Chapitre 22 :
François Armand s'assied dans le siège de sa voiture. Il déposa la mallette dans laquelle les objets personnels de Louise avaient été déposés. Personne n'était venus les réclamer à pars lui. Il lui avait été aisé de prétendre être un proche intime de la jeune femme…
C'est une chance, se disait-il, que ces idiots de la brigade ne soient pas arrivés avant lui. Rassuré, il tenait la mallette comme un objet précieux et délicat. Il ne la quittait pas des yeux. Le matériau qui la formait lui semblait doux et brillant. Cette mallette était l'objet de sa survie, de son passé, de son histoire… C'était son véritable visage. En négligeant cette Louise il avait fait une erreur mais il s'était vite rattrapé.
Oui Claire l'avait surprit par sa traitrise. Mais il lui apprendra très vite qu'elle était encore une novice face à lui. Un misérable petit pion. Quant à ce nouveau commandant, Pérac, il l'avait surprit par sa survit ! Mais François se faisait déjà un plaisir de le briser comme il avait brisé cet ancien commandant : Grégoire Lamarck.
Grace à son pion qui s'était inséré dans l'équipe adverse tel un caméléon il savait à peu prés tout des liens qui unissaient l'équipe. Il connaissait leurs points faibles. Il savait quelle erreur il avait commise mais il ne la répéterait pas. François savait également comment piéger cette jeune femme. Son comportement à l'égard de son premier piège et sa ressemblance avec sa mère orientait naturellement François vers la mort parfaite pour cette petite impertinente.
Mais il savait ce qu'il risquait. Il fallait qu'il précipite la partie. Il était temps d'utiliser sa dame afin de prendre définitivement le roi et de déclarer : échec et mat. Chloé St Laurent était leur dame. Et la partie de Lamarck repose autours de cette Dame.
Eliminer la dame et vous avez un sacré avantage lorsque cela est combiné avec un peu de tactique et d'expérience. D'une pierre…il allait faire plusieurs coups. Chloé St Laurent serait éliminé d'une façon si marquante que son équipe ne s'en remettra pas et plus particulièrement Lamarck et Pérac. Il comptait bien les faire souffrir et les faire culpabiliser au point qu'ils ne puissent plus jamais le poursuivre ! Quant à Claire plus jamais elle n'oserait se dressée face à lui !
François n'avait pas encore d'idée sur la manière dont il devait s'y prendre sans se faire piégé ou s'exposer. Mieux ne valait pas se précipiter. La patiente est maitresse de sureté. Il attaquerai au moment où ils ne s'y attendraient pas. Au milieu d'une sérieuse enquête ou au moment d'un conflit au sein de l'équipe…
En attendant il devait plier bagage et savouré sa victoire. Il fixait sa mallette avec un sourire en imaginant la tête décomposé de Lamarck qu'il avait une nouvelle fois devancé de même que celles de Chloé et de Claire. Non vous ne saurez jamais. Vous ne pourriez pas comprendre l'histoire, la romance que nous avons vécus elle et moi. Personne ne m'arrêtera ! Ni Nathalie, ni Fisher, ni Lamarck, ni Pérac, ni Louise… personne !
François Armand ne put tenir plus longtemps, il ouvrit la mallette doucement pour tenir à nouveau ces lettres qu'ils avaient faites il y a bien longtemps. Les preuves de son piège redoutable…
Quel destin tragique pour un psychologue aussi brillant que Gildas de savoir ce que projetait Armand sans pouvoir l'arrêter, pensait il avec un sourire satisfait.
François fouilla la mallette et petit à petit…il sentit son sang se glacé. Ses mains tremblèrent, son cœur s'accéléra et il eut une boule dans la gorge : Où étaient elles ? Où étaient ces fichus lettres bordel !
Il devait rêver ! Ce n'est pas possible ! Où pouvaient-elles êtres ?
