Bonne lecture!
Trois ans étaient passés depuis la fête de baptême de Scorpius, trois ans où les deux amants n'avaient cessé de se courtiser et de s'aimer passionnément. Draco s'était rendu à l'évidence, sa vie serait à jamais un enfer, alors autant s'attirer les bonne grâces du Diable qui le torturait. De toute façon, il était lui-même devenu un pervers inconditionnel et adepte de la chair en toute occasion. Harry semblait de son côté si possessif qu'il suffisait à Draco de se tenir éloigné un moment, ou de lui raconter ses nuits avec son épouse pour aussitôt attirer son attention. Et que ce soit la balade amoureuse dans les rues sorcières, qui de loin paraissait amicale, ou les sorties sulfureuses dans le monde moldu, où ils se déguisaient et pouvaient afficher publiquement leur relation au nez des ignorants moldus, ils prenaient un doux et malin plaisir à entretenir leurs sentiments et leur désir. Et même si Ginny ou n'importe qui d'autre avait parfois tenté de les arrêter, ou que leur travail les retenait, une solution leur était toujours possible, se revoir au soir dans le Square Grimaurd. Ils étaient ainsi parvenus à concilier parfaitement leur vie de famille respective et leur relation adultère.
Scorpius, enfant de cet amour, devenait chaque jour plus grand, plus adorable mais aussi plus discret. Ses yeux gris avaient bien un reflet vert et il avait un faible problème de vue. Selon les médicomages, il aurait besoin de lunettes en lisant. Mais les gens croyaient que ces détails avaient été transmis par le père d'Astoria. Plus évidents, ses cheveux blond platine et son visage étaient bien ceux de Draco.
Quoique très gâté par son entourage, et s'exprimant très bien, le petit garçon limitait ses discussions à son père, son parrain, Astoria, Jester et Mr Potter, dont il appréciait les visites au manoir. Draco avait craint un moment que les effets de la potion lui aient été transmis, mais il semblait davantage que son attachement provenait des nombreuses surprises et sucreries qu'Harry lui ramenait en cachette à chaque visite. Seuls ce dernier et Draco voyaient quand l'enfant avait des soucis ou voulait quelque chose. Quand son père rentrait un peu tard et qu'il était un encore éveillé, le bambin aimait se calmer d'un problème ou d'un cauchemar en emmêlant ses petits doigts dans la longue chevelure de Draco. Celui-ci, qui adorait son fils, lui offrait à la maison pratiquement tout son temps. Et lorsqu'ils sortaient tous les deux, il lui vouait une attention constante.
Lors d'une de ces sorties, Draco emmena son fils au Chemin de traverse pour lui refaire des vêtements plus à sa taille chez Ms Guipure. Draco voulait en profiter pour trouver à son fils un petit animal qui lui tiendrait compagnie, maintenant qu'il était assez grand pour pouvoir en profiter. Un boursouf ou un croup seraient sans doute très bien pour son âge.
Quand ils arrivèrent devant la boutique de la couturière, une petite silhouette percuta rudement Draco au ventre. Il encaissa mal le coup et recula, évitant de marcher sur le petit bonhomme qui venait de tomber à la renverse. Celui-ci se frottait la tête et leva le regard vers celui qu'il avait poussé, la larme à l'œil. Draco reconnut tout de suite la tignasse brune et les yeux verts typiques des Potter. Vu son âge, ce devait être l'aîné, James. Draco l'aida à se relever, non sans remontrances:
- Dis-donc, petit, regarde où tu vas ! C'est dangereux de courir comme ça dans la rue.
- Pardon… Mr Malefoy.
Le petit bonhomme frottait ses mains qu'il s'était écorchées en retenant sa chute. Scorpius qui le vit, sembla avoir mal pour lui. Draco poussa un soupir et sortit sa baguette, faisant tendre les mains de James. Il appliqua le sortilège Vulnera Sanentur sur les plaies qui disparurent, sous le regard admirateur des deux enfants. Il releva James.
- Où sont tes parents? Demanda-t-il.
- Je ne sais pas. Je les cherchais mais je ne sais pas où ils sont.
- Ils ne doivent pas être loin, je les entends se chamailler d'ici.
En réalité, Draco avait acquis un sixième sens qui lui permettait non seulement de facilement situer Harry, mais aussi de savoir vaguement son état d'esprit. Les voix de Ginny et Harry se rapprochèrent vite, visiblement en train de se disputer.
- Je te dis qu'il était devant moi un instant et le temps que je me retourne, il avait disparu!
- Harry! Les enfants, ça ne disparaît pas! Il faut vite le retrouver, avant que… James!
Ginny venait d'apparaître au coin de la rue et en apercevant son fils, se précipita vers lui. Harry la suivit, tenant la main d'Albus, mais fut nettement plus surpris de voir Draco et Scorpius.
- Où étais-tu passé? Questionna Ms Potter. J'étais morte d'inquiétude! Et c'est quoi ce sang sur ta manche ?
James la rassura par un sourire et lui montra ses paumes intactes.
- J'ai couru et je me suis cogné contre Mr Malefoy et je suis tombé. Je me suis fait mal aux mains mais Mr Malefoy, il m'a soigné!
Face au témoignage du garçon, Ginny se tourna vers Draco qu'elle sembla voir seulement maintenant. Draco ignorait si Harry s'était enfin décidé à lui lancer le sort de changement de mémoire. Aussi resta-t-il impassible face au regard scrutateur de la femme Potter, gardant tout de même Scorpius caché derrière lui. Comme elle ne l'aimait déjà pas, il ne s'attendait pas à un remerciement, mais rien ne lui disait qu'elle ne lui en voudrait pas pour avoir laissé tomber son enfant par terre. Par expérience, il savait que certaines femmes aimaient à accuser les autres de tous les torts, même ceux pour lesquels ils n'y pouvaient rien. Harry sourit à son fils en lui ébouriffant les cheveux.
- J'espère que tu lui as dit merci au moins.
- Merci Mr Malefoy, se corrigea alors James.
- Ce n'est rien, affirma Draco. Excusez-moi, je dois y aller. Bonne journée.
- Tu vas aussi chez Ms Guipure? L'arrêta l'Auror. J'y vais avec Albus.
Son air innocent ne le fut pas ni pour Draco, ni pour Ginny. Essayait-il d'énerver sa femme? De lui faire faire une scène de ménage au beau milieu de la rue? Ne se souvenait-il pas que Ginny avait tenté de le tuer quand il portait Scorpius? Ou tentait-il de voir jusqu'où sa femme pourrait pousser son abnégation ? Draco sentit le sang quitter son visage tandis que Ginny ripostait :
- Tu ne veux pas qu'on aille d'abord chercher le balai de James ensemble et qu'on revienne après pour Albus?
- Voyons, ce serait perdre du temps! Et tu t'y connais mieux que moi en balai. Tu le conseilleras beaucoup plus facilement si Albus et moi ne trainons pas dans vos pattes. Et puis j'ai une sainte horreur des courses, alors si on peut les faire plus vite, on aura le temps de tester le nouveau balai à la maison.
Les yeux des deux petits garçons Potter s'illuminèrent à cette idée, jetant des regards suppliants à leur mère. Draco trouva cela à la fois extrêmement intelligent et profondément abject de se servir ainsi d'innocents enfants pour avoir le dernier mot.
