Coucou les loulous, vous allez bien ?

Nous restons du côté de Sentâ et Koyâ pour ce chapitre, on retrouvera Uchiha et Hyûga dans le suivant ;) Mais avant de vous laisser à votre lecture, réponses aux reviews^^

Malyss64 : coucou genin, merci pour ta review ;) Heureuse de te retrouver et vivement que je puisse aussi te lire ;) Argh, pauvre Neji… XD Bisous ma belle^^

Lilimoys : coucou, merci pour ta review ;) Merci beaucoup pour tous tes mots, c'est gentil *-* C'est du travail mais j'y prends plaisir^^ Je suis contente que la rencontre de Sasuke et Naruto t'ai plu ;) et rassurée que j'arrive à ne pas trop dénaturer le caractère des persos. Ça arrive bientôt, Shikamaru et Hinata vont bientôt se rencontrer ;) Oh merci *-* Oui je les ship complètement en ce moment^^ Très contente que tu ais adoré « En colle », c'est un de mes OS favori :P On est d'accord sur Hinata et sur Shika aussi ;) La suite est là ! J'espère qu'elle te plaira. Merci de ton soutien ;) Bisous

Cicidy : coucou, merci pour ta review ;) Ah ah, oui Temari va être plus réceptive comme tu dis mais pas pour ce que tu crois^^ Je ne peux rien dire sur ce qui va se passer évidemment ;) Hum, Gaara… Eh bien je ne dirais rien sur lui mais peut-être vas-tu choisir avec ce chapitre^^ Bisous ;)


PARTIE I

Chapitre 18 : Décision inattendue

Perchée sur le mur d'enceinte, Temari balayait les containers des yeux, cherchant à déceler la silhouette de Pakun. Elle remuait imperceptiblement les lèvres en appelant l'espion du Kage, espérant qu'il allait venir. Elle n'avait d'autres options pour échapper à la menace de son père que d'échanger les informations que voulait Pakun contre sa liberté.

Une part d'elle avait la sensation de trahir son clan, de trahir sa famille, mais une autre part d'elle, plus forte, ne cessait de se répéter que son clan méritait la haine du Kage et de ses anbus. Sa famille avait du sang sur les mains, des atrocités à se faire pardonner et des vies à racheter, elle en était convaincue depuis plusieurs années. Et puis, elle ne cessait de s'encourager en se disant qu'en trahissant Rasa et Gaara, elle sauverait les filles du sanctuaire et même Matsuri.

Son cœur palpitait d'appréhension et ses murmures inaudibles n'amenèrent pas l'espion alors elle grimaça de colère et d'angoisse. Son frère Gaara était avec Sari en ce moment-même, le temps lui était compté. Si Sasori l'avait quelque peu rassurée en l'informant que la jeune fille avait réussi à s'en tirer sans coup les deux fois précédentes, Temari savait que cela ne durerait pas éternellement.

Elle retint sa respiration et écarquilla les yeux en voyant un mouvement suspect près d'un container, reprenant espoir. Se levant de son assise pour mieux voir, elle pria muettement avant de regarder autour d'elle. Aucun des gardes-frontières n'étaient proches alors elle se pressa de descendre du mur d'enceinte pour courir aussi vite que possible vers les usines de Sentâ.

Arrivée au container suspect, elle se stabilisa brusquement en faisant face à une jeune femme brune arborant l'emblème Uchiha sur son épaule gauche. Temari se mit immédiatement sur l'offensive, prête à attaquer l'intruse au moindre mouvement brusque. La Uchiha restait dans sa posture décontractée, tenant négligemment sa hanche d'une main.

_ Qu'est-ce qu'une Uchiha vient faire près de Koyâ ? questionna Temari avec colère.

_ Elle est avec moi.

Temari se tourna vivement en reconnaissant la voix de Pakun et retint son sourire de soulagement en le voyant la saluer d'une main, l'autre étant dans la poche de son pantalon. Elle n'abaissa pas sa garde pour autant, n'appréciant pas la présence de l'Uchiha.

