A la demande de certaines et pour remercier tout le monde, je poste plus tôt que prévu.
Je sais que beaucoup d'entre vous n'ont pas pu reviewer sur le chapitre 20 et faute à moi puisque j'ai remplacé la note de l'Auteure par ce chapitre et comme les inscrits ne peuvent faire qu'une review par chapitre… (en passant - je vais faire mon Caliméro - c'est trop injuste).
En fait, il y a toujours une parade. Il suffit de se déconnecter de son compte et de faire une review anonyme et hop fingers in the nose (les doigts dans le nez).
Bref, je sais que beaucoup ont été étonné de la révélation à la fin du dernier chapitre. Donc les réponses à vos questions du genre 'Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Pourquoi ?' sont presque toutes plus bas.
Je vais essayer de retomber dans la normalité en remerciant d'ailleurs mes MRMQT :
Callie57, Ytelle, moije, x-gdanslabrume-x, oeildelynx94, Eliloulou, Miinie, steph, haruhi-shan, aleex16, Lenerol, coco, Niphredil, TiX', Angel, Naouko, diane24, mely3969, pitchoune726, severine, mimirandy69, anya, maya, emmymarks, mel31, Sungirl1, Ally, nadia, juliette, Melielola, NiniWeasley, hp-drago, chriwyatt, mamoure21, Margaux, Galswinthe, NiennaLo, vinou, laurie, ceci27, mimily, annecullen69, samiaCullen, louloute0310, liliputienne31, alicew59, ErylisxJazz, et toutes celles qui aurait bien voulu mais qui n'ont pas pu.
Disclamer 1 : Twilight ainsi que tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Disclamer 2 : Ce chapitre comporte une scène qui pourrait choquer ceux et celles qui aurait une certaine sensibilité religieuse.
Dans le chapitre précédent
« Tu as vu quoi Alice ? » Demandais-je en l'encourageant à continuer.
Ses épaules s'affaissèrent comme si elle portait le poids du monde sur elle et lâcha un profond soupir. « Mon frère… Te demander… En mariage… Et tu as dit non. »
Je me pétrifiai quelques instants avant de recouvrir l'usage de mon corps. Ainsi donc, il s'agissait de ça ! Incapable de faire face au dilemme qui me tenaillait les tripes, je pris mon visage dans mes mains, impuissante et dévastée. Je crois que c'est la pire chose qui pouvait arriver. J'étais vraiment à des années-lumière de penser qu'Edward voulait une telle chose. La seule chose que je ne pouvais pas lui donner.
Je sentis les mains d'Alice saisir délicatement mes épaules et je levai ma tête pour la voir me chercher du regard.
« Pourquoi Bella ? Tu vas lui briser le cœur. » Dit-elle doucement.
« Je ne peux pas. »
« Au moins, parle-lui. Si tu ne me dis pas pourquoi à moi alors, au moins, dis-le lui. Si tu ne l'aimes pas assez pour faire ça ou si tu comptes le quitter… »
« Non ! » M'exclamais-je vigoureusement. « Tu sais que je l'aime plus que ma propre vie. Je ne peux pas me passer de lui. J'ai besoin de lui. J'ai… »
« Alors pourquoi Bella ? » Supplia-t-elle.
Je levais mes yeux vers elle et croisa son regard meurtri et presque à demi consciente du poids des paroles que j'allais prononcer. J'étais las des secrets, fatiguée des mensonges. Si je considérais vraiment Alice comme une sœur alors je lui devais la vérité au même titre que je la devais à Edward.
Je poussa un long soupir et parla d'une voix calme tout en ne la lâchant pas des yeux.
« Parce que je suis déjà mariée Alice. »
La bombe était lâchée.
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« La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre. »
Hérodote – Extrait de Histoires
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CHAPITRE 21 – Noces blanches
Je me souviens du parfum qui flottait dans l'Eglise. Du lilas. Presque un parfum de sainteté. Il me semble que je n'avais jamais été croyante - en qui que ce soit ou en quoi que ce soit d'ailleurs - mais nul doute que, s'Il existait, Dieu lui-même aurait considéré notre présence ici comme un blasphème abominable.
Daniel était exalté et ne se souciait guère des problèmes de l'existence tout en savourant une liberté sans entrave, sans soucis et sans regrets. La seule chose dont il semblait se préoccuper, c'était tout se qui se rapprochait de près ou de loin à tout ce qui touchait à Dieu. Sa préoccupation… Non ce n'était pas le mot juste…. Son obsession… C'était de provoquer Dieu au-delà de ce que la provocation pouvait tolérer.
