NOTE :

Ephedyn : traduit du sindarin par les « Suivants » désigne le peuple des Hommes qui est sont apparus la Terre après les Elfes, c'est un terme assez péjorative visant à prouver que les Hommes ont été moins bien façonnés que les Elfes mais attention pas qu'il ne valent moins qu'eux, les Elfes ne se comparent pas aux différentes races.

Les Silmarils : Au nombre de trois, ces joyaux merveilleux sont les objets les plus célèbres et les plus précieux créés par l'elfe Fëanor, un des princes puis le roi des Elfes de la race Ñoldor. Leur vol par Melkor, puis la guerre lancée par les Ñoldor pour les récupérer, forment la trame principale du Quenta Silmarillion et du Premier Âge de la Terre du Milieu.


Chapitre XXI : Shadows Move Silently.

« Quand il est dit qu'il suffit de détruire les fondations pour abattre une forteresse, il en va de même pour l'inébranlable. »

E.


L'An 3021 avait été prédit une année paisible, la fin de la Guerre de l'Anneau et de toutes les autres guerres, le début d'une ère de paix. L'Apothéose de toute une oeuvre, l'histoire de la Terre du Milieu. Cette année était la fin du Troisième Âge mais également le début de l'ère des Hommes. Glorfindel caressa la plume avec laquelle il écrivait nuit et jour depuis la visite de Mithrandir. L'Istar l'avait gratifié d'une bénédiction, celle de se souvenir de l'elfe qu'il avait été autrefois.

De temps si anciens, bien avant que les Istari Saruman, Gandalf, Radagast et les Mages Bleus ne soient envoyés sur Terre par les Valar, sa première naissance avait eu lieu durant le Premier Âge. En ce qui concernait Gondolin, la cité cachée, Glorfindel se souvenait de l'existence qu'il y avait menée tout autant que de sa mort pour protéger son peuple lors de sa chute.

Les Valar avaient entouré cette cité spectaculaire de montagnes si hautes qu'elles embrassaient les cieux chaque jour s'écoulant et les Aigles géants de Manwë veillaient incessamment sur elle depuis les hauteurs. Ceux qui l'avaient construite y avait placé une telle magie avec l'aide d'Ulmo dont le pouvoir courait en cette eau même si l'horreur de Morgoth suivait ses rives que nul être qui n'était du sang des Elfes Ñoldor ne pouvait parvenir à Gondolin ainsi par chance.

Glorfindel se souvenait de sa chute dans le précipice en combattant le Balrog envoyé par Melkor ou comme il fut surnommé plus tard par Fëanor, Morgoth Bauglir « le Noir Ennemi du Monde » après qu'il eut volé des Silmarils, joyaux bénis par la Valië Varda. Cependant l'elfe n'avait aucun souvenir de son temps passé dans les Cavernes de Mandos auprès des larmes de Nienna, ni même de sa renaissance. Sans doute, aurait-il continué de vivre à Fondcombe sans jamais avoir le souvenir d'avoir un jour été le chef de Bar-en-Lothglor, « la Maison de la Fleur d'Or » parmi les douze ayant un jour régi Gondolin sans la clairvoyance de Gandalf.

Sa deuxième vie avait tout autant été bien rempli que la première de batailles et d'aventures dues aux mauvaises œuvres de Sauron, si loin était maintenant le temps où il se plaignait de sa vie paisible à Imladris. L'Elfe pouvait à présent se vanter d'avoir connu trois dragons en deux vies. Ancalagon qui avait causé la chute de Gondolin sous les ordres de Morgoth, Smaug qui avait enseveli la gloire des Nains d'Erebor et ce dragon inconnu qui était un jour passé au dessus de sa tête et avait ainsi attiré l'attention de Mithrandir sur lui-même.

Les manuscrits s'empilaient à présent sur son bureau et tout en retranscrivant les connaissances qu'il avait accumulée au cours de ses deux vies, l'illustre elfe songea que l'histoire ne s'achèverait pas cette année 3021 sur le somptueux mariage du descendant d'Isildur et de l'étoile du soir, le roi Aragorn et la reine Arwen Undómiel car le Quatrième Âge emplirait le monde d'inattendu. Après tout, ce dragon inconnu ne s'était toujours pas dévoilé depuis sa première apparition et 1400 ans s'étaient écoulés depuis son passage.