_ Et pourquoi elle est là ? demanda-t-elle, méfiante.

_ Parce que je n'aime pas rester les bras croisés quand des salopards violent des jeunes filles dans ma ville, répondit Izumi.

Lâchant sa hanche, l'Assassin s'approcha pour la contourner et rejoindre son actuel binôme, continuant d'expliquer ses raisons :

_ J'ai dans l'idée de les chopper, de les destituer de l'arme du crime et de la leur faire bouffer jusqu'à ce qu'il s'étouffe avec. Pas toi ?

Temari avait envie d'approuver l'idée pour avoir ressenti un nombre incalculable de fois des envies de meurtres envers Rasa et Gaara. Mais elle garda le silence, ne pouvant sciemment les livrer à ce sort. Elle détestait l'attachement qu'elle gardait pour son père et son frère alors qu'elle haïssait tout ce qu'ils étaient et représentaient.

Kakashi voyait le désarroi dans le regard de l'héritière de Koyâ. Il avait esquissé un sourire masqué à la façon presque poétique qu'avait eu Izumi pour décrire sa sentence, mais n'avait pas quitté la No Sabaku des yeux. Elle semblait moins sûre d'elle que les fois précédentes et son instinct lui soufflait qu'il n'aurait pas besoin de l'influencer avec les fraîches informations qu'il détenait.

Il remarqua le regard en coin de l'Uchiha et s'avança vers la blonde.

_ Je veux juste des informations, dit-il pour jauger l'héritière.

_ Je vous les donnerai.

Kakashi la regardait droit dans les yeux. En plus de son hésitation évidente, il décelait l'angoisse dans ses pupilles.

_ A quel prix ?

_ Je demande à négocier avec le Kage, ma liberté contre le démantèlement du clan No Sabaku.

Kakashi et Izumi gardèrent le silence, l'un n'étant pas si surprit de la tournure des évènements au vue de ces quelques minutes et l'autre affichant sa surprise. Izumi fut la première à rompre le silence en demandant à la No Sabaku d'exposer ses conditions pour définir ce qu'elle entendait dans « sa liberté ».

Temari s'exécuta en demandant la protection des anbus et un logement protégé. Elle assura qu'en retour, elle fournirait tout ce qui leur serait nécessaire pour faire arrêter son père et son benjamin ainsi que pour anéantir leur business. Elle ajouta qu'elle pouvait même rallier des habitants de Koyâ à sa démarche, faisant sourire Izumi.

_ Dans deux nuits, j'attendrai ici. J'espère vous y voir, termina Temari.

Les saluant d'un hochement de tête, elle recula de quelques pas avant de se détourner pour regagner prudemment le mur d'enceinte sous le regard neutre du binôme atypique.

Kakashi gardait les mains dans ses poches alors qu'Izumi avait repris sa hanche. Elle n'avait pas fait grand-chose, Hatake avait visiblement déjà capté la confiance de l'héritière.

_ Si le Kage refuse…, commença Izumi.

_ Il acceptera, la coupa-t-il. Elle peut faire tomber le réseau de prostitution, ça vaut plus cher qu'un appart à l'hôtel privé des anbus.

_ Pourquoi ne pas l'avait retenue dans ce cas ?

Kakashi haussa les épaules. Temari No Sabaku ne devait sûrement pas ignorer que sa requête serait acceptée, qu'elle leur ait donné rendez-vous dans deux nuits signifiait sûrement qu'elle avait des détails à régler. Il se détourna de l'enceinte de Koyâ et Izumi le suivit sans attendre de réponse, l'ayant devinée.


« Traître » injuria mentalement Naruto pour qualifier son père, ce qu'il ne cessait de faire depuis une heure que son binôme indésirable conduisait la voiture. Minato avait fini par céder à ses plaintes. Naruto avait été tellement content d'être écarté du terrain qu'il ne s'était pas méfier quand sa mère l'avait invité à boire un thé. « Traître » se répéta-t-il en serrant la mâchoire.

