Avant-dernier chapitre, 'tention, ça rigole pas. Profitez-en tant que ça dure, ensuite y'a plus que 2000 pauvres mots. C'est pas émouvant quand même ?

J'ai l'impression d'avoir couru un marathon, j'ai souvent eu envie de m'arrêter pour reprendre mon souffle, mais en fin de compte à l'arrivée je me dis que j'en aurais bien fit un peu plus long. Sauf que la métaphore tombe à l'eau quand on sait que j'ai horreur de courir.


« Je te suis et je relance de trois Chocogrenouilles et deux Patacitrouilles. » James éclata de rire pendant que Peter montrait ses cartes avant de ramasser ses gains.

« Au tour de Lunard de faire l'ouverture. » Rémus ne répondit pas, mais il se leva et regarda fixement en dehors de la tente.

« Si c'est pas l'archétype de la perfection je sais pas ce que c'est. » dit-il avec un sourire en coin.

En se levant, les autres virent de quoi il parlait.

« C'est Sirius ? » Rémus hocha la tête avec un sourire, et la mâchoire de James frappa le sol.

« On dirait qu'on l'a tranché en deux ! »

« De quoi tu parles ?é lui demanda Peter en riant, mais Rémus arqua un sourcil et secoua la tête.

« Ca fait combien de temps que tu l'as pas vu, Peter ? »

« Une éternité, ça doit bien faire six ans maintenant. »

« Apparemment, Sirius a développé un... petit problème de poids après leur mariage. » James laissa échapper un ricanement.

« Petit ? Tu l'aurais pas reconnu. »

« T'arrêtes jamais ? » dit Rémus avec colère. « Ca te suffit pas d'avoir fait fuir ton fils avec tes remarques désobligeantes ? » James parut sincèrement choqué.

« De quoi tu parles ? »

« Tu crois que c'était une coïncidence qu'il ne vous envoie plus jamais de hiboux à Lily et toi ? Tu faisais du mal à Harry parce que tu refusais d'accepter son mari. Tu t'en es pas rendu compte ? »

« Non... Si... Mais je croyais que... » balbutia t-il, puis il s'arrêta lorsque le couple passa devant eux, clairement sur le chemin de leur propre emplacement.

« Hé, Patmol ! Tu nous dit même plus bonjour ? » s'exclama Peter, et Sirius se retourna pour les regarder. Il sourit et fit un signe de la main. En sortant de la tente pour dire à son mari que le dîner était prêt, Lily les aperçut et poussa un hurlement surexcité à la vue de son fils. On entendit des pleurs bruyants et tous remarquèrent l'enfant appuyé sur l'épaule de Harry. Sirius lui jeta un regard noir pendant que Harry s'escrimait à calmer le bébé, qui apparemment s'était réveillé de sa sieste du début d'après-midi.

Il jeta un regard encore plus furieux à James avant de passer un bras autour de la taille de Harry de manière protectrice et en lui murmurant quelque chose en Bulgare. Harry ne parut pas en colère. Il ne se donna même pas la peine de les regarder pendant qu'ils repartaient en direction d'une zone remplie de tentes vertes, blanches et rouges aux couleurs de la Bulgarie. Et ce fut cette douche froide, le fait qu'il agisse comme s'ils n'existaient pas.

Ca, ça blessa plus James qu'un millier de regards haineux de Sirius.


Sirius inhala l'odeur de Harry avec un grognement canin et enfouissant son nez dans son cou. Fleurs, chocolat et talc. Il adorait cette odeur...

« On y est enfin arrivés, grâce à toi. » lui murmura Sirius.

« C'est toi qui a travaillé dur pour retrouver le poids que tu t'étais fixé, pas moi. » lui répondit Harry à voix basse, avec un frisson dans la voix en sentant Sirius se frotter contre lui. Il fit courir sa main le long du corps de nouveau svelte de son mari. Sirius le repoussa et commença à déposer des baisers partout en descendant. Soudain, Harry roula hors du lit et s'enfuit en courant.

Sirius poussa un grognement joueur et lui courut après autour de la pièce. Harry descendit le couloir, ses pas étouffés par l'épais tapis, prenant soin de ne pas réveiller leur fils endormi. Il se retourna et ne vit pas Sirius. En regardant de nouveau devant lui, il se retrouva pris dans une paire de bras solides.

