BOYOU! ^_^
Je voulais vous poster ce chapitre hier soir mais comme le site bugguait à plein tubes, je n'ai pu faire ça que ce matin... Quoi qu'il en soit, je vous présente le chapitre 21 d'"Obsessions", bâptisé "And I Burn...". 37 pages Word (pfiou!)...
Je ne vous dis rien quant à ce qui s'y passe mais quelque chose me dit que ça risque de vous plaire... Enfin, j'espère! Je suis impatiente de voir vos réactions, comme toujours... Peut-être même un peu plus que d'habitude! :p
Comme pour le dernier chapitre, je vous ai inséré ça et là des liens Youtube vers des chansons qui collaient bien à la scène décrite. Si vous en avez le temps et la possibilité, ouvrez un nouvel onglet et encodez les adresses mentionnées (en retirant les parenthèses et les espaces), histoire de vous mettre dans l'ambiance!
Je m'excuse du fait que je n'ai absolument pas eu le temps de répondre aux reviews pour le chapitre précédent. Je ferai mieux la prochaine fois, promis!
Et avant de vous laisser découvrir ce nouvel épisode dans la vie d'Edward et Bella, j'en profite pour faire un peu de pub! Si ça vous dit de venir discuter avec moi, d'autres auteurs ainsi que des fans de tout ce qui touche de près ou de loin à l'univers des vampires, n'hésitez pas à nous rejoindre dans la Vampires Red Room à l'adresse suivante (une fois encore, veillez à retirer les parenthèses et à supprimer les espaces): http (:) /thevampiresredroom (.) forumgratuit (.) fr/. Bonne ambiance garantie!
Bonne lecture!
Disclaimer: Twilight et ses personnages appartiennent à S. Meyer. Je ne fais que les exploiter pour mon plaisir et le vôtre...
Le bruit de la pluie frappant contre la vitre me sortit doucement de mes songes le lendemain matin et je ne pus m'empêcher de soupirer de contentement. D'aussi loin que je me souvienne, j'avais toujours adoré ce son. Certes, je n'étais pas fan de la pluie elle-même mais me pelotonner dans mes draps en l'écoutant simplement battre contre la fenêtre fermée de ma chambre avait toujours eu quelque chose de rassurant. De réconfortant. D'apaisant.
Cela me faisait me sentir à la maison.
Voulant observer le spectacle, j'ouvris péniblement les yeux… et me figeai.
Je n'étais pas dans ma chambre.
Précautionneusement, je me mis à parcourir la pièce du regard, tentant de mettre un souvenir sur ces murs blancs et gris que je ne parvenais pas à reconnaître. Mais mon esprit, plongé dans une espèce de brume opaque semblable à celle que je pouvais apercevoir au dehors, semblait ne pas vouloir coopérer.
Le café d'abord Bell's, le café d'abord…
C'est alors que deux choses se produisirent.
[Playlist: Kings of Leon – 'I Want You' : www (.) youtube (.) com/watch?v=wJHNX4ku0kQ]
Un : une main, sortie de je ne sais où, agrippa soudainement ma hanche.
Et deux : cette même main me plaqua contre quelque chose de long, ferme et chaud.
Très chaud.
D'abord paralysée par la surprise, ma curiosité prit rapidement le dessus et je me tournai lentement.
Et là, je fus gratifiée par l'une des plus belles visions qu'il m'ait été donné de voir.
Edward Cullen se trouvait face à moi, paisiblement endormi, son visage parfait à seulement quelques centimètres du mien.
Les souvenirs de la soirée de la veille affluèrent alors à ma mémoire.
Son regard incandescent lorsqu'il m'avait vu apparaître en haut des marches de l'escalier.
Le mot « orgasme » prononcé par ses lèvres divines lorsqu'il me lança un défi.
Son corps contre le mien alors que nous dansions dans un coin reculé de la piste de danse.
Le jeu de mains torride dans le box VIP à l'abri des regards.
L'impression que ses yeux cherchaient à me communiquer une chose essentielle que sa bouche refusait de prononcer, avant qu'Alice ne nous interrompe.
Puis…
Sa voix lorsqu'il avait chanté les mots que je rêvais d'entendre, inconscient du fait que je l'écoutais en douce derrière la porte de sa chambre.
Sa proposition de passer la nuit avec lui.
Notre petit jeu de questions-réponses futile, aboutissant à ses déclarations qui m'avaient fait fondre.
La promesse répétée de ce « bientôt » qui n'avait cessé de m'emplir d'espoir…
Souriant doucement, je m'octroyai le luxe de l'observer à ma guise tant qu'il dormait, sa main toujours posée sur ma hanche. Il avait l'air si vulnérable ainsi que cela me bouleversa… Portant ma main à son visage, je me mis à dessiner de l'index ses sourcils épais, l'arrête de son nez, l'une de ses joues légèrement rosie par la chaleur, son menton recouvert d'une barbe naissante qui lui donnait un air incroyablement sexy et enfin, enfin… ses lèvres, légèrement entrouvertes, desquelles s'échappait un souffle lent et régulier.
J'avais l'impression d'être morte et de me retrouver au paradis.
Traçant leur contour du bout ses doigts, je me remémorai avec gourmandise leur douceur, leur goût et leur façon de bouger contre les miennes. Jamais quelqu'un ne m'avait embrassée comme ça. Avec autant de ferveur, de désir, de passion.
Je fermai les yeux et réprimai un violent frisson lorsque je repensai à ce que ces mêmes lèvres m'avaient procuré comme sensations lorsqu'elles s'étaient aventurées sur d'autres parties de mon corps.
Mon cou, ma poitrine, mon estomac, mon nombril, mes cuisses, mon sexe.
Ses lèvres m'avaient redessinée toute entière.
Et il me tardait qu'elles s'attèlent une nouvelle fois à la tâche…
- « Bella… »
Mes yeux quittèrent subitement ses lèvres à la recherche de ses émeraudes mais les yeux d'Edward étaient toujours fermement clos.
Ce qui ne voulait dire qu'une chose : il rêvait.
Et il rêvait de moi.
Mon cœur se mit à battre plus fort à cette constatation…
- « Bella, s'il te plaît »
Curieuse, je décidai d'essayer quelque chose.
- « Oui Edward, dis-moi » chuchotai-je au creux de son oreille en parcourant le contour de son visage du bout des doigts.
Sa prise sur ma hanche se raffermit et il me tira un peu plus vers lui. Littéralement plaquée contre son corps, mon souffle se bloqua dans ma gorge lorsque je sentis une certaine partie de son anatomie pressée fermement contre ma cuisse nue.
Uuuurrrgggghh.
- « Bella… Oui » grogna-t-il en frottant subrepticement cette partie de son corps contre moi.
Oh putain ! Plus besoin de café là, je suis parfaitement mais alors là PARFAITEMENT réveillée !
Je n'en croyais pas mes yeux et mes oreilles… Non seulement Edward rêvait de moi mais en plus, il semblait s'agir d'un rêve érotique.
Merci mon Dieu ! Je ne suis pas la seule à faire ce genre de choses…
J'étais soulagée… et, il fallait bien le dire, un peu fière de moi sur ce coup !
Un peu ? Dis plutôt que tu es très contente de toi ouais !
- « Bella, oui… »
Un sourire idiot et très satisfait étira mes lèvres tandis qu'Edward s'activait toujours contre ma cuisse.
- « Mmmmh… Oui... Suce… »
Je me figeai et écarquillai les yeux.
J'avais bien entendu « Suce » ?
Uuuuuuuurrrgh !
J'haletai douloureusement en imaginant les images qui devaient de jouer devant ses yeux clos… Puis, je me souvins d'une phrase qu'il avait dire lorsque nous regardions un film le premier jour où nous étions arrivée ici.
« Comment penses-tu qu'il réagirait s'il savait qu'après notre petite entrevue dans les douches ce midi, j'étais tellement allumé que je me suis fait jouir trois fois de suite en t'imaginant nue et à genoux devant moi, ta petite bouche chaude et humide serrée autour de mon sexe ? »
- « Putain… » soufflai-je doucement alors que je me rendis compte que mes cuisses se frottaient l'une contre l'autre, comme pour tenter d'apaiser le feu qui semblait s'être déclenché au niveau de mon bas ventre.
Vous avez l'air fin tous les deux, tiens !
Bien que cette situation soit extrêmement gênante, je ne pouvais me résoudre à détacher les yeux du visage d'Edward, qui trahissait un mélange de désir, d'excitation, d'envie et d'impatience. Ses traits, déformés par un plaisir imminent, étaient captivants et me rappelaient irrémédiablement la première et seule fois où je l'avais vu, complètement nu, atteindre, de ma main, un merveilleux orgasme, un soir à la bibliothèque.
Difficile d'oublier un moment pareil, en effet…
Ce soir là, il m'avait avoué s'être caressé de nombreuses fois en pensant à moi depuis notre rencontre. M'imaginait-il souvent, à genoux, en train de lui faire une fellation, comme présentement ? S'agissait-il de l'un de ses fantasmes ?
Ca m'en a tout l'air, si tu veux mon avis !
Dieu, ça le rendait tellement dur…
- « Mmmmh… » gémit-il à nouveau.
Ses mouvements contre moi étaient de plus en plus frénétiques, signe que si je ne l'arrêtais pas, nous allions tous les deux rapidement nous retrouver dans une situation encore plus embarrassante que celle-ci.
Définis un peu embarrassante ? Parce que je crois que ce n'est pas le mot le mieux adapté à ce qui est en train de se passer ici ! Moi, j'emploierais plutôt le mot « SEXitante ! »
Tentant de conserver un maximum de sang froid, je me mis à murmurer le prénom de mon adonis, le priant de se réveiller, tout en lissant doucement sa crinière indomptable vers l'arrière. J'aimais le fait de pouvoir avoir des gestes aussi simples envers lui et j'aurais tout donné pour pouvoir vivre ce genre de réveil chaque jour…
Au bout de quelques minutes, ma méthode sembla fonctionner puisque ses gémissements se transformèrent en espèces de ronronnements et que ses mouvements du bassin se calmèrent, jusqu'à s'arrêter complètement. Quelques dernières paroles intelligibles s'échappèrent de ses lèvres entrouvertes tandis que ses sourcils se froncèrent et enfin, il ouvrit lentement les yeux.
Edward Cullen émergeant du sommeil devait être le spectacle plus adorable auquel j'ai jamais assisté. Le sourire niais que j'arborais en était d'ailleurs la meilleure preuve…
- « B'jour » murmura-t-il d'une voix rauque tout en se frottant les yeux.
Aaaawwww…
- « Bonjour… Bien dormi ? »
- « Mieux que bien » sourit-il.
Tu m'étonnes !
- « Et toi ? »
- « Idem »
Un sourire paresseux étira ses lèvres et il porta une main à ma joue.
- « Tant mieux alors. J'avais peur que ça ne soit pas le cas. Tu as eu un sommeil plutôt agité cette nuit… »
- « Ah oui ? » interrogeai-je, essayant de ne pas me laisser distraire par ses doigts qui migraient vers mes clavicules.
- « Oui, tu es tombée comme une masse hier soir mais, à peine cinq minutes plus tard, tu as commencé à remuer »
- « Hum hum » acquiesçai-je distraitement en fermant les yeux.
Traduction : raconte-moi ce que tu veux mais n'arrête jamais de me caresser…
- « Tu savais que tu parlais pendant ton sommeil ? » fit-il avec un sourire dans la voix.
Le mien disparut aussitôt et j'ouvris brusquement les yeux.
Oh non…Non, pas ça ! TOUT mais pas ça !
- « Qu'est-ce que j'ai dit ? »
Il se contenta de sourire en suivant des yeux le chemin que parcourait son index.
- « Edward, réponds ! Est-ce que j'ai dit quelque chose… d'embarrassant ? »
- « Hum…Ca dépend de comment tu définis 'embarrassant', je suppose »
Oh mon Dieu !
Quelque chose me dit que, ce coup-ci, « embarrassant » ne signifie pas « SEXitant », malheureusement…
- « Pfff, ce n'est pas une réponse ça ! »
Il rigola doucement, visiblement fier de lui.
- « Rassure-toi ma Bella, tu n'as rien dit qui ne m'ait fait plaisir. Que du contraire… »
De mieux en mieux, tiens !
- « Et c'est censé me rassurer ? Tu es vraiment cruel, Edward Cullen… » fis-je en lui tournant vivement le dos, souriant tout de même du fait qu'il m'ait à nouveau appelée sa Bella.
Un froissement de draps plus tard, son torse était fermement plaqué contre mon dos tandis que son bras gauche s'enroulait autour de ma taille.
- « Je te le répète, tu ne m'as rien dit qui ne m'ait plu » murmura-t-il à mon oreille. « Tu étais adorable à marmonner ainsi dans ton sommeil… »
Marmonner QUOI au juste, bordel ?
- « Est-ce qu'il y a la moindre chance que tu me dises ce que j'ai bien pu dire qui t'ait autant plu ? » répondis-je, agacée.
- « Aucune »
Gaaah !
J'avais beau ne pas l'avoir devant les yeux, il était facile de deviner le sourire que trahissait sa voix.
- « Moque-toi de moi tiens ! » maugréai-je.
Sans avoir le temps de comprendre comment c'était arrivé, je me retrouvai bientôt au centre du lit, sur le dos, alors qu'Edward était assis à califourchon sur moi.
Mes yeux s'élargirent tels deux soucoupes à la vue d'un Edward à moitié nu, les cheveux ébouriffés façon «j-ai-tout-fait-dans-ce-lit-sauf-dormir-cette-nuit » et au sourire enjôleur.