Evidemment, il aurait dû s'y attendre, Kushina était dans la confidence, il était même certain que Minato l'avait appelé dès qu'il l'avait quitté pour qu'elle soit son arme de persuasion. Sa mère était vraiment douée pour cela, il n'avait pas pu résister quand elle lui avait dit : « Hashirama-sama serait tellement heureux d'apprendre qu'un Uzumaki et un Uchiha collaborent sur une mission ». Elle attaquait toujours les sentiments ! « Traîtresse » pensa-t-il.

Derrière le volant, Sasuke regardait attentivement la route. La veille, il avait appelé Shisui pour avoir des informations sur l'Uzumaki. Son cousin lui avait partagé ses connaissances qui étaient en lien avec le clan Senju, n'ayant pas accès aux fichiers des anbus. Sasuke avait donc appris que celui avec qui il devait faire équipe était le représentant Senju à la Tour du Kage. Un titre qu'il n'aurait jamais cru possible mais que l'anbu Mitarashi avait confirmé. Elle avait ajouté qu'il y avait aussi un représentant Sarutobi depuis que le clan avait rallié le gouvernement mis en place par Minato Namikaze.

C'était complètement idiot, mais il jalousait le blond. Il ne cessait de se contredire muettement, bataillant pour savoir s'il devait suggérer à son grand-père qu'il devienne le futur représentant Uchiha auprès du Kage ou si cette idée n'était pas complètement idiote. Posséder ce titre ne serait jamais aussi prestigieux qu'être le successeur de Madara, mais c'était tout de même une responsabilité importante. Voulant se renseigner, il fronça les sourcils et jeta un coup d'œil à l'Uzumaki. Avec neutralité, il questionna :

_ C'est quoi ton rôle de tête pensante si t'es pas un anbu de terrain ?

_ En quoi ça t'intéresse ? répliqua abruptement Naruto.

Il intercepta le coup d'œil de l'Uchiha qui soupira de désolation.

_ Binôme, tu saisis le sens de ce mot ? nargua-t-il.

Naruto fronça les sourcils. Non, définitivement, il n'aimait pas cet héritier prétentieux. Il le fusilla du regard en serrant la mâchoire.

_ Humilité, tu saisis ou faut que je t'explique ? rétorqua-t-il.

Sasuke sourit d'amusement, appréciant la répartie. Il garda le silence le temps de sortir de la voie express pour en rejoindre une autre. Il jeta alors un regard à son équipier temporaire.

_ Représentant Senju à la Tour du Kage, reprit-il avec une pointe de compliment. Je vois la tête pensante, mais pas l'anbu.

_ T'es un… Assassin, Uchiha, clama Naruto en arquant un sourcil. Peut-être crois-tu que les autres clans de Konoha n'ont pas leurs « nouveaux samouraïs » eux aussi ?

Il mima les guillemets et intercepta le regard furtif de son vis-à-vis qui devait rester concentrer sur la route.

_ Tu peux dire que je suis un Assassin Senju, sauf que moi je travaille pour mon quartier autant que pour ma ville.

Sasuke fronça les sourcils. Chaque Assassin Uchiha veillait à la sécurité de Konoha autant qu'à celui de Honô. En quoi étaient-ils différents ? Parce que ce blondinet était reconnu par son Chef autant que par le Kage ? Et alors, il avait une longueur d'avance en sachant que Minato Namikaze était son père ! Il soupira intérieurement, cette excuse n'était pas valable pour le Sarutobi titré comme représentant à la Tour du Kage.

Naruto replongea dans ses représailles muettes envers ses parents pendant que Sasuke tentait de se convaincre qu'il pourrait avoir aussi ce titre s'il en parlait à son grand-père. En remplissant correctement cette coalition, il mettrait toutes les chances de son côté ! Fier de son idée, il garda le silence. Ils avaient encore pas mal de route pour atteindre Suna.


