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Vous verrez d'ailleurs qu'il y a plusieurs onglets comme la liste des sortilèges utilisés dans la fanfic ou la liste des gènes magiques héréditaires ! Je complète au fur et à mesure.
Chapitre 5
PART 1
Vendredi 10 MAI 2002
Draco était debout à regarder une masse noire et visqueuse s'étaler dangereusement tout autour de lui… Il se vidait de son sang. Puis, il leva le visage vers elle. Mais ce n'était pas elle qu'il regardait : c'était Harry, se tenant près d'elle. « Pourquoi tu ne m'as pas sauvé ? ». La voix était désincarnée, presque un murmure. La peau de Draco se couvrit alors de marbrures. En quelques secondes, il ressembla à ce cadavre à l'hôpital, quand les vagues de magie avaient failli tous les tuer. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle tenait fermement la main de Harry. Il tentait de se dégager, mais elle le retenait sans le vouloir. Elle le lâcha brusquement, comme brûlée, et il se précipita vers le blond. Mais quand ses bras entourèrent le corps pâle et sanglant, celui-ci se désagrégea en milliards de perles de sang qui tâchèrent les vêtements du brun. Harry s'effondra, pleurant encore et encore, hurlant de désespoir. Elle s'approcha doucement pour le réconforter, avançant une main vers son épaule tremblante… il lui agrippa le poignet d'une main puissante avant qu'elle n'ait pu l'atteindre. Ses yeux bouillonnaient de rage et de haine, les larmes creusant des sillons sombres sur ses joues pâles. « Pourquoi tu m'en as empêché ?! ».
Ginny se redressa d'un bond, inspirant à pleins poumons comme un noyé. Des pleurs imbibaient depuis longtemps ses tempes et ses cheveux. Elle avait beau les sécher, les larmes revenaient sans cesse, un sanglot au bord des lèvres. Elle avait du mal à respirer, elle suffoquait.
- « Encore un cauchemar ? murmura une voix ensommeillée près d'elle.
- Rendors-toi, ce n'est rien, sanglota-t-elle sans pouvoir s'en empêcher.
- Et tu crois que je vais continuer à dormir après t'avoir vu dans cet état ? » soupira-t-il en se redressant.
Il la prit dans ses bras et la berça doucement. Sentir contre elle le torse nu et chaud de l'homme qu'elle aimait lui fit beaucoup de bien. Elle put laisser libre court à sa tristesse sans honte et respira son odeur rassurante. C'était un tel soulagement d'avoir une personne à aimer et qui l'aime à son tour. Elle ne savait pas comment elle aurait tenu le choc sans lui. Tous les soirs, il l'écoutait patiemment parler sans comprendre un mot de ce qu'elle racontait, puisqu'il n'avait pas le droit d'en savoir trop. Il ne pouvait pas dire grand-chose, ni la conseiller, alors il se contentait de se taire et d'ouvrir grand les oreilles. Et cela finissait par calmer les nerfs à cran de Ginny.
- « Ça va mieux ? demanda-t-il en la regardant sourire.
- Toujours quand tu es là. Je suis désolée de te réveiller souvent ces temps-ci.
- J'ai cru comprendre que ce n'était pas la grande joie au Ministère. Dis-moi juste à quel point c'est horrible, que je me fasse une idée. Ce soir, tu n'as rien voulu me raconter. C'est louche. Un rapport avec ce qui s'est passé à Saint-Mangouste ?
- Oui… C'est de pire en pire… À chaque fois je pense qu'on a atteint le sommet, et une nouvelle horreur nous tombe dessus.
- Et j'imagine que prendre un ou deux jours de congés est exclu ?
- Impensable ! »
Il soupira, sachant qu'il allait devoir recoller les petits morceaux éparpillés de Ginny tous les soirs jusqu'à ce que l'affaire soit bouclée. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas par amour ? Il la consola encore quelques instants avant qu'elle s'éloigne légèrement de lui. Elle hésita, se mordant les lèvres en réfléchissant. Elle avait très peur de la réponse qu'il pourrait lui donner, cela l'angoissait atrocement.
- « J'ai… J'ai juste besoin de m'assurer d'une chose, s'inquiéta-t-elle. Dis-moi simplement si tu as fait quelque chose à Draco Malfoy, un jour.
- Lui faire quelque chose ? s'étonna-t-il. Que veux-tu dire ?
- Répond-moi simplement, s'il-te-plait… Quoi que ce soit, je comprendrais… »
Il réfléchit… Qu'est-ce qu'il pourrait bien avoir fait au blondinet ? À Poudlard, il avait sans doute aidé les jumeaux Weasley à lui faire une farce ou deux ? Il ne se souvenait plus vraiment : ils en avaient faits tellement… Mais depuis, il n'avait absolument aucun contact. Il savait juste que ses parents venaient d'être assassinés, qu'il avait été poignardé et qu'il était dans le coma. C'était tout. Pauvre gars… Il ne souhaitait ces malheurs à personne, même à son pire ennemi. Même à ce petit con. Lorsqu'il donna sa réponse, il lit clairement le soulagement sur son visage. Elle sourit à nouveau et éclata même de rire, rassurée.
- « Ce n'est pas plutôt pour Harry que tu devrais t'inquiéter ? demanda-t-il. Tu m'as bien dit qu'il était amoureux de Malfoy, et c'est pour cette raison que tu as rompu vos fiançailles. Il ne doit pas être très en forme en ce moment…
- Il gère plutôt bien, aussi surprenant que cela puisse paraître. Il a beaucoup mûri depuis Poudlard, il arrive à garder la tête froide. Et puis j'ai aussi rompu nos fiançailles parce que j'ai compris l'aimer comme un grand frère. N'oublie pas ça, s'il-te-plait.
- Je sais, je sais, s'amusa-t-il. Tu le voulais absolument dans la famille, mais c'est cet attrait étrange qu'il avait pour un autre qui t'a fait comprendre ça. Cependant, tu l'as aimé pendant si longtemps, il était ton héro depuis toute petite. Il doit bien en rester quelque chose.
- Arrête de faire ton jaloux, ça ne te va pas du tout ! rit Ginny en grimpant sur ses jambes. Ce qui reste, c'est de l'affection, autant que pour mes frères. La preuve : avec qui je suis maintenant ?
- Moi, sourit-il en entourant sa taille de ses bras.
- Et à qui je raconte mes journées pour évacuer ma frustration ?
- Moi, souffla-t-il de façon théâtrale.
- À qui je confie mes angoisses, mes peines, mes rires, mes passions, mes envies, mes craintes, mes joies, mes réflexions… ?
- Toujours moi, susurra-t-il en approchant son visage d'elle.
- Avec qui je fais ce genre de choses… ? »
Elle se pencha pour l'embrasser avec ardeur. Jouant avec ses cheveux, caressant son dos, massant ses muscles, tirant sa peau… Il massa ses hanches, respirant de plus en plus fort. Elle avait le don de faire monter la température en quelques secondes à peine. Et il adorait ça. Elle ondulait lentement sur lui, le faisant grogner de plaisir… glissant ses doigts lentement sur sa nuque pour le faire frissonner… Il s'agrippait à elle comme un naufragé, près à perdre pied, serrant fermement la chair de ses fesses nues en les malaxant… Elle alla de plus en plus vite… Il ne tint plus. Il la bascula sur le côté et s'allongea sur elle. Tant pis pour l'heure tardive et le réveil difficile. De toute façon, il était incapable de se rendormir dans son état. Elle souriait, heureuse. Si cela se terminait toujours de la même façon, elle se promettait de faire plus souvent des cauchemars. Elle enroula ses jambes autour de lui pour l'approcher encore plus. Leurs lèvres ne s'étaient pas quittées une seconde, leur langue enchaînant les figures d'un ballet complexe et familier dont eux seuls avaient le secret. À son tour, il se frottait à elle, un coude fermement planté dans les draps, une main caressant sa taille sous la fine nuisette. Elle commença à tirer sur son pantalon…
Une sonnerie. Il voulut l'ignorer, mais Ginny protesta : le téléphone portable, c'était forcément le travail. Elle se dégagea pour se précipiter vers la musique électronique. Il avait mal… C'était horriblement frustrant. Il avait envie de hurler de rage. Le lendemain soir, il se jurait d'éteindre cette saloperie moldue à son insu pour avoir un peu de bon temps tranquille.
- « Allô ? fit la voix essoufflée de Ginny, tout aussi frustrée que son compagnon. […] Comment ?! J'arrive tout de suite !
- Le boulot ? grogna-t-il sans cacher son mécontentement : il était bon pour se finir tout seul.
- Je suis vraiment désolée, mon amour, geignit-elle en s'approchant de lui pour l'embrasser. Mais je dois y aller, c'est urgent.
- Tu as un peu trop d'urgences à mon goût en ce moment.
- C'est le métier qui veut ça, et je n'en changerais pour rien au monde, tu le sais, fit-elle d'un ton sans appel en s'habillant rapidement.
- Oui, je sais, soupira-t-il en se rallongeant, las. Si seulement je pouvais buter ce connard qui nous empêche de faire l'amour tranquille…
- Si tu fais ça, c'est moi qui te tue, sourit-elle en revenant l'embrasser avant de passer dans la salle-de-bain. Il nous le faut vivant.
- Il y a autre chose qui va mourir si cette histoire ne se termine pas très vite : ma queue.
- Chouette ! J'ai toujours rêvé de vivre avec un eunuque !
- Je suis mort de rire. Et tu vas rentrer tard ce soir aussi ?
- Il y a des chances…
- Et ce week-end ?
- Et bien…
- J'ai compris, te fatigue pas.
- Ecoute, hésita Ginny en sortant de la pièce d'eau, prête à partir. Je te promets de tout faire pour me rattraper. Quand tout sera fini, imagine le nombre de jours de congés que je pourrais prendre. Je me calerais par rapport à ton temps libre, et nous partirons faire un petit voyage en amoureux, termina-t-elle en rampant sur le lit.
- Ne me chauffe pas plus si tu dois partir, protesta-t-il en la voyant si aguicheuse pour se faire pardonner : une technique bien à elle. Dépêche-toi avant que je te séquestre.
- Je t'aime, Lee, lui susurra-t-elle à l'oreille. N'en doute jamais. »
Lee Jordan la regarda prendre son sac besace et sautiller vers la porte d'entrée. Il aimait bien quand elle portait ce minishort jaune, mais uniquement quand il pouvait le lui enlever. Il grinça des dents.
- « Au fait, dit-elle en se retournant une dernière fois. N'oublie pas de sortir la poubelle ce soir. »
oooooooooooooooooooooooooo
- « Gregory Goyle, 22 ans, ancien Mangemort, ex-ami de Draco Malfoy, vigile dans un centre commercial moldu nommé « London Trocadero », célibataire. Carotide tranchée nette, à priori avec la même assurance que le tueur communément nommé « Le Justicier ». Aucun témoin. »
Un officier Auror énonça les faits à Kenneth, à moitié endormi. Ses yeux papillonnaient, se fermant tous seuls. Il tanguait légèrement sur ses jambes, les mains dans les poches de sa robe de sorcier rouge sombre. De l'équipe, il était le premier arrivé sur les lieux.
- « C'est Florian Fortarôme qui l'a trouvé sur une chaise de la terrasse alors qu'il allait ouvrir son magasin. Il était 6H12. »
Towler voulait tellement retourner dormir… Il avait l'impression qu'il n'y avait pas eu un autre meurtre depuis une éternité. Cela ne faisait pourtant que deux jours. Mais celui-ci ne leur apprenait rien de neuf : pas de technique ou de procédé défiant les lois physiques naturelles, pas de magie révélant l'utilisation de l'Ignōtus, pas de nouveauté sur la victime et donc le mobile du tueur, et aucun indice ni message. Juste un ancien Mangemort trainant dans une rue déserte, se faisant assassiner par arme blanche de la même façon que tous les autres. Zéro témoin, zéro message, zéro arme du crime, zéro intérêt. C'était cruel, mais Kenneth voyait bien plus d'avantage à l'enquête de rejoindre son lit pour récupérer son manque de sommeil, que d'étudier ce banal assassinat.