Il ferma la mallette et tentait tant bien que mal de se calmer. Mais c'était impossible. Il se représentait déjà le jugement, le sourire de ses adversaires… Non ! Ils ne pouvaient avoir une longueur d'avance sur lui, comment l'auraient ils pus ?
François r'ouvrit à nouveau la mallette et fouilla jusqu'aux moindres recoins. Il secoua vivement la mallette jusqu'à ce qu'il n'y eut plus un seul petit papier. Mais les lettres n'y étaient pas. Comment ? Comment étaient ce possible ? A qui cette folle pouvait elle avoir confié ces lettres ?
A Chloé ? Pourquoi ? Non il avait déjà sous estimé Louise il ne devait pas recommencer. D'autant plus qu'il ne pouvait plus la faire souffrir pour lui faire cracher le morceau. Non elle…elle n'aurait jamais donné ces lettres à Chloé. La jeune femme ne l'aurait pas écouté. Et s'approcher de Chloé aurait été risqué pour elle. A Pérac alors ? Encore plus risqué ! D'autant plus qu'elle ignorait la survit de sa victime. Mais alors à qui ? Elle n'aurait tout de même pas donner ces lettres à un inconnu !
Soudain la réponse lui apparut avec une évidence qui l'énervait. Claire ! Claire avait été la première personne à laquelle s'en était prise Louise et elle était capable de tout pour savoir la vérité. Et si Louise lui avait confié ces lettres avant qu'il ne la tue ?
La jeune adolescente n'avait surement pas mesurer l'importance de son présent mais maintenant qu'elle était au côté de Lamarck et de son équipe…
François Armand crut qu'il allait s'étouffer. Il ouvrit la fenêtre de la portière et inspira profondément.
Calme-toi. Calme-toi François. Ils n'ont pas gagné. Pas tant que tu seras en vie. Il dut reconnaitre que son équipe avait joué un beau jeu sur ce coup là mais il n'était pas encore en prison ! Et François n'était pas du genre à abandonner en cours de route et à se rendre. Ils avaient juste avancé l'échéance de leur chute.
Chloé St Laurent était la Dame de leur équipe mais cette dame dépendait d'un autre pion aussi important : Claire. Maintenant qu'ils savaient les liens familiaux qui les unissaient, François était sure qu'elle ne la laisserait pas en danger…
A cette pensée son visage reprit des couleurs. Son pouls reprit un rythme normal et la peur fit place à de la satisfaction. C'était à lui de jouer !
Claire sortit du commissariat. Elle soupira. Encore plus perdue que ce matin. Si elle en croyait ces lettres, elle était bien la fille de Mme Fisher…mais également celle de François Armand.
Elle n'avait donc pas perdu son père…enfin d'une certaine façon. D'un autre côté elle avait retrouvé une demi-sœur. Claire avait encore un peu de mal à se faire à cette idée mais elle devait avouer malgré elle que la jeune femme ne lui était pas antipathique.
Mais Claire n'était pas…prête à cela. C'était si…brutal. Toutefois, était ce une raison pour la rejeter comme elle le faisait ?
Elle savait bien que non et elle s'en voulait. Encore plus avec ce que lui avait dit Mathieu dans la journée. Ses amis aimaient vraiment la jeune femme. Et Claire appréciait la présence de l'équipe. A première vue, elle n'avait pas de différents avec cette Chloé.
Mais c'était plus fort qu'elle. Lorsqu'elle avait réalisé que Chloé était sa demi-sœur et que sa mère avait été probablement assassinée…elle lui en avait voulu. Involontairement elle l'avait tenu pour responsable de ce meurtre.
Toute sa vie, Claire avait fait son deuil en pensant que c'était un accident inévitable. Que rien ni personne n'en était responsable. Et soudainement, en moins d'un an, sa vie basculait…
Ce n'était certes pas Chloé qui avait assassiné sa mère c'était son père mais l'esprit de Claire ne voulait pas faire la distinction. Elle qui s'était toujours cru fille unique…penser que Chloé avait plus connus leur mère qu'elle…ce fut comme si elle lui avait volée. La jalousie combinait ce sentiment à la colère qu'elle avait pour Monsieur Fisher.
