Hiiiii !

Et oui, déjà un nouveau chapitre :D en ce moment j'écris pas mal et je poste presque aussitôt après avoir bouclé le chapitre.

Voici donc la suite, avec un titre qui va si bien à Mlle Kate Davis !

Je remercie Aya et Nonni, revieweuses anonymes, vos reviews me font plaisir aussi, n'en doutez pas )

Merci bien sur aux autres !

Bonne lecture, a bientôt.

Ceycey

Chapitre 21 : « Une femme repousse parfois ce qui la charme le plus » William Shakespeare, Les deux gentilshommes de Vérone

-SUIVANT !

Je commence à avoir la gorge en feu mais je dois bien avouer que jouer les réalisateurs impitoyables est plaisant. Avec Sirius nous nous sommes levés tôt ce matin pour commencer cette journée de « casting ». Bien sur, nous respectons les règles imposées par Dumbledore alors ce n'est pas un vrai casting d'acteurs comme on l'entend. Nous avons juste soigneusement choisis deux ou trois personnes pour chaque rôle. Bien entendu, tous les élèves qui se retrouvent dans la salle fondatrice avec nous on été forcé de garder le secret. C'est dans ces moments-là que je suis fière d'être sorcière. C'est tellement plus simple dans notre monde.

Malheureusement, Sirius et moi sommes au bord du désespoir : nos camarades jouent comme des pieds ! Cela fait trois heures que nous supportons leur crise de rire ou même des crises identitaires pour certains. Je vous jure, c'est affolant !

Point positif : Lena à réussit à nous trouver un serpentard pas trop chiant pour jouer le rôle de Salazard. Pas son ex Tom mais un de ses amis qui s'est montré fier de représenter sa maison. Beurk ! Enfin bref, heureusement pour nous il est compétent, car on a que lui sous la main.

-C'est pour quel rôle les prochains ?

-Rowena Serdaigle, répondis-je à Sirius.

Deux filles montent alors sur la scène : Lena (bien entendu) et une Poufsouffle. Elles sont toutes les deux très jolies, ce qui est important pour le rôle et pour l'intelligence de Mme Serdaigle, ce sera au script d'être assez compétent pour le montrer. Mais bien sur je ne veux que Lena ! C'est elle qui a insisté pour passer le « casting » comme tout le monde, avec une vraie concurrente. Sinon je l'aurais prise d'office.

-Bien, Alicia Duwill, tu commence, dis-je en me munissant d'une plume.

-Pour commencer, je voulais dire à Sirius que sa nouvelle chemise lui va troooop bien, minaude-t-elle.

-C'est la chemise de l'uniforme, répliquais-je en levant les yeux au ciel.

Oui je me souviens avoir fait la même bourde qu'elle il y a quelques semaines ! Sauf que, elle, elle a vraiment l'air étonnée par ma révélation. Bon, voyons voir ce qu'elle vaut sur les planches.

-Merci, répond-t-il avec son sourire insupportable, réservé à ce genre de filles. Vas-y Alicia, je t'écoute.

Gnia gnia gnia ! Qu'est-ce qu'il peut m'énerver dans ces moments-là. Je lui lance un regard noir pour lui faire comprendre qu'on n'est pas là pour draguer mais pour travailler.

Ladite Alicia se lance dans une tirade exagérée ! Je sais bien qu'au théâtre les acteurs sont obligés d'avoir une gestuelle plus prononcée afin que les spectateurs les plus éloignés puissent tout de même voir le jeu d'acteur. Mais là c'est complètement ridicule !

En même temps, la difficulté est qu'ils ne peuvent pas auditionner avec le texte. Pour la bonne raison qu'on ne l'a pas encore écrit. J'avoue que ce ne doit pas être facile dans ces conditions. Nous leur avons demandé de représenté les fondateurs tels qu'ils les voient, avec leur caractéristiques que nous connaissons grâce aux historiens. Seulement, cette Alicia se contente de parcourir la scène de long en large, en racontant je ne sais quoi sur le château, en roulant exagérément des fesses et en se regardant dans un miroir qu'elle tient de la main droite. Tout ça en même temps !