- D'accord, céda Ginny, on tâchera d'être rapides.
- Bien! Sourit Harry. À tout à l'heure.
- Ginny voulut dire quelque chose mais se rebiffa et partit sans un mot, accompagné de James.
- Tu es malsain, commenta Draco.
- Pour avoir ce que je veux? Je peux encore être pire, rassure-toi.
Draco soupira avant d'entrer dans la boutique.
- Bonjour! Accueillit Ms Guipure. Oh! Mais quel honneur vous me faites, messieurs! J'arrête tout ce que je fais et je m'occupe de vous! Alors? En quoi puis-je vous aider aujourd'hui?
- Bonjour, salua Draco. Nous venons pour refaire la garde-robe de Scorpius.
- Oh, Scorpius! S'attendrit la vieille dame en le voyant se cacher derrière son père. Comme il grandit! Il vous ressemble beaucoup ! Et dois-je déduire qu'il faudra la même chose pour le jeune Albus, que je vois là?
- Exactement, Ms Guipure, sourit Harry.
- Que c'est amusant, remarqua la couturière. Cela fait déjà quatre fois que vous venez pour vos enfants, toujours dans la même journée, mais c'est là première fois que vous venez à la même heure! Ça me rappelle la première fois que je vous ai vus ensemble, pour vos tenues de Poudlard!
- Pour tout vous avouer, entama Harry, c'était la première fois que nous nous sommes rencontré.
- Vraiment?! Et regardez-vous maintenant ! Deux amis qui amènent leurs enfants ! Chers petits, dit-elle aux garçons qu'elle mesurait, j'espère que vous vous entendrez aussi bien que vos papas.
Tandis qu'Albus souriait timidement, Scorpius se tournait vers son père et Harry, les scrutant du regard. Dans ces moments-là, il semblait à Draco que son fils savait quelle relation les deux hommes entretenaient. Scorpius se retourna vers Albus, garçon qu'il n'avait pourtant jamais rencontré auparavant.
- Si nos papas s'entendent bien, soyons amis! Proposa-t-il en tendant la main. Je suis Scorpius Malefoy.
Les trois adultes restèrent un moment abasourdis, Ms Guipure car elle n'avait jamais entendu le jeune Malefoy parler, Harry et Draco parce que le garçon n'avait jusqu'alors jamais pris l'initiative d'entamer la conversation avec d'autres qu'eux deux. Albus, lui, se contenta de lui offrit un large sourire en serrant la main de son nouvel ami.
- Albus Potter, se présenta-t-il
Et les deux enfants commencèrent à discuter de tout et de rien, pour faire connaissance. Leurs parents s'entreregardèrent et retinrent leurs rires.
- On aurait pu commencer par là, fit remarquer Harry.
- On n'avait pas trois ans. Et même ainsi, tu ne m'aurais pas serré la main devant la Grande Salle de Poudlard.
- C'est vrai. Notre rivalité était donc inévitable?
- Tout à fait, assura Draco. On ne s'est pas supporté plus de deux minutes!
- Heureusement que ça a changé.
Comme ils étaient tous les deux sur deux fauteuils larges posés contre un mur, Harry put discrètement prendre la main de Draco derrière leurs dossiers, à l'abri des regards. Celui-ci serra un peu la sienne.
- Oui.
Malgré leur discussion, les deux enfants étaient très dociles aux ordres de Ms Guipure qui put finir rapidement le travail. Aussi, les quatre clients quittèrent la boutique sans avoir vu la femme d'Harry revenir.
- Tu n'es jamais venu à la boutique de mon oncle? S'étonna Albus. Et si nous y allions?
À cette proposition, Scorpius se tourna vers son père pour lui demander du regard son autorisation. Draco n'était pas très emballé à l'idée d'emmener son fils dans une boutique de farces et attrapes, fut-ce à la demande de Scorpius. Harry insista en disant qu'ils avaient un peu de temps devant eux, puisque Ginny n'avait pas encore fini sa course. Trois paires d'yeux avaient décidément de grands pouvoirs. Comme Ginny, Draco céda, et suivit son fils, lui-même guidé par son ami.
La petite boutique des débuts de Weasley & Weasley n'avait pas beaucoup changé. Mais derrière elle s'étendait désormais tout un centre commercial dédié aux jeux, farces et rires sorciers. On comptait des échiquiers et autres jeux de société sorciers de tout âge, des accessoires de déguisements loufoques, des pétards de toutes sortes. Un magasin de bonbons proposait des friandises aux effets divers allant du littéralement poilant à celui qui vous change en petit bonhomme bleu à chapeau blanc. Un disquaire proposait une grande variété de musiques et animait la nouvelle station de radio. Un parc d'attractions était en construction, tandis qu'on vendait dans toutes les boutiques de quoi se divertir pour le siècle à venir.
- Grand honneur, ce fut le directeur en personne, occupé à faire la démonstration de son nouveau parapluie disco, qui les accueillit. Quand il aperçut le groupe entrer, il ferma le parapluie, faisant disparaître les lunettes fluo, le pantalon pattes d'éléphant et la lumière boule à facette qui le couvraient. Il put s'approcher d'eux, costume clair moldu et chemise aux manches retroussées, entrouverte et sans cravate, la tignasse rousse semblant flotter sur ses oreilles. Il dépassait les deux hommes d'une demi-tête.
- Quelle joie de te voir, Harry! Tiens, Ginny s'est teinte en blonde? S'amusa-t-il. Mais non, Malefoy, t'inquiète, je t'ai reconnu, concurrent!
- Nous ne travaillons pas dans le même secteur, fit Draco en serrant précautionneusement la main du rouquin, de peur qu'il n'y cache un gadget. On ne peut pas dire qu'on soit concurrent.
- Tant que tu feras un chiffre d'affaires plus gros que le mien, et tant que ma femme utilisera plus tes produits que les miens, je te verrai comme tel.
- Je n'ai pas le choix, alors.
- Oh, mais ne t'en fais pas, l'assura George, je te respecte énormément ! Tu as de l'ambition à la hauteur de tes rêves de grandeur!
"Ça sent la pique bien placée, se dit Draco, ne lui en laissons pas le temps"
- Toi aussi, il ne te manque plus qu'une femme farceuse et extrêmement dépensière, et tu pourras envisager un bond dans tes actions boursières.
- Ah! Rit George. Tu me coiffe au poteau. Ha, Ha! C'est vrai que tu as changé depuis Poudlard! Serait-ce à cause de ce petit bout?
Quand George s'accroupit vers Scorpius, celui-ci recula, s'agrippant au manteau de son père. Comme pour le rassurer, George tendit une main en l'air l'autre vers le petit.
- Tu es le jeune Scorpius, n'est-ce pas? Je suis George Weasley.
Scorpius ne lui tendit pas la sienne, scrutant l'étranger avec les sourcils froncés.
- Pas commode, comme client, fit George en se grattant la tête.
- Tonton, le reprit Albus, Scorpius est mon ami, alors sois gentil!