Il n'avait peur de rien ni de personne mais je ne comprenais pas sa fascination morbide pour tout ce qui rapportait à la religion. Il disait que la plupart des croyants craignaient Dieu à cause de la précarité de leur vie mortelle et de la menace de passer l'éternité en enfer ou au paradis leur apparaissait comme une perspective non négligeable. Il n'aimait pas l'idée d'être un mouton ou même de mener son existence comme s'il avait une épée de Damoclès planant au-dessus de sa tête. De plus, la mortalité ne s'appliquant pas à notre cas, j'étais entrée peu à peu dans son jeu intitulé 'Comment rendre Dieu fou de rage en 10 leçons'.
Daniel prenait un malin plaisir à se complaire dans l'idée qu'il était intouchable et invulnérable et regardait souvent les croyants avec mépris et arrogance. A l'époque, je qualifiais ce sentiment de libérateur. Vivre une existence sans contrainte, affranchie et surtout dénuée de toute peur.
Oui. Le seul être au monde en qui je croyais vraiment était celui qui se tenait debout devant moi. Il m'avait sauvé d'une vie fade, sans relief mais surtout mortelle.
J'avais véritablement du mal à me concentrer sur les paroles du prêtre. Sa douce jugulaire battait à un rythme affolant. Je pouvais presque entendre l'écoulement du sang dans son artère et, sans m'en rendre compte, je fixais sa carotide, hypnotisée par son chant.
« Isabella ? » Demanda Daniel d'une voix faussement embarrassée.
Je dirigea mon regard vers lui et vis qu'il attendait visiblement quelque chose.
« Je crois que c'est le moment où tu es censé dire 'Je le veux'. »
Même si je ne croyais pas en Dieu, l'intensité de son regard écarlate m'avait plongé dans une telle réalité qui me fut impossible de ne pas considérer ce mariage comme un lien sincère et véritable. Je lui appartenais déjà de façon charnelle, physique et même spirituelle. Si ça comptait pour lui alors ça comptait pour moi. Cette appartenance, consolidée par ce que représentait le mariage à ses yeux, ne faisait que renforcer ma dépendance vis-à-vis de lui. J'étais devenue quelqu'un. Je n'étais plus une femme mais SA femme.
Je me tournai vers le prêtre.
« Je le veux. » Dis-je en souriant.
Les mains de l'homme tremblaient sur sa bible, l'odeur de la peur rendait le parfum de son sang encore plus délectable. Devant son absence de réaction, Daniel se racla la gorge et le prêtre devint un peu plus blême.
« Mon père ? Poursuivez… »
Le prêtre ferma les yeux un instant pour, semblait-il calmé ses tremblements, puis les rouvrit.
« Vous… Vo… Vos no… noms. Il me… me….me faut vos noms. » Balbutia l'humain.
« Daniel Alexandre O'Connor. »
Je fus surprise de me rendre compte en cet instant le nombre de chose que j'ignorais sur Daniel. Je ne savais même pas qu'il avait un deuxième prénom. Putain, je ne savais même pas qu'il avait un nom de famille.
Je ne connaissais Daniel que depuis trois mois. Je n'avais jamais osé lui poser de questions, à vrai dire, je ne m'étais pas non plus poser trop de questions moi-même. J'étais emportée dans le tourbillon de ma nouvelle condition d'immortelle, trop insouciante et écervelée. Je n'avais jamais vraiment eu de vie. Humaine, dans mes souvenirs nébuleux, j'étais toujours triste, maladroite et seule. Daniel m'apportait la promesse d'anéantir à tout jamais ce sentiment de solitude, d'avoir enfin trouver quelqu'un qui serait mon guide dans cette nouvelle vie où tout me semblait possible. Alors oui. Même si je ne savais pratiquement rien de lui, même si certaines choses chez lui me mettaient mal à l'aise et même si cet humain ne vivrait pas assez longtemps pour que ce mariage devienne légal et officiel, j'étais cette femme qui disait oui à cette promesse.
Le prêtre bégayait tellement qu'il ne pouvait pas aligner une phrase complète. Ce fut Daniel qui finit pour lui.