Ce soir pourtant, cette colère s'était apaisée…un peu. Claire s'en voulait et se trouvait égoïste. Elle réalisait que la perte de leur mère avait surement été beaucoup plus douloureux pour sa…pour Chloé que pour elle. Elle devait surement comprendre ce que Claire ressentait : découvrir que son père est un meurtrier…
Chloé avait déjà retrouvée une sœur qui lui avait mentie. Claire imaginait la peur qu'elle devait ressentir. Celle de la perdre et celle de souffrir une fois de plus. Au moins Claire pouvait prétendre avoir eu une vie à peu prés heureuse. Chloé n'avait pas eu autant de chance. Elle avait beaucoup plus de souvenirs de ce meurtre qu'elle.
A présent Claire ressentait une autre douleur…la culpabilité.
Sans raison apparentes, elle se sentait responsable du meurtre de Mme Fisher, de leur mère. C'était elle la cause de son assassinat. C'était elle la cause de la crise de jalousie entre les parents de Chloé. Son existence même était le motif de la destruction d'une famille et d'une vie entière. Par ricochet elle avait détruit la vie de Mr Fisher, celle de Chloé et dan la suite celle de Mathieu et de sa famille. Sans elle Mr Fisher n'aurait jamais rencontré Louise, jamais elle n'aurait rencontrée Chloé et jamais Mathieu Pérac n'aurait eu à feindre sa mort…
Elle se sentait responsable d'être née tout simplement. Et ce sentiment était peut être pire que celui de ne pas savoir qui elle était…même si au fond…elle savait qu'elle n'y était pour rien…
Peut être était ce pour cela que le destin l'avait mené ici ? Pour rendre justice à Chloé ? Claire soupira. Elle s'était décidément mal comportée avec elle. Elle lui devait bien cela. Au moins si elles n'étaient pas prête à être sa sœur…peut être pouvaient elles être amies ?
Claire marcha le long du quai admirant les monuments éclairés dans la nuit Parisienne. Un peu plus loin une voiture de police l'attendait comme chaque soir depuis qu'elle était devenue un témoin important et que Monsieur Armand essayait de tuer Chloé.
Elle ne savait pas encore comment elle allait s'y prendre mais elle se jurait de surpasser ses peurs et de se réconcilier avec Chloé…
Claire monta un escalier et arriva face à une route où elle voyait un peu plus loin une voiture banalisée et un policier en tenue de civil mais qu'elle reconnaissait.
C'est alors qu'un crissement la sortit brutalement de ses pensées. Son cœur accéléra et elle fut paralysée. Elle n'eut pas le temps de s'enfuir ou de tenter quoi que ce soit qu'une voiture noire passa rapidement à côtés d'elle. La portière s'ouvrit et un homme l'attrapa violemment. Malgré ses tentatives pour lui échapper il parvint à la hisser à bord de la voiture et de retourner dedans. Claire entendit au loin les tirs des policiers qui assuraient sa sécurité et tentaient de la secourir. Mais la voiture redémarra rapidement.
Claire aperçut le visage de son père : François Armand. Avant qu'elle n'ait pus protester qu'il lui plaqua un morceau de tissu mouillé sur le nez et la bouche. Elle se débattit mais ne put résister et plongea dans l'inconscience…
Il était déjà tard et Chloé devait être rentrée depuis longtemps. Mais Chloé ne parvenait pas à rentrée chez elle. Ces lettres l'obsédaient. De même que les révélations de Grégoire.
Elle ne savait pas comment réagir. Elle ne savait pas quelle tournure allait prendre sa vie.
Elle avait une sœur. Une véritable sœur. Elle apprenait que sa mère avait eu une liaison et que c'était probablement pour sauver Claire qu'elle s'était faite tuée. Chloé en arrivait aux mêmes conclusions que Gildas : Son père s'était fait piégé. Le désir de François Armand de soumettre sa mère à son amour et à sa volonté sans pouvoir y parvenir l'a plongé dans une frustration immense.