- Ton ami? Première nouvelle. Bon, tu tombes bien, jeune ami de mon neveu, car je vais te faire un cadeau. Un cadeau tout particulier car, non seulement il n'est pas encore en vente dans mes magasins, tu en as donc toute l'exclusivité, mais en plus, c'est un produit qui m'a été inspiré par ton père! - Il acquiesça devant les deux petits étonnés, sans prêter attention aux pères sceptiques - Et oui! Approche.
La curiosité fut suffisamment forte pour que Scorpius lâche son père et avance d'un pas. George fouilla dans la sacoche qu'il avait à la taille et en sortit une boule de la taille de ses poings et percée de trois trous, comme une boule de bowling. Sa couleur changea d'un blanc crème à un gris sombre. George mis ses pouces dans deux des trous et la boule s'ouvrit, laissant échapper sa couleur qui changea encore à un bleu électrique. Elle glissa vivement dans l'air jusqu'au gilet de Scorpius, puis remonta vers son col et s'y enroula, faisant plusieurs fois le tour de son cou. Elle s'arrêta enfin en relevant une de ses extrémités, sa tête.
Draco plaqua une de ses mains sur ses yeux tandis que son fils et son ami admiraient la fourrure à couleur changeante du furet qui s'accrochait au col de son gilet. George et Harry étaient morts de rire. Toute cette agitation rameuta les badauds qui s'extasièrent devant l'animal.
Plus long que le furet commun, la créature avait de toutes petites dents et des yeux disproportionnés et dont les iris prenaient la même couleur que la fourrure. Ses pattes, indiscernables quand il les collait à son corps, étaient minuscules mais s'accrochaient bien aux vêtements. Son museau toucha le nez rose de Scorpius, colorant l'animal en blanc.
- C'est un prototype, expliqua George, le seul qui ait gardé la forme d'un furet. Bon, le côté mignon, c'est moi qui l'ai rajouté. On ne sait pas encore ce qui lui fait changer sa couleur. En fait, on ne sait pas beaucoup de choses dessus, sauf qu'il est inoffensif et mange de tout. On a abandonné le projet il y a trois semaines, pour l'instant. Donc il fallait que je trouve à qui donner ce petit gars. Si je te l'avais offert, Malefoy, tu t'en serais sûrement débarrassé.
- Tu m'étonnes, marmonna Draco sous sa main.
- Pourquoi a-t-il été inspiré par mon père? Demanda Scorpius.
- Tu l'ignores? Rit George. Et bien…
- C'est une longue histoire, conclut Harry en faisant taire George. C'est un bel animal en tout cas.
L'enfant regarda le furet qui baillait avant de se tourner vers son père.
- Papa, est-ce que je peux accepter le cadeau de Mr Weasley?
Draco soupira.
- Tu veux le garder?
- Eh bien, réfléchit Scorpius en caressant la tête de l'animal qui redevint couleur crème, je l'aime bien.
Draco envoya un regard assassin au farceur en chef avant d'acquiescer.
- Il faudra que tu t'en occupes correctement.
- Oui, Papa. Merci.
Il se tourna vers George qui s'était relevé et prit la boule qui renfermait le furet. Il le rangea et tendit sa petite main vers le grand homme, qui la serra.
- Je vous remercie de votre présent, Mr Weasley. Je tâcherai d'en prendre soin.
- Vraiment?! Fit George en serrant la menotte. Bien! Amuse-toi bien.
Tandis que les petits se dirigeaient vers un stand, George retint Harry.
- Dis donc, lui murmura-t-il. Malefoy a quand même beaucoup changé.
- Pourquoi tu dis ça?
- Et bien, en faisant ça, je n'avais pas pensé une seule seconde que Malefoy laisserait son fils accepter ce furet. J'imaginais qu'il aurait caché ou jeté l'animal au loin et serait parti en promettant une plainte.
- Il ne refuse rien à Scorpius, répondit Harry. Et contrairement à toi, il a pris en maturité.
- J'ai vu. Mais je vais devoir expliquer ça à mon équipe. - Il remarqua le regard interrogateur d'Harry - C'était le seul spécimen que nous avions. On ne pourra donc plus travailler sur ce projet.
- Et les furets Weasley ne seront jamais commercialisés? Dans un sens, ce n'est pas plus mal.
- Pas les furets Weasley, Harry, les Furets Malfay…
- Tu cherches vraiment le procès, George, soupira Harry tandis que l'autre pouffait.
- C'est Fred qui me l'a soufflé, celle-là ! Tiens, salut, sœurette!
- Enfin, fit Ginny qui arrivait toute essoufflée. On a trouvé le balai pour James et Ms Guipure nous a dis que vous étiez venus ici. Tout s'est passé comme il faut?
- Oui, une fois les vêtements faits, elle nous les enverra par hiboux. Albus et Scorpius sont devenus amis.
- Où est Albus?
- Il est…
Se tournant vers le stand de tir, Harry s'arrêta en pleine phrase. Draco, baguette tendue, envoyait des sortilèges pour atteindre des cibles, à la manière du tir à la carabine moldue. La différence était que les cibles s'envolaient et fuyaient les sorts qu'on leur lançait alors que d'autres qu'on ne devait pas toucher les poursuivaient, aussi fallait-il guider son sort pour atteindre la cible voulue. Et il s'avérait que Draco était étonnamment doué ou chanceux : son sortilège avait déjà pulvérisé six des dix cibles à atteindre sans avoir détruit aucune cible interdite. Concentré malgré les applaudissements des enfants, le Noble faisait virevolter sa baguette en tout sens, penchant sa tête de chaque côté pour mieux suivre les mouvements des cibles. La neuvième cible explosa tandis qu'une cible interdite frôla le sortilège. Mais Draco fut plus rapide et dégageant le flux de magie, il l'envoya d'un geste vif sur la dernière cible, la faisant alors exploser. Tous les gens qui s'étaient attroupé pour voir sa performance applaudirent tandis que l'homme qui tendait le stand décrochait le gros lot pour le donner au gagnant.
Les passants avaient beaucoup apprécié la performance de Draco, mais Harry appréciait davantage sa silhouette élancée et ses gestes agiles. Il avait beau avoir serré ce corps i peine deux jours, une furieuse envie de le rejoindre et de l'embrasser le prit. Les applaudissements le sortirent de sa rêverie.
- … là, finit-il enfin.
- Merlin, siffla George. En voilà un qui a une chance de cocu.
- George, émirent les époux Potter en même temps.
- C'est Fred qui me souffle! Et en quoi ça vous dérange que…?
- Bon, il est temps de rentrer, ordonna Ginny lorsqu'Albus revint vers eux, laissant les Malefoy repartir chez eux après un rapide geste de la main.
- Quoi? Tu viens d'arriver et tu t'en vas déjà ? fit George, dépité.
- On a promis aux garçons d'essayer le balai de James, expliqua Harry.
- Tu n'as qu'à venir ce soir, George! Proposa sa sœur. On pourrait se fait une partie de Quidditch!
- Pourquoi pas? Émit George. Tiens regarde ! Ron se joint à nous! Hé, mais dis-moi, t'es pas en train de bosser à cette heure-ci? Accueillit-il l'Auror hors d'haleine.
- Si, justement, salua Ron. Harry, il faut que tu viennes. C'est urgent!
Le bureau des Aurors était en effervescence. En début de soirée, annonçant une nuit de pleine lune, la prison d'Azkaban avait signalé l'évasion d'un de ses prisonniers les plus dangereux : Fenrir Greyback.
