De plus en plus de reviewers m'encouragent, ce qui réchauffe le coeur. Merci à tous!
Sushi-powa : Je suis heureuse d'être ta première fic sur severus. J'espère que ce chapitre va te rassasier momentanément... J'essaie effectivement un maximum d'être cohérente avec l'univers créé par JKR, mais je dois avouer que parfois, quelques détails m'échappent, alors n'hésitez surtout pas à me le faire remarquer..
Lone Wolf : Je crois aussi que Severus est maudit, mais intelligent, mais maudit... Bref un maudit intelligent! C'est peut-être pire! Quant à se faire accepter et pardonner de ses enfants, peut-être, peut-être, avec le temps, mais il faudra être patient...
J'attends toujours vos commentaires avec ardeur. Allez place à un peu d'action (un peu, pas trop d'un coup quand même!)
CHAPITRE 20 : A la recherche du fameux médaillon
Il était assez tard dans la matinée, quand Severus sortit de sa chambre et descendit à la cuisine. Il n'avait pas réussi à dormir, après être remonté pour se coucher. Son entrevue de la veille avec ses jumeaux l'avait trop troublé pour lui permettre de fermer l'œil, le passé avait ressurgi de façon si intense, qu'il avait maintenant beaucoup de mal à le refouler dans les méandres de son esprit pour se concentrer sur des questions beaucoup plus urgentes.
C'était donc avec un teint encore plus blafard que d'habitude et des cernes marquées qu'il descendit, un peu nauséeux et plutôt nerveux. Il constata qu'il était déjà la mi-matinée, bientôt dix heures selon la pendule de la cuisine. Il remarqua dans le même temps une autre pendule, peu ordinaire, ne servant pas à donner l'heure vraisemblablement.
Elle comportait non pas deux aiguilles, mais une petite vingtaine, toutes portant un nom. En regardant de plus près il put y lire les noms : les noms des membres de l'Ordre ! La plupart de ces aiguilles pointaient vers une petite phrase : « en sécurité », sauf quelques uns qui pointaient vers « travail » ou « Poudlard ». D'autres phrases faisaient le tour du quadrant comme « En danger », « En danger de mort », « Blessé », « Mort »… Drôle de pendule en somme… une voix le sortit de sa contemplation.
- Ah Severus ! Je ne pensais plus vous voir. Je vois que vous avez remarqué notre nouvelle pendule. Pratique, n'est-ce-pas ?
« 'Pratique' n'est pas le mot que j'aurai choisi. 'Stressant' plutôt ! » Pensa-t-il.
- Voulez-vous prendre un petit-déjeuner, malgré l'heure tardive ? reprit-elle sur un ton enjoué.
- Bonjour Molly ! Non je me contenterai d'un café, bien serré si possible.
- Pas de problème, je vous le sers tout de suite. Mais installez-vous, je vous en prie.
Severus obtempéra sans sourciller, ses muscles encore endoloris de la tension de la veille, bien contents de pouvoir se reposer quelques minutes. Il s'assit donc à la table, dos à la porte.
- Tenez, voici votre café bien chaud ! Mais vous devriez manger un petit quelque chose, vous n'avez déjà rien avalé hier soir… Vous ne devriez pas jeûner trop longtemps, ce n'est pas bon dans votre état.
- Merci Molly, mais je n'ai pas faim ! répliqua-t-il assez sèchement.
- Mais sachez que ça ne me dérange pas ! Vous savez les enfants m'en ont fait voir bien d'autres, j'ai l'habitude. Je ne voudrai pas que vous vous sentiez gêné surtout !
- Molly, je ne suis pas vos enfants et je n'ai pas besoin d'être materné. Merci ! répondit-il d'une voix doucereuse avec une nuance agressive. Votre attention est bien aimable, mais je vous assure que je n'en ai pas besoin. Reprit-il plus doucement.
- Bien, comme vous voudrez, Monsieur Snape ! Fit-elle, en insistant lourdement sur les deux derniers mots.
« Tiens, elle ne m'appelle plus Severus maintenant ! J'ai dû la vexer. Et bien tant pis, comme ça, elle comprendra peut-être. »
Sans un mot de plus, il commença à boire son café, mais ne parvenait pas à se détendre pour autant. Molly, quant à elle, s'affairait dans la cuisine, vraisemblablement à la préparation du repas de midi, sans s'occuper outre mesure de Severus. Il était une fois encore perdu dans ses pensées, quand Sirius entra, accompagné de Mixiel, tous deux en pleine discussion assez égayée.
En entendant ses voix, Severus se raidit un peu plus et ferma momentanément les yeux. Quand il les rouvrit, il avait recomposé les traits de son visage, redevenus impassibles. Les deux hommes s'étaient arrêtés de parler en le voyant assis et s'étaient figés sur le seuil de la porte. Severus se leva alors et, d'un gracieux mouvement, se retourna pour leur faire face et les regarder de ses yeux perçants, guettant le moindre signe offensif. Puis sur un ton calme et distant :
- Merci Molly pour le café !
- De rien Severus !