Son père, Mr Fisher, soutenait sa femme et ils n'avaient pas l'intention de se séparer une nouvelle fois malgré les menaces de Monsieur Armand. Liaison que sa mère avait cachée à son mari par honte et par peur de le perdre…
Mais son père sentait que sa mère lui cachait quelque chose. Pourquoi était-elle à ce point persuadé qu'Armand avait capturé leur enfant ?
Chloé était encore une jeune adolescente, et ils désiraient plus que tout autre chose lui épargné cette histoire et ces doutes.
Lorsque elle avait fait le mur…peut être que cela avait mis en avant les peurs de sa mère et réveillé les doutes et les questions de son père qui, lui aussi paniqué, essayait de calmé malgré tout sa femme. Mais lorsque sa mère, persuadée que François Armand avait capturé Chloé pour la punir, son père s'était énervé. François Armand avait envoyé d'anciennes lettres d'amour révélant tout de leur histoire à son père. Jaloux et ne faisant plus confiance à sa femme, il avait exigé des explications que sa mère avait eu peur de lui donner. Pensant que leurs histoires n'étaient pas terminées et que la preuve en était Claire, la jalousie de Monsieur Fisher combiné à sa peine s'était transformée en une folie meurtrière…
…et innocemment Chloé était revenue à ce moment là. Elle ravala sa salive. Elle préférait de loin l'histoire de la folie de son père que cela. Elle se sentait déjà responsable de la mort de sa mère avant de connaitre la vérité…mais loin de l'aider cette histoire ne faisait que renforcer son sentiment de culpabilité…
Et en même temps, cela l'atténué un peu. Avant elle pensait que si elle avait été là ce soir là, jamais sa mère ne serait morte. Aujourd'hui, elle pensait qu'elle avait peut être déclenché sa mort mais elle n'était pas aussi sure que cette dispute n'aurait jamais eu lieu. Tôt ou tard les doutes de son père auraient finis par éclater au grand jour…
Mais pour la première fois depuis 17 ans, Chloé ressentit un autre sentiment : de la colère. Cet homme, Monsieur Armand avait brisé sa famille. Il lui avait fait haïr un homme innocent et …le jour où elle parvient enfin à lui pardonner…cet homme lui reprend son père qu'elle avait réussis à retrouver. Il lui a volé sa famille et sa vie. Certes elle se sentait encore responsable de la mort de sa mère mais le véritable responsable était ce pourri !
Cette colère, cette haine, était encore plus violente que celle qu'elle avait ressentie à l'égard de Louise car Armand était loin d'être fou !
Il se croyait tout permis et pensait pouvoir posséder tout ce qu'il voulait. Chloé aussi était prête à tout et cet homme, aussi haut placé qu'il fut, aussi dangereux qu'il puisse être ne lui faisait pas peur ! Après tout, elle ne faisait pas partie de la police et il n'avait aucun pouvoir sur elle.
Elle comptait bien finir le travail de Gildas et rendre justice à la mémoire de sa mère.
- Encore sur ces lettres ?
Chloé sursauta et s'empêcha de crier. Elle sourit lorsqu'elle vit la réaction que sa surprise suscitait à son fiancé.
- Hum… j'ai encore du mal à y croire…
Hyppolyte s'assied à côté d'elle et la fixa. Chloé ne répondit pas à son regard mais elle sourit légèrement. Elle aimait sa présence. Il avait toujours été là lorsqu'elle avait eu besoin de lui. Même avant la mort de Mathieu, il l'avait informé de la présence un peu envahissante de Louise et des questions que posait la jeune femme à son égard. Il avait été le premier à l'accepter au sein de l'équipe même s'il se foutait un peu d'elle en la vannant gentiment.