Harry arriva en trainant des pieds. Il bailla et se frotta le visage, les yeux collants et la bouche pâteuse. Lui non plus n'avait pas beaucoup pu se reposer : encore une fois, il avait passé une bonne partie de la nuit près de Draco. Mais dans le couloir cette fois-ci, car seuls les médicomages avaient le droit d'entrer dans la chambre. Pas d'exception. Il se posta devant le cadavre de Gregory Goyle et détailla avec curiosité son vague sourire. Potter pencha la tête sur le côté, le visage exprimant clairement son incompréhension. En réalité, son esprit était vide, et ses capacités de déduction avaient du mal à se mettre en place. Pour ne pas faire trop d'efforts psychologiques, il tenta de se souvenir comment la victime était à Poudlard. Et il se dit qu'il n'avait pas beaucoup changé. Peut-être un peu moins de gras et un peu plus de muscles, mais guère.
- « Nuit difficile ? demanda Kenneth après avoir observé Potter en silence pendant quelques minutes.
- J'étais avec Draco, dans le bâtiment où tous les malades ont été transférés, expliqua Harry. Je dormais sur une chaise en plastique.
- Vous ne rentrez plus jamais chez vous ?
- Quand je suis dans ma maison, je ne pense qu'à Draco dans le coma et ça m'angoisse, énonça Potter d'une voix tranquille, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Autant que je sois avec lui, je me sens plus serein et utile : de cette façon je le protège. Mais je ne me voile pas la face, je sais très bien qu'il s'agit surtout d'un sentiment personnel… Mais pendant quatre ans je n'ai pas une seule fois ressenti ce besoin vital d'être près de lui… Est-ce parce-que j'ai récemment admis mon attachement ? Ou encore un effet de cet Angelus ? »
Towler l'observa sans rien dire. Il était trop tôt pour les questions existentielles. Il n'était même pas sûr d'avoir une réponse à lui donner. Les histoires de cœur des autres n'étaient pas sa tasse de thé, il préférait ne pas s'en mêler. De toute façon, il ne voulait pas répondre. Il ne voulait même pas y réfléchir. Potter faisait ce qu'il voulait tant qu'il travaillait correctement, le reste n'était pas ses mandragores.
Astoria arriva sur ses entrefaites et avait une manière bien à elle de manifester son manque de sommeil. Elle hurla sur chaque personne présente, critiquant leur travail, les rabrouant, leur prenant les baguettes des mains pour s'occuper des analyses elle-même. Kenneth et Harry la regardèrent sans rien faire. Lorsque Greengrass était dans cet état, mieux valait ne pas bouger le petit doigt ou on en prenait pour son grade. De plus, si elle accélérait le mouvement avec son intervention musclée, ce ne pouvait pas être un mal. Elle avait tout du jeune Funestar.
Quelques instants plus tard, Roger bougonna en écartant un jeune analyste du corps égorgé. Harry ne l'avait pas vu arriver et s'éloigna avec Kenneth pour lui laisser le champ libre. Un gobelet de café fumant apparut devant ses yeux, donné par Gabriel avec un sourire d'une blancheur éclatante et des yeux noirs de cernes. Il sortit ensuite un paquet de parchemins et une plume « auto-encreur », puis alla déambuler autour de ses collègues pour noter la moindre petite information susceptible d'avoir un quelconque intérêt.
Ron trainait des pieds et s'écroula sur une chaise près d'eux. Il demanda un résumé rapide qui le fit grogner et soupirer de mécontentement. Il en récolta un coup sur la tête de la part de Ginny. Elle était du même avis que son frère, mais son comportement démontrait un cruel manque de professionnalisme : un être humain avait été assassiné, la moindre des choses serait qu'ils lui témoignent un peu de respect en enquêtant sérieusement. Les deux Inspecteurs observèrent silencieusement la rousse réprimander son frère à voix basse pour que les autres n'entendent pas. Entre elle et Astoria, les jeunes femmes semblaient bien remontées ce matin. Ils préférèrent se taire, même s'ils s'étaient comportés tout aussi mal que le rouquin.
- « Peut-être devrions-nous aller écouter les Langues-de-Plomb ? proposa Towler en chuchotant à l'oreille de Potter. Nous pourrions glaner quelques informations de départ ?
- Et faire mine de travailler, compléta Harry tout aussi doucement. Bonne idée. »
Ils s'éloignèrent vers les analystes alors que Helen arrivait, d'inhabituelles lunettes carrées sur le nez. Elle avait si peu dormi que ses yeux secs lui semblaient remplis de sable. Impossible de mettre ses lentilles de contact sorcières, même avec un peu de magie. Harry se souvenait quand Ron, Hermione et Ginny avaient lourdement insisté pour qu'il en porte aussi : lorsqu'il avait cédé pour essayer, il avait senti ses yeux brûler pendant des jours. Plus jamais ! Il ne savait pas que Harris en avait.
- « Qu'est-ce que j'ai manqué ? demanda-t-elle en plissant les yeux.
- Pas grand-chose, lui répondit Towler. Nous attendons les résultats des analystes pour faire le point.
- Damian n'est pas encore arrivé ? s'enquit Jena qui venait également de débarquer.
- Non, mais Shacklebolt et Funestar non plus, précisa Ron. Remarque, je ne suis pas certain qu'ils viennent…
- Et pourquoi cela ? »
La voix de Kingsley fit si peur à Ron qu'il se leva en sursaut de sa chaise, aussi droit que la tour d'Astronomie. Il baragouina des excuses qui firent rire le directeur. Il aimait bien faire marcher ses employés, et Ron avait toujours eu le don de se mettre dans l'embarras. Cette aptitude n'avait pas changé depuis Poudlard.
- « Jennings n'a pas décroché son téléphone lorsque je l'ai appelé, expliqua le directeur, mettant fin aux balbutiements de Weasley. Je lui ai laissé un message, je suis sûr qu'il n'a pas réussi à se réveiller. Quand il n'a pas assez dormi, ce garçon a le sommeil si lourd qu'une explosion ne parviendrait pas à le sortir du pays des songes. Harris, allez le chercher je vous prie. »
Helen n'attendit pas une seconde pour transplaner. Au même moment, le téléphone de Kingsley sonna. Un message de Hyde.
« Débrouillez-vous sans moi. Aucun intérêt. Bisous ! »
Le directeur leva les yeux au ciel en soupirant, mais ne put s'empêcher de ricaner un peu. Quel enfoiré ! Il frappa dans les mains, dirigeant l'attention de tous sur lui, et annonça qu'Astoria Greengrass supervisait toutes les recherches et analyses à la place de Funestar. Celle-ci se rengorgea, fière et orgueilleuse, avant de vociférer plus férocement contre ses collègues moins gradés. Les Aurors la regardèrent faire en reculant légèrement : mieux valait ne pas se mettre sur son chemin.
- « Ca, c'est un chef qui a trouvé son style, sourit Kingsley.
- Elle me fait peur, laissa échapper Harry.
- Quirke ne m'a pas répondu non plus quand j'ai cherché à la joindre, quelqu'un sait où elle habite ?
- Ah oui ! se rappela Kenneth. Elle m'a envoyé un texto comme quoi elle arriverait plus tard : elle doit terminer de mettre à jour ses notes sur le tueur. Je crois qu'elle a encore moins dormi que nous.
- Elle aurait pu me mettre au courant aussi », grommela Shacklebolt.
Roger supportait très mal que sa consœur du même grade lui donne des ordres avec aussi peu de considération pour sa dignité. Pourquoi n'avait-il pas été choisi comme superviseur ? C'était blessant. Il était pourtant tout aussi qualifié, et bien moins rogue. Il se faisait respecter avec douceur et considération, pas comme Astoria qui jouait de la cravache.
Jena lui donna un violent coup de coude, comprenant facilement les pensées de son ami en voyant son air grognon. Ce qu'il pouvait l'énerver parfois ! Trop fier, trop rancunier. Greengrass n'avait pas hésité à le discréditer pour le projet du sort d'Analyse des Evénements, afin de se le voir attribuer à sa place. Le tout dans son dos. Il l'avait appris bien plus tard de la bouche même de Funestar. Depuis, il l'avait mauvaise…
- « J'ai les premiers résultats, alla signaler Astoria aux Aurors. Toujours les mêmes empreintes digitales que le tueur sur le corps de la victime. Il se tenait dernière lui, lui a agrippé la mâchoire de la main gauche, et a tranché la gorge jusqu'à la carotide d'un geste puissant, vif et assuré. Si rapide qu'il n'a pas du recevoir une goutte de sang sur lui. Pas de trace de pas dans les éclaboussures de sang. Pas de magie, du moins détectable. Il ne semble pas s'être attardé, il n'a rien fait de plus. Il est arrivé, a commis son crime, et est reparti. Gregory ne s'est pas débattu. Il n'a même pas bougé un doigt. Le réflexe naturel aurait été qu'il porte sa main au cou pour tenter d'arrêter le flot de sang. Même s'il ne pouvait rester conscient qu'une ou deux secondes à peine. Et comme nous n'avons rien trouvé qui pourrait justifier une telle inaction, je pense qu'il y a là un sort de magie indétectable : comme cela a été le cas pour Narcissa.
- Plus besoin d'analyses en laboratoire ou de médicomage légiste avant de donner des conclusions ? s'étonna Shacklebolt.
- Au début de l'enquête, nous avons testé le nouveau sortilège d'Analyse des Evénements, expliqua Towler. Et tous les résultats ont été vérifiés par sécurité. Comme ils se sont tous montrés conformes aux réponses du sort, plus besoin d'attendre maintenant.
- Quelle révolution ! s'amusa Shacklebolt en prenant le parchemin que lui tendait Astoria, gonflée de fierté. Beau boulot les Langues-de-Plomb. Mais rassurez-moi, vous continuez d'analyser les données à l'ancienne pour vous assurer de leur conformité ?
- C'est prévu, oui, soupira la chargée de recherches, déçue du peu de confiance du directeur. Les analystes vont s'en occuper dans la journée. Mais nous pouvons partir sur ces informations, elles sont fiables.
- Et ne nous apprennent pas grand-chose de plus, souffla Ron en se postant devant le cadavre de Goyle. Comme pour l'écriture, les empreintes digitales ne sont sûrement pas celles du tueur. C'est pour cela qu'il n'a pas peur d'en laisser un peu partout. Comment il fait ? Je ne sais pas : un sortilège ou un quelconque procédé moldu ?
- Il évite de recevoir du sang pour ne garder aucune preuve préjudiciable sur lui, continua Ginny. Donc inutile de fouiller chez les suspects pour trouver une quelconque tâche de sang sur leurs vêtements et chaussures…
- Et même s'il pouvait y avoir un témoin, comme un habitant curieux regardant par la fenêtre à ce moment précis, totalement par hasard, ajouta Kenneth. Nous savons qu'il utilise une magie le rendant… « indétectable » tout en étant vu. Alors personne ne pourra jamais rien nous dire.
- Un vrai fantôme, marmonna Kingsley. Nous aurions mieux fait d'emprisonner tous nos suspects, même sans réel motif : cela nous aurait permis de tous les disculper d'un coup. Ils étaient certes sous surveillance Auror, le tueur est parfaitement capable de leur fausser compagnie sans que nos Agents ne s'en rendent compte…
- C'était tout ce que nous pouvions faire, fit Kenneth sans grande conviction. Impossible de les emprisonner pour des délits, ils n'étaient pas suspectés d'être un danger réel et présent. Nous n'avions pas encore le carnet de Draco à ce moment-là, nous pouvons retourner arrêter les concernés. Nous aurions du le faire hier soir…
- Au moins, nous pouvons libérer Blaise Zabini, proposa Harry. Il ne sera peut-être plus autant en sécurité, mais réunir tous les amis de Draco ensemble nous permettra de mieux les protéger.