« Tiens, j'ai droit de nouveau à 'Severus' ! En tout cas elle n'est pas rancunière ! » nota-t-il pour lui-même rapidement.
Il se dirigea alors vers la porte, contourna les deux hommes, qui lui barraient partiellement le chemin, prêt à sortir, quand une voix l'arrêta dans son élan.
- Où comptes-tu aller Snivellus ? As-tu peur de te trouver dans la même pièce que nous ?
- Je ne vais nulle part, à ce qu'il semble. Je vous débarrasse seulement de la vue d'un assassin ! répondit-il toujours sur un ton calme mais plus glacial cette fois-ci.
Ils n'eurent pas le temps d'aller plus avant dans la dispute qui s'amorçait, Harry et ses deux amis de toujours arrivant à leur tour dans la cuisine, pour faire une petite pause dans leurs études. Ils s'arrêtèrent net de rire, quand ils se retrouvèrent nez à nez avec un Snape plutôt tendu, lui coupant par la même occasion toute retraite.
- Messieurs Potter et Weasley ! Miss Granger ! fit Severus en guise de bonjour.
- Bonjour Professeur ! répondit Hermione, réalisant trop tard qu'elle venait de l'appeler encore professeur.
« Elle le fait exprès ou quoi ? Quand cessera-t-elle de m'appeler Professeur ? Combien de fois faudra-t-il lui rappeler ? »
- Snape ! répondit à son tour Harry, sur le ton de la provocation.
« Petit morveux arrogant ! Il le fait exprès, il cherche à me provoquer ! Ne rentre pas dans son jeu, Severus, ne rentre pas dans son jeu ! Ignore-le donc ! Mmff… Plus facile à dire qu'à faire ! »
Severus les regarda longuement, chacun s'attendant à une autre explosion monumentale si légendaire de leur ancien professeur de potions, mais rien. Il les regardait simplement, se contentant de les détailler sans sourciller, sans aucune colère même dans son regard. Quelque chose n'allait pas… S'agissait-il bien de Snape ?!
- Monsieur Potter ! reprit enfin Severus, sur un ton neutre, en insistant toutefois sur le mot monsieur. Vous tombez bien, pour une fois. Je souhaitais justement vous voir.
- A quel sujet ? demanda Harry abruptement.
- Peut-être vaudrait-il mieux en parler dans un endroit plus tranquille, et non entre deux portes ?
- De quel sujet s'agit-il ? Je n'ai pas que ça à faire, moi ! répondit Harry sèchement sur un ton sans appel.
Une lueur de fureur traversa furtivement les prunelles de Severus, mais celui-ci se reprit bien vite. « Il cherche à te provoquer ! Ne cède pas ! Calme-toi ! Le petit morveux ! Il va voir de quel bois je me chauffe ! Non Severus, calme-toi, il y a plus urgent ! Tu dois régler le sujet en question avant toute chose. Si tu réponds à sa provocation, tu ne feras que perdre ton temps et ça n'avancera en rien tes affaires. Donc reprends toi ! »
Après avoir réussi à rétablir son calme intérieur, Severus répondit en articulant bien chaque mot.
- Et bien, Potter ! Puisque vous pensez que l'on puisse aborder ce sujet ici, qu'à cela ne tienne ! Je souhaitais vous parler de ce fameux médaillon !
Les traits de Harry se crispèrent, son teint devint soudain livide et il se mordit les lèvres.
- Très bien, discutons donc de cela à l'intérieur ! répliqua-t-il finalement, en désignant de la main la cuisine.
- Soit. Fit comme toute réponse Severus.
Puis il s'écarta légèrement sur le côté pour laisser passer les trois Griffondors, avec un mince rictus victorieux sur les lèvres, rictus qui n'échappa à personne.
Après avoir soigneusement fermé la porte, Severus et les trois amis s'installèrent donc autour de la table, bien vite suivis de Mixiel et Sirius, Severus ostensiblement isolé à une extrémité, Molly continuant ses occupations tout en tendant une oreille distraite vers la discussion. Elle servit à chacun du café, qu'il acceptèrent de bon cœur.
- Qu'avez-vous à m'apprendre sur ce médaillon ? S'enquit Harry, visiblement irrité et impatient.
- Mais c'est vous Potter, qui avez à m'en apprendre ! Lui rétorqua Severus calmement.
- Vous nous faîtes perdre notre temps ! Je n'ai rien à vous dire au sujet de ce médaillon.
- C'est vous Potter qui nous faîtes perdre un temps précieux. Vous détenez des informations primordiales sur ce médaillon, qui me permettraient peut-être de le retrouver.
- Peut-être ? Et quelles informations ? demanda finalement Harry, la curiosité piquée au vif.
- Oui, peut-être. J'y ai bien réfléchi depuis un petit mois, et j'ai quelques suppositions plausibles à ce sujet. Je ne sais pas encore où il se trouve exactement, mais j'ai quelques pistes concernant ce R.A.B., deux pour être tout à fait honnête. Mais pour pouvoir déterminer quelle piste suivre, il me faudrait pouvoir lire le message qu'il a laissé dans la réplique du médaillon.