Temari traversait les couloirs de la Tour du sable dans le but d'aller voir son frère après avoir été rendre visite à Matsuri. Elle ne l'avait pas informée qu'elle partirait cette nuit, ne voulant pas la mettre en danger, mais elle avait voulu la voir avant de quitter Koyâ. Si au début Matsuri n'avait été pour elle qu'une fille comme Yumi, Rina et Sari, avec le temps, la jeune femme était devenue son amie. Elle s'était attachée à elle et à sa force de caractère cachée par cette fragilité que Gaara avait fait naître en elle.

Leur discussion avait tourné autour de l'héritier et de Sari. Matsuri lui avait partagé son idée de redevenir celle que son fiancé voulait pour libérer la réservée de son emprise et cela semblait fonctionner d'après elle. Temari s'était désolée de voir le visage de son amie marqué d'une coupure à la lèvre et ses yeux refléter un certain mal-être. Mais Matsuri avait tenté de la rassurer en lui disant que ce n'était pas grand-chose et que depuis, Gaara n'avait pas envoyé Sari à l'infirmerie.

Elle se rendait donc dans les appartements de Kankurô pour, tout comme Matsuri, lui dire au revoir sans le prévenir et tenter pour la énième fois de faire comprendre à son frère que Matsuri avait besoin de son soutien.

Elle n'aimait pas savoir que son petit frère se terrait dans sa culpabilité. Elle savait. Les regards que Kankurô offrait à Matsuri étaient gorgés de regrets et, un soir de beuverie où elle avait été le récupérer à la sortie d'un bar, l'alcool lui avait délié la langue. Temari l'avait entendu dire qu'il voulait offrir à Matsuri l'amour que Gaara lui refusait.

Tournant à gauche au bout du couloir, elle cessa son avancée en voyant son plus jeune frère venir à grande enjambée vers elle. Apparemment, il revenait du sanctuaire. Les paroles de son père tournèrent en boucle dans sa tête. Elle ne put empêcher la colère de gorgée son regard et croisa celui glacial de son benjamin qui esquissa un sourire mesquin.

_ Les menaces te rendent efficace, argua-t-il avec supériorité.

Comprenant qu'il faisait allusion à l'état de santé de Sari et à la menace qu'il avait suggérée à leur père, Temari serra les poings en ne baissant pas le regard. Gaara s'arrêta juste devant elle et sourit mesquinement.

_ C'est dommage, ajouta-t-il à voix basse. Je me serais fait une joie de te remettre à ta place.

Elle grimaça quand Gaara renifla subjectivement ses cheveux et s'écarta de lui en le fusillant du regard.

_ T'es vraiment qu'un sale monstre, ragea-t-elle entre ses dents serrées.

Le visage de Gaara se déforma pour afficher du dégoût alors qu'il s'apprêtait à gifler sa sœur. Mais n'ayant plus rien à perdre, Temari ne se laissa pas faire et se défendit avec autant de hargne qu'il en montrait. Elle esquiva son coup et se recula promptement en préméditation d'un autre à suivre. Enervé, Gaara dégaina son wakizashi et l'attaqua de nouveau, ne supportant pas qu'elle lui résiste encore.

Elle lui avait toujours résisté, que ce soit par son fort caractère ou par ses actes. Elle était exactement le genre de femme qu'il aimait mais leur lien fraternel mettait un frein à ses envies. Il la haïssait pour le simple fait qu'elle ne serait jamais à lui alors qu'elle était tout ce qu'il désirait.

Il fut partagé entre excitation et colère en la voyant esquiver ses assauts acérés et bien qu'elle se défendait comme une tigresse, elle ne l'attaquait pas en retour, le laissant jubiler de sa supériorité. Temari était persuadée que dès qu'elle baisserait sa garde, il la transpercerait de son wakizashi et sachant qu'elle ne faisait pas le poids face à lui, elle préférait assurer sa survie en évitant de prolonger cette confrontation.