Alors qu'il aurait dû être rapidement repéré et arrêté, les équipes en place ont été totalement occupées par le réveil d'autres loups-garous qui avaient fait diversion. Le détenu avait non seulement retrouvé la liberté, mais il avait réussi à voler une baguette magique et plusieurs de ses partisans le suivait désormais dans la nature.
Harry, en chef des Aurors, chargea chaque équipe disponible de mater les groupes qui avaient été repérés par les factions en service. D'après leurs renseignements, une trentaine de loups-garous se dirigeaient vers plusieurs zones résidentielles, sorcières et moldues. Harry fit aussi déployer les tireurs d'élites pour les garder aussi éloignés que possible de toute vie humaine et les obliger à se retrancher dans les bois, où ils pourront être cueillis dès l'aurore. Mais Fenrir Greyback était une autre paire de manche. Bien que très puissant en loup-garou, il fallait lui ajouter la capacité à rester conscient et à utiliser la magie durant la pleine lune. Harry alla lui-même au devant de ce danger avec Ron et deux jeunes recrues.
Le trouver ne fut pas compliqué. Dans son sillage, Greyback laissait une trainée de sang de bêtes, qu'il avait tuées faute d'avoir un humain à se mettre sous la dent, et une odeur de chien mouillé. Harry, seul, s'approcha de la clairière où l'animal prenait un repas des plus écœurants, mâchant et léchant sa proie avec force et bruit. Alors qu'il allait lui lancer un sort, Harry se retrouva plaqué contre un arbre. Greyback, changé en loup-garou, lui faisait face, la gueule couverte de sang et les babines retroussées sur ses crocs poisseux.
- Harry Potter, articula-t-il.
- Fenrir Greyback, répondit Harry, en tout cas son haleine.
Et il lui asséna un violent coup de pied dans l'estomac, le faisant reculer de quelques pas. Il pointa sa baguette vers le monstre qui toussait. Mais celui-ci se mit à rire.
- Tu ne t'es pas ramolli avec la paix? C'est étonnant! Plusieurs de tes hommes sont devenus bedonnant comme des cochons à ne régler que des disputes de voisinage et des petits vols! Mais tu es resté prêt à combattre! C'est bien.
- Tant que je ne vous aurai pas tous enterrés, vous les Mangemorts, je n'aurais sans doute pas le repos.
- Tous? Releva le loup.
- Oui, bon presque tous. Fenrir, ne joue pas sur les mots! Plaisanta Harry
Il para un sortilège du loup-garou qui avait sorti la baguette volée. Quoique la position debout lui soit pénible, Greyback releva les épaules pour pouvoir entamer un duel sorcier.
- Depuis le temps que je suis enfermé, je dois être un peu rouillé, mais je peux encore te battre, petit sorcier.
- J'allais te dire la même chose, vieille carne.
Ordonnant à ses collègues de rester en retrait pour le soutenir à la moindre ouverture, il entama avec son adversaire un combat sans merci. Ils s'envoyèrent plusieurs sorts, esquivant ou parant ceux de l'adversaire, sans qu'aucun d'eux ne prenne l'avantage. Ils montaient graduellement en vitesse et en puissance, utilisant des sorts toujours plus précis ou puissant et les évitant ou se protégeant de plus en plus difficilement.
- Enfin! Cria Greyback. Le danger, la lutte, le sang qui te monte à la tête! Je me sens vivant! Tu le ressens aussi, Potter? Ce sentiment de puissance!?
L'intensité toujours plus forte du combat faisait monter l'adrénaline. Harry devait l'admettre, cette sensation lui avait manqué. Mais il ne devait pas suivre la folie meurtrière de son adversaire. Il restait maître de ses émotions et cherchait à en finir au plus vite. Sa mesure irritait le loup-garou.
- Ce n'est pas assez! Grogna l'animal. Donne-m'en plus!
- Contente-toi de ça et attend le matin bien sagement!
- Grrah! Dois-je aller tuer ta femelle, Potter?
- À cette distance et face à moi, tu n'es pas prêt de toucher à Ginny, Fenrir! Et quand bien même tu y parvenais, elle te roussira le poil, tu sais. Elle te mettra sans doute un tutu et te fera rouler sur un ballon.
- Ha, ha, ha ! rit méchamment le loup. Mais je ne parle pas de ta femme, Potter! De ta femelle! Celle que tu suivais à Azkaban comme un gentil toutou! Celle qui se cachait sous ses vêtements d'homme, mais qui puait ton odeur! Elle est là, n'est-ce pas!?
Harry pâlit. En effet, à environ un mile au nord se trouvaient le manoir Malefoy. Alors qu'il tournait la tête pour donner l'ordre à ses hommes de partir en avant poste, un sort le frappa en pleine poitrine, le projetant au sol.
- Voyons si de ta femelle se battant pour sa vie ou de toi te battant pour venger sa mort, quel combat sera le plus palpitant! Rugit Greyback avant de pousser un hurlement et de courir vers le nord.
Harry, encore sonné, perçut les pas des Aurors venir à lui. Tandis que les jeunes appelaient son nom, il entendit la voix de Ron, en colère.
- Ne vous en faites pas, disait-il. Il ne mourra pas pour si peu. Je lui donne une heure pour cavaler comme un lapin. La mort ne peut pas le voir en peinture. Je poursuis le chien enragé, alors réveillez-moi ce fou furieux!
Et ses pas s'éloignèrent en courant.
Draco était rentré directement. Avec l'annonce de la fuite de l'ancien Mangemort Greyback, il avait suivi les directives du Ministère et s'était calfeutré chez lui, portes closes. Il savait qu'au matin, tout finirait par s'arranger, et qu'Harry dirigeait les opérations pour que la population soit en sécurité. Mais une intuition lui disait de ne pas aller se coucher. Son inquiétude sembla atteindre Scorpius car l'enfant ne réussissait pas à fermer l'œil. Astoria et Draco décidèrent donc de passer la soirée tous les trois à jouer, découvrant aussi le furet qu'ils avaient baptisé Circa.
Mais Draco ne pouvait se concentrer. Il sentait la présence de son amant proche, ce qui signifiait que les loups-garous, et sans doute Greyback, étaient au même endroit. Il se souvenait parfaitement de toutes les visites à Azkaban qui avaient suivi sa transformation en femme où en passant devant la cellule du Mangemort, il l'avait entendu rire sinistrement. Soit son odorat avait perçu son changement de sexe, soit ses yeux avaient remarqué un détail sur le Noble qui le lui avait fait comprendre. Mais comme tous les prisonniers d'Azkaban, il était devenu fou après plusieurs années d'enfermement, aussi, Draco ne craignait pas vraiment qu'il dévoile son secret. Il avait bien plus peur qu'il vienne se venger de la mort du Seigneur des Ténèbres en tuant tous les Mangemorts libres.