Doux petit Jésus dans son doux petit cocon d'amour, matte-moi ces pectoraux !
- « En quelle langue faut-il que je te le dise Bella ? Je ne me moque pas de toi »
Mouais…
- « Alors p-pourquoi est-ce que tu souris comme ça ? » babillai-je tout en lorgnant sans vergogne le début du « V » de sa ceinture abdominale que son jogging en coton permettait d'entr'apercevoir.
- « Hum… Peut-être parce que la vue me plaît… »
Suivant la direction vers laquelle son regard gourmand pointait, je me rendis compte que le t-shirt qu'il m'avait prêté avait dangereusement remonté sur mon corps, révélant un très large pan de la peau de mon ventre et mes côtes à la vue de mon adonis. Exposée de la sorte, je sentis mon corps réagir instinctivement.
- « Mmmh, oublie le 'peut-être'. La vue me plaît, définitivement… » murmura-t-il d'une voix rauque, toute trace de son sourire ayant disparu.
Il se pourlécha les lèvres tout en observant, fasciné, mes tétons commencer à pointer sous le fin tissu et je dus me mordre durement la lèvre pour lutter contre le gémissement primaire que ce geste m'inspira.
Damn, il est si sexy…
- « Bella, tu ferais mieux d'arrêter de mordre cette fichue lèvre comme ça » gronda-t-il en portant une main décidée à mon visage afin de libérer ma lèvre de ses doigts.
Mais ces derniers ne quittèrent pas ma bouche pour autant après ça.
Au contraire… Ils se mirent à en tracer le contour, rencontrant sur leur chemin ma respiration devenue erratique.
- « Tu es une putain de vision de rêve, tu le sais ça ? » souffla-t-il, ses yeux balayant chaque partie de mon corps.
Une vision de rêve hein ? Ouais, j'crois bien que ma cuisse s'en souvient encore de ta « vision de rêve », Edward Cullen !
Un sourire timide étira mes lèvres au même moment où mon rougissement habituel atteint mes joues.
Soudainement, me remémorant sa supplique inconsciente tandis qu'il dormait quelques minutes auparavant, une idée me vint.
Sans y réfléchir à deux fois, j'entrouvris les lèvres et capturai subitement son index dans ma bouche.
- « Bella… » grogna-t-il, surpris, en esquissant un mouvement de recul.
Mais je m'empressai d'emprisonner son poignet afin de l'immobiliser. Puis, plongeant mes yeux dans les siens, je me mis à faire coulisser cet index entre mes lèvres, faisant occasionnellement tourbillonner ma langue autour dans le processus.
Plus suggestif, tu meurs !
Lui, m'observait, complètement fasciné, ses lèvres légèrement entrouvertes laissant filtrer sa respiration lourde et laborieuse.
Eh eh… Cette scène vous rappellerait-elle un certain rêve, professeur Cullen ?
Puis, sans crier gare, je mordis son doigt en lui lançant un regard brûlant.
- « Fuck ! »
Un léger tressautement dans le bas de son corps attira mon attention et lorsque mes yeux s'y rapportèrent, je vis que le jogging d'Edward ne cachait désormais plus rien de son érection massive.
Uuuuuurrrgh !
Enhardie par cette vision hautement érotique, j'approchai lentement une main de l'objet de ma convoitise tout en me pourléchant les lèvres, désireuse de toucher à nouveau cette partie de son anatomie.
Mais c'était sans compter sur le soudain regain de sang-froid d'Edward.
Car, bien vite, il se saisit de cette main et la plaqua durement au dessus de moi, contre l'oreiller. Mon autre main, qui lui tenait le poignet jusque là, subit rapidement le même sort et je me retrouvai bientôt poings vissés au lit, Edward planant au dessus de moi.
- « Il me semble te l'avoir déjà dit Bella : nous pouvons être deux à jouer à ce jeu-là… » menaça-t-il, son visage à seulement quelques centimètres du mien.
Se faisant, il renforça sa prise sur mes poignets, les enfonçant un peu plus dans le matelas. Mon dos s'arqua en réponse, collant d'autant plus mon corps au sien, et je pouvais désormais sentir chaque courbe de son corps brûlant contre le mien.
Darkward is back !
J'étais complètement à sa merci, emprisonnée de la sorte.
Et c'était loin de me déplaire…
Ouais, regarde-moi-moi faire ma danse de la joie !
Ses yeux ancrés dans les miens, il se mit à balancer des hanches doucement, frottant ainsi son érection contre mon ventre découvert. Un gémissement étranglé s'échappa de mes lèvres tandis qu'un sourire confiant étirait les siennes. Il baissa alors la tête et vint coller sa bouche à mon oreille.
- « Tu n'imagines même pas tout ce que je rêve de te faire… » chuchota-t-il.
Non… Mais j'ai une idée assez précise de ce que TU rêves que JE te fasse…
Il me mordit le lobe, me faisant haleter et m'arquer davantage contre lui, avant de remonter son visage au niveau du mien, son adorable et diabolique sourire en coin collé aux lèvres.
Si j'avais eu une culotte, elle serait morte à l'instant.
Ouais… D'ailleurs, il était hors de question que je rende à Edward le caleçon qu'il m'avait prêté pour dormir cette nuit.
Ca serait extrêmement embarrassant, en effet…
Ses hanches, elles, bougeaient toujours dans un rythme affreusement lent qui allait finir par me rendre folle.
- « Ne commence pas quelque chose que tu serais incapable de finir, Edward Cullen » haletai-je.
Mon avertissement n'eut pour seul effet qu'agrandir encore un peu plus son sourire.
- « Qui te dit que je ne compte pas aller jusqu'au bout ? »
Attends attends…Est-ce que, par hasard, il essaie de me dire ce que je pense qu'il essaie de me dire ? Que « bientôt », c'est, genre, maintenant ?
Oh !
Ne faudrait-il pas que je fasse un tour par la salle de bain d'abord ? Que j'aie au moins le temps de faire un brin de toilette et que je me brosse les dents ? Seigneur, je ne veux pas avoir la première fois avec l'haleine du matin ! Quelle horreur !
Je n'en reviens pas de ne pas y avoir pensé jusqu'ici ? Est-ce que je sens mauvais ? Est-ce qu'Edward s'en est aperçu ?
Non mais je rêve ! Edward est peut-être prêt à te faire l'amour et toi, tout ce à quoi tu penses, c'est ton haleine matinale ? Et puis, si tu sentais mauvais, tu crois vraiment qu'Edward serait en train de se frotter à toi de cette façon ?
Pitié, focus Bell's !
- « Crois-moi, quand je commence quelque chose, je le finis toujours, d'une manière ou d'une autre. Et ce que je fais, je le fais bien » poursuivit-il en augmentant la cadence de ses coups de rein contre la peau de mon ventre.
Putain…
- « Ah oui ? » soufflai-je, pleine d'espoir.
- « Oui… »
Oh merci mon Dieu ! Merci, merci, merci !
- « Tu en auras bientôt la preuve… »
QUOI ? Oh non ! Non, non, non ! Pas encore ce « bientôt » !
J'allais répliquer lorsque je sentis ses mains libérer les miennes et son corps enjamber le mien.
- « … mais pas aujourd'hui »
Merde, j'y ai cru pendant 30 secondes !
Carrément vexée, je me redressai en position assise et croisai mes bras sur ma poitrine. Edward, lui, était debout en face de moi, un air profondément amusé collé au visage.
- « Tu trouves ça drôle ? » fis-je, mauvaise.
- « Assez, oui » sourit-il.
Je fis de mon mieux pour lui envoyer le regard le plus mauvais que j'avais en rayon.
- « Et puis d'ailleurs, c'est une belle revanche pour tout ce que tu m'as fait subir cette semaine… On peut dire que tu m'as mené la vie dure ! »
Sur ce coup-là, il n'a pas tort ! Et puis, en parlant de choses « dures »…
Mes yeux papillonnèrent un instant jusqu'à la… tente qui déformait son pantalon avant de revenir aux siens. J'haussai alors un sourcil interrogateur auquel il me répondit par un sourire éblouissant.
- « Au moins, je ne suis pas la seule de nous deux à être frustrée » lançai-je, faussement mielleuse.
- « Oh mais rassure-toi, je ne le serai pas longtemps… J'ai déjà en tête un scénario qui pourra m'aider à régler ce… problème une fois sous la douche »
Oh. Mon. Dieu.
Des images d'Edward, nu et haletant, se caressant sous la douche tandis que l'eau cascaderait sur son corps de rêve envahirent mon esprit et j'eus l'impression que la température ambiante avait soudainement augmenté d'une bonne dizaine de degrés.
Inévitablement, je me demandais si le scénario dont il parlait avait un quelconque rapport avec le rêve qu'il faisait juste avant son réveil…
Tu es sûre de vouloir une réponse à cette question ? Non parce que s'il te répond par l'affirmative, je suis pratiquement sûre que tu pourrais faire quelque chose comme… fondre. Ou prendre feu. Ou exploser. Au choix.
Chassant ces réflexions hautement dangereuses pour ma santé mentale et pour le caleçon que je portais toujours, je tentai de reprendre une certaine contenance tandis qu'Edward me tournait déjà le dos, se dirigeant vers la salle de bain…
… et vers sa séance de plaisir solitaire.
Urgh.
Je ne voulais pas qu'il ait le dernier mot ce matin. Aussi, je me creusai rapidement les méninges jusqu'à trouver la réplique parfaite qui provoquerait ma victoire par K.O.
Et l'idée du siècle me vint.
Prépare-toi à la gêne de ta vie, Cullen…
- « Hum, Edward ? Est-ce que tu savais que tu parl… »
La suite de la phrase mourut sur mes lèvres lorsque je le vis se débarrasser de son bas de jogging sans aucune pudeur devant mes yeux ébahis. Une fois nu, il continua alors son chemin, ses superbes fesses se contractant et se décontractant d'une façon incroyablement sexy qui me fit presque baver.
Presque ? La bonne blague !
Lorsqu'il atteint enfin la porte, je me saisis d'un oreiller dans lequel j'étouffai un énorme cri de frustration, et me laissai retomber sur le lit en maudissant la terre entière.
- « Oh et Bella ? » ajouta-t-il par l'entrebâillement de la porte.
Prenant une lente inspiration, je me relevai sur les coudes et réprimai une nouvelle bouffée de chaleur à la vue de cet homme magnifique nonchalamment appuyé contre le chambranle de la porte de la salle de bain.
Porte qui ne cachait d'ailleurs que le bas de son corps, régalant mes yeux gourmands du reste.
Maudite porte…
- « Si tu veux tout savoir, ce scénario dont je te parle… »
Je retins mon souffle.
- « … c'est toi qui en est l'héroïne »
Et là, je pus jurer que je fondis, pris feu et explosai en même temps.
Après avoir pris une douche – glacée, mais faut-il encore le préciser ? – moi aussi et m'être enroulée dans une serviette-éponge, je pénétrai à nouveau dans la chambre d'Edward et remarquai qu'il était déjà parti.
Eh ben tant mieux ! T'as déjà eu assez de mal à te contenir comme ça quand il est réapparu avec cette minuscule serviette blanche autour des hanches, si tu veux mon avis…
Ladite serviette avait bien failli avoir raison de mon équilibre mental et je m'étais précipitée à mon tour dans la salle de bain comme si j'avais eu le diable aux trousses. Alors, d'une certaine manière, il valait mieux qu'il ait déserté les lieux quand j'en étais sortie, car il aurait sans doute trouvé un moyen de ruiner les effets de ma douche froide… Encore.
En jetant un coup d'œil à l'horloge murale, je vis qu'il était déjà près de 13 heures et fus étonnée que personne ne soit venu nous réveiller étant donné l'heure tardive. Peut-être avaient-ils veillé tard eux aussi ?
Ouais mais ils n'ont probablement pas passé une partie de la nuit à ne faire que discuter, eux, si tu vois c' que j'veux dire…
Récupérant la robe offerte par Alice ainsi que le pyjama de fortune prêté par Edward, je pris mon courage à deux mains et me dirigeai tout droit vers la chambre que j'étais censée occuper avec Rosalie jusqu'à ce qu'elle décide de passer à l'action avec Emmett.
Enfin, il serait plus juste de dire « Jusqu'à ce que JE me décide à LA faire passer à l'action avec Emmett » !
Je réprimai un frisson en me souvenant de la position dans laquelle je les avais trouvés sur notre lit la veille au soir.
Brrrr…
Je me serais volontiers passée de les déranger dans leurs… hum… ébats ce matin, seulement voilà…
J'avais cruellement besoin de vêtements.
… et de sous-vêtements, si tu veux mon avis !
Sans aucun doute.
Arrivée devant la porte, j'y collai l'oreille. Aucun cri ni gémissement suspect n'était à signaler. Considérant que c'était plutôt bon signe, je soufflai un bon coup et je frappai trois coups.
Silence.
Je frappai trois nouveaux coups, plus sonores.
Toujours rien.
Je m'apprêtai à frapper une nouvelle fois lorsque j'entendis des bruits de pas étouffés et que la porte s'entrouvrit légèrement, révélant le visage rouge et haletant de mon amie.
- « Qu'est-ce que tu veux ? » chuchota-t-elle.
- « Des fringues ! Et bonjour à toi aussi… » répondis-je, sarcastique.
- « Pourquoi faire ? » fit-elle, agacée, en jetant des coups d'œil inquiets derrière elle.
Je lui lançai un regard ennuyé en désignant ma tenue de la main.