Elle savait que Gaara irait immédiatement rapporter leur altercation à Rasa pour lui faire exécuter sa menace, mais elle ne s'en inquiéta que brièvement en pensant à sa future fuite. Quand son benjamin esquissa un sourire satisfait dans lequel se lisait sa folie, elle recula d'un bon mètre avant de lui tourner le dos en vue de s'enfuir. Voyant cela, Gaara se lécha les lèvres et envoya son wakizashi de toutes ses forces dans sa direction. La lame trancha le bras de Temari avant d'aller se planter dans le mur d'en face, arrachant un cri de douleur à la blonde.

Elle porta immédiatement sa main sur la blessure, ayant cessé sa course et se tournant vivement vers Gaara, la peur lisible dans ses prunelles vertes. Elle le regardait s'approcher d'elle avec angoisse et elle recula jusqu'à être bloquée contre le mur. Gaara fut devant elle aussi rapidement qu'elle retint sa respiration. La regardant ardemment, il décrocha son arme du mur et esquissa un sourire satisfait.

_ N'ai pas peur, grande sœur, chuchota-t-il.

Il glissa la pointe de son wakizashi sur sa joue, la faisant trembler d'appréhension, ce qui lui arracha un nouveau sourire.

_ Je ne te ferai aucun mal, continua-t-il alors que son arme descendait sur sa gorge. Pas avant de faire de toi ma nouvelle réservée… Je ne laisserais pas un si beau lot à Sasori…

La respiration de Temari s'accélérait sous la peur et elle ferma les yeux en priant pour que Kankurô sorte de ses appartements au plus vite. Mais son frère cadet n'était pas à la Tour du sable et les couloirs restèrent déserts. Gaara laissa échapper un rire mutin en la voyant apeurée puis il rangea son arme dans son fourreau avant de la quitter, se rendant au bureau de son père avec la ferme intention de l'envoyer au sanctuaire.

Après de longues secondes, Temari ouvrit les yeux en laissant couler des larmes. Elle remarqua qu'elle était de nouveau seule dans les couloirs et expira en tremblant, évacuant la peur et reprenant contenance. Soulevant doucement sa main, elle grimaça en voyant sa blessure et, oubliant sa visite prévue à Kankurô, elle prit la direction du sanctuaire pour se soigner.

. . .

Sasori vit sa cousine lui jeter un regard en passant devant la porte ouverte de son bureau. Il fronça les sourcils en voyant du sang sur sa main tenant son bras. Immédiatement, il se leva et la suivit jusqu'à l'infirmerie où il lui ordonna de s'installer sur le lit. S'exécutant, Temari garda le silence et suivit son cousin des yeux pendant qu'il fouillait les placards pour s'armer de tout ce dont il avait besoin afin de la soigner.

Il revint ensuite vers elle et lui fit retirer sa main. Il grimaça en voyant que la blessure était profonde, craignant ce qui avait pu la blesser ainsi. Se saisissant d'une seringue, il mesura un anesthésiant local qu'il lui administra sous son regard et un silence chargé d'angoisse.

Peu à peu, Temari se détendit et Sasori commença ses soins en nettoyant la plaie pour pouvoir la suturer.

_ Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il.

_ Gaara me veut comme sa réservée, dit-elle platement.

Sasori cessa ses gestes et la fixa dans les yeux un moment. Elle voyait la peur gorger ses pupilles ambrées et lui offrit un bref sourire qui ne le rassura pas pour autan0t. Regardant de nouveau la plaie, il jeta la compresse ensanglantée et entama les sutures.

_ Tu as trouvé pour t'enfuir ?

Temari ne le lâchait pas des yeux sans répondre à sa question, ayant perçu l'angoisse dans sa voix. Il tremblait légèrement, concentré à la tâche. Elle avait enfin compris les mots de son cousin et n'avait cessé d'y penser. Elle n'en était pas certaine et n'oserait lui poser la question mais elle avait l'impression que Sasori l'aimait.

