Disclaimer : le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowlings et « Meus Contraho » appartient à Curiositykils, je ne suis que la traductrice.

Titre original : Mile High Club

Rated : T

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Le Mile High Club

Drago Malfoy allait bientôt mourir… Et c'est sa cinglée de femme qui allait le tuer.

Ses mains étaient agrippées aux accoudoirs de son siège, sa peau déjà pâle devenant encore plus blanche.

Sur le siège d'à côté, sa femme feuilletait oisivement le magazine qui lui avait été donné par la moldue en uniforme.

Merlin… Comment pouvait-elle être aussi calme ? Elle agissait comme si elle n'était pas sur le point de causer sa mort.

Une voix sourde résonnait dans l'espace exigu et Drago vit les autres moldus se presser vers leur propre siège.

Sa main quitta les accoudoirs pour se cramponner au seul morceau de tissu qui était étroitement enroulé autour de sa taille. Comme si cette ceinture ridicule allait suffire pour arrêter sa chute vers la mort ou pour le protéger de l'explosion de ce tas de métal en une boule de feu.

Il avait pensé également prendre la ceinture de sa femme pour son propre usage – juste au cas où – mais en avait finalement décidé autrement.

Sa femme avait beau être complètement et totalement cinglée, il l'aimait quand même. Il valait mieux qu'elle ait sa propre ceinture attachée à sa taille afin de la sauver d'un mauvais sort imminent.

La bête de métal commençait à bouger et Drago ferma les yeux, sa respiration devenant de plus en plus difficile à chaque seconde.

A chaque secousse, son corps tout entier se raidit. Immédiatement sa main glissait vers sa poche gauche où sa baguette était cachée.

Son esprit réfléchissait aux différentes sanctions que de Ministère pourrait lui infliger s'il venait à attraper sa femme et les faisait transplaner loin de ce foutu bordel.

Il venait juste de décider de se contrebalancer des conséquences et de mener à bien son plan quand sa femme vint serrer fermement sa main.

« Drago ? Tu n'as pas l'air d'aller très bien ? », constata-t-elle.

Drago respira par le nez. Bien sûr, il n'allait pas foutrement bien. Il allait bientôt mourir. Terrassé à l'âge de vingt six ans par un engin moldu dans lequel il avait été contraint d'embarquer. Une injustice en somme.

« Je vais mourir », murmura-t-il calmement.

Apparemment pas assez calmement au vu des ricanements de sa femme – oui, vous avez bien lu, des ricanements – qui lui indiquaient qu'elle avait entendu ses propos.

« Honnêtement Drago, tu ne vas pas mourir »

« Je serai seul juge de ça. Ton jugement est biaisé étant donné que c'était ton idée ! »

« C'était ton idée d'aller dans le sud de la France pour Noël », déclara sa femme avec indignation.

Drago se tourna vers elle. « Non… c'était mon idée de transplaner dans le sud de la France pour Noël. Il n'y avait mention nulle part de cette… machine », dit-il avec dégoût. « Une machine qui va nous tuer », ajouta-t-il enfin.

Sa femme se contenta de lever les yeux au ciel et de tenir fermement sa main, ses doigts caressant de temps à autre sa paume avec douceur.

« Ce n'est pas si horrible, non ? », lui demanda-t-elle.

Drago devait bien l'admettre, ça n'allait pas aussi mal que ce qu'il avait pu imaginer pendant ces derniers jours. On pouvait même dire qu'il commençait à s'habituer aux doux mouvements d'ondulation.

Tout changea l'instant d'après quand un grand bruit se mit à vrombir. Alerte, Drago se redressa rapidement.

« Qu'est ce qui se passe ? », demanda-t-il.

« C'est rien. Le pilote fait monter les moteurs en régime pour remonter la piste de décollage »

« Monter en régime ? Moteur ? », s'écria Drago après les mots étrangers qu'Hermione venait de prononcer.

Sa respiration resta bloquée dans sa gorge tandis que l'avion commençait à accélérer dangereusement. Drago ferma les yeux alors qu'il était pressé contre son siège par une force invisible.

« Merlin. Je vais mourir. Je vais mourir », psalmodia-t-il indifférent aux autres passagers susceptibles de l'entendre.

« Passager nerveux », entendit-il sa femme tenter d'expliquer.

Drago ouvrit les yeux pour voir un homme bedonnant le regarder avec amusement. La fureur le fit grincer des dents. Jusqu'à quel point ce vieux bougre serait-il amusé si Drago le mettait de force sur un balai ?