- « Pour habiller mon ours polaire ! A ton avis Einstein ? »
- « Reviens dans une demi-heure ! » urgea-t-elle en commençant à refermer la porte.
Hein ?
- « Mais enfin, t'es dingue ! » assénai-je en bloquant la porte avec mon pied. « File-moi des fringues tout de suite, il est hors de question que je descende en serviette ! »
- « Ecoute Bell's, j'suis occupée là ! Genre vraiment occupée alors, s'il te plait, trouve une autre solution ! Je t'aime ! A toute ! »
Et avec ça, elle me claqua définitivement la porte au nez et tourna la clé dans la serrure.
Oh mais quelle espèce de… de… ARGH !
Furieuse, je fis demi-tour et retournai à la chambre d'Edward, non sans m'être pris deux fois les pieds dans le tapis, et claquai violemment la porte à mon tour.
Je sens que cette journée va être pénible !
Bon. Si on considérait bien la chose, trois possibilités s'offraient à moi.
1. Je remettais la robe d'hier soir.
2. J'allais dans la chambre d'Alice et lui demandais de me prêter des fringues.
3. J'empruntais des fringues à Edward.
Etant donné que ma robe sentait le tabac froid et que je n'avais aucune envie de supporter un relooking d'Alice de si bon matin, je n'y réfléchis pas à deux fois et ouvris le placard d'Edward.
Je ne m'étais pas trompée : Edward ne vivait plus ici mais ce dressing comprenait une quantité astronomique de fringues.
Ca doit être de famille !
Fouinant dans les étagères et les tiroirs, je ne mis pas longtemps avant de dégoter un vieux jeans, que je serrai au maximum à l'aide une ceinture trouvée dans un tiroir, ainsi qu'un débardeur blanc, que je nouai à la taille de façon à rendre le tout plus féminin.
Bon. Ce n'était pas la tenue du siècle et Alice allait probablement faire un infarct en me voyant attifée comme ça mais je pouvais difficilement faire mieux avec les moyens mis à ma disposition !
Après avoir rassemblé mes cheveux en une queue de cheval haute, je descendis les escaliers afin de me rendre dans la cuisine quand une douce mélodie provenant du fond du couloir attira mon attention.
[Playlist: Counting Crows – 'Colorblind' (piano cover): www (.) youtube (.) com/watch?v=7l0vXzs3v4E&feature=related]
Du piano.
Edward…
Me laissant porter, je marchai à pas lents et mesurés jusqu'à me retrouver devant la porte de la pièce d'où semblait s'échapper la musique.
Je ne voulais pas l'interrompre…. Aussi, je ne frappai pas et entrai directement, en essayant de me faire remarquer le moins possible.
C'était bien lui qui jouait.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la vision d'Edward assis derrière son piano, un air concentré et littéralement transporté par la mélodie qu'il jouait valait assurément le coup d'œil.
Il était juste magnifique.
Eblouie et captivée, je m'appuyai contre le chambranle de la porte et me concentrai sur les notes qui s'échappaient de l'instrument.
C'était une très belle mélodie, douce et légèrement mélancolique, qui ne ressemblait en rien à tout ce que j'avais pu entendre jusque là… et pourtant, elle trouvait un certain écho en moi. Comme si…
Comme si elle me parlait.
Comme si, quelque part au fond de moi, je connaissais cet air-là.
Comme si … ça me ressemblait.
C'était assez étrange comme sensation…
L'avait-il composée ? Parce que si c'était le cas, il avait un incroyable talent.
Un de plus…
Je souris doucement en remarquant à nouveau à quel point il était parfait.
Parfait pour moi…
Si seulement les choses étaient plus simples… Moi, je ne rêvais que de pouvoir l'embrasser quand bon me semblait, au vu et au su de tous. Que nous fassions des choses aussi simples que d'aller au cinéma, au théâtre, au restaurant ou même nous balader dans les rues de Seattle, main dans la main, sans avoir peur d'être découverts et dénoncés par qui que ce soit. Que nous jouions à des jeux idiots qui ne feraient rire que nous. Que nous prenions un bain plein de mousse ensemble. Que nous partagions chaque nuit. Qu'il me montre son chez lui. Que je lui apprenne à cuisiner. Que nous lisions un livre ensemble, au coin du feu. Qu'il me dise qu'il m'aime et qu'il me présente à sa famille comme celle avec qui il aimerait partager sa vie…
Wow Bella, redescends vite sur terre ! Plus tu rêves, plus la chute sera dure et tu le sais…Ce ne sont pas des choses que vous pouvez vous permettre étant donné la situation !
Ma petite voix intérieure avait raison. J'avais beau vouloir toutes ces choses plus fort que n'importe quelle autre chose dans ma vie, la situation était ce qu'elle était : Edward restait Edward Cullen, mon professeur, et moi, Bella Swan, je restais son élève.
Du moins, pendant quelques mois supplémentaires…
Cette réalisation me frappa soudain. Le séminaire animé par Edward, aussi passionnant soit-il, ne restait qu'une option de mon programme. Alors qu'est-ce qui m'empêchait, à la fin de cette année, de résilier mon inscription pour l'année suivante ?
Bon d'accord, j'avais encore quelques longs mois à tenir, sans parler du fait que ma résiliation allait poser pas mal de problèmes parce que je devrais trouver une nouvelle option sur laquelle j'aurais une année de retard dans le programme… Mais le jeu en valait la chandelle, non ?
Reportant les yeux sur Edward, dont les yeux étaient fermés et les lèvres s'étiraient en un sourire discret, je me dis que oui, cela en valait définitivement la peine.
Je l'aimais et j'étais prête à n'importe quoi pour lui s'il voulait bien de moi.
La question est de savoir si lui est prêt à faire des sacrifices pour toi.
S'il t'aime assez pour ça.
S'il t'aime, tout court.
Mon Dieu, je l'espérais. Je l'espérais tellement…
Fermant les yeux moi aussi, je réprimai un long frisson lorsque les notes qui s'élevaient de l'instrument semblèrent littéralement effleurer et réchauffer ma peau.
J'avais l'impression que, plus que la musique, c'était ses mains qui me caressaient…
La mélodie qu'il jouait prenait lentement une tournure plus sensuelle et un soupir d'aise s'échappa de mes lèvres alors que je me laissai un peu plus aller contre le chambranle de la porte, priant pour que cette mélodie délicieuse ne s'arrête jamais.
Mais au bout d'un moment, les dernières notes vinrent et Edward mit la touche finale à la composition. La note était légère, aérienne.
Comme dans ton rêve…
J'ouvris alors les yeux et me retrouvai face à son sourire en coin.
- « Quoi ? » fis-je, légèrement sur la défensive du fait de m'être fait prendre en train de rêvasser.
- « J'aime te voir dans mes vêtements »
Je baissai alors les yeux sur ma tenue.
- « Oh euh... Rose et Emmett étaient toujours occupés dans la chambre alors… hum, je te les ai empruntés. J'espère que ça ne te dérange pas trop… Je te les rendrai une fois que- » baragouinai-je piteusement.
- « Bella » m'interrompit-il en se levant avant de se diriger vers moi. « Ca ne me dérange absolument pas. En fait, je trouve que ces vêtements te vont beaucoup mieux qu'à moi »
Je rougis alors qu'il s'arrêtait à quelques centimètres de moi.
- « Mais, si tu le permets… »
Il amena sa main à mes cheveux et tira sur le nœud qui les retenait en l'air. Mes boucles brunes, encore mouillées, cascadèrent sur mes épaules et Edward sourit.
- « … je te préfère comme ça » souffla-t-il en remettant une mèche derrière mon oreille.
Je me mordis la lèvre et, incapable de soutenir son regard intense, baissai les yeux vers le motif de son t-shirt à l'effigie des Ramones. Y amenant l'index afin d'en tracer les contours, j'esquissai un nouveau sourire : j'avais le même t-shirt quelque part dans la chambre que je partageais avec Alice sur le campus.
Encore un point commun…
- « J'aime quand tu souris »
Je relevai les yeux vers lui, surprise. Agréablement surprise.
J'étais de plus en plus conquise par ces petites attentions qu'il avait envers moi. C'était comme s'il ne cherchait plus à cacher ce qu'il ressentait. Comme s'il ne s'acharnait plus à filtrer tout ce qu'il avait envie de me dire. Comme s'il acceptait de se dévoiler à moi…
Flattée, mais ne sachant pas quoi lui répondre, je me contentai de sourire un peu plus. Cela sembla le satisfaire puisqu'il me sourit aussi, complice.
La scène pouvait paraître légèrement niaise vue de l'extérieur mais moi, je trouvais ce moment délicieusement euphorisant et romantique. Enfin, jusqu'à ce que mon estomac se rappelle à mon bon souvenir…
- « On dirait que quelqu'un a faim » rigola-t-il
J'amenai mes mains à mon visage et grognai, mortifiée.
- « Allez viens, allons donner quelque chose à manger à cet estomac grognon » fit-il en posant sa main dans le bas de mon dos.
Alors que nous traversions les couloirs d'un pas tranquille, je ne pus m'empêcher de formuler à voix haute la question que je m'étais posée un peu plus tôt…
- « Edward, cette mélodie que tu as joué tout à l'heure, c'est toi qui l'a composée ? »
- « Oui. Ca t'a plu ? »
J'aurais pu jurer déceler une pointe d'appréhension dans sa voix.
- « Beaucoup ! Tu vas peut-être me prendre pour une folle mais j'ai l'impression que… que ça me parlait. C'est bizarre, je sais… »
- « Non, non Bella, ça n'a rien de bizarre. En fait… »
Il s'arrêta, ce qui me fit m'arrêter moi aussi. Nous n'étions plus qu'à quelques pas de la porte fermée de la cuisine à présent.
- « … si cet air te ressemble, c'est parce que c'est à toi que je pensais quand je l'ai composé »
Que… QUOI ?
- « Tu… tu veux dire que tu as composé cette chanson… p-pour moi ? » bégayai-je, abasourdie.
Il pencha la tête sur le côté, me jaugeant.
- « Oui » répondit-il simplement.
Mes yeux devaient ressembler à deux soleils. Enormes et chauds et brillants et…
Pfiou.
D'abord il rêvait de moi… Ensuite il me composait une chanson…
Bordel, étais-je en train de rêver ?
Si c'est le cas, prie pour ne jamais te réveiller !
- « Ca m'est venu cette nuit, pendant que tu dormais. Je n'ai pas pu me sortir la mélodie de la tête alors… »
D'un coup, je sentis les larmes me monter aux yeux.
- « Bella, tu vas bien ? » paniqua-t-il.
- « Oui, je… »
Ma voix ressemblait à celle d'un fennec mort de soif en plein Sahara.
Alors, plutôt que de parler, j'entourai rapidement sa taille de mes bras et enfouis mon visage contre son torse.
- « Merci » soufflai-je, incapable de dire autre chose.
Surpris, il resta immobile durant quelques secondes, avant d'amener ses bras autour de moi lui aussi et de me serrer maladroitement contre lui.
- « C'est moi qui te remercie. Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus rien composé… » chuchota-t-il avant d'apposer un baiser sur mon front.
J'étais si bien, là, au creux de ses bras que j'en soupirai d'aise.
- « Viens, les autres nous attendent » finit-il par dire en se détachant de moi.
Il essuya mes joues de ses doigts avant de m'offrir un sourire rempli d'excuses et nous pénétrâmes l'un à la suite de l'autre dans la cuisine, prêts à jouer à nouveau la comédie du professeur et de l'élève.
Alice était littéralement affalée sur un tabouret haut, le nez dans une tasse de café fumant, tandis que Jasper se tenait derrière elle et lui massait les épaules.
Une fois n'est pas coutume, Alice Cullen n'avait pas l'air en forme.
Mais alors là, pas du tout.
Elle ne se donna même pas la peine de critiquer ma tenue, c'est tout dire !
- « Ca va p'tite sœur ? T'as pas franchement l'air dans ton assiette… » interrogea Edward, concerné, faisant écho à ma réflexion.
Alice marmonna une phrase incompréhensible de laquelle je perçus les mots « Margarita », « Plus » et « Jamais ».
Ah, les ravages de l'alcool…
Tu sais ce que c'est toi, hein ? Mademoiselle « Je-me-déshabille-devant-le-premier-venu-quand-je-bois-un-peu-trop-de-tequila » !
Chassant ce souvenir indésirable, je me dirigeai vers le comptoir afin de me servir une tasse de café moi aussi.
- « Elle a un peu trop bu et a été malade toute la nuit » expliqua mon frère.
- « J'aurais dégobillé deux fois moins si Emmett et Rosalie n'avaient pas hurlé comme des animaux toute la nuit ! » maugréa la concernée. « Quelle idée de les mettre ensemble ces deux-là, non mais j'te jure… »
Puis, comme si elle avait été piquée, elle se redressa comme un « i » sur sa chaise en posant le regard sur moi.
- « Mais, j'y pense ! Où est-ce que tu as dormi, toi, si ces deux sauvages ont pris d'assaut la chambre des mes parents ? »
Hum… c'était une bonne question ça !
Qu'est-ce que j'étais censée dire ?
T'aurais pu y réfléchir avant quand même ! T'as vraiment le don pour te fourrer dans des situations embarrassantes…
- « Euh, en fait, j'ai… »
- « Je lui ai laissé mon lit. La pauvre était exténuée… J'ai dormi dans la méridienne » intervint Edward.
Sauvée !
Enfin, presque, si on omettait le drôle de regard dont mon frère dardait Edward.
