Chapitre 21

Avec un sourire les trois jeunes gens partirent se promener. L'après-midi passa à une vitesse hallucinante, Draco trouva la ville très animée, il y avait beaucoup de monde dans les rues, les étalages étaient colorés, des enfants jouaient. Le jeune homme se dit que cette ville ressemblait à toutes les autres villes, à part la pâleur des gens et quelques flacons de sang qui changeaient de main, tout paraissait normal.

Ghanos lui expliqua les différentes castes et le rôle de certains esclaves, les guerriers qui étaient vénérés car très importants. Les vampires avaient des ennemis, lui dit-il, les plus féroces étaient les loups-garous, heureusement ils n'attaquaient pas chaque nuit de pleine lune.

-Pourquoi n'avez-vous pas d'escorte pour vous protéger ? s'enquit Draco.

-Mais nous le sommes, amour, mais tu ne les vois pas, aurais-tu peur des loups-garous ? sourit-il, taquin.

-Non je n'ai pas peur, mais avoue que ce n'est pas une gentille petite bête. Ghalanéa as-tu vraiment l'intention de taquiner mon père ? s'amusa Draco pour changer de sujet.

-Oui, Draco, je le trouve un peu coincé d'après le peu que j'ai pu en voir, je suis sûr que je peux arriver à le faire sourire.

-Ou à le faire enrager ! mon père réagit toujours mal quand on le contrarie.

-Et qu'est-ce qui l'ennuie le plus ? sourit la princesse innocemment.

-Soit l'ignorer ou lui répondre insolemment, mais par-dessus tout il n'aime pas qu'on se gausse de lui.

-Je sens que Lucius va passer un bon séjour chez nous, Draco, et toi Ghalanéa ne le fais pas partir avant qu'il n'ait fini sa mission. Il faut absolument que père change d'avis sur son alliance avec le mage noir.

-Ne t'en fais pas pour ça, il n'a pas l'air d'être un homme qui fuit ses responsabilités.

En fin d'après-midi les jeunes gens épuisés rentrèrent au palais, Draco se sépara du prince et de la princesse puis regagna sa chambre. Il enleva ses chaussures et se laissa tomber tout habillé sur son lit, ses yeux se fermèrent malgré lui et il s'endormit.

Le matin suivant un rayon de soleil caressa la joue de Lucius. La journée promettait d'être belle, s'il avait le temps il ira probablement faire un tour dans le parc derrière le palais. Le drap vert le recouvrait à peine pourtant il n'avait pas froid, étonnant en cette saison….Brusquement l'homme blond tendit sa baguette vers l'intrus qui se trouvait au bout de son lit.

-Très bon réflexe, monsieur Malfoy ! Malheureusement pour vous j'aurais eu le temps de vous mordre vingt fois au moins.

-Puis-je vous demander ce que vous faites dans ma chambre, princesse? Je doute que votre père vous y ai envoyé.

La jeune femme ne répondit pas et détailla insolemment le corps de l'homme. Celui-ci nullement gêné ne remonta pas le drap sur son corps, le regard féminin s'arrêta sur la fine ligne de poils cachée par le tissu puis elle regarda de nouveau Lucius. Ses yeux rencontrèrent ceux orageux de l'homme.

-Vous avez fini votre inspection ?

-Oui, je vous laisse vous habiller, mais je vous trouve un peu trop gros je dirai même boudiné, se moqua-t-elle.

Sur ces paroles sibyllines la princesse sortit de la chambre droite et digne, aussitôt la porte fermée elle ne put retenir un éclat de rire.

Lucius quant à lui se leva, furieux. Gros, elle a dit qu'il était gros, quel culot ! Cette sale gamine ne perdait rien pour attendre.

L'homme partit sous la douche et malgré lui se regarda dans le miroir un peu vexé quand même. Grand et large, les muscles bien dessinés, le ventre plat. Lucius était vraiment un bel homme, beaucoup de femmes se retournaient sur son passage, et ce n'était pas une petite peste qui allait le faire douter de lui.

Un quart d'heure plus tard on frappa à la porte, heureusement il avait eu le temps de se doucher et de s'habiller.

Draco entra pour prendre le petit déjeuner avec son père, de toute façon dans le palais seul le déjeuner était servi pour tout le monde à la salle à manger, le matin ou le soir les vampires se nourrissaient de sang.

Les deux hommes se saluèrent, sur la table la nourriture apparut, Lucius et Draco s'assirent. Le choix était large, il y avait du café, du thé, croissants, brioches, de la confiture, des fruits, des œufs, du bacon.