« Vous pouvez embrasser la mariée. » Dit-il soudain en m'embrassant furieusement.
Je grimpai sur lui en riant aux éclats, entourant mes jambes autour de sa taille tandis qu'il me pétrissait les fesses avec un gémissement bruyant. Tout à coup, Daniel me fit descendre et se tourna vers le prêtre et lui agrippa les cheveux de manière à ce que sa douce jugulaire.
Ma langue glissa instinctivement sur ma lèvre supérieure tandis que Daniel se rapprochait de mon oreille tout en gardant ses bras fermement autour de ma taille.
« Considère ça comme un cadeau de mariage. » Chuchota-t-il.
Je m'approchais lentement du cou qui semblait m'appeler, insensible aux supplications de l'humain. Seul comptait le battement sourd qui résonnait sous sa peau. Il commençait à prier je crois et lorsque mes dents se plantèrent dans sa gorge, je sentis que la main de Daniel me caressait les cheveux mais j'étais tellement absorbé par ma transe que ce fut la seule chose dont je me rendis compte vraiment.
Je ne pouvais pas expliquer ce que le sang qui coulait dans ma gorge faisait à mon corps. C'était comme se tenir au-dessus du vide, une sensation agréable de vertige et de liberté.
L'ivresse des sens, de sentir une telle plénitude irriguer ma tête et mon corps, l'instinct de vie, de survie décupler sa saveur.
Après m'être repus, je lâchais prise. La sensation exquise qui m'envahissait empêchait toute culpabilité sur le fait que je venais d'ôter la vie à un humain sans raison véritable. Mais avais-je le choix si je voulais survivre ? Il n'y avait aucune alternative possible, aucun compromis et comme le répétait Daniel, peu importait pour un humain sur le comment il perdait la vie, au final, il finirait par mourir tout de même. Alors un peu avant son heure, quelle importance ?
Je regardais Daniel qui s'afférait sur le poignet du prêtre tandis qu'il le maintenait debout d'une main – J'aimais l'idée que le même sang coulait dans nos deux corps - et lorsqu'il eut terminé, il ne le lâcha pas, le prit par la nuque, se retourna devant l'autel et fixa la croix devant lui d'un regard indéchiffrable. Au bout de quelques secondes, il jeta le cadavre violemment par terre et fonça sur moi avec empressement. Il m'installa sur l'autel, balayant d'une main tout ce qui était posé et une fois nus, il m'allongea dessus afin de sceller de nos corps ce que nous nous étions promis par les mots.
La vie avec lui au début était si facile mais j'avais appris à mes dépends que cette liberté qu'il m'offrait avait un prix. Le prix du sang, le prix de ma damnation, le prix des larmes. Chaque vie que j'ôtais, chaque dernier souffle que je captais, chaque battement de cœur qui s'arrêtait, chaque vie que je brisais me plongeait un peu plus dans l'abject, l'infamie et la honte. J'étais devenue un agent du mal. Je me dégoûtais. Je ne voulais plus tuer tant la souffrance était devenue insupportable et plus je m'évertuais à chasser le remords, plus Daniel déployait des trésors d'imagination dans la chasse.
Après deux années plongées dans l'horreur permanente, j'avais enfin compris ce que j'étais à ses yeux. J'étais un substitut, une arme, une preuve dans son combat avec Dieu, pervertir sa plus innocente des créations sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit.
« Dieu a un plan pour chacun de nous et moi, j'ai un plan pour toi. »
Sa voix, alors qu'il allait faire de moi ce que je suis aujourd'hui, juste avant de me mordre, résonnait dans ma tête. Je n'avais pas compris. Plus tard, j'en avais saisis toute la clarté. Mais c'était déjà trop tard.
Tout ce qu'il faisait, n'avait pour but que me damner davantage et de toutes les manières possibles. Je pense que c'est ça qui l'excitait vraiment, en plus de savoir que quoi que je puisse faire, quoi que je puisse dire, rien n'effacera jamais les horreurs que j'avais pu commettre.
J'avais été naïve et j'avais payé cher cette naïveté.
Aujourd'hui, j'avais beau me dire que ce mariage n'avait aucune valeur légale, je n'arrivais pas à me sentir comme si je ne m'étais jamais considérée comme sa femme. Moi qui n'avais jamais connu qu'une profonde solitude, un lourd sentiment d'abandon. J'étais résignée et au début, Daniel était la représentation de ma délivrance et l'anéantissement de ma solitude. Pour ça, je l'ai aimé. Oui. Au début, je me voyais vraiment comme la femme de Daniel, à la fin, je n'étais plus que la catin du diable.
