"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueuilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompés en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueuil et mon ennui."
On ne badine pas avec l'amour - Alfred de Musset.
The call of the wave – 19
Au large de la petite ile de Cobra, nouveau monde
Calle des rames, MobyDick
Il faisait sombre. Un léger filet de lumière glissait à travers les lattes du plafond. L'odeur était intenable, un mélange de sueur, d'eau de mer et de renfermé. Si on tendait suffisamment une oreille aiguisée, on aurait pu entendre le bruit des respirations saccadées, des souffles courts, cherchant l'air. Et enfin, dans l'obscurité omniprésente, plusieurs corps bougeaient à l'unisson. Chacun tenait une grosse rame à deux mains et la faisait tantôt avancer, tantôt reculer, d'un seul et même mouvement. Un millier d'hommes ramant à en perdre haleine et au milieu de tout ça, une silhouette fine. Elle se donnait autant qu'eux, si ce n'est plus. Bougeant son petit corps avec une ferveur incroyable. Jusqu'au bout, sans rien lâcher. Déterminée. Si l'on y regardait de plus près, elle souriait. A pleine dent, à s'en péter la mâchoire, la jeune femme narguait tous ces hommes de son rictus de conquérante.
« C'est bon les gars, on y est ! » hurla Vista à l'autre bous de la pièce.
Le ballet des rames s'arrêta soudain, et chacun repris son souffle lentement. Une bonne douche ne ferait de mal à personne.
Petit à petit, tous les hommes avaient quitté la grande calle pour se rendre dans la salle d'eau. Kono avait fait de même, elle était à présent devant la porte en bois. Du bout des doigts, elle la poussa, dévoilant la grande pièce. En voyant qui s'apprêtait à entrer, ils dévisagèrent tous la jeune femme.
« Elle va tout de même pas faire ce à quoi je pense ? demanda Jeff à Satch.
- Bien sûr que si. » sourit le commandant.
Elle n'avait pas d'autre solution, si pour leur prouver qu'elle n'avait pas changé, elle devait prendre une douche en plein milieux d'une salle remplie d'hommes. Alors elle le ferait. Elle traversa le grand corridor sous les yeux de tous. La tête haute, les yeux fixés sur la douche vide du fond, elle ne flanchait pas sous le poids des regards. Une fois arrivée devant sa cabine habituelle, elle ôta ses chaussures et le reste de ses vêtements.
Pour qu'ils la considèrent de nouveau comme une des leurs, elle allait devoir faire fi de sa pudeur. C'était un test, et la griffonne allait le relever. Maintenant nue sous l'eau bouillante, elle essayait de passer outre les centaines de têtes tournées vers elle. Elle mit son visage sous le jet, laissant l'eau clair ruisselée le long de ses traits fins.
« Je serais toi, je ne ferais pas ça, dit soudain Marco.
- Chuuuut. » lui répondit Satch avec une discrétion incroyable.
Elle tourna lentement la tête pour découvrir le commandant de la quatrième division, une serviette autour de la taille, essayant de la reluquer dans sa douche. Un rictus mauvais se dessina sur les lèvres fines de la jeune femme et elle se bougeât pas d'un pouce, continuant à se laver.
« Satch ? somma-t-elle.
- Hum ? répondit-il en toute innocence.
- Si tu ne regardes pas ailleurs immédiatement, je t'arrache les yeux. »
Elle avait dit ça d'un ton tellement calme, que s'en était d'autant plus apeurant.
« Tu t'es peut-être gênée toi ? » répliqua-t-il.
Il marquait un point. Elle attrapa sa serviette blanche, la nouât autour de sa poitrine de manière à ce qu'elle la recouvre jusqu'au-dessus des genoux.
« Non, pas du tout. » conclu Kono en passant devant lui, ses vêtements en mains.
Elle sortit comme elle était entrée, le menton relevé, le dos droit, totalement indifférentes à l'expression choquée de ses camarades. Une fois la porte claquée, Satch se gratta la tête et regarda les autres.
« Eh beh, si on m'avait dit un jour qu'il se produirait ce genre de truc à bord, j'y aurais pas cru. » dit-il.
Les hommes présents partirent d'un fou rire non-contrôlable.
