Réédité 11/2015

CHAPITRE 20 : LE SOMMET DES COLONIES

La voiture noire pénétra à l'intérieur de l'enceinte du parlement, passant les grilles qui la séparait de l'attroupement de journalistes qui espéraient obtenir une quelconque information. Onze sourit, sarcastique, bientôt tout ça serait terminé, l'ère de la liberté d'expression touchait à sa fin.

Le véhicule s'immobilisa, coupant court à sa réflexion.

La portière fut ouverte et le général en costume civil sortit, adressant un sourire faux et un signe de main évasif aux journalistes avant de rentrer dans le bâtiment.

C'était lui qu'on attendait. Car pour ce soir encore, il était le dirigeant des Epyons Terros, son supérieur hiérarchique n'avait prévu de se dévoiler qu'une fois leur domination assurée.

Et ils allaient gagner. Il l'attendait, sa petite princesse pacifiste.

Dix minutes plus tard, un véhicule s'arrêtait face à l'entrée de service.

- Nous sommes au rendez-vous.

-Très bien je vous ouvre déclara alors une voix à travers l'oreillette du chauffeur.

Duo se tourna insensiblement vers les passagers arrière, afin d'avoir son ami pilote dans son champ de vision.

Le hochement de tête qu'ils s'échangèrent marqua le lancement de l'opération Aube.

Heero ôta la sécurité de son arme à feu et la positionna à hauteur du bassin alors que le portail s'ouvrait.

Le véhicule pénétra lentement dans l'enceinte et Heero se détendit imperceptiblement lorsqu'il reconnut l'expression du soldat, ancien membre des Préventers.

C'était lui-même qui l'avait assigné à ce poste. Cet homme avait la particularité de posséder un TIC [1]quasiment imperceptible au premier abord, c'était un haussement du sourcil gauche à intervalles régulier. Ce léger trouble présentait l'avantage de garantir son identité, de sorte que si l'ennemi avait tenté de le remplacer, il aurait aussitôt été mis en garde.

-Tout s'est bien passé Jeff ? le salua Duo alors que la voiture s'immobilisait.

-Ouais pas de problème, c'est calme de ce côté là.

-Bon bin on va prendre ça comme une bonne nouvelle ! enchaîna-t-il d'un ton enjoué alors qu'il sortait de la voiture en même temps que Heero.

Duo recula et ouvrit la portière arrière, son expression changeant à peine, marquant son état de concentration inapparent pour le commun des humains. Une silhouette intégralement dissimulée apparut alors et hocha la tête en signe de remerciement alors que Duo lui offrait un beau sourire. Jeff ne put voir son visage, mais il n'eut cependant pas de doutes possibles quant à la personne qui conservait son identité secrète. Ainsi les rumeurs disaient vrai. Relena Peacecraft revenait se battre à leurs côtés. Le soldat retint de justesse un signe respectueux à l'égard de la jeune fille. Car même si tout se passait bien pour le moment, si l'identité de la princesse n'avait pas été révélée, même au membres de la Résistance, ce n'était pas pour rien… c'était un véritable guêpier ou elle s'engageait là… il comprenait d'autant mieux pourquoi on l'avait autant briefé sur cette mission. Et un nouvel élan de volonté envahit le soldat, l'espoir revenait plus vivace que jamais, leur princesse était de retour, ils allaient vaincre.

-Allons-y, déclara alors Heero d'une voix qui laissait clairement entendre que ce n'était pas le moment de contredire le moindre de ses propos.

Les trois hommes et la silhouette féminine prirent alors la direction de la salle de conférence. Duo à gauche de la princesse, Heero à sa droite, une main sur son bassin et Jeff en tête.

A mesure que ses pas la menait un peu plus près de son objectif, Relena sentit son cœur s'accélérer. Elle essayait pourtant d'être aussi calme et concentrée que possible… mais au fond d'elle-même elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'appréhension quant à retrouver ses fonctions… et elle remercia le ciel qu'en ce moment même personne ne put voir son visage, et surtout pas Heero.

Le petit groupe progressa sans trop de difficultés, se contentant d'éviter les quelques personnes qui se déplaçaient dans les allées. Ce n'était pas non plus comme s'ils s'attendaient à rencontrer des soldats ennemis en tenue de combat et arme au poing. Les Epyon Terros maintenaient une présence aussi discrète que possible, car en aucun cas il n'était sensé il y avoir d'Hommes armés dans ce bâtiment. C'était la seule condition que les représentants des Colonies avait pu raisonnablement imposer… la seule que les Epyon Terros se voyaient obligés d'accepter au regard du peuple. Mais les représentants des Colonies n'étaient pas plus dupes que les Résistants, ils se savaient sans pouvoir et avaient conscience que les Epyon Terros, fort de leur autorité, allaient déployer leurs troupes, cernant dans l'ombre l'issue de cette assemblée…

Au sein du bâtiment, l'essentiel de la force armée se trouvait donc dans la salle de congrès même. Une pièce semi-circulaire aux dimensions imposantes, rehaussée de tribunes et de balcons qui constituaient un observatoire de choix pour tout prédateur.