[ … ]

Le soleil était haut dans le ciel lorsque Legolas se réveilla, faisant jouir le monde d'un bain de chaleur. Le silence était agréable, mais la vue du Palais du Mirkwood rendit maussade l'humeur indolente qui l'habitait. Lentement, le prince se leva, indifférent à sa nudité, et remarqua ses vêtements posés soigneusement sur sa commode, la coupelle taillée dans l'obsidienne où il avait déposé sa parure de cérémonie au dessus de la pile et ses chaussures au pieds du meuble.

La vue d'un arc ébène décoré de pierres d'émeraude réchauffa un tant soit peu son humeur et le carquois de flèches qui l'accompagnait avait sagement été suspendu sur le mur près du sien. Ses pieds nus rencontrèrent la douceur de son tapis brun lorsqu'il traversa la pièce pour se placer face au long miroir de sa chambre, il rencontra son propre regard, ses pommettes un peu rose, le rouge cerise de ses lèvres donnaient l'impression qu'elles avaient été maltraitées pendant des heures, son regard glissa le long de son silhouette svelte, rasant des yeux sa peau glabre et satinée, retraçant chaque traces de morsure, chaque rougeur laissée par l'homme aux yeux verts, Harry Potter.

Un sentiment de satisfaction prit naissance en lui alors même que cette vue aurait révolté plus d'un elfe, Legolas avait une preuve irréfutable de la brutalité de la nature humaine à même sa peau, et aussi une preuve qu'il pouvait devenir selon son gré non seulement désirable mais aussi irrésistible. Son regard s'attarda longuement sur la marque qui se révéla juste derrière son oreille pointue lorsqu'il se plaça de profil, et un frisson le traversa alors qu'il pouvait encore sentir les lèvres brûlantes sillonner sa peau. Les mains chaudes caressant chaque partie de son corps. Legolas ferma les yeux et sourit, c'était un souvenir précieux, ils s'était écoulé des heures avant que le manque de sommeil ne finisse par l'atteindre. Un soupir irrité lui échappa alors qu'il se souvenait que ce rustre avait profité de son sommeil pour le ramener à Forêt Noire et il se remémora son rêve.

« Tu dois attirer mon attention sur Mirkwood. Avec quelque chose de grand, de colossale. »

Legolas se demanda en rejoignant la salle d'eau jouxtant ses appartements après un passage dans sa penderie, quelles étaient les chances que le roi ne soit pas encore au fait de sa présence impromptue au Palais Souterrain. Proches du néant assurément, il suffisait qu'une servante soit entrée dans sa chambre dans son sommeil pour que la rumeur eut fait le tour du pays, les ragots enjolivant le tout de faits toujours plus absurdes. Autrement dit, il était un elfe mort si son père avait appris par quelque magie ce qu'il avait fait, avec un Humain qui plus est. La caresse des ses cheveux sur ses reins au rythme de ses pas l'agaça au même titre que la chaleur étouffante des temps estivaux, si loin de la fraicheur des montagnes. Il pénétra dans la pièce carrelée en silence, soulagé de ne croiser aucunes servantes aux alentours et s'enfonça dans l'eau fraiche avec un soupir bien heureux. Son esprit rejoua les derniers événements depuis le mariage d'Aragorn et il entra rapidement en ébullition alors que les questions immergeaient les unes après les autres sans qu'aucune réponses ne ressorte de ses conjectures.

Par Ilùvatar, qui es-tu Harry Potter ? Et qui était-tu, Falathar ?

Si Legolas avait un jour été soulagé par tous ses mystères, ses questions l'attristaient aujourd'hui, il n'était plus enfant et il désirait ardemment tout savoir de Falathar. Ses propres secrets ne l'effrayaient plus autant qu'auparavant, il n'avait plus rien du jeune elfe qu'il avait été, il n'avait plus honte de ce qu'il était et ce mur de secrets qui se dressait entre eux lui donnait le sentiment de ne rien connaitre de celui qu'il aimait.

Il s'interrogeait, Falathar était-il seulement encore Falathar ? En choisissant d'ignorer tous les signes, est-ce que tout cela valait-il vraiment la peine de se battre pour regagner son amour ? En y repensant plus sereinement, n'y avait-il pas une raison au fait qu'il eût cessé de l'aimer ?