- Il est hors de question de te laisser accéder à de telles informations. Révèle-nous donc tes brillantes « suppositions » et nous ferons les recoupements nous-mêmes. S'exclama Sirius.
- Je vois Black, que tu es toujours aussi présomptueux. Crois-tu réellement que vous serez capable de faire les recoupements, comme tu dis, alors que vous avez été incapables pour l'heure de trouver une piste digne de ce nom, et ce, bien que vous connaissiez cette information depuis plusieurs mois ? Lui répondit Severus.
Silence.
- Je crois qu'il a raison Harry ! Nous n'avons rien trouvé. Après tout, le Professeur Dumbledore lui faisait confiance pou retrouver les Horcruxes ! Tu devrais lui montrer le mot laissé par R.A.B. Intervint Hermione.
- Nous ne pouvons lui faire confiance. Il n'a qu'à nous expliquer ses hypothèses, nous verrons ensuite. Fit tout à coup Mixiel sur un ton tranchant et glacial, comme seul Severus savait prendre.
Ce ton dur et âpre toucha profondément Severus, lui fit mal, très mal, comme si les restes de son cœur se brisaient en mille étoiles éteintes. Mais il ne laissa rien transparaître, seul son regard se voila légèrement, devenant plus gris que noir.
- Non, je suis de l'avis d'Hermione. Nous devons lui montrer cette lettre. Je sui sûre que Severus est le seul qui puisse réellement trouver la solution à ce problème. Après tout, il connaît Vous-savez-qui plus que quiconque ici…
Tous se tournèrent, ébahis, vers la personne qui venait de prendre la parole. Molly leur faisait face, au côté de Severus, qui la regardait lui aussi d'un air impénétrable, ne montrant pas sa surprise, si tant est qu'il était surpris.
- Bien, je vais aller le chercher ! répondit enfin Harry sur un ton las et résigné. Il se leva sans attendre d'autre réponse et remonta quatre à quatre à sa chambre.
Un silence pesant s'installa, Sirius, Mixiel et Ron dévisageant Severus avec méfiance, qui se contenta pour sa part de leur répondre par un regard dédaigneux.
Au bout de quelques minutes, qui parurent une éternité, Harry revint presque essoufflé, un parchemin à la main, qu'il lança presque au visage de Severus. Celui-ci l'attrapa avant que le parchemin ne lui crève un œil, en maugréant intérieurement après cette marque d'insolence ostentatoire.
Il jeta un regard assassin à Potter, bien décidé à lui montrer à qui il avait affaire à la prochaine occasion, puis se pencha sur le dit parchemin :
Au Seigneur des Ténèbres,
Je sais que je ne serai plus de ce monde
bien avant que vous ne lisiez ceci
mais je veux que vous sachiez que c'est moi
qui ai découvert votre secret.
J'ai volé le véritable Horcruxe
et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.
J'affronte la mort dans l'espoir
que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille,
vous serez redevenu mortel.
R.A.B.
Un sourire carnassier apparut sur le visage de Severus. A la fin de sa lecture, il leva enfin la tête, et regarda ses interlocuteurs sans vraiment les voir, une étrange lueur de victoire pétillant au fond de ses orbes noires.
- Alors ? demanda Sirius, excédé de ces silences qui n'en finissaient plus. Apparemment Snivellus savait quelque chose mais ne voulait rien dire.
Il eut comme seule réponse un petit ricanement de Severus. Ce qui l'exaspéra au plus haut point.
- Alors, Snivellus, vas-tu nous dire enfin ce à quoi tu penses ? Et qu'est-ce qui te fait ricaner bêtement ainsi ?
- Du calme, Black ! Du calme !
- Je me calmerai quand tu parleras !
- Oui, dîtes-nous enfin ce que vous pensez avoir découvert de si intéressant et de si drôle ! Rétorqua à son tour Harry.
- Si vous me laissiez en placer une, peut-être auriez-vous eu déjà la réponse ! J'aurai pu alors vous apprendre que ce mot est, ou plutôt était, de toute évidence l'œuvre d'un mangemort.
Cette simple phrase jeta un grand froid dans la salle, dont l'ambiance était déjà assez glacée comme ça.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- La preuve, Black, que vous avez besoin de moi, pour résoudre de si simples énigmes !
- Snivellus ! Tu vas nous répondre ou…
- Sirius ! Calmez-vous, je vous en prie ! Severus, si vous pouviez cesser de nous faire languir, ce serait gentil ! Intervint Molly.
- Mais je ne suis pas gentil, Molly, je suis Serpentard !
- Severus !! Fit-elle, de plus en plus bouillante d'impatience et exaspérée elle aussi.
- Bien, bien ! J'y viens ! Pour répondre à ta question Black, ce qui me fait dire qu'il s'agit d'un mangemort, c'est la façon qu'il a de nommer Vous-savez-qui. Seuls les mangemorts l'appellent ainsi : Seigneur des Ténèbres. Et je pense même connaître son identité.
- Aurais-tu l'obligeance de nous la révéler ?
