Hello ! postage rapide, donc pas de réponses aux commentaires aujourd'hui !

J'ai accumulé du retard qui, si c'est possible, sera rétabli prochainement. Bonne lecture !

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- Et donc … On est où, là ?

- Dans une rue adjacente aux labos de Blake Health.

- Vous allez m'y traîner de force ?

- Non. Vous allez y entrer de plein gré.

L'agent laissa échapper un rire mi-amusé, mi-inquiet, et se repositionna contre le cuir du fauteuil.

- Alors oui, bien sûr, tout à fait. J'enfile mon costume de l'homme invisible et j'y cours.

Ziva lui décocha un coup d'œil blasé.

- Agent DiNozzo, je ne fais pas ça pour moi. Par pour mon compte personnel. Je fais ça parce que cette entreprise fait des tests sur des êtres humains, et à ma connaissance même aux Etats Unis ce n'est pas une coutume autorisée. Et sachant qu'ils nous accusent de meurtres en tuant eux-mêmes leurs propres membres, ajouta-elle avec d'un air plein de mépris, j'aimerais aussi rétablir la vérité.

- Certes. Mais vous ne savez pas s'ils sont les assassins.

Elle lui lança un coup d'œil éloquent, et il décida de croire aussi à cette hypothèse.

Tony émit un léger soupir et tourna le regard vers la rue, espérant voir au-delà des murs face à lui, là où se trouvait le laboratoire pharmaceutique du leader de la LAM.

- On aurait pu préparer tout ça avec mon équipe. Dit-il sans détourner le regard.

- Pas le temps.

- Alors vous préférez prendre des risques en envoyant quelqu'un que vous ne connaissez pas voir par ses propres yeux ce que vous avancez ?

- Vous êtes un agent, et un mutant. J'ai confiance. Et j'ai envie que vous compreniez vite que nous n'y sommes pour rien, avant que le piège qu'ils ont manigancé ne nous tombe dessus.

- Vous avez confiance ? S'étonna-t-il. Ça existe, cette chose-là, chez les agents du Mossad ?

- Je ne suis plus du Mossad. Répliqua-t-elle d'une voix sèche. Vous acceptez d'y aller ?

- Quel est votre plan ? J'entre, juste histoire de faire coucou, et je ressors ? Ou bien je les braque directement avec mon arme de service ?

- Vous dites que vous voulez adhérer. Et que vous êtes agent. Foncez dans le tas, convainquez-les.

- Facile à dire.

- Vous avez l'air plutôt bon acteur pourtant. Répondit Ziva avec un léger sourire moqueur. Vous avez de la tâche.

Tony la regarda quelques secondes avant de saisir ce qu'elle avait voulu exprimer.

- Tchatche. De la tchatche, mademoiselle David. Et la flatterie ne marche pas avec moi.

- Ah bon ?

Elle ne se priva pas et le scruta allègrement de bas en haut, sourire à l'appui, avec un regard charmeur. L'agent desserra son col et déglutit, haussant le sourcil d'un air faussement outré.

- Alors, vous vous bougez ? Demanda-t-elle.

- Vous êtes vraiment sûre de ne pas vouloir mettre Gibbs dans la confidence ? Quand il saura ce que j'ai fait, je lui dirais que vous m'avez forcé.

- Il se doute bien que vous ne pouvez pas avoir le dessus sur moi, rassurez-vous.

Il répondit par une grimace au sourire satisfait qu'elle lui donna, et ouvrit la portière pour s'extirper hors du véhicule.

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Lorsque Kate vit son téléphone, posé sur la table basse de son salon, se mettre à vibrer avec énergie, elle poussa un soupir.

Son soupir s'amplifia en voyant le nom de son interlocuteur.

- Quoi encore … marmonna-t-elle dans sa barbe en gigotant depuis son sofa pour atteindre son cellulaire.

- Allo ? Bougonna-t-elle en répondait.

- Salut, Katie ! Je vois que tu es ravie de m'entendre. Je te réveille ?

- Oui. Répondit l'agent en reposant sa tasse de tisane.

- J'en suis désolé. Mais j'ai un scoop. Devine qui est revenue ?

Kate fronça les sourcils et se leva, totalement sortie de sa torpeur. Elle fit quelques pas sans but sur le tapis moutonneux de son salon.

- Quoi ? Qui ?

- Ziva David.

A l'entente du prénom de la mutante israélienne, la jeune brune se figea.

- Tu l'as vue ? Demanda-t-elle avec empressement.