Il gloussa et essaya de se dégager pendant que Sirius couvrait son visage de baisers. Il cessa de remuer lorsque les lèvres se posèrent sur les siennes, et il passa les bras autour de lui, enfouissant ses doigts dans les cheveux de Sirius. Une main remonta le long de sa jambe et tripota le corsage qu'il portait. La main se glissa dessous, arrachant un grognement à Harry lorsqu'elle caressa la peu tendue.

Ils se séparèrent et Harry regarda la main de Sirius posé sur son ventre gonflé, avant d'y poser également la sienne.

« Plus que trois semaines. » Harry hocha la tête et il se regardèrent les yeux dans les yeux pendant de longues minutes. Dans le silence qui s'était installé, deux voix s'élevèrent du rez-de-chaussée et Sirius regarda par dessus la rambarde de l'escalier avant de porter Harry jusqu'à leur chambre et de prendre sa baguette.

« Reste ici. » lui ordonna t-il avant de quitter la pièce. Harry resta à écouter à côté de la porte. Cinq minutes passèrent avant qu'il n'entende quoi que ce soit. Pas des pleurs, mais le doux rire de son fils. Il sortit en fronçant les sourcils, et vit quelque chose de particulièrement inattendu...

Là, au milieu de leur tente, son fils dans les bras se trouvait... sa mère ?

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? » lui demanda t-il froidement, et elle ne quitta pas Sirry des yeux. Elle passa une main dans ses cheveux.

« Ca m'a l'air évident. Je suis venu voir mon petit-fils. »

« Il n'est pas ton petit-fils, redonne le moi. »

« Bien sûr que si. Quarante-huit heures de travail pour ta naissance ont prouvé ça. »

« Je t'ai dit de me rendre mon fils. » lui dit-il à travers des mâchoires serrées en descendant les escaliers et en lui arrachant Sirry des bras. « Dehors. »

Elle fit mine de partir mais se retourna après quelques secondes.

« Et au fait, Harry. » dit-elle d'une voix traînante. « T'as eu tout le temps de t'habiller comme ça, c'est vraiment pas le moment de commencer. Je te suggère de te couvrir avant que quelqu'un ne se crève les yeux. » Harry s'y était attendu, mais ça n'en faisait pas moins mal. Même si elle ne pouvait pas le voir, il rougit et souhaita porter autre chose que ses sous-vêtements (consistant en un corsage que Sirius lui avait acheté lorsqu'ils recherchaient des vêtements qui continueraient à lui aller, et même si le tissu jurait avec ses cheveux il avait insisté pour prendre le rose clair, ainsi qu'une petite culotte en dentelle noire).

Par un samedi glacial, dans une petite ville bourgeoise bulgare, la plupart des habitants faisaient leurs courses, et malgré le froid mordant des conversations bruyantes animaient la rue pavée. Deux personnes, le père et le fils, sortirent d'un magasin de jouets. Ils se ressemblaient énormément, et leur seule différence qui était, à peine visible, s'accentuerait avec le temps.

En l'écoutant rire, Sirius sourit et souleva son fils plus haut. Ils se détournèrent du magasin.

« On va où ensuite ? » Sirius se contenta d'émettre un son amusé en mâchant, ou plutôt suçant, l'oreille de sa nouvelle peluche. « T'as raison, allons voir si maman a fini... »

Après être entrés dans un petit bâtiment, une espèce de centre de loisirs communautaire, ils grimpèrent au premier étage et regardèrent à travers la porte vitrée. Son coeur fit un bond. Il avait oublié l'effet exact que lui faisait son mari dans un justaucorps, et cela lui avait valu une agréable surprise lorsqu'il l'avait trouvé en train de s'entraîner en rentrant du travail une après-midi.

Maintenant il enseignait, trois jours par semaine chez eux, et pendant une heure à une classe le samedi matin dans ce centre. Oui, s'être assuré que leur maison contienne une salle de danse valait tous les diamants du monde (c'était presque un cadeau pour le remercier de lui avoir donné Sirry).

Il avait une classe d'adolescentes, et quelques une semblaient être en train de glousser et de pointer du doigt. Harry l'aperçut et lui fit signe d'entrer.