Chloé s'en voulait de ne pas se montrer aussi douce et aussi présente pour lui qu'elle ne l'aurait voulus. Mais elle avait encore du mal à vivre une situation de couple. Elle se contentait de savourer chaque instant. Malgré tout ses efforts la peur de vivre la même histoire que sa mère l'empêchait de s'engager. Sa confiance envers une personne proche avait été sacrément ébranlée avec la trahison de son père et celle de Louise. La mort de Mathieu n'avait pas arrangé les choses : elle s'était attachée à lui et elle l'avait perdu par sa faute.
Elle aimait Hyppolyte, du moins c'est ce qu'elle pensait. Et elle savait que c'était réciproque. Mais elle avait peur d'être la cause de sa mort un jour ou de le perdre. Elle ne voulait pas souffrir. Une histoire d'amour vécut à fond nécessitait d'accorder toute sa confiance. Même si elle avait confiance en lui elle n'était pas encore prête à totalement se laisser aller. Elle avait progressé depuis le début de leur relation bien sure mais elle sentait que parfois il doutait des sentiments qu'elle pouvait avoir pour lui et que les efforts et l'attention qu'il lui portait n'égalisait pas ceux qu'elle faisait à son égard. Il était d'une patiente infinie avec elle et elle ne doutait pas des sentiments qu'il avait pour elle.
- Ca va te prendre du temps
Chloé hocha la tête et soupira profondément.
- Ce n'est pas plutôt ce que t'as dit Claire qui te travaille ?
Chloé releva la tête, le fixa un instant puis détourna la tête pour cacher les sentiments que cette question suscitait
- Non…je…je comprends tout à fait sa réaction…
- Chloé je suis sure que Claire ne pensait pas ce qu'elle te disait. Et même si elle le pensait que connaît-elle de toi ?
- Je ne voulais pas l'effrayée je voulais juste …la connaitre. J'ai peut être été…trop rapide…je ne sais pas…
- Ne t'inquiète pas…elle reviendra
Chloé releva les yeux vers Hyppolyte
- Comment peut tu en être si sure ?
- Chloé tu fais peur à tout le monde au début …
Elle sourit à cette petite remarque qui était tout à fait justifiée.
- Même à toi ?
- Moi j'étais plutôt désespéré…
Il parvint finalement à la faire rire
- Mais je me suis habitué au goût du café glacé …
- Eh je me suis bien habitué à te petits amis imaginaires
- Bas ce n'est pas pour rien que j'ai craqué pour une psy
Elle sourit faiblement mais il vit qu'elle repensait à Claire.
- Tu n'as pas peur ? murmura t'elle, je veux dire…je brise tout ce que je touche…
Il ne répondit rien. Il préféra se rapprocher d'elle et l'a prit dans ses bras. Chloé ne résista pas et inversement s'installa confortablement comme elle en avant l'habitude. Elle retint sa tristesse et tous ses sentiments. Malgré leur proximité et la confiance qu'ils avaient l'un envers l'autre, elle n'arrivait pas encore à se relâcher complètement. Mais elle se sentait bien en sa présence.
- Si ca peut te rassurer, être blessé en voulant te protéger serait un honneur
- Ridicule…murmura t'elle avec un sourire
Il sourit à son tour savourant cet instant précieux où Chloé se détendait dans ses bras. Il devait avouer qu'il aurait préféré que ce genre de moments se produisent un peu plus souvent. Néanmoins il savait que Chloé était encore très fragilisée par son passé et qu'elle devait se reconstruite petit à petit. Sa peur de la perdre avait disparut. Il avait été réconforté dans cette idée lorsqu'elle avait accepté sans détours de rester chez lui il y a une semaine. Il ne regrettait en rien cette décision. Il culpabilisait de pensait cela mais il préférait que cette attaque ait touchée Mathieu que Chloé. C'était un ami certes, mais il n'aurait pas supporté apprendre que Chloé avait failli mourir. Et si Delphine n'était pas passer par là ce jour là ?