- « Tu lui as aussi prêté des fringues à ce que je vois… » commenta Alice
- « Rose a refusé de me laisser entrer dans notre chambre et ma valise est là-bas, donc… » tentai-je d'expliquer.
- « Tu aurais dû venir me le dire ! Je t'aurais prêté quelque chose parce que là… »
Je ne savais pas si je devais me réjouir ou non du fait que le café sorte enfin ma colocataire de sa gueule de bois.
En tout cas, elle semblait aller mieux.
- « Chérie, Bella ira se changer dès que Rose et Emmett se décideront à sortir de cette chambre. N'est-ce pas Bella ? »
Le regard de mon frère ne me disait rien qui vaille.
Il va pas commencer à avoir des soupçons lui aussi, merde !
- « Euh… oui oui ».
Jasper, je t'aime mais occupe-toi plutôt de tes fesses.
- « Eh ben j'espère qu'ils feront vite parce que là, la tenue de ta sœur commence à me faire mal aux yeux »
Ouais, elle allait définitivement mieux.
Des bruits de pas irréguliers se firent entendre de l'autre côté de la porte et bientôt, Emmett et Rosalie, leurs visages semblant littéralement soudés l'un à l'autre, firent leur apparition dans la cuisine.
- « Quand on parle du loup » murmura Jasper.
- « Bordel, ça vous ennuierait de vous décoller deux secondes, bande de dégoûtants ? Ca m'épargnerait de nouvelles nausées » grogna Alice.
Le majeur d'Emmett sortit de l'enchevêtrement de leurs corps et vint de poser juste en face du visage rubicond de ma colocataire.
Et quand, enfin, ils se décidèrent à se décoller l'un de l'autre, cela se fit dans un « Poc ! » sonore qui me fit penser au son que produit une ventouse lorsqu'on la décolle des wc.
Frais, poétique et romantique à souhait…
- « Salut tout le monde. Bien dormi ? » roucoula Rosalie.
Elle était rayonnante.
- « Est-ce que j'ai la tête de quelqu'un qui a bien dormi ? » râla Alice.
- « Tu as plutôt la tête de quelqu'un qui va bientôt dégainer son flingue » constata Emmett.
- « C'est plus ou moins ça, ouais » grinca-t-elle.
Mais sa mauvaise humeur ne sembla pas affecter nos deux tourtereaux.
- « Bella, qu'est-ce que c'est que cette tenue ? » s'horrifia soudain Rosalie.
Décidemment, quand je disais que ce n'était pas ma journée…
Ouais bon, arrête de râler ! Ce matin, tu as découvert que l'homme que tu aimes rêve de toi et qu'il t'écrit des chansons ! Y'a pire comme journée, non ?
- « C'est ce que j'ai pu faire de mieux étant donné que tu n'as pas daigné me filer mes fringues ce matin puisque tu étais soi-disant tellement occupée »
Elle rougit jusqu'aux oreilles, ce qui attira l'attention d'Emmett.
- « Tu es venue dans la chambre ce matin Swanniche? J'ai rien entendu… »
Swanniche? Qu'est-ce que c'est que ce surnom débile ?
Je n'eus même pas le temps de répondre à sa question que Rose bondit de son tabouret pour lui murmurer quelque chose à l'oreille qui le fit éclater de rire, ce qui la fit rougir encore plus.
- « Pas étonnant que je n'aie rien entendu » souffla-t-il, séducteur, en pinçant gentiment les fesses de mon amie qui s'empressa de lui flanquer une claque derrière la tête.
- « Pourquoi ça ? » interrogea Alice. « Non, oublie ma question. Je ne veux pas le savoir… »
Nous non plus, on ne voulait pas le savoir mais apparemment, Emmett, lui, avait très envie de nous raconter.
- « Puisque tu poses la question, chère cousine, la raison pour laquelle Rose n'a pas pu donner ses vêtements à Bella est qu'elle était en train de me réveiller d'une certaine manière, en s'occupant d'une certaine partie de mon anatomie. Une GROSSE partie, même » rigola-t-il avant de se prendre une nouvelle claque.
Oh !
Oh…
Décidemment, les Cullen mâles étaient très portés sur ce type de pratique, on dirait…
- « Une chose est sûre, si c'est une grosse partie, ça ne doit pas être ton cerveau, hin hin hin » ricana Alice.
- « La ferme, microbe ! »
Rosalie, elle, avait le visage dans les mains, visiblement très gênée.
Y'a de quoi en même temps !
- « Bon, sans vouloir jouer les rabats-joie qui ne s'intéresse pas à votre vie sexuelle trépidante, faudrait peut-être plus trop traîner si on veut rentrer à Seattle avant la tombée de la nuit. D'autant plus qu'une tempête se prépare… » intervint Jasper.
- « Une tempête ? » interrogeai-je.
- « Ouais, ils en ont parlé aux infos ce matin. Ca va être un beau bordel alors vaut mieux prendre la route rapidement »
Après avoir terminé notre café, nous nous mîmes tous en route vers nos chambres afin de ranger un peu et de récupérer nos affaires. Ensuite, pendant que les garçons s'occupaient de ranger le reste de la maison et de vérifier que portes et fenêtres étaient bien fermées, Alice, Rose et moi préparâmes quelques sandwiches pour la route.
C'est ainsi qu'à peine une heure plus tard, nous étions tous en train de charger les voitures. Alice grimpa dans la voiture de Jasper alors qu'Emmett et Rosalie s'installèrent à l'arrière de la Volvo d'Edward, tandis que je prenais place à l'avant.
- « Vous avez tous votre ceinture ? » demanda Edward en mettant le contact.
Je couinai un oui tout en observant goulûment les muscles de ses bras se contracter lorsqu'il enclencha la première vitesse.
Punaise, même cette partie de son corps est sexy !
Emmett et Rose, eux, ne daignèrent même pas répondre, trop occupée à se lécher les amygdales.
- « Alors, c'est parti… »
Et nous démarrâmes en trombe, laissant derrière nous la maison des Cullen, la tête remplie de souvenirs d'un week-end riche en émotions, tandis qu'au-dessus de nous, l'orage grondait déjà…
- « J'arrive pas à croire que ces deux-là soient enfin ensemble… »
Du pas de la porte de notre chambre, Alice et moi observions Rose et Emmett, hilares, courir dans le couloir pour rejoindre celle de ma meilleure amie, main dans la main.
- « Rose commençait à désespérer… Il fallait bien que je fasse quelque chose ! » rigolai-je avant de fermer la porte et de m'affaler sur mon lit.
Dieu, que ça faisait du bien après toute cette route ! Le temps s'étant considérablement dégradé, nous avions mis deux fois plus de temps à rentrer à Seattle.
Bon, je n'allais pas dire qu'observer discrètement Edward conduire durant tout ce temps m'avait déplu… mais tout de même ! J'avais le dos en compote…
- « C'était vraiment un chouette week-end en tout cas… Ca m'a fait plaisir que vous veniez tous ! » sourit ma colocataire en commençant à vider sa valise.
- « J'ai trouvé ça vraiment cool moi aussi. A refaire ! »
- « D'office ! »
Elle continua à ranger ses affaires tandis que je fermai les yeux, me concentrant sur le bruit de la pluie.
- « Ca ne va pas trop être bizarre entre mon frère et toi demain ? » finit-elle par demander après plusieurs minutes de silence.
Instinctivement, je me tendis.
- « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
- « Ben, t'as passé le week-end entier avec lui. Vous avez même dormi dans la même chambre ! J'veux dire, vous êtes un peu des potes maintenant donc ça risque d'être un peu étrange de retourner à la relation prof / élève, non ? »
Si tu savais qu'on avait justement joué cette comédie de la relation prof / élève devant vous tout le week-end, Alice…
- « J'admets que ça risque d'être un peu bizarre, oui » fis-je, prudente quant au choix de mes mots. « Mais bon, ça reste surmontable ! Et puis, je ne suis pas sûre qu'on soit vraiment 'amis' lui et moi… »
On est beaucoup plus que ça…pensai-je.
- « … on s'entend bien, c'est tout. » finis-je, espérant de tout cœur être crédible.
Alice me contempla, silencieuse, avant de secouer la tête et de lâcher un petit rire.
- « Qu'est-ce qui te fait rire comme ça ? »
- « Rien de bien important… » dit-elle en repliant un t-shirt.
Je me relevai en position assise, intriguée.
- « Si allez, dis-moi ! »
Elle souffla et s'assit sur son lit, elle aussi.
- « Tu te souviens de ton premier jour ici, quand je t'aidais à ranger tes livres ? Je t'ai dit que tu t'entendrais merveilleusement bien avec mon frère, parce qu'il était un incurable romantique, comme toi… »
J'acquiesçai, rougissante. Alice avait été très intuitive sur ce coup…
- « S'il n'avait pas été ton prof, j'aurais tout fait pour vous mettre ensemble. Je vous trouve merveilleusement bien assortis, tous les deux »
Mon rougissement redoubla et je m'empressai de le cacher à l'aide de mes cheveux. Je m'en voulais tellement de lui cacher le secret qui faisait battre mon cœur si fort depuis quelques semaines…
- « J'y ai même cru tout un moment, quand tu m'as avoué qu'il te plaisait et que tu lui as écrit cette incroyable nouvelle érotique » ricana-t-elle de bon cœur. « Je me disais qu'il craquerait forcément pour toi, tôt ou tard, lui aussi… »
Je me raclai la gorge, mal à l'aise.
- « Alice… »
Mais je ne savais pas quoi lui dire.
- « Et puis, tu as fini par rencontrer Démétri et Edward n'arrête pas de parler de cette mystérieuse fille pour qui il craque complètement » continua-t-elle sans prendre en compte ma tentative d'interruption. « Avec le recul, je me dis que c'est sûrement mieux comme ça… Une histoire entre vous deux, dans l'état actuel des choses, ça aurait forcément mal fini. J'veux dire… Peut-on faire plus compliqué que ça ? »
Mon amie avait beau avoir raison, ce qu'elle venait de me dire me flanqua un coup au cœur. Même elle, qui était pourtant une éternelle optimiste, n'imaginait pas une relation entre son frère et moi possible.
Et comment ne pas être du même avis ? Il ne fallait pas être un savant pour deviner que nous risquions tout les deux très gros dans cette histoire… Car si jamais cela venait à se savoir, Edward pourrait perdre son poste de professeur et moi, je pourrais être renvoyée de l'université et même perdre les chances d'obtenir une quelconque bourse ailleurs…
Alors oui, à première vue, une relation entre nous semblait impossible.
Seulement voilà, je l'aimais.
Si nous voulions vivre notre histoire au grand jour sans courir le moindre risque pour la carrière d'Edward ou pour le reste de ma carrière d'étudiante, nous avions encore neuf mois à tenir.
Neuf longs mois.
De mon côté, j'étais sûre de pouvoir tenir. Mais était-ce son cas à lui ?
Combien de temps allait-il supporter de jouer la comédie du prof et de l'élève ?
Ne finirait-il pas par se lasser de tout ça ? Par se lasser de moi ?
Par rencontrer quelqu'un d'autre ? Quelqu'un qu'il pourrait aimer au grand jour ?
Quelqu'un qui lui ferait oublier jusqu'à mon existence ?
Oui, il y aurait forcément un moment où il finirait par se dire que tout ça ne valait pas le coup…Que je ne valais pas le coup.
- « Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de trouver ça dommage. Parce que ça aurait vraiment été génial de t'avoir comme belle-sœur ! Tu imagines ? Rose et Emmett, Jazz et moi, toi et Edward… » continua-t-elle à divaguer, rêveuse. « Ouais, c'est vraiment dommage »
Ca pour l'imaginer, je ne l'imaginais que trop bien !
Mais malheureusement, je ne pouvais pas me permettre de prendre mes désirs pour des réalités. Car la réalité était là : Edward et moi ne pouvions être ensemble. Du moins, pas au grand jour. Pas maintenant.
Trop de choses étaient contre nous. Trop de risques étaient encourus…
Nous jouions clairement avec le feu.
Je déglutis péniblement, faisant un effort considérable pour continuer cette conversation.
- « Alice, même si ton frère et moi sommes juste amis, on peut toujours être belles-sœurs toi et moi, tu sais ? Mon frère est fou de toi et je suis persuadée que c'est parti pour durer entre vous. Pourquoi pas jusqu'au mariage ? »
Aborder le sujet de sa relation avec Jasper avait beau être une ruse pour la distraire de ses pensées romantico-romantiques à propos d'Edward et moi, je pensais chaque mot prononcé.
Jasper et Alice n'étaient pas un couple comme les autres. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Ils s'adoraient, littéralement. Et ce, depuis le premier regard.
Dieu, je les enviais.
Je les enviais tellement…
- « Il est mon âme sœur » affirma-t-elle avec une conviction qui me serra la gorge.
- « Oui, il l'est »
Elle me fit un sourire éblouissant auquel je répondis du mieux que je pus, tentant d'ignorer la boule qui obstruait ma gorge.
- « D'ailleurs, est-ce que ça te dérange si je te laisse seule ici cette nuit ? J'ai un peu peur de l'orage et Jazz m'a proposé de dormir avec lui… »
Pour le coup, cette excuse vieille comme le monde eut le don de me distraire de mes pensées moroses.
- « Peur de l'orage hum ? » répétai-je, clairement amusée.
Elle leva les yeux au ciel avant d'éclater de rire.
- « Bon okay, j'avoue que j'me suis pas trop foulée pour cette excuse bidon… »
- « Je te l'accorde, c'est assez minable ! » ris-je.