-Eh bien, père, nous n'allons pas mourir de faim au moins !

-En effet tu as raison, mais un peu d'exercice ce matin ne nous fera pas de mal.

-Très bonne idée, un petit duel dans le parc cela vous tente ?

-Entendu, dans une heure, à l'épée cela va s'en dire.

Les deux hommes mangèrent tranquillement et parlèrent de choses et d'autres. Une heure plus tard ils se retrouvaient en bas épée à la main et se saluèrent selon les usages. Lucius attaqua sans perdre de temps et ne retint pas ses coups. Draco avait l'habitude et esquiva facilement la lame. Le bruit des épées qui s'entrechoquaient résonna dans l'air, au bout de deux heures de combat le père et le fils s'arrêtèrent, épuisés.

-Très beau duel, Draco, ton esquive est rapide et tu es très souple.

-Merci, père, on recommencera quand vous le voudrez.

-J'aimerais beaucoup essayer moi aussi.

Les deux hommes se retournèrent en même temps vers la voix qui les avait interrompue.

-Bonjour, prince Ghanos, on ne vous a pas entendu arriver, le salua Lucius.

-Ghanos ! Il y a longtemps que tu es là ? demanda Draco.

-Assez pour savoir d'où venait le bruit des lames, vous avez une bonne attaque, monsieur Malfoy. Quant à toi, chéri, tu baisses trop souvent ta garde.

-Ghanos !

-Quoi ?

-Tu as dit chéri.

-Je sais mais il n'y a personne à part ton père…. Oh ! Tu veux dire qu'il n'est pas au courant pour nous deux !

-Je n'ai pas eu le temps de vraiment le lui dire.

-Je suis désolé je ne savais pas, mon amour.

-De toute façon maintenant il est au courant, dit Lucius ironiquement. Et il est toujours là.

Draco piqua un fard.

-Je vous laisse, s'empressa de dire Ghanos en fuyant.

Lucius regarda son fils d'un air narquois.

-Oublié de me le dire, hein !

-Ben je l'aurais dit, père, j'attendais le bon moment c'est tout.

-Mais oui, Draco, le bon moment, laisse-moi rire !

-Père, gardez cela pour vous, le roi n'appréciera pas que Ghanos préfère les hommes, seule Ghalanéa est au courant.

-Dans ce cas-là soyez discrets Ghanos et toi, n'oublie pas pourquoi nous sommes ici.

L'après midi les pourparlers reprirent. Finalement Alséme de Radamor fit pencher la balance en faveur de l'Ordre du Phénix, mais le dernier mot revint au roi Ghalius. Lucius avait ramené dans son dossier le droit aux vampires de profiter librement de ce que le monde sorcier pouvait leur offrir. Tenir un magasin, par exemple, ou être médicomage ou professeur.

Ce projet emballa l'ambassadeur Radamor. Le roi demanda si ses hommes auraient le droit de devenir aurors, Lucius acquiesça. Albus Dumbledore et lui avaient discuté de la possibilité de mettre Arthur Weasley en place de premier ministre pour justement faciliter les transactions délicates entre leurs deux peuples.

Deux autres jours passèrent ainsi, entre les petits déjeuners avec Draco, les réunions l'après-midi, et les apparitions de la petite peste qui le provoquait sans arrêt.

Ce matin d'ailleurs en passant à côte de lui elle l'avait décoiffé, lui un Malfoy ! Son sang n'avait fait qu'un tour et il avait levé sa baguette pour lui rappeler les convenances quand subitement il comprit son manège. Elle voulait le faire sortir de ses gonds. Oh ! Mais là elle ne savait pas à qui elle avait à faire ! Lucius décida de l'ignorer purement et simplement, il rangea sa baguette, fit comme si elle n'était pas là puis fit demi-tour et se dirigea vers sa chambre en laissant là la petite peste, interdite.

Un jour de plus, pensa-t-il, et ils pourront partir d'ici. Pas qu'il était pressé, le séjour était agréable ainsi que son hôte. D'ailleurs maintenant ils s'appelaient par leurs prénoms, tout allait donc pour le mieux. Il fallait quand même qu'il réfléchisse à se venger de la petite peste, petite peste ma foi fort jolie. La fois où elle était venue une fois de plus à son réveil, il n'avait pu empêcher son corps de réagir quand son regard était arrivé à la lisière du drap sur ses hanches, elle n'avait pu manquer la bosse prometteuse sous le tissu. Elle était partie le rouge aux joues en claquant la porte, pourtant ça ne l'avait pas empêché de continuer son petit manège les jours suivants.

