Point de vue d'Edward.

Je tenais fermement Joy dans mes bras, allongé sur mon lit. Elle avait eu beaucoup de mal à s'endormir, très perturbée par tout ce qu'elle avait vécu. Je ne voulais la laisser sous aucun prétexte, j'avais trop peur de rêver.

En la regardant dormir, mon cœur se serra. Son visage était comme une piqûre de rappel de ma douleur. Elle ressemblait traits pour traits à sa mère. Et comme elle, elle parlait dans son sommeil.

- Tu ne reviendras pas, c'est ça? Tu me manques, Noah...

Je tressaillis. Elle rêvait de son frère qui ne reviendrait pas. A son réveil, il faudrait que je lui annonce que son rêve n'en était pas un.

Alice et Jasper arrivèrent dans la villa, et ma sœur m'apprit que son mari avait éliminé Maria, et que cela l'avait bouleversé.

Joy se réveilla en me réclamant. Toute la famille nous rejoint dans la chambre. Le moment était venu de tout avouer à ma fille.

- Papa! J'ai eu tellement peur! Les dames étaient méchantes. Je ne retournerai pas là-bas, hein papa?

- Non mon ange. la rassurai-je. Les méchantes dames ne t'embêteront plus jamais.

- Promis?

- Juré! Lui dit Alice en la serrant dans ses bras. Marraine ne va pas te lâcher de si tôt!

Joy semblait heureuse de revoir tout le monde. Mais sa joie fut de courte durée. Elle fronça les sourcils.

- Papa?

- Ma puce, je suis la... Je ne te quitterai plus désormais.

- Je sais, papa. Ils ne reviendront pas, n'est-ce pas? Noah et maman.

Je paniquai. Qu'étais-je censé lui dire? Devais-je la faire espérer ou la rendre malheureuse en lui disant qu'elle ne reverrait jamais plus son frère?

Une vague de calme m'envahit. Jasper me fixait avec appréhension. Je pris mon courage à deux mains.

- Maman est partie rejoindre Noah pour qu'il ne soit pas seul, comme je suis venu te chercher pour que tu ne le sois pas non plus. Cela ne dépend pas de nous, Joy, mais des gens chez qui ils sont. Peut-être qu'un jour, maman et Noah reviendront, mais je ne sais pas.

- Je suis contente d'être avec toi, me dit-elle en m'enlaçant. Tu n'es pas tout seul non plus.

Ces paroles eurent raison de moi. Je fondis en larmes, dans les bras de ma fille, qui, bien qu'aussi malheureuse que moi, me consolait.

**********

Ce fut d'ailleurs elle qui me redonna goût à la vie. Nous restions souvent ensemble. Elle agissait en mère poule. Du haut de ses 7 mois, elle semblait avoir 9 ans et avait un caractère bien trempé qui me rappelait celui de Bella. Quand Joy n'était pas avec moi, elle trainait avec Emmett, Rosalie et Vera, qui se faisait un plaisir de jouer avec elle.

En un mois, beaucoup de choses avait changé. Henry avait déménagé, au grand dam de sa mère. Il vivait désormais avec les Amazones, le clan de sa compagne, Zafrina. Il les avait convaincues de devenir végétariennes, et elles avaient décrété qu'elles étaient dorénavant une branche sud-américaine de la famille Cullen.

Alice et Jasper résidaient à Denali, chez Tanya. Jasper ne supportait pas ma constante douleur, et Alice avait peur de voir constamment Bella en Joy.

Carlisle et Esmée avaient décidé de s'éloigner un peu de Forks, pour renouveler leur vœux.

Depuis le départ de Bella, la famille Cullen se délitait jour après jour.

Le jour du départ de mes parents, Joy pleura beaucoup. Je la réconfortais dans la chambre comme je pouvais, je ne savais pas trop comment faire, car la situation était la plupart du temps inversée.

- Edward? M'appela Esmée. Je laissai ma fille en compagnie de Vera et partis rejoindre ma mère. Tu devrais la prévenir que Joy est avec toi.