Pour toute réponse, elle me lança son oreiller au visage. Oreiller que je tentai de lui renvoyer en pleine poire, moi aussi, mais qui échoua lamentablement à plusieurs mètres de son objectif.
Seigneur, pour le bien de l'humanité, ne mettez jamais une arme entre mes mains !
- « Bon alors, ça te dérange ou pas que je ne passe pas la nuit ici ? »
- « Tu sais ben que non enfin ! J'ai passé l'âge de flipper pendant un orage, MOI. »
- « T'es sûre ? » fit-elle en se mordant la lèvre.
- « Mais oui, t'inquiète pas pour moi… Démétri devrait arriver d'une minute à l'autre en plus donc tu vois ? T'as aucune raison de t'en faire… »
Démétri m'avait en effet envoyé un sms un peu plus tôt, m'informant qu'il passerait me voir aussitôt qu'il aurait récupéré une bonne douzaine de sushis chez notre traiteur nippon préféré. Et il avait été clair : il voulait que je lui raconte mon week-end chez les Cullen dans les moindres détails. « Couleur du slip comprise », c'était ses mots.
Tout un programme…
- « Oh… »
Le visage d'Alice devint subitement sombre à la mention de mon ami.
- « Je ferais mieux de vous laisser alors » poursuivit-elle en se levant et en balançant pêle-mêle vêtements et accessoires dans un nouveau sac qu'elle ferma hâtivement.
On aurait dit qu'elle tenait absolument à éviter Démétri.
Et son comportement étrange n'était pas sans rappeler celui qu'elle avait eu juste avant notre départ en week-end.
Etait-ce à cause de lui qu'elle avait été dans cet état ?
Il fallait absolument que j'en parle au premier concerné très rapidement…
- « Hey, y'a pas le feu Alice ! Tu peux être ici quand il arrivera tu sais, on ne compte pas se sauter dessus tout de suite… »
Mais ma remarque ne sembla pas la dérider le moins du monde. Au contraire, ça la fit mettre les bouchées doubles.
- « Ton frère m'attend. Faut que j'y aille… » fit-elle en jetant son petit sac sur son épaule.
Un si petit sac alors qu'elle découchait ? Ce n'était définitivement pas normal…
- « T'es sûre que ça va Lili ? Tu m'inquiètes un peu » interrogeai-je au moment où elle empoignait la poignée de porte.
Elle s'immobilisa durant de longues secondes et prit une profonde inspiration avant de me faire face à nouveau. Son visage exprimait un mélange d'anxiété, de crainte et de tristesse. Merde, qu'est-ce qui avait bien pu se passer ?
- « Je vais bien, ne t'en fais pas. Est-ce que tu penses… qu'on pourrait… hum… déjeuner ensemble demain ? Juste toi et moi ? Il faut que je te parle de quelque chose. Quelque chose d'important… »
Okay, là, elle me faisait carrément flipper.
- « Euh… Bien sûr. Je t'attends à midi, même endroit que d'habitude ? »
- « Non, pas là ! Rejoins-moi plutôt au Dillinger. C'est plus tranquille… »
- « Bien, comme tu veux… Mais s'il te plaît, rassure-moi, ce dont tu dois me parler… C'est rien de grave, j'espère ? »
Elle me fit un sourire qui ressembla plutôt à une grimace.
- « On parlera de ça demain, okay ? Je file. Bonne nuit Bell's »
- « Bonne nuit… »
Elle claqua la porte avant même que j'ai eu terminé ma phrase.
- « … Alice »
Quelque chose clochait…
Il me tardait d'être à demain pour savoir ce qu'elle tenait à me confier. Mon instinct me criait que ça ne disait rien qui vaille.
- « Tu n'as pas été assez convaincante, voilà tout ! » conclut Demetri en trempant un sushi dans la sauce au soja, après que j'eus terminé de lui raconter mon week-end chez les Cullen.
Et compte tenu de la liste de questions qu'il avait littéralement préparée, l'interrogatoire avait duré pratiquement une heure. Une heure durant laquelle j'avais eu l'impression de me retrouver en face d'un putain d'agent du FBI.
Légèrement éméché.
« Agent Spécial Volturi, du département « Sexe, plans foireux et autres magouilles », FBI, j'écoute ? Déclinez votre identité ! »
- « Tu n'y croyais pas assez ! » ajouta-t-il en agitant ses baguettes devant mon visage d'un air sévère.
Réprimant un énième bâillement, je roulais exagérément des yeux et piochai un sushi à mon tour.
- « Ca n'a rien à voir avec ma motivation ! Crois-moi, j'ai fait tout ce que j'ai pu mais Edward est plus têtu qu'une mule » me justifiai-je en plongeant mollement le morceau de riz dans la sauce brunâtre. « Plus têtu que moi, même, c'est dire ! »
Sur ce, j'enfournai la précieuse mixture en gémissant à la fois de frustration et de plaisir.
Merde, je pourrais manger des tonnes de ce truc…
Ouais, et finir par ressembler à un sushi géant !
« Sushinatooor », bientôt dans les salles!
Ouille, je commençais sérieusement à fatiguer…
- « Je suppose que je devrais me faire à l'idée qu'Edward et moi ne coucherons pas ensemble avant un très long moment »
Demetri ricana tout en se resservant un verre de Saké.
- « Tu trouves ça drôle, toi ? »
- « Bella, tu devrais penser à lui offrir une boîte de tampons et son premier soutien-gorge prochainement, tu sais ? Je crois que notre Edward est en train de devenir une jeune femme »
Il avala le verre d'un trait en grimaçant… avant de s'en resservir un nouveau.
J'en connais un qui se réveillera avec un bon mal de tête demain matin ! me dis-je en observant la bouteille à moitié vide qui trônait sur ma table de nuit.
- « La ferme ! » grognai-je en tentant d'occulter l'image mentale d'Edward portant un push-up en dentelle.
Hum, j'avais effectivement vraiment besoin d'une bonne nuit de sommeil !
- « 'Je ne suis pas prêt à faire l'amour avec toi, ma Bella' » imita-t-il piteusement avant de se remettre à ricaner bêtement.
Tellement bêtement que je décidai de le frapper avec mes baguettes pour le faire taire.
- « Aieuh ! Non mais c'est qu'elle devient violente en plus ! » gémit-il en lançant ses bras devant lui dans le but de se protéger de mes attaques sanguinaires. « J'ai traversé toute la ville sous une abominable tempête pour aller te chercher tes sushis préférés et le meilleur Saké de tout Seattle et voilà comment tu me remercies ? Les femmes, toutes des ingrates ! »
Un éclair déchira le ciel dans un bruit assourdissant, comme pour confirmer ses dires.
- « Tu vois ? » s'écria-t-il la bouche pleine de poisson cru et les yeux écarquillés, en désignant ma fenêtre avec agitation. « J'aurais pu crever, merde ! »
Je jetai un coup d'œil dehors et soufflai d'exaspération.
Foutue tempête !
Depuis que nous avions quitté la maison des Cullen plus tôt dans l'après-midi, la pluie ne s'était toujours pas arrêtée de tomber et l'orage ne cessait de revenir par rounds, gagnant toujours plus en puissance.
- « Arrête un peu de te foutre d'Edward et j'arrêterai de te violenter, espèce de mauviette ! » râlai-je. « Il n'est pas prêt à passer le cap, et alors ? Il en a le droit, même si c'est un mec ! »
Mon ami me retira les baguettes des mains et me pris dans ses bras par-dessus le plateau de sushis. Mais avec une demi-bouteille de Saké dans la tronche, son équilibre dangereusement précaire nous fit tomber comme deux flans sur le matelas, dans les bras l'un de l'autre.
- « Mais je plaisaaaante Bell's ! » rit-il en me serrant contre lui. « Bien sûr qu'il en a le droit. D'ailleurs, le fait qu'il veuille prendre son temps avec toi prouve qu'il tient à toi »
Je soupirai d'aise en me laissant aller à cette étreinte, contente d'entendre ces mots rassurants que je ne cessais de me répéter.
J'étais si fatiguée, si bien…J'aurais pu m'endormir, là, dans les bras de mon ami.
Il sent bon…Un mélange de patchouli et de cèdre.
Et de Saké, bien évidemment.
- « Ca vaut tout le sexe du monde, crois-moi… »
Le ton légèrement mélancolique sur lequel il prononça cette dernière phrase me tira de ma quasi-léthargie.
Il semblait… triste. Et c'était suffisamment rare que pour que ça retienne toute mon attention.
- « Dem, tu vas bien ? » interrogeai-je en me dégageant de ses bras pour le regarder dans les yeux.
Yeux qu'il détourna, gêné.
- « Hum ouais… »
- « Menteur ! »
Il soupira et se passa une main sur le visage avant d'oser affronter mon regard.
- « Ecoute, j'ai vraiment pas envie de parler de ça maintenant, d'accord ? » trancha-t-il en se remettant en position assise.
Non, pas d'accord ! Pas d'accord du tout même !
- « Est-ce c'est à propos du gars dont tu m'as parlé il y a quelques temps ? »
Il leva les yeux au ciel, exaspéré.
- « Putain Bella, qu'est ce que tu ne comprends pas dans la phrase 'J'ai vraiment pas envie de parler de ça maintenant' ? » rugit-il subitement.
Demetri triste ET énervé pour de vrai ?
Quelque chose clochait vraiment.
Et mon petit doigt me disait que j'avais visé juste en imaginant que le problème concernait ce fameux inconnu...
- « Excuse-moi. C'est juste que j'ai pas l'habitude de te voir comme ça et ça m'inquiète, c'est tout »
Il soupira une nouvelle fois et replaça une mèche folle derrière mon oreille.
- « T'inquiètes pas pour moi, ma belle. Ca ira. Et puis, t'as déjà bien assez à faire avec Monsieur 'J'ai-une-tente-permanente-qui-déforme-mon-pantalon-quand-je-te-vois-mais-faut-croire-que-je-suis-un-peu-maso-parce-que-je-ne-fais-rien-pour-y-remédier' Cullen » sourit-il.
Malgré mon inquiétude et le fait que j'étais bien consciente qu'il s'agissait là d'une habile manoeuvre de sa part pour détourner la conversation, un rire franc franchit involontairement mes lèvres à l'entente du nouveau surnom dont il avait affublé ce pauvre Edward.
- « S'il t'entendait ! Mettre en doute sa virilité et puis t'attaquer à son pauvre entrejambe sans défense… »
- « Oh crois-moi, si je devais attaquer son entrejambe, ce n'est pas du tout de cette façon que je m'y prendrais » fit-il en remuant suggestivement les sourcils avant d'attraper un sushi dans lequel il mordit à pleines dents, un sourire vicieux collé aux lèvres.
Euuurk…
- « Demetri Volturi, vous êtes prié d'arrêter immédiatement de fantasmer sur mon… mon… »
Je m'interrompis, incapable de me décider sur le mot à choisir.
Comment pouvais-je qualifier Edward ?
Il n'était pas vraiment mon petit ami… mais était plus qu'un ami. Plus que mon professeur. Plus qu'un simple flirt. Mais pas non plus mon amant…
ARGH !
- « … enfin sur Edward » finis-je, rougissante, en me remettant en position assise moi aussi.
Demetri referma la boîte - désormais vide – qui contenait notre repas et déposa le plateau sur le sol, au pied de mon lit alors que je bâillai disgracieusement une nouvelle fois, décidemment épuisée.
Vivement que je me blottisse sous les draps…
Bon, pour ma défense, il fallait bien dire que ce week-end n'avait pas été de tout repos, physiquement et émotionnellement parlant. Entre le caractère survolté d'Alice, le jeu épuisant du chat et de la souris de Rose et Emmett et les provocations incessantes d'Edward…
Aaaaah, Edwaaaard…
- « Dommage » soupira-t-il exagérément en se laissant une nouvelle fois retomber sur mon matelas. « J'en aurais bien fait mon dessert ! »
Ce mec était taré. Et en plus, il parvenait à passer d'une humeur à une autre en un claquement de doigts. Ca me donnait le tournis…
- « T'es pas croyable » ris-je.
Il sourit d'un sourire qui atteint ses yeux cette fois.
- « Moui… Mais c'est pour ça que tu m'adores ! »
- « Si tu le dis ! »
Il se contenta de me sourire doucement, ses bras savamment musclés croisés derrière la tête.
Il est quand même canon, faut dire ce qui est !
Dehors, la pluie s'était mise à tomber plus fort, claquant littéralement contre la vitre de ma chambre, tandis que la nuit récemment tombée faisait paraître les éclairs qui déchiraient le ciel plus lumineux encore. Fascinée, je m'approchai de la fenêtre et observai le campus désert.
Edward devait être chez lui, à l'heure qu'il était. Peut-être était-il assis devant la cheminée, à lire un bon bouquin en sirotant une bière ?
Ou peut-être est-il dans son lit, à moitié nu, en train de penser à toi ?
Je réprimai un frisson d'excitation à cette pensée…
- « Bon, je ferais mieux d'y aller avant que cette foutue tempête n'emporte ce bâtiment dans une tornade infernale ! » fit soudainement Demetri en se levant, me faisant tourner la tête vers lui.
Il s'étira paresseusement et son t-shirt moulant remonta un peu sur son ventre, révélant une délicieuse et insoupçonnée tablette de chocolat à mes yeux affamés.
Définitivement canon…
- « Swan, arrête de me mater, tu veux ? Je sais que tu es en manque de sexe mais tout de même, contrôle-toi ! »
Il avait beau me dire ça pour me taquiner, je rougis comme une collégienne.