Et toute la difficulté de l'opération Aube résidait dans la prise de contrôle de ces tribunes dans la plus grande discrétion. Car il ne faisait aucun doute que si le moindre faux pas se produisait, cela serait inscrit dans l'esprit de tous comme étant une tentative des Résistants pour compromettre tous les efforts de paix et d'unification entrepris par les Epyons Terros. Le moindre écart pouvait s'avérer fatal et légitimer une intervention armée. Mais d'un autre côté ils étaient obligés de prendre le contrôle de ces tribunes, c'était la condition pour que Relena intervienne.

La princesse et son escorte arrivèrent en vue de la salle de conférence. La partie la plus facile de la mission s'était bien déroulée. Le second chapitre pouvait débuter.

-Le jour se lève, annonça alors Duo à travers son communicateur.

-OK, on dépose la rosée.

-OK.

Le pilote à la natte se redressa alors une dernière fois vers ses amis. Relena s'autorisa à relever la tête, révélant son visage. Elle ne pouvait pas le laisser partir sans au moins lui avoir adressé un dernier sourire. Elle ne pouvait peu être pas parler mais elle avait d'autre possibilités de s'exprimer.

Et puis elle était contre ce plan. Car même si elle était consciente de son importance, elle n'aimait pas l'idée que des gens prennent autant de risques pour elle, plus encore quand ces personnes étaient devenues des proches.

Le visage professionnel de Duo se détendit dans un tendre sourire lorsqu'il rencontra le regard de la jeune fille. Elle s'inquiétait pour lui… alors que ça aurait dû être la dernière de ses préoccupations… mais son sourire s'accentua, après tout c'était de Relena Peacecraft dont il parlait là, de cette jeune femme à l'esprit libre et au grand cœur qu'il avait peu à peu appris à comprendre et à aimer… et qu'il avait même fini par protéger… il comprenait mieux à présent pourquoi Relena, bien au-delà de lui, avait su révéler ce qu'il y avait de plus beau en Heero… au-delà de toutes leurs différences, c'était leur ressemblance qui lui paraissait aujourd'hui évidente. Leurs yeux. Il suffisait de voir leurs yeux, de voir cette même volonté [2] qui les animait, cette intensité si particulière… des les voir tout simplement.

Duo l'aurait bien serrée une dernière fois dans ses bras, mais il s'efforça de traduire son geste par le simple langage de ses yeux. La jeune fille lui sourit doucement. Elle avait compris.

Le pilote, encore souriant, se tourna vers Heero pour rencontrer un visage de marbre. Sur le coup il aurait presque eut un mouvement de recul tant l'opposition de leurs deux expressions était saisissante. Mais il lui suffit de rencontrer ses yeux à l'apparence si froide pour comprendre son ami. C'étaient toujours ses yeux qui l'avaient trahis, il suffisait d'avoir le cran d'aller au delà des apparences. Et là il lui disait clairement qu'il avait intérêt à s'en sortir entier ou c'était lui qui s'occuperait personnellement de son cas.

Le sourire de Duo se fit plus pensif à cette démonstration d'affection. Le visage d'Heero se détendit et il lui sembla presque le voir sourire quand ces yeux abandonnèrent leur air menaçant, redevenant sérieux. Duo hocha affirmativement la tête à sa demande, lui promettant de remplir au mieux sa mission tout en restant en vie. Heero acquiesça à son tour et ce fut le signal de départ.

L'expression du pilote à la natte se métamorphosa et son regard devin prédateur alors qu'il dégaina son arme. Il se détourna, indiquant d'un geste à Jeff de le suivre. Et en quelques secondes les deux hommes avaient disparu. Relena resta encore un instant fixée sur le dernier endroit ou elle avait vu se balancer la natte de son ami.

Son changement d'attitude l'avait frappée. C'était dans ces moments là que le souvenir du passé des pilotes s'imposait à elle. Duo avait dû se battre pour survivre… se battre contre ceux de sa propre espèce… ça se voyait dans ses yeux… et c'était quelque chose qui demeurerait à jamais en lui… comme ça continuerait à demeurer en Trowa ou Heero… Mais malgré sa première impression surprise, cela ne faisait que nourrir son espérance. Ces pilotes étaient la preuve que l'on pouvait encore croire à la paix malgré toutes ces souffrances endurées… toutes ces déceptions… cette colère.

-Viens.

La voix claire du jeune homme la sortit de sa réflexion et elle répondit à sa demande.

-Nous sommes sur un axe de sortie des tribunes, on va se mettre dans un endroit moins risqué, se justifia-t-il rapidement, absorbé par sa mission.

Relena, réceptive à ses moindres indications le suivit avec précaution. Heero qui avait étudié les plans avec attention, força une porte qui leur ouvrit l'accès à une petite salle de réunion. Le pilote pénétra en premier dans la pièce, s'assurant qu'il n'y avait aucun danger avant de la laisser entrer.