_ Pourquoi tu ne t'es pas enfuis toi ? demanda-t-elle, récoltant un bref coup d'œil.

_ J'ai voulu, quand j'ai su pour mes parents, avoua-t-il en regardant ses gestes. Et puis, Obaasan m'a ramené à la raison.

_ Et tu n'y as pas repensé depuis ?

Sasori cessa ses soins et la fixa. Oui, il y avait repensé, plus d'une fois. Et puis il était tombé amoureux d'elle et tout avait changé depuis. Il ne pouvait partir sans elle et avait imaginé un milliard de fois s'enfuir avec elle. Mais elle n'avait cessé de le détester. Il détourna le regard.

_ Non, répondit-il.

Il se concentra pour terminer les sutures, essayant de penser à autre chose que l'idée qu'elle puisse finir au sanctuaire et être la réservée de Gaara. Il fit le dernier nœud et s'éloigna pour se laver les mains.

Temari regardait le travail de son cousin. Elle allait avoir une sacrée cicatrice sur l'avant-bras. Elle se remit comme elle était quand Sasori revint avec une compresse pour nettoyer le sang. Il lui appliqua ensuite une pommade et lui fit un bandage.

_ Je m'en vais ce soir, dit-elle tout bas alors qu'il terminait.

Elle accrocha ses yeux ambrés. Depuis la menace que lui avait faite son père, elle n'avait cessé de penser à Sasori et aux mots qu'il lui avait dits. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle ressentait pour son cousin : de la gratitude ? De la compassion ? Des remords … ? Elle savait seulement qu'elle avait peur qu'il lui arrive quelque chose après son départ, comme pour Matsuri et Kankurô. Elle détourna le regard et reprit d'une voix toujours basse :

_ Je peux faire cesser tout ça et tu peux m'aider. J'aimerais… qu'on puisse se contacter pour échanger des infos… Je sais que c'est risqué et…

_ D'accord, accepta-t-il.

Elle sourit discrètement. Il n'avait pas hésité une seconde pourtant, il se mettait en danger. Elle se leva du lit métallique et lui fit face. Elle lui donna un téléphone portable en précisant que son numéro était déjà inscrit au répertoire et qu'il fallait qu'il la contacte par message. Acquiesçant, Sasori releva son regard sur elle, recevant un sourire.

_ On se revoit bientôt, assura-t-elle.

Il hocha la tête et la regarda se détourner en vue de quitter l'infirmerie. Quand elle attrapa la poignée de la porte, il lui prit la main pour la retenir.

_ Tema attends, supplia-t-il.

Elle attendit et tourna la tête vers lui, fixant son regard au sien.

_ C'est…, hésita-t-il avant d'inspirer profondément. Ça fait des années que j'suis dingue de toi et maintenant… tu ne me déteste plus et tu pars, tu…

Il soupira en détournant le regard ne voulant pas qu'elle voit ses yeux s'humidifier.

_ Je voudrais juste, juste une seule fois…

Sasori ne put finir sa phrase en voyant sa cousine s'approcher de lui en s'humectant les lèvres. Son cœur battait à un rythme effréné alors qu'il tenait toujours sa main dans la sienne. Il ferma les yeux quand elle fut toute proche de lui et la laissa venir frôler leur joue. Il s'imprégna de son odeur sucré, gardant les paupières closes pour ne pas rompre ce rêve éveillé. Il sentit son souffle se mêler au sien puis ses lèvres se poser sur les siennes.

Temari le sentait trembler alors qu'il lui lâchait la main pour venir caresser sa mâchoire, approfondissant le baiser qu'elle avait initié. Elle ne savait pas réellement ce qui lui avait pris, peut-être était-ce juste une façon de le remercier et de s'excuser. Pourtant, les paupières closes, elle savoura chaque caresse que lui offrit Sasori. C'était la première fois qu'elle était embrassée de cette façon, avec autant de… sentiments.

Lorsqu'elle osa agripper une main à sa chemise, il rompit délicatement le baiser en gardant son front collé au sien.

