Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Personnages: Arthur/Angleterre et Fem!France/Lily
Paring: Fruk
Genre: humour, romance, UA
Note: Peut être vu comme une préquelle à "Vert de Jalousie"
Boucle d'Oreille
Les deux bateaux s'étaient heurtés il y a un petit moment et les combats à bords faisaient rage. Les espagnols et les anglais se battaient avec acharnement, personne n'était prêt à abandonner ou à rendre les armes.
Armada contre Piraterie.
Trop souvent humiliée, la première n'allait pas déclarer forfait si facilement. La défaite n'était pas une option pour elle, même si elle pouvait se révéler inéluctable.
Sur le pont, deux capitaine se battaient, tout deux essentiellement vêtu de rouge, le cliquetis des épées qui se heurtaient encore et encore était la seule musique pour l'un comme pour l'autre.
«Alors Espagne, va-tu te rendre à l'évidence? Tu ne peux pas gagner contre moi, jamais tu ne le pourra.»
Arthur Kirkland, dans ses habits de pirate, était impressionnant malgré son apparence juvénile, son visage encore marqué par les rondeurs de l'enfance. Mais Antonio savait que ce n'était qu'illusion, que c'était faux, que comme lui cet être était une nation et avait déjà plusieurs siècles à son actif.
«J'espère que tu plaisantes Arthur? J'ai bien l'intention de gagner cette fois.
- Vraiment?
- Francis n'est pas là pour t'aider cette fois. Ni pour m'aider non plus, nous sommes à égalité et cela sera à mon avantage.
- Tu veux rire? Sans lui pour te tenir la main tu es incapable de m'égaler. Je te coule à chaque fois et repart avec de belles cargaisons d'or.» Railla Arthur en faisant un bond en arrière pour éviter un coup d'épée, souriant d'un air narquois et provocateur pour titiller son adversaire.
«C'est sûr qu'il préfère avoir affaire avec moi! Je ne le poignarde pas dans le dos à la première occasion moi.» Répliqua Antonio du même ton provocateur, bien décidé à avoir le dernier mot cette fois, et à gagner le duel et à pouvoir repartir avec son vaisseau si possible intact et avec sa cargaison. Ce qui n'était pas encore chose faite avec quelqu'un comme Arthur face à lui: «Qui voudrait avoir affaire avec quelqu'un comme toi? Un ivrogne, un menteur et un voleur? Un brute qui ne pense qu'à lui.
- Tu me flattes Espagne, c'est trop d'honneurs» ironisa l'anglais et parant un nouveau coup, toujours le même sourire narquois aux lèvres. Il s'amusait follement et savait que la victoire lui reviendrait, cela ne faisait aucun doute, la preuve ses hommes avaient petit à petit le dessus sur ceux de son rival.
«Jaloux de ma relation avec Francis?» S'amusa Espagne, voulant jouer la dessus pour déstabiliser son ennemi qui semblait un roc dans sa technique de combat. «Tu n'est pas très adulte là-dessus mon petit Angleterre...
- Quelle relation?» plaisanta le plus jeune sans quitter son sourire moqueur, l'air sûr de lui, plus qu'auparavant encore «N'êtes vous pas en guerre actuellement? N'y a-t-il pas des tensions entre vos deux pays?» Cependant sa voix avait prit une teinte plus sombre, comme un avertissement. Ses yeux s'étaient également plissés d'un air menaçant. «Je crois qu'il préfère encore avoir affaire avec moi.» Et Francis avait intérêt à s'y tenir, Arthur n'aimait pas partager. Il était quelqu'un de bien trop possessif et jaloux pour le supporter, même s'il n'aurait pas eu son mot à dire.
Antonio ne perçut pas la menace cachée. Il ne savait que trop bien la jalousie mordante de l'anglais vis-à-vis de ceux qui étaient trop proches de Francis. Gilbert en avait fait les frais trop souvent quand ils étaient plus jeunes et même aujourd'hui. Et même lui qui était le frère de Francis, il avait l'impression de n'être que tolérer par l'anglais dans l'entourage du français. C'était trop tentant de le titiller sur le sujet. «Tu ne l'as pas vu récemment? Il dois t'éviter alors ou alors c'est toi qui perd la main. Cela doit être bon pour moi dans ce cas.