Aussitôt qu'elle se sentit en sécurité, la jeune fille se détendit et ôta le voile qui dissimulait son visage. Heero s'accorda un instant pour la regarder faire, la princesse fermant les yeux et son corps se détendant visiblement alors qu'elle passait une main dans ses cheveux laissés libres. Elle avait refusé qu'on les lui natte et il avait trouvé ça significatif. Elle ne s'engageait plus en tant que princesse de Sank mais avant tout en tant que Relena, une jeune fille libérée qui aspirait à la paix.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle se tourna spontanément vers le pilote, sentant son regard sur elle. Heero avait les traits tirés et elle pouvait sentir sa nervosité. Cela n'était encore jamais arrivé. Elle aurait pu croire que c'était pour elle que ce congrès serait le plus difficile mais il n'en était rien. Incontestablement Heero vivait cette mission d'un point de vue profondément personnel, intime. Il était sur la défensive, prêt à attaquer au moindre danger, lui habituellement si réfléchi… Elle avait perçu pour la première fois son investissement dans cette mission lors de leur dernière étreinte… cela l'avait déjà profondément touchée. Mais de ressentir un tel état de tension en lui la rendait inquiète. Elle le sentait tout proche de ses limites, et elle ne permettrait pas qu'il lui arrive quoi que ce soit par sa faute. Il en avait déjà bien assez fait, à présent c'était à elle de veillez sur lui.

Heero vit bien à travers ses yeux clairs qu'elle l'avait compris. Mais il soutint son regard. Elle ne pouvait pas lui demander de ne pas s'impliquer.

La princesse sourit imperceptiblement face à sa volonté sans faille de vouloir la protéger. Elle se mit alors en marche dans sa direction, le regard toujours dans le sien. Le jeune homme suivit son mouvement sans comprendre son intention. Il la fixa ainsi jusqu'à ce qu'elle s'immobilise à quelques centimètres de lui. Il sentit son corps effleurer le sien et son souffle lui caresser la nuque. Heero se figea. Le sourire de la princesse se fit alors plus tendre et elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer ses lèvres contre sa tempe. Au contact de sa peau tiède contre son visage, le pilote abaissa son arme et tout son corps se détendit aussitôt. La jeune fille se retira lorsqu'elle ne put plus maintenir son équilibre et retoucha terre en lui adressant un regard doux et assuré.

-Jamais je ne permettrais qu'on te fasse du mal Heero. C'est pour ça que tout ira bien.

-J'aimerais te croire sur parole…

-Il n'y a pas de raisons que ça se passe mal.

-A moins que les Epyon Terros aient décidé de t'abattre à vue ! rétorqua-t-il en haussant la voix, bien malgré lui. Pardon… s'excusa-t-il aussitôt.

La princesse lui sourit, de ses yeux qu'il lui sembla voir trembler dans les siens.

-Heero… ça ne mène à rien de vivre dans l'angoisse… et puis toute les chances possibles ont été mise de nôtre côté.

-Je le sais bien… mais cette mission ne me plaît pas…

Duo attendit la confirmation de ses Hommes avant de rentrer dans le secteur de combat. Le pilote franchit prudemment l'embrasure qui le faisait pénétrer en territoire hostile. Il repéra une ombre sur sa droite et pointa en un instant son arme sur sa cible. Le soldat, réalisant qu'on le menaçait sortit alors de l'ombre, Duo abaissa aussitôt son semi-automatique lorsqu'il reconnut l'expression familière du sweepers.

-Tu viens enfin te joindre à notre petite sauterie ! lança-t-il à son chef de mission alors qu'il lui envoyait un adaptateur silencieux pour son arme à feu. Je t'attendais, continua-t-il alors que le pilote vissait le cylindre le long de son canon, les gars sont en place.

-OK, Franz vas-y, Jeff avec lui, j'ai une chose à faire avant de vous rejoindre.

-OK

-A toute.

Et au moment où ses Hommes s'éclipsaient, des applaudissements s'élevèrent. Le visage de Duo se ferma et il s'avança jusqu'à la rambarde.

Et son regard s'abaissa sur sa proie qui prenait place sur le promontoire.

Le jeune homme sentit la chaleur de la colère monter en lui lorsqu'un sourire prétentieux apparut sur le visage de son ennemi. Il du faire un effort pour ne pas l'abattre de suite et préféra ne pas s'attarder davantage.

Il déposa le capteur sur la balustrade et s'assura que l'appareil était sous tension.

L'ange de la mort retourna alors dans l'ombre accomplir sa première mission.

Les unités spéciales équipées de gaz anesthésiques endormirent leurs adversaires sans un bruit. Toujours à deux sur le même soldat, un des Hommes l'immobilisait pendant que l'autre vaporisait contre son visage le gaz hautement concentré. Ils terminaient ensuite par l'injection d'un produit longue durée. Duo pour sa part avait pour rôle de s'assurer du bon déroulement de l'opération, évitant toute bavure qui pouvait s'avérer catastrophique. C'est ainsi qu'il du s'assurer de la bonne conduite des soldats les plus récalcitrants à coopérer, les rendant inoffensifs d'une façon plus expéditive.

En une dizaine de minutes, les balcons étaient sous contrôle. Les unités de la résistance se mirent alors en position offensive, le canon de leur armes pointé sur la salle en contrebas.