- Et vous pouvez également disculper Herulf, puisqu'il est dans un coma artificiel à l'hôpital, renchérit Jena en s'approchant en compagnie de Roger, toujours bougon.
- Impossible, contredit Kingsley. Il a été réveillé hier soir par les médicomages. Il va mieux, peut se déplacer, mais les guérisseurs préfèrent le garder encore une journée en observation. »
Damian arriva la mine piteuse et le regard fuyant. Il avait honte d'être en retard, mais personne ne lui fit la moindre remarque. Helen demanda à voix basse un rapide compte-rendu de ce qu'elle avait manqué à Ginny. En même temps, Orla débarqua les bras toujours aussi chargés de parchemins.
- « J'ai réfléchi aux cas Higgs et McLaggen, s'exclama-t-elle en arrivant vers eux. J'ai discuté avec mon professeur hier, il m'a aidé à mieux cerner leur pathologie qui…
- Nous verrons cela plus tard, la coupa Towler. Dites-nous plutôt ce que cette nouvelle scène de crime pourrait vous apprendre de nouveau d'un point de vue psychologique. Pour nous, les indices ne donnent pas grand-chose. »
Quirke avait fait tout son possible pour ignorer le cadavre et le sang coagulé étalé un peu partout… Elle savait déjà qu'elle ne pourrait plus retourner sur le Chemin de Traverse avant un bon moment… Et même après, elle ne le verrait plus jamais de la même façon. « Comment briser la magie d'un lieu, » pensa-t-elle très fortement. Elle inspira longuement et souffla doucement plusieurs fois, les yeux fermés. Pourrait-elle s'habituer un jour à cette odeur atroce ? « Imaginer des mélanges de couleurs, faire abstraction de la réalité, penser à une peinture où le rouge n'est qu'une tâche malencontreuse de l'artiste… ».
Les spectateurs de son entrée en transe patientèrent plus ou moins calmement. Kenneth, Harry, Ron et Helen étaient compréhensifs par rapport à sa phobie. Ce n'était pas facile, elle faisait déjà de gros efforts, ils en avaient conscience. Ils ne pouvaient pas lui en demander plus. En revanche, les autres trouvaient le temps long. Kingsley soupira ostensiblement, Ginny roulait des yeux, et Astoria se mit à taper du pied. Ils n'avaient pas que ça à faire, les journalistes n'allaient pas tarder à arriver. C'était une question de minutes.
Orla finit enfin par tourner autour de Gregory Goyle, le regard déterminé et les sourcils froncés. Elle fureta, les yeux plissés et les mains derrière le dos pour résister à l'envie de toucher un peu partout par curiosité. Puis elle se redressa et regarda autour d'elle. Leva les yeux vers les fenêtres des bâtiments, observant les curieux qui regardaient d'un air dégoûté la scène macabre sans pouvoir s'en empêcher. Elle fit quelques pas le nez en l'air, puis regarda les commerces encore fermés.
- « J'imagine que l'heure de la mort est en plein milieu de la nuit ? demanda-t-elle.
- 3H00 environ, répondit Towler, les bras croisés. Pas de témoin : tout le monde dormait, les habitants n'ont rien entendu, aucun passant. Les Aurors procèdent encore aux interrogatoires, mais nous n'avons pas beaucoup d'espoir.
- C'est trop facile… C'est là, la nouveauté. Le tueur agissait en se mettant de plus en plus en danger. D'abord un meurtre en pleine journée avec de possibles témoins non loin. Ensuite, un assassinat avec mise en scène dans un timing improbable. Puis, une agression dans un lieu cerné d'Aurors en alerte. Et enfin un homicide carrément devant les Aurors, à moins de deux mètres d'eux ! Sans parler de franchir les barrières ministérielles et les défenses de Monsieur Funestar, et le fameux déclenchement de cataclysme à Saint-Mangouste hier. Et là, nous sommes face à un crime si facile que c'en est risible : suivre sa victime et attendre le bon moment. Même pas forcément besoin de transplaner puisqu'il n'y a aucun témoin, donc aucune urgence.
- Le mode opératoire nous prouve pourtant qu'il s'agit du même tueur, s'étonna Ron. Tu crois à un imitateur ?
- Ce serait possible, « le Justicier » est devenu la coqueluche des sorciers anglais, grimaça Greengrass. Que quelqu'un veuille lui ressembler est la suite logique. Il a lancé une mode.
- Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, réfuta l'étudiante en psychomagie. Nous sommes bien face à une nouvelle victime de notre psychopathe. Je veux simplement dire qu'il a terminé ses tests. Il a vu jusqu'où il pouvait aller sans qu'on ne puisse rien faire, il a vérifié la puissance de ses sortilèges comme l'Ignōtus ou le Non Videbitis Me. Maintenant, il peut continuer sa petite mission tranquillement, par exemple en tuant un ancien Mangemort en liberté : Gregory Goyle. C'était trop facile et sans aucun intérêt pour lui, mais il devait le faire. En plus, il s'agissait d'un ancien ami de Draco Malfoy, alors c'était du « deux en un ». Même s'ils n'avaient plus aucun contact.
- Qu'est-ce qui te fait penser qu'il s'agit du même homme ? demanda Ginny. Astoria a raison, un imitateur ne serait pas étonnant.
- C'est exclu, contredit Harry. Aussi stupide que cela puisse paraître, aucun journal n'a publié le mode opératoire du meurtrier : ils se sont contentés de nous pourrir autant que possible et d'encenser leur « justicier ». Et pour cela, mieux vaut éviter les détails macabres, cela n'attire pas vraiment la sympathie. Particulièrement quand la guerre est encore trop fraîche dans les esprits. Par conséquent, plagier aussi parfaitement la technique bien rodée de l'assassin est impossible. La plaie de la gorge est reproduite presque à l'identique de celles faites à Lucius et Narcissa. Moins précise et puissante pour Dahlia, qui n'a pas eu la carotide tranchée, mais cela s'explique par l'utilisation d'un intermédiaire manipulé : Blaise.
- Je ne sais pas pour le concret, ajouta Quirke. Je ne peux que vous parler du psychologique, mais c'est exactement ça : les traces de pas manquantes, la position de la victime, son inaction au moment de la mort… J'y vois là l'exact état d'esprit du justicier. Cette « nonchalance bienheureuse ». Je le vois parfaitement, comme si la scène se déroulait devant moi : il connait les habitudes de sa victime, il sait que c'est facile et sans danger. Alors il arrive tranquillement, lui jette un sortilège pour qu'il ne résiste pas, se poste derrière lui… Je l'imagine très bien poser délicatement sa main sous son menton pour lui relever doucement le visage… presque comme une caresse… Jouer avec sa lame… la placer avec attention et précision… Et… d'un geste VIF ! CHLAC ! Trancher net ! »
Les autres la regardèrent mimer le mouvement, sursautant légèrement lorsqu'elle changea brusquement de ton. Il y avait quelque chose de malsain dans cette imitation. Surtout venant d'une personne qui tournait de l'œil à la vue du sang…
- « C'est là, à ce moment précis qu'est tout son art, continua-t-elle sans remarquer les regards interrogateurs de ses collègues, marchant de long en large sur le pavé irrégulier de la rue. Il ne veut pas se salir, ce serait se souiller du sang d'un être pour qui il n'a aucune considération. C'est de la vermine. Il doit donc être très rapide tout en entaillant la chair très profondément pour atteindre la carotide. De la force, de la vitesse, de la dextérité. Ce geste assuré, il l'a travaillé longtemps. Cela ne dure qu'un instant. Il est très fier de ce savoir-faire. Il doit toujours l'exécuter à la perfection pour que les enquêteurs le remarquent et soient impressionnés par cette précision chirurgicale. C'est son petit bonheur à lui. Et réussir à l'exécuter sans recevoir une goutte de sang doit forcer l'admiration. C'est son côté maniaque : tout doit être absolument parfait. Au point même où il fait très attention à la position de la tête de sa victime. Elle doit se tenir bien droite. Sans doute la positionne-t-il en arrière comme on place les derniers cartons d'un château de cartes, dans un équilibre précaire. Et puis en repartant, ses chaussures ne doivent en aucun cas toucher le sang vicié. Ne surtout pas se souiller. Rester parfait jusqu'au bout, quitte à devoir sautiller ou marcher sur la pointe des pieds. Car nous sommes effectivement face à une scène parfaite, même si cet adjectif n'est pas forcément celui auquel on pense au premier regard quand on voit tout ce sang éclaboussé de partout. Et pourtant, c'est « propre ». »
Tous tournèrent le visage vers la scène de crime, tentant de la voir comme Orla la décrivait. A travers les yeux du tueur. De son côté, la jeune psychomage cherchait à découvrir ce qu'elle pouvait manquer. Un petit détail de plus qui pouvait tout changer et faire évoluer l'enquête. Mais elle ne trouvait pas.
Tout à coup, un flash les sortit de leurs pensées. Les premiers journalistes venaient d'arriver. Les Aurors affectés à la gestion de la presse se dépêchèrent vers eux pour les amener un peu plus loin, prétextant des informations inédites à dévoiler. Ils n'allaient pas pouvoir les retenir très longtemps, et les commerçants ne seraient pas plus patients pour exiger d'ouvrir leurs boutiques. Kingsley grinça des dents : s'ils ne dégageaient pas très vite en nettoyant le terrain comme s'il ne s'était rien passé, le Ministre allait lui taper sur les doigts. Heureusement, les Langues-de-Plomb avaient fait un travail remarquable en un temps record, grâce aux rugissements d'Astoria. Celle-ci n'eut même pas besoin que le directeur lui dise quoi que ce soit pour retourner vociférer ses ordres. Ils prenaient les dernières photographies et elle ordonna l'enlèvement du corps. Après quelques secondes, les analystes jetaient les sorts de nettoyage. Puis, plus rien. Le Chemin de Traverse était redevenu l'agréable rue commerçante sorcière.
Ils n'avaient plus rien à faire ici, mais observer ce manège aussi rondement mené était fascinant. De plus, voir les visages dépités des journalistes qui n'avaient pas réussi à prendre des clichés de la scène de crime était un pur bonheur. Cela leur donnerait presque envie de toujours procéder de la même manière, si cela ne signifiait pas aussi la disparition irrémédiables de toutes les preuves… S'ils avaient manqué quelque chose, c'était trop tard. Au moins, les meurtres à domicile avaient le mérite de pouvoir rester tels quels pendant très longtemps.
- « Bien ! fit tout à coup Shacklebolt en claquant des mains. Puisque « Starly » n'est pas là, j'ai l'immense joie de prendre les décisions tout seul et de disposer des Langues-de-Plomb selon mon bon plaisir. Naturellement, vous avez aussi votre mot à dire, monsieur Towler.
- J'ai cru comprendre que l'entende n'était pas idéale entre monsieur Weasley et mademoiselle Greengrass, répondit Kenneth en souriant. Je suggère une petite rotation des équipes. Avec mesdemoiselles Harris et Weasley, par exemple. Dans le cadre de leur apprentissage pour devenir Inspecteurs, ils ne seront pas sur un pied d'égalité : Ronald Weasley et Astoria Greengrass devront obéir à nos deux futures promues au doigt et à la baguette. Qu'en pensez-vous ? »
Astoria écarquilla les yeux. Alors après avoir dirigé son département avec maestria, elle devait maintenant redevenir une simple subalterne ? Et en plus sous la direction d'un Auror ?! Ce qu'elle ne savait pas, c'était que Towler venait d'avoir cette idée à l'instant : non seulement cela était un bon exercice pour Ginny et Helen, mais en plus cela donnait une bonne leçon à Ron et Astoria pour ne pas avoir fait l'effort de collaborer en harmonie. Harry retint difficilement son sourire en se mordant les lèvres : il n'aurait pas mieux fait !