Lorsque Sirius le regarda faire un levé de bras et se mettre sur pointes, il vit une lueur dans ses yeux. Une joie qu'il n'avait plus vue depuis des années. Soudain, il eut des doutes : accepterait-il de tout abandonner de nouveau ?

Le doute ne le quitta pas alors qu'il regardait Harry se déshabiller. Et s'il refusait ? Pourquoi le voudrait t-il ? Après tout, Harry pouvait avoir n'importe qui. Il suffisait de le regarder pour le savoir.

Non. Il lutta pour repousser son insécurité. Il était toujours plus gros qu'il n'aurait voulu, mais vraiment mieux qu'un an auparavant. Harry enfila une chemise de nuit blanche unie, avec un peu de ruban sur le bord qui lui arrivait juste sous les cuisses. Il adressa un sourire à Sirius et rougit en voyant qu'il le regardait.

En ravalant son envie de vomir par la force de la volonté, Sirius lui rendit son sourire et grimpa dans le lit.

Une fois les lumières éteintes et Harry bien en sécurité entre ses bras, il lui caressa le cou du bout du nez et amena le sujet qui le préoccupait.

« Mon cygne ? »

« Oui mon amour ? »

« T'as déjà pensé aux enfants ? » Il entendit un petit rire, et il savait que dans le noir Harry souriait.

« J'en ai mis un au lit il y a moins d'une heure, alors y'a interêt. »

« Non, je parle pas de Sirry. Je voulais dire... un autre. »

« Quoi ? »

Comme s'il avait attendu ce moment, Sirry se mit à pleurer dans la pièce voisine et Harry se leva bientôt. On entendit ses pas sur le parquet. Sirius tendit le bras pour allumer la lampe de la table de chevet. Les pleurs cessèrent rapidement et environ dix minutes plus tard Harry revint. Il avait clairement été pris par surprise, et si de la bile ne lui remontait pas dans la gorge Sirius aurait savouré cet instant.

Même s'il n'avait rien dit, il était persuadé que Harry ne s'était pas attendu à cette demande, et le voir complètement stupéfait était une rare occasion.

« Il va bien ? »

« Oui, juste une petite faim. » Il se rassit sur le lit et un moment de silence tendu s'installa. Sirius finit par le briser.

« Alors ? Tu veux un autre bébé ? » En y réfléchissant, il se rendit compte qu'il avait été stupide de dire ça avec aussi peu de tact.

« Tu aurais pu y aller un peu plus en douceur. »

« Tu as fait pareil pour moi. »

« Le bébé était déjà là à ce moment là. T'aurais voulu quoi ? 'Salut Sirius, comment s'est passé ta journée ? Tiens au fait, j'ai découvert que j'étais enceint aujourd'hui et j'ai pas la moindre idée de comment c'est arrivé. On dîne dans dix minutes.' » Sirius éclata de rire et Harry eut un faible sourire.

« Mais penses-y, un petit frère ou une petite soeur pour Sirry. » Harry fronça les sourcils.

« Vues les circonstances... »

« Quelles circonstances ? » Harry tendit le bras et éteignit la lumière. Sirius la ralluma et vit Harry allongé sous les couvertures, complètement caché. Depuis tout ce temps, Sirius avait compris que ça signifiait qu'il était fâché.

« Si tu veux pas tu peux le dire. »

« Non, achète la potion et je la prendrai. » dit Harry, et Sirius retira complètement les couvertures et les jeta au sol. Harry était sur le côté, dos tourné à lui. « De tout évidence un autre bébé est plus important pour toi que notre mariage, alors je me fiche de ce qui peut se passer. »

« Notre mariage ? De quoi tu parles ? »

« C'est arrivé y'a pas six mois, tu dois t'en rappeler. » Sirius comprit alors pourquoi exactement il était si tendu. Il l'attira contre lui et le serra fort par derrière.

« Ca n'arrivera pas. C'était parce qu'on avait pas eu une chance de tout prévoir comme il faut. » lui dit Sirius d'un ton rassurant.

« Très bien. Alors dis-moi ce qui va se passer quand tu réussiras à me remettre en cloque. » Sirius ignora le terme vulgaire.