Tout était prêt pour que l'aube se lève enfin sur les colonies.

-Très bien, répondit le pilote d'une voix atone.

La princesse, qui était concentrée sur le discours de Onze, quitta son oreillette pour voir Heero faire de même. Et son ventre se noua douloureusement lorsqu'elle rencontra le regard du jeune homme.

Il était l'heure.

Il lui sembla pendant un instant qu'il allait la prendre dans ses bras, mais elle vit son expression se refermer alors qu'il replaçait finalement son oreillette.

La jeune fille respecta son choix car elle le savait à présent capable d'accepter ses émotions. La décision d'Heero aujourd'hui n'avait rien de comparable avec celle qu'il avait prise lors de son dernier combat. Il n'ignorait plus ses émotions, il savait juste les laisser de côté afin de pouvoir se concentrer au mieux sur sa mission première qui consistait à protéger la vie de celle qu'il aimait lorsqu'elle rentrerait en salle de conférence. Et pour ce faire, il allait lui falloir utiliser ses capacités d'observation à leur maximum. Rien ne devait donc pourvoir détourner son attention.

D'un geste il invita la jeune fille à le suivre. Relena lui offrit un faible sourire avant de se recouvrir.

Et alors qu'ils progressaient vers leur objectif, le pilote sentit son cœur taper un peu plus fort contre sa poitrine à mesure que son inquiétude prenait le dessus sur la raison. Jamais cela ne lui était encore arrivé. Mais il ne se laissa pas submerger et s'efforça à garder son calme.

Ils avancèrent sans un échange jusqu'à ce que leurs pas les mènent face à la grande porte de la salle de conférences. Et spontanément ils se tournèrent l'un vers l'autre, leurs visages se rencontrèrent et ils prirent le temps de s'assurer de leur volonté avant de marquer leur accord d'un acquiescement.

Chacune de leurs paumes sur un battant de la porte, c'est dans un même mouvement qu'ils firent face à leur destinée à présent commune.

Relena, prompte à réagir, ne laissa pas le temps à la surprise de s'installer et interrompit le discours de Onze avant que celui-ci n'ait eu le temps de préparer une quelconque riposte.

D'autant plus qu'il lui offrait son entrée sur un plateau d'argent, exposant à ce moment là sa volonté de procéder à un désarmement total dès que le soutient des Colonies lui serait assuré.

-Comment pouvez-vous dire ça ! retentit alors une voix claire et aux sonorités familière pour bon nombre d'Hommes .

Et à son appel, toute l'assemblée se retourna comme un seul être, les yeux rivés sur cette étrangère dissimulée mais qu'ils ne reconnaissaient que trop bien… alors c'était vrai…

La princesse fut un instant impressionnée par tous ces yeux rivés sur elle. Elle avait la sensation que toute une existence s'était écoulée depuis qu'elle avait été vice-ministre des affaires étrangères… cela lui apparaissait si lointain… et soudain la vision de sa dernière confrontation à la foule s'imposa à elle. La peur traversa un instant son être au souvenir de la réaction des citoyens… au fond d'elle, faire face à une assemblée l'avait toujours un peu effrayée, avant tout il restait dans son cœur la petite fille qu'elle avait été pendant des années… Mais pendant la Grande Guerre, elle avait su aller au-delà de ça, parce qu'à cette époque là, tout son être résonnait de la même volonté : faire réagir les Hommes, quelqu'en soient les risques, il fallait qu'elle agisse… mais après… après avoir faillit voir la Terre détruite, son espoir c'était fait plus réservé. Tout s'était alors facilité, et la paix commençait réellement à devenir une idée plus largement acceptée. Elle avait donc décidé de mettre ses doutes de côté et de continuer, pour tous ceux qui y croyaient encore.

Aujourd'hui l'humanité se trouvait à nouveau à un tournant de son histoire et une fois encore la possibilité d'intervenir s'offrait à elle… si les Epyons Terros remportaient l'adhésion de ce conseil, quelqu'en soient les moyens, cela signifierait le début d'un pouvoir totalitaire sans précédent… et ça elle ne pouvait l'accepter… sa vision du monde était à présent différente. Elle savait aujourd'hui qu'elle ne devait plus s'ignorer, savoir écouter ses peurs, faire face à ses angoisses et continuer à avancer avec, continuer à se battre pour cette cause si difficile à atteindre. Et si elle était là ce soir, c'est parce qu'elle le désirait au plus profond de son être, elle voulait continuer à vivre au côté de cette humanité. Pour qu'elle lui prouve enfin qu'elle pouvait croire en elle.

Un vent de détermination balaya alors la crainte de son visage et le regard de la princesse s'illumina alors qu'elle se redressait, faisant glisser la cape qui dissimulait son identité.

Un murmure de surprise accueillit son apparition et du premier jugement de surprise et de méfiance, elle vit l'expression de ces Hommes se détendre et leur regard se teinter de reconnaissance alors qu'elle voyait à travers eux tout l'espoir qu'ils mettaient en elle.