C'est à vomir ! Pourtant, une fois qu'elle a fini, qu'elle nous a salués en faisant la classique courbette des acteurs de théâtre et en nous exposant son avantageux décolleté par la même occasion, Sirius se lève et l'applaudit. Incapable de laisser de côté sa libido ne serait-ce qu'une journée ! Lena et moi nous échangeons le même regard blasé et écœuré. Alicia adresse un grand sourire à Sirius qui ne se fait pas prier pour l'aider à descendre les marches.

-Sirius ! J'espère que tu as conscience de sa nullité, lui dis-je une fois qu'Alicia est partie.

-Bien sur, mais sommes-nous surs que Spencer fera mieux ? Ose-t-il demandé sans cacher son amusement.

-Black, épargnes-nous tes idées, remarques ou suggestions débiles ! On perdra moins de temps ! Réplique Lena.

-Vas-y ma poule ! M'écriais-je joyeusement à l'intention de Lena. Fais-nous rêver !

Elle m'adresse un grand sourire qui disparaît aussitôt pour faire place à une expression que je n'avais encore jamais vu sur le visage de Lena. Elle affiche soudainement un air digne, grave, solennel, noble tout en restant très belle et naturelle.

-Je ne suis pas d'accord avec toi Salazard ! Il faut donner la culture à ceux qui ont l'intelligence sure. Si des nés moldus en font partie alors, soit, je les accueille au sein de ma maison où seuls les érudits ont leur place. C'est comme cela que je vois notre école : ouverte à tous ceux qui ont soif d'apprendre. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser à l'abandon de jeunes sorciers incapables de maitriser leur pouvoir seuls et surtout, qui ne comprennent pas ce qui leur arrive simplement parce qu'ils ne sont pas nés là où ils le devaient ! Déclare-t-elle d'une traite et avec beaucoup de véhémence.

Wouaaah ! Mais d'où est-ce qu'elle nous sort ça ? En tout cas, on s'y croirait. Elle nous a même sorti la fameuse phrase de Serdaigle : « Il faut donner la culture à ceux qui ont l'intelligence sure ». (NDA : phrase que j'ai trouvé sur le site de l'encyclopédie d'Harry Potter). Je suis impressionnée par ma meilleure amie ! Et aussi très fière. Grâce à sa performance je n'ai aucune excuse pour la préférer à Duwill.

-Je pense que ce sera suffisant, nous dit-elle avec un sourire satisfait.

-Ah oui ! Merci Lena ! M'exclamais-je en l'applaudissant. Bon on est d'accord ? Lena est prise.

-Et pourquoi c'est toi qui décide ? S'emporte Sirius.

-Parce qu'il est évident qu'elle est parfaite pour ce rôle.

-Et Alicia ?

-Sois sérieux deux minutes, répondis-je avec patience. La seule chose qui te plaît chez Duwill c'est le fait que ce soit l'une des seules Poufsouffles avec laquelle tu n'es pas encore sorti. Mais ne t'inquiètes pas, maintenant qu'elle sait pour le projet Dumby on va être obligé de la garder dans l'équipe. Elle aura qu'à s'occuper des costumes. Lena tu es prise !

-Duwill, félicitations tu seras ma soubrette ! S'exclame Lena en poursuivant la blonde qui se met à pleurnicher.

Sirius part la réconforter. J'atteins le maximum de ma patience, là. Depuis notre discussion sur notre « dérapage » il a une attitude de gamin. C'est exaspérant. Mais au moins nous nous entendons toujours plus ou moins bien.

En constatant qu'il est bientôt midi, je soupire puis m'élance à sa poursuite.

-Sirius ! C'est l'heure de notre rendez-vous avec Dumby !

-Déjà ?

Il fait mine d'être gêné pour Duwill qui repart de plus belle dans ses pleurnicheries. Ne me dites pas qu'il la trouve attirante là ? S'il croit que je vais m'attendrir comme ça. C'est quand même pas de ma faute si cette idiote est nulle pour jouer la comédie. Je ne me considère pas meilleure qu'elle mais moi, au moins, j'ai eu la présence d'esprit de ne pas essayer !

-Oui et c'est important ! Insistais-je. On ne pourra pas écrire le texte sans ça.

-Et on a vraiment besoin d'être deux pour y aller ?

-Non bien sur, répondis-je avec une voix mielleuse, mais en échange, tu seras de corvée de casting toute l'après midi !