- « Je ne te mate pas ! Je pensais juste à ma prochaine liste de courses en regardant dans le vide et tu… »
- « C'est ça, à d'autres ! » m'interrompit-il, moqueur.
- « Arrête de te prendre pour le nombril du monde ! Tu ne me fais aucun effet ! »
- « Ah non ? »
Sur ce, il agrippa la couture de son t-shirt et le fit lentement remonter sur son corps.
Roooh !
- « Et là ? »
J'avais envie de lui arracher son petit sourire suffisant…
… et son pantalon ?
Putain, voilà que je me mettais à fantasmer sur mon meilleur ami gay !
Il était vraiment temps qu'il dégage d'ici et que je pense à dormir…
- « T'étais pas censé rentrer chez toi ? » râlai-je impatiemment.
Il avança vers moi d'une démarche nonchalante.
- « Tu ne préfères pas que reste plutôt ? »
Je l'observais se rapprocher moi, silencieuse et légèrement déstabilisée par son ton et son regard de prédateur.
- « Que je te tienne chaud cette nuit en faisant tout ce qu'Edward refuse de te faire ? » continua-t-il d'une voix suave qui me fit frissonner malgré moi.
Hein ? Il plaisante là ?
- « Dem, t'es complètement bourré, arrête ça ! » rigolai-je alors qu'il s'approchait encore.
- « Et si je n'ai pas envie d'arrêter ? »
Il réduisit d'un dernier pas l'espace entre nous, me coinçant étroitement entre son corps et la fenêtre. J'en perdis mon sourire.
- « Même pas en rêve ! »
Il pencha la tête sur d'un côté, me jaugeant avec un sérieux qui me déstabilisa.
- « Tu en es sûre ? J'ai déjà couché avec des femmes, tu sais. Beaucoup de femmes. Et elles en redemandaient. Toujours. »
Bonté divine !
Je déglutis difficilement.
- « Tu te fous de moi là ? »
- « Non. Alors, tentée ? »
- « Tu es gay »
Un sourire paresseux étira ses lèvres et ses yeux légèrement vitreux devinrent de minces fentes.
- « Et alors ? Ca ne m'empêche pas d'avoir envie de coucher avec une fille de temps en temps. Histoire de me remémorer le bon vieux temps »
Je n'en croyais pas mes oreilles…
- « J'ai envie de baiser Bella. Ce soir. Maintenant. »
Putain de bordel de merde !
Qu'est-ce qui était en train de se passer là, au juste ?
Dans quel merdier m'étais-je encore fourrée ?
Et pourquoi le mot « baiser » sonnait aussi délicieusement bien dans la bouche de mon ami ?
Parce que t'es tellement frustrée à cause d'Edward que tu es en train d'atteindre ton point de rupture, voilà pourquoi !
- « Mmmh… Tu veux peut-être vérifier la marchandise d'abord, c'est ça ? » suggéra-t-il en portant une main à la braguette de son jean.
Suivant le mouvement de sa main des yeux, je fus consternée de voir l'énorme bosse qui déformait son pantalon.
Il ne plaisante pas en plus, le bougre !
- « Non mais t'es malade ! Arrête ça ! » m'écriai-je en avançant ma main vers la sienne dans le but de l'empêcher d'aller plus loin.
Main qu'il intercepta, ainsi que la deuxième avant de les plaquer toutes deux contre la fenêtre, au dessus de ma tête.
- « Mmmh… J'aime te voir ainsi. » murmura-t-il, appréciateur, tandis qu'un nouvel éclair retentit bruyamment.
- « Lâche-moi bordel ! C'est quoi ton problème ? » pestai-je en me débattant.
Mais sa poigne était aussi ferme que ses pectoraux.
- « Mon problème se situe un peu plus bas, si tu vois ce que je veux dire… »
Il plaqua alors son bassin enflé contre le mien.
- « Et c'est un très gros problème, comme tu peux le voir… »
Un très très gros problème, ouais !
Focus, Bell's !
- « Dem, je ne sais pas à quoi tu joues mais ce n'est définitivement pas drôle alors lâche-moi s'il te plaît ! »
Mais il ne m'écoutait pas. Non.
Il préférait apparemment frotter son bassin contre le mien.
Et autant cela me mettait en colère et mal à l'aise d'être ainsi à sa merci… autant cela m'émoustillait. Franchement.
Je suis en train de devenir dingue ! Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
J'émis un gémissement involontaire et ce son n'échappa pas à mon ami, dont le sourire en dit long sur le contentement.
- « Quelqu'un est excité, on dirait… »
Ca me faisait mal de l'admettre mais il avait raison.
Dieu, j'avais tellement besoin de soulagement…
- « As-tu envie de baiser, Bella ? » souffla-t-il dans mon oreille, me faisant grogner.
J'haletai, tentant de trouver l'oxygène qui semblait tout à coup avoir déserté l'air de cette pièce.
- « Avoue que je ne te laisse pas indifférente ! Que je t'excite, allez ! »
J'explosai.
- « BON D'ACCORD : JE SUIS EXCITEE, OKAY ? JE SUIS TELLEMENT FRUSTREE QUE J'EN ARRIVE A FANTASMER SUR MON MEILLEUR AMI GAY ET FOUTREMENT SEXY QUI PREND UN MALIN PLAISIR A SE FROTTER CONTRE MOI ET CA ME REND COMPLETEMENT FOLLE ! T'ES CONTENT ? »
Il me contempla durant de longues secondes, la mine indéchiffrable, avant de faire deux pas en arrière, me libérant soudainement de sa poigne.
- « Très… » sourit-il alors.
Il se pencha sur mon lit pour récupérer sa veste et sa besace, qu'il enfila sans un regard pour moi.
- « Q-qu'est-ce que tu fais ? » bégayai-je, tremblante et encore rouge de fureur et de… désir ?
- « Je rentre chez moi »
C'était ma journée ou quoi ? Edward m'avait fait le même coup quelques heures auparavant et maintenant lui ?
Foutus hommes !
- « Tu plaisantes ! »
- « Non. Tu soutenais bec et ongle que je ne te faisais aucun effet et je viens de te démontrer par A + B que tu n'étais qu'une horrible menteuse. J'ai eu ce que je voulais, alors j'te laisse ! »
Oh le con ! Le CON !
- « Espèce de sale… »
- « … moi aussi je t'aime Swan ! » m'interrompit-il, hilare, en me faisant un clin d'œil. « Mais là, tu ferais mieux d'aller prendre une douche bien froide, si tu veux mon avis ! » ajouta-t-il en ouvrant la porte de la chambre.
Furieuse de m'être faite avoir de la sorte, j'attrapai vivement mon oreiller et le jetai dans sa direction en hurlant un chapelet d'insanités plus grossières les unes que les autres. Ce dernier alla lamentablement s'écraser contre la porte fermée tandis que les ricanements hystériques de mon soi-disant meilleur ami résonnaient dans le couloir.
Enflure !
Moi qui, quelques minutes auparavant, ne rêvait que de me glisser sous la couette… Pour le coup, j'étais on ne peut plus réveillée ! Comment allais-je pouvoir trouver le sommeil dans un état psychologique et physique pareil ?
Et puis, je n'en revenais pas des talents d'acteurs de mon ami. Ce mec était sacrément doué…
Il pourrait devenir une putain de vedette de cinéma ! songeai-je en allant allumer la petite radio à piles qui trônait sur ma table de nuit. Cette chambre était un vrai foutoir alors, quitte à ranger, autant le faire en musique ! Ma compilation fétiche du moment, baptisée « Plaisirs coupables » - nous avions tous une, inutile de ricaner ! - démarra et je fus prise d'une irrésistible envie de danser lorsque la piste numéro un démarra.
[Playlist: INXS – 'I Need You Tonight': www (.) youtube (.) com/watch?v=gkLL7JdnIk0]
Peut-être que ça m'aidera à calmer mes ardeurs…ironisai-je en me déhanchant maladroitement sur le mythique « I Need You Tonight » d'INXS tout en balançant les vestiges de notre repas dans la poubelle.
Foutu Démétri ! Avec son numéro de joli cœur, il avait réussi à zapper la corvée de nettoyage !
Puis, je me mis à vider mon bagage emporté durant le week-end, souriant doucement lorsque j'en vins à extraire du sac la robe qu'Alice m'avait offerte et qui avait beaucoup plu à Edward.
Edward…
Ouh, j'te vois venir toi ! Penser à lui ne va pas t'aider à te calmer, j'te signale alors arrête !
Hum, ce n'était pas faux… même si c'était limite impossible de ne pas penser à Edward alors que la voix de Michael Hutchence susurrait des phrases pareilles à mes oreilles…
I've got to let you know / Je dois te faire savoir
You're one of my kind/ Tu es à mon goût
I need you tonight / J'ai besoin de toi ce soir
'Cause I'm not sleeping / Car je ne dors pas
There's something about you girl / Il y a quelque chose à propos de toi, chérie
That makes me sweat / Qui me donne chaud
Urgh.
Ouais bon, c'était assez mal parti si je voulais me relaxer. Je savais que si je me mettais à penser à lui maintenant, j'allais me mettre à analyser chaque geste qu'il avait eu et chaque parole qu'il avait prononcée durant le week-end. Et je n'en avais pas la force…
Alors, tout en remuant du popotin en tentant de faire abstraction des paroles de la chanson, je me dirigeai vers la salle de bains, les bras chargés de linge sale, que je joignis à celui d'Alice afin de constituer des petits tas par couleur. Comme ça, nous n'aurions pas à le faire une fois à la laverie automatique…
Beaucoup moins sexy comme pensées, en effet !
A peine une demi-heure plus tard, ma corvée prenait définitivement fin et je soufflai un bon coup.
Une bonne chose de faite !
Oui. Seulement voilà, je n'étais toujours pas calmée.
Je me dis alors que finalement, la douche froide que mon traître de meilleur ami m'avait conseillée avant de s'enfuir comme le lâche qu'il était n'était sans doute pas une mauvaise idée. Si cela pouvait m'aider à me débarrasser des pensées obscènes qui m'avaient terrassées lorsqu'il m'avait délibérément excitée et qui flottaient encore quelque part dans mon esprit de plus en plus pervers, pourquoi pas ? Je n'aurais qu'à m'installer ensuite sous la couette avec un bon bouquin et la fatigue finirait probablement par me rattraper…
Décidée, je me dirigeai donc vers la salle de bains et, après m'être déshabillée, sautai à pieds joints sous un jet d'eau glaciale.
Wouh, voilà qui remet les idées en place !
Saisissant la bouteille de gel douche à la fraise, je me savonnai vigoureusement le corps avant de faire de même avec mes cheveux, à l'aide de mon shampooing fétiche, à la fraise lui aussi. Respirant à pleins poumons l'odeur sucrée, un sourire niais fendit mon visage en me remémorant la nuit précédente, lorsqu'Edward m'avait avoué que cette odeur était devenue sa préférée…
Adorable !
Un coup de tonnerre assourdissant résonna subitement et d'un coup, tout devint noir.
- « Merde ! » pestai-je en coupant l'eau. « Une coupure de courant, manquait plus que ça ! »
Les cheveux et le corps couverts de mousse, je cherchai à tâtons une serviette dans laquelle je m'enroulai rapidement et entrepris de sortir de la douche, puis de la salle de bains sans me casser un bras, une jambe, une dent… voire les trois en même temps.
Une fois dans la chambre – saine et sauve jusque là – je me dirigeais vers ma table de nuit, d'où la petite stéréo à piles résonnait toujours, seule survivante de cette fichue panne.
[Playlist: Mazzy Star – 'Fade Into You': www (.) youtube (.) com/watch?v=XucegAHZojc]
Je scannai la pièce en plissant les yeux à cause de l'obscurité ambiante et fis fonctionner mes méninges à 200 % afin de me souvenir où Alice avait pu ranger ses insupportables bougies parfumées aux fruits rouges.
Celles dont elle m'avait obligée à supporter l'odeur écoeurante des jours durant, parce que cela lui rappelait l'odeur du magasin de bonbons qu'elle avait l'habitude de fréquenter quand elle était gosse.
Celles avec lesquelles j'avais menacé de brûler le contenu de sa garde-robe si elle ne s'en débarrassait pas immédiatement.
Celles… que j'avais fini par balancer au fin fond d'une bulle à verre un soir de septembre, ni vue ni connue.
Meeeerde !
Pestant contre moi-même et contre le monde entier, je farfouillais à l'aveuglette dans le tiroir de la table de nuit de ma colocataire dans l'espoir qu'une lampe de poche s'y trouve miraculeusement – eh, cette fille était limite capable de vous sortir un morceau de gruyère et une râpe à fromage de son sac à main si vous aviez un petit creux, alors pourquoi pas ? – lorsque trois coups se firent entendre à la porte.
Je jetai rapidement un coup d'œil à l'horloge murale qu'un nouvel éclair aveuglant venait d'éclairer.
23 heures 16.
- « Sûrement Jasper ou Rose qui viennent m'apporter de quoi m'éclairer… » marmonnai-je en me dirigeant prudemment vers la porte avant d'en tourner la poignée.
Mais ce n'était ni mon frère, ni ma meilleure amie qui se tenait devant moi.
Non...
- « Edward ? »
Ca, pour une surprise…
- « Qu'est-ce que… qu'est-ce que tu fais là ? »
Malgré le manque de visibilité causé par la panne, je pus voir les yeux de mon visiteur nocturne balayer mon corps de bas en haut avant de revenir se planter dans les miens.
Il se racla la gorge et je resserrai un peu plus ma serviette contre moi.