Son cœur se serra d'émotion à leur accueil et son regard se fit guerrier alors qu'elle se promettait d'honorer leur confiance

Le visage de Duo s'illumina d'un immense sourire alors qu'il voyait sa petite protégée déployer ses ailes. Après tout le cheminement accomplit, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sentiment de fierté à avoir pu l'aider à se relever. A la voir ainsi, cela lui paraissait si aisé… alors qu'il y a quelques mois il pensait comme tous ces Hommes, qu'elle était perdue. A présent il avait conscience de la véritable personne qui se cachait derrière la figure politique, et des efforts qu'elle avait dû fournir pour arriver jusqu'ici, et surtout, les véritables causes qui motivaient son engagement.

-Qu'allez-vous donc proposer ? De déployer armures et soldats pour assurer une paix durable ! attaqua-t-elle alors d'une voix qui laissait clairement entendre qu'elle le mettait au défi, alors qu'elle descendait une nouvelle marche, se rapprochant davantage.

Heero ne se permit pas de détourner son attention sur elle et suivit simplement son mouvement. Cependant son ton était aussi explicite pour lui que l'expression qu'elle devait arborer. Il pouvait ressentir la prestance qui émanait de sa personne… cette aura si particulière qui la transcendait seulement dans ces moments là… dans ces moments où elle accomplissait ce qui était vraiment important pour elle… ce qui donnait un sens à son existence… et le pilote su qu'il devait s'effacer pour la laisser s'exprimer. Pour lui, la chose la plus importante était de protéger la vie de la princesse, de celle qui représentait à présent son existence. Mais la réciproque n'était pas à l'identique, le but premier de Relena était de protéger la vie, au sens général du terme. Et cela passait par l'établissement de la paix. Mais il ne lui en avait jamais voulu, il ne pouvait pas, car les principes de la princesse étaient siens. Et l'amour n'y faisait pas exception. L'amour, c'était avant tout aimer l'autre, pour ce qu'il était. Pas pour ce qu'il pouvait nous apporter. Bien sûr elle lui avait apporté des tas de choses essentielles, et cela l'avait amené à avoir de la considération pour elle, au tout début. Mais lorsqu'il l'a un peu mieux connue, c'est véritablement sa personne qui l'as fasciné. Il l'aimait pour elle avant tout. Et il respecterait toujours ses choix. Et il serait toujours à ses côtés. Parce qu'il savait l'importance de leur relation, cet amour qui nourrissait son utopie, la rendant plus accessible.

-Vous comptez procéder au désarmement de la même manière que sur Terre ? De la même manière qu'au royaume de Sank ! lança-t-elle alors plus fort, sa voix vibrante d'une colère contenue avec effort.

Onze eut un sourire mauvais à son attaque. Elle croyait peut être qu'elle allait le discréditer avec ça !

-Ce royaume n'est peuplé que de renégats ! Soutenir de tels engagements est contraire à une volonté pacifiste. C'est vous qui êtes dangereuse ! La puissance de frappe des armures rebelles et bien supérieure à celle de nos machines. Vous qui prétendiez vouloir une paix totale ! Vous vous êtes moquées du monde entier ! Vous avez disparu, faisant croire que votre « mort » était de notre ressort et préparant dans l'ombre de sombres projets. Vous n'êtes qu'une vipère !

Le regard le la princesse se durcit de mépris… seul un Homme d'une bassesse sans commune mesure pouvait s'adonner à de telles pratiques.

Heero se força à rester concentré, le sort de cet… être saurait venir en temps utiles. Duo lui, avait perdu son sourire, et sa phalange s'avançait dangereusement en direction de la gâchette. Il avait beau être conscient que Onze ne faisait tout ça que pour les amener à faire une bavure, l'envie de commettre un acte qui ne serait en aucun cas considéré comme une erreur par tous les gens censés, le titillait de façon inquiétante.

-Hey Duo, ça va ? s'enquit alors le sweeper à voix basse.

Le pilote expira et écouta son bon sens.

-Ouais ça va, le rassura-t-il sans quitter sa cible des yeux. Soyez prêt à intervenir, ça pourrait très vite se déclencher.

Relena fixait à présent son interlocuteur d'un regard qui, du mépris était passé à la compassion… pauvre homme… il avait tord de s'engager sur cette pente… mais puisqu'il voulait jouer à ça, elle allait le servir.

-Si j'étais si importante que ça dans votre politique pacifiste, pourquoi ne pas avoir officiellement fait appel à moi ! Tout le monde ici présent sait que j'aurais aussitôt engagé les négociations. Quant aux raisons qui m'ont amené à disparaître, je n'ai rien à cacher… et pour ce qui est de ces armures, chaque citoyen connaît leur identité. Les pilotes de Gundam ont toujours défendu la paix malgré toutes les accusations dont ils ont été affligés ! Mais tout ça n'a que trop duré… fit-elle soudain sombrement. Des Hommes ont pris beaucoup de risques dans ce conflit… nombreux en sont mort. Il est temps que cette lutte prenne fin ! La paix ne nécessite pas le joug des armes ! Les Sphères Unifiées n'avaient pas besoin d'être défendues ! Et si vous n'aviez pas mené le soulèvement des pays en marge, les Sphères Unifiés n'auraient jamais accepté votre domination ! termina-t-elle d'une voix autoritaire.

