Voici le nouveau chapitre. Il a mis un peu plus de temps que les autres à arriver, mais pour compenser, le prochain est déjà prêt. Je le publierai en février. Dans celui-ci, on parle surtout de Remus (et de Mary) et d'Elliot. Comme toujours, j'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à me donner votre avis par MP ou review.
26 mai 1979
La confrontation avec Mary s'avéra plus compliquée pour Remus. Lorsqu'il revint auprès de ses amis, ils virent à son air renfrogné que tout n'avait pas dû se passer tranquillement.
- Bon, c'est fait, dit-il simplement en soupirant. Je ne sais pas trop quoi en penser, pour tout vous dire. Au début elle m'a giflé, et puis elle a pleuré. Et quand elle s'est calmée, elle m'a dit qu'elle comprenait et qu'elle était désolée de s'être emportée. Je ne sais pas si on pourra rester amis, mais on a pas mal discuté ensuite, je lui ai dit tout ce que vous savez déjà, qu'elle comptait malgré tout beaucoup pour moi et que même si c'était douloureux, je préférais la faire souffrir un moment en la quittant plutôt que de lui laisser de faux-espoirs. Et quand elle a compris ça, elle a souri. Qu'est-ce que vous en pensez ? Sirius ?
- Comme je te disais, Mary est intelligente, Rem', répondit l'intéressé. C'est dommage qu'elle t'ait giflé mais je crois qu'on ne contrôle pas forcément ses réactions dans des moments comme ceux-là. Je pense que ça va aller. Vous pourrez redevenir amis plus tard si c'est ce que vous souhaitez tous les deux. Vous êtes d'accord avec moi ? ajouta-t-il en s'adressant au reste du groupe qui acquiesça de concert.
- Elle m'a demandé si ça avait un rapport avec mon secret, reprit Remus. Je lui ai dit qu'il n'y avait aucun rapport, sinon je ne me serais jamais remis avec elle. J'espère qu'elle va y croire. Peut-être qu'un jour je lui révélerai ce que je suis vraiment, mais je ne suis pas sûr d'être prêt à l'assumer auprès d'elle.
- Il ne faut pas que tu te sentes obligé de le lui dire parce que tu te sens coupable de l'avoir quittée, Lunard, affirma James avec conviction.
- Oui, bien sûr, approuva Remus en affichant un regard et un sourire tristes. C'est surtout que je me rends compte que je ne suis pas capable de lui faire réellement confiance, comme je vous fais confiance à vous. Rien que pour ça, j'aurais dû me rendre compte dès le début que ça n'aurait pas pu marcher.
- Oui, tu aurais aussi pu penser que c'était justement parce qu'elle te plaisait trop que tu n'osais pas lui dire, comme tu as cru pendant un moment, rétorqua Sirius. Essaie pas de te faire du mal pour rien. C'était la bonne décision, ça n'a aucun rapport avec ton secret, t'as rien fait de mal et t'es un mec super.
Une fois de plus, James, Lily et Peter approuvèrent. Remus rit doucement.
- C'est facile à dire pour toi, plaisanta-t-il. James et toi vous avez tellement d'assurance, parfois c'est impressionnant !
- Seulement parfois ? s'amusa James.
- Moi qui croyais que nous étions parfaits et toujours impressionnants, le rejoignit Sirius.
- Tout à fait mon cher Patmol, il est de notoriété publique que nous sommes les plus beaux, les plus forts et les plus intelligents. D'ailleurs, vous devriez vous estimer heureux de partager ces instants en notre compagnie, nous qui dans notre grande mansuétude vous laissons admirer notre perfection.
- J'ajouterais même que Lily a de la chance de faire partie de ce cercle si masculin auquel nous appartenons, parce que peu de femmes pourraient se tenir là, en notre présence, sans succomber d'émotion.
- Et parfois vous avez un peu trop d'assurance, et là ça devient carrément flippant, les coupa Remus avec une pointe de malice.
- Oui, tu as raison, approuva Lily, il va bientôt falloir qu'on achète des aiguilles pour dégonfler un peu leurs chevilles qui enflent à vue d'œil.
Peter, de son côté, assista à la scène, hilare. Il ne trouva rien à répliquer et se contenta de suivre l'échange en riant à gorge déployée. James et Sirius, loin d'être vexés, leur adressèrent un regard faussement hautain puis se lancèrent l'un à l'autre un sourire narquois.
- En tout cas, j'ai compris, reprit Remus avec plus de sérieux. J'ai bien fait, je suis un gars super, et si Mary souhaite qu'on redevienne amis, soit, mais ça ne doit pas me forcer à lui révéler mon secret. Ce sont deux choses différentes. Est-ce que j'ai bien résumé ?
- Oui, tu apprends vite mon petit, approuva Sirius en hochant la tête. Laisse faire le temps, nous on est là pour toi, c'est le principal. Bon, par contre, je ne te garantis pas le même genre d'affection qu'elle pouvait te donner, ajouta-t-il d'un air entendu, accompagné d'un clin d'œil aguicheur.
Tous se mirent à rire à nouveau.
15 juillet 1979
- Vous vouliez me voir, Albus ? s'enquit Sirius en allant s'asseoir sur la chaise située en face du fondateur de l'Ordre. J'ai croisé les Londubat, ils m'ont dit que vous m'attendiez.
Albus Dumbledore le regarda un moment en silence puis sourit.
- Oui Sirius, je leur ai demandé de te transmettre le message. Comment vas-tu ?
- Je vais bien, merci, répondit-il d'un ton joyeux. Et vous ?
Il n'osait pas demander la raison de sa convocation. Les dernières avaient toutes concerné Jane ou Elliot, et ce n'était pas toujours pour annoncer les meilleures des nouvelles.
- Je vais bien aussi, c'est gentil de t'en inquiéter, répondit le vieil homme d'un ton léger. Je suppose que tu te demandes pourquoi je t'ai fait appeler, bien que, bien sûr, je sois obligé de vous convoquer les uns après les autres pour traiter avec vous des affaires de l'Ordre en-dehors des réunions que nous nous fixons.
Sirius acquiesça en silence.
- Nous avons bien avancé vis-à-vis d'Elliot depuis que tu as parlé à Peter. J'ai été agréablement surpris de sa réaction, mais en y repensant bien cela n'est pas si étonnant. Il sait faire preuve de beaucoup d'ouverture d'esprit. Sait-il que tu as pardonné à Elliot et que vous êtes en bons termes tous les deux ?
- Oui, nous avons eu l'occasion d'en discuter à nouveau, affirma Sirius. Il n'a aucune rancœur envers Elliot, je crois qu'on s'est inquiétés pour rien. Comme il me l'a dit et répété, il ne l'a jamais tenu pour responsable de la mort de Mary, et il n'a pour seul regret que de ne pas savoir qui a lancé le sort. Je ne pense pas qu'on le retrouvera un jour, personne n'a rien vu apparemment.
- Et peut-être que c'est mieux qu'il ne cherche pas à se venger, tu ne crois pas ? demanda le professeur avec sagesse. Toujours est-il que je pense que nous pouvons désormais annoncer au reste des membres de l'Ordre que nous souhaiterions accepter l'aide d'Elliot. J'aimerais le leur dire dans la journée.
- Très bien, approuva Sirius.
Chaque membre fut prévenu qu'une réunion aurait lieu dans l'après-midi. Lorsqu'Albus Dumbledore leur parla d'Elliot, les réactions furent mitigées. Alastor Maugrey, parmi d'autres, se montra méfiant.
- Tu sais que j'ai toute confiance en toi, Albus, dit-il d'un ton bourru, mais après ce qu'il s'est passé avec Jane, je ne sais pas si c'est une bonne idée de faire entrer un Mangemort parmi nous. Même s'il s'est soi-disant repenti.
Autour de lui, plusieurs personnes montrèrent leur approbation.
- Qui nous dit qu'il ne cherche pas à glaner des infos pour aller les révéler ensuite à Vous-Savez-Qui, histoire de revenir dans ses bonnes grâces ? ajouta Mary.
Cette fois encore, les mêmes personnes approuvèrent plus ou moins silencieusement. Albus Dumbledore sourit. Il était calme et écoutait avec attention les protestations courtoises de ses alliés.
- Bien sûr, dit-il avec douceur. Vous êtes suspicieux et je trouve cela tout à fait normal et même plutôt sain. Il serait étonnant que vous accueilliez à bras ouverts quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui plus est un ancien Mangemort, sans vous poser de questions. Je peux vous affirmer que je connais bien ce garçon, comme je connais beaucoup d'entre vous parce que vous avez tous été élèves à Poudlard. Il n'a jamais montré aucun penchant pour la magie noire et en l'observant et en discutant avec lui, je suis arrivé à la conclusion qu'il avait été entrainé malgré lui dans cette histoire et qu'il le regrettait amèrement. Il nous a aidés par le passé en nous révélant plusieurs informations concernant Lord Voldemort et ses Mangemorts. Toutefois, il est évident que je ne décide pas seul, bien que je n'aie pas été seul à gérer cette affaire, précisa-t-il en tournant son regard vers Sirius qui lui sourit discrètement.
- Si je peux me permettre, dit-il alors, j'ai détesté Elliot d'avoir été ce qu'il a été, surtout que nous étions amis par le passé comme certains d'entre vous le savent. Mais comme Albus, je crois qu'il ne s'est pas rendu compte de ce qu'il faisait et c'est maintenant qu'il fait preuve de courage en essayant de se repentir et en voulant nous aider, en se mettant d'ailleurs en danger.
- Effectivement, approuva le fondateur de l'Ordre, ne laissant l'occasion à personne d'autre de protester. Elliot est supposé être à Azkaban à l'heure qu'il est, mais a été libéré pour service rendu au Ministère. Il pourrait couler des jours heureux loin de nous et de tout ce qu'il se passe ici, mais il a choisi de rester et de nous aider.
- Très bien, concéda Alastor Maugrey de son même ton bourru. Mais vous ne m'enlèverez pas de la tête qu'il nous faut rester vigilants.
Les membres qui avaient approuvé ses dires au début étaient à présent en train de réfléchir, de peser le pour et le contre. Certains acquiescèrent à nouveau. D'autres ne réagirent pas. Ils attendaient la suite.
- Ce que je vous propose, enchaina alors Albus Dumbledore, c'est une sorte de mise à l'épreuve qui, je l'espère, vous convaincra tous. Nous pouvons accepter l'aide d'Elliot sans lui dévoiler tout de notre organisation. Nous pourrons ainsi lui donner peu à peu plus de place dans notre groupe s'il s'avère qu'il la mérite. Qu'en dites-vous ?
La majorité des membres de l'Ordre approuva, avec plus ou moins de conviction. L'idée de la mise à l'épreuve avait fini par les décider. Il fut convenu qu'Elliot ne ferait qu'à moitié partie de l'Ordre, jusqu'à ce que tous ses membres soient pleinement conquis. Il n'aurait aucune information concernant l'organisation secrète, n'aurait pour seuls intermédiaires qu'Albus Dumbledore et Sirius, au début au moins. Avec le temps, peut-être, il finirait par se faire une vraie place au sein de l'Ordre.
Il ne restait plus qu'à prendre contact avec lui pour l'informer de cela. A cette idée, Sirius sourit. Il était ravi.