Il sentait sa main trembler, légèrement mais de manière incontrôlable. Prétextant un besoin de se rafraîchir, il s'éclipsa un instant à la salle de bain. Là, les tremblements devinrent plus forts. Draco le savait, il était terrorisé à l'idée de mourir. Il le savait parfaitement, mais essayait de le cacher autant qu'il pouvait. Pourtant, un ennemi si proche, prêt à attaquer et plus fort que lui le mortifiait. Il aurait déjà fui s'il connaissait un endroit plus sûr où emmener sa femme et son fils. Coincé ainsi chez lui, il devait donc lutter contre sa peur. Il se passa de l'eau glacée sur le visage et, parvenant à réduire à néant son tremblement, il sortit de la salle de bain.
À la porte, il trouva Circa qui l'attendait, semblant se tenir tel un serpent orange dressé tant on peinait à discerner ses pattes arrières. Draco s'en étonna, et se baissa un peu vers le furet, qui pencha la tête de côté.
- Ce n'est pas moi, ton maître, Circa, dit Draco. C'est Scorpius. Tu ne dois pas me suivre moi, mais lui.
L'animal pencha la tête de l'autre côté un instant avant de la remettre droite et d'acquiescer du museau, comme s'il comprenait les propos de l'homme. Il se remit sur quatre pattes et après un tour sur lui-même, il repartit vers le salon. Un peu surpris de ce comportement, Draco soupira et partit de l'autre côté pour appeler Jester et faire servir une collation. Il n'en eut pas le temps.
Du salon retentit soudain un bruit de verre brisé, de bois craqué et de tissus déchiré. Astoria poussa un cri. Draco accourut aussitôt vers la pièce. De la porte, il vit une grande silhouette sombre au milieu des éclats de verre et des meubles renversés. Il discerna l'homme-loup se redressant vers le coin où s'étaient réfugiés Astoria et Scorpius, devenant immense et grognant comme une bête affamée. Du sang séché recouvrait sa large mâchoire et une partie de sa poitrine. Le poil hirsute qui recouvrait son dos se hérissait au rythme de ses grognements. Il était prêt à bondir sur ses proies.
Draco sortit instantanément sa baguette et jeta un Stupéfix sur la bête, qui l'esquiva de peu et se retourna vers lui. Il avait tremblé. Greyback le fixa avec un rictus hideux :
- Voilà la femelle que je cherchais, gronda-t-il. Draco Malefoy.
Draco ne répondit pas mais envoya un second sortilège qui allait atteindre le monstre. Celui-ci sortit une baguette et se protégea.
- Astoria, cria Draco, plus fort qu'il ne l'aurait voulu, Sors!
Il lança trois autres attaques au loup-garou qui ne put pas empêcher la femme et l'enfant de fuir la pièce sans risquer d'en encaisser un. Draco vit son épouse et son fils passer à côté de lui pour sortir. Scorpius dans les bras d'Astoria lança à son père un regard terrifié et plein de larmes, serrant ses lèvres d'enfant pour ne pas faire de bruit. Draco se sentit à son tour apeuré, non de mourir, mais de voir son fils mourir. Il se résolut à affronter Greyback pour que cela ne puisse pas arriver!
Fixant son adversaire, il se mit sur ses gardes. Greyback attaqua mais Draco para et lui renvoya son sort, qui le toucha au mollet. Il ne pouvait pas se permettre d'esquiver, de peur qu'un sort trop puissant ne traverse le mur et blesse sa famille. Il regretta un court instant de n'avoir pas fait partie de l'AD mais continua son combat, sans prêter attention aux commentaires de son opposant.
- Voilà un adversaire comme je les aime! Criait-il. Oui! Bats-toi ! Donne-moi ta plus belle performance! Attaque-moi avec tout ce que tu as, petit Malefoy ! Joli tir! Alors? Vas-tu me battre?
Draco attaquait sans relâche, ne laissant à Greyback que des petites blessures, mais qui s'accumulaient toujours plus et commençaient à l'affaiblir. Le loup s'essoufflait et montrait des signes de douleur. Cependant, Draco fatiguait aussi, il se protégeait avec difficulté et ne pouvant s'écarter de la porte, il s'ajoutait un handicap supplémentaire. Derrière le mur, il entendit Jester prendre les manteaux et Astoria redescendre de l'étage où elle avait préparé leur fils à sortir. Ils allaient bientôt pouvoir s'enfuir. Et avec eux le courage qui animait Draco. Il se remit à trembler légèrement à cette idée.
- Non! Rugit Greyback. Tu te relâches! Maudite femme! Elle te déconcentre!
Il hurla et envoya un sort puissant que Draco para difficilement. Il fut obligé de reculer de quelques pas et glissa sur un débris. Quoiqu'il puisse se rattraper contre le mur, se blessant l'épaule, il avait laissé à son adversaire une seconde de répit, c'est-à-dire assez de temps pour passer la porte, se retrouver dans le couloir et bondir sur Astoria. La pauvre femme ne put que repousser Scorpius vers le pas de la porte avant d'être happée par les griffes du fauve. Elle ne cria pas, sa gorge broyée en un éclair par les crocs du prédateur. Donnant un coup de patte vers le petit garçon qu'il avait manqué, Greyback reçu une décharge électrique. Circa, d'un jaune pâle, protégeait son jeune maître en envoyant des éclairs contre son agresseur. Celui-ci fut aussitôt projeté contre le mur extérieur par un sortilège de feu qui lui brûla le dos et une partie des bras. Draco avait rejoint l'entrée et vit sa femme s'affaler sans vie au sol, sous ses yeux et ceux de son fils. La bête, sonnée, grognait, à deux mètres du petit garçon tétanisé, mais toujours en pleurs.
Sans réfléchir, Draco courut vers l'entrée, attrapa son fils dans ses bras et sortit de la maison. Le furet s'enroula autour du cou du garçon, prenant une teinte rouge sang. Arrivé à la grille du manoir, le Noble vit Greyback sortir à son tour. Avec Scorpius, il ne pouvait plus l'affronter et crut un instant qu'ils allaient tous les deux mourir là, égorgés à leur tour par cette créature sanguinaire.
Tandis que la bête approchait, Draco le suivait du regard, cramponnant son fils autant qu'il se cramponnait à lui, espérant une seconde pouvoir esquiver l'attaque et fuir.
Il fut violemment tiré en arrière tandis qu'un sortilège frappa Greyback, qui se protégea in extremis. Craignant un nouvel ennemi, il fut estomaqué de reconnaître la tignasse rousse de Ronald Weasley s'interposer entre lui et le loup-garou. Celui-ci ne lui envoya pas un regard mais envoyant son bras libre derrière, il fit un grand geste et hurla :
- Mais déguerpis, avec ton poucet, Malefoy! Merlin! Harry, tu me dois un an de Biéraubeurre pour ça! Quand je pense à ce que je suis en train de faire, ça me file des boutons !
Greyback s'élança vers lui, mais Weasley, braillant son incantation, le projeta cinq mètres en arrière.
- Oh, toi ça va, le cocker! Couché ! Tu as déjà fait assez de dégâts ! Encore un Serpentard, évidemment! Je jure sur ma tête que si l'un de mes gosses va dans cette foutue maison, je le déshérite! Couché, j'ai dit!
Encore abasourdi, Draco se releva et s'enfuit, Scorpius dans les bras. Parmi les grognements du loup-garou, Weasley lançait sorts et jurons dans une cacophonie insupportable. Courant à perdre haleine, le Noble se dirigea vers Grimmaurd, incapable dans son état d'y transplaner correctement. Pourtant sa priorité était de mettre Scorpius à l'abri.