- Oh que oui. Elle vient de m'emmener faire un tour de voiture. Et là, je m'apprête à rentrer dans les labos de Blake Health pour aller faire coucou au leader de la LAM.

Kate ouvrit la bouche en clignant des yeux, dubitative.

- C'est une blague ?

- Je suis sérieux.

- Tu as prévenu Gibbs ? Pourquoi est-ce que tu m'appelles ?

- Non, je ne l'ai pas prévenu. Sinon, il va débouler pour choper David et vu son caractère à elle aussi, je n'ai pas envie d'assister à une scène du choc des titans avec en fond une tranquille banlieue de Washington, dont les habitants sont à 85,12 % des anti-mutants. Tu vois le genre.

- Il va te tuer quand il l'apprendra.

- Quitte à mourir, autant que ce soit un peu plus tard. Disons que j'ai pris un peu de répit sur l'échéance.

- Et donc, pourquoi tu m'appelles ?

- Je me sentais seul dans cette rue déserte. J'ai pensé que tu avais sûrement besoin de compagnie.

Il ne put voir le regard blasé qu'elle esquissa, mais il en ressentit toute la portée depuis l'autre bout du téléphone, et il esquissa un sourire amusé.

- Hilarant, DiNozzo. Pourquoi veut-elle que tu ailles dans le labo ?

- D'après toi ?

- Prouver que son dossier est vrai ?

- Bien joué, agent Todd. Bon, j'y suis, je vais devoir te laisser.

- Attends, tu me tires de mon état végétatif pour me dire ça, et tu me laisse sans explications supplémentaires ?! Qu'est ce que je suis censée faire ?

- A toi de voir, maintenant, c'est toi qui détiens mon secret. Je serai bien trop plongé dans le cœur de l'action pour aviser de la suite. Ah, et, au fait : Ziva et compagnie ne sont pas les meurtriers des adhérant de la LAM. Ce sont certainement les Blake eux-mêmes qui en sont à l'origine, et qui tendent un piège à leurs ennemis, aussi pour exacerber la haine de la population envers les mutants, j'imagine …Tu t'occupes bien de Gibbs, hein ? Bonne nuit !

Sur-ce, il raccrocha. Kate resta pantelante quelques secondes, bouche ouverte, le combiné encore à l'oreille. Puis elle se réveilla brusquement, lança son téléphone sur son sofa, faisant de nouveau quelques pas énergiques dans son salon.

- DiNozzo, je vais te tuer. Grommela-t-elle une dernière fois avant de se saisir de sa veste.

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- Bonsoiiir. Je viens voir Mr Blake.

L'homme derrière la vitre de plexiglas de l'accueil des visiteurs adressa à Tony un coup d'œil circonspect.

- Il est 22h. répondit-il.

- 21h53. Et c'est très important.

- Il faut prendre rendez-vous. Rétorqua le type en reportant son attention sur un tas de feuilles.

En guise de réponse, l'italien plaqua sa plaque sur la vitre, retrouvant l'attention de l'homme.

- Je ne pense pas en avoir besoin.

Son interlocuteur observa la plaque et Tony quelques secondes avant de tendre la main vers son téléphone.

- Je vais voir si Mr Blake peut vous recevoir. Dit-il d'un ton peu convaincu.

- Non, non, vous allez lui dire que j'arrive. C'est par où ?

Sans attendre de réponse, l'italien se dirigea vers le grand hall qu'il apercevait derrière les portes coulissantes. Des néons éclairaient faiblement les lieux peu fréquentés. Sur les côtés, les banquettes étaient vides, et les bureaux qu'il apercevait derrière les persiennes étaient plongés dans le noir.

Tony ignora délibérément l'appel de l'homme de l'accueil et continua son chemin. Une demi-seconde plus tard, une armoire à glace de près de deux mètres s'encadrait dans son champ de vision.

- Bonsoir. Le bureau de Mr Blake, s'il vous plait ?

L'armoire à glace ouvrit la bouche mais quelque chose grésilla dans son oreille et il se tut, écoutant les ordres qu'il était en train de recevoir. Finalement, il se déporta d'un pas sur le côté.

- Suivez-moi. Indiqua-t-il d'un ton caverneux.

Esquissant un sourire satisfait, Tony DiNozzo obéit à la requête.

Il suivit donc son guide, monta avec lui dans un ascenseur high-tech qui avala les 6 étages de l'imposant bâtiment en quelques secondes, puis le suivit encore lorsqu'ils débouchèrent dans un grand couloir cosy tapissé d'une fine moquette.