- « Très bonne idée, ricana ouvertement Shacklebolt. On va juste éviter de mettre le frère et la sœur ensemble, ce ne serait pas très bon. Ginny et Astoria, vous irez libérer Zabini et l'accompagnerez, lui et Bulstrode, rejoindre leurs amis près de Malfoy. Une fois là-bas, vous les interrogerez sur tout ce qu'ils pourraient savoir et penser. J'ai cru comprendre que Potter avait commencé à travailler la femme Nott pour qu'elle soit plus coopérative. Terminez le travail et organisez leur protection. Je la veux parfaite et sans faille : ne renouvelons pas le fiasco chez les Zabini… En parlant de cette famille, cherchez à savoir qui donc est ce père mystérieux. Nous n'avions pas encore eu l'occasion de nous pencher sur le sujet, il est grand temps de le faire !
- En attendant, mademoiselle Harris et monsieur Weasley, enchaîna Kenneth. J'ai appris hier soir que les vidéos des caméras de surveillance moldues relevées au Manoir Malfoy ont enfin pu être extraites. Vous allez les visionner, nous pourrions encore apprendre des nouvelles choses sur les Malfoy : ils ont l'air d'être pleins de surprises, surtout Draco. Et qui sait ? Peut-être le tueur apparait-il sur l'une d'elles ? Ensuite, il serait bon que tous les quatre reveniez au Ministère pour interroger les suspects dont les noms figurent dans le carnet de Draco. Je vais envoyer des agents les arrêter dès maintenant.
- Damian et Gabriel, vous formez un duo de choc, ce serait dommage de vous séparer si tôt, poursuivit Kingsley. Vous avez fait du très beau boulot d'investigation, alors vous aurez l'honneur de continuer sur votre lancée en décortiquant votre trouvaille. Etudiez les lettres, faites des recherches sur le carnet et sa provenance, analysez les appareils moldus… Je veux tout savoir.
- Davies et Faucett, fit Towler, la mine désolée. Je crois que vous savez quoi faire ?
- Les vieux grimoires poussiéreux des archives ont hâte de retrouver notre compagnie », soupira Roger d'un ton monocorde, alors que Jena soufflait de dépit.
Les mentionnés transplanèrent vers leurs missions, laissant Kingsley, Harry, Kenneth et Orla derrière eux. Cette dernière était intimidée de ne se retrouver qu'au milieu des « big boss ». Elle avait le faible espoir qu'ils l'envoient travailler dans son coin, en tête à tête avec ses notes. Cependant, rester avec Potter ou Towler pouvait être instructif. Au moins, elle n'avait pas peur d'eux. En revanche, leur supérieur… Elle sursauta violemment quand le directeur du Bureau des Aurors laissa lourdement tomber sa main sur son épaule. La jeune noire faisait certes la même taille que lui, elle se sentait toute petite en sa présence.
- « Nous allons faire équipe tous les deux, sourit Shacklebolt, faisant scintiller ses dents blanches. Nous enquêterons sur le nouveau meurtre et sur les différents noms de la liste de Draco Malfoy. Mieux vaut éviter que Potter s'en charge ou il y aurait un autre bain de sang, ajouta-t-il en voyant la grimace du concerné. Il va falloir être rapide, les équipes de Weasley et Harris auront besoin de nos informations pour les interrogatoires. Quant à vous deux, je suis curieux de voir ce que peuvent donner deux Inspecteurs comme vous ensemble. Vous m'aviez l'air impatient d'entrer en guerre hier soir. Vous avez carte blanche. Amusez-vous bien, » termina-t-il avant de transplaner avec Orla.
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Hermione observait avec attention l'évolution de ses analyses sur le sang de Draco. Ce n'était pas le premier sang pur qu'elle étudiait, mais celui-ci était différent. Il avait des molécules de sang neutre, mais aussi des anomalies dues à la création de la nouvelle hémoglobine. Elle aurait du faire ses prélèvements bien plus tôt, avant que la réaction ne se fasse. Elle était cependant étonnée de la rapidité que le corps du Sang-Pur avait eu : la production pour le renouvellement de sang n'aurait pas du se faire aussi vite. Pas au point d'en contenir autant dans un prélèvement d'échantillon fait si tôt après le traumatisme.
Elle nota ses observations en mots et schémas complexes, puis retourna devant son microscope magique. Elle était persuadée que Draco avait la particularité rare de pouvoir se régénérer plus vite que la normale. Après quelques secondes d'hésitations, elle décida d'envoyer un message à Roger et Jena pour savoir si un gène quelconque dans la lignée Malfoy pouvait donner une telle capacité. Le blond était plein de surprises, alors une de plus… Pourquoi pas ? La réponse de Faucett ne tarda pas.
« On a encore rien vu de tel, mais on va vérifier. On te tient au courant »
Pour l'instant, elle n'était pas plus avancée. La séparation de molécules était loin d'être terminée. Les recherches sur l'Angelus piétinaient. Hermione se sentait désemparée. Elle s'enfonça dans son fauteuil pour réfléchir… Le nouveau local où elle avait élu domicile ne l'aidait pas : elle ne se sentait pas chez elle. Et être mal à l'aise était néfaste pour sa productivité. Elle n'avait même pas la lumière du jour dans les sous-sols du Ministère, au Département des Mystères. Davies et Faucett étaient à peine quelques portes plus loin. Peut-être devrait-elle leur rendre visite pour les aider ?
Non ! s'ordonna-t-elle. Elle ne devait pas baisser les bras à la première difficulté, et trouver plutôt un moyen pour la contourner. Elle avait d'ailleurs une idée. Ce n'était pas e qu'il y avait de plus fiable mais avait au moins le mérite de ne pas contaminer ses échantillons. Hermione se leva donc pour chercher ses confrères médicomages, installés quelques part dans les locaux.
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Ulrich s'observa dans la glace de sa salle-de-bain privée. McGonagall lui avait fourni toute une garde-robe de vêtements sorciers sobres et noirs. Il n'aimait pas ça… Déjà, les robes sorcières n'étaient jamais très seyantes, mais en plus il détestait le noir… Il ne résista donc pas à l'envie de mettre sa petite touche personnelle à sa tenue : un foulard de soie vert noué en lavandière. Il ajouta un sourire moqueur sur son visage… Parfait ! Si seulement il pouvait être blond platine comme les Malfoy, cela aurait servi ses intérêts. Mais il se préférait largement en brun : du blond, mais quelle horreur ! Il respira un grand coup, et se prépara psychologiquement à agir comme une caricature de Serpentard-Mangemort. Ses élèves s'attendaient tous à ce qu'il soit ainsi, pourquoi leur donner tort ?
Il avait tout de même quelques remords… Se comporter de cette façon confirmerait à ces crétins immatures que les Serpentards étaient tous comme ils le pensaient. Et ses conversations avec Minerva lui avaient appris que les étudiants de sa maison étaient effectivement stigmatisés. Tout cela ne lui plaisait pas beaucoup… Mais le travail avant tout !
Vaisey se dirigea vers la porte de ses appartements, et s'empara de la canne qu'il avait demandée à la directrice avant de sortir. Il avait toujours rêvé en avoir une pour imiter le charismatique Lucius : celui-ci l'impressionnait tant quand il était jeune… Se mettre dans la peau d'un Malfoy. Être arrogant et glacial. Faire du favoritisme outrancier envers les Serpentards. Ne pas être avare d'insultes.
- « Show must go on ! »
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Potter et Towler avaient transplané devant la masure de Luna et Rolf Scamander. Il s'agissait d'une petite maison tordue, couverte de fleurs multicolores. Le lierre recouvrait tous les murs, des bosquets de fleurs cachaient presque les fenêtres, et le toit semblait être fait de pelouse grasse. La porte d'entrée en forme d'étoile était tapissée de mousse au point où le bois peint en vert n'apparaissait que par petites touches. Dominant la maisonnette sur son trône d'herbe, la lourde cheminée biscornue était sur le point de s'écrouler en emportant ses pâquerettes et coquelicots, elle ne tenait que grâce aux branches d'un arbre autour duquel elle avait été construite.
Tout autour, de petites barrières autrefois blanches encerclaient un vaste jardin à l'abandon. Des gnomes de jardin, des doxys, des fléreurs, deux ou trois scroutts-à-pétard, des tas de Botrucs, une famille de Boursoufs, et même un farfadet s'y promenaient tranquillement. Et derrière les hautes herbes devaient se cacher encore bien plus de petites créatures plus ou moins dangereuses. Toute cette faune vivait en harmonie avec l'Hippogriffe de Rolf, Philibert, qui dormait paisiblement sans aucune entrave.
Cette demeure leur allait comme un gant ! Elle reflétait à la perfection leurs personnalités fantasques et passionnées. Luna avait rencontré Rolf lors de l'un de ses voyages autour du monde, à la rencontre des différentes Créatures Magiques. Ils s'étaient tout de suite entendus, même si l'homme était un peu plus réaliste qu'elle. Cependant, elle avait réussi à le convaincre de partir à la recherche du Ronflak Cornu. Connaissant Rolf depuis un peu plus de deux ans maintenant, Harry était persuadé qu'il ne l'avait pas suivie par conviction mais plutôt pour ses beaux yeux globuleux. Scamander était sous le charme de la folie douce de Luna et comptait bien profiter de leur périple à deux pour la séduire. Ce qu'il avait très bien réussi, puisqu'un mois plus tard ils étaient fiancés. Ils se marièrent dès leur retour en Angleterre, à peine une semaine après avoir posé l'orteil sur le territoire. Et encore, grâce aux efforts combinés de Hermione, Ginny, Seamus et Georges. Sans leur intervention pour préparer une digne fête, ils auraient célébré leur union dès leur sortie des Cheminettes Internationales. Mais une semaine pour organiser un semblant de cérémonie était tout ce que les quatre Gryffondors avaient pu négocier. Harry se souvenait encore l'émotion qui l'avait saisi à la gorge quand il avait vu Luna marcher vers son promis, sous un toit de Clérodendrons en fleurs et sur un tapis d'Ancolies des jardins, vêtue de sa robe de plumes et tulles bouffante qu'elle seule aurait pu porter avec tant de classe.
Harry avait toujours le sourire aux lèvres quand il leur rendait visite. Luna était d'un grand réconfort pour lui, là où même Ron et Hermione échouaient. Sa sympathie pour le monde entier, son honnêteté naïve et son manque total de considération pour la susceptibilité d'autrui étaient si rafraichissants dans cette société codée et étiquetée. Quant à son sentiment envers Rolf, cela avait été le coup de foudre au premier regard : excentrique, expansif, perpétuellement heureux, totalement loufoque, bavard, passionné, intelligent et tellement passionnant ! Comment ne pas l'aimer ? L'Auror pouvait passer des heures à l'écouter parler, absorbé par les fictions qu'il narrait avec talent, transporté par les exploits épiques de son grand-père, exalté par ses vastes connaissances des Créatures Magiques, ou encore avide des récits biographiques de personnages célèbres. Avec eux, il passait toujours des moments magiques.
- « Avant de sonner, dit tout à coup Kenneth, sortant Harry de ses songes. Que pensez-vous de Funestar ?
- A quel propos ?
- En tant que possible suspect. Hier, il parlait de Shacklebolt comme étant le plus crédible après Poliakoff, mais il a autant de points d'ombre que le profil de Funestar, si ce n'est plus. Puisque nous ne pouvons décemment pas enquêter sur notre supérieur direct, autant inclure le directeur du Département des Mystères. Ne pensez-vous pas ? Après tout, les seuls alibis concernent la présence au Manoir pendant la manipulation de Blaise et le meurtre de Dahlia. Je ne vois pas comment ils auraient pu faire, mais s'il y a bien deux personnes qui pourraient me surprendre magiquement parlant, ce serait bien nos deux Directeurs.