- Mais je vais m'en faire un plaisir, Black ! répondit Severus en insistant étrangement sur le nom. Tout d'abord, il s'agit de quelqu'un qui connaissait parfaitement les plans de Vous-savez-qui, donc soit quelqu'un de proche, soit quelqu'un qui l'a appris par inadvertance. Quelqu'un qui s'y connaissait parfaitement bien en Magie Noire, ce qui n'est pas forcément le cas de tous les mangemorts comme vous auriez tendance à le croire. Ensuite il s'agit de quelqu'un qui a quitté le Lord Noir, et qui savait qu'il était condamné tôt ou tard, comme nous le montre la phrase « Je sais que je ne serai plus de ce monde » ou encore « J'affronte la mort dans l'espoir ». Certainement quelqu'un qui est mort à l'heure actuelle. Enfin, cette lettre devait permettre au Seigneur des Ténèbres de savoir qui était l'auteur de ce vol, donc R.A.B. doit être en quelque sorte des initiales, mais connu par un cercle restreint…
- Et donc ? demanda Harry à bout de nerfs
- Arrête donc de tergiverser, Snivellus ! Arrête de jubiler de la sorte en jouant avec nos nerfs et dis-nous tout !
- Oui, je jubile… Je jubile d'avoir découvert qui est R.A.B. alors que toi, Black, tu aurais dû le deviner… Etonnant de voir comment les liens du sang sont si fragiles dans cette si belle famille !
Sirius était prêt de se ruer sur Severus, qui se leva d'un bond, prêt lui aussi à en découdre par les mains si nécessaire, mais Sirius fut maintenu à temps par Mixiel.
- Qu'est-ce que tu insinues ? Que veux-tu dire ? Rugit Sirius, incapable de se contenir.
- N'as-tu donc pas compris où je veux en venir ?
- Cessez donc ce petit jeu malsain et dîtes-nous le nom auquel vous pensez ! Susurra Mixiel, sur un ton sec.
« Quelle hargne ! Quel ton tranchant et glacial ! Je croirais m'entendre ! La même voix ! Le même ton ! Je n'aurais jamais cru que cette voix me ferait tant d'effet ! Quel cruel effet ! »
- Puisque vous semblez ne pas vouloir comprendre, je vais vous expliquer clairement, en employant les mots à votre portée…
- Severus ! s'exclama Molly. C'est plus fort que vous !
- Oui Molly ! Mais je vais me montrer plus clément aujourd'hui. Pour tout vous dire, j'ai bien l'impression que ce R.A.B. n'est autre que ton cher frère défunt, Black : Regulus Black.
- Mais ses initiales étaient R.B., pas R.A.B. Si c'était bien lui, comment expliqueriez-vous le A. ?
- Tiens Miss-je-sais-tout-je-me-mêle-de-tout ne sait pas répondre à une question. Grande première à marquer d'une croix rouge dans le calendrier. Mais j'oubliais, bien sûr, seul un mangemort pouvait savoir ! C'est vrai ! Que suis-je bête ! Mais c'est votre jour de chance, puisque vous en avez un en face de vous !
- Severus ! Arrêtez donc, s'il vous plaît ! Quémanda Molly, presque sur un ton implorant, sentant la tension monter.
- Pouvez-vous répondre à la question, pour une fois ? Cracha Mixiel.
- Oui Mixiel, je vais y répondre. En fait Regulus s'était vu attribuer un surnom parmi les mangemorts, un surnom que lui avait donné le Seigneur des Ténèbres lui-même. « Angelus », « mon petit Angelus », l'appelait-Il. Charmant non ? Ce qui nous donne Regulus « Angelus » Black ou R.A.B.
Silence.
- Et ton autre hypothèse ?
- Elle ne tient plus la route à la lecture de ce message. Je suis quasiment sûr de ce que j'avance. Oui Black, tout se tient. Ton frère a très certainement découvert, je pense par inadvertance, l'existence de cet Horcruxe et a pris peur devant l'ampleur de la folie de son Maître. Il a donc voulu le quitter. Mais c'était aussi se condamner. Il a donc tenté, dans un dernier éclair de conscience et dans un de ses rares moments de bravoure, de détruire cet Horcruxe. Mais il est mort, tué par ses anciens condisciples, sur ordre du Seigneur des Ténèbres pour l'avoir si lâchement quitté. Reste à savoir si ton petit frère a eu le temps de le détruire avant de mourir. Et là, la tâche est beaucoup plus ardue…
- Que pensez-vous faire dès lors ? demanda Harry.
- Réfléchir ! Et au calme, si cela ne vous déranges pas !
Severus sortit alors de la pièce pour retourner dans sa chambre et réfléchir à la démarche à suivre. Tous étaient encore sous le choc de cette révélation et personne n'eut la présence d'esprit de l'arrêter.
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Severus jubilait intérieurement. Il avait dans la bouche comme un délicieux goût de victoire sur son ancien ennemi Griffondor ! Black n'avait rien découvert ! C'était lui, Severus Snape, vil Serpentard, son ennemi de toujours, qui lui avait révélé cette information capitale sur son cher petit frère adoré. Enfin adoré, pas vraiment, leur relation fraternelle était plutôt du genre guerre fratricide.