A partir de là, le trajet dura une minute avant que le garde du corps ne s'arrête devant une vaste porte doublée en chêne massif. Apposé dessus, une fine plaque couleur or indiquait le nom des propriétaires des lieux.

« Tom & Louisa Blake » se partageait donc le trône et la couronne.

Mais, après avoir été invité à s'introduire dans la pièce, Tony se rendit compte qu'il n'y avait en fait que monsieur à se trouver là ce soir-là.

Tom Blake leva ses yeux de son dossier, et, depuis son imposant bureau d'au moins deux mètres de diamètre, inspecta l'agent qui venait d'entrer. Tony observa les lieux avec attention. La pièce à elle seule, meubles compris, valait au moins le prix de son appartement.

- Vous êtes ? Demanda Blake, le sortant de sa contemplation.

L'italien s'approcha du bureau et tendit son insigne.

- Agent Tony DiNozzo, NCIS.

- Le NCIS ? Qu'est-ce qui vous amène ici ?

- L'enquête sur les membres de votre organisation qui ont été assassinés ces derniers jours, entre autres.

L'homme tiqua et se repositionna sur le dossier de son fauteuil, joignant les mains devant lui et fronçant les sourcils derrière ses lunettes en demi-lune.

Sans se démonter, Tony continua de regarder les photos et articles encadrés au mur, tous traitants soit de la LAM, soit de Blake Health.

- Le FBI est déjà venu nous voir. Dit Blake.

- Je le sais. L'agent Fornell m'en a parlé. Vous voyez qui c'est ? Assez vieux, plutôt petit, toujours d'excellente humeur. Il a dû venir.

- En effet, c'est lui qui est venu me poser quelques questions. Pourquoi êtes-vous là ?

- Pour vous prêter main-forte. Je peux ? Demanda Tony en désignant un des sièges de cuir molletonnés placé devant le bureau.

Blake acquiesça et il s'installa donc avant de continuer son récit.

- J'imagine que vous savez quels sont les gens qui s'en prennent à vos alliés.

L'homme d'affaire expira un peu d'air par ses sinus sans cesser de le fixer.

- Oui, en effet.

- Des mutants. Et j'estime qu'il n'y a pas eu suffisamment de protection autour des adhérents de la LAM. De tels massacres ne peuvent continuer impunément, il faut que vous les contriez.

- Nous y travaillons, agent DiNozzo.

- Je suis agent, comme vous dites. Je peux vous aider, et j'en ai envie. Ces pourritures ne vont pas continuer sur cette pente, il faut faire éclater la vérité au monde entier. Ils ne sont rien d'autres que des machines, des armes. Contre nous, ils sont dangereux, mais …

Il laissa passer quelques secondes, hésitant.

- Je ne sais pas si je dois vraiment vous dire ça. Se reprit-il en plissant les yeux.

- Je vous écoute. Qu'alliez-vous proposer ?

- D'en faire des armes. De les utiliser. Je sais que ça doit avoir l'air plutôt mal venu, mais … je suis vos déclarations, vos manifestations, et toutes vos publications concernant la LAM. Je suis à 100 % d'accord avec ce que vous dites, mais … c'est un fait, on ne peut se débarrasser de ce gêne. Alors, pourquoi ne pas l'utiliser ?

Tom Blake émit un léger sourire et passa une main dans ses cheveux noirs coupés en brosse.

- Qui vous dit que nous n'avons pas déjà eue cette idée ? Riposta-t-il en s'avançant légèrement, les coudes sur son bureau.

Tony lui répondit par un franc sourire.

- J'en étais sûr. Je ne pouvais pas être le seul à le penser. J'aurais dû venir plus tôt !

- Pourquoi, d'ailleurs, être venu si tard ?

- J'ai eu … une dure journée. Un meurtre. Une mutante, tuée par ses parents. L'avocat est du « côté des mutants », expliqua Tony d'une voix pleine de dégoût. Il veut faire juger les parents pour assassinat. J'estime que c'est de la légitime défense. Ce n'est pas la première fois qu'un tel cas de figure se produit, mais ce soir a sans doute été le soir de trop. Ça m'a fait … réagir, et en sortant du travail, je suis venu.

- Vous avez bien fait, agent DiNozzo, vous avez bien fait. Et vous pensez donc nous être utile ?

- Je l'espère.