- Je suis plutôt d'accord, approuva Potter en réfléchissant. Même si je n'y crois pas vraiment… Poliakoff reste le plus crédible. Mais pourquoi pas, puisque de toute façon, je ne crois pas à la culpabilité de l'un d'entre nous : il s'agit simplement de se rassurer. N'en parlons à personne. J'ai envoyé un message à Funestar pour lui dire que nous nous chargeons de Herulf, et qu'il devra s'occuper des recherches sur Shacklebolt, comme convenu hier.
- Pas besoin que j'envoie le même message, sourit Towler qui avait commencé à pianoter sur son téléphone et supprimait à présent son début de texte. Puisque nous sommes d'accord, mettons-nous au travail. »
Harry inspira et tira sur la branche ondulée d'un Voltiflor. Un doux chant de sirène, de ceux qu'on ne peut entendre que sous l'eau, retentit en guise de sonnerie.
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Comme s'il allait attendre le bon vouloir des deux Inspecteurs pour faire ce qui avait déjà été prévu ! Hyde se demandait parfois comment fonctionnaient les Aurors : devaient-ils toujours attendre de recevoir un hibou de confirmation pour faire leur travail ? Tout ceci manquait cruellement de productivité ! Il espérait que Williamson aurait des éclairs de génie pendant son dépoussiérage des Archives Aurors. Funestar se dit qu'il devrait également aller voir comment se déroulait la mise à jour des documents de son département… Histoire de secouer un peu la poussière qui ne manquait sans doute pas de s'être logée sur ses employés.
Il se trouvait dans le grand fauteuil pivotant de son collègue directeur, tournant en tous sens pour observer la pièce autour de lui. Il ne savait pas par où commencer ses recherches sur Kingsley et n'osait pas se rendre directement chez lui. Ce n'était pas son boulot d'enquêter sur les gens. Il était un peu perdu… Alors il était dans son bureau, à regarder les indices personnels qui pouvaient traîner.
Une photo de sa femme et de leur fille. Un Souaffle signé par Viktor Krum sur l'étagère. Quelques kofia sur le porte-manteau… Le reste était purement professionnel : des dossiers qui s'entassaient dangereusement sur le bureau, des photos de lui serrant la main à des personnalités politiques, des diplômes et des récompenses encadrés, des grimoires de Défense Contre les Forces du Mal et de Magie Noire… Beaucoup de grimoires sur la Magie Noire ! Il est normal qu'un Auror en possède quelques uns, mais à ce point ?
Funestar se leva nerveusement pour inspecter les différentes tranches. « Grandes Noirceurs de la magie », « Etudes sur la possibilité d'inverser les effets réels et métaphysiques de la mort naturelle, concernant en particulier la réintégration de l'essence et de la matière », « Grandeur absolue de la Magie Noire », « Secrets les plus sombres des forces du Mal », « Les Merveilles du Côté Obscur », « La Séduction du Sang », tous les tomes de « Danses funestes »… Il les connaissait tous, dont certains qui étaient particulièrement rares et controversés, et c'était un euphémisme. Il y avait même des ouvrages sur la Magie Rouge ! Hyde ne savait pas que Shacklebolt s'intéressait au sang sorcier. Heureusement, aucun de ces livres n'insinuait quoi que ce soit sur la Magie Ancestrale… Mais tout de même ! Funestar ne se serait jamais attendu à une telle bibliothèque chez le probe et intègre directeur.
Il y avait là matière à creuser : Kingsley semblait obsédé par la magie noire. Pourquoi ? Sa haine connue envers les Mangemorts et Voldemort ne lui semblait pas être une raison suffisante. Autre chose était en cause. Mais quoi ?
En tous cas, cela n'aidait pas à disculper l'Auror…
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Herulf s'ennuyait comme un Boursoufflet mort… Il savait très bien que les malades et médicomages avaient été répartis en différents lieux abandonnés des moldus : il y en avait des tas au Royaume-Uni ! Il avait tenté de chercher les archives délocalisées de l'hôpital pour continuer ses recherches, espérant qu'elles se trouvaient au même endroit que lui, mais s'était fait prendre en chemin par un infirmage… Depuis, il revenait régulièrement vérifier dans sa chambre qu'il ne travaille pas : « repos obligatoire ! » lui avait-il crié dans les oreilles. C'était une torture… Il ne supportait pas l'inactivité. Même tranquillement chez lui, il était toujours en train de faire quelque chose. Souvent deux activités en même temps. À présent, il n'avait même pas un livre intéressant à bouquiner… Juste des revues stupides et des romans à l'eau-de-rose qu'une guérisseuse avait bien voulu lui prêter… Il devait bien admettre que rire face à la mièvrerie de ce type de récits l'avait distrait une heure ou deux. Pas plus.
On toqua à la porte. De la compagnie ! Ce ne pouvait pas être le personnel médicomagique puisqu'ils ne prenaient pas la peine de frapper avant d'entrer. Herulf se redressa sur son lit d'hôpital, dans une chambre d'un bâtiment abandonné perdu, dans le Berkshire. Il ne comptait pas laisser partir ses visiteurs, qu'importe s'ils étaient ses collègues en pleine enquête ! Il sourit d'un air machiavélique, et les invita à entrer.
Il eut la surprise de voir la tête de Pansy Nott passer par la porte. Derrière elle, son mari avait l'air bougon.
- « Vous deux ? s'étonna-t-il. Qu'est-ce que vous faites là ? Tu dois pas rester te reposer dans ton lit, toi ?
- Si, soupira Theo en entrant. Mais impossible de la raisonner.
- Arrête de faire ta mauvaise tête, le rabroua Pansy d'un air désinvolte. Je voulais voir comment tu allais, mon bon vieux Herulf.
- Ca fait un bail, sourit Herulf d'un air un peu gêné.
- Pourquoi tu n'es jamais passé nous voir quand tu es revenu au Royaume-Uni ? demanda Theo. Surtout Draco, vous vous entendiez plutôt bien tous les deux. On ne savait même pas que tu étais là ! Pansy et moi avons mis beaucoup de temps à faire le rapprochement avec toi, même si elle avait vu ton visage lorsque Saint-Mangouste a failli s'effondrer. C'était comme croire à un revenant !
- Alors c'est bien toi ? demanda tout de même la jeune femme, n'arrivant toujours pas à y croire. Nous ne nous sommes pas trompés ? Herulf Poliakoff de Durmstrang, qui est venu à Poudlard s'asseoir à côté de nous à la table des Serpentards, il y a huit ans, lors du Tournoi des Trois Sorciers ?
- C'est bien moi, hésita le bulgare, très mal à l'aise. Désolé de ne pas avoir donné signe de vie… Je suis parti au début de la guerre et je reviens après. J'ai vaguement entendu tout ce qu'il s'est passé entre temps, alors je me voyais mal revenir la bouche en cœur « hello, salut les potos, quoi de neuf ? »… Ca aurait été un peu bizarre…
- T'es bête ou quoi ?! s'emporta Théo. Ça nous aurait fait plaisir ! T'imagines le nombre d'ennemis qu'on a, à présent ? Avoir un ami de plus, ça ne nous aurait pas fait de mal !
- Comme retrouvailles entre anciens amis, on a vu mieux, fit Pansy en s'asseyant sur le lit de Herulf. Des assassinats sanglants, un psychopathe dans la nature, l'ex dans le coma, des dangers de mort partout et des drames « en veux-tu en voilà »… Tu aurais effectivement pu trouver mieux. Sérieusement, même pas une petite lettre ?
- Ok, j'avoue, j'avais pas spécialement envie de reprendre contact avec vous, lâcha Poliakoff dans un souffle énervé. C'est du passé tout ça. Quant à Draco, c'est encore plus compliqué maintenant que Harry Potter, l'amoureux transi, est dans les parages. Je n'ai franchement pas envie de lui donner des raisons d'être jaloux. Surtout qu'il n'y en a pas.
- Potter ? s'étonnèrent les Nott en même temps.
- Vous ne saviez pas ? Toute notre équipe est au courant, et ils aiment bien le charrier avec ça de temps en temps.
- Ca explique sa présence dans la chambre de Draco hier et ce matin, murmura Pansy à elle-même. Et ce qu'il m'a dit… Alors il était vraiment sincère…
- C'est étrange, s'étonna Theo. Pourtant, il n'a pas cherché à le voir une seule fois en quatre ans. Intéressant, je me demande si Draco est au courant. Il y a des tas de blagues à faire. Tout un univers s'ouvre à moi.
- Tu laisses Draco tranquille ! ordonna Pansy. Il a déjà eu sa dose de chocs émotionnels pour plusieurs années, pas la peine de rajouter Potter quand il sortira du coma. Il risque de faire une crise cardiaque !
- Je crois me souvenir qu'ils se détestaient tous les deux, réfléchit Herulf. Du coup, ça m'a étonné d'apprendre l'attirance de Potter. Et pour Draco ? Il l'aime bien maintenant ou il risque de mal le prendre ?
- Franchement, je ne sais pas trop… hésita la jeune femme. Mais je ne crois pas qu'il ait nourri de quelconques sentiments romantiques pour son ennemi d'enfance… En même temps, nous ne parlons jamais de la guerre et de son héro. C'était un sujet tabou. Alors impossible de savoir ce que Draco pense de Potter maintenant. Au contraire, je dirais que tu as plus de chances avec lui que le balafré. »
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Lorsque la porte vermoulue s'ouvrit, elle laissa place au visage souriant et barbu de Rolf, les yeux grands ouverts d'interrogations et les cheveux toujours aussi hirsutes. Un air ravi illumina instantanément son visage quand il reconnut Harry. Il lui sauta dessus dans un grand cri réjoui pour le serrer fort dans ses bras.
- « Harry ! Ca fait si longtemps ! LUNA-CHERIE ! Harry est là ! »
Potter venait d'avoir les tympans percés. Il n'eut même pas le temps de dire quoi que ce soit que Rolf le tirait à l'intérieur. Kenneth se retint de ricaner en les suivant. C'était à peine si l'homme avait remarqué sa présence, il se serait même pris la porte dans le visage s'il ne s'était pas dépêché d'entrer à leur suite.
- « Il faut absolument qu'on te montre les photos du Vivet Doré qu'on a réussi à voir ! C'est incroyable ! J'en cherchais depuis si longtemps ! Oh, bonjour Monsieur, fit coup à coup Rolf en remarquant la présence de Towler. C'est un ami à toi, Harry ? Je vous en prie, asseyez-vous.
- Harry ? fit la petite voix chantante de Luna alors qu'elle descendait les escaliers. Tu n'as pas reçu notre hibou ? C'est demain soir le repas avec tout le monde.
- Ah ! Le voilà, s'amusa Rolf en trottinant vers la fenêtre où un hibou attendait. C'est Cheshire, notre chouette Laponne, il semblerait qu'elle ait livré toutes les invitations sauf la tienne, Harry. Vous êtes invité aussi si vous voulez, Monsieur…
- Kenneth Towler, se présenta-t-il en tendant la main. Inspecteur Auror. Nous sommes venus vous rendre visite pour une mission singulière et tout à fait exceptionnelle. Si vous voulez bien l'accepter, naturellement.
- Une mission ? interrogea Luna, intriguée. Alors vous êtes là pour le travail ?
- Un problème avec des créatures fantastiques ? demanda Rolf en s'installant dans le fauteuil, croisant les mains sur les genoux d'un air professoral.
- Pas vraiment non, répondit Harry en rangeant l'invitation dans sa poche alors que Cheshire sortait par la fenêtre dans un vol gracieux. Luna, nous nous demandions si tu serais d'accord pour infiltrer un groupe d'anciens camarades de Poudlard ?
- C'est dangereux ? grogna brusquement Rolf, méfiant et à l'affût. Parce que si c'est le cas il en est hors de question !