Un murmure de surprise fit frémir l'assemblée alors qu'elle se détournait, suivant les propos de la princesse.

Onze vit sa déchéance arriver lorsque ces milliers d'yeux se braquèrent sur lui avec un regard à présent défiant… eux qui étaient sans espoir il y a quelques minutes tout juste. Comment se pouvait-il qu'ils aient encore une telle confiance en elle !

Et alors que le lieutenant n'avait esquissé aucun mouvement et que Relena le fixait toujours, elle se sentit soudain plaquée au sol alors qu'un coup de feu retentissait.

Un mouvement de panique saisit les représentants réunis lorsque les claquements secs se répétèrent dans la grande salle. Un cri se fit entendre et la foule se précipita vers les sorties dans un désordre total.

-Sous les sièges, ordonna Heero d'une voix calme, ce qui apaisa la princesse qui s'exécuta, suivant la pression de sa main. Le jeune homme reprit appui sur ses jambes avec précaution et essaya de s'orienter au milieu de tous ces Hommes affolés qui lui condamnait ses repères à plus d'un mètre.

-Heero ! retentit soudain une voix dans son oreillette.

-Nous sommes à terre au niveau du rang 63, quelle est la situation ?

-On arrive pas à avoir le sniper ! La foule nous empêche de le cibler sans risque de toucher quelle qu'un d'autre ! s'énerva Duo, trahissant la tension qui habitait tous les Hommes de son unité qui constataient, impuissant, la scène qui se déroulait sous leurs yeux.

-Etat des pertes ?

A cette question Heero sentit la jeune fille se crisper sous lui.

-Difficile à dire. Il a touché plusieurs personnes, mais je ne crois pas qu'il y ait de gros pépin, il essaye de provoquer un mouvement de panique pour se protéger. Putain ! jura soudain le pilote, si tu crois que tu vas t'en sortir comme ça !

-Duo ne te laisse pas emporter, comprit aussitôt le jeune brun.

-Pas plus que je ne le laisserait faire encore du mal à qui que ce soit, déclara-t-il d'une voix sombre alors qu'il ajustait une dernière fois son arme.

Et dans l'indifférence la plus totale, le représentant des Epyons Terros s'effondra au sol, son cri étouffé par la foule, comme le coup de feu du silencieux.

-Bon, je vais aller cueillir le pépé avant qu'il ne s'échappe en rampant lamentablement au sol, fit le pilote à la natte, satisfait du voir son ennemi se tenir misérablement sa jambe blessée alors qu'il semblait manifestement complètement terrorisé.

-Franz, je te laisse les commandes.

-Ok.

-On ne peut pas rester ici plus longtemps, il faut qu'on bouge. On va rejoindre la porte Ouest.

-Ok, on se retrouve plus tard.

-Allons-y, souffla alors le jeune homme à l'oreille de la princesse.

Plusieurs minutes plus tard ils arrivaient à la porte Ouest qui avait été abandonnée par les foules qui ne s'échappaient à présent plus que des trois artères principales.

-Nous allons nous relever.

-Ok on vous couvre.

-Maintenant !

Et le pilote se releva son arme au poing et la jeune fille maintenue derrière lui.

Le lieutenant tentait avec effort de se relever en prenant appuis sur un coin du pupitre lorsqu'il se retrouva soudainement face à un canon. Il releva son regard et constata qu'un jeune homme en tenue sombre se trouvait face à lui. Saisit de surprise, le dirigeant blessé tomba à la renverse.

-Le Dieu de la mort n'oubli jamais personne une fois qu'elle est inscrite sur sa liste, déclara-t-il d'une voix caverneuse alors que son regard s'était fait de marbre.

-Arrêtez ! Arrêtez ! Je vous en prie, supplia l'homme alors qu'il levait les mains dans un geste de soumission.

Duo s'immobilisa, fronçant les sourcils. Il le vit alors amorcer un mouvement et pointa plus fermement son arme.

-Non ! s'écria-t-il complètement affolé, attendez ! Je veux juste vous montrer quelque chose !

Le pilote d'un mouvement sec de son arme lui indiqua de s'exécuter.

L'homme à terre effectua alors des gestes lents et sous le regard, à mesure assombrit du pilote, ôta le masque et le modulateur vocal qui dissimulait son identité.

-Je… je ne suis pas Onze, je recevais toutes ces informations par ce communicateur.

Duo un instant stupéfait, réalisa soudain les conséquences de cette révélation.

-Mon dieu, souffla-t-il alors qu'il abaissait son arme

Et avant que l'homme n'ait pu réagir il se retrouvait inconscient, Duo ayant déjà disparu.

Heero pénétra en premier dans le couloir et involontairement son corps se figea. Un doute le traversa mais à l'observation de l'allée, rien de suspect ne lui permettait de donner raison à ses impressions. D'autant plus qu'il ne pouvait pas se permettre de faire ainsi patienter Relena derrière lui. D'un geste, il lui indiqua de le suivre.