Draco était seul en ce début d'après-midi, Ghalanéa le trouva dans le parc assis sur un banc de pierre.

-Oh ! Toi tu ne vas pas bien là, que ce passe-t-il donc ?

-Si je vais bien ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

-Ben ton visage un peu triste, les larmes qui ne sont pas loin, te trouver seul sur un banc alors que tu devrais être avec Ghanos, je continue, Draco ?

-Bon d'accord, j'ai un coup de cafard.

-Ton cafard ne s'appelle pas, Ghanos, par hasard ?

Draco ne répondit pas, une unique larme glissa le long de sa joue, il baissa la tête honteux de sa faiblesse. Ghalanéa se rapprocha de lui et le prit dans ses bras.

-Que se passe-t-il, beau blond ?

-Il m'évite, cela fait trois jours que je ne l'ai pas vu, s'il ne veut plus de moi qu'il me le dise, s'il a trouvé quelqu'un d'autre je ne lui en voudrais pas je partirais sans lui faire de scène. Je ne veux pas rester dans l'incertitude, tu comprends ? Mais je l'aime, je l'aime tellement.

-Je peux te poser une question indiscrète ?

-Demande toujours et je verrais.

-Avec Ghanos, jusqu'où êtes-vous allés dans votre relation ?

-On s'est juste embrassé.

-Tu veux dire que vous n'avez jamais fait l'amour ?

-Non, tu vois ton frère m'évite alors je ne vois pas comment on n'aurait pu s'aimer.

-Il faut que je lui parle, dit la princesse en se levant.

-Non, s'il te plaît ne lui dis rien !

-Je ne parlerais pas de notre conversation ne t'en fais pas, je peux te laisser seul, Draco ? Ça ira ?

-Oui, merci Ghalanéa.

La jeune femme remonta au palais, il fallait qu'elle voit Ghanos, quelque chose clochait entre ces deux-là, probablement un malentendu. Elle entra directement dans la chambre du prince, celui-ci était allongé sur son lit les bras sous la tête et les jambes croisées.

-Quel bon vent t'amène, petite sœur ?

-Je m'ennuie toute seule, je me suis dit que l'on pourrait discuter tous les deux.

-Oui si tu veux, si on commençait par Lucius, plusieurs fois dans la semaine je l'ai croisé il avait l'air passablement énervé, je dirais même furieux.

-Je crois que mon travail va bientôt porter ses fruits, à force de se contenir il va exploser. Le coup où je l'ai décoiffé valait son pesant d'or, il avait même sorti sa baguette, et avant-hier quand il s'est promené dans le palais avec écrit dans le dos « Je suis une blonde. » Et quand j'ai remplacé son whisky par du jus de pommes.

-Je vois que tu as de l'imagination, rigola Ghanos qui était plié en deux sur son lit. Et Draco, il en pense quoi ?

-Ben justement, ton petit-ami me semble un peu triste, que se passe-t-il entre vous deux ?

-Je l'évite.

-Pourquoi, tu ne l'aimes plus ?

-Je suis fou de lui et j'ai terriblement envie de son corps, avoua le prince.

-Alors où est le problème ?

-Si père s'en aperçoit je crains qu'il ne lui fasse du mal.

-Ghanos, tu ne peux pas laisser père gérer ta vie, si tu veux Draco, si c'est lui que tu aimes peu importe les autres, vivez pour vous.

Le prince se leva et embrassa sa sœur.

-Tu as raison, sœurette, et si père n'est pas d'accord avec ça et bien je partirai avec Draco, je vais le chercher et mettre les choses au point avec lui dès maintenant.

-Tu le trouveras dans le parc, assis sur un banc.

Le jeune vampire sortit de la chambre et se mit à courir, il traversa la pelouse et arriva près du banc en un temps record. Draco était toujours là et le regarda étonné quand il se sentit soulever et tirer par la main jusqu'au palais. Ghanos se dirigea vers le bureau de son père et entra sans frapper, se moquant des convenances, il n'était plus à ça près.

-Qu'est-ce que cela veut dire ? rugit le roi fort en colère le roi. S'agit-il d'une urgence, Ghanos ?

-On peut dire ça comme ça, père.

Lucius se leva prêt à partir.

-Non, restez, ainsi vous serez au courant tous les deux, le coupa dans son élan le jeune vampire.

Draco ne dit rien mais la peur lui tenaillait le ventre, pourvu que Ghanos ne fasse pas de bêtises.

-Père, je vous présente l'homme de ma vie, Draco Malfoy.