Falathar avait désiré qu'il vive, Harry Potter ne s'en souciait visiblement pas, et Legolas se sentait lasse. La seule chose qu'il désirait vraiment était d'avoir la chance de passer le reste de son existence dans les bras de Falathar. Vivre, mourir, peu lui importait. Mais il pouvait difficilement profiter de la chaleur de ses bras si la mort le revendiquait dans sept jours, encore moins si ce dernier s'acharnait à l'éloigner de sa présence.

Ressortant du bain, le prince se sécha et s'activa à coiffer ses cheveux en une natte qui retomba lourdement dans son dos. Une fois habillé d'un alliage blanc, Legolas se rendit compte en se retournant vers les larges miroirs de la salle d'eau que la blancheur éclatante de cet habit n'était pas sans lui rappeler celle des vêtements d'Harry Potter. Il détourna les yeux et s'agenouilla pour nouer les lacets de ses chaussures, des sandales elfiques pleines d'entrelacements complexes et minutieusement ornées par les couturiers royaux, son esprit tournoyant sans cesse sur les divers moyens à sa disposition pour attirer l'attention du reste du monde sur Mirkwood, il allait devoir passer par son père.

L'elfe longeait discrètement les couloirs afin d'éviter le plus de monde possible, son esprit rejouant toujours les moyens qu'il avait pour attirer à lui Harry Potter lorsqu'une silhouette jaillit soudainement à l'intersection. Vanrim lui ferma le chemin, un pétillement amusé dans le regard et le prince se tendit - jamais rien de bon ne ressortait de l'amusement du savant - et jeta des regards frénétiques autour de lui la recherche de la silhouette altière de son père, le Roi Elfe.

—Dans votre position jeune altesse, déclara-t-il calmement de sa voix veloutée. Je fuirais les lieux le plus tôt possible. L'expression du conseiller se fit lointaine, avant qu'il ne se concentre à nouveau sur lui. Il sait, annonça-t-il avant de jeter un rapide coup d'œil derrière lui. Et il arrive.

Legolas n'hésita pas une seconde avant de faire volte-face, filant dans le grand corridor comme s'il avait une horde de Orcques à sa suite. Il oublia même le fait que Vanrim dévoilait toujours tout ce qu'il savait au roi.

Ce qu'il avait encore une fois fait, réalisa-t-il en voyant son père apparaitre à l'autre bout du couloir. Legolas pâlit et lorsqu'il se retourna, l'elfe aveugle lui sourit gracieusement.

[ … ]

Avant même qu'il ne parvienne à destination l'on pouvait percevoir au loin la cavalerie du Rohan, les Rohirrim, comme un orchestre de percussions. À tout va, les gens du pays connu pour ses innombrables montures de toutes races revendues partout en Terre du Milieu convoyaient en direction de Minas Tirith transportant un missive de la plus grande importance à remettre au Roi du Gondor de la part de son Excellence, la reine Éowyn.

[ … ]

Il était heureux que les Valar Ulmo et Lórien eussent béni les terres de son peuple car Galadriel n'avait aucun doute que la Lothlórien serait aujourd'hui dans un état aussi monstrueux que Vertbois le Grand. Forêt qui avait eu le malheur d'abriter la forteresse de Sauron et d'être ainsi renommé Forêt Noire quand les Elfes quittèrent les arbres pour s'abriter sous la roche. C'était une tristesse bien grande que de devoir quitter sa demeure, bien qu'elle soit née à Valinor des Premier Elfes ayant peuplé le monde, issue de la race des Elfes Ñoldor. La Terre du Milieu était là où demeurait son cœur et la voir brûler dans les cendres durant cette vision avait empli son cœur d'une profonde tristesse. En cette heure, elle pouvait sentir depuis sa résidence l'émergence du Mal au loin, et ce mal-ci l'emplissait d'une terreur sans nom.

Ses mains tremblaient sous les emmanchures de sa robe blanche, alors qu'elle observait plus bas son peuple s'agiter pour rassembler les différentes processions restantes, treize cohortes étaient déjà en chemin en direction du port Mithlond « Les Havres Gris », où les attendaient le dernier navire construit par Círdan, elle craignait qu'ils ne rencontrent des Orcques ressortis des ruines du Mordor. Neuf cohortes devaient encore partir dans les mois à venir dont la sienne, et Galadriel avait soufflé quelques mots sacrés à chaque départ pour que les Valar guident leurs pas le plus loin possible des servants du Mal et de l'Ombre.