Son visage se décompose pendant que je lui adresse un sourire radieux. Je tourne les talons, promet à Lena de la rejoindre dans la grande salle pour le déjeuner et me dirige enfin vers le bureau de notre cher directeur. Je suis finalement bien contente d'y aller seule. Chaque fois que nous y allions pour un rendez-vous à propos du projet Dumby, il pose toujours des questions débiles ou juste dénuée d'intérêt.

Lena est déjà en train de manger, en compagnie d'Anthony. Je les rejoins donc, affamée. C'est que la matinée à été bien fatigante. Bien sur, je sais que l'après midi qui s'annonce va l'être tout autant, je ne suis tout de même pas assez folle pour laisser Sirius gérer les castings tout seul. Si c'est pour qu'il nous mette une Duwill numéro deux dans le rôle d'Helga Poufsouffle, non merci !

-Tiens, tiens, un revenant ! M'exclamais-je en m'installant à côté d'Anthony.

-Yop ! Me répond-t-il simplement.

-Raconte-lui comme j'ai été formidable tout à l'heure ! S'exclame Lena.

-Oh oui ! Formidable ! Mais tu as déjà fais du théâtre ? M'enquis-je.

-Oui, enfin uniquement quand j'étais petite, avant Poudlard, admet-elle.

-Eh bien ça tombe drôlement bien, tu es parfaite pour le rôle.

Je me sers généreusement de viandes et de légumes. Je suis d'assez bonne humeur, jusqu'à ce qu'une chose m'interpelle. Je regarde soudainement Lena avec un regard lourd de reproche.

-Tu lui as dit ?

-Hein ? De quoi ? A qui ?Me demande-t-elle avec du pain dans la bouche.

-A Anthony ! Tu lui as parlé du projet ! L'accusais-je.

-Bin … je, j'avais oublié, répond-t-elle confuse.

-Raaah Lena ! Si je ne t'ai pas jeté le sort comme tout le monde c'est parce que je pensais pouvoir te faire confiance !

-Ne t'inquiètes pas je n'irais pas le répéter, me promet Anthony.

-Oh je ne m'inquiète pas, car vous allez y avoir droit tous les deux ! Après le repas vous venez avec moi, je vais m'occuper de vous.

Ils ronchonnent tous les deux. Lena à peur de le révéler à nouveau par mégarde et de se retrouver injustement affublée d'énormes pustules jaunes sur tout le corps. C'est sur qu'elle sera moins sexy comme ça ! Une fois qu'ils ont fini de râler je peux enfin manger tranquillement. Mais malheureusement ça ne dure pas …

-Alors, ce rendez-vous ? S'enquit Sirius en s'installant en face de moi.

Je me force à rester patiente et calme lorsqu'il plonge son morceau de pain dans MON assiette pour y piquer la sauce. Mais j'avoue que c'est difficile, je me surpasse en ce moment.

-Très instructif, répondis-je simplement.

-Ah tu vas pouvoir tout écrire toute seule, alors !

-Tu te fous de moi ? M'énervais-je alors.

Oui là, j'ai craqué ! Il dépasse les bornes ! Non mais j'ai déjà l'impression d'en faire plus que lui, faudrait pas qu'il en rajoute là !

-Hé c'était une blague ! S'exclame-t-il en riant.

-Ah bon ? Il me semblait pourtant qu'une blague prenait tout son sens lorsqu'elle était drôle ! Répliquais-je sèchement.

-Bon, qu'est-ce que le barbu à dit ? Me demande-t-il visiblement vexé.

-Qu'il ne fallait surtout pas qu'on aborde la mésentente entre Serpentard et les autres fondateurs dans la pièce. Et à mon sens, il a entièrement raison.

-Pourquoi ça ? S'exclame-t-il. C'est la partie la plus intéressante !

-Oui mais aussi la plus susceptible de créer encore plus de tensions, surtout en CE moment, précisais-je avec sérieux. Dumbledore pense que la pièce doit rester amusante et ludique. Dés le départ le but était de rapprocher les maisons entre elles en organisant un évènement convivial. D'où le choix de faire ça pendant la période de Noël.

-C'est pas faux, constate Lena. Et puis Liam ne sera pas heureux de représenter un personnage rendu impopulaire par votre écriture critique, voir même sadique (regard appuyé vers Sirius).

