Bonjour à tous et à toutes !
Me voici après plusieurs semaines de retard pour trois nouveaux chapitres. Je m'excuse une énième fois de ce retard, mais pleins d'évènements ont retardé mon retour sur FF!
J'espère que vous avez passé trois bonnes semaines, et que ce laps de temps ne vous a pas fait fuir !
Une d'entre vous est venue me voir en privé pour me dire qu'elle avait été outrée (Je ne sais pas si c'est le mot adéquate) de mes remarques face au manque de review. Elle n'a surement pas été la seule à le ressentir de la sorte, alors je tenais à m'excuser de celles ou ceux que j'aurais pu offenser d'une quelconque manière par ma démarche. Mais je tiens aussi à vous dire, que je ne parle pas seulement en tant qu'auteur, mais aussi en tant que lectrice, ayant été moi-même celle qui passait sans reviewer pendant plusieurs années. J'ai compris par la suite, grâce à plusieurs auteurs, que mon comportement n'était pas forcément le plus respectueux envers eux, qui se donnaient parfois du mal à tenir leur délai, à trouver l'inspiration, ou même à organiser chaque semaines des mini-concours.
Il m'a été aussi reproché d'écrire pour la review, alors que la publication était d'un ordre gratuit, et que si il y'avait des reviews, tant mieux, sinon tant pis. A cela je répondrai que j'ai commencé coeur de loup, je l'ai fait pour moi, mais aussi pour tous les fans de Harry Potter, et des Animaux Fantastiques qui comme moi, se connectent des dizaines de fois à la recherche d'une fanfiction à lire. J'ai essayé pendant des mois de tenir mes délais, de publier de façon hebdomadaire et d'essayer de répondre et de lier le plus de contacts avec vous, parfois (souvent) même au détriment de mes cours. Enfin, je ne regrette rien à cette mise en garde un peu brutal -car déjà je n'aurais jamais cessé de publier, même si je n'avais pas eu de reviews- et parce que certain(e)s ont peut-être pris conscience (comme moi à une époque) que laisser une review c'était aussi un partage super sympa avec l'auteur et que, grâce à cela, j'ai rencontré ici des personnes formidables que j'adore lire chaque semaine.
Voila, je vous laisse enfin à vos trois chapitres, en espérant qu'ils vous plaisent, et je m'excuse une fois de plus pour mon absence et la brutalité de mes propos au sujet suscité
Le paysage défilait à toute vitesse par la fenêtre alors que je parcourais les couloirs du Poudlard Express. Les sorciers n'étaient pas nombreux à rentrer pour les vacances d'hiver et le train était calme. Ma ronde se terminait dans quelques minutes et je marchais déjà en direction du compartiment où Sylver m'attendait depuis plusieurs minutes. En ouvrant bruyamment les portes, le blond leva les yeux de son livre.
- Tu lis toi ? Dis-je étonnée.
Il leva son livre vers moi et le titre Le Quidditch à travers les âges se découpait en grosses lettres.
- On a eu de la chance, dis-je en passant ma main sur mon front, c'était moins une et j'appelais le bureau des aurors pour utilisation d'un Imperium sur ta personne !
Il rigola et tendit son majeur dans ma direction, dans un signe peu glorieux.
- Alors tes vacances ? Me questionna-t-il.
- Inattendues, dis-je simplement. Et toi ?
- Trop courtes, rigola le blond, tu as eu des nouvelles de Julia ?
Mon sourire se fana. J'avais couru de tous les côtés durant deux semaines et n'avais même pas pensé à Julia une seule seconde. J'étais une terrible amie et ma bouche se tordit en une grimace assez révélatrice.
- Je vois, lança-t-il sur un ton de reproche. Tu as des efforts à faire Letanny.
- Elle t'en a parlé hein ? Devinai-je.
Il ne répondit pas et replongea dans sa lecture, me laissant m'embourber dans mes propres erreurs. Il avait raison de me le reprocher, j'avais promis à Julia de lui écrire et j'avais brisé mes promesses. Elle était ma plus proche amie dans le château et je la plaçais en second plan depuis quelques temps. Je jetai une œillade à Sylver qui ne daigna pas lever un regard vers moi et ouvris ma besace, fâchée.
Je sortis les correspondances de Dina que m'avait laissé la vieille dame avant de me mettre à la porte. Un énième coup d'œil vers mon ami m'apprit qu'il ne s'intéressait pas le moins du monde à mes activités, et je plongea dans ma lecture. J'avais encore deux heures de train devant moi et comptais bien les mettre à profit.
