dans la chambre des secrets, mais elle n'en était pas persuadée. Selon Remus, le fait qu'elle ait été pétrifiée avait fait beaucoup de mal à Harry. Et elle se souvenait l'avoir entendu dire, lorsqu'il venait lui rendre visite à l'infirmerie, qu'il la vengerait, qu'il ne laisserait pas le coupable s'en sortir comme cela. Et il y avait une telle dureté dans sa voix, cela lui avait rappelé leur aventure de première année, et le moment où Harry avait lancé un réducto sur Voldemort. C'était à ce moment précis que son innocence était morte, que son enfance s'était envolée en milles morceaux. Et la chambre des secrets, sa seconde entrevue avec Voldemort l'avait encore plus secoué. Mais il en était ressorti plus fort, plus puissant encore. Il avait affronté des choses qu'aucun jeune de son âge n'aurait du jamais voir, mais cela l'endurcissait et Elisabeth ne pouvait s'empêcher de penser, avec honte, qu'il avait besoin de ses épreuves, que par un coup bizarre du Destin, elles lui étaient nécessaires pour accomplir sa destinée. Car Elisabeth n'en doutait pas, Harry était destiné à accomplir de très grandes choses, il sera très puissant un jour, et c'était pour cela qu'elle ne comprenait pourquoi personne ne le voyait vraiment. Pourtant, c'était comme si c'était inscrit sur son front, c'était comme une aura brillante autour de lui. Harry Potter n'était pas n'importe qui, et Elisabeth Black se sentait honorée d'être aussi proche de lui, de pouvoir déclarer qu'elle était sa meilleure amie, qu'elle avait sa confiance. Quand à elle, elle avait besoin d'Harry dans sa vie tout comme elle avait besoin de sa baguette pour faire de la magie, c'était aussi simple que cela. Il faisait partie de sa vie depuis toujours, comme imaginer sa vie sans lui ou Neville ?
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Elisabeth passa les deux semaines suivantes chez Remus, et ne retourna pas une seule fois chez ses parents. Evana vint leur rendre visite quelques heures après la discussion père/fille pour tenter de raisonner sa fille, mais elle avait vite jugé que si tout le monde voulait passer de bonnes vacances, il valait mieux qu'Elisabeth reste dans le Hampshire. L'annoncer à Sirius n'avait pas été chose aisée, mais Remus avait promis avec exaspération qu'il prendrait bien soin d'Elisabeth et que celle-ci ne risquait rien sous le même toit qu'un Serpentard. Cela aurait été presque drôle si cela n'avait été navrant.
Une douce routine s'installa. Le trio d'or maintenant réuni (une fois qu'Elisabeth fut durablement installé chez le lycanthrope, les parents de Neville qui étaient plus souples que Sirius le laissèrent passer la quasi-totalité de son temps avec ses amis) eut enfin l'occasion de se retrouver, rien qu'eux trois. Tous adoraient le reste de la bande, mais il fallait bien avouer que se retrouver à trois, comme durant leur enfance, était vraiment très agréable.
C'est un mardi soir, après avoir été sur le chemin de traverse avec leurs amis pour acheter toutes leurs fournitures scolaires, installé dans le salon au coin du feu, mangeant des marshmallows en compagnie de Remus, que Neville fit une remarque qui allait changer le cours de leur existence.
« Je m'ennuie, fit-il remarquer d'un ton las, allongé sur le tapis, les doigts de pieds presque en éventail.
- Prends un livre, lui conseilla Eli, qui, étrangement, était en train de lire.
- Pourquoi est-ce que tu t'ennuie ? demanda Remus d'un ton amusé. Harry leva aussitôt les yeux. Il connaissait cette voix. Cette voix en particulier voulait dire que son oncle avait une idée.
- Je sais pas, j'ai juste envie d'un peu d'excitation, que les choses bougent, répondit lentement Neville en haussant les épaules. J'ai l'impression de tourner en rond, j'ai besoin d'un défi, de quelque chose de neuf, mais je sais pas quoi.
