Voila un nouveau chapitre... je m'excuse platement de ne pas l'avoir posté ce weekend, mais vous avez dû constater une mauvaise conjoncture... Avec la rentrée, vient le travail... beaucoup, beaucoup de travail... et comme c'est la terminale, j'ai cessé de jouer les fumistes... Autant dire que mon rythme de parution risque de ralentir au cours de l'année, je m'en excuse d'avance...
Enfin, ça c'est ma vie et on s'en fiche, parlons plutôt de ce chapitre... M + 10 égale F !... étrange n'est-ce pas ? Mais contrairement à ce que vous craignez de ma part, ça veut dire quelque chose... C'est une... "formule" qui, à défaut d'être mathématique, illustre la crise de conscience de notre cher colonel... Mais arrêtons-nous ici et passons au chapitre !
Chapitre 21 : M + 10 égale F ! (Roy)
Face à l'absence de visite du jour, j'en pris mon parti pour éplucher le Harlequin. Cette histoire était tellement… stupide. Le châtelain de Frontignac, militaire de renom, grand quadragénaire aux tempes grisonnantes, hautain, ironique et mordant, tombait sous le charme d'une « fraîche jeune fille » (autrement dit bête comme ses pieds) qui s'était engagée comme servante. Evidemment, ça finissait bien et tout le monde était content. Comment pouvaient-ils lire des histoires aussi nulles ? Et comment moi, Colonel précoce et gâté par la nature, j'en arrivais à lire les frasques du noble libertin ? Ce sale type est égoïste, prétentieux, paresseux, dragueur et cynique. Il cumule un sacré paquet de défauts !
Ohohoh ! C'est tout toi, ça !
Comment ça c'est tout moi ? Je suis pas noble, moi ! Je suis pas un sale dragueur, moi ! Je suis pas un sale égoïste comme lui !
Oh que si ! Tu te rappelles Pauline ?
Mais elle, c'est pas pareiiiil !
Et Leila ? Et Sabrina ? Et Sandrine ? Et…
C'est bon, arrête, pensais-je, si on fait toute la liste, on en a pour longtemps.
Tu vois que t'es un libertin aussi ! De toute façon, c'est simple, t'es le même avec dix ans de moins.
A ces mots, je refermai le livre dans un claquement, excédé contre moi-même, et éteignis la lumière.
Je peux encore faire ce que je veux, non ? Tu me soules à me faire la morale… Oui, je suis immoral, je sais ! Et alors, j'en suis fier ! …Bon, ok, j'en suis pas si fier que ça.
Je gardais un long moment de silence radio dans l'espoir de m'endormir. En vain.
– Non, je ressemble pas à un héros de harlequin, dis-je à voix haute comme pour m'en convaincre.
- J'peux pas dire, je l'ai pas lu, fit une voix rauque.
Je tournais la tête vers la porte avec surprise. Le Fullmetal se tenait sur le seuil de la porte entrouverte et me regardait d'un œil noir. J'eus le temps de constater qu'il avait l'air fatigué et de mauvaise humeur.
- Comment ça se fait que tu oublies de frapper à la porte ? demandais-je sombrement.
- Comment ça se fait que vous parliez tout seul ? répliqua-t-il du même ton.
- Cas de conscience… expliquais-je avec un soupir désabusé. Tu peux pas comprendre…
- C'est pas plutôt que vous vous emmerdez ? demanda-t-il d'un ton sec.
Il était vraiment pas de bon poil… et pas disposé à tourner autour du pot non plus.
- C'est pas faux… heureusement que tu m'avais apporté un peu de lecture.
- Justement, je venais le récupérer, expliqua-t-il.
Tiens, il a besoin de se justifier pour aller me voir ?
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne lecture pour toi, dis-je en repensant à mon rêve. T'es un peu jeune.
- Je ne suis plus un gamin, vous savez, c'est pas un livre qui va me faire peur. Et puis ça m'énerve de ne pas savoir de quoi vous parlez.
- Bah, je vois… Complexe d'infériorité, tout ça tout ça… fis-je, le faisant rougir de colère.
– Vous arrêtez de vous foutre de moi de temps en temps ? demanda-t-il.
Je levais les yeux au plafond en faisant semblant de réfléchir, ce qui laissa au petit le temps de monter en pression.
– Quand je dors ? répondis-je avec un sourire moqueur
Cynique comme l'officier de Frontignac ! persifla une petite voix intérieure.
Toujours est-il que les oreilles du Fullmetal rougirent un peu plus. Même si c'était cruel, ça me faisait du bien de pouvoir transmettre mes frustrations à quelqu'un. En plus, c'était un des rares moments qui brisaient ma solitude de grand malade. Vivement que ça finisse !
Je m'aperçus alors que le Fullmetal n'avait pas bougé ni répondu. Il me fixait d'un œil noir qui faisait ressortir son air fatigué. Je sentis mon cœur rebondir contre mes côtes de façon inhabituelle. Est-ce que ce gamin arrive à me faire peur !
– En parlant de dormir, dis-je pour rompre le silence tendu qui s'était instauré, tu devrais peut-être aller de coucher.
–…
– Il est tard pour les enfants.
Cette dernière flèche décochée sembla enfin réveiller le Fullmetal qui, plutôt que de s'énerver contre moi, parti en claquant la porte avec un telle violence qu'elle rebondit et resta entrouverte.
– Ah, et n'oublie pas d'être poli avec les diplomates ! ajoutais-je en haussant la voix.
… raclure, commenta laconiquement la petite voix.
Ta gueule !
J'étais vraiment pas d'humeur à ce qu'on liste mes mauvaises actions.
– Deuxième service ! S'exclama Hugues quelques heures plus tard en entrant dans ma chambre avec un grand sourire qui ne parvint pas à dissimuler totalement ses cernes.
Il portait un plateau repas, du même genre que celui que j'avais eu à midi. Il avait sans doute harcelé le personnel pour pouvoir le porter personnellement, quitte à ce que mon repas soit à minuit et demie. Je poussais un soupir, à la fois las de ses débordement et réconforté de voir qu'il ne m'avait pas complètement oublié.
– Mais personne ne sait frapper à la porte ou quoi ? demandais-je dans un murmure histoire de dire que j'étais ronchon.
– Tu disais ? demanda Hugues avec un air candide, fichant en l'air tous mes plans.
– Laisse tomber, soupirais-je en me rasseyant dans le lit. File-moi plutôt la bouffe, et raconte-moi ce qui c'est passé aujourd'hui.
– Ah bah plein de choses ! La délégation est arrivée hier, ça a vraiment été le bordel… Ils ont envoyé promener des clients de l'hôtel pour avoir leurs chambres, et ils ont tempêté comme quoi tu étais irresponsable, que c'était une honte.
– Quoi ? Mais qu'est-ce que je leur ai fait ?
– Rien, justement ! Tu n'étais pas là à leur arrivée… Et comme tu est le plus haut gradé, ils te considèrent pratiquement comme un déserteur.
– Mais attends, j'avais quarante de fièvre ! Ils croyaient quand même pas que l'allais venir pour leurs beaux yeux ?
– Visiblement si… Ils sont super hautains, tu sais ?
Hau-tain, comme toi, hau-tain, comme toi ! chantonna une petite voix désagréable dans mon esprit que je chassais d'un signe de main.
Il n'y a qu'avec les autres politiques qu'ils sont aimables… D'ailleurs, on a passé l'essentiel du tour de garde à les surveiller pendant qu'ils mangeaient… ce matin, c'était pareil parait-il… à croire qu'il font que ça !
– A ce point ?
– Ben, ils ont passé une heure à petit déjeuner, à midi, il se sont arrêté dans un restaurant… pour en ressortir à trois heures et demi, quatre heures… j'ai commencé mon tour de garde au moment du thé… ils ont passé deux heures à causer macarons… ils ont pas l'air pressés d'entrer dans le vif du sujet !
– Ah ouais, soufflais-je, impressionné. C'est des types comme ça !
– Tu sais pas le pire… à sept heures et demi, ils sont rentrés à l'hôtel… ils ont directement embrayé sur l'apéro. Quand je les ai quitté, ils entamaient le fromage… Maintenant, ils doivent en être au dessert, fit-il en regardant l'horloge.
Il était une heure et quart.
Le lendemain, je me réveillais dans un état à peu près correct. Enfin, l'à peu près n'avait pas droit à la parole. J'étais bien résolu à reprendre mes activités, même si ça signifiait passer la moitié de la journée à regarder les dignitaires manger dans des quatre étoiles. Je m'étirais, motivé ni parce que je sentais vraiment guéri, ni parce que j'avais envie de faire ce qui se profilait… simplement, j'aurais fait n'importe quoi pour arrêter de tourner en rond dans ma chambre. Je me lavais, m'habillais, me pomponnais soigneusement. Je me coiffais soigneusement, me parfumais, et me vérifiais sous toutes mes coutures.
Coquet comme un romantique ! caqueta ma petite conscience irrévérencieuse sur mon épaule gauche.
Je fermais les yeux, crispé.
C'est juste qu'aujourd'hui j'ai du monde à séduire si je veux conserver ma réputation.
Je chassais de mon esprit le châtelain de Frontignac qui n'était qu'une pâle émanation fantasmagorique avec laquelle je n'avais rien à voir, et examinait mon visage en détail. Chose positive, mon nez avait enfin repris figure humaine, ce qui compensait largement les légères cernes et mon teint un peu trop pâle. C'était une preuve que j'étais malade, autant en tirer parti.
Je rajustais mon col, pris une grande goulée d'air avant de sortir dans le couloir. A partir de maintenant, je n'étais plus le pauvre petit Roy malade. Le Flame Alchemist était de retour ; et ils allaient en avoir plein la vue !
Voila, Roy Mustang est revenu d'entre les morts... Vous êtes contents ? XD Faites gaffe vous avez intérêt à répondre oui, sinon je fais grève !
Menace en l'air, je sais... Mais une rewiew sera quand même bonne pour le moral ;