- « Hum… Je me disais que vous auriez peut-être besoin de ça, Alice et toi » fit-il en soulevant un sac en papier. « Ce sont… euh… des bougies »
Il venait expressément nous apporter des bougies alors que tout le campus était plongé dans l'obscurité la plus totale et que ça avait du être un calvaire pour lui de s'orienter ?
Ce type avait vraiment tout du prince charmant…
- « Ah, super ! Je… j'étais justement en train d'en chercher sans parvenir à en trouver. Merci »
Il me fit un petit sourire crispé et se passa une main dans les cheveux, signe qu'il était légèrement nerveux.
- « Est-ce que… est-ce que je peux entrer ? »
Mes yeux s'agrandirent tels deux soucoupes.
- « Oh… Oui ! Oui, bien sûr ! Entre, je t'en prie » couinai-je en m'écartant pour le laisser passer.
Ce qu'il fit, à la hâte.
Forcément, il devait avoir peur que quelqu'un surprenne le professeur Cullen dans les couloirs d'une résidence étudiante à une heure pareille...
Je refermai la porte derrière moi, tremblante et euphorique.
- « Ma sœur n'est pas là ? »
- « Non, elle passe la nuit chez Jazz. Tu sais, la peur de l'orage, tout ça… » souris-je.
Il se contenta s'acquiescer silencieusement et, à la lueur de la lune, je vis ses yeux papillonner à nouveau vers la minuscule serviette qui ne cachait presque rien de mon corps avant qu'il ne détourne le regard.
C'est alors que je me remémorai ma tenue : j'étais toujours à moitié nue et pleine de mousse. Ce n'était pas une manière de recevoir les gens !
Surtout s'il s'agissait de LUI…
- « Hum… Je vais aller me rincer vite fait, je suis toute savonneuse » ris-je nerveusement. « Je reviens dans cinq petites minutes. Fais comme chez toi » ajoutai-je en me dirigeant tant bien que mal vers la salle d'eau.
- « Prends ton temps » fit-il d'une voix rauque.
Ne compte pas là-dessus Cullen ! Je ne vais pas me prélasser sous la douche alors que je te sais dans la pièce d'à côté !
Emportant une bougie avec moi que j'allumai à l'aide d'un briquet, je fermai la porte de la salle de bain et m'appuyai contre, soufflant un bon coup.
Edward était là, dans ma chambre.
Et Alice n'était même pas là pour nous déranger…
Etait-ce un signe ?
Soucieuse et impatiente, je grimpais une nouvelle fois dans la douche et me rinçais à la vitesse de l'éclair. Une fois mes cheveux démêlés et ma crème hydratante passée, je me faufilai dans mon « peignoir-de-la-mort-super-moelleux », faute de mieux à disposition, et après un dernier coup d'œil dans le miroir, je rejoignis mon invité sur la pointe des pieds, ma bougie à la main.
Et là, je stoppai net.
[Playlist: Portishead – 'Roads': www (.) youtube (.) com/watch?v=WQYsGWh_vpE]
Edward se tenait au beau milieu de la pièce, cette dernière baignant désormais dans une douce lumière provenant de dizaines de bougies qu'il avait disposées ça et là. Il réglait le son de ma petite radio d'un air absent, ne semblant pas m'avoir remarquée.
Le tableau était tellement idyllique que j'en eus le souffle coupé.
- « Edward, c'est… sublime »
Et carrément irréel de t'avoir ici, avec moi, dans ce décor…
Il se tourna enfin vers moi et, après m'avoir à nouveau détaillée du regard durant de longues secondes, se mit à avancer lentement dans ma direction sans me lâcher des yeux.
Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres de moi, je vis qu'ils brillaient d'une lueur intense où se mêlaient crainte et appréhension mais aussi désir et besoin.
J'en frissonnai.
Il remit une mèche de cheveux derrière mon oreille.
- « C'est toi qui est sublime, Bella »
J'aurais ricané en entendant n'importe qui dire cela…Mais Edward Cullen était loin d'être n'importe qui. Alors, je me contentai de lui sourire timidement et de baisser les yeux vers mes pieds nus.
Je l'entendis prendre une grande inspiration et, sans savoir pourquoi, cela fit battre mon cœur plus vite.
Ses doigts fins sous mon menton me forcèrent à relever les yeux vers les siens et, l'espace d'un instant, j'oubliai de respirer.
Car la légère crainte que j'y avais entr'aperçue plus tôt avait complètement disparue, remplacée par une lueur de détermination que je n'avais jamais vue dans ses yeux auparavant.
Quelque chose était en train de changer…
- « Edward ? »
- « Ssshhh » chuchota-t-il en posant son index contre les lèvres.
Et l'instant d'après, sa bouche fut sur moi.
Douce mais ferme. Calme mais exigeante. Presque révérencieuse…
Je fermai les yeux sous l'assaut inattendu et me laissai aller à la chaleur du contact tant espéré, me concentrant sur le mouvement de ses lèvres contre les miennes et la façon dont ses mains caressaient mon visage, aussi légères qu'un essaim de plumes.
Bientôt, sa langue balaya timidement ma lèvre inférieure et j'haletai en réponse, lui permettant de m'envahir et de partir à la rencontre de la mienne, qu'elle ne tarda pas à trouver. Elle la caressa, la taquina, l'apprivoisa lentement, me rendant fiévreuse et avide de plus. Mes mains agrippèrent alors ses cheveux soyeux tout en inclinant légèrement sa tête contre la mienne, et sa langue plongea un peu plus loin, profitant de ce nouvel angle pour donner un rythme plus erratique à la bataille sensuelle que nous étions en train de livrer.
Ses mains sur mon visage se mirent soudain à bouger, frôlant du bout des doigts mon cou, mes clavicules légèrement découvertes, mes épaules et mes bras, avant de s'immobiliser autour de ma taille. Subitement à court d'oxygène, je reculai à regret mon visage et posai mon front contre le sien.
J'avais l'impression d'avoir couru un marathon… Ma respiration erratique me brûlait la gorge mais je n'en avais cure. Ce baiser avait été fantastique… Et le fait que je ne m'y attendais pas du tout l'avait rendu encore meilleur.
Lorsque j'eus enfin repris mon souffle et que je rouvris les yeux, je vis que ceux d'Edward étaient largement ouverts, brillants, et me fixaient avec une délicieuse convoitise. Sans prononcer un seul mot, il les baissa sur ma tenue. L'une de ses mains resserra sa prise sur ma taille tandis que l'autre la contourna pour agripper la ceinture de mon peignoir.
Il releva ensuite les yeux vers moi, semblant me demander l'autorisation de continuer. Autorisation que je lui donnai sans une once d'hésitation.
Prenant une nouvelle inspiration, il tira lentement sur l'une des extrémités de la ceinture sans me quitter une seconde des yeux jusqu'à ce que le nœud ne soit plus qu'un lointain souvenir. Ce qui les tenait ensemble ayant disparu, les deux pans de mon peignoir s'écartèrent alors d'eux-mêmes et je me sentis rougir furieusement.
Edward baissa à nouveau les yeux et j'eus l'impression de prendre feu sous son regard fiévreux. Mais cela ne sembla pas lui suffire car bientôt, ses mains remontèrent à nouveau vers mes épaules et dans un geste extrêmement lent et maîtrisé, il fit glisser le tissu sur ma peau.
Le peignoir tomba à mes pieds dans un léger « shoosh », me laissant complètement nue, offerte et haletante.
Haletante, à l'image d'Edward.
- « Magnifique… » souffla-t-il en observant successivement mon cou, mes seins, mon ventre, et même plus bas.
Ses yeux affamés revinrent ensuite se planter dans les miens et ce que j'y vis m'insuffla le courage nécessaire pour prendre la relève. J'amenai donc à mon tour mes mains à ses épaules et, la mine concentrée, repoussai doucement son blazer jusqu'à ce qu'il rejoigne mon peignoir sur le sol. Puis, j'agrippai la couture de son t-shirt et le remontai lentement le long de son corps, révélant petit à petit sa ceinture abdominale et son torse ferme.
Il se retrouva alors uniquement vêtu de son jean brut taille basse, le haut du corps totalement découvert, et je m'étonnais encore une fois de tant de beauté et de sex-appeal chez un seul homme.
Il est parfait.
Juste… parfait.
Tandis que j'observai minutieusement ce corps semblant taillé dans le marbre, mes yeux furent irrémédiablement attirés par son entrejambe littéralement déformé par son désir et j'eus toutes les peines du monde à ne pas gémir à la vue de cet Edward à moitié nu et en érection.
En érection pour moi.
A la place, je me mordis la lèvre et, dans un geste audacieux, je portai ma main au premier bouton de son jean et le regardai par-dessous mes cils, m'attendant à ce qu'il me somme d'en arrêter là.
Mais il n'en fit rien.
Il se contentait de me regarder, légèrement tendu certes, mais attentif au moindre de mes gestes.
Alors, j'ouvris le premier bouton.
Suivi du deuxième.
Puis, je tirai d'un coup sec et le reste des boutons céda.
Les yeux braqués sur mes mains, je pris alors une profonde inspiration et tirai le vêtement vers le bas tandis qu'Edward se déchaussait rapidement et envoyait valdinguer ses baskets un peu plus loin. Lorsque son jean tomba sur ses chevilles, je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil plus bas et, découvrant le boxer noir qui moulait cette partie de son anatomie à la perfection, je me passai inconsciemment la langue sur les lèvres.
Il me faisait tellement envie…
Me voyant faire, Edward émit un grondement sourd et, d'un même mouvement, il se délesta de ses chaussettes et de son jean avant de les envoyer rejoindre le reste de nos vêtements au pied de mon lit.
Nous étions désormais presque à égalité.
Sa bouche attaqua de nouveau la mienne, plus féroce que jamais. Ses mains écrasaient littéralement mon visage contre le sien et sa langue revint à la charge, clamant à nouveau ma bouche comme sienne avec ferveur. Dehors, le tonnerre grondait toujours, camouflant à peine le son de nos dents qui s'entrechoquaient et de nos gémissements incontrôlés. Et tandis que mes mains partaient à l'assaut de son corps, le caressant, le palpant et le griffant parfois, je sentis le mien reculer. Son érection durement plaquée contre mon ventre, je fus poussée en arrière jusqu'à ce que le creux de mes genoux rencontre le bord de mon lit.
Je tombai à la renverse et me retrouvai allongée sur mon petit lit d'étudiante, le souffle court et le corps en feu. Edward, lui, était toujours debout et me regardait, ses yeux agissant comme des caresses sur mon corps brûlant, à tel point que je pouvais sentir mon plaisir s'écouler lentement d'entre mes cuisses.
Je le voulais tellement…
Pourtant, il ne bougeait pas. Et dans ma tête, des milliers de questions fusèrent…
Venait-il subitement de reprendre ses esprits ?
Comptait-il à nouveau mettre fin à ce que nous avions initié ?
Allait-il me dire que nous ferions mieux d'en rester là ?
Que nous allions commettre une erreur ?
- « Edward ? » murmurai-je difficilement, le doute et la crainte de l'abandon faisant de son nom une supplique.
Ses yeux revinrent alors à moi et tous mes doutes s'envolèrent lorsqu'il posa un genou, puis l'autre sur le matelas. Bientôt, son corps chaud recouvrit totalement le mien. Il se tenait à bout de bras au dessus de moi, ses mains de chaque côté de mon visage.
- « Tu es tellement belle… » chuchota-t-il en traçant mes sourcils, mon nez et mes lèvres du bout des doigts, inlassablement.
Je soupirai d'aise et sa bouche recouvrit la mienne, encore. Mais cette fois, toute trace d'urgence avait disparue, laissant place à quelque chose de plus doux. De plus lent et sensuel. D'électrisant et effrayant à la fois.
Ce baiser était plein de sens.
Ce baiser, c'était… tout.
Au travers de son torse pressé contre la poitrine nue, je pouvais sentir son cœur battre au même rythme que le mien, puissamment, rapidement, irrégulièrement. On aurait pu croire que nos deux organes se reconnaissaient dans ce contact à fleur de peau et qu'ils martelaient sans relâche dans le but d'être enfin réunis.
On aurait pu croire qu'ils s'appartenaient.
Alors, comme pour les apaiser, je portai ma main entre nos deux corps, là où ils battaient à l'unisson. Edward relâcha mes lèvres et, observant mon geste, m'offrit un sourire qui me fit fondre.
- « Pour toi » dit-il simplement.
Pour moi. Son cœur battait comme ça pour moi.
Saisissant sa tête entre mes mains, j'initiai un nouveau baiser, tentant d'y insuffler tout l'amour, l'espoir et le bonheur que j'éprouvais en cet instant. A mesure que l'échange s'intensifiait, je laissai mes mains partir à la découverte de son corps quasi nu, rencontrant sur leur passage ses épaules larges et son dos musclé, dont je pouvais sentir chaque muscle rouler sous la pulpe de mes doigts. Sa bouche migra alors vers mon cou, où sa langue traça des arabesques moites et sensuelles, attisant encore un peu plus la boule de désir qui s'était logée dans mon bas ventre. Puis, ce fut au tour de mes clavicules d'être caressées, touchées, léchées et mordillées avant que ses lèvres ne les délaissent pour retracer la ligne de feu qui menait à mes seins doux et ronds, dont les pointes douloureusement tendues vers lui réclamaient l'attention. Attention que les doigts agiles et la langue taquine d'Edward leur accordèrent, un par un, me faisant gémir, supplier et trembler.