Un franc sourire se forma sur le visage de Blake, imitant celui de Tony. L'homme d'affaires se leva de son fauteuil et fit quelques pas dans la pièce, passant à côté de l'agent.

- Depuis quelques temps, de moins en moins de gens adhèrent à notre cause. La presse commence à parler de ces histoires de meurtre, les gens ont peur, ils n'osent pas encore se révolter. Il faut peut-être, comme vous dites, leur proposer une alternative.

- Leur montrer que, bien utilisés, les mutants peuvent devenir très utiles. Approuva Tony en se tournant légèrement pour ne pas le quitter des yeux.

Tom Blake opina du chef.

- C'est ça. Votre hiérarchie est au courant de votre présence ici ?

- Non. Au sein du NCIS, les avis sur les mutants divergent. Mais nous évitons d'évoquer ce problème … chez nous aussi, cela provoque de plus en plus d'interrogations et de clans.

Le leader de la LAM paraissait tout à fait saint d'esprit. Ses intentions n'étaient pas celles d'un psychopathe, du moins, pas au sens accordés aux humains normaux par les humains normaux. Mais vis-à-vis des mutants, son point de vue paraissait extrêmement tranché.

Tony éprouvait l'envie de lui sauter dessus pour lui encastrer la tête dans le mur. Mais d'un autre côté, il comprenait tout à fait que le point de vue de Blake –qu'il disait partager- puisse être suivi et compris par la partie de la population n'étant pas concernée par le phénomène mutant de la même façon que l'agent. Ce qui l'effrayait de plus en plus.

Tony n'avait qu'une hâte, que la population entière sache que la LAM avait tué 13 de ses adhérents, pour faire croire à des attaques de mutants. Il était désormais sûr que Ziva et ses compagnons n'y étaient pour rien dans ces meurtres.

Le cœur battant lourdement entre ses côtes, il observa à nouveau les affiches sur les murs du vaste bureau.

- Je pourrais donc vous être utile ? Demanda-t-il.

- Hmm. Je pense que oui. Répondit Blake. Très certainement, même. Vous disposez de connaissances et de compétences que nous n'avons pas et qui pourraient nous être très utiles.

Tony laissa un grand –et faux- sourire naître sur son visage.

- Mais vous n'avez personne de la sécurité, ou d'une quelconque agence, dans vos rangs ? S'étonna l'agent.

- Si, nous en avons. Mais ils sont simplement adhérents à la LAM, à nos idées, ils ne sont pas … pas acteurs à proprement parler. Ce que nous venons d'évoquer précédemment est encore un peu tabou, je pense. Vous êtes le premier à venir m'en parler aussi directement.

- Ce serait un honneur de pouvoir vous aider, au nom de la sécurité de la patrie que je défends. Déclama Tony en prenant un ton solennel.

- Dans ce cas, agent DiNozzo, je vais prendre vos coordonnées. Je vais parler de vous à ma femme et nos associés les plus proches, et nous reprendrons contact avec vous le plus tôt possible.

- Vous avez intérêt. Sinon je reviendrai gratter à votre porte. Répliqua l'agent en s'emparant d'un post-it sur le bureau pour y noter son numéro de téléphone et son nom.

Blake émit un léger rire satisfait et lui désigna la porte d'un geste courtois.

- Merci de m'avoir reçu, Mr Blake.

Ils se serrèrent la main dans une forte poignée et l'agent quitta la pièce.

A peine sorti, Tony serra les poings et lâcha dans son esprit toutes les injures qu'il s'était retenu de balancer à la tête de l'homme d'affaire.

Ziva et ses compatriotes disaient donc vrai, même s'ils n'avaient pas utilisé la bonne méthode pour dénoncer les agissements des Blake. Un peu plus, et ils fonçaient dans le piège de la LAM. Mais comment pouvait-il les blâmer pour ça … en tant que mutants, ce qu'ils disaient n'aurait pu être pris au sérieux par les forces de l'ordre ou une quelconque agence. Surtout concernant une entreprise aussi importante que Blake Health, et un mouvement aussi suivi que la LAM. Les deux combinés, l'empire des Blake devenait une forteresse impossible à mettre à terre.

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1- Alors, vous aimez toujours le Tony/Ziva de cette fic ?

2- Bonne idée ou pas, d'aller directement voir Tom Blake ?

3- L'appel à Kate ?

4- Tony dans l'empire de la LAM ?

5- Et sa discussion avec Blake ?

6- Que va-t-il se passer ?