Et puis il avait la sensation que cette dernière les avaient encore un peu plus rapprochés. Elle avait abattue certaines barrières que Chloé dressait entre eux. Elle parlait encore beaucoup de Mathieu mais il savait désormais que c'était de la pure amitié.
- On rentre ? proposa t 'il
Chloé hésitait. Il leva les yeux au ciel et soupira.
- Chloé je sais que cette histoire te préoccupe mais il faut que tu décroches un peu. Claire est accompagnée et surveillée. Nous avons les lettres et Mathieu est sur ces gardes…
- Il l'était aussi la nuit dernière…
Le jeune homme reçut cette dernière phrase comme un coup de poignard. Hyppolyte eut un mauvais pressentiment. Il devinait les pensées de Chloé et ses craintes. Il comprenait qu'elle ne voulait pas laisser son collègue seul. Il comprenait qu'elle ait eu peur pour lui mais enfin elle n'allait pas le couver éternellement !
- J'ai un peu peur de comprendre où tu veux en venir
Chloé plongea son regard dans le sien et il eut du mal à le soutenir. Il ne faisait que lui confirmer ce qu'il savait déjà.
- François Armand à déjà tenter de me tuer…et il a failli tuer Mathieu. C'est à cause de moi. A deux nous serons plus apte à nous défendre
Il ressentit une vague de colère l'envahir. Une colère qui s'était calmée depuis peu et qu'il croyait avoir vaincue mais l'idée de Chloé la ranima. Lui qui croyait être sure des sentiments de la jeune femme à son égard en doutait à présent…
- Hyppolyte ?
- Très bien, nous serons trois
- C'est ridicule ? Nous n'avons pas besoin d'avoir toute l'équipe, cela éveillera les soupçons
- Tant mieux comme ça ils ne risqueront pas d'attaquer Mathieu ! A cinq on sera plus fort !
- Mais justement, ils n'attaqueront pas. Alors qu'à deux ils s'y risqueront peut être. Sauf que nous pourrions les arrêter et…
Hyppolyte fronça les sourcils et reçut difficilement les protestations de Chloé. Au contraire elles ne faisaient que l'effrayé. Pourquoi Chloé tenait elle tant à restée seule avec Mathieu ? Il lui manquait déjà ? Il y avait des limites à l'amitié ! Mathieu était un grand garçon et un flic entrainé ! Croyait elle vraiment que sa présence changerait quelque chose aux changes ? Fred à la rigueur…
Il s'écarta violement de Chloé et ne la regarda pas digérant la nouvelle.
- Oui j'avais oublié…c'est vrai qu'en te voyant ces tueurs fuiront assurément
- Non …mais je pourrais secourir Mathieu si jamais ils…
- Ecoute Chloé !
Il se retourna si précipitamment et avec un regard si noir que Chloé sursauta et fut légèrement effrayée. Il se calma regrettant un peu le ton qu'il avait utilisé. Toutefois il devait lui poser la question même si cela lui faisait mal
- Soit franche…
- Etre franche ?
- Est-ce que tu veux te retrouver seule avec lui ? Ou ton intérêt est elle réellement pour cette enquête ?
- Que…quoi…que je veuille me retrouver seule avec lui ? Je ne …
- Il faut te faire un dessin ou quoi ? Es tu amoureuse de Mathieu ?
Chloé fixa Hyppolyte avec de grands yeux surprit, bouche bée. Elle reçut cette question comme une claque. Elle avait pensé qu'il puisse lui en vouloir pour être parfois secrète, de ne pas lui faire confiance ou d'être distante mais…
Chloé n'avait pas imaginé une seule seconde qu'Hyppolyte puisse être jaloux de Mathieu. Qu'est ce qui avait pus lui faire penser ça ? C'est vrai qu'elle lui avait souvent parler de lui et qu'elle avait peur qu'il ne meurt vraiment…mais Mathieu était un simple collègue. Un ami important. Rien de plus…
Elle aimait Hyppolyte. Mais elle ne supporterait pas de perdre une deuxième fois Mathieu. C'était comme un grand frère pour elle…
La jeune femme sentit alors toute la colère d'Hyppolyte et repensa à tous les événements qui s'étaient produits depuis le retour de Mathieu. Elle vit combien il avait caché toute cette peur, ces sentiments…
Elle s'en voulait de ne pas l'avoir vu plus tôt…
Ce soir, elle ne pouvait lui dire combien elle tenait à Mathieu. Il ne comprendrait pas le véritable sens de ses mots et cela ne ferait que confirmer ses craintes.