- Je ne pense pas que cela représente un quelconque danger, le rassura Kenneth. Cette assemblée ne fait que parler. Et si Madame Scamander se trahie ou est repérée, elle se fera seulement exclure et nous n'aurons pas nos renseignements. Rien qui ne puisse nous suggérer un quelconque danger.
- Si c'est pour venir en aide aux Aurors, je ne vois pas pourquoi je refuserais, sourit Luna en posant une main rassurante sur l'épaule de son mari encore un peu affolé. N'est-ce pas, mon Ronflak ? »
Rolf mâchouilla sa langue dans une grimace mécontente. L'idée que sa chère et tendre soit impliquée dans une enquête Auror ne lui plaisait pas du tout. Il préférait largement qu'elle soit confrontée à une Chimère, au moins il savait quoi faire dans ces cas-là… malgré le grave danger mortel que cela représentait. Cependant, sa femme semblait décidée à accepter la mission et elle voulait qu'il en fasse de même pour qu'ils ne se disputent pas. Que pouvait-il dire ? La mort dans l'âme, il lâcha un « d'accord » comme s'il allait vomir.
Harry et Kenneth se regardèrent, contents d'avoir convaincu la jeune épouse en si peu de temps. Ils leur expliquèrent qu'ils devaient faire un serment magique sur la Justice Sorcière pour être mis au courant de tous les détails de l'enquête. Rolf redressa la tête, comprenant par là qu'il n'était pas du tout exclu de cette histoire. Il ne serait pas dans le flou et pourrait savoir avec précision ce à quoi sa femme allait être confrontée. Il accepta immédiatement, suivi par Luna. Puis, les inspecteurs se lancèrent dans les explications.
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Ginny et Astoria ne s'étaient pas adressées la parole une seule fois. Elles allèrent dans le bureau de Potter pour que Weasley récupère les notes qu'elle avait prises. La rousse s'était installée quelques minutes afin d'établir une base de questions à poser aux amis Serpentards de Draco. Astoria s'était posée dans un coin, attendant patiemment. En réalité, elle était en train de jauger la Gryffondor. Allait-elle être confrontée à une réplique parfaite de Ronald, son frère ? Autoritaire, suffisant, têtu, plein de préjugés et peu enclin à apprendre à mieux connaître une personne qu'il avait rangé dans une case ? Ou bien à un second Potter ? C'est-à-dire conciliant, réfléchi, énervant, mais tout de même professionnel, et qui ne réplique pas. Pourquoi leurs supérieurs tenaient absolument à ce qu'elle fasse équipe avec des Aurors Gryffondors ? Elle enviait Ulrich et Herulf en solo, et Jena et Roger toujours ensemble. Au moins, elle pourrait se vanter ensuite d'être celle qui connaissait le mieux les Aurors. Elle était vraiment curieuse du genre de personne qu'était réellement Ginny Weasley. Pour elle, c'était toujours la gamine fan de Harry Potter, son héro. Astoria n'avait pas vraiment cherché plus loin depuis. Cependant, il était évident que tout avait changé. Elle ne savait même pas avec qui elle sortait en ce moment. Greengrass n'était même pas sûre que les propres amis de Ginny savaient.
La jeune rousse mit la note finale et se leva de son fauteuil. Elle jeta juste un regard vers la Langue-de-Plomb qui s'était déjà redressée. Toujours sans un mot, elles se rendirent aux ascenseurs, direction la prison du sous-sol pour libérer Blaise Zabini.
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L'officier Auror chargé d'extraire les vidéos des caméras de surveillance moldues du Manoir Malfoy avait mis en place toute une installation cinéma dans le bureau de Towler. Helen et Ron se trouvaient là, à regarder Summers s'escrimer pour faire fonctionner ces satanés machines. Ils préféraient ne pas intervenir, ne comprenant pas du tout le savant assemblage de câbles trainant un peu partout. Comment les moldus faisaient pour s'y retrouver ? Ces choses noires et peu esthétiques faisaient penser à de longs Veracrasses démoniaques, des fils brûlés de toiles d'Acromentules, des cheveux gras de géant, ou encore des amas de Runespoors dont on n'arrivait plus à distinguer les trois têtes…
- « Ca y est ! s'exclama Summers. Cette fois-ci, c'est la bonne ! Où est la télécommande ?
- Le machin noir rectangulaire ? demanda Helen. Ici, tiens.
- Pourquoi les moldus font toujours ces machins noirs ? questionna le roux. Il existe des milliers de couleurs pour rendre ça plus agréable à regarder, plus décoratif, déjà que c'est bien moche… Et eux, ils choisissent le noir ?
- On s'en fiche, répondit la jeune femme d'un air peu concerné. Ca fonctionne ?
- Non, grogna Summers. Je ne comprends pas, j'ai pourtant tout bien branché comme il faut. Ce doit être la mauvaise chaîne ?
- Une chaîne ? s'étonna Ron. Je n'en vois pas.
- Ou peut-être le canal ? Mais je n'arrive pas à trouver le bon. J'ai pourtant connecté en HDMI2…
- Un canal… fit Weasley l'air de dire « mais oui bien sûr ».
- En général, les engins moldus ont toujours un truc qui brille pour montrer qu'ils marchent, proposa Helen. Je n'en vois pas sur ce machin.
- Mais oui ! s'exclama Summers. Je n'avais pas allumé la télé ! »
Les deux Agents d'Investigation Aurors se regardèrent, se disant qu'il faudrait un jour embaucher des spécialistes en appareils moldus. Ils perdraient beaucoup moins de temps à comprendre leur logique tordue. Summers leur expliqua vaguement comment utiliser la « thé-lait-qui-commande » pour pouvoir avancer, reculer, mettre en pause, et la manipulation pour changer de vidéo. Enfin, ils purent se mettre au travail. Et dès les premières cinq minutes, ils surent qu'ils allaient vraiment s'emmerder…
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Comme d'habitude, Luna ne montra aucune émotion face au récit des deux Inspecteurs. Alors que Rolf affichait un étonnement simple et normal pour une personne n'ayant pas connu les gens concernés, la jeune femme arborait toujours son sourire égal. Elle manifesta seulement de la tristesse pour Draco, commentant le passage du meurtre de sa mère par un « le pauvre » simple mais sincère.
- « C'est tout de même étonnant cette histoire à l'hôpital, demanda-t-elle à la fin. Que s'est-il passé ? Vous le savez ?
- Cela ressemble à une réaction magique que pourraient avoir certaines Créatures Fantastiques, comme les Centaures ou les Dragons, réfléchit Rolf. Cela peut arriver juste avant qu'ils meurent. Mais pour cela, il faut que ces Animaux possèdent une grande quantité de magie en eux.
- Cela peut se produire dans la nature ? s'étonna Kenneth. Dans quelles circonstances ?
- Le plus souvent quand ils sont blessés et perdent beaucoup de sang. Cependant, ce n'est pas systématique. Les autres fois où le phénomène a été observé, c'était à cause de maladies rares attaquant le sang ou la magie. Mais personne n'a encore réussi à comprendre la cause réelle.
- Nous n'en savons pas plus. Seulement que cela peut se produire lors d'une grande perte sanguine chez les Sangs-Purs.
- Et si Rolf vous aidait aussi ? proposa Luna. Ne serait-ce que pour découvrir ce qu'est cette manifestation de magie liée au sang ? Il sait beaucoup de choses, il pourrait vous en apprendre des tas.
- Sans compter que Hermione est justement en pleine étude de Créatures Magiques Anciennes ! s'exclama tout à coup Harry, frappé d'un éclair de génie. Elle sera très heureuse de bénéficier des lumières d'un professionnel, surtout toi !
- Pourquoi pas, sourit Rolf en regardant sa femme. De cette façon, je pourrais suivre l'enquête de l'intérieur pour vérifier que tout va bien pour toi, mon amour. »
Luna lui rendit son affection d'un regard, consciente qu'il s'inquiétait vraiment pour un rien. Heureusement qu'elle ne lui avait pas encore dit. Mais malgré son air détaché, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait là une réelle urgence. Elle ne s'inquiétait pas pour le Ministère, cette dimension-là ne la préoccupait guère. Cependant, savoir que des gens se liguaient contre une personne démunie avait de quoi la faire bouillonner de rage. Du moins autant qu'elle le pouvait, ce n'était pas dans ses habitudes. Elle songea à Draco, mais également à Blaise, sans savoir qui plaindre le plus. Elle imagina le gentil couple Nott, et la timide Bulstrode. Et même tous les anciens Mangemorts. Pourquoi même après la Guerre, l'horreur devait-elle les poursuivre tous ? C'était l'heure de panser les plaies, pas d'en créer d'autres.
Ils se mirent alors tous à discuter de la suite, et du scénario le plus plausible pour intégrer ce club très controversé…
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Orla n'était toujours pas très à l'aise… Kingsley et elle s'étaient rendus sur le lieu de travail de Gregory Goyle pour y recueillir des renseignements supplémentaires. Et n'avaient rien appris. Ils étaient ensuite allés à son domicile. Là non plus, pas grand-chose d'intéressant. Le garçon s'était révélé tout ce qu'il y a de plus banal et misérable. Il n'avait plus aucun contact avec des sorciers, mais continuait pourtant à utiliser la magie pour faire la cuisine ou se déplacer. Des traces de sa signature magique trainaient un peu partout. Bouillir de l'eau, laver et repasser son linge, faire la poussière, cuire des pâtes, même pour faire venir une tasse de la cuisine au salon sans avoir à se lever. Ils n'étaient pas sûrs qu'il y ait quoi que ce soit à découvrir…
- « Pourtant, grommela Shacklebolt. Il a bien fallu que le tueur le suive pour connaître ses habitudes et savoir où il allait se rendre.
- Pas forcément. Je pense que l'assassin doit s'être effectivement renseigné sur toutes les personnes qui l'intéressent, mais pas au point d'engager une filature à chaque fois. Il suffisait de peu pour comprendre que Gregory était un solitaire très facile à atteindre. Nous avons à peine passé une heure à chercher que nous en sommes venus à la même conclusion. Par conséquent, il suffisait de l'observer le jour J et d'attendre le bon moment.
- Goyle transplanait souvent. Comment pouvait-il le filer dans ce cas-là ? Seuls les Aurors ont… commença le directeur avant de s'interrompre. Bien sûr… Il connait les secrets du Département des Mystères, ce ne serait donc pas étonnant qu'il connaisse la magie du Bureau des Aurors… Et donc la manière de retracer un transplanage.
- Pour être franche avec vous, monsieur, hésita Quirke. Je connais quelques personnes qui savent très bien utiliser cette magie-là. Ce n'est pas un grand secret, il suffit de chercher un peu pour trouver. Le réseau des Cheminettes est plus difficile à décortiquer. »
Kingsley la regarda avec étonnement, sans oser répondre. Alors comme ça leurs techniques étaient à la portée de tous ? À la réflexion, cela ne lui poserait pas vraiment de problème si personne n'était également capable d'empêcher leur magie d'opérer… Or, ce n'était pas le cas. Il fallait néanmoins qu'il règle ce petit problème avec Funestar : que le sorcier moyen soit capable de retracer le transplanage de n'importe qui n'était pas ce qu'il y avait de plus rassurant, même si cela ne portait pas grand préjudice. Il fallait surtout vérifier que cela ne soit pas le cas pour tous leurs sortilèges professionnels…
L'étudiante préféra s'intéresser aux objets personnels de la victime, déambulant dans le minuscule studio à la recherche d'une révélation. L'Auror la rejoignit en silence, réfléchissant toujours à sa problématique. C'est comme cela qu'elle découvrit une petite mallette poussiéreuse, cachée en haut d'une armoire. Elle la posa doucement à terre, et décida de l'ouvrir avant d'appeler le directeur. C'était une petit caverne aux merveilles, remplie de grimoires de Poudlard, de photographies sorcières, d'ingrédients de potion desséchés… Il y avait même trois uniformes identiques et un chaudron. Il avait gardé précieusement toutes ses affaires d'école, sans rien toucher… comme pour les figer dans le temps.
