Bonjour bonjour !
Le chapitre du jour est là ! Bon, la bonne nouvelle, c'est que cette fic est bientôt terminé ! Plus que quelques chapitres et le mot fin apparaîtra.
Disclaimer : Seul Truc m'appartient, tout le reste est à Oda.
Bêta : Neechu
XX : L'heure de rentrer
Thatch soupira en voyant son frère se retourner une nouvelle fois, cherchant Ace du regard. Thatch n'avait pas besoin de regarder derrière pour savoir qu'Ace avait dû détourner les yeux, une fois encore. Marco reprit sa position initiale et flatta l'encolure de Flocon, les yeux dans le vague et l'air peiné, tout en se mordillant les lèvres. Depuis leur départ de Castelneau, Marco semblait à la fois perdu et en colère contre Ace, alors que ce dernier le fuyait.
Thatch ignorait ce qu'il s'était passé lors de la fête, après qu'il ait laissé les deux seuls, mais en tout cas, cela avait dégradé la relation naissante entre eux. Saber, Truc et lui servaient donc de tampon entre les deux, puisqu'ils ne voulaient plus se parler.
Le plus jeune des princes Newgate fut donc soulagé en voyant se dessiner au loin la capitale. Il rentrait à la maison avec Marco, enfin. Son grand frère en sembla aussi heureux, un sourire se dessinant enfin sur ses lèvres malmenées. Il lança Flocon au galop et Thatch sourit avant d'en faire de même.
Ace et Saber ne se laissèrent pas distancer. Au contraire, Ace dépassa Thatch en tirant la langue et Saber se mit au même niveau que lui. Truc, pour une fois sur l'épaule de Saber, verdissait à vue d'œil.
Néanmoins, les deux virent avec une certaine inquiétude Ace remonter jusqu'au niveau de Marco. Les deux ignoraient ce qui les avait brouillé et il ne tenaient pas à le savoir avec une dispute. Saber poussa un discret soupir de soulagement en voyant qu'Ace restait quelques foulées derrière le blond.
Truc se releva soudain, tout effrayée, et par prudence Thatch et Saber firent ralentir leurs chevaux, avant de crier aux deux devant de s'arrêter. Ils n'entendirent pas, déjà trop loin.
Puis, un énorme chien blanc avec une moustache en croissant de lune, qui tenait plus de l'ours que du canidé, déboula sur la route.
Truc cacha son visage dans ses mains pour ne pas voir le désastre. Flocon rua, paniqué, arrachant les rênes des mains de son cavalier. Marco tenta de l'apaiser tout en s'accrochant à la crinière. Il serait tombé au sol si Ace n'avait pas saisi les rênes pour obliger le cheval à se calmer.
Flocon s'arrêta de ruer, en sueur, alors que le chien aboyait joyeusement. Marco plissa les yeux. Il lui semblait reconnaître l'animal et son instinct fut confirmé par Thatch qui les rejoignit rapidement, suivi par Saber.
- Bon sang, qu'est-ce que Stefan fait sans surveillance ? s'exclama Thatch. C'est un coup à ce qu'il terrorise les troupeaux !
- C'est Stefan, yoi ? s'étonna Marco. Il était petit la dernière fois que je l'ai vu, même s'il avait déjà trois ans !
- C'est ça de ramener à la maison un chien des géants. C'était y'a trente ans, grand frère, sourit Thatch. Il a bien grandi entre-temps.
Le chien se rapprocha d'eux, effrayant Flocon et Spade qui reculèrent. Prune ne broncha pas, habituée au mastodonte qui vint quémander des caresses à Thatch. Stefan sentit alors l'odeur de Marco et jappa en le reconnaissant. Le chien passa un grand coup de langue sur le blond, le noyant de bave.
Saber se mordit violemment la lèvre pour ne pas rire, ce dont ne se priva pas Ace. Le brun utilisa néanmoins sa magie pour nettoyer le blond. Ce dernier le remercia d'un léger signe de tête et ils se fixèrent un peu trop longtemps pour ne pas éveiller les soupçons de leurs compagnons de route.
- Stefan ! Bon sang, je te lâche du regard deux secondes et tu embêtes des voyageurs !