« Lui, le grand, l'intègre et l'inébranlable Sirius Black, qui avait toujours été du bon côté et qui avait toujours rejeté son frère pour être devenu mangemort, venait d'apprendre que celui-ci était peut-être ce fou de R.A.B. et qu'il aurait peut-être quitté le Seigneur des Ténèbres. Et lui, son frère n'avait rien fait pour l'aider, et pour cause, bien trop aveuglé par sa haine des mangemorts ! Peut-être réalisera-t-il que l'on peut changer et qu'un mangemort repenti peut exister !
Mais pourquoi espères-tu tant qu'il comprenne enfin ça ! Pourquoi espères-tu qu'il te reconnaisse enfin ! Cesse donc de rêver Severus ! Reprends toi, ces idées t'affaiblissent !
Allez, réfléchis plutôt à l'endroit où pourrait se trouver ce maudit médaillon ! Par où commencer les recherches ? L'idéal serait de trouver une personne ayant assisté au vol du médaillon ou ayant au moins été au courant. Qui… Il a certainement dû en parler à quelqu'un, il devait certainement avoir besoin d'aide pour organiser sa fuite. Qui ?... A qui ce petit gringalet de Regulus aurait-il pu se confier ? Un ancien ami de Poudlard ? Non, tous ces « amis » de Poudlard sont devenus mangemorts ! Il était peut-être idiot, mais pas à ce point !
Qui ? Sa mère, non elle devait déjà être morte ! Un serviteur dévoué ?... Mais oui… Bien sûr, un serviteur dévoué, dont le serment l'empêche de trahir son maître ! Qui de mieux qu'un elfe de maison ! Comment s'appelait l'elfe de Regulus : Keator ? Non Kreattur, je crois… Pourquoi ne faisais-tu pas attention à ce que te racontait ce gamin à Poudlard, tu aurais la réponse à l'heure qu'il est…
Oui, ce doit être Kreattur… Serait-ce l'elfe que Potter a renvoyé si obligeamment à Poudlard ? Si c'est le cas, tu ne pourras pas le questionner. Et de toute façon, jamais il ne te révélera un tel secret. Il ne le révélera qu'à son maître : Potter ! Hors de question de demander ça à Potter… sauf en dernier recours. Non il vaut mieux que ce soit moi qui le trouve ! Je pourrai alors leur montrer leur stupidité… et leur proposer mon plan…
Bon, alors revenons au médaillon… Il y a en fait deux possibilités : soit il l'a détruit, et alors je ne le saurais probablement jamais, soit il l'a caché… Donc il faut chercher partout, avec l'espoir de le trouver… Peut-être l'a-il caché dans sa tombe ? Mais non, imbécile ! Puisqu'il a été tué par les Mangemorts, ces derniers l'auraient trouvé… Non réfléchis, Severus…
Où cacher un si précieux objet ? Dans un endroit particulièrement sécurisé, très difficile à trouver, dont l'existence, ou du moins l'emplacement, est quasi inconnu de tous… La maison, bien évidemment, cette maison est particulièrement bien protégée, ce qui en fait un si bon quartier général ! Je suis sûr que le médaillon a été caché dans cette maison !
Et c'est là qu'est le problème : ces imbéciles ont si bien nettoyé la maison et jeté tout objet se rapportant à la famille Black, qu'ils auraient bien été capables de jeter le médaillon avec ! Donc là encore deux possibilités : soit le médaillon est parti dans la nature, et alors les chances de le retrouver s'amenuisent encore… soit, par je ne sais quel miracle, il a échappé au massacre. Première étape : rechercher dans la maison, mais où…. Par quelle pièce commencer ?…»
Severus réfléchissait ainsi depuis presque deux heures, tout en faisant les cent pas de la chambre, usant le parquet encore un peu plus, quand il réalisa que ce devait être bientôt le déjeuner. Il se serait bien abstenu de descendre, « surtout pour se retrouver en si charmante compagnie ! » Mais la faim commençait sérieusement à le tenailler. Il faut dire qu'il avait dû sauter plusieurs repas ces derniers temps…
Il descendit alors à la cuisine, se préparant mentalement à d'autres provocations et d'éventuels conflits. Mais quand il arriva, il ne trouva que Molly, Rémus et Tonks. Tous deux paraissaient fatigués, mais Severus se garda bien de poser des questions. En outre, tu te doutes bien de la cause de leur fatigue : sûrement nuit blanche et ébats amoureux…
Il se contenta de s'installer à l'autre extrémité de la table, sans dire un mot, saluant d'un simple signe de tête le loup-garou et sa compagne. Rémus lui répondit à son tour par un hochement de tête un peu sec, mais Tonks le gratifia quant à elle d'un timide sourire. Sa relation avec la jeune fille s'était bizarrement considérablement améliorée pendant leurs escapades de trois jours… Pouvait-il affirmer pour autant qu'il l'appréciait plus ? Il ne saurait répondre, mais en tout cas il y avait nettement moins d'animosité entre eux.