- « J'aime ta peau » clama-t-il avant de gober l'un de mes tétons et de le sucer durement.
J'agrippai des cheveux en réponse, ivre de désir.
- « S'il te plait… »
J'avais tellement envie de lui que c'en était douloureux…
- « Patience ma Bella » souffla-t-il en faisant serpenter son nez le long de mon sternum puis frottant sa légère barbe sur la peau sensible de mon ventre. « Je veux te goûter d'abord »
Je me sentis frémir à l'ouie de ce « d'abord » qui laissait présager le meilleur pour la suite…
Son corps glissa le long du mien, sa bouche apposant ça et là de tendres baisers sur son chemin, jusqu'à ce qu'il se retrouve accroupi au bout du lit, face à moi. Dans un geste lent, ses mains remontèrent alors de mes chevilles à mes cuisses, qu'il caressa doucement avant de les écarter largement, passant sa langue sur ses lèvres lorsqu'il découvrit à quel point j'étais déjà humide pour lui. Après un dernier regard, sa tête bascula vers l'avant et je pus sentir sa langue à cet endroit si particulier qui pulsait de désir pour lui. Je ne pus retenir un long gémissement de plaisir, me sentant déjà au bord du gouffre.
- « Mmmmh, tu es encore plus délicieuse que dans mon souvenir » fit-il avant que sa langue ne quitte mon entrée pour s'enrouler autour de mon clitoris gonflé.
Oh mon Dieu!
Il ne m'accorda aucun répit, me travaillant de sa langue, de ses dents et de ses lèvres comme si sa vie en dépendait. Et je ne tardai pas à basculer, ses mouvements experts, ses grognements appréciateurs et la vision hautement érotique de son visage entre mes cuisses me conduisant rapidement à l'extase…
- « EDWAAARD ! »
Je criai son nom comme si c'était le seul mot que j'aie jamais appris.
Waouh…
J'eus à peine le temps de me remettre de cet orgasme fulgurant qu'Edward, toujours entre mes cuisses, remonta sur mon corps et prit à nouveau ma bouche d'assaut.
Je pouvais me goûter sur ses lèvres impatientes…
- « Bella… ma Bella… »
Mon prénom sonnait comme une prière entre chacun de ses baisers frénétiques, que je lui rendais avec une passion égale, tandis que son érection contenue frottait délicieusement contre mon centre en feu et ultra-sensible.
Mais j'avais besoin de plus.
- « Edward, déshabille-toi »
Sa langue traça sensuellement le contour de mes lèvres.
- « Tout ce que tu voudras » soupira-t-il contre ma bouche.
Il se redressa sur ses genoux et je me relevai sur les coudes afin de ne pas perdre une miette du spectacle. Ne me quittant pas des yeux, il glissa ses pouces sous l'élastique du boxer et le fit descendre lentement sur ses cuisses musclées. Son impressionnante érection jaillit alors, longue, épaisse et magnifique, sous mes yeux subjugués.
Vraiment parfait…
Après s'être totalement débarrassé du vêtement devenu superflu, il reprit sa position initiale entre mes cuisses et nous gémîmes tous les deux lorsque son sexe nu frôla enfin le mien. Mon corps s'arqua violemment en réponse et Edward replongea vers ma poitrine offerte.
- « Oui… » souffla-t-il.
La danse de son bassin contre le mien reprit et j'eus l'impression de perdre littéralement la tête. Peau contre peau, nous n'avions jamais été aussi proches et pourtant, je le trouvais encore trop loin de moi.
Je le voulais en moi.
Je voulais que le bientôt soit maintenant.
- « J'ai tellement envie de toi… » susurra-t-il en laissant une main courir de mes côtes à mes hanches, son sexe tendu à l'extrême coulissant toujours contre le mien.
Il en avait autant envie que moi…
- « Fais-moi l'amour Edward »
Les mouvements de son bassin se stoppèrent et sa main remonta à mon visage.
Pitié, faites qu'il ne me repousse pas cette fois! Je ne suis pas sûre de pouvoir le supporter...
Ses yeux semblaient fouiller les miens, à la recherche de la moindre trace d'hésitation.
Mais il n'en trouverait aucune.
- « Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? » interrogea-t-il d'une voix rauque, pleine d'appréhension.
- « Oui. Absolument sûre »
En fait, je n'avais jamais été aussi sûre de quoi que ce soit de toute ma vie.
Je voulais cet homme. Je voulais qu'il me fasse l'amour.
Je voulais qu'il soit le premier…et le dernier.
- « Bien… » murmura-t-il d'une voix tremblante.
Gardant appui sur une main, il pencha le haut de son corps en dehors du lit et extrait son portefeuille de la poche arrière de son jean, qui gisait toujours sur le sol. Se remettant sur ses genoux, il en sortit un petit carré d'aluminium.
Bien sûr, le préservatif ! J'avais complètement oublié ! pensai-je honteusement.
Il rompit la pochette avec ses dents tout en me regardant par-dessous ses cils – ce qui me fit frémir d'excitation – et déroula ensuite la protection sur sa longueur avant de se rallonger sur moi.
- « Bella, il faut que tu me dises si je te fais mal, okay ? » fit-il en pressant son sexe engorgé contre le mien.
- « O-okay » bégayai-je, soudainement consciente de l'imminence de la chose.
Edward et moi allions enfin faire l'amour.
Là, maintenant.
Je n'arrivais pas à y croire…
- « Il est toujours temps d'arrêter, si c'est ce que tu souhaites… »
- « NON ! » m'exclamai-je. « Non, j'en ai envie. J'ai besoin de toi Edward ! S'il te plaît, fais-moi l'amour »
[Playlist : Radiohead – 'All I Need: www (.) youtube (.) com/watch?v=iY4APDrl66s]
Un sourire en coin craquant étira ses lèvres, qu'il apposa ensuite sur mon front.
- « Je n'ai plus la force de te repousser Bella, j'en suis incapable… » soupira-t-il contre ma peau.
Puis, son nez glissa le long du mien en une caresse aérienne avant que ses lèvres ne rejoignent les miennes pour un nouveau baiser, lent et sensuel.
Tandis qu'il m'embrassait, la pression de son bassin contre le mien se fit plus forte et j'ouvris subitement les yeux, rencontrant son regard brillant, lorsque je le sentis entrer légèrement en moi.
Nous haletâmes tous les deux à la sensation et le baiser reprit de plus belle.
Centimètre par centimètre, je le sentis se frayer un chemin en moi jusqu'à ce qu'il arrive à la barrière que personne n'avait jamais franchie jusque là.
Nous y étions.
- « Ca risque d'être un peu douloureux… » souffla-t-il contre mes lèvres tout en caressant mes cheveux d'une main.
- « Je te fais confiance »
C'était vrai. J'avais une confiance totale en lui. Je savais qu'il ne me ferait jamais de mal.
Mais le ton légèrement tremblant de ma voix trahissait ma crainte.
A quel point allait-ce être douloureux ?
- « Bella, regarde-moi ! »
Je m'exécutai et tombai sur son regard concerné et extrêmement concentré.
- « Essaie de te détendre, d'accord ? Je te promets que tout se passera bien… Je ne te ferais jamais de mal »
Il y avait tant de douceur dans sa voix...
- « D-d'accord… »
Il sourit puis se pencha pour reprendre ma bouche. Et tandis que sa langue m'offrait la plus délectable des distractions, il mordit subitement et durement ma lèvre inférieure tout en poussant plus profondément en moi. Sa tentative de diversion n'atténua que légèrement la sensation de déchirement que je ressentis et je geignis de douleur tandis qu'il se confondait en excuses sincères, murmurant des « désolé » contre mes lèvres entrouvertes et déposant quantité de baisers sur mon visage crispé.
Il était désormais enterré au plus profond de moi, la respiration haletante.
Nous ne formions plus qu'un désormais...
- « Est-ce que ça va ? » murmura-t-il, immobile et inquiet.
- « Laisse moi juste une minute »
Il continua à déposer des baisers sur mon front, mes yeux, mes joues et mes lèvres, sans relâche, jusqu'à ce que la brûlure que son intrusion m'avait causée se fasse moins douloureuse.
Je remontai alors mes cuisses plus haut sur sa taille et ondulai une première fois du bassin, le faisant gémir à son tour. Encouragée par ce bruit, je croisai les chevilles derrière ses reins et répétai le mouvement.
- « Mmmh, oui… »
Il était tellement beau comme ça, consumé par le désir…
- « Plus, Edward »
Je fus surprise par le ton légèrement désespéré de ma voix.
Ses yeux se plantèrent dans les miens et il se mit lui aussi à onduler des hanches, lentement, sensuellement, coulissant en moi avec une aisance déconcertante.
Nous nous emboîtions parfaitement…
Il m'investissait totalement, me clamant comme sienne encore et encore et bientôt, la douleur laissa place à autre chose. Quelque chose de délicieux, de doux et d'euphorisant. De ravageur. La boule de feu était de retour dans mon bas-ventre, plus puissante et dévastatrice que jamais, à l'image des coups de reins que me prodiguait inlassablement celui que j'aimais.
Saisissant mon visage dans ses paumes, les pupilles dilatées, il ne cessait de me répéter combien j'étais belle, combien il avait rêvé de ce moment et combien être en moi était une sensation merveilleuse, tandis que mes gémissements se faisaient de plus en plus sonores.
J'étais consciente de chacune de ses respirations. De chacun de ses mouvements. De chaque mot soufflé. De chaque manifestation de son plaisir.
Et cela ne faisait que décupler le mien.
Agrippant ses épaules, je bougeai plus franchement des hanches tout en prononçant son prénom, encore et toujours, et il accéléra ses mouvements en réponse.
Nous n'étions plus que gémissements désireux, plaintes rauques et suppliques désespérées, bercés par le bruit du claquement hypnotique de nos peaux frémissantes.
Je ne savais plus où donner de la tête, tant l'image qu'Edward - nu, en sueur, les muscles tendus et s'abandonnant au plaisir - me renvoyait était étourdissante.
- « Bella, amour, je ne tiendrai plus très longtemps… J'ai besoin que tu viennes…» gémit-il tout en amenant sa main à l'endroit où nous étions joints. « Viens pour moi… »
Il massa alors mon clitoris du pouce tout en léchant cet endroit si sensible derrière mon oreille et, à peine une seconde plus tard, je pus littéralement voir un milliard d'étoiles exploser derrière mes paupières closes.
J'hurlai son nom, terrassée par un orgasme sans précédent…
Alors que je me resserrai sur lui, Edward accéléra encore un peu ses mouvements, devenus frénétiques, irréguliers et puissants.
- « Bella… Bel-la… Mmmh… Oh... OUI ! OUIII ! AAAAHHH ! »
J'eus à peine le temps d'ouvrir les yeux qu'il redressai la tête et se figeai, explosant à son tour au dessus de moi, les yeux clos et les lèvres entrouvertes, tenant son corps tremblant à bout de bras.
Cette vision hautement érotique me fit jouir une seconde fois, me laissant complètement haletante et comblée tandis qu'il se déversait toujours en longs jets dans le préservatif.
Edward Cullen venait de me faire l'amour…
Il s'effondra sur moi, tête la première, avant de rouler sur le côté du lit, les yeux fermement clos, sa poitrine se soulevant et s'affaissant à un rythme effréné.
Je venais de faire l'amour avec Edward Cullen…
Lorsqu'il eut repris son souffle, il tourna la tête vers moi et un sourire ravageur vint étirer ses lèvres rouges et gonflées de nos baisers. Il porta sa main gauche à mon visage, traçant mon sourire XXL du bout des doigts.
Edward Cullen et moi venions de faire l'amour…
- « Tu vas bien ? » souffla-t-il.
J'hochai positivement de la tête en me mordillant la lèvre, incapable de réfréner mon sourire idiot.
Il se tourna entièrement vers moi et me prit dans ses bras, une main dans mes cheveux et l'autre au creux de mes reins.
- « Tu as été merveilleuse… » fit-il en embrassant mes lèvres tendrement.
- « C'est toi... Tu... Tu m'as offert la première fois dont rêvent toutes les filles Edward. Merci » avouai-je, rougissante.
- « Non, c'est moi qui te remercie. Pour ta patience. Ta confiance. Et pour le cadeau inestimable que tu viens de me faire... »
Je soupirai d'aise et fermai les yeux, me sentant soudainement épuisée.
J'étais tellement bien là, dans ses bras…
- « Hum hum »
Il fut secoué par un petit rire et déposa ses lèvres contre les miennes une dernière fois.
- « Tu tombes de sommeil… »
- « Hum »
Je le sentis se lever du lit et, l'espace d'un instant, j'eus peur qu'il me quitte. J'agrippai alors sa main, désireuse de le retenir.
- « Laisse-moi juste m'occuper des bougies ma belle »
L'odeur particulière des bougies sur lesquelles on vient de souffler me parvint alors et, l'instant d'après, je sentis son torse chaud et ferme se coller contre mon dos et ma couette nous recouvrir tous les deux.
- « Fais de beaux rêves, princesse… » chuchota-t-il à mon oreille.
- « Tu restes avec moi ? » marmonnai-je, à demi consciente.
Ses doigts retracèrent l'arête de mon épaule droite, comme pour m'apaiser.
- « Je n'irai ailleurs pour rien au monde, Bella. Dors maintenant, tu es épuisée… »
- « Hum hum » souris-je en me blottissant un peu plus contre lui. « B'nuit Edward »
Mon Edward…
- « Bonne nuit, ma douce… »
Et je me laissai aller au sommeil, heureuse et comblée au-delà des mots…
:)