- Je ne sais pas si...

- Cela fait un mois que tu l'as récupéré! Bella doit être morte d'inquiétude! Elle a le droit de savoir que sa fille est en sécurité. Si elle est partie, c'est bien pour...

- Maman... Je t'en prie... Je ne veux pas penser à B... à Elle pour le moment.

Ce qu'elle ignorait, c'est que je n'arrivais pas à me l'enlever de l'esprit. A chaque instant, je me demandais ce qu'elle faisait, si elle allait bien, si elle et notre fils étaient bien traités, s'ils avaient changé de régime alimentaire. Si ses yeux étaient toujours couleur argent, si elle pensait à moi, si elle m'aimait toujours ou si elle m'avait déjà remplacé.

Après avoir regardé ma fille dormir pendant un bon moment, je me surpris à tenir mon téléphone. Je composai sans réfléchir le numéro de... Son numéro. Lorsque j'allais raccrocher, elle répondit.

- Edward? Que se passe t-il? Tu vas bien?

- Hum... Oui... Elle s'inquiète pour moi... J'ai eu peur qu'ils t'aient refusé de garder ton portable.

- Oh! J'ai obtenu l'autorisation de le conserver pour que Noah puisse t'appeler au moins une fois par mois. Je comptais t'appeler demain d'ailleurs.

Je frissonnai. Elle avait fait pression sur les Volturis pour que son mari puisse garder un lien avec son fils. Mais combien de temps allaient-ils l'accepter? Pour le moment je ne m'en souciais pas, j'étais ravi que Bella aie fait cela pour moi. Elle était parfaite.

- Edward? Tu es encore la?

- Oui, excuse-moi... Je te téléphonais juste pour te dire que...

- Tu l'as retrouvée. Je le sais.

- Comment le sais-tu? Lui demandai-je, surpris.

- D'abord je n'ai jamais douté que vous y arriveriez. Mon cœur se réchauffa. Elle avait toujours eu une confiance aveugle en moi et en ma famille. Et puis, Noah me l'a dit.

- Noah?

Elle rit. Ce son me manquait terriblement.

- Nos... Ils communiquent entre eux malgré la distance. Je compris qu'elle ne voulait pas que les Volturis connaissent l'existence de notre fille. Comment va-t-elle?

- Elle tient le coup. Elle dort, pour le moment.

- Ah... elle semblait déçue. Peut être aurait-elle souhaité lui parler... Je suis heureuse que vous soyez réunis. Je... sa voix s'étrangla. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Désires-tu parler à notre fils?

- Si cela ne te dérange pas.

- Bien sur que non, mon amour! Mon cœur se serra à nouveau. Je te le passe.

- Bella?

- Papa?

- Oh mon chéri! Dis-je en fondant en larmes. Tu vas bien?

Nous discutâmes un petit moment. Il me décrivit Volterra, qu'il trouvait beau et effrayant à la fois. Il me dit que sa mère était triste et que lui aussi, mais que Felix essayait de leur remonter le moral. Qu'on leur avait permis de chasser des animaux et aussi qu'Aro avait fait acheter un réfrigérateur rien que pour eux, qu'il faisait remplir tous les deux jours. Qu'on leur apprenait à se battre, à maitriser leur dons. Que Jane lui avait fait mal une fois, mais que maintenant Bella se battait en même temps que lui, et depuis il n'avait plus ressenti la douleur.

- Je te laisse papa, me dit-il subitement, je dois aller à l'entraînement.

- D'accord mon chéri. Tu me rappelles bientôt?

- Le mois prochain. Est-ce que Joy te fait mes commissions?

- Hum... Non...

Il y eût un silence. Puis Noah reprit.

- C'est pas grave. Je vais te le dire moi même alors.

- Quoi donc, mon cœur?

- Je t'aime papa.

- Je t'aime aussi, Noah... dis-je, le cœur serré. Noah avait demandé à Joy de me dire qu'il m'aimait, mais celle-ci avait dû avoir peur de ma réaction.