Les autres membres arrivèrent et s'installèrent comme si de rien n'était, entamant une discussion joyeuse entre eux, Severus restant à l'écart. Le repas se passe sans incident particulier, et même dans une certaine bonne humeur, chacun ayant décidé d'ignorer royalement Severus, à l'exception de Molly, ce qui lui convenait finalement parfaitement bien.
A la fin du repas, il décida d'aller voir ces Thesdrals et de s'assurer qu'ils avaient tout ce dont ils avaient besoin. Ils avaient été convenus que, dans la soirée, ils rejoindraient Poudlard pour que Hagrid puisse s'occuper d'eux. Il avait toujours considéré Rubeus Hagrid avec un peu de dédain, mais il reconnaissait volontiers ses compétences en matière de créatures fantastiques et il lui faisait toute confiance pour s'occuper de ses deux amis ailés. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une petite pointe au cœur, car une fois à Poudlard, il ne pourrait pas les revoir, et l'enchantement les reliant tous les trois, lui permettant de faire appel à eux à l'aide de son petit instrument, serait certainement rompu par les protections de Poudlard….
Tout à ses mélancoliques pensées, en s'occupant des deux animaux, il ne remarqua pas la présence d'une jeune Griffondor, qui, intriguée, l'avait suivi et l'observait silencieusement. Ce fut la réaction du plus jeune des Thesdrals, et aussi le plus farouche, qui le mit en alerte. Il se retourna vivement, et foudroya du regard l'intruse.
- Alors, Miss je-sais-tout, vous avez enfin trouvé un nouveau sujet d'étude à mon sujet ? Je vous vois déjà fureter un peu partout, pour savoir où et comment j'ai pu rencontrer de si magnifiques créatures !
- Non Professeur ! Je ne furète pas… Je… j'étais seulement intrigué par ces animaux. Je n'en avais jamais vu auparavant. Ce sont des… des Thes…
- Oui, ce sont des Thesdrals ! Au moins, vous les avez reconnus ! Ce qui n'est guère étonnant d'une élève telle que vous ! Et si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'en observer, c'est parce qu'il s'agit de créatures très rares, très farouches, qui ne se montrent pas facilement.
- Je sais juste qu'il s'agit de sorte de chevaux ailés à la robe noire, rares, rapides et ayant la capacité de se rendre invisible. Mais je n'ai rien pu lire de plus à leur sujet.
- Car il n'y a rien de plus d'écrit à leur sujet ! Ils se cachent des humains et les fuient d'ordinaire ! Peu de personnes ont eu l'honneur d'en approcher, voire de les familiariser ! En fait, seules des personnes ayant en elle certaines… mmh… particularités peuvent réellement devenir intimes avec ces fantastiques créatures. Bref ! Tout ça pour vous dire que seuls les véritables connaisseurs pourront vous en apprendre plus à leur sujet ! Vous n'aurez qu'à demander à votre ami Hagrid, il se fera un plaisir de vous répondre… conclut Severus, quelque peu irrité d'en avoir dévoiler plus que ce qu'il aurait voulu sur ces « amis ailés »… et sur la relation entre eux trois.
- Pourrais-je… pourrais-je les approcher ?
Severus fut surpris, voire même touché par cette requête, pour le moins inattendue. Il arqua un sourcil, parut réfléchir quelques instants, partagé, à la fois contrarié et troublé. Comment osait-elle lui demander ça ? Mais en même temps, comment refuser à une telle élève l'opportunité de mieux connaître ces créatures ? Après tout Tonks avait même eu l'occasion de les chevaucher !
Hermione s'apprêtait à rebrousser chemin, quand la voix suave et doucereuse de son ancien professeur de potions l'interpella :
- Alors, Miss Granger, on se défile ? Auriez-vous peur de vous approcher de ces créatures ? Et dire que les Griffondors sont réputés pour leur courage et leur témérité !
Celle-ci n'en revenait pas. Il avait accepté qu'elle puisse les approcher, elle, l'élève qu'il détestait le plus après Harry ! Sous la surprise, elle ne parvenait à faire un mouvement. Elle se retourna enfin, son visage illuminé par la joie et l'incrédulité mélangées.
- Allez, Miss Granger, nous n'avons pas toute l'après-midi ! Et d'ailleurs ils ont besoin aussi d'un peu de tranquillité et de repos ! Alors veuillez vous décider rapidement.
Il lui tendit une main, en signe d'encouragement, son visage restant impassible. Hermione fit enfin quelques pas en direction des deux Thesdrals, qui commençaient à piaffer d'énervement, visiblement tendus. Severus les rassura, en leur susurrant des paroles réconfortantes dans une langue inconnue et mélodieuse, ce qui eut pour effet de les calmer instantanément.
- Approchez-vous doucement ! Ils doivent s'habituer lentement à votre présence ! Bien, parfait, doucement. Vous y êtes presque.
Hermione se retrouva alors aux côtés de Severus, les yeux agrandis par l'ébahissement de se tenir si près de si splendides animaux. Elle n'osait faire un mouvement supplémentaire, retenant même sa respiration.