La princesse poussa un soupir de soulagement dès qu'elle eut quitté la salle de conférence et alors qu'ils progressaient dans l'allée, elle abaissa son regard sur la silhouette du pilote devant elle pour le voir soudainement se figer, elle eut à peine le temps de ralentir son allure, que le pilote se retournait soudainement. Et ses paroles la firent basculer dans l'angoisse.

-Va-t'en ! cria-t-il alors qu'il pointait son arme dans la direction opposée.

Relena ne se posa pas de questions et s'exécuta aussitôt, prenant la fuite alors qu'un premier coup de feu retentissait. Elle accéléra sa course sous le claquement assourdissant de l'échange des balles entre les adversaires jusqu'à ce que soudainement tout bruit cesse, imposant un silence seulement perturbé par son souffle court et sa fuite désespérée.

-Arrêtez ou je l'abats ! retentit soudain une voix que trop reconnaissable.

-Nooon ! lui coupa aussitôt la voix suppliante d'Heero.

Mais Relena s'était déjà immobilisée… il la vit esquisser un mouvement de retournement et il tenta à nouveau de la faire changer d'avis.

-Va-t'en ! lui cria-t-il d'une voix plus autoritaire qui fut aussitôt étouffé par le geste violent d'un soldat.

-Regardez comme il semble désespéré ce petit ! ricana Onze alors que le pilote venait de perdre pour un instant ses réflexes, assommé par le coup. Aurais-je ici découvert ici la faille de l'invincible Heero Yuy ?

Mais à ce moment là, le pilote se ressaisit et lui adressa un regard plus que meurtrier. Il ne tenta pas de s'échapper, choix qui s'avérerait trop risqué pour la ministre, il concentra donc toute son énergie dans ses yeux aguerris par sa position de faiblesse.

Le lieutenant ne le soutint pas longtemps et cela se vit clairement que ce jeune captif lui faisait perdre ses moyens. Et il dissimula son trouble en se tournant vers la princesse qui avait assisté à la scène. Et lorsqu'elle l'entendit réitérer sa demande, son regard se durcit alors qu'elle avançait dans sa direction.

Heero l'observa s'approcher à présent sans se manifester, bien malgré lui captivé par l'allure altière de la jeune fille. Avant même son titre, elle était une princesse au plus profond de son être, cela ne faisait aucun doute.

Et tout en avançant, elle réfléchissait à toute allure.

Comment Onze pouvait-il être blessé et à la fois face à elle ?

Manifestement il avait tout prévu, et cela n'augurait rien de bon…

-Vous n'avez même pas eu le courage de faire face à l'assemblé… fit-elle d'un ton aux consonances méprisantes alors qu'elle s'immobilisait face à lui, le fixant toujours avec appuis.

Le commandant de son unité eut un sourire derrière lequel il eut du mal à cacher qu'il perdait son calme.

-A vrai dire vous êtes pire qu'une vipère, miss Peacecraft-Darlian, après un hiver tenace, vous revenez encore plus vénéneuse.

-N'insultez pas ces animaux, les serpents n'attaquent que par nécessité. Pas. Comme. Vous, appuya-t-elle ses derniers propos.

Je pensais pourtant avoir été suffisamment clair la dernière fois. Qui aurait cru que cette lamentable gamine que j'avais à mes pieds, à l'antichambre de la mort, reviendrait un jour me tenir tête ? Hein ? ricana-t-il alors qu'il rompait le mètre qui les séparait l'un de l'autre pour saisir entre sa paume puissante l'épaule qui avait été déchirée pas une balle. Aurais-tu vraiment tout oublié, princesse ? fit-il d'un ton faussement respectueux alors qu'il refermait sa main sur sa prise, serrant davantage à mesure que les secondes passaient.

Heero fixait avec appréhension la scène, il se sentait bouillir de l'intérieur. Car il était capable de voir la souffrance inapparente de la jeune fille qui soutenait l'affront de Onze avec courage… mais elle ne pourrait résister plus longtemps. Elle avait déjà une capacité à endurer qu'il ne lui aurait pas suspectée quelques mois auparavant. Relena avait développé une aptitude à relativiser sa souffrance, un peu comme on le leur avait appris à eux, pilotes de Gundam, à l'exception qu'elle, elle n'avait jamais suivit d'entraînement. C'était sa volonté sans faille qui lui avait donné la capacité de résister à la douleur, c'était l'une des facettes inconnues de sa personnalité qu'il avait découvert ces derniers mois.

Mais malheureusement, le lieutenant avait fini par atteindre son seuil et son cri, trop longtemps contenu, déchira le silence qui s'était installé.

Le pilote en noir se figea. C'était Relena. Et toute proche. Il avait été devancé, Onze était déjà sur ses deux amis…

-Ici Duo, je les ai repérés.

-Je t'envois des renforts ? lui demanda le sweepers.

-Non. Ils n'attendent que ça. On ne doit pas intervenir tant qu'ils auront leurs otages. Tenez vous prêt à bouger, je vous indiquerait lorsqu'ils se déplaceront, on formera un périmètre de sécurité. Je me débrouille pour le reste.

-Ok.