Ace scrutait l'horizon. Il était préposé à la vigie pour quelques heures, et en profitait pour réfléchir. La nuit dernière, il n'avait pas pu fermer l'œil en pensant à tous les évènements qui s'étaient produits. Il était contrarié par cette jeune femme qui se permettait d'arriver et de tout bousculer sur son passage. Pour qui se prenait-elle ? Et puis, que foutaient Satch et Marco à lui passer le moindre de ses caprices. Comment cette fille faisait-elle pour se prendre pour la petite princesse du navire, sans que personne ne lui dise rien.
En vérité, le commandant était plus vexé qu'en colère. Pour la simple et bonne raison qu'elle était une femme, on lui passait tout. Même si les autres faisaient mine de lui en vouloir, il voyait bien qu'ils mouraient tous d'envie de faire connaissance avec la seule présence féminine à bord. Ce qui était débile en soi, parce que si on partait du principe que Kono et Conrad était la même personne depuis le début. Techniquement, il la connaissait déjà.
Et puis il y avait l'autre, le médecin qui la collait en permanence. Il ne pouvait pas se le voir celui-là, mais la raison lui échappait encore.
Le commandant était énervé par son propre comportement. Parce que même s'il avait tout essayé pour sortir la brune de son esprit, et faire fi de l'ignorer quotidiennement, il passait quand même tout son temps à l'épier. Pourquoi ? Il n'en avait lui-même aucune idée. Mais tout ça commençait à lui taper sérieusement sur les nerfs.
Soupirant, il reporta son attention sur le paysage. En vue, il y avait une petite île estivale. De loin, il distinguait les grandes plages de sable blanc, les palmiers et leurs grandes feuilles verdâtres. De grosses vagues s'écrasaient lourdement sur sable fin, laissant des traces éphémères qui partiront au prochain rouleau. Il semblait y avoir une ville sur cette île, d'après le paternel, quelqu'un de très important y avait accosté la veille, et ils devraient éviter toute confrontation.
Le bruit de la porte principale le sortit de sa rêverie, en bas, Kono traversait le pont en direction de l'infirmerie. Il la suivit des yeux, avant de la voir disparaitre derrière la porte blanche. Son poing se ferma automatiquement et il l'abattit sur la rambarde de la vigie. Il allait devenir fou.
Kono était seule dans l'infirmerie, elle était venue pour parler avec Raphael, mais ce dernier était introuvable. Après le coup de stress de l'épreuve des douches, elle avait besoin de tendresse, de quelqu'un qui la voyait comme une femme et non un hybride. Il fallait qu'elle évacue toute cette tension.
Faisant une moue boudeuse, la jeune femme sortit comme elle était entrée et marcha en direction de la cabine de Jeff…
Le tatoueur ouvrit la porte de sa cabine, et se trouva face à une paire d'yeux dorés, le fixant intensément. Il sursauta avant d'allumer la lumière. Devant lui, la griffonne souriait à pleines dents, assise dans son fauteuil favori.
« Salut ! dit-elle joyeusement.
- Bon dieu Kono, j'ai failli faire une attaque ! » lui reprocha l'ours.
Elle rigola doucement et il s'assit face à elle.
« Qu'est-ce qui t'amène gamine ? s'enquit le brun.
- J'ai un travail pour toi » expliqua-t-elle.
Joignant le geste à la parole, elle sortit un bout de papier de sa poche et la donna au tatoueur. Il fronça les sourcils, faisant apparaitre une ride sur son front. Malgré le fait qu'ils passent énormément de temps ensemble, Kono n'arrivait pas à donner d'âge à Jeff. Il était comme intemporel. La jeune femme avait un profond respect pour lui, il était l'illustration parfaite de l'expression « l'habit ne fait pas le moine ». Sa puissance physique, la manie qu'il avait de toujours regarder les gens dans les yeux, sa taille de géant, ses mains d'ours, et pleins d'autres détails qui faisaient de lui un homme imposant. Elle était passée outre tout ça pour découvrir très vite, que derrière se cachait un homme doux, adorable, attentionné et profondément gentil. Le seul qui l'avait accepté en premier, qu'elle soit un homme ou une femme. Le seul à l'avoir défendu lors de sa défaite cuisante. Son plus fervent supporter lors des bras de fer. Il était devenu au fil du temps, son plus grand allié, sa plus grande force.
« Et tu le voudrais où ? somma-t-il.
- Ici, dit-elle en lui tendant son poignet.
- Ca risque d'être douloureux…
- Je crois que je ne suis plus à ça près. » trancha la jeune femme en désignant son ventre.
Jeff s'était appliqué, et elle avait à peine senti le picotement et le résultat était à la hauteur de ses attentes. Sur le poignet