« Et bien, quand on aura la potion, on demandera à Opale et Régulus de prendre Sirry avec eux pour être sûrs d'avoir un long week-end sans interruptions. » Harry hocha la tête. « Quand on découvrira si ça a marché, on pourra faire tous les arrangements qu'il faut pour ton travail, on te trouvera un assistant ou tu fermeras temporairement, comme tu voudras, et je m'organiserai au travail pour être sûr d'être là pour l'accouchement, la première semaine, tout ça... » Harry hocha la tête pour montrer son approbation, en s'appuyant contre lui.

« Jusque là ça a l'air bien... »

« Et... euh... Je sais pas ce qui changerait d'autre. Tu resterais là pour t'occuper de Sirry et je continuerai à travailler... »

Harry le regarda fixement avec une lueur étrange dans les yeux.

« C'est pas juste à propos de nous, pas vrai ? » Il poussa un soupir et Sirius prit son visage entre ses mains, passant ses phalanges le long de la joue de Harry. « Dis-moi ce qui va pas ? »

« Mes parents ont eu mon premier... cadet, juste avant que j'aie mes douze ans. Je m'en rappelle parce que j'ai eu l'impression qu'ils me remplaçaient quand j'allais à Poudlard. » Il eut un petit sourire embarrassé qui avait l'air tout sauf joyeux. « Et après ça, c'était comme s'il y en avait un nouveau à chaque fois que je revenais. Je veux pas que ça nous arrive, que Sirry ait l'impression de pas être assez bien pour nous quand on devra s'occuper d'un deuxième bébé. »

« Il a six mois, il en saura rien... »

« Tu crois vraiment que ça change quoi que ce soit ? » aboya Harry, lui coupant la parole et repoussant ses mains. « Il sera assez vieux pour marcher le temps qu'il naisse. Et même quand il grandira, le bébé sera toujours là. »

« Et bien on s'assurera qu'il ait toute l'attention dont il a besoin. On l'intègrera à tout. » Sirius le regarda, assis aussi loin que possible au bout du lit, et il vit qu'il n'était toujours pas convaincu par l'idée. « Et penses-y, si c'est une fille, tu pourras faire plein de choses que tu peux pas faire avec Sirry... »

« Tu crois vraiment ? »

« Ouais, tu pourrais lui apprendre à danser et faire plein de jolis trucs avec ses cheveux... » Alors qu'il parlait il pouvait voir les idées se former dans sa tête. Peu de temps après qu'il se soit tu, Harry hocha lentement la tête.

« Je vais devoir y penser, mais je pourrais m'habituer à l'idée. »

Ca aurait bien pu être une réponse, mais lorsqu'ils éteignirent la lumière et se rallongèrent côte à côte, Sirius n'aurait pas pu être plus heureux. Il savait que ça ne prendrait pas beaucoup de temps. Harry allait préparer un dîner spécial, et une belle soirée, et il lui dirait oui de la manière dont il s'attendrait le moins possible.

Il était impatient de pouvoir tenir le nouveau bébé dans ses bras...

En remontant les marches, ignorant la remarque blessante, Harry entendit soudain un petit cri. Il se retourna et vit son mari qui tenait son bras coincé derrière son dos.

« Laisse-la Sirius, elle en vaut pas la peine... » Sirius ne l'écouta pas. Il l'agrippa par les cheveux et lui tira la tête vers l'arrière pour qu'elle puisse voir son visage.

« J'ai ai marre de toi. Tu diminues tout le monde parce que tu te supportes pas toi même. Harry est cent fois plus magnifique que tu le seras jamais, mais tu supportes pas ça, pas vrai ? Tout comme tu supportais pas que je sois ami avec James. »

« Je t'ai rien fait ! »

« C'est ça, et c'est une coïncidence qu'il ait commencé à changer à la seconde où tu es entrée en scène. » Il eut un rire sans joie et tira un peu plus fort sur ses cheveux avant de regarder Harry. « Va remettre Sirry au lit, je monterai dans quelques minutes. » Harry hocha la tête et entra dans la chambre de son fils sans un regard à sa mère.

« Tu as fait du mal à Harry et tu as détruit James assez longtemps comme ça. » Il sortit sa baguette et la posa contre sa gorge. « J'aurais dû faire ça il y a vingt-six ans... »