Une heure plus tard, je lâchai des yeux les quelques lettres et m'étira de tout mon long, grandissant mon dos devenu douloureux par ma position prolongée. Sylver dormait sur la banquette opposée, et un filet de bave dégoulinait de la commissure de ses lèvres. Appétissant. Les lettres avaient trois destinateurs différents. Olga que je devinais être la fameuse « O » du billet de train, Kristov Tcherbakoff, le fameux auteur mystérieux et Michel…
J'avais dû relire les lettres plusieurs fois pour être sûre que tout ça soit réel, que ce ne soit pas un rêve. Elles étaient toutes écrites en anglais, surement pour que leur contenu soit illisible par les russes. La première lettre d'Olga datait de quelques jours avant l'arrivée de Dina sur le sol anglais.
Elle expliquait qu'elle leur avait tout prévu, qu'ils pouvaient partir sans craintes, qu'ils auraient passé la frontière avant que quelqu'un se rende compte de quoi que ce soit. La vieille dame avait donc tort : le père de l'enfant n'avait pas abandonné Alexandra, il avait été empêché de partir.
Dans la deuxième lettre, datant cette fois ci du mois de mai alors que Dina était en Angleterre, Olga s'excusait de tout ce qui s'était passé, elle disait qu'elle ne comprenait rien à ce qu'il avait bien pu se passer, qu'ils avaient été trahis, qu'elle se sentait terriblement coupable que son amie soit seule dans un pays étranger et sans repères.
Dans la troisième et dernière lettre, deux mois plus tard, elle promettait de taire le secret de sa grossesse, qu'elle était très triste du déroulement des choses, qu'elle s'en voulait énormément et que la déchirure dans sa famille était terrible. Elle promettait aussi à Dina de lui envoyer de l'argent pour qu'elle puisse élever plus convenablement son enfant. C'était surement les dernières nouvelles qu'elles avaient reçue l'une de l'autre.
Kristov Tcherbakoff avait lui écrit deux lettres à Dina. Il était le demi-frère d'Alexandra. Dans sa première lettre, terrible, il expliquait que c'était lui, lui qui avait tout raconté, qui avait dénoncé les plans de sa sœur. Qu'elle faisait une énorme bêtise et qu'il ne pouvait pas la laisser partir sans intervenir. Il lui expliquait alors qu'il l'espionnait depuis des semaines et qu'il avait tout raconté quelques jours avant la fuite de son compagnon, avant qu'il la rejoigne pour partir en Angleterre. Il ne s'en voulait pas, il préférait la savoir loin « de son influence néfaste ».
Dans la deuxième lettre, plus brève et datant de deux mois après l'arrivée de Dina, il expliquait qu'il avait fui et qu'il était recherché. Dina l'avait surement mise lui aussi au courant pour l'enfant car il la suppliait de ne rien révéler, de ne pas le dire à ce « démon » qu'elle portait son enfant. Il disait que malgré sa place de majordome au château il n'était plus en sécurité, et cette lettre était en réalité une lettre d'adieu. Il y avait joint aussi son livre pour qu'elle le mette « en sécurité ».
Un bruit sourd me sortit de ma torpeur et je sursautai. Sylver avait lâché son bouquin en bougeant.
- Espèce d'imbécile, murmurai-je en posant une main sur mon cœur.
La dernière lettre, celle du père de l'enfant, Michel, datait du jour du départ de Dina. Il expliquait qu'il avait changé d'avis qu'il ne la rejoindrait pas, qu'il ne partirait pas avec elle. Il était dur dans ses propos, froid et distant. J'avais relu la lettre des dizaines de fois. Comment un homme qui avait prévu de tout plaquer pour s'enfuir avec une femme pouvait lui parler si froidement, changer d'avis si brusquement, être si détaché, sans pitié.
Il semblait s'être moqué d'elle, dans une cruauté sans limites. La pauvre avait tout abandonné pour lui, son frère, sa patrie. Elle s'était retrouvée seule en Angleterre, sans argent, sans amis et enceinte de son enfant. Elle était morte dans un appartement miteux, seule et humiliée. Je supposais que son corps avait ensuite était jeté dans une fosse commune de Great Sutton. Sa vie ressemblait tellement à un enfer que ça semblait irréel. Et ce pauvre garçon en payait les frais. J'eus un pincement au cœur en sachant qu'il avait peut-être encore un parent dans la nature et qu'il ne le savait même pas.