Heero n'y tint plus et envoya valser un des hommes qui le retenait, et il aurait fait de même avec le second si il ne s'était pas retrouvé aussitôt avec plusieurs armes pointées sur lui. Il s'immobilisa, le regard plus sombre que jamais.

-Allons Heero que croyais-tu ? Je n'allais pas tuer comme ça ta belle princesse, non, il lui faut une fin digne de son rang, sourit-il d'un air malsain. Très bien, lâcher-les !

Les deux captifs restèrent un instant immobiles, désorientés par cet ordre, mais ils comprirent vite en voyant les soldats constituer un cercle autour d'eux que Onze se délectait de la situation tragique dans laquelle il avait mise ses proies.

Heero analysa d'un léger mouvement de tête l'ensemble des hommes qui les entouraient. Impossible d'en réchapper sans aide extérieure.

-Je ne vais pas patienter éternellement. Je vous laisse la possibilité de vous dire adieu, fit-il d'un ton beaucoup plus grave.

Cette fois il ne jouait plus. En tout cas plus de la même manière.

Le jeune homme tourna franchement la tête, parcourant un large demi-cercle avant de s'arrêter sur Onze. Mais d'un regard tout à fait différent, complètement détaché. Le lieutenant fronça les sourcils, contrarié.

Heero le quitta alors des yeux avec la même indifférence et posa son attention sur la princesse au centre. Relena cilla, réadaptant sa sensibilité à Heero. Oui, elle arrivait à voir à travers son visage sans expression. Hors de question de laisser à Onze le loisir de voir par lui-même la profondeur des sentiments qui les unissait. De toute manière, bien loin de l'attendrir, cela l'aurait rendu encore plus virulent.

Le jeune homme se mit alors en marche dans sa direction, toujours dans la même attitude. Pour une personne extérieure, rien ne transparaissait. Heero s'immobilisa à quelques centimètres de son visage. Les yeux de tous les Epyons Terros les fixant à présent avec toute leur attention. Il releva alors une de ses mains qu'il glissa derrière la nuque de la princesse d'un geste mécanique, se dissimulant ainsi sous sa chevelure. Le mouvement de ses phalanges se transforma alors radicalement et il pressa tendrement ses doigts contre sa peau, exprimant à travers ce geste tout ce qu'il ressentait pour elle. Il sentit la princesse frémir et ses émotions l'envahir à son tour.

Le lieutenant vit les muscles de l'avant bras d'Heero se contracter alors qu'il ramenait la princesse contre lui, leur regard respectifs toujours à l'identique. Il ne comprenait pas. Comment pouvait-il afficher autant d'indifférence. Cela commençait à l'agacer, lui qui avait espéré assister à des adieux larmoyants. Onze se calma un instant lorsqu'il vit le pilote se pencher vers la princesse.

Mais Heero n'allait pas lui laisser cette chance. Il feinta les lèvres de la princesse pour se placer joue contre joue, et il murmura à son oreille le plus beau de tous les serments.

-Je t'aime

-Cela suffit ! explosa alors le dirigeant, vous ne croyez tout de même pas que je vais vous laisser comploter sous mon nez !

Et avant qu'elle n'ait eu le temps de réaliser, Relena était séparée sans délicatesse de la proximité d'Heero. La princesse encore bouleversée par les paroles du pilote, n'eut pas les réflexes pour s'opposer aux soldats et se laissa faire docilement, encouragé par le regard du jeune homme qui s'éloignait et qui lui disait de ne rien tenter.

-Nous avons suffisamment perdu de temps comme ça, allons-y !

Et la jeune fille se vit éloignée du pilote avec lequel restèrent un groupe de soldats… et l'expression de ces hommes la fit soudain réagir.

-Qu'allez-vous lui faire ! intervint-elle soudain d'une voix angoissée alors qu'elle se figeait juste avant l'angle qui allait la séparer définitivement du jeune homme.

Heero, qui affichait toujours son expression indifférente, ne pu résister à son acte désespéré et brisa son masque, son regard révélant l'ampleur de son attachement.

-Vous feriez mieux de vous soucier de votre sort ! rétorqua le lieutenant sans même se retourner.

Ne tente rien…lui demanda-t-il une dernière fois avant de la voir disparaître. Le corps du pilote se tendit alors et son regard s'assombrit alors qu'il observait les soldats. Ce n'était pas le moment de mourir. Et il allait lui falloir s'en sortir sans grosse blessure… ce n'était pas gagné… d'autant plus qu'au bout de quelques secondes l'attitude des soldats devint nettement moins correcte. Maintenant que leur chef était partit, c'étaient à eux d'entreprendre leur propres jeux. Ils pointèrent leurs armes sur leur proie au centre en ricanant.

-Alors il paraît que les pilotes de Gundam sont aussi indestructibles que leur armures !

-Bin on va vérifier ça !

-Oué on va voir ce que ça donne si on te fait six trou d'balles supplémentaires !

Le pilote fronça les sourcils, ça se présentait mal.

[1] : Trouble Involontaire Convulsif. Il existe aussi les TOC, troubles obsessionnels convulsif, mais là c'est nettement plus grave ^^''

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