A la fin, je crois même que je ne savais plus qui j'étais vraiment.
Ce mariage, je ne pouvais pas le jeter aux oubliettes et jeter la clé. J'avais dit 'Je le veux' et quand j'avais prononcé ses paroles, je le voulais. A présent, je ne pouvais pas dire ces mêmes mots. Même si s'agissait d'Edward. J'aurais l'impression de salir son âme. C'était au-dessus de mes forces. Ou était-ce encore pour me punir, une façon de m'infliger quand même une part de la douleur que j'avais engendré. Méritais-je vraiment d'embrasser entièrement le bonheur en laissant mon passé derrière moi alors que même, en ce moment, il me rattrapait sous les traits des interrogations d'Alice ?
Bien sur que j'avais refusé la demande d'Edward, ce n'était pas une surprise. Mais ce qu'il l'était, c'était que lui aurait ce genre d'envie à mon égard. Ce fut horrible d'imaginer la scène. Un genou sur le sol. Ses mains dans les miennes. Ses yeux dans mes yeux. Posant LA question d'une voix presque tremblante.
Mon choc.
Mon refus.
Ma fuite.
Oh oui. Je ne voyais que trop bien.
Alice continuait de me regarder. Je pense qu'elle prenait conscience à quel point elle et sa famille me méconnaissaient en fin de compte.
« Tu es déjà mariée ? » Répéta-t-elle, moitié-éberluée, moitié-choquée.
« Techniquement, je ne le suis plus… Enfin… Officiellement je ne l'ai jamais été mais…. C'est compliqué Alice. » Dis-je soudainement très lasse.
« Ok… D'accord… J'ai… Bordel, j'en perds mes mots. » Bredouilla-t-elle. « Mais ce mec ton mari… enfin, ton ex… Ton truc… Tu l'aimes… Tu le vois… Tu…. »
« Non ! » M'exclamais-je un peu trop violemment. Je repris sur un ton plus posé. « J'ai… Alice. Je devrais être en train de dire tout ça à Edward. » J'enfouis ma tête dans mes mains. « Je ne sais même pas comment lui dire, ou même si j'en aurai le courage. J'ai si peur de le perdre. »
Je sentis les bras d'Alice entourer fermement mes épaules.
« Pardonne-moi Bella. Je n'aurai pas du te demander ça mais quand j'ai vu Edward dans ma vision… si dévasté, si anéanti. Je sais que tu l'aimes mais j'ai cru… Je ne comprenais pas. »
« Je passerai le reste de mon existence à aimer Edward, le chérir, l'honorer mais avant d'envisager quoi que ce soit d'autre, je dois être en paix avec moi-même. »
Elle me serra encore plus fort. « Merci Bella. »
Soudain, Alice se tendit dans mes bras et je m'écartais légèrement d'elle pour la regarder. Elle était en train d'avoir une autre vision.
« Edward va t'interroger sur notre petite escapade. » Dit-elle en réintégrant une posture normale.
« Merde. Je lui dis quoi ? » Paniquais-je.
Alice haussa les épaules. « Tu n'as qu'à lui raconter qu'on était en pleine discussion de fille pour la St Valentin. »
Nous courûmes en direction du lycée. Une fois arrivées à une cinquantaine de mètres, nous stoppâmes notre course et continuâmes en marchant tranquillement. Nous avions séché le cours de chimie et la sonnerie du dernier cours de la matinée n'allait pas tarder à se manifester.
« Il a la rage on dirait. » Chuchota Alice en se penchant vers moi.
« Quoi il vient ? » Demandais-je.
« Non. Il scanne. »
?!?
« Il sait que je suis avec toi alors il va essayer de voir ce qu'on fabrique à travers mes pensées. »
Je fis de grands gestes avec les bras. « Merde Alice. Pense à autre chose. »
« C'est déjà fait. » Dit-elle en m'adressant un clin d'œil. « Et il ne va pas du tout apprécier ce qu'il va y trouver. »
Alors qu'Alice se mit à glousser toute seule – je ne voulais même pas savoir à quoi elle pensait – nous nous dirigeâmes vers nos cours respectifs en courant (à allure humaine bien sur) de peur de rater le début des cours. Je sentais la présence d'Edward à quelques pas derrière moi et je ne m'arrêtai pas pour l'attendre. Plus tard les questions.
Je pressai mon allure lorsque j'entendis celle d'Edward s'accélérer dans ma direction. C'est sur que j'allais pas y échapper. Autant me coller une pancarte sur le dos qui disait 'Je fuis Edward Cullen'. Ça aurait été plus discret.
Curieusement, je n'avais jamais été aussi ravie de voir le visage de M. Wallace, mon prof de maths, lorsque je pénétrais dans la salle de cours. Je tourna la tête discrètement en direction du couloir derrière moi et aperçu Edward passer non sans me jeter un regard suspicieux mais sans jamais s'arrêter. Bon, j'avais une heure pour réfléchir tranquillement.
Je pris place au fond au coté de Jasper qui ne me quittait pas des yeux.
« Alors ? Tu sais ce qui se passe avec Alice ? » Demanda-t-il.
Moi qui voulais réfléchir tranquillement, c'était raté. Je sortis mon cahier de notes et farfouilla dans ma trousse.
« Heu… Ouais. » Répondis-je tout à mon exploration.
« Et… »
« Hein ? »
« Alice. »
« Ah oui. »
« Alors ? »
Vite un truc. Comme je ne savais pas si Edward était en ce moment même en train d'écouter cette conversation, j'eus peur d'en dire trop. Bah, de toute manière, je n'échapperai pas à l'inquisition alors autant dire à Jasper de quoi le rassurer tout en restant assez vague.
« Elle a vu quelque chose… me concernant. Je ne peux pas t'en dire plus. »
« Grave ? »
« Deux fois rien. »
A ce moment, M. Wallace entama le cours et nous commençâmes à copier. Je rêvassais plus qu'autre chose tantôt plongée dans mes réflexions tantôt prêtant l'oreille juste assez pour choper quelques informations en cas de questions imprévues. Ce n'était pas le jour de me faire coller. J'espérais avoir l'apparence de la jeune fille studieuse et concentrée au cas où le prof jetterait un coup d'œil dans ma direction.
Expliquant quelques figures au tableau dans un langage qui ressemblait fortement à du charabia, Wallace se retourna vers la classe, scrutant les autres de ses yeux rétrécis. Merde. C'était le regard n°32 : 'Qui vais-je donc bien pouvoir torturé en l'envoyant se ridiculiser au tableau ?' Celui, bien sur, qui venait avant le regard n° 31 : 'J'ai besoin d'un café' et après le regard n° 33 : 'Où avais-je la tête quand j'ai choisi d'enseigner les maths à une bande de demeurés ?'
Je me pencha vers ma feuille, soudainement très absorbée par son contenu (de petits ronds que j'avais dessiné) et entendit le prof appeler un certain Newton.
Je soufflai discrètement à l'unisson avec Jasper et sans doute la moitié de la classe et vis le volontaire se lever et pouffer bruyamment.
« J'peux pas Monsieur, j'ai trop mal au poignet depuis certaines activités physiques intenses. »
Tout le monde se mit à rire sauf moi. Quel crétin ! Maintenant Wallace va prendre goût à la distribution de colle tout azimut. Il avait pris son regard n°18 : 'Mode diffusion de retenues activé'. Il tendit un billet à celui qui avait bouffé un clown ce matin au petit-déjeuner et celui-ci ne parut pas s'en émouvoir.
« Denali. Au tableau. »
Poooooooooooourquoi mooooooooooi ?
Jasper pouffa un peu et se reprit lorsque je le fusillai du regard en me levant, dépitée. Une fois parvenue jusqu'à l'estrade non sans avoir traîné des pieds au préalable pour manifester mon profond sentiment d'injustice, je me tins un moment devant l'équation complexe qui s'étalait sur deux lignes. Wallace prit place derrière son bureau et se plongea dans la correction de copies tandis qu'il attendait visiblement que je commence.
J'avais vraiment décidé d'y mettre de la bonne volonté cette fois-ci mais je dus prendre trop de temps au goût du prof.
« Je suis sur que si vous passiez autant de temps à réviser vos cours qu'à bécoter M. Cullen, vous pourriez résoudre cette équation avant demain matin. » Dit-il sans lever le nez de son bureau.
Bien sur, tout le monde se remit à rire. La honte.
Contrôle Bella. Con-trô-le.
Ma raison cria 'Mayday, Mayday' alors qu'un sourire diabolique se dessina sur mes lèvres. Je pris le feutre, débouchonna le capuchon et commença à écrire. Une fois que j'eus terminée, je posa tranquillement le feutre sur le rebords du tableau et partis me rasseoir tandis que les rires résonnaient dans la salle de cours. Wallace se leva et constata avec effarement le dessin basique qui représentait un pendu, tirant la langue avec de petites croix à la place des yeux (j'espère qu'il s'était reconnu) que j'avais dessiné au lieu de faire son équation bidon.
Je n'aurais pas dû faire ça. C'était puéril. Mais sa tête valait vraiment le détour.
Il s'assit tranquillement, quoique toujours un peu rouge, ouvrit son tiroir et sortit le même billet qu'il avait donné à Bichonne… Goudronne… L'autre élève collé dont je ne rappelais plus le nom.
« Si Mademoiselle Denali veut bien se donner la peine de venir chercher son passeport pour le pays joyeux de la retenue… »
Je me rendis jusqu'à son bureau en rallant dans ma barbe et en me traitant mentalement d'imbécile et me faisant violence, lorsque je pris le papier des mains de M. Wallace, pour ne pas mordre son 'joyeux' cou.
Je regagnais ma place sous le fou rire contenu de Jasper et regarda l'horloge en soupirant. Il restait cinq minutes de cours. Cinq minutes et j'aurais été sauvé par le gong. Tout ça à cause de ce crétin qui avait voulu amuser la galerie avec son humour à la con. Bon, j'aurai pu moi aussi ne pas faire la nigaude. Bon sang, mon QI avait encore mis les voiles au mauvais moment.
A midi, Edward m'attendait déjà devant la porte. Il me serra dans ses bras et m'embrassa les cheveux.
« Qu'est ce que tu voudrais que je fasse pour te consoler. » Murmura-t-il contre mon oreille.
« Opération 'gros câlin' dans les bois ? » Demandais-je en enfouissant ma tête dans son torse.
Il joua avec une mèche de mes cheveux, l'entortillant et la respirant comme un drogué sniffant de la cocaïne.
« Que deviens la règle 'ne plus s'éclipser à la pause du déjeuner pour aller dans les bois faire l'amour comme des animaux' ? »
« Bon ok. » J'embrassa sa poitrine à travers son pull et remonta mes lèvres jusqu'à son cou. « Textuellement, j'avais dit 'plus d'expédition à la pause du déjeuner pour aller dans les bois faire l'amour comme des animaux' » Je m'approchais de son oreille en mordillant légèrement son lobe. « Mais les règles sont faites pour être transgressées. » Soufflais-je d'une voix mielleuse.
« Et que deviens le 'faut qu'on nous voit manger pour ne pas éveiller l'attention ?' »
Sa voix était devenue rauque, ses yeux mi-clos, sa bouche légèrement entrouverte et je sus qu'il était aussi excité qu'une vierge le soir de ces noces.
« On nous a vu toute la semaine manger. Un peu de jeûne n'a jamais fait de mal à personne et puis… » Je glissa une main dans son pantalon et il déglutit bruyamment. « …Un autre genre de faim me dévore en ce moment. »
« Viens. » Dit-il au bord de l'explosion.
Il m'entraîna par la main dans le couloir puis au moment où je crus qu'il se rendait dehors il bifurqua vers l'escalier. Je me laissa faire sans poser de questions puis il s'arrêta devant une porte rouge sur lequel je pouvais lire…
« … Local de maintenance ! Waouh. Chaque jour, vous devenez de plus en plus romantique M. Cullen ! » Ris-je.
Il prit le revers de son T-shirt dans sa main et posa le tout sur la poignée qu'il poussa avec force. J'arrêtais tout net de rire car la porte s'ouvrit brutalement et la vision de lui en train de faire ça me fit mouiller instantanément dans ma culotte.
« Y'a aucune chose romantique que j'ai envie de faire avec toi là-dedans. » Souffla-t-il avant de me traîner dans l'obscurité de la petite pièce.
Il plaqua mon visage contre le mur avant de refermer la porte et baissa mon pantalon à une vitesse défiant les lois de la physique, arrachant mon sous vêtements, ravageant mon cou de ses lèvres et posant sa main sur mon clitoris qu'il commençait déjà à harceler de ses doigts. Mon souffle se fit plus bruyant. Je gémissais au contact de sa bouche contre ma nuque et de la main qui m'écartait la jambe. Soudain, je sentis son sexe effleurer mon entrée et, presque au même moment, il poussa en moi en m'arrachant un petit cri. Mon front se posa contre le mur tandis que le bras d'Edward encerclait mon ventre et mon sein sous mon pull et il commença ses vas et vient en gémissant et en soufflant contre ma joue. Chaque pénétration me rapprochait un peu plus de la jouissance alors que son odeur s'élevait de plus en plus dans l'espace confiné du local. Alors que j'étouffa dans ma main, le cri de plaisir qui me plongea dans une béatitude sans nom, Edward se déchaîna en atteignant lui aussi des sommets sonores vite étouffer dans ma nuque.
« Hummm. J'espère que tu seras de meilleure humeur après ça. » Dit-il en léchant mon cou de tout son long.
« Qu'est ce qui te fait dire qu'une baise passionnée dans une pièce sombre va me mettre de meilleure humeur ? En plus, tu as arraché ma culotte. » Dis-je en ramassant le morceau de tissu en lambeaux.
« Ton sourire béat me le dit. »
Je mis le sous-vêtement dans mon sac avant de remonter mon pantalon.
« Merde Bella. Me dis pas que tu vas rester sans culotte jusqu'à se qu'on rentre à la villa ?!? »
« Je te signale que je suis un vampire. Le port de vêtements est déjà une comédie alors pourquoi s'encombrer de sous vêtement inutile quand personne ne peut le savoir. »
« Bordel mais moi je le sais maintenant » Dit-il en passant une main nerveuse dans ses cheveux.
J'haussai les épaules. « Chacun ses problèmes. »
« Tu sais que je t'aime toi ? » Dit-il avec son sourire en coin révélant ses dents parfaites.
Je posai mes lèvres doucement sur les siennes. « Oui. » Chuchotais-je.
Il se rhabilla et attendit avant d'ouvrir la porte. « Ok. La voie est libre. »
Je gloussai. « J'espère. Sinon on dit quoi ? Que j'avais une poussière dans l'œil ? »
« Vu dans l'état où sont tes cheveux, on devrait plutôt dire que je testais une nouvelle coiffure révolutionnaire. »
Nous rîmes en regagnant l'extérieur où se trouvait Emmett, Rose, Alice et Jasper.
« Alors Bella ? Tu devrais prendre un abonnement à la colle du vendredi soir. » Pouffa Emmett.
« Wallace a une dent contre moi ou je ne m'y connais pas. Tiens, regarde ce qu'il a écrit dans la marge en me rendant le dernier contrôle tout à l'heure. »
« 4/20 ? Je savais pas que tu étais si nulle ! »
« Emmett. Ton tact m'impressionne. » Dis-je, ironique.
« Alors qu'est ce qu'il a marqué ? Fais voir. » Dit Rose en arrachant presque la feuille des mains d'Emmett.
« Si vous tombez encore plus bas, vous aller finir par trouver du pétrole. » Récita Jasper penché sur l'épaule de Rosalie.
Même Edward ne put retenir son rire tandis que mon visage se crispa dans un pauvre rictus.
« Au moins, on peut pas lui enlever le fait qu'il ait beaucoup d'imagination. » Sourit Rosalie.
« On a une heure de cours cet après-midi, je vais tout faire pour que Mme Taylor ne colle moi aussi. » Dit Edward doucement.
Je m'éloignais un peu des autres en emmenant Edward.
« Je préférai que tu mettes cette heure à contribution pour m'attendre nu dans la chambre avec quelques bougies pour te faire pardonner ton attitude dans le local tout à l'heure. » Chuchotais-je tout bas.
« Hey ? On est là nous. » S'insurgea Emmett.
Nous étions à plusieurs mètres l'un de l'autre mais j'entendais parfaitement ce qu'il me disait.
« Bin tu n'as qu'à te boucher les oreilles. » Lui répondis-je.
« Tu n'es pas obliger de parler si fort. » Gloussa Emmett.
« Tu n'es pas obliger d'écouter non plus. » Marmonnais-je.
« Hum. C'est fini vous deux ? » Gémit Edward.
« C'est lui qui a commencé ! » M'exclamais-je.
La sonnerie annonçant le cours retentit alors que tout le monde commençait à se diriger vers les bâtiments de cours. Edward m'enlaça par la taille en plongeant son regard dans le mien.
« Je verrais ce que je peux faire pour cette histoire de bougies. Allons en cours. » Edward passa un bras autour de mon épaule en se dirigeant vers le bâtiment. « Peut-être même que j'arriverais à te 'bécoter' en chemin. »
************
Juste avant d'effectuer mon heure de retenue et après qu'Edward et les autres soient repartis, je me tenais contre le mur du couloir, attendant patiemment la surveillante lorsqu'une voix près de moi me sortit de mes pensées.
« Salut. Isabella, c'est ça ? »
Je me tournai vers la voix et vis le gars qui m'avait pourri mon après-midi.
« Hum. » Grognais-je en me détournant.
« On passera l'heure ensemble on dirait. » Continua-t-il comme si de rien n'était.
« Hum. »
« Mike Newton. »
« Hum. »
« Dis donc ! Tu ne parles pas beaucoup toi. »
« Hum. »
« Alors ? Tu te plais ici ? Y'a beaucoup de coin à découvrir si… »
« Au cas où ça t'aurait échappé, je ne cherche pas de nouveaux amis donc si tu veux bien m'excuser… » Dis-je en esquissant une grimace et en allant m'appuyer contre le mur opposé.
Il me suivit comme le pot de glu qu'il était mais restant tout de même à une distance raisonnable.
« Je suis tenace. »
« J'avais pas remarqué. »
« Tu es très jolie. La plus jolie fille du lycée. »
« Merci. » Répondis-je entre mes dents. « Ecoute Spike… »
« Mike. » Me coupa-t-il.
« Ecoute Mike… Tu as l'air d'un mec très gentil et tout et tout mais qu'est ce que tu ne comprends pas dans la phrase 'Lâche-moi' ? »
La porte de la salle s'ouvrit et je me précipitai à l'intérieur en m'installant tout au fond. Le jeune garçon s'assit à quelques tables de moi en m'adressant un clin d'œil. Qu'avais-je fait de travers ? J'aurai pu gagner le premier prix au concours de la reine des glaces tant mon attitude avait été froide. Lui avais-je donné les mauvais signes ? Lui avais-je donné quelques raisons que ce soit qui lui aurait fait penser que j'étais intéressée, même vaguement ? Décidemment, je ne comprendrais jamais les humains.
La retenue passa rapidement bien que j'eusse sentis sur moi les regards insistants de Spike durant toute l'heure. Je soupirai de désolation tout en me rendant sur le parking aussi vite que possible. Lorsque que je franchis les portes du lycée, je me stoppai net devant le spectacle qui s'étalait devant mes yeux.
Qu'est ce que c'est que ce bordel ?
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(A suivre)
Note de l'Auteure :
Bon comme ce chapitre a été une horreur à écrire, j'ai cru bon de détendre légèrement l'atmosphère sur la fin. Je suis désolée si certains ont été choqués par la scène de l'Eglise mais elle était prête depuis longtemps et elle permet de comprendre la psychologie du personnage de Daniel ainsi que l'état d'esprit du personnage de Bella à ce moment là.
Il était assez important pour moi de vous faire entrevoir le coté sombre de Bella et de montrer une partie de ce qu'elle a pu faire car c'est important pour la suite.
Je suis déjà sur une autre idée de fic mais j'aimerai bien finir « Les Aimants » avant de passer à une autre. Elle est fortement inspirée du OS de Augustine4 Starry Starry Night où Bella est un vampire et Edward un chasseur de vampire. J'aimerai bien faire l'inverse mais j'ai peur que ça fasse un peu trop Buffy lol. Qu'est ce que vous en pensez ?
Prochain chapitre : la Saint Valentin. Je vais essayer de faire une bonne scène bourrée de romantisme mais je vous promets rien parce que moi et le romantisme ça fait deux.
Y'a-t-il des filles qui veulent voir Jacob dans la fic ? Parce que, Jacob n'est pas mon perso favori mais vu que c'est assez difficile de passer à coté… Je verrai bien selon vos suggestions.
Note inutile de l'Auteure :
Je farfouillais tranquillement sur le net et sur quoi je tombe : Cam Giganget, le James si sexy de twilight, a joué dans les feux de l'amour. J'ai tué le mythe.