- Félix! L'entendis-je dire au loin

- Prêt pour l'entraînement, bonhomme? Demanda une grosse voix, celle de Félix, donc.

- Oui!!!

- Edward? Murmura la douce voix de mon épouse.

- Bella...

- Je t'appellerai le mois prochain, je te le promets. Me dit-elle tendrement.

- J'attendrai ton appel. Lui répondis-je sèchement.

- Je... Suis heureuse de t'avoir entendu. Embrasse tout le monde de notre part.

- Je n'y manquerai pas.

- Au revoir, Edward. Elle prit une profonde inspiration et ajouta. Je t'aime, ne l'oublie pas.

- Bella, attends...

Elle avait déjà raccroché.

Je repensai à la conversation houleuse entre Bella et Félix, que j'avais entendu quand Noah me racontait comment était sa vie à Volterra.

**********

Félix avait l'air inquiet.

- Aro n'est pas très content. Il n'aime pas trop que l'un des nôtres garde des contacts avec l'extérieur.

- Je m'en fiche! s'exclama Bella. C'est mon mari, et le père de Noah.

- Je sais mais... Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Ça risque de mal se terminer.

- Qu'il me punisse s'il veut, s'emporta-t-elle, jamais je ne priverai Edward d'une occasion d'entendre son fils.

- Et à toi de parler à l'amour de ta vie...

- Je ne sais pas si je devrais, je lui ai fait du mal, mais au moins je l'entends, et ça me suffit.

- Tu l'aimes encore, n'est-ce pas? lui demanda-t-il d'un ton triste.

- Et pourquoi ne l'aimerai-je pas? Il s'agit de mon mari, et jamais je n'aimerai un autre homme autant que je l'aime, lui.

- Et lui, t'aime-t-il toujours?

Elle hésita.

- Je ne sais pas... Emmène Noah à l'entraînement. J'arrive.

- Ne tarde pas, Bella. Sa voix dégoulinait d'amour et me fit enrager.

- Félix, soupira-t-elle, visiblement agacée. Je t'ai déjà dit que tu perds ton temps.

**********

Bella me considérait toujours comme son mari. Elle souhaitait garder le contact avec moi. Elle m'aimait toujours, mais j'avais beaucoup de mal à lui dire que je l'aimais également. Je lui en voulais d'être partie, et je m'en voulais de le lui reprocher.

Joy vint interrompre mes réflexions. Elle m'enlaça et m'embrassa sur la joue.

- Noah a dit que tu les avait appelé. Il était fâché contre moi.

- Hum... fut tout ce que je pus dire.

- Tu ne m'en veux pas? Me demanda-t-elle timidement.

- De quoi, ma chérie?

- De ne pas t'avoir dit que Noah t'aime...

- Non, bien sûr que non! Je sais que tu n'as rien dit pour ne pas me faire de mal, mais j'aimerais que tu me le dises, la prochaine fois que ton frère te fera une commission pour moi.

- Bah! bougonna-t-elle. Il ne fait pas les miennes non plus à maman. Je voulais lui parler... reprit-elle avant de fondre en larmes.

Je la pris dans mes bras, lui promettant que la prochaine fois qu'ils appelleraient, je la réveillerais si elle dormait, et qu'elle pourrait parler à sa mère.

Bella me rappela ainsi pendant cinq mois, à raison d'une fois par mois. Elle m'envoya des fleurs avec un mot pour notre anniversaire de mariage, ainsi qu'un cadeau pour l'anniversaire de Joy. Cette dernière avait insisté pour que nous envoyions également un présent à son frère.

Depuis ce jour, nous ne reçûmes plus aucune nouvelle, et Joy ne réussit pas à rentrer en contact avec Noah.

Jusqu'à ce que Jasper nous appelle, affolé...


Ca va un peu mieux, alors j'en profite

J'enchaine un autre chapitre et j'espère le poseter ce soir.

Leilani.