Déjà épuisé, il trébucha plusieurs fois et reprit une allure normale. Son fils contre lui n'arrêtait pas de pleurer et il l'entendait geindre bien qu'il soit en train de mordre sa lèvre. Il avait les joues froides et les mains tremblantes, tant de peur que de froid. Lui-même se rendait compte qu'Astoria était morte, qu'il n'avait pas put l'en empêcher, et qu'ils avaient même failli y passer aussi, lui et son fils. Draco frotta le dos de Scorpius et regarda autour de lui. Rien que des champs, des bois et la route. Pas le moindre humain, même moldu à l'horizon. Il ne pouvait pas non plus percevoir Harry distinctement, sachant juste qu'il se trouvait dans la même direction que tout à l'heure et qu'il était inquiet. Il reprit la route, marchant rapidement pour sortir du tronçon boisé et voir si une maison ne serait pas visible à sa sortie. En marchant, il tenta de rassurer son fils.
- Scorpius, arrête de te mordre la lèvre, mon grand. Je comprends que tu veuille pleurer. Pleure si tu en as envie. Tu as eu très peur, hein? Moi aussi. Mais tout va bien. On va trouver un endroit en sécurité. Calme-toi, je suis là. On va y arriver. Tu verras. On va avancer. Tu n'as pas trop froid? Qu'est-ce que je raconte? Tu es gelé. Ne t'en fais pas. Je vais nous trouver un endroit où on sera au chaud, et en sécurité. Scorpius, je suis là. Tout va bien.
Mais l'enfant ne l'écoutait pas. Il ne fit qu'obéir à sa première phrase et laissa échapper ses pleurs, enfonçant sa petite tête dans l'épaule meurtrie de son père, qui ne s'en formalisa pas. Il caressa les cheveux blonds en continuant sa marche. Circa, chassé par l'enfant de son cou, se réfugia sur sa taille, devenant noir.
Tout était calme, la lune éclairait la route comme en pleine jour. Pourtant, sous les arbres, les ombres semblaient être peintes à l'encre tant on n'y voyait rien. Sur le chemin goudronné qui menait à un patelin moldu, le bruit des pas de Draco résonnait, rythmant les sanglots de son fils. Au loin, on entendait quelques bruits épars, des cris de chouettes, et le vent dans les arbres. Mais Draco serrait sa baguette, craignant d'être suivi ou surpris par d'autres ennemis. Son intuition lui disait de rester sur ses gardes. Il sentait aussi Harry se rapprocher de lui, quoique se dirigeant vers le manoir.
Bientôt il réussirait à coffrer Greyback.
À la sortie du bosquet, Draco entendit des bruits venir de derrière lui. À peine se fut-il retourné qu'il dut lancer un bouclier sur lequel s'écrasa Greyback, de retour. Weasley, encore loin suivait le loup-garou en boitant. Scorpius poussa un cri et mit ses bras sur sa tête, bouchant ses oreilles et protégeant son crâne. Le furet l'enroula de son corps jaune pâle. Draco, d'une main, maintint autant que possible le bouclier tandis que la bête s'y acharnait.
Une ombre arriva de droite et percuta Greyback de plein fouet, l'envoyant dans les buissons. Harry descendit de balai et sortit sa baguette. Draco relâcha son sort et posa Scorpius au sol, l'enjoignant de rester derrière lui. À peine se redressait-il qu'il vit le loup-garou bondir hors de l'endroit où il était tombé, l'agrippant et le plaquant sur un arbre tout proche. Sa baguette resta aux pieds de Scorpius, qui tomba en arrière, hoquetant de peur. Harry s'apprêta à attaquer Greyback qui le retint :
- Approche, Potter, menaça-t-il et je mords Malefoy!
Harry stoppa net. Draco, maintenu contre arbre, fut un moment sonné. Plus que le coup qu'il venait d'encaisser, la chaleur de son corps l'abasourdit. Certes, il se sentait clairement inférieur à Greyback dans cette situation, mais trouver du charme à un vieux loup-garou agressif le laissa un moment sans réaction, bien que la bête soit prête à le mordre à tout instant. Il reprit vite ses esprits.
- Tiens, fit Greyback, tu sens encore la femelle, dis-moi!
Mais à peine eût-il tendu la gueule vers sa proie, reniflant le cou du Noble qu'un éclair vert jaillit dans son dos. Le corps glissa au sol, montrant les visages stupéfaits d'Harry, Weasley et Draco. Scorpius, toujours assis et tenant à deux mains la baguette de son père vers le corps sans vie, respirait difficilement.
- P… Pa… il… il… al… lait…ton… on… cou… hoquetait le petit.
- Tout va bien, Scorpius, rassura Draco. Tu as très bien fait, mon fils.
Draco sentit monter en lui un immense soulagement. Il était soudainement et profondément apaisé et content de voir ce corps sans vie à ses pieds. Son seul regret était que ce n'était pas lui-même qui l'avait achevé, mais il s'en contentait largement. Poussant du pied le cadavre qui le dérangeait, alla vers son fils qui abaissa la baguette et se remit à pleurer à plein poumons. Harry et Ron échangèrent un regard éloquent. Draco ne les vit pas. Il s'accroupit vers son fils qui lâcha la baguette et s'agrippa à lui.
- Draco, commença Harry.
- Cette bestiole pue affreusement, coupa Draco. Harry, passe-moi ton manteau, Scorpius est gelé…
- Draco! Reprit Harry. Il vient de tuer un homme!
- Un assassin et un loup-garou, rétorqua Draco, il ne sera pas regretté. Astoria, si. Donne-moi ton manteau.
Harry ouvrit grand les yeux mais obéit. Draco prit le manteau et couvrit son fils, qui regardait le corps sans vie reprendre forme humaine. Il le reprit dans ses bras.
- Woah, au fond ce n'est pas si mal…
- Ron! Le reprit Harry. Draco, la nuit n'est pas finie, et d'autres loups-garous errent encore en liberté. Tu dois rentrer chez toi.
- Harry, fit le Noble. Astoria est dans l'entrée et le Manoir n'est plus sûr. Si vous avez besoin de ma déposition, je vais à Sainte Mangouste, Scorpius est en état de choc et je dois soigner mon épaule.
Harry n'insista pas.
- Dans ce cas, nous allons au Manoir et nous finirons les arrestations. J'irai ramener le corps à Azkaban et je te rejoindrai après. Tu vas pouvoir transplaner?
- Ça ira. Bonsoir.
D'un coup de baguette il disparut.
Harry se tourna vers son ami, qui lui lançait un regard accusateur.
- Je te l'ai dit? L'interrogea Ron.
- Quoi? Demanda-t-il.
- Que tu t'étais foutu dans la merde au moment même où tu as commencé à fréquenter Malefoy?
- Ça, oui. Tu me le dis souvent et depuis un bon moment, oui.
- Et maintenant, son fils, ton fils donc, est capable de tuer d'un coup de baguette à seulement 3 ans. J'ai du mal à y croire même en étant témoin. Tu n'aurais pas envoyé le sort discrètement par hasard?