Liam c'est le serpentard qui joue le rôle de Salazard. Et il est vrai que si je laissais Sirius s'occuper du texte, il se retrouverait ridiculiser à tout bout de champs et ce sera la guerre civile à Poudlard après ça.

-Hé ! Pourquoi vous en parlez devant lui au fait ? S'exclame Sirius.

-Allez-y, continuez de parler de moi comme si je n'étais pas là, réplique Anthony. Après tout j'adooore ça !

-Lena à fait une boulette que je vais réparer, ils auront le droit au petit sort tout à l'heure, ne t'inquiètes pas. Et puis d'abord, c'est toi qui à commencer à m'en parler au beau milieu de la grande salle !

Il se renfrogne mais continue de piquer MA sauce dans mon assiette. Grrrr ! Zen Kate, zeeen !

Du coup j'en profite pour forcer Anthony à participer pour les préparations de la pièce, maintenant qu'il est au courant du projet.

-Au fait ! Leur dis-je toute excitée. Puisque presque personne ne sait à quoi ressemble une pièce de théâtre, j'ai demandé à Dumbledore s'il pouvait nous donner une autorisation spéciale pour aller en voir une.

-Et il a accepté ? S'étonne Anthony.

-Mais non, il ne laisserait pas une quinzaine d'ados idiots en liberté dans le monde moldu ! Réplique Sirius.

-Et bin si ! M'exclamais-je. Ce soir on va voir Roméo et Juliette dans un théâtre londonien!

-Où est l'arnaque ? Demande Lena.

-Lui et McGonnagall nous accompagnent, concédais-je. Mais on va quand même voir des acteurs réputés jouer un grand classique !

-Bon, pourquoi pas ? Après tout ça nous fera une petite sortie en dehors de Poudlard, dit Sirius en haussant les épaules. Je vais prévenir tout le monde.

Ah ! Enfin il prend des initiatives ! Et enfin il laisse mon assiette tranquille. Mais il n'y a plus une goutte de sauce, évidemment.

Vous auriez dû voir la tête de Dumbledore toute à l'heure. Il était si heureux de faire cette sortie. Cet homme me donne toujours l'impression d'être rester dans l'enfance.

-Lena ? Où as-tu mis ma robe rouge ?

-Laquelle ?

-Celle que mon père m'a offerte il y a un mois ! M'énervais-je.

Elle râle puis sort de la salle de bain pour chercher la robe en question qui, évidemment, se trouve dans sa commode et non la mienne ! Ce qui m'énerve encore plus c'est qu'elle ose me reprocher de ne pas savoir où je mets mes affaires ! Non mais où va le monde ?

Une fois prête, Lena vient s'asseoir face à moi avec l'air on ne peut plus sérieux. Je sais, vous redoutez déjà le pire … et moi aussi.

-Qu'est-ce que tu penses d'Andy Sanders ?

-Il est gentil, pourquoi ?

Je ne vois pas du tout pourquoi elle me parle de lui tout d'un coup ?

-Et c'est tout ? Vous semblez pourtant bien vous entendre …

-On bosse ensemble en DCFM, c'est tout !

-Raaah bon okay, j'ai compris : plan B ! S'énerve-t-elle sans raison. Est-ce que tu as couché avec lui ?

-Quoi ? Tu cherches encore ?

Au secours ! Je n'en peux plus de ses interrogatoires incessants. Je pensais qu'elle avait laissé tomber, mais c'est mal connaître Lena visiblement.

-Evidemment que je cherche encore ! Ma prétendue meilleure amie ne me confie rien et ça m'énerve !

-Mais ce n'est pas assez intéressant ! Me défendis-je.

-Si ! S'il te plait dis moi, m'implore-t-elle, ça me rend folle de ne pas savoir !

-Bon d'accord ! Dis-je en soupirant.

-C'est vrai ? Tu vas me le dire ? Demande-t-elle toute excitée.

-Pas si tu ne me laisses pas parler.

-Han c'est Sanders, j'en suis sure ! Hein ? C'est Andy Sanders ?

-Oui, répondis-je simplement.

-Oh c'est pas vrai! S'émerveille-t-elle. Et alors c'était bien ?

-Fantastique !