- Vous savez ce que faisiez les Maraudeurs à votre âge ? demanda Remus d'un ton faussement innocent, et même Elisabeth releva les yeux de son épais livre noir à l'allure peu séduisante.
- Trois d'entre eux apprenaient à devenir des animagi, répondit lentement Harry, qui commençait à avoir une idée. Et alors ?
- C'était un projet vraiment intéressant vous savez, lança Remus. Désormais les trois jeunes sorciers l'écoutaient avec attention. Il n'a fallu que deux ans et demi à James et Sirius pour devenir des animagi, Peter a eu besoin d'un mois de plus, ajouta-t-il, l'air sombre. Mais cela leur a été vraiment utile. Pas tellement pour James qui était déjà un as en Métamorphoses, mais pour les deux autres qui se sont considérablement améliorés dans cette matière, et je reste d'ailleurs persuadé que si Peter a eu un E à ses BUSES et un A à ses ASPIC en Méta, c'est principalement à cause des efforts et du travail qu'il a fourni pour parvenir à se métamorphoser en animal.
- Tu nous suggère de nous y mettre nous aussi, s'exclama Neville, un brin d'excitation dans la voix.
- Je ne vous suggère rien du tout, protesta Remus. Après tout c'est un projet difficile et illégal qui plus est ! Mais le sourire sur ses lèvres et le pétillement de ses yeux ambre clamaient un autre discours.
- C'est à réfléchir, rétorqua un Harry songeur. Mais un simple coup d'œil à ses deux meilleurs amis lui indiqua que eux deux étaient plus que partants. C'était un défi, un challenge à relever. Si leurs parents avaient réussi, pourquoi pas eux ? Et puis ce serait fantastique de pouvoir se transformer en animal à volonté ! Oui c'était une idée plus que séduisante, et Harry regretta presque de ne pas y avoir pensé plutôt.
- Il y a des livres sur ce sujet dans la bibliothèque des Black, dit Elisabeth après une légère réflexion. Je pourrais en 'emprunter' quelques uns la prochaine fois que j'y retournerai pour prendre mes affaires pour Poudlard. Et la bibliothèque doit fourmiller d'informations, on pourra s'entraîner dans la salle sur demande, oh par Merlin cela va être génial ! s'enthousiasma-t-elle.
- Et si vous avez besoin d'aide vous savez à qui vous adresser, conclut Remus. Mais je vous conseille bien évidemment de n'en parler à personne. Et il serait peut-être plus sage pour l'instant de garder ça entre vous trois, du moins pour le moment ».
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La nouvelle tomba une semaine avant le retour à Poudlard. Le trio d'or était une fois encore dans le salon, en compagnie de Remus, ils discutaient tranquillement en terminant leurs devoirs. Soudain, la cheminée s'anima et la tête de James Potter apparut dans un flot de flammes vertes. Son visage d'habitude jovial et souriant, sauf quand il s'adressait à Harry ou pensait à lui, était fermé, anxieux et même inquiet.
« Remus, toi et les enfants vous devez venir tout de suite à square Grimmauld, quelque chose de très grave vient de se produire ».
Note de l'auteur : ça y est j'ai réussi à poster ! Désolée pour ce retard mais mon internet ne marche plus depuis hier, date à laquelle j'étais censée poster ce chapitre, ce qui m'a beaucoup frustrée ! Enfin bref comme d'habitude merci à tous ceux qui prennent le temps de reviewer, les réponses et autres informations sont sur mon livejournal, j'espère que ce chapitre que j'aurais eu beaucoup de mal à poster (il a fallu que j'aille jusqu'à ma fac pour avoir accès à internet) vous plaira et à bientôt pour la prochaine, je ne sais pas encore quand je pourrais poster mais là je vais aller gueuler chez orange pour que mon internet revienne. De même j'ignore quand je pourrais poster un prochain post sur mon journal, j'essaie le plus vite possible, bisoux à tous et à bientôt.