- J'aurais bien aimé, avoua Harry. Mais il me menaçait de le mordre si je bougeais. Je ne pensais pas que tu te souvenais du fait que Scorpius était mon fils.
- Je tiens mieux l'alcool que toi, je te rappelle, s'irrita Ron. Oh, et pour une fois Malefoy avait raison! C'est quoi cette puanteur?!
De sa baguette, Harry fit léviter le corps de Greyback et retourna en direction du Manoir.
Arrivés sur les lieux, ils constatèrent l'étendue des dégâts : la grille fondue à cause du combat de Ron et Greyback, le salon défoncé et en désordre, l'entrée calcinée et le corps de Ms Malefoy gisant au sol. Jester, resté avec sa maîtresse, pleurait de grosses larmes en fermant les paupières de la défunte.
- Harry Potter! Comment vont mes Maîtres? couina-t-il à Harry.
- Ils vont bien, le rassura l'Auror, ils vont à Sainte Mangouste.
- C'est un carnage, constata Ron. Comment a-t-il pu entrer si facilement dans un Manoir Noble gardé par des dizaines de sorts de protection?
- Il est venu et a vécu ici quand Voldemort y avait installé son QG, dit Harry. Il a dû utiliser une faille qu'il connaissait d'avance. Moi-même, j'en connais une.
- Pour une fois, je plains Malefoy, soupira Ron en regardant le corps de la jeune femme. Quoiqu'il en soit, c'est de toute évidence Greyback qui a attaqué la famille Malefoy, Monsieur s'est défendu, Madame a tenté de fuir avec le petit bout, Greyback l'a tuée.
- De toute évidence, dit Harry en ressortant des décombres de l'entrée. Retournons au Bureau, Ron, il reste trois heures avant le lever du soleil.
- Oui, chef.
Draco fut ébloui par les premiers rayons du soleil quand ceux-ci illuminèrent la chambre d'hôpital. Quoiqu'elle soit dotée de deux lits, père et fils partageaient le même, Scorpius s'étant soudainement endormi contre le cœur de Draco dès leur entrée à l'hôpital. Par chance, il ne souffrait d'aucune blessure physique, juste une grosse fatigue, mais le choc émotionnel serait difficile à surmonter. Les médicomages prévinrent son père que l'enfant pourrait aussi bien éluder cette nuit de ses souvenirs que la garder à jamais gravée dans sa mémoire. Il était en tout cas certain que l'enfant aurait désormais du mal à s'endormir seul.
Draco devait également veiller à ne pas laisser Scorpius utiliser la magie seul. Il lui avait sauvé la vie à un prix trop élevé, Draco le savait. Il ne devait donc pas faire usage d'une magie si puissante qu'elle l'avait fait tuer un homme puis s'endormir aussi profondément.
Pour Draco, tant que son fils était sain et sauf, il pensait que tout rentrerait dans l'ordre tôt ou tard.
À l'exception horrible d'Astoria. Elle venait de mourir. Elle n'avait pas survécu à cette nuit. Elle ne sourirait plus, ne l'attendrait plus chez eux, ne s'occuperait plus avec amour de l'enfant qu'elle avait considéré comme le sien. L'enfant qu'elle avait protégé au péril de sa vie et sur lequel Draco lui avait caché la vérité, quand il avait froidement fait mourir Marcia par égoïsme. Draco sentit en lui un profond remord se mêler à sa tristesse. Il avait aimé Astoria. Il se souvenait de leur rencontre, de leurs discussions, de leurs disputes aussi, de leur relation de travail, puis de fiancés, de leur mariage, des mensonges et des confessions, des nuits d'amour, des épreuves et de leur ardeur commune à les surmonter, de leur vie de famille. Tout lui revenait parfaitement et il savait qu'il n'avait pas vraiment offert à son épouse la vie heureuse et la reconnaissance qu'il lui devait. Il savait qu'il ne pouvait même pas se permettre l'espoir qu'elle soit encore vivante, attaquée comme elle l'avait été. De toute façon, du jour de sa retransformation, Draco l'avait manipulée comme une poupée bien sage, modifiant ses souvenirs, l'obligeant à devenir femme au foyer, à s'occuper d'un enfant qui n'était pas le sien, lui mentant constamment au sujet d'Harry, la cocufiant sans remords, sans qu'elle n'en sache rien, ou du moins sans qu'elle n'y redise quoi que ce soit.
Circa furetait les moindres recoins de la chambre, en quête d'une occupation. Draco était épuisé, à bout de force. Son épaule le faisait souffrir mais il ne voulait pas appeler une nurse, de peur de réveiller Scorpius. Il remonta la couverture sur eux, profitant du calme avant la tempête médiatique qui allait s'abattre sur eux, celle de ses actionnaires sur ses industries, de tout le remue-ménage et les affaires qu'il allait falloir régler en sortant de cette chambre si calme. Il s'endormit un moment.
Quand il s'éveilla, ce fut au contact d'une main fraiche dans ses cheveux. Sa mère lui sourit quand il ouvrit les yeux. Il lui sourit en retour.
- Bonjour, mère.
- Bonjour Draco, murmura-t-elle en caressant toujours ses cheveux. J'ai appris que tu étais là, alors je suis montée. Comment vas-tu?
- Et bien, la nuit a été agitée, minimisa Draco, la voix enrouée. J'ai été blessé à l'épaule, mais Scorpius va bien.
Narcissa sourit, puis demanda, peinée :
- Où est Astoria ?
- Elle… Elle a… été…
Sa voix se perdit. Draco chercha plusieurs fois à poursuivre sa phrase, mais sans succès. Sa mère posa sa main sur celle de fils, faisant signe qu'elle avait compris. Fermant les yeux, Draco mit son autre main sur ses paupières et pleura en silence, bercé par les caresses de sa mère dans ses cheveux.
Peu de temps après, il put se calmer et laissa Scorpius continuer de dormir. Il rendit visite à Ms Greengrass, la mère d'Astoria, à qui il apprit la nouvelle, confirmée par les médicomages qui établirent qu'elle n'aurait pas pu survivre. Dès l'instant où Greyback l'avait mordue, il lui avait brisé la nuque et tranché la carotide. La mère désespérée cria et gifla son gendre avant de s'effondrer en larmes dans ses bras. Incapable de trouver des mots de réconfort, il ne put que la soutenir, lui-même abattu.
Quand Harry se rendit à Sainte Mangouste, il était presque midi. À la porte de la chambre, il voulut frapper mais vit au carreau que les deux patients dormaient, encore dans le même lit. Ne voulant pas les priver de repos, il entra doucement et s'assit sur le siège à côté du lit. Scorpius ne bougea pas mais Draco eut un mouvement de tête, laissant glisser une larme de ses yeux. Il avait pleuré, beaucoup. Il avait aussi une marque sur la joue et à travers la chemise froissée, le bandage sur son épaule était taché et lâche. Il n'avait pas fière allure, ainsi recroquevillé autour de son enfant. Harry le trouvait pourtant très beau. Craignant d'être surpris, il ne s'approcha que pour remonter la couverture sur eux, mais le Noble attrapa sa main. Il venait de se réveiller et regarda Harry les yeux entrouverts. Sa voix était cassée.
- Bonjour.
- Désolé, murmura Harry, je ne voulais pas te réveiller.