Thatch ricanant en reconnaissant la voix et il se décala légèrement, puisque Stefan lui bouchait la vue. Son ricanement s'intensifia en voyant la minuscule silhouette sur son poney qui grandissait à l'horizon.
- Prêt à faire une crise cardiaque à Haruta, Marco ?
Le blond haussa un sourcil en se tournant vers son petit frère, ne comprenant pas de quoi il parlait. Puis, il vit à son tour le cavalier sur son poney à l'horizon et un large sourire illumina son visage alors que ses yeux s'embuaient légèrement.
- Il…
- Bien sûr qu'il a survécu, c'est pas une maladie qui aura raison d'un Newgate ! s'exclama Thatch.
- Bien évidemment, souffla Marco.
Bientôt, Haruta ne fut qu'à quelques pas et il sourit en voyant Thatch, les autres étant en partie dissimulés par Stefan.
- Tu es de retour ! Papa commençait à s'inquiéter, on n'avait plus de nouvelles parce que tu as faussé compagnie aux garnisons…
- Bah alors, Thatch, je croyais que ton père t'avait donné l'autorisation d'aller…
Ace s'arrêta en voyant que son compagnon de route avait l'air horriblement gêné, une main derrière sa nuque et le sourire crispé. Son regard croisa celui mi-amusé, mi-exaspéré de Marco et ils sourirent en même temps. Puis, se rappelant qu'ils se faisaient la tête, se détournèrent l'un de l'autre.
- Qui est avec toi ? demanda Haruta, avant d'ordonner au chien de venir vers lui.
Le jeune homme hoqueta quand Stefan se déplaça, lui permettant de voir que son grand frère Marco était avec Thatch.
- Tu… Enfin… Espèce de… bredouilla le jeune homme, avant de descendre précipitamment de son poney.
Marco mit pied à terre rapidement pour recevoir dans ses bras son petit frère, qui le serra fortement contre lui.
- T'es rentré.
- Oui, je suis là, yoi.
Marco caressa tendrement les cheveux du jeune homme qui lui arrivait à peine à la clavicule. Ace sentit son cœur se serrer à cette image et il ne douta plus d'avoir pris la bonne décision en éloignant Marco de lui par n'importe quel moyen. Vouloir Marco auprès de lui était utopique et égoïste. Il avait été séparé de sa famille pendant trente ans, il devait rester avec eux.
Après tout, Ace n'était qu'une princesse qui se voulait prince, sans royaume, qui n'était pas sûr de survivre à la reconquête de ses terres et dont les sentiments étaient discutables. Marco n'avait aucune raison de le suivre.
Nul doute que la vérité faisait mal.
Les mains d'Ace se serrèrent sur ses rênes et il détourna la tête du beau tableau que formait la fratrie. Truc sentit sa tristesse et voleta jusqu'à lui, essuyant discrètement les larmes qui menaçaient de tomber. Elle tira légèrement sur une mèche ondulée, voulant savoir ce qui n'allait pas.
- Ce n'est rien, souffla Ace en affichant un sourire de façade.
Saber posa une main sur son épaule. Il ne poserait pas de questions, mais si Ace avait besoin de se confier, il serait là.
Marco finit par relâcher Haruta et lui ébouriffa les cheveux. Le jeune homme sourit de toutes ses dents et clama qu'il courrait annoncer la nouvelle à tout le monde. Avant que Thatch n'ait pu dire quoi que ce soit, Haruta remonta en selle et les salua avant de partir au galop, Stefan à ses côtés.
- Pour la discrétion, on repassera, soupira avec un sourire Thatch.
Ace fixa la robe posée sur le lit. Ils avaient été accueilli avec beaucoup de joie et de bruit. Le retour du prince Marco était comme une bénédiction et fou de bonheur d'avoir retrouvé son fils, le roi Newgate lui avait accordé une entrevue.
Désormais, Ace ne pouvait plus cacher sa vraie nature. Il devait devenir Portgas D Ann, la princesse perdue de Baterilla. Ses doigts errèrent sur le tissu orangé. La robe représentait tout ce qu'il fuyait depuis qu'il avait appris la vérité, lors de ses premières règles.