Et bah voila ! J'aurais dû faire ça plus tôt ! Maintenant elle me laisse tranquille, mis à part ses questions indiscrètes à propos du pauvre Andy. Nous le croisons d'ailleurs dans notre salle commune lorsque nous partons rejoindre le reste du groupe pour aller à Londres. Je l'aime bien en plus, c'est un garçon très gentil, serviable et amusant. Depuis le début de l'année le professeur de DCFM nous a mis ensemble pour les travaux en binôme et on s'entend très bien. Mais de là à sortir avec lui ou quoique ce soit d'autres … je n'y ai jamais pensé en fait, même s'il est plutôt mignon.

Notre petit groupe encadré par Dumbledore et McGonnagall arrive vite à Londres en Portoloin. Je suis toute excitée à l'idée d'aller au théâtre ! Nous faisons la queue comme tout le monde puis prenons place dans la salle. J'essaie d'ignorer les regards étranges que nous lancent les autres spectateurs. Il faut dire que notre cher directeur ne passe pas inaperçu dans des vêtements moldus du siècle passé. Nous sommes tous installés au troisième rang, alignés comme de bons petits soldats. Sirius est assis à ma gauche et Lena est à ma droite, déjà à l'affut de beaux garçons mais elle est vite déçue du résultat : « J'aurais peut être plus de chance avec les acteurs » me chuchote-t-elle. Celle-là alors ! Un homme dans un corps de femme !

La lumière s'éteint, levé de rideau, il n'y a pas un seul bruit dans la salle. Quand les premiers acteurs arrivent, j'ai l'impression d'être une gamine idiote mais c'est tellement rare que je sois aussi joyeuse. Je me sens presque aussi heureuse que si j'étais au concert de Franck Sinatra avec ma mère ! Notre rêve qu'on n'a jamais pu réaliser, malheureusement.

Mais après une dizaine de minutes, je n'arrive plus à me concentrer sur la pièce car je sens soudainement cette odeur que je déteste maintenant : celle de Sirius. Du coin de l'œil je le regarde et comprend pourquoi, il vient de changer de position, de sorte qu'à présent il est plus appuyé sur notre accoudoir commun et donc plus proche. Oui, j'ai décrété que je détestais son odeur car elle me rend stupide ! Bêtement stupide! Je me demande même s'il ne le fait pas exprès. Pour me rappeler ce qu'il s'est passé entre nous, me rappeler que malgré des années de réticence il à réussit à m'avoir ! Il y a dix minutes j'étais heureuse, sereine et maintenant je suis à cran !

Mais très vite j'arrive à faire abstraction de cette odeur. Pour cela je me suis rapprochée de Lena, posant ma tête contre son épaule. Elle me glisse à l'oreille qu'elle trouve l'acteur, qui joue le rôle de Mercutio, très « appétissant ». Et je ne pense donc plus à l'autre imbécile assis à côté de moi.

Bien entendu ça ne dure pas ! Je tente de cacher ma surprise lorsque ces doigts frôlent les miens. D'abord innocemment, comme si c'était par inadvertance. Et puis plus franchement, de sorte que je ne peux plus me persuader qu'il ne le fait pas exprès ! Je décale donc mes doigts de quelques centimètres sur l'accoudoir, mine de rien, mais les siens viennent vite les retrouver. Mais qu'est-ce qu'il me veut à la fin ? Si on regardait un film d'horreur encore, je pourrais comprendre. Je me dégage encore mais en vain. Ces doigts font maintenant des cercles doux sur ma main.

Bien sur je pourrais le repousser violemment comme je sais le faire mais on se ferait remarquer. Et qu'est-ce que Lena en penserait ? Ou plutôt qu'est-ce qu'elle me dirait ? C'est sur, elle ne trouverait pas son attitude normale. D'ailleurs elle ne l'est pas. Il est évident qu'il a une mauvaise idée derrière la tête. En même temps, Sirius Black qui a une bonne idée, quelle blague ! Quoiqu'il nous servirais enfin une blague drôle.

Et voila ! Je ne comprends rien à la pièce maintenant, j'ai loupé trop de dialogues avec ses bêtises ! Et le pire, c'est qu'il continue de plus belle. A présent, il caresse mon avant bras. Et comme je me force à ne rien dire pour passer inaperçue, il doit se dire que ça ne me dérange pas. Oh et puis tiens, s'il allait encore plus loin ? C'est visiblement ce à quoi il pense car finalement il délaisse ma main pour poser la sienne sur … ma cuisse. Mais …. Quoi ? J'essaie de le regarder discrètement, du coin de l'œil, m'attendant à le voir arboré un sourire amusé. Mais au lieu de ça il à l'air absorbé par le spectacle, comme si de rien n'était. Et ça m'énerve encore plus !