- C'est fini?
- Oui, tous les loups-garous ont été arrêtés et enfermés, Greyback a été déclaré mort et enterré à Azkaban. J'ai indiqué dans mon rapport que je l'avais tué car il te menaçait, toi et Scorpius. Il faudra que tu le confirmes.
- …D'accord. Il faudra que je remercie Weasley, Malgré sa mauvaise volonté et bien que sa seule intervention ne nous aurait pas sauvé, il a participé à garder mon fils et moi vivants.
- Tu te rends compte de ce que tu dis?
- Je cite : "ça me file des boutons".
Ils échangèrent un sourire amusé, puis Harry redevint sérieux :
- Comment vous allez?
- Scorpius souffre d'épuisement, il ne s'est pas encore réveillé depuis hier soir, et j'ai perdu pas mal de sang. A part ça, on va bien. Je craignais que les journalistes ne publient déjà la mort d'Astoria alors j'ai été voir ma belle-mère.
- Elle t'a giflé, devina Harry en caressant le visage de Draco, ta joue est rouge.
- Elle a eu raison. J'ai laissé sa fille mourir.
- Ne t'en prends pas à toi-même. Tu as fait tout ce que tu as pu.
- Et c'est Scorpius qui l'a vengée, conclut Draco en caressant l'enfant endormi. Il tient de toi.
- Ça m'inquiète.
Draco leva les yeux vers Harry qui avait les traits tirés. Il les reporta sur Scorpius.
- Moi aussi.
Le silence se fit un instant avant que Draco ne remarque qu'il tenait toujours la main d'Harry. Il la lâcha un peu trop rapidement et une grimace de douleur apparut sur son visage. Elle ne disparut pas quand il se redressa un peu. Harry se leva pour l'aider à s'asseoir sur le fauteuil de l'autre côté du lit.
- Tu devrais faire refaire ton bandage, lui conseilla-t-il.
- Les nurses sont bien occupées, ça peut attendre.
- Non, trancha Harry en ôtant la chemise de l'épaule meurtrie.
Il défit le bandage, découvrant la blessure longue et fine qui parcourait l'épaule du Noble et remontait du haut de l'aisselle à la base de la nuque. Draco fit entendre son mécontentement et sa douleur, mais ne le retint pas quand Harry reposa une gaze propre sur sa plaie et entama d'enrouler la bande de tissu autour de son torse. Son cœur battait fort et il avait une légère fièvre, mais l'entendre râler et se plaindre était un bon signe de son rétablissement. Harry avait tellement craint que Greyback ne réussisse à lui faire du mal, à le blesser et à le tuer qu'il n'avait pas su réagir de manière professionnelle. Il avait complètement foiré l'arrestation du loup-garou et c'était Draco qui en avait fait les frais. Même si de son point de vue, il voyait sa rivale disparaître, il ne se permettait pas un instant le droit de s'en réjouir. Une fois qu'il eut finit, remettant la chemise sur l'épaule de Draco, Harry se permit un instant de poser sa tête sur le dos du blessé.
- Harry, l'appela Draco, si quelqu'un…
- D'accord, répondit-il en relevant la tête, je suis juste heureux que tu sois encore en vie.
Il se releva tandis que Draco se massait l'épaule et allait partir sans un mot.
- Moi, aussi, le retint Draco avec les joues roses, je suis content d'être encore en vie, que Scorpius le soit… et toi aussi, ajouta-t-il à mi-mot.
Harry ne put retenir son élan. Il revint vers Draco, s'assurant que personne n'était proche de la chambre dans le couloir. Il offrit un baiser d'à peine quelques secondes mais fut ravi de sentir son amant lui répondre. Il se redressa, promettant de revenir plus tard et s'enfuit comme un voleur, mais heureux d'avoir entendu les mots qu'il attendait lui être offert si aisément pour une fois.
L'entrée de Sainte Mangouste était bondée. Cinq jours après l'attaque de Greyback, tous les journalistes n'attendaient que la sortie d'hôpital des Malefoy. Ils avaient déjà écrit des pages entières sur la nuit de l'attaque, les trente-quatre homme-bêtes qu'ils avaient décrits un à un, les victimes légères et la seule mort à déplorer, celle d'Astoria Greengrass Malefoy, attaquée par Greyback lui-même et tuée sur le coup.
Tout y était passé : Greyback avait voulu venger son maître, Draco voulait le tuer de ses propres mains, ils se détestaient mutuellement ou étaient complices pour reformer les Mangemorts mais sont entrés en désaccord. Malgré les efforts des familles et des Aurors pour respecter l'intimité des Malefoy, tout ou presque s'était dit, un peu de vérité noyé dans beaucoup de fictions. Protégés à l'hôpital, ni Ms Greengrass, ni Draco n'avait communiqué la moindre remarque sur cette tragédie, préférant faire leur deuil en privé. Scorpius avait dormi toute la journée de son admission. S'il avait du mal à se rappeler ce qu'il s'était passé, il avait toujours quelques moments d'inquiétude, voire de panique, quand son père n'était pas là ou qu'il devait se coucher.
Aussi, quand ils sortirent ensemble de leur chambre, Scorpius, dans les bras de son père et la tête couverte d'un tissu blanc, n'osait regarder à travers les objectifs et les regards concentrés vers eux. Draco, plus habitué, balaya la foule du regard et sans dire un mot, malgré les interpellations des journalistes, il se dirigea vers la sortie du bâtiment.
- Mr Malefoy, demandait un journaliste dans le brouhaha général, que diriez-vous à propos de la mort de Greyback? En êtes-vous satisfait?
- Et la mort de votre femme? Hélait un autre. Que ressentez-vous?
- Mr Malefoy, appelait un troisième, pourquoi Greyback est-il venus jusqu'à votre Manoir, malgré la distance qui le sépare d'Azkaban? L'aviez-vous invité à venir vous y rejoindre?
Harry, chargé avec ses hommes de retenir les journalistes à bonne distance, paraissait offusqué de leurs questions. Draco soupira et se retourna un moment, instaurant par ce seul geste le silence.
- Je vous trouve particulièrement ignobles de poser de pareilles questions devant mon fils, répondit-il avec mesure. Pourquoi Greyback est venu chez moi? Pourquoi plutôt cherchez-vous des raisons aux agissements d'une créature folle depuis des années? Suis-je satisfait de sa mort? Sachant qu'elle est liée à la mort de ma femme, le terme "satisfait" ne vous parait-il pas très mal choisi? Quant à ce que je ressens vis-à-vis de ma femme, que vous vient-il à l'esprit quand vous enterrez un être cher, mis à part de la tristesse et des remords? Vos questions n'ont ni sens, ni respect, aussi, je n'y répondrai pas. Demain j'enterre mon épouse, que j'ai protégée autant que je pouvais, mais que je n'ai pas réussi à sauver. Il me reste dans mes bras mon fils, que je dois élever seul. Aussi n'ai-je pas de temps à consacrer à vos stupides questions.
Remontant Scorpius sur son épaule, Draco fit demi-tour et transplana. Les journaux ne parlèrent que brièvement de sa sortie, préférant des sujets avec plus de matière.
Je n'avais pas publié depuis longtemps, mais ça me fait plaisir de le faire. Merci d'avoir lu!