_ Merci, susurra-t-il avant de rouvrir les yeux en s'éloignant.

Il sourit en la voyant. Elle rougissait et le vert de ses yeux brillait, il en était comblé.

Temari mis quelques secondes à se reprendre, ayant encore envie qu'il l'embrasse. Cependant, elle recula et détourna le regard pour ouvrir la porte de l'infirmerie. Elle le regarda brièvement avant de la refermer. Sasori pencha la tête en arrière en fermant les yeux. « Bon sang » pensa-t-il, ce baiser allait le hanter.

Longeant le couloir du sanctuaire, Temari se caressa les lèvres de son index, déboussolée. Elle avait vraiment apprécié le baiser de Sasori et cela la perturbait. Elle n'avait aucun sentiment amoureux pour son cousin. Elle tenait à lui, certes, mais comme elle tenait à un membre de sa famille. Elle fronça les sourcils et lâcha ses lèvres en se disant qu'elle avait fait une erreur en l'embrassant. Elle ne voulait pas le faire espérer quoi que ce soit. « Merci ». Avait-il compris qu'elle l'avait embrassé pour… le remercier ? Ou s'excuser peut-être ?

Elle grogna de frustration, ne sachant elle-même pourquoi elle avait fait cela. Avait-elle eu autant de rancœur contre lui parce qu'elle lui en voulait pour ce poste qu'il occupait ou parce qu'il représentait plus qu'un cousin à ses yeux ? Avait-elle été jalouse de ces filles qui recevaient la tendresse de Sasori ? Elle respira profondément pour chasser tout cela de son esprit en quittant le sanctuaire.

Comme elle faisait chaque soir, elle prit la direction des murs d'enceinte et alla saluer les gardes-frontières sous ses ordres avant de se rendre à son poste habituel. Son sac était déjà prêt, attendant dans un coin à l'abri des regards indiscrets. Elle le prit et regarda derrière elle, voyant son quartier briller sous les lumières des échoppes, des restaurants et des bordels.

Elle respira profondément et prononça des excuses muettes envers son frère cadet, Matsuri, les filles au sanctuaire et son cousin puis détourna le regard et descendit du mur pour rejoindre les containers au pas de courses. Elle n'était pas sereine, espérant ne pas se tromper en passant un marché avec le Kage. Elle espérait tout autant ne pas tomber dans un piège visant à faire d'elle une prisonnière et une monnaie d'échange.

Quand elle plaqua son dos contre un des containers, la respiration haletante, elle ferma brièvement les yeux. Puis elle soupira d'appréhension avant de se ressaisir. Ouvrant les yeux, elle vit les silhouettes de Pakun et de la Uchiha s'approcher d'elle. Méfiante, elle fronça les sourcils en les regardant se poster devant elle. L'Assassin lui offrit un hochement de tête que l'espion du Kage imita avant de prendre la parole :

_ Minato Namikaze accepte vos conditions, déclara-t-il.

Elle refreina un sourire de soulagement pour se contenter d'un hochement de tête. L'anbu l'invita à les suivre et après une énième seconde d'hésitation, Temari obtempéra. Son cœur battait rapidement, ses mains étaient moites, mais elle ne cessait de penser à toutes ces femmes qu'elle pourrait aider en trahissant son clan. A Matsuri.

_ Izumi Uchiha, se présenta officiellement l'Assassin en regardant l'héritière de Koyâ.

Celle-ci hocha la tête, cachant être impressionnée qu'une noble de Honô travaille avec le Kage.

_ Kakashi Hatake, imita l'anbu, grimaçant en voyant son regard réprobateur. Pakun est mon chien.

Temari ne dit rien pour la simple raison que la divulgation de leur réelle identité lui prouvait qu'elle ne fonçait pas dans un piège. De toute manière, avait-elle vraiment le choix maintenant ?


23/03/2019

Prochain chapitre : « L'erreur de Fuki Hyûga »