La corne du train m'assourdit et celui-ci décéléra brusquement, signalant notre arrivée en gare. Sylver se réveilla dans un sursaut et je me dépêchai de ranger mes affaires. Nous sortîmes du train dans la cohue, et dehors, malgré la fraicheur du soir, le ciel était encore clair. Sylver traina nos valises dans une des charrettes et je partis à sa suite, contemplant le château dont les tours pointues grignotaient le ciel.
OOO
- Et elle t'a vraiment cru ? Rigola Newt à l'autre bout de la pièce.
- Je suis pas sure, mais en tout cas elle a fait comme si, rigolai-je à mon tour.
On avait repris nos vieilles habitudes de se rejoindre dans la salle sur demande lors de mes rondes nocturnes. Newton s'occupait de la salamandre alors que je me battais depuis plusieurs minutes avec les botrucs. Dans un coin de la pièce, le niffleur dormait paisiblement, derrière des barreaux assez serrés pour éviter que la petite créature se fasse la malle une fois de plus. C'était réconfortant de reprendre nos habitudes, d'entendre sa voix, ses rires. J'entendis ses pas se rapprocher et il s'immobilisa à quelques mètres. Je l'imaginais avec son petite sourire en coin, s'amusant de me voir gesticuler dans tous les sens, séparant les petites créatures en guerre.
- Tu penses qu'on y arrivera ? Dit-il soudainement, qu'on arrivera à vivre comme ça ?
Je me retournai vers lui. Il était assis sur un seau retourné, et arrachait l'écorce d'un bout de bois innocent.
- Pourquoi pas ? Répondis-je en m'asseyant à côté de lui. Tu es fait pour ça Newt. Je pris un bâton entre mes mains et commença à le décortiquer minutieusement. La routine c'est pas pour toi, t'as besoin de voir plus grand. Tu mérites plus grand.
Il resta silencieux quelques secondes, jeta son bâton et en prit un autre.
- Et toi Leta ?
- Moi mon truc, c'est d'être là où tu es, dis-je dans un sourire.
Il leva ses yeux pétillants vers moi, et je ris doucement.
- Tu nous imagines nous, les explorateurs du bout du monde ? Lança-t-il en levant la main devant lui, écrivant la phrase invisible devant nos yeux.
- A l'affut de tous les dangers, rentrai-je dans son jeu.
- On deviendra peut-être célèbre, remarqua-t-il.
- Aucun doute là-dessus, rigolai-je sérieusement. Tu seras le premier… le premier… magizoologiste ! Dis-je, enjouée.
- Magizoologiste ? Répéta mon ami.
- Oui ! Lançai-je sur le ton de l'évidence. Le premier sorcier à étudier les animaux fantastiques !
- Magizoologiste, réfléchit-il, ça sonne bien ! Et toi tu seras mon acolyte, comme Merlin et Arthur !
- Fleury et Bott !
- Barjow et Beurk ! Rigola-t-il.
- Oh non pas Barjow et Beurk ! Rigolai-je à mon tour.
Nos rires se fanèrent après quelques secondes mais mon sourire semblait tatoué sur mon visage, inépuisable. Je ne pouvais pas être plus heureuse quand cet instant. Tout semblait si évident, si clair et limpide. Je voulais lier mon destin à Newton, sceller nos deux vies. Rien n'était désormais plus important que lui, moi, et le voyage de notre vie.
- Je t'aime Letanny.
OOO
- Tu as rien dit ! Cria Julia.
- Je sais c'était nul ! Je suis nulle ! Me lamentai-je
- Bon sang Leta il va falloir te réveiller un jour ! Me réprimanda l'italienne. Tu ne peux pas rester silencieuse alors que le garçon qui t'aime -et que TU aimes- te le dit pour la première fois !
- Beh la preuve que si… dis-je en tentant un vague sourire.
- Letanny y'a rien de drôle ! S'exaspéra-t-elle. Il a dit quoi ?
- Rien, lançai-je, à force il a compris que je suis aussi sotte qu'un troll quand on me parle d'amour.
Julia s'affala sur le dossier du fauteuil, désespérée. Je lui fis la moue et je vis un sourire poindre sur son visage démoralisé. Après quelques grimaces de singe, elle capitula d'un rire franc.
- Tu es bête Leta, pouffa-t-elle.