- Je …je ne vois pas ce qui peut te faire dire ça…c'est totalement injuste…
- Non bien sure tu ne vois pas ! Chloé ça saute aux yeux de n'importe qui ! Il suffit de voir à quel point tu désirais le venger, à quel point tu te souciais de ses sentiments…
- C'est un ami ! Et mon coéquipier c'est normal que je veille établir une bonne ambiance. Et c'est mon métier de soutenir les personne en difficultés
- Jusqu'à se mettre dans leur lit ?
Chloé fut choquée des paroles du jeune homme. Elle dévisagea avec un regard surprit et remplit de dégout. Il réalisa alors la portée de ses paroles qu'il regrettait à moitié. Il lâchait enfin tous ses ressentiments et sa peur. Cela le libérait et lui faisait mal en même temps…
- Euh…je dérange peut être ?
Il se retourna et vit Fred. Cette dernière fixait tour à tout Hyppolyte et Chloé et était aussi choquée voir plus que Chloé des dernières paroles du jeune homme.
- Non. On a finis. Je rentre, je n'ai plus rien à faire ici pour aujourd'hui.
Il partit sur ces mots sans un regard pour les deux jeunes femmes et sans laisser le temps à Chloé d'ajouter quoi que ce soit.
- Ca va ? s'inquiéta Fred devant la pâleur du visage de Chloé
- …mon petit ami me traite de pute parce que je m'inquiète pour un ami…oh oui tout vas bien
Fred se mordit légèrement la lèvre. Elle comprenait le sentiment de culpabilité de Chloé et son désir de ne pas laisser Mathieu seul. Elle-même aurait fait la même chose à sa place. Mais elle comprenait également les sentiments d'Hyppolyte et pour être honnête…ils n'étaient pas tout à fait injustifiés…
Ni Chloé, ni Mathieu n'en avait conscience mais elle-même avait bien remarqué qu'un lien naissait entre eux avant la mort de ce dernier. Un lien d'amitié un peu ambigu… Et elle devait avouer, Fred avait été un peu jalouse de ce lien. Elle ne niait pas qu'elle fût attirée par l'ex commandant mais elle savait que ce n'était pas réciproque. Fred avait noté ce lien dés la nuit où Chloé avait risqué sa vie en se déguisant. Elle avait bien vu le regard que lui portait Mathieu lorsqu'elle était partie… ( cf : voir saison 1 lorsque Chloé se déguise avec une perruque)
- Ca lui passera Chloé. C'est bon signe qu'il soit jaloux
- Si tu le dit…
- Euh…c'est peut être pas le meilleur moment pour t'annoncer ça mais…
- Qu'est ce qui se passe ?
- Claire vient de faire enlever…
To be continued
Voilà pour aujourd'hui. Encore désolé pour mon retard. Comme promis demain je posterai trois chapitres. Ceci dit peut être pas les trois à la suite...
Dans le prochain épisode ^^
" Cette nuit, pourtant, il n'avait pas cessé de penser à elle. [...]Il s'étonnait lui-même de ressentir cela. Après tout, Chloé n'était pas en tord…au contraire. Mais même en pensant qu'il avait commis une grosse erreur, il ne regrettait pas son geste. Une part de lui se trouvait au contraire soulager…
Il ne se reconnaissait plus. Dans quelle situation s'était il mit avec elle ? Quel statut avaient-ils ? Et surtout que désirait-il ? "