- Vous pouvez respirer ! Fit-il presque sur un ton moqueur. Ils ne vont pas s'effaroucher pour si peu ! Vous voulez peut-être les toucher puisque vous y êtes ?
Elle acquiesça, ne pouvant articuler un mot intelligiblement. Il lui prit alors délicatement la main et la lui déposa doucement sur l'encolure du plus grand et visiblement le plus âgé, le plus docile aussi. Hermione sentit alors la peau frémir légèrement à son contact, mais ne retira pas sa main pour autant, et commença à caresser doucement la fourrure soyeuse et si brillante. En fait, elle n'était pas tout à fait noire, quelques nuances de bleu sombre et de gris venaient reluire, embellissant encore davantage cette peau d'ébène, et reflétant les rayons du soleil. C'était comme dans un rêve, un délicieux enchantement…
- Et quelles particularités faut-il pour pouvoir les approcher ? Qu'est-ce qui fait que vous ayez pu familiariser ces créatures, vous et personne d'autre ? Hermione se mordit les lèvres, comprenant, mais trop tard, qu'elle avait posé une question de trop, et qu'elle était allée trop loin.
Severus avait soudain blêmi, un frémissement imperceptible parcourant ses lèvres. Qu'est-ce qu'elle pouvait être agaçante avec ses questions si embarrassantes… Devait-il lui répondre ? Non, il n'en avait aucune envie. Après tout, il n'était pas professeur de soins aux créatures magiques, elle n'avait qu'à aller se renseigner ailleurs. Non, décidément, c'était au-dessus de ses moyens de lui répondre. Ce serait trop lui dévoiler, trop SE dévoiler… Il tourna enfin les yeux vers elle, la colère et l'agacement illuminant ses prunelles.
- Et bien, Miss-je-sais-tout-je-veux-tout-savoir, vous n'aurez qu'à fureter ailleurs pour trouver la réponse, comme vous en avez si bien l'habitude ! Siffla-t-il.
Hermione aurait voulu à cet instant se cacher sous terre. Elle ne savait que faire. Elle aurait voulu s'excuser, ou au contraire se mettre en colère, ou tout au moins rester de marbre, comme savait si bien le faire son ancien professeur, bien qu'elle percevait sa tension. Mais elle ne fit rien de tout cela. Au lieu de cela, elle repartit simplement, dépitée, les pieds traînants, sans un mot. Le charme avait été rompu, et ce par sa faute à elle !
Pourquoi fallait-il toujours qu'elle pose LA question qui fâche ! Cet instant avait été si magnifique ! Snape avait été si … gentil, se surprit-elle à penser. Oui, gentil… il lui avait parlé avec douceur, lui avait permis de toucher ces êtres, à qui pourtant il paraissait beaucoup tenir… Etrange d'ailleurs leur relation, si douce, si respectueuse, si… amicale, si… fusionnelle presque. Elle rit alors sous cape, à l'idée que les seuls amis de Snape étaient peut-être ces magnifiques chevaux ailés ! Elle était alors décidée à demander plus de détails à Hagrid ! Entre autre, elle voulait à tout pris savoir ce qui faisait que Snape avait tant d'affinité avec ces animaux.
Severus s'attarda encore de longues minutes après le départ de Granger, pour se calmer et profiter encore une dernière fois de cette compagnie si douce et si réconfortante. Il les ferait certainement partir ce soir, avec l'accord de McGonagall ! Ils avaient besoin de plus d'espace… mais ils ne se reverraient pas avant longtemps. Il partit enfin les laissant seuls tous les deux, après leur avoir accordé un dernier regard d'adieu.
Une fois à l'intérieur, il se laissa choir dans un des fauteuils du salon jouxtant la cuisine, encore vide à cette heure, et se laissa aller à la contemplation du feu de cheminée, laissant ses pensées vagabonder sans but précis. Il était ainsi assis depuis quelques temps, rêvassant sans but précis, quand son regard se porta presque machinalement sur le linteau de la cheminée.
Il repartit dans la contemplation des serpents ornant la cheminée, comme il l'avait fait la première fois qu'il l'avait vue… Cette fois où il avait sentie cette si délicieuse sensation… cette sensation qu'il avait déjà ressentie d'ailleurs… mais où et quand déjà ?… Porté par on ne sait quel instinct, il se leva et se dirigea nonchalamment vers la cheminée. Il caressa alors presque religieusement les serpents de marbre, le gris d'abord, puis le blanc, comme pour retrouver cette sensation et mieux s'en imprégner. Il sentit cette énergie lui parcourir la main, se propager dans son bras puis son dos et enfin l'envahir peu à peu. Energie… Mais oui bien sûr !
Il sut instantanément où il avait déjà ressentie une telle « énergie » : la Magie Noire ! Cette cheminée était imprégnée de Magie Noire ! Elle était protégée de puissants sortilèges de Magie Noire : de toute évidence elle devait cacher l'accès à quelque chose d'important. Il avait un étrange pressentiment…
Et si avec un peu de chance, il se trouvait là ?...