Elle quitta des yeux son peuple en entendant les pas de son époux qui s'approchait du balcon. Celeborn était aussi silencieux qu'à l'accoutumé, son imposante stature semblait en harmonie avec celle de Galadriel lorsqu'ils étaient côte à côte, tous les deux semblants toujours aussi grands, puissants et inébranlables que deux Mellyrn jumelés, un couple d'arbres dorés en effet. Elle se souvenait de la surprise qu'avait un jour provoquée les épousailles d'une Noldo et d'un fils Teleri, un Sindar. Fort heureusement, Celeborn n'avait rien du caractère impétueux qui caractérisait les siens, elle aurait été effrayée d'épouser un elfe comme le Roi Thranduil dans sa prime jeunesse, même si la notion de jeunesse et de vieillesse ne se rapportait pas aux elfes, tout n'étant une question de sagesse. Galadriel se retourna vers lui lorsqu'il arriva derrière elle et joignit leurs mains ensembles.

— Nous n'avons plus beaucoup de temps, lui souffla-t-elle en relevant les yeux vers lui, remarquant avec un sourire les deux petits cercles d'or qui avaient rejoints l'hélix de son oreille gauche. Elle va bientôt débuter.

Celeborn lui rendit son sourire malgré la tristesse qui peignait ses mots.

— La Dernière Grande Guerre épargnera les nôtres, assura-t-il.

[ … ]

Au Gondor, la reine suivait de près l'agitation qui régnait sur le Conseil des Communes du Gondor, les nouvelles lois qu'essayait introduire le roi étaient prises avec scepticisme par les très âgés gouverneurs des onze régions du Gondor. Pas qu'ils ne soient beaucoup plus âgés que son époux, ces hommes-ci vieillissaient simplement plus vite car Aragorn venait de fêter son quatre-vingt dix-neuvième anniversaire et sans avoir la barbe blanche et la peau recouverte de rides, il était même plus âgé que la plupart de ses subalternes. Arwen elle-même était encore plus ancienne que son époux.

Les lois en question étaient en premier lieu une interdiction irrévocable pour tout Homme (incluant les femmes) demeurant en Terre du Milieu de pénétrer dans la Comté, le résidence des semi-Hommes et en second lieu, une restriction sur le port d'armes du peuple simple en dehors des temps de guerre. Certains affirmaient que le peuple avait besoin de se protéger des bandits et des voleurs, ce à quoi Arwen aurait gentiment rétorqué que si les bandits n'avaient plus ni dagues ni flèches, il serait bien plus aisé de s'en défaire mais puisque la parole ne lui fut pas prêté, elle garda cette pensée pour elle.

Ce principal argument amena au troisième projet de sa Majesté : donner une nouvelle tâche aux anciens guerriers, celle de protéger le peuple des dits-bandits, chose dont l'ancien régent du Gondor ne s'était visiblement pas soucié en laissant les contrées les plus éloignées de la capitale sombrer dans la violence et le chaos pendant plusieurs années. Avec la protection du roi, le peuple n'avait nullement besoin de se défendre par lui-même et les bandits n'auraient plus accès aux armes de combats les plus dangereuses car leur acquisition se limiterait exclusivement aux gardes. Même si ces dispositions ne les empêcheraient pas de brûler des granges pour voler du bétail et des chevaux ou de poignarder des gens dans la rue avec un couteau de cuisine pour s'approprier leur or, cette nouvelle surveillance freinerait considérable ce genre de comportements dangereux. Les bandits seront moins promptes si des soldats menés par un chevalier du roi rasaient les rues de chaque région.

— Votre Majesté, éructa la voix sèche du gouverneur du Lamedon - région fertile situé aux pieds des Montagnes Blanches - interrompant de ce fait le débat houleux sur l'importance des armes entre les deux gouverneurs respectifs de l'Anórien « Pays du Soleil » et de Belfalas. Je pense être de l'avis de tous en assurant en qu'il est un peu tôt pour instaurer ses nouvelles lois, le mystère du tremblement de terre qui a secoué le pays n'a après tout toujours pas été résolu.

Aragorn s'apprêtait à répliquer lorsqu'un garde pénétra les lieux, coupant court à la discussion.