Shacklebolt s'approcha pour regarder plus attentivement la trouvaille. Il la vit sortir une photo et la détailla par-dessus son épaule. C'était une image de leur groupe d'amis : Blaise, Pansy, Draco, Millicent, Theo, Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Ils posaient fièrement dans leur uniforme Serpentard, des sourires éblouissants comme seuls les enfants en ont le secret. Tous devaient avoir onze ans à peine, le directeur reconnaissait le parc du Manoir Malfoy. Sur un autre papier, ils voyaient Crabbe et Goyle s'empiffrer de gâteaux, sans doute un concours de mangeurs. Encore une autre, c'était Pansy qui faisait la grimace. Il y avait aussi Theo endormi sur un canapé, un livre ouvert sur le ventre. Blaise montrant ses muscles inexistants. Draco riant aux éclats. Ou encore Millicent tapant sur la tête d'un élève qui pensait pouvoir piquer dans son cartable en douce. Des duos et des trios de chacun d'entre eux. Ils se faisaient des farces, riaient ensemble, se chamaillaient… Il n'y avait pas souvent Gregory qui semblait être derrière l'objectif, celui qui voulait immortaliser tous leurs moments ensemble.
- « Ces moments étaient chers à son cœur, dit soudain Orla, brisant le silence. Alors pourquoi était-il le seul à être exclu du groupe ? »
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Ginny et Astoria n'avaient pas échangé un mot. La Langue-de-Plomb se demandait pourquoi elle devait l'accompagner pour libérer Zabini, elle n'avait rien à faire là-bas. De plus, l'Auror ne lui avait pas fait part de ses réflexions pour interroger les amis de Draco, ce qui l'énervait passablement. Elle n'était pas un petit chien qui devait la suivre et lui obéir au doigt et à l'œil ! Greengrass sentait déjà qu'elle aurait été bien plus utile ailleurs. Cependant, comme pour la contredire, Weasley lui tendit un parchemin plié en quatre, sans un mot. En l'ouvrant, la brune découvrit toutes les questions et un plan pour les questionner en groupe. Et elles y jouaient un rôle toutes les deux. La jeune rousse dévisagea sa collègue d'un air interrogateur.
- « Le gentil et le méchant Auror ? répondit finalement Astoria. Pas très original.
- C'est pourtant ce que nous sommes déjà à leurs yeux. Toi, la consœur Serpentard, et moi l'ennemie Gryffondor. Pourquoi les contredire ? Et puis j'ai découvert être très douée pour jouer les méchantes, ajouta Ginny dans un sourire mesquin.
- Pourquoi pas, après tout. Ça me changera. Mais je n'ai pas l'habitude de faire dans la mièvrerie : moi aussi je suis douée pour être mauvaise.
- Il te suffira de rester Serpentard et d'agir en tant que telle. Abonde toujours dans leur sens, pose les questions qui les arrangeront. Si besoin, nous pourrons même nous quereller devant eux. Et alors quand je partirais, tu pourras récolter toutes les informations qui nous intéressent.
- Malin, s'amusa Greengrass. Surtout qu'il n'y aura pas besoin de trop forcer pour nous disputer. »
Elles se turent quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, mais leurs regards entendus étaient suffisant. Et c'était la toute première fois qu'elles étaient d'accord. Venait tout d'abord la partie la plus sympathique de leur mission : libérer un innocent.
La première chose que Zabini demanda fût des nouvelles de ses meilleurs amis. Il n'avait rien à faire de sa libération, il voulait juste savoir si les personnes qu'il aimait le plus au monde étaient saines et sauves, angoissé qu'il était après avoir perdu l'être le plus cher à son cœur, l'ayant tué de ses mains… Il les harcela tant qu'elles purent à peine parler. Astoria passa un certain temps à le calmer avant de lui répondre, Ginny en retrait : si elle devait être la méchante, autant commencer de suite. Les jeunes femmes étaient étonnées de devoir lui expliquer ce qu'il s'était passé à Saint-Mangouste. Avec le moins de détails possibles, naturellement. Personne n'était allé le prévenir ? Qu'avait donc dit l'agent venu chercher Theodore Nott pour le laisser ainsi dans le flou ?
- « Où est Bulstrode ? demanda tout à coup Weasley, sourcils froncés. Elle était censée être avec vous.
- Milli est justement partie pour en savoir plus, mais elle n'est toujours pas revenue, bredouilla Blaise. Je croyais qu'elle était restée auprès de Pansy et Theo… Alors, ils vont bien ?! J'ai besoin de savoir !
- Nous allons justement les voir, dans un hôpital de fortune, le rassura Greengrass. Une fois là-bas, nous vous expliquerons tous ce que nous pouvons. Ils vont bien, ne t'inquiète pas. »
Cela lui faisait beaucoup de peine de le voir dans cet état. Plus jeune, elle avait admiré ce groupe d'amis charismatiques qui évoluait dans les couloirs comme si l'école leur appartenait. Draco avait certes cette classe aristocratique qui forçait le respect, Blaise était néanmoins celui qui attirait les regards. Dans une autre vie, il aurait pu être mannequin. Il possédait cette aisance naturelle où chaque geste anodin respirait l'élégance. Et un physique très agréable à l'œil : une peau noire veloutée, des membres fins et gracieux, des cheveux frisés éclatants, et un regard anis qui vous transperçait le cœur. À présent, il n'était plus qu'un fantôme pâle de sa prestance passée : un teint blafard sous une enveloppe marronnasse graisseuse, une masse informe qui semblait avoir fusionné pour faire un casque, et des yeux si ternes et rouges qu'ils ne semblaient plus abriter aucune vie… Où était passé le bel éphèbe ? Astoria ne l'aurait même pas reconnu dans la rue… Et il était pourtant le seul homme qu'elle avait cru aimer, avant de comprendre qu'elle était plutôt attirée par le beau sexe.
Ginny envoya un message pendant que la Langue-de-Plomb aidait le libéré à rassembler ses quelques affaires. Ils reprirent l'ascenseur vers les aires de transplanage, direction le Berkshire.
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- « C'est dangereux, madame ! Vous ne pouvez pas rester ici, Saint-Mangouste peut s'effondrer d'une minute à l'autre !
- N'êtes-vous pas justement ici pour éviter que cela arrive ? s'énerva Hermione auprès du magouvrier en bâtiments sorciers.
- Nous avons sécurisé l'extérieur moldu en priorité, madame. Cependant, il nous faudra plus de temps pour consolider le côté sorcier. Bien sûr, nous allons tout faire pour qu'il n'y ait aucun dégât supplémentaire, mais le risque est toujours présent !
- Je n'en ai pas pour longtemps, je dois juste…
- Non ! la coupa-t-il en lui barrant la route. Je dois vous demander de partir. Tout de suite.
- Nous n'avons pas pu tout évacuer ! Des données très précieuses se trouvent encore dans ces locaux ! Et il me les faut de toute urgence !
- Si vous ne partez pas de vous-même, je vais devoir employer la force, madame. Ne m'obligez pas à avoir de tels recours, cela ne plaira ni à vous ni à moi.
- Il s'agit de l'enquête en cours ! s'emporta-t-elle, rouge de colère qu'on l'empêche d'accéder à de précieux échantillons. Vous parlez de recours, mais moi aussi j'en ai ! Sur cet engin de communication moldu, j'ai le numéro du directeur du Bureau des Aurors, et celui du directeur du Département des Mystères ! Vous voulez que je les appelle ? »
Il ne savait pas en quoi un numéro pouvait permettre d'entrer en communication avec des grands pontes du Ministère, mais il avait très bien saisi la menace. Il se tritura les doigts en serrant les dents, cherchant le meilleur moyen pour s'en sortir sans se faire engueuler.
- « Très bien ! grogna-t-il. Vous attendez dehors, et moi je vais vous chercher ce que vous voulez, c'est mon dernier mot !
- Vous ne trouverez jamais ! Les tubes se trouvent dans une salle inaccessible sans la signature magique d'un médicomage autorisé !
- L'hôpital est en ruine, madame. Il n'y a plus de pièce sécurisée quand les murs s'écroulent. »
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Il n'y avait rien de plus dans le bureau. Funestar se demandait ce qu'il faisait là et pourquoi… Après tout, ce n'était pas si étonnant que le plus haut responsable des Aurors s'intéresse à la magie noire, si ? S'il voulait, il pouvait lui donner un petit cours accéléré. Et pourtant, il se trouvait là, devant la porte de sa maison… Une petite bicoque de banlieue sorcière, proprette, en briques rose, pelouse impeccable et volets d'un blanc immaculé. Il sentait qu'il y avait quelque chose de pas net dans toute cette histoire. La magie noire, ça le connaissait, et la teneur des grimoires présents dans le bureau de son confrère ne le rassurait pas trop… Ce n'était en rien des sortilèges offensifs contre lesquels lutter, mais plutôt des incantations sur la manipulation de la vie. Et ça, c'était franchement bizarre.
Hyde inspira longuement et sonna. En quelques secondes à peine, une élégante femme noire lui ouvrit la porte. Elle était vêtue d'un superbe boubou africain bleu roi et doré, cousu de perles d'or, sa volumineuse chevelure crépue rayonnait comme un soleil autour de son visage fin. Une femme magnifique.
- « Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle d'une voix claire et distinguée, avec un charmant accent.
- Bonjour, je ne sais pas si mon collègue vous a déjà parlé de moi, je suis le directeur du Département des Mystères.
- Monsieur Funestar ? s'exclama-t-elle en l'éblouissant d'un sourire. Naturellement qu'il m'a parlé de vous. Entrez, je vous en pris ! »
Funestar ne se fit pas prier et posa les pieds dans l'antre de son ami-rival. Partout où il posait le regard, il voyait le désordre organisé de Kinsley et la délicatesse rangée de sa femme. Ces deux univers que tout opposait s'assemblaient pourtant harmonieusement dans un équilibre étudié. Les meubles et objets traditionnels d'Afrique et d'Angleterre se mélangeaient à la ligne épurée contemporaine, jonglant entre rigueur et confort. Du Shacklebolt tout craché ! Sous l'invitation de son hôte, un confortable canapé accueillit son séant en l'enfonçant profondément dans ses gros coussins moelleux. En déclinant la proposition de boisson, le vieux directeur se demanda comment il allait pouvoir se relever.
- « C'est un plaisir de vous recevoir, mais je ne peux m'empêcher de me demander ce qui vous amène.
- Pour l'affaire en cours, nous avons besoin d'être assuré que tous les membres de l'équipe d'enquêteurs sont hors de tout soupçon, sourit tranquillement Hyde.
- Vous soupçonnez mon mari ?! s'offusqua-t-elle.
- Pas vraiment, non. Mais nous sommes tous soumis à cette petite vérification de routine. Je ne fais pas exception. J'étais simplement le seul habilité à fouiner dans la vie du dirigeant des Aurors. Ne vous faites pas de tracas pour rien.
- Ce n'est pas très professionnel de m'avouer ainsi votre objectif si vous vouliez me tirer les Veracrasses du nez, fit-elle, soupçonneuse.
- King et moi nous connaissons plutôt bien pour nous être chicanés à de très nombreuses reprises. J'ai comme dans l'idée que son épouse ne peut être qu'aussi droite et juste que lui, autrement votre couple n'aurait pas survécu aussi longtemps. Vous ne me mentirez pas, surtout quand il est question d'une enquête officielle dont votre mari prend part activement. »
Cette affirmation était à la fois juste et fausse. Il ne doutait pas que cette dame devait être à l'image de son mari afin de former un couple solide pour durer de si longues années. Mais il ne pouvait l'affirmer à cent pour cent. En revanche, il voulait qu'elle sache ce qu'il pensait de Kingsley pour endormir sa méfiance. Et au vu de son regard fier, il avait fait Doxy. Son seul souci était quand elle raconterait leur échange avec son mari… Mais il avait toute une journée avant cela. Ils se mirent alors à parler de tout et de rien, de la vie de famille, des habitudes, Hyde en racontant un peu sur lui également afin de rendre l'échange moins partial. Ils rirent même de bon cœur plusieurs fois sur des détails anodins. Le vieil homme aimait bien cette femme, Sarah Shacklebolt, douce et pourtant stricte, gracieuse mais la langue bien acérée. Quelque chose lui disait que c'était elle qui tenait fermement les rênes du foyer.