Il s'assura que personne ne l'observait. Puis il s'empressa de fermer la porte. Il réalisa alors qu'il n'avait toujours pas de baguette et donc qu'il ne pouvait verrouiller la pièce. Il regarda autour de lui, à la recherche d'une brillante idée. Il opta alors pour barricader la porte, en coinçant d'abord la poignée par un chandelier bien placé, puis poussa un des fauteuils contre la porte. Il pria ensuite pour que cette barricade improvisée tienne le coup, et surtout pour qu'il ne soit pas déranger.
Il reprit alors son analyse de la cheminée. Deux serpents se faisant face, un gris et un blanc, avec des yeux étrangement globuleux, de la même couleur gris très clair… Qu'est-ce que cela pouvait signifier ? Emblème de Serpentard ? Certes, mais encore… Cette image lui rappelait quelque chose… Il avait l'impression de l'avoir déjà vu, d'avoir déjà vu exactement ces deux mêmes serpents, mais où…
Il se remit à arpenter la salle de long en large, fouillant dans sa mémoire, débroussaillant ses souvenirs. Il se rappela enfin avoir vu représenter ces deux serpents, avec les mêmes couleurs exactement et les mêmes positions dans un tableau. Mais quel tableau ?... Tableau… tableau… se répéta-t-il inlassablement.
Il s'assit alors brutalement sur le fauteuil resté en place et se prit la tête entre les mains, la serrant comme dans un étau, comme s'il pouvait ainsi mieux faire sortir les idées… Tableau… tableau… Oui, ça y est ! Je l'ai trouvé ! Poudlard, bien entendu ! Un tableau présent dans un des passages secrets très peu connus menant à des souterrains dans la tour Nord… Un tableau représentant une ancienne légende sorcière, s'il se souvenait bien…
L'histoire de deux frères jumeaux, mais en fait très différents, héritiers d'un royaume, … Qui a la mort de leur père s'entre-déchirèrent pour le trône et le pouvoir, l'un voulant protéger la ville et ses habitants, l'autre ne cherchant qu'à assouvir sa soif de grandeur, quitte à écraser et opprimer davantage le peuple… Ils devinrent ainsi frères ennemis, engagés dans un combat éternel, jusqu'à perdre leur âme chacun. Ils furent alors condamnés par les dieux à vivre ensemble éternellement, transformés en serpents et à se retrouver à chaque coucher de soleil, sous peine de périr tous deux dans d'atroces souffrances, jusqu'à ce que la raison l'emporte enfin et qu'ils trouvent un accord… Mais jamais ils ne purent s'entendre et errent depuis éternellement, dévorés par le feu de leur haine mutuelle, les jours tournant inlassablement pour eux, sans rémission possible. In girum imus nocte et consumimur igni (1) Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu. Tel devint leur credo pour l'éternité.
Severus n'avait jamais prêté plus d'attention à cette légende à l'époque. Mais apparemment la famille Black était grande amatrice de cette histoire quelque peu ésotérique… Soit… Quelle est donc la clé de cette « cheminée » ?… Et si ?…
Severus se leva de nouveau et se plaça devant la cheminée. Il posa précautionneusement ses mains sur chacune des têtes de serpent, sentant à nouveau la magie affluée en lui. Il inspira profondément et se concentra intensément. Il murmura alors le fameux credo des frères serpents : In girum imus nocte et consumimur igni et retint son souffle. Il sentit la magie pulser en lui, des secousses légères firent frémir les serpents de la cheminée, qui se rejoignirent et s'enlacèrent comme s'ils se combattaient à nouveau, puis leurs yeux gris clair s'illuminèrent d'une étrange lueur bleutée.
Severus hésita un instant, puis, ne voyant plus rien se produire, comme par instinct, il appuya sur les deux yeux. La secousse se fit alors plus forte sous ses mains et il sentit tout à coup son énergie se drainer insidieusement vers les serpents, comme s'ils se nourrissaient de la magie de Severus. Celui-ci eut un mouvement de recul, anxieux mais aussi curieux, se sentant se vider peu à peu de son énergie, en même temps qu'une autre énergie se mêlait à la sienne, sans toutefois totalement l'affaiblir. Il se sentait au contraire comme grisé et enivré.
Les serpents se mirent alors à tourner, d'abord lentement, puis de plus en plus rapidement. Enfin, après plusieurs tours frénétiques, comme se détachant de la cheminée, ils se projetèrent dans le feu, quasiment avalés par les flammes. Dans une dernière secousse, faisant même vibrer les murs de la pièce, le feu s'éteignit brutalement et la cheminée s'engouffra dans le mur, s'agrandissant en hauteur, laissant apparaître alors un passage de la taille d'un homme et assez étroit, d'où des escaliers descendaient dans des profondeurs obscures et froides.
Severus prit alors son courage à deux mains, se maudissant intérieurement de ne pas avoir pris au moins sa cape et sa dague… Mais il fallait faire vite, le bruit attirerait certainement les autres… Il s'empara alors d'un des chandeliers encore allumés et entreprit de suivre les escaliers, trop curieux de voir où cela pouvait conduire.
(1) In girum imus nocte et consumimur igni : palindrome latin signifiant : Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu.
Fin du chapitre 20