Je réfléchis à un moyen de m'en débarrasser pendant que sa main fait des va et vient lents sur ma cuisse. Chaque fois qu'il remonte vers le haut j'ai l'impression que mes poumons se sont vidés !

Et jusqu'à ce que l'on annonce l'entracte, il me fait vivre une véritable torture ! Enfin, le rideau se baisse à nouveau et la lumière revient. Entre temps il a bien évidemment pris soin d'enlever sa main.

La plupart des élèves qui nous accompagnent sortent prendre l'air ou profiter des boissons disponibles à l'accueil. Dumbledore et McGonnagall en profitent aussi pour se dégourdir les jambes.

Il ne reste donc plus que nous.

-Oh merlin ! Mercutio est TROP sexy ! S'exclame Lena.

-T'es au courant que c'est un acteur et que donc, il ne s'appelle pas Mercutio ? Lui dit Sirius.

-Nan ? C'est pas vrai ! S'exclame Lena. Un idiot de sang pur qui s'amuse à m'expliquer une invention moldue! Je rêve !

Je souris, amusé par la réponse de Lena. C'est vrai que Sirius est gonflé, il y a encore une heure il n'avait jamais vu de pièce de théâtre.

-En tout cas j'aime beaucoup la mise en scène, reprend Lena, imperturbable.

-Oui moi aussi, dit Sirius, et toi Kate, tu as apprécié ?

Je décèle dans ses yeux et dans son sourire un grand amusement, il fait visiblement allusion à ses mains baladeuses ! Ignoble créature qu'il est.

-Bof, répondis-je avec une once de défi dans la voix, je m'ennuyais.

Et bam ! Son sourire disparaît ! Mouahahahaha, ce que j'adore l'embêter. Mais cette fois il l'a amplement mérité. Lena me réprimande presque pour avoir osé dire que Roméo et Juliette était ennuyeux. Bien sur, j'aurais fait la même chose à sa place. Ce n'est évidemment pas de la pièce que je parlais mais c'est inutile de le préciser.

Quoiqu'il en soit, Sirius ne semble pas vexé plus longtemps. Après tout il me connait assez bien pour savoir que je cherchais surtout à l'énerver. Et connaissant son ego, il est à nouveau persuadé que je suis incapable de lui résister.

-En fait, le théâtre c'est comme le cinéma, dit Lena, on est assis, dans le noir. Je suis sure que pleins de couples se forment ici.

Euh … a-t-elle vu quelque chose finalement ? Sirius pouffe de rire, moi je ne trouve pas ça amusant. Mais je ne pense pas que Lena face allusion à ce qu'il vient de se passer. Ce n'est pas son genre de passer par quatre chemins en plus. Non, je pense vraiment qu'elle a dit ça comme une réflexion pour elle-même. Elle doit déjà projeté d'emmener un pauvre garçon sans défenses dans les salles obscures. Elle ne s'arrêtera donc jamais ?

-T'aurais dû emmener Sanders ! Me dit-elle soudainement, comme si elle venait d'avoir une idée brillante.

-Euh … pourquoi faire ?

Alerte ! Alerte ! Terrain glissant ! La conversation m'échappe ! Quelqu'un ou quelque chose s'acharne sur moi en ce moment.

-A ton avis, patate ? S'exclame-t-elle en riant. Vous auriez peut être pu remettre le couvert, si tu vois c'que j'veux dire ?

CETTE FILLE EST UN DEMON ! Sans le vouloir elle me couvre de honte, je n'en peux plus de cette école de fou !

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demande Sirius avec un grand intérêt.

-Oh aller Black, je vais pas te faire un dessin, s'enquit Lena en s'esclaffant, surtout pas à toi !