- Je t'ai privilégié comme cible car je sais que tes caravelles transportent de l'or stupid bastard. Rien de plus. Si j'avais voulu traquer Francis, je l'aurais déjà à ma merci. Et ne change pas de sujet, avoue que j'ai raison et que tu crève juste d'envie d'avoir des nouvelles parce que ton roi ne te dit rien et que tu te retrouve sans rien savoir comme une petite colonie.»
Ulcéré par ce ton condescendant et ces paroles rabaissantes, Antonio voulut se venger en frappant là où ça faisait mal, en pleine cœur de la jalousie, et le faire crever de jalousie, assez pour le déstabiliser. Il recula d'un bond et écarta une mèche de cheveux sombre qui recouvrait son oreille gauche. «Tu vois ça?
- Oui elle est jolie ta boucle d'oreille.» ricana l'anglais, certain de sa supériorité. Il ne voyait pas encore où l'autre voulait en venir. Il rajusta son tricorne et se tint prêt à attaquer à nouveau, même s'il était curieux de voir où l'autre voulait en venir.
«Francis a la même, à l'oreille droite. C'est le symbole de notre amitié, de notre lien. Toi as-tu quelque chose de semblable avec lui? Non? Bien entendu, parce qu'il n'a rien à faire avec un sale petit whoua...» Il évita le coup d'épée d'un Arthur revanchard dont les traits s'étaient durcis, la tactique ayant quelque peu fonctionné. Il en para un autre, puis un autre, avec de moins en moins de maîtrise.
«Beau parleur mais ça s'arrête là n'est-ce pas?» Railla le plus jeune, agrémentant ses paroles d'un coup bien placé que Antonio esquiva de justesse, sentant tout de même le métal le frôler.
Peut-être avait-il fait une erreur?
C'était un peu tard maintenant.
Il reculait sous les assauts de son adversaire qui attaquait sans relâche. Arthur avait les traits figés par la colère et multipliait les attaques et les techniques.
Antonio trébucha soudain et tomba, sa tête heurtant le sol. Il resta sonné pendant quelques secondes, suffisantes pour que l'anglais prenne l'avantage. La lame se retrouva à quelques centimètres de la gorge de l'espagnol.
En voyant leur capitaine vaincu, l'équipage se rendit et il y eut bientôt des cris de joie qui résonnèrent sur le navire. Une partie des pirates se mit à charger l'or sur leur bateau tandis que l'autre partie gardait un œil sur les espagnols qui enrageaient silencieusement. Les boulet de canon furent jeté à l'eau, rendant impossible tout combat maritime. Arthur fixait avec un air moqueur son adversaire, avant de le saisir par le col.
«Je gagne toujours bastard. Rappelles-toi que je suis le maître des mers.»
Sa lame passa sur la gorge de son ennemi sans couper la peau, uniquement pour le faire frissonner sous la froideur de l'acier.
«Ce n'est que partie remise.» répondit courageusement Antonio, ne voulant pas faiblir. Il refusait de montrer la moindre faiblesse.
Arthur n'en avait cependant pas fini avec lui. Il laissa ses doigts se perdre dans les cheveux noirs, les écartant, et terminant sur l'oreille. Il attrapa la boucle et tira d'un coup sec, l'arrachant de là où elle était.
Son captif hurla de douleur, et tomba en arrière quand il fut lâché. Il porta ses mains à sa blessure. Il serrait les dents et lança un regard noir un peu embué à son ennemi.
«On fait moins le malin?» Il jeta la boucle dans l'océan et se pencha sur Antonio. «Même si tu es son frère, ne t'y crois pas trop.» Un sourire cruel ourla ses lèvres tandis qu'il se relevait, donnant un coup de pied dans l'arme du brun.
Il s'éloigna ensuite, sans un regard en arrière, persuadé de sa supériorité. Il avait gagné ce combat et savait que rien ne pouvait plus sauver l'honneur de son ennemi.
Il était le maître des mers.
Le plus puissant des pirates.
La terreur des océans.
Personne ne pouvait s'opposer à lui, le battre.
Un sourire ourla ses lèvres tandis qu'il embarquait sur son bateau, quittant celui d'Antonio. Il avait soudainement envie de voir Francis. Celui-ci ne devrait pas être trop difficile à trouver. Avec sa magie, il serait facile de le localiser.
Il lui prendrait aussi sa boucle d'oreille.
Il l'enlèverait délicatement entre deux moments de plaisir, sans même que son amant s'en rende compte.
Non il convaincrait son rival de la retirer de lui-même en plein milieu de leurs ébats.
Il avait de très bon arguments pour ça.
Fin