Être une femme, avec tout ce que cela impliquait.
Ne plus jurer comme un charretier, ne plus boire une seule goutte d'alcool, devoir chevaucher en amazone.
Assumer finalement un genre dont il avait peur et qu'il aurait souhaité ne jamais dévoiler.
Truc sur son épaule babilla pour le rassurer, mais des larmes de rage coulèrent tout de même le long de ses joues couvertes d'éphélides.
Aujourd'hui le prince Monkey D Ace mourrait pour laisser place à la princesse Portgas D Ann.
Son poing se serra. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume et percèrent jusqu'au sang. Le sacrifice devait être fait pour qu'Akainu ne répande plus malheur et désolation. Un si petit sacrifice au vu du nombre de vies en jeu.
Mais ça ne rendait pas les choses plus faciles à accepter pour autant.
On toqua à la porte et Ace effaça rapidement les preuves de sa faiblesse. Saber entra, un paquet entre les mains, et le déposa doucement à côté de la robe, ne commentant pas l'air défait de son chef.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Marco a dit la vérité à Thatch. Malgré sa… surprise, il a demandé de l'aide à ses sœurs pour te trouver quelque chose qui permette de t'affirmer en tant que combattante. C'est une mage de glace qui a donné de quoi faire l'affaire. Je sais que tu as peur, Ace, mais...
- Je n'ai pas peur, nia Ace.
Saber le fixa un instant, avant de soupirer doucement.
- Notre sexe détermine-t-il ce que nous deviendrons ? Ne pouvons-nous écrire nous même ce que nous voulons vivre, tout est-il joué d'avance ? Devons-nous taire qui nous sommes pour des codes qui nous enferment et nous étouffent ? Tout est une question de choix. La question est surtout : lequel assumeras-tu et te rendra heureux ? Réfléchis-y, Ace. Et qu'importe ta réponse, je t'ai juré fidélité.
Silence.
- Peux-tu… Peux-tu me laisser seul encore un moment ?
- Bien sûr. Je serais derrière la porte si tu as besoin de moi. Ton entrevue est toutefois dans une demi-heure. Ne tarde pas trop.
Saber s'éclipsa et Ace ouvrit lentement le paquet, trouvant une armure légère et adaptée à la fois à sa taille, ses formes et à la liberté de mouvement nécessaire chez un mage. Les plaques recouvraient les endroits sensibles comme les cuisses et un genre de corset à la fois souple et d'une certaine rigidité protégeait son torse jusqu'à son cou.
Les paroles de Saber tournaient dans sa tête.
Notre sexe détermine-t-il ce que nous deviendrons ?
Non, bien sûr que non, sinon malgré tout son éducation, Ace n'aurait jamais manié les armes comme un homme.
Il ne serait jamais devenu la personne forte qu'il était aujourd'hui. Et il avait horreur des règles et des codes qu'on lui imposait.
Truc soupira et lui tira l'oreille avant de lui désigner la pendule. Le temps filait et il devait faire un choix. Et vu le regard menaçant de la fée, elle ferait pire que de lui tirer l'oreille s'il prenait une mauvaise décision.
- Saber, tu peux venir m'aider deux minutes ?
L'homme entra avec une certaine hésitation, puis sourit en voyant une des plaques d'armure dans la main d'Ace.
- On dirait qu'on va devoir supporter une certaine Portgas D Ace sur le trône, plaisanta l'homme, avant d'aider son chef à s'habiller.
La seule touche de féminité qu'Ace s'accorda finalement, ce fut la fleur d'hibiscus rouge, symbole de sa famille, glissé dans ses cheveux à droite de sa tête. Il signifiait ainsi que son cœur n'était pas à prendre. Vieille coutume de sa patrie. Il ne pouvait peut-être pas avoir Marco, mais il n'était pas volage.
- On peut y aller, déclara Ace en terminant de passer la ceinture de son épée à sa hanche.
Il était un combattant et un futur dirigeant avant d'être une femme.
... Promis, j'vous jure que ça se termine bien, toute cette histoire.
A demain pour la suite !
