Chapitre 21... Et oui l'histoire continue
Nous sommes restés longtemps contre ce mur. Peu à peu la fatigue m'envahi. Le contre coup de l'afflux de magie. Drago m'a porté sans râler jusqu'à sa chambre.
La journée a été longue. Me retrouver sur un lit, en sécurité, avec quelqu'un à qui je n'ai pas besoin de tout expliquer est un soulagement. Mais mon cerveau ne cesse de me répéter que ce n'est que le calme avant la vrai tempête. L'annonce publique de ma vrai identité est pour très bientôt. Pour une fois c'est une de mes envies. Je veux l'avouer à tout le monde, enlever l'épée de Damoclès au dessus de la tête d'Harry et ôter à Dumbledore toute possibilité de se servir des secrets pour lui quitte à devenir la cible favorite de Voldemort et de ses sbires.
Allongée sur ce lit avec Drago à mes côtés entourés de silence après mon coup de gueule me permet de réaliser la fin d'une époque. C'est bel et bien terminé de servir de pion.
Cependant je n'arrive pas à chasser l'amertume d'avoir laissé passer tant d'année sans avoir eu assez confiance en moi pour me poser les bonnes questions. A présent je me rend compte que mon monde je le connaissais, j'en avais appris les règles, mon rôle, mes paroles. J'ai affaire aujourd'hui à une tout autre configuration où peu de chose sont identiques.
Je dois l'admettre, c'est trop, trop pour moi. Suivre les plans de quelqu'un d'autre est peut être plus facile. Maintenant je dois maîtriser.
La peur me noue le ventre. Les larmes coulent sans bruit le long de mes joues. Adieu humide à mon ancien monde, à mes anciennes règles. Reconnaissance douloureuse de la rancœur, la colère et l'amertume qui me rongent.
Drago tourne sa tête blonde vers moi, se surélève un peu et essuie mes larmes.
«Shhht, le plus dur est passé. »
Comment peut-il dire ça ? Ma vie est complètement bouleversée. J'ai gaspillé mon enfance, mon adolescence pour une erreur. Ma vie a reposé sur une erreur. Mes choix ont découlé d'une erreur.
« Non, définitivement non. Ils se sont trompés. Ils ont décidé que se serait lui. Il a décidé de m'écarter, de me foutre dans une famille de merde et de me demander de me taire en se jouant de moi. Le tout pour une erreur. Ma seule famille a été éloignée de moi parce qu'il s'est trompé ! Je me suis retrouvée seule parce qu'il s'est trompé. Parce qu'il s'est trompé et parce qu'il a refusé de voir la vérité. Mais moi aussi j'ai voulu être aveugle pour ne pas que cette situation arrive. Tu comprend ? Je l'ai blâmé pendant si longtemps ce directeur pas si bienveillant mais en réalité je suis autant fautive. »
Je comprend ce trop de plein de colère. Je m'en veux. Mais tellement...
Je le regarde, et vois son visage, il exprime tant de compassion. Mon cœur va exploser. Comment peut-il rester à mes côtés ? Tout est confus mais il reste mon seul repère.
« Tu as eu le courage de tout assumer, et c'est ton choix. Tu es courageuse Lana. Je t'interdis de penser le contraire. Ne t'en veux pas non plus et pardonne... »
« Comment ? Leur as-tu pardonné ? Te pardonnes-tu ? » le coupais-je
Drago devient impassible. Il agit toujours de cette manière, pour se protéger mais là je sais qu'il réfléchit. Nous n'avons vraiment jamais abordé le sujet parental. Pour l'instant et même si c'est égoïste cela me permet d'éviter les nœuds dans ma tête. Puis j'espère que sa réponse m'aidera.
« Pardonner mes parents de quoi ? Quand je regarde aujourd'hui ils ont tellement fait. Au début ils ne comprenaient pas ma décision. Je leur en tellement voulu de m'avoir formaté mais au final ils étaient autant à plaindre et n'avaient eux non plus rien connu d'autre. Je leur en ai voulu de ne pas me soutenir, de m'en vouloir, j'ai même eu peur qu'ils cessent de m'aimer. Si je leur ai pardonnais c'est tout simplement parce qu'ils m'ont montré que rien n'est immuable. Ils ont accepté de s'ouvrir, de changer, pour moi. Alors j'ai pardonné, parce que le pardon montre une évolution des deux côtés et je veux évoluer. Maintenant pour ce qui est de me pardonner et de pardonner celui que j'ai été... J'y arrive quand je démêle le pourquoi de mes actes. Tout mettre sur le coup de l'éducation est trop lâche, tenter de comprendre pourquoi cause beaucoup de mal. Mais j'ai fais ce travail et rien que cet acte montre que je mérite mon pardon. Parce que ce que je suis aujourd'hui me plaît, parce que chaque jour je me comprend un peu mieux, parce que tu me permets d'apercevoir des côtés de ma personne que j'oublie parfois. Lana tu ne t'en rend pas compte mais tu m'as permis d'évoluer, de me comprendre, de m'apercevoir de mon changement, d'avoir confiance, de me laisser aller. Tu m'as appris beaucoup sur les gens et je comprend tellement plus aujourd'hui. Le pardon se travail chaque jour. Alors oui je te comprend.»
Je pleure complètement maintenant. Ces mots sont tellement justes et pesés. J'avais tellement besoin d'entendre ce genre de discours. J'avais envie de savoir que c'est possible, que rien n'est immuable et qu'un jour ces sentiments se calmeront. Je sais qu'il n'a pas avoué tout ça juste pour mon bon plaisir. Il s'est mis à nu, il s'est confié, pour mon bien, ma sérénité. J'aime savoir que je ne sers pas qu'à lui créer des ennuis, nous nous aidons. Nous sommes une équipe, sa présence et ses mots montrent que je peux toujours compter sur lui et lui sur moi. Je ne sais ce que nous avons fais pour mériter tout ça mais au moins on est ensemble.
« Je continuerais à te rappeler ces côtés sans cesse et à chaque fois que tu douteras. »
Il esquisse un petit sourire. Léger mais tellement réconfortant. Je le connais assez pour savoir qu'il n'aurais pas aimé que je m'arrête sur son discours trop longtemps mais il doit savoir que je l'ai écouté et que ces mots ont touché mon cœur. Alors je m'assois et le prend dans mes bras, fort. Mes larmes coulent encore mais je suis bien. Il me rend mon étreinte avec autant de force.
Je me demande à quoi nous ressemblons vu de l'extérieur. Deux enfants perdus au milieu des problèmes tentant de s'aider ou de deux adultes qui tentent de se rappeler qu'ils sont encore des enfants.
On nous a enlevé la possibilité de rester encore des enfants mais pas qu'à nous, à tous les autres. Nous devons y penser. Demain ou dans deux jours, peu importe, le monde saura qui je suis, Voldemort aussi mais pas seulement, demain ou dans deux jours, plusieurs générations comprendront qu'une nouvelle ère commence. Le jeux se joue au grand air, devant tout le monde et chacun devra choisir son camp et rester un enfant n'est plus un choix. Alors ici dans cette chambre, entouré de ses bras, je pleure. Je pleure pour tous ces enfants qui, bientôt, n'en seront plus et quand ils s'en apercevront ils auront mal comme moi.
Je m'endors sur cette pensée morose après avoir continué à discuter avec Drago.
Je me réveille avec la certitude d'avoir les yeux aussi gonflés qu'une grenouille à force d'avoir pleuré. Mais cette inquiétude se révèle secondaire quand je vois comment nous avons dormi. Je m'y connais peu, voir pas du tout, mais ce n'est pas très amical. Pourtant avoir les bras de Drago autour de moi ne m'étonne pas, au contraire. Je me sens rougir et tente de me sortir de cette position avant qu'il se réveille. Je ne veux pas qu'il se braque ou autre. A vrai dire je ne sais pas comment il pourrait réagir. Alors en douceur je m'extirpe, vais dans la salle de bain et une fois lavée lui laisse un mot bien en évidence sur la table de chevet pour éviter tout « boudage ».
Une fois dans les couloirs j'y repense mais les yeux curieux des élèves me mettent vite mal à l'aise. Mes pas s'accélèrent, je veux éviter toute conversation. Une main s'abat sur mon épaule me faisant sursauter mais ce n'est qu'Hermione. Je suis soulagée, sa présence va éviter toute confrontation avec un autre élève.
Malgré cette nuit, cette conversation je ne veux pas m'étaler. Me dévoiler oui mais pas tout exposer, c'est trop tôt et même si je veux empêcher Dumbledore de se servir de nous je n'oublie pas qu'il reste un pilier de la société sorcière or si je commence à parler je ne saurais pas où m'arrêter.
«Comment va Harry ? »
Hermione a l'air soucieuse.
« Il en veut au monde entier. Je le comprend. »
«Je suis désolée, la situation doit être difficile. »
«Certes mais toi tu as l'air de t'apercevoir que ce n'est simple pour personne. Lui il reste juste muré en mode Caliméro si tu vois de quoi je parle. »
J'hoche la tête. Alors comme ça Harry accepte mal la situation. Je me demande à qui il en veut le plus ou si c'est se rendre compte des manigances dont il a fait l'objet qui est difficile. Après tout l'erreur sur son rôle a été exposé au monde des sorciers de la pire manière.
«... Qu'en dis-tu ? »
Je regarde Hermione perdue, je ne l'ai pas écouté. Elle le comprend et souris.
«Harry me jette souvent ce genre de regard. Je te demandais si tu accepterais d'aller lui parler. Vous êtes les deux personnes les plus concernées dans cette histoire. »