Je ne sais plus où me mettre, mais vous vous en doutez déjà, n'est-ce pas ? Et oui, ma mère me l'avait pourtant bien dit : il ne faut pas mentir ! Tôt ou tard ça vous retombe dessus. En ce qui me concerne ça m'est arrivé vraiment très tôt ! Que dire pour rattraper le coup ? Quoiqu'il n'y a rien à rattraper. Sirius sait que je n'ai pas couché avec Andy mais avec lui ! Et puis ça ne lui apportera rien de tout révéler à Lena. Alors tout va bien ! Respiiiiire !

-C'est vrai ? Me demande-t-il en haussant un sourcil interrogateur.

-Bah bien sur ! Tu crois que j'inventerais ça ? Elle me l'a apprit tout à l'heure ! Répond-t-elle fièrement.

Je pensais pourtant que Lena était intelligente, non ? Enfin quelle meilleure amie digne de ce nom irait crier sur tous les toits avec qui vous avez passé la nuit ? Maintenant je sais que j'ai bien fait de ne pas lui dire la vérité, je sais même qu'à l'avenir je ne devrais rien lui confier. Elle ne sait pas tenir sa langue ! Oh merlin ! Et si cette histoire arrivait jusqu'aux oreilles d'Andy ? Je vais passer pour une mythomane !

Bref, je préfère les laisser parler. Sirius comprendra bien mon silence.

-Eh bin ! Fit-il. Y en a qui ne s'embête pas !

Il me lance un regard étrange. Ecœuré, déçu, énervé ? Je ne sais pas, je ne comprends pas ce qu'il lui prend. Et comment ça « on ne s'embête pas » ? Il n'a tout de même pas cru ce qu'elle disait ?

-Bon, moi je vais rejoindre Alicia !

Et le voila parti à la recherche de Duwill a qui il n'avait pourtant pas adressé la parole de la soirée. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?

Bon, il faut voir le bon côté des choses : maintenant il me fou la paix. J'espère qu'il ne reprendra pas son petit manège après l'entracte !

-Il est trop bizarre ce babouin, dit Lena en critiquant Sirius.

-Et toi t'es trop bavarde ! M'énervais-je. Qu'est-ce qui t'as pris de lui déballer ma vie sexuelle.

-Roh Kate, ne fais pas ta prude !

-Là n'est pas la question ! Nous sommes meilleures amies et par conséquent, ce que l'une confie à l'autre, doit rester secret, okay ?

-Oh ! C'était une sorte de confidence ?

-Bin oui andouille ! M'écriais-je en la frappant à la tête.

-Aieuh ! Mais je savais pas moi ! C'est la première fois que tu me confie quelque chose à ce sujet, pleurniche-t-elle. Et quand c'est moi qui le fait je me fou de savoir qui sera au courant alors forcément, niveau « relation avec sa meilleure amie » je suis un peu attardée.

Elle est mignonne quand elle veut. Attendrie par sa réplique je lui fais promettre de ne plus jamais faire ça et surtout de ne pas ébruiter cette histoire avec Sanders. Je ne sais pas si je dois à nouveau lui faire confiance mais l'avenir nous le dira. Je n'ai pas vraiment le temps de me pencher là-dessus, Sirius ainsi que tous les autres reprennent leur place, la deuxième partie va commencer.

Je me suis retrouvée totalement hébétée pendant toute la durée de la deuxième partie de la pièce. Tout simplement parce qu'en revenant, Sirius ne m'a pas adressé la parole, ni le moindre regard et jusqu'à la fin, il est resté le plus loin possible de moi. Je ne dis pas que j'aurais préféré qu'il refasse la même chose que pendant la première partie ! Non ! Simplement, le contraste entre ses deux comportements me perturbe. Est-ce à cause de ce qu'à dit Lena ? Ce serait étrange quand même !

Maintenant, et ce depuis que l'on est partis du théâtre, il ne quitte plus d'une semelle cette idiote de Duwill. Le portoloin nous à déposé à Pré au lard, de là nous devions marcher à pied jusqu'au château. Et tout le long du trajet il était derrière moi, avec Duwill, la tenant par la taille, en train de lui chuchoter Merlin sais quoi dans l'oreille pendant que l'écervelée gloussait. Plus répugnant je meurs !

En fait, le plus répugnant c'est l'idée qui m'a traversé l'esprit avant de m'endormir : serais-je jalouse de cette idiote ? Non, bien sur que non ! Ca sous entendrait que Sirius me plait ! Je veux dire, plus que physiquement parlant, ce qui est absurde. Oui, vraiment absurde !