- « Et comment s'appelle la petite ? demanda-t-il en se disant que finalement il n'apprendrait rien d'intéressant.
- Wanda, sourit-elle en se levant pour prendre un album photo. Elle est à l'école pour jeunes sorciers, à Mitcham. Il n'y a que là-bas qu'ils pouvaient l'accueillir. »
La dernière phrase laissa Hyde perplexe et raviva sa curiosité. Il tourna lentement les pages, bizarrement touché par la vie pleine de joie que vivait son collègue. C'était très étrange de voir son ancien ennemi d'une autre façon… comme un mari et père de famille, et non un Auror. Lui qui avait affirmé très bien le connaître se rendait compte à quel point il avait tort. On ne peut concevoir une personne dans sa globalité, seulement par certains aspects. Il déplia les parchemins à rebours comme on remonterait le temps, les photographies de Wanda étant à la fin. Un bout de papier dans la poche de la gamine attira son attention, mais il ne parvint pas à voir de quoi il s'agissait. Quand soudain, arriva une photo de la grossesse. Sarah referma l'album.
- « Voilà, c'était un échantillon de nos plus belles photos de Wanda.
- Vous étiez malade ? » ne put-il s'empêcher de demander.
Elle s'arrêta en chemin alors qu'elle allait ranger le grimoire et se retourna lentement vers le directeur. Son regard était ferme, mais il discerna un océan de tristesse qui l'intrigua plus encore.
- « Si Kingsley ne vous en a pas parlé, c'est que vous n'avez pas à le savoir. »
Funestar comprit qu'il venait de trouver ce qui clochait.
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Pansy et Theo se jetèrent dans les bras de Blaise quand il arriva. Ginny et Astoria avaient eu du mal à les trouver puisqu'ils étaient toujours dans la chambre de Herulf. Zabini avait les larmes aux yeux, heureux et profondément soulagé de les voir sains et saufs. Son cœur était si serré d'émotions qu'il en avait mal, des picotements du bout des doigts jusqu'aux paupières. Les Nott ne s'en sortaient pas mieux, la jeune brune ne retenait même pas ses pleurs. Ils se réjouissaient de voir leur ami enfin sorti de prison. Pansy n'avait pas pu aller le voir très souvent pour rester près de Draco. Enfin ils étaient tous réunis !
- « Où est Milli ? sourit Theo, se remettant difficilement de ce trop plein de bonheur.
- Elle n'est pas avec vous ? »
Blaise perdit instantanément son air radieux. Le jeune couple se statufia, inquiets, et regardèrent directement vers les deux employées du Ministère. Les deux jeunes femmes avaient la mine grave et sombre, échangeant des regards entendus. Herulf fit mine de les rejoindre quand Ginny l'arrêta d'un geste. Elle sortit son téléphone portable et composa le numéro de Towler en se retournant pour sortir. Mais tous tendaient l'oreille et entendirent la première phrase.
- « Millicent Bulstrode a disparu. Il faut fouiller le Ministère. »
Réponses aux reviews anonymes
« Guest » : Déjà, pour commencer, j'espère que tu es toujours là… Parce qu'après un an d'absence, rien n'est moins sûre… Et qu'ensuite, si tu es présente, petit fantôme adoré, j'espère que tu te souviendras un petit peu de l'histoire… ? Même si je n'ai pas beaucoup d'espoir, moi-même j'ai du tout relire !... Bref… Mes plus plates excuses les plus sincères… snif… Place à la réponse !
Pour être franche, je n'avais pas du tout pensé à la possibilité d'une écriture du tueur inspirée par d'autres et qui pourrait définir le profil psychologique. Je me sens profondément débile pour le coup… il va falloir que j'arrange ça ! Je vais le mettre dans ma looooongue liste de chose à faire ! Merci beaucoup Inspecteur Guest pour cette révélation !
Effectivement, le nom de Charlie n'est pas dans le carnet de Draco ! Belle inspection ! J'aborderais ce point plus tard, du coup je ne vais pas trop m'avancer sur le sujet. Mais tes interprétations sont justes. Toutes. Et oui, tu les as séparés par un « ou », mais tente de les assembler ! ^^
J'ai pris un énorme plaisir à faire venir Luna et Rolf dans cette histoire. Je m'y préparais depuis longtemps ! J'espère qu'elle ne te décevra pas en infiltrant le club, et Rolf avec… et bien avec lui-même, haha ! Quant à Ulrich à Poudlard et bien… suspens ! Que va-t-il donc découvrir sur le club encore ouvert, même s'il n'aurait à priori plus de but… ? Nyahaha
Oulala ! J'ai ADORE toutes tes réflexions au sujet du mort de la fin de chapitre et sur Gregory ! EXCELLENT ! Mais je suis incapable de pouvoir te répondre car… bin je crois l'avoir déjà fait au début de ce chapitre-ci ! En tout cas, c'était vraiment de très bonnes réflexions, tu m'as bluffée ! Et en fait, cela m'a inspiré le passage où ils trouvent les photographies de l'époque « poudlardienne » chez lui. Héhé, ce passage est là grâce à toi !
MERCI INSPCTEUR GUEST ! Je prie sincèrement pour que tu hantes toujours les confins de ce site fantastique que j'ai lâchement abandonné… comme une débile que je suis… À très bientôt j'espère !... Et si ce n'est pas le cas et bien… Cela a été un immense plaisir d'avoir partagé cette aventure avec toi pendant ces longs mois ! (mais j'espère quand même que tu reviendras un jour… même si c'est dans dix ans… ?)
« Sherlock » : ooooh, aurais-je attiré le célèbre détective dans mes filets ? Nyahaha ! Dommage que cela ait été dans ma période… creuse… Vraiment désolée… j'espère sincèrement que tu es toujours dans les environs, ta loupe et ton béret en action ? En tout cas, merci pour le compliment, ça me va droit au cœur !
NOTE DE L'AUTEUR
Je n'ai absolument aucune excuse… Et puis d'abord, comment je pourrais me faire pardonner un an d'absence ?!... Je peux vous dire « je vous avez prévenu que je ne suis pas régulière. Mais vous voyez, je reviens, je lâche pas l'affaire ! »… Le problème c'est que j'ai quand même méga honte ! Tous les mois je me disais : « Il faut que je continue ! Pour mes petits lecteurs ! C'est le minimum syndical ! » Et je ne faisais rien… Je me disais aussi « Ecrire me manque tellement, il faut que je m'y remette ! »… Et je ne faisais toujours rien… Un an ! Cela m'a pris une année entière pour remonter en selle et affronter le tueur psychopathe avec vous !... C'est bon, à la vitesse où il va, il a pu tuer la moitié de l'Angleterre… heum…
Par contre ! Je peux vous raconter un peu ma life super pas intéressante pour vous dire que je n'ai pas non plus été une larve immonde pendant un an ! Et bien déjà, je suis passée chef au taf ! Vala ! Et lors de cette superbe promotion delamorkitu, j'ai travaillé sur un super film qui va sortir sur grand écran 28 Mars 2018 : CROC-BLANC ! Voilà, c'est dit, c'est fait. Allez au cinéma voir ce film (ordonne la fille qui respecte pas ses engagements envers vous), j'y ai donné UN AN DE MA VIE (sans déconner c'est vrai, j'avais vraiment plus de vie, j'avais même pas le temps de sortir les poubelles de chez moi, vous imaginez ?... bon, ok, c'était pas un an entier comme ça… juste à la fin). J'ai même vécu l'une des plus belles expériences de ma vie pour ce film : le tournage au Luxembourg, pendant un mois. C'était vraiment magique, j'ai pleuré comme une madeleine en partant… Et puis… en gros voilà à quoi s'est résumée ma vie cette dernière année… Et là je suis au chômage technique depuis deux mois (pour mon plus grand bonheur), je redécouvre la vie (sans inquiétude car j'ai un autre job qui arrive bientôt donc no soucy pour l'avenir).
« Méelleamêmepaécriunelignealorkèléochomagelagrognasse ?! »… vi… je sais… mea culpa… Je me ratatine devant vous et implore votre pardon pour cette misérable chose que je suis… Pour être tout à fait franche… Je ne pouvais tout simplement pas continuer après autant d'absence sans TOUT relire : le texte, mes notes, mes notes pour vous, et autres tableaux illisibles… Et j'ai mis trois jours pour relire les chapitres… TROIS PUTAIN DE JOURS !... Franchement, je sais pas si vous aurez la foi… Si vous êtes nouveaux inspecteurs, si vous êtes des vieux d'la vieille… Ça fait quand même un sacré pavé de texte à se farcir ! Alors tout ce que je peux espérer, c'est qu'il y en ait un ou deux qui suive malgré mon manque total de respect et professionnalisme (je suis à plat ventre devant vous, là). Surtout que c'est pas la première fois que je vous fais le coup… Sincèrement, je me donne des baffes à moi-même ! Mentales et physiques ! Parce que le pire du pire, c'est que je VEUX continuer ! De tout mon cœur, de tout mon être ! Mais à un moment, j'ai fait un blocage… Et une fois décoincée, il fallait trouver le courage… Et une fois le courage revenu… bin il en a fallu plus encore pour pouvoir tout relire…
MAIS C'EST FAIT ! JE SUIS À DONF LA ! JE SUIS PRÊTE À LUI METTRE LA PATE À CE TUEUR D'MES DEUX ! Enfin pas pour l'instant, parce qu'il a encore pas mal d'avance le bougre… Et en fait, pour votre plus grand plaisir et le mien, j'ai décidé intelligemment d'abréger NOS souffrances ! Parce que ça fait peut-être 4 jours pour les protagonistes, mais nous ça fait DEUX ANS qu'il nous casse les c***lles le psychopathe ! Bon, je vous rassure, l'histoire ne va pas en pâtir du tout, c'est juste que je vais moins me laisser l'occasion de digresser. Par exemple, la disparition de Millicent n'était pas prévue pour tout de suite. Et je voulais se faire réveiller Draco dans trèèèèèèès longtemps (mais moi aussi j'ai envie de le réveiller, d'une bonne baffe même !)… Cependant, quand il va ouvrir les yeux ? Ça, je ne vous le dis pas. Disons que j'ai raccourci son coma, mais je ne vous dirais pas de combien. Ça s'appelle du spoil, ça, messieursdames. Disons, pour être plus claire, que j'ai rapproché les dates des différents événements de BEAUCOUP pour pouvoir mieux les imbriquer à l'enquête, afin de donner un peu plus de dynamique. Comment ça on dirait pas ? Non mais attendez, là, dans un seul chapitre, vous avez la mort de Gregory et la disparition de Millicent ! C'est-y pas bô ça ? Alors voilà, ça va venir, ça va venir. Pour être la plus franche et sincère possible, ce chapitre était prêt à… 70% depuis un an… Mais j'ai tout relu et changé plein de choses initiales, puis j'ai complété. Alors il y a certes des phrases qui sont vieeeeiiiiiiiiilles d'un an, mais 80% du chapitre est du jourd'ojourdui ! Vi vi mes bonnes dames (et messieurs). J'ai bossé, j'vous jure !
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Alors je vous dis…
A très bientôt mes bits chéris !
Fantômes ou manifestants !
Sortez-moi tout le jus de votre cerveau en ébullition, mes très chers Inspecteurs !
XXX
Capitaine Ashu
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