- Je sais, dis-je malicieusement, je fais tout de travers, tout le temps. Même avec ma meilleure amie…
Je la regardai du coin de l'œil et elle me lança un regard grave.
- Je sais pas comment tu fais pour me supporter parfois, avouai-je, je suis incorrecte et égoïste, et toi tu continues à faire comme si de rien n'était. Je ne mérite pas autant d'amour de ta part Julia.
Je la fixai dans les yeux à présent. Sa mine grave s'était transformée en une moue compatissante, et un sourire protecteur.
- Je n'ai qu'une sœur Leta, dit-elle les yeux brillants, je ne compte pas m'en détacher pour si peu.
OOO
La cloche annonçant la fin de la journée venait à peine de sonner et je passais déjà les grandes doubles portes de la bibliothèque. Mrs Bingley leva à peine les yeux, grommelant une sorte de « bonjour ». Apparemment j'étais passé dans la ronde très fermée des « rats de bibliothèque ». J'aperçus au loin la petite tête blonde que je cherchais.
- Salut, dis-je en m'approchant, je peux m'asseoir ?
Le petit garçon approuva d'un signe de tête et je pris place à ses côtes.
- C'est quoi ? Demandais-je en donnant un signe de tête sur son parchemin.
- Un devoir de soins aux créatures magiques, répondit le jeune garçon.
- J'y jette un coup d'œil ? Demandai-je. Je me débrouille pas mal dans cette matière.
Le petit garçon acquiesça et je pris son parchemin entre les mains, parcourant son écriture un peu brouillon. Je rectifiai quelques erreurs sous les yeux attentifs du gryffondor.
- Tu viens pas souvent à la bibliothèque, notai-je sans lever les yeux de son devoir.
- Oui je sais, mais j'ai décidé de venir un peu plus souvent, répondit-il innocemment.
Je souris intérieurement. C'était un petit garçon débrouillard. Je ne m'inquiétais pas pour lui, il se donnerait les moyens d'y arriver.
- C'est quoi ton prénom ? Lançai-je en levant enfin les yeux de la copie. Tiens, ça devrait être bon comme ça.
- Mikhail, répondit-il.
- Salut Mickaël, le saluai-je en tendant une main dans sa direction, moi c'est Letanny, mais appelle-moi Leta.
- Je sais, dit timidement le lion.
Je lui souris. Ses joues rondes de l'enfance laissèrent apparaître deux petites fossettes en retour.
- Tu sais, commençai-je en chuchotant, ton livre, tu l'aurais pas avec toi par hasard ?
- Si, pourquoi ? Tu le veux ? Lança Mickaël, content de m'être utile.
J'acquiesçai alors qu'il sortait le livre de son sac beaucoup trop large pour ses fines épaules. Je saisis le bouquin entre mes mains alors qu'il approchait son nez au-dessus des pages griffonnées, curieux.
- Tu n'as pas des devoirs ? Laissai-je entendre.
- Oh, si, bien sûr, lança le petit garçon en plongeant son nez en trompette dans ses parchemins.
Je parcouru les chapitres à la recherche des informations qui m'intéressaient. Les noms défilaient sous mes yeux à toutes vitesse et je m'arrêtai sur une page bien précise de l'arbre généalogique : la fratrie du tzar.
Mes suppositions étaient justes. Le tzar Nicolas II avait trois frères et sœurs, Xenia l'ainée, Michel son petit frère et Olga la cadette. Je regardai le petit garçon à mes côtés. Ce petit bonhomme aux joues roses et au nez retroussé n'avait même pas idée de la noblesse de son sang. C'était un Romanoff, descendant direct du frère du tzar. Le sang royal coulait dans ses veines.
Maintenant le cheminement semblait logique. Kristov et Dina travaillaient au palais royal. Je supposais que Dina devait être la servante d'Olga pour qu'elles se connaissent si bien, et Michel était tombé amoureux d'elle. Un amour intolérable aux yeux de la noblesse, aux yeux de son frère le tzar. Mais pas pour Olga qui était la petite protégée de son frère Michel, qui aurait donné sa vie pour lui. Dina et Michel ont donc essayé de fuir mais Kristov a dénoncé sa sœur et le frère du roi, et celui-ci s'était ravisé au dernier moment, abandonnant Dina à son sort tragique.
Restait à savoir pourquoi Michel ne s'était pas battu pour sa belle, pourquoi il avait capitulé si vite, et j'avais ma petite idée derrière la tête…