— Majesté, Excellence, s'inclina-t-il tour à tour devant les membres de la couronne. Un messager vient d'apporter une missive urgente de la reine du Rohan.

[ … ]

Son père le regardait comme s'il ne désirait rien de moins que de le faire pendre pour outrage, Legolas s'attendait presque à ce qu'il se lève et vienne lui hurler des insanités mais le roi Thranduil n'avait jamais été ainsi ou peut-être l'avait-il été un jour, plein de vie, mais ce jour avait été avant la naissance du prince. La procession jusqu'au bureau du roi s'était fait dans un silence funèbre et à présent, son père installé sur son siège le dévisageait silencieusement, son visage lisse comme le marbre, illisible. Ni lui ni Vanrim n'avaient été autorisé à s'asseoir, en fait, Legolas aurait presque oublié la présence du scribe s'il ne s'acharnait pas lui-même à le fusiller du regard.

Quand la voix de son père perça enfin le silence, Legolas aurait presque préféré un coup, mais ce n'était pas la façon de faire du roi, son ton froid et tranchant fidèle à lui-même.

— Ton impureté est une disgrâce à la couronne.

Ses mots, prononcés calmement, fouettèrent l'air.

— Elle est une insulte à notre sang, une parjure à mon nom.

Le dégout à peine voilé le fit frissonner et il détourna le regard, incapable de croiser une seconde de plus ce gouffre sans lumière qu'étaient les yeux de son père lorsqu'il était fou de rage. Legolas voulut s'enquérir sur ce qu'avait bien pu lui rapporter son espion personnel pour le mettre dans une telle colère mais les mots d'une manière ou d'une autre restèrent bloqués de sa gorge, la peur peut-être le rendit aussi muet qu'une tombe.

— REGARDE-MOI QUAND JE M'ADRESSE À TOI !

Le prince tressaillit violemment au brusque changement de ton, et se retourna juste à temps pour voir le roi quitter son siège. Il resta un moment stupéfait de voir son père perdre son sang froid, se recomposant seulement lorsqu'il lui saisit la mâchoire pour le forcer à le regarder droit dans les yeux. Le souffle du fils se heurta et il choisit la manière la plus délicate de se sortir de ce genre de situations : faire profil bas, se taire, comme toujours avec son père, c'était le meilleure attitude à adopter. Même si Tauriel à sa place aurait défendu son point de vue comme un taureau en charge, le prince y voyait un effort vain qu'il produirait.

— As-tu donc perdu l'esprit ? Aurais-tu été capable d'insulter plus encore ton peuple qu'en agissant de la sorte avec humain ?

Legolas ne put s'empêcher de jeter un regard meurtrier à Vanrim, droit et aussi insensible que la justice dans un coin de la pièce, pour avoir aussi révélé cette information très dispensable.

— NE RESSENS-TU DONC AUCUNE HONTE ? N'AS-TU DONC AUCUN HONNEUR ?! rugit son père en resserrant douloureusement sa poigne sur lui, l'arrachant efficacement aux promesses de mort que son regard lançait au scribe.

Legolas garda les lèvres closes, refusant de laisser ses paroles glisser en lui. Son honneur n'était en rien entaché par son comportement, son honneur était sa fierté qu'il considérait intacte jusqu'à alors. Son paternel le repoussa brutalement, finissant par accepter qu'il n'y avait rien à retirer de lui.

— Ce n'était pas un Homme, finit par murmurer Legolas, une fois que le roi se fut réinstallé sur son siège.

Le regard qu'il lui accorda aurait pu glacer le sang d'un mort, mais le prince ne se rétracta comme l'aurait sagement fait tous les habitants de cet forêt face à ce regard. Il repensa à Falathar, à ces mots et sut que quelque chose de grand était sur le point de se produire. Il repensa au regard hypnotique d'Harry Potter, à la noblesse de son âme, à son humanité et se redressa, la tête haute, sans aucune honte. Et l'expression du roi changea, la surprise se peignant de manière surréel sur le visage de marbre et il vit Vanrim arborer la même expression foudroyé.

— Et qu'était-ce d'après toi, Legolas ? le questionna le roi en se penchant vers lui, son regard le scrutant attentivement, analysant le moindre de ses gestes.

— Quelque chose d'important est sur le point d'arriver, mon père, répondit-il patiemment, certain de la véracité de ses mots. Je ne sais avec exactitude ce qu'il est mais je vous assure qu'il est bien plus qu'un Homme.

Thranduil échangea un regard avec l'elfe aveugle, et la vue perturba quelque peu Legolas, les capacités sensorielles du voyant étaient toujours aussi stupéfiantes. Pouvoir voir non sans voir mais en pressentant les choses avant qu'elles n'arrivent était tout bonnement effrayant.

— Tu séjourneras dorénavant au Sanctuaire afin qu'ils lavent la souillure qui te recouvre, statua finalement le roi en tendant la main vers la flûte de cristal qui trônait sur son bureau, Vanrim lui servit du nectar avec un automatisme de longue date. Je ne veux pas d'un héritier qui batifole avec les Ephedyn [les Suivants] dans ma demeure, ajouta-t-il d'un ton polaire.

— Que c'est dommage, murmura ironiquement Legolas d'une voix inaudible lorsque les moines, capuchons blancs rabattus, entrèrent dans la pièce d'un geste du roi, les Enfants du Sanctuaire. Il n'avait nullement l'intention de perdre son temps compté dans ce monastère d'elfes zélés. Les rites ancestraux ? À quel moment s'y était-il jamais attaché ? Malgré leur importance et leur valeur, ces coutumes n'avaient jamais contribué qu'à lui compliquer l'existence.

Les moines n'agirent pas immédiatement, lui laissant le choix de les accompagner noblement et d'être trainé comme un malpropre. Son père avait été rapide, traitant la besogne ingrate qu'il était avec une efficacité redoutable, ce comportement le laissait songeur. Quelque chose s'était passé en son absence, quelque chose d'assez important pour que le roi ne souhaite pas qu'il le gêne dans ses travaux et d'assez inquiétant pour avoir avoir écorché sa légendaire constance. Peut-être n'aurait-il pas attirer le regard d'Harry Potter sur Mirkwood alors, il devait découvrir ce qui s'était passé.

Legolas s'avança vers les moines et s'arrêta lorsqu'un visage chaleureux lui traversa l'esprit.

— Tauriel… Où est-elle ? s'enquit-il promptement, se retournant sans la moindre hésitation car Tauriel aurait dû être la première personne à croiser son chemin depuis son réveil.

Le roi ne lui accorda même pas un regard, sa simple présence lui semblait être insupportable, il le congédia d'une simple phrase.

— Préservée de ton influence nuisible.

Legolas quitta dignement la pièce sur ses mots durs, son être entier exultant de lumière sans même qu'il n'en ai conscience, chaque ombre mourant sous son sentier de lumières, les regards s'accrochèrent à sa personne tel un essaim d'abeilles, et l'or du palais retrouva une vivacité sans nulle pareille. Thranduil rapporta son regard sur la porte lorsqu'elle fut refermée, son fils emmené en lieux sûrs, et Vanrim n'eut également besoin que d'une phrase pour tout ébranler.

— La prophétie, mon roi… est sur le point d'être révélée.

[ … ]

Galadriel depuis son estrade suivit des yeux l'homme gravissant les interminables escaliers torsadant l'arbre de sa demeure en compagnie de Mithrandir et se retourna vers le plateau lorsqu'ils atteignirent la dernière marche. Celeborn était à ses côtés, il ordonna aux gardes d'ouvrir les portes. Mithrandir pénétra les lieux en premier, son sceptre de bois claquant contre le sol et l'étranger le suivit derrière remarquant peine les regards suspicieux dont il était victime, ses gardes ne cachèrent pas leur inimité. Si ses vêtements n'avaient pas été si étranges et bien faits malgré les évidentes traces d'usure et de saleté, il aurait pu tout aussi bien être un homme de Gondor ou du Rohan. Mais Galadriel vit mieux que cela, cet homme n'était d'aucun de ses pays, ni même d'une région lointaine, si son expression ébahi n'était pas une preuve suffisante son air foudroyé lorsqu'il posa les yeux sur elle fut tout à fait parlant.

— Salutations, Mithrandir, noble étranger, les accueillit-elle gracieusement et Celeborn inclina la tête de concert avec elle. Que la paix règne dans vos cœurs.

L'humain qui l'accompagnait semblait toujours figé, la bouche béante mais le Mage s'inclina solennellement à son tour.

— Salutations Dame Galadriel, Seigneur Celeborn, que la paix règne sur votre demeure.

— Quel bon vent vous amène jusqu'en Lothlórien, mon vieil ami ? s'enquit poliment la reine en descendant de son estrade pour les mener vers ses jardins. Deux gardes les suivirent et Mithrandir le regarda faire non sans une once de surprise.

L'humain s'émerveilla de la vue de ses jardins enchantées, Galadriel sourit doucement en le voyant se baisser vers les fleurs corolles se redéployant sur une couleur nouvelle à intervalle régulier dans un mouvement circulaire, l'étranger les observa faire avec fascination.

— J'ai croisé ce voyageur blessé dans la forêt de Fangorn, répondit enfin Mithrandir, regagnant de ce fait l'attention de l'étranger. Nous sommes venus en Lothlórien afin qu'il soit soigné dans les plus brefs délais.

Galadriel hocha la tête remarquant avec amusement que les yeux de cet homme revenait s'attarder à intervalles réguliers sur leurs oreilles pointues, cela renforça son intuition, cet homme ne venait définitivement pas de la Terre du Milieu. Celeborn appela des servantes pour qu'elle emmène l'homme se faire soigner, la reine des Elfes du Sud put remarquer par sa raideur que certaines de ses côtes devaient être brisés. Cette vue l'inquiéta et lorsque l'homme hésita à suivre ses servantes, elle se retourna vers l'Istar, un pli soucieux sur le front. Se pourrait-il que cet homme eut le malheur de tomber sur des Orcques ou des gobelins ?

— Vous pouvez les suivre en toute sécurité, mon jeune ami, s'employa à le convaincre le Mage Blanc. L'homme fronça les sourcils comme s'il voulait poser une question mais en avisant sa présence et celle de son époux, il changea d'avis et quitta les jardins en compagnie des servantes.

Galadriel se retourna presque immédiatement vers l'illustre mage lorsqu'il fut hors de vue.

— Qui est cet homme, Mithrandir ?

Gandalf soupira longuement avant de répondre.

— Son nom est Sirius Black, et je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il est. Son apparition est encore plus mystérieuse que celle du jeune Falathar, car de sa venue les Dieux m'en avait averti, ce n'est aucunement le cas de cet homme.

Galadriel contint à peine sa surprise à l'entente du nom passé sous silence, et le Mage éclaira bien vite ce fait.

— Le sort a été brisé, tout être l'ayant connu se souvient à présent même si tous n'en ont pas encore conscience.

Galadriel acquiesça d'un mouvement de tête et reprit leur promenade dans un paisible silence alors que tous pesait l'importance de ces mots.

— Je peux sentir la magie de cet homme, déclara-t-elle après un long moment. Il sera important pour la guerre à venir.

— Je sais, soupira l'Istar, caressant sa longue barbe blanche d'un air songeur. C'est la raison pour laquelle je l'ai amené jusqu'ici, Galadriel.

Il se retourna vers Celeborn, lui adressant la parole pour la première fois depuis son arrivée.

— Cet homme a grand potentiel, seigneur Celeborn. Formez-le jusqu'au jour de votre départ et il se battra au nom des Elfes de Lórien.

Galadriel sourit paisiblement à son ami de longue date.

— Vous nous offrez donc un Guerrier Sorcier dont les pouvoirs lui octroieront la force de cent elfes, déclara-t-elle.

— Non, la contredit-il, je vous confis un Chevalier fort comme cent qui œuvrera sans jamais faillir pour le triomphe du Bien.

Celeborn et Galadriel le regardèrent quitter leur demeure dans un silence qui valait mille mots. Ainsi fut scellé le destin de Sirius Black.

[ … ]

Aragorn et Arwen regardèrent tous les deux le messager du Rohan entrer dans le Cercle des Reliques de la Grande Bibliothèque du Gondor. C'était un jeune homme blond qui n'avait absolument pas l'habit d'un véritable messager, un cousin de la famille royale à n'en pas douter car il se dénommait Théodur. Il ignora les plus somptueuses œuvres exposées dans ses lieux tel que la dague en mithril d'Aragorn I, le manteau de la fille maudite du seizième roi, ou la dernière fresque préservée de l'Île du Númenor. Non, son regard accrocha directement un vieux grimoire poussiéreux que ni le roi ni la reine n'avaient jamais vu dans le Cercle. La réouverture des portes du Cercles des Reliques interrompit le trio et Gandalf le Blanc, aussi éclatant que le jour, entra dans la pièce cloisonnée.

— Mithrandir ? s'étonna Arwen, l'apercevant la première.

— Gandalf ! l'accueillit chaudement le roi du Gondor en le reconnaissant à son tour et le Mage s'inclina profondément en les avisant tous les deux.

— Aragorn, Arwen, la gouvernance vous réussit de ce que j'ai pu voir, les complimenta-t-il avec affection. J'ai ouïe dire qu'un message important est sur le point d'être transmis, aurais-je tort ?

— Non, Messire. C'est un message de la plus grande importance d'après ma reine, répondit immédiatement Théodur en soulevant précautionneusement le vieux grimoire.

— Et quel est-il, jeune messager ? l'interrogea doucement Arwen lorsqu'il revint vers eux, l'épaisse relique en mains pour la déposer sur une table vierge, son geste libéra un nuage de poussière.

Théodur lui offrit un sourire maladroit en ouvrant le livre, son regard jeune évita de s'attarder trop longtemps sur son visage lorsqu'elle s'approcha de la table.

— Je ne sais ce que contient le message de la reine, Excellence, mais je sais qu'il est dans ce grimoire, débutant à la douzième page pour les douze mois d'une année.

— Hmm, marmonna Gandalf en ressortant sa longue pipe de sa robe blanche. Une prophétie à n'en pas douter.

Arwen et Aragorn se retournèrent tout deux vers lui et Théodur continua d'exposer à voix haute les instructions de la reine du Rohan sans plus prêter attention au monde l'entourant, ses doigts effleurant les pages comme une brise légère.

— S'étalant sur quatre pages pour les quatre saisons d'un cycle, poursuivit-il dans un souffle. À la neuvième ligne de chacune pour les neuf mois d'une grossesse. C'est un message composé par les quatre points cardinaux, le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest, de quatre phrases.

Gandalf fixa attentivement le jeune cousin de la reine Éowyn lorsqu'il se redressa, de la poussière sur les doigts, pour prononcer les mots qui scelleront à jamais le destin de la Terre du Milieu.

[ … ]

Les oiseaux du jardin de Dame Galadriel s'envolèrent d'un même orchestre lorsqu'un vent se souleva depuis le Grand Nord et vint déposer le premier givre sur le sol de sa demeure. Les feuilles dorées de ses arbres gémirent sous le bise glaciale et elle écouta le message que vint lui souffler le vent du Roi des Cieux et de tout ce qui peuple les Airs, la Prophétie ainsi Révélée.

« Quand le ciel se couvrira de sang, et que le feu en jaillira par torrents,

Une lumière percera les ténèbres d'une nuit sans fin et régnera sur les implorants.

[ … ]

Assis sur son immense trône, le Roi Elfe Thranduil contempla les yeux vides de son scribe alors qu'il prononçait d'une voix d'outre-tombe les paroles portées par le souffle immortel du plus puissants des Valar pour que chaque âme en prenne conscience, Manwë les gracia de la Prophétie Révélée.

Par la grâce des Valar, un homme viendra alors frapper à vos portes sous ce ciel furieux,

Offrez-lui demeure ou il vous maudira pour l'éternité car son appel n'échappera qu'aux orgueilleux.

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Avec la seule compagnie de son frère Éomer, Éowyn chanta du haut de sa tour les paroles qui avaient toujours hantées ses nuits tout en scellant ses lèvres.

Quand les Ombres s'abattront sur les foyers et qu'un froid sans saison soufflera depuis le Grand Nord,

Une lumière percera les ténèbres d'une nuit sans fin et délivrera les âmes des Premiers Maudits.

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Depuis les profondeurs du Mordor, les ténèbres s'étendirent dans l'esprit de Draco Malfoy, ayant ainsi la chance de percevoir le souffle du vent et le message divin qu'il transporta jusque son âme en peine pour lui insuffler un peu d'espoir.

Par la volonté souveraine, un homme viendra alors frapper à vos portes pour rallier sous une même bannière les peuples forts,

Doté des Feux Sacrés, il sera l'artisan du triomphe du Bien ou sa plus grande perte contre le Mal jadis prédit. »

— Une lumière percera les ténèbres, murmura le sorcier depuis les abysses.