Il y eut une autre secousse et l'élan de Drago retomba. « Merlin, sorcière. Je suis en train de tomber en arrière ! »

Sa femme gloussa de nouveau. « Tu ne tombes pas en arrière. L'avion s'élève dans le ciel. Contentes-toi de fermer les yeux et imagines que tu es sur ton balai »

A contrecœur, Drago suivit ses instructions… uniquement pour réaliser que ça aidait vraiment. Il n'était plus projeté violement vers sa mort, il était simplement en train de quitter le sol, son balai comme un abri en-dessous de lui.

Puis le balai se stabilisa et Drago put enfin prendre une profonde respiration et ouvrir les yeux. Le maladif sentiment d'hyperventilation commençait à faiblir.

L'atmosphère fut silencieuse pendant un moment puis un tintement résonna.

« Oh, nous pouvons retirer nos ceintures de sécurité », dit sa femme en détachant la sienne.

Drago dut se forcer pour ne pas lui boucler à nouveau. Au nom de Merlin, à quoi pensait-elle ?

« Tu n'enlèves la tienne ? Tu seras plus à l'aise », lui dit-elle.

Le regard de Drago lui donna la réponse à sa question et elle soupira.

Se penchant au-dessus de l'accoudoir, elle déplaça sa bouche jusqu'à son oreille et lui murmura des mots que personne d'autre que lui ne pouvait entendre.

« Drago, as-tu déjà entendu parler du Mile High Club ? » (1)

Drago se tourna et la regarda. « Non », dit-il confus.

Un sourire fendit le visage de sa femme. « C'est un truc moldu. Mais je pense que tu pourrais aimer. Beaucoup aimer » Elle accompagna ses mots en trainant un doigt le long de sa chemise.

Drago balaya son mouvement d'un geste la main. « Non. Pas question. Je ne ferais plus aucune chose moldue. Pas après ce jeu d'anniversaire que tu m'as fait subir »

L'esprit de Drago revint six mois en arrière le soir de son anniversaire. La fête que sa femme avait organisée en son honneur venait juste de se terminer et ils étaient tous les deux au lit.

Elle lui avait sournoisement demandé s'il connaissait ce jeu appelé « birthday beats » (2) Il lui avait répondu par la négative mais aussitôt son esprit avait vagabondé vers une image de lui donnant la fessée au délicieux derrière de sa femme.

Il avait adhéré aux plans de sa femme sans aucune hésitation.

Elle avait alors entreprit de l'attaquer à coup de poing. Associant chaque coup à un chiffre, un coup pour chaque année passée, elle avait terminé avec un enjoué « Et un dernier pour la chance, 27 ! »

Il avait été tellement contusionné que la moindre idée de sexe fantasque était tombée à l'eau. Et c'était alors qu'il s'était dit plus jamais. Plus jamais il n'accepterait quelque chose que sa femme appellerait « C'est un truc moldu »

Sa femme soupira d'agacement. « Ecoutes, je vais aux toilettes. Rejoins-moi dans trente secondes. Frappes deux fois à la porte et je saurais que c'est toi »

Elle ne permit pas à Drago de répondre et se leva de son siège, lui adressant un regard aguicheur et déambulant vers les toilettes.

Une poignée de secondes plus tard, elle revint comme une furie dans toute sa splendeur. « Tu n'es pas venu me rejoindre », constata-t-elle.

« Evidemment, je ne suis pas venu te rejoindre chérie. Tu pensais vraiment que j'allais me lever de mon siège et aller et venir dans cette absurde machine alors qu'elle est dans les airs ? »

Sa femme prit un air ennuyé, maudissant Merlin en regagnant son siège. « Nous pourrons toujours rejoindre le Mile High Club sur le chemin du retour », dit-elle à voix basse.

Drago ricana calmement. Pas s'il avait quelque chose à voir avec ça.

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Pour ceux qui ne connaissent pas le 'Mile High Club', voici quelques petites explications. Il ne s'agit pas d'un club à proprement parlé, mais d'un terme officieux utilisé quand un couple décide de faire l'amour dans les toilettes d'un avion en plein vol.

Le 'Birthday beats' est un jeu ou blague pour collégien. Lors de l'anniversaire de quelqu'un, un élève l'annonce au reste de la classe qui vient lui taper dessus autant de fois que son âge … 27 ans donc 27 coups.

J'ai eu beaucoup de mal à traduire cette partie-là étant donné que c'est un concept que nous ne connaissons pas en France, je me suis donc permise de prendre quelques libertés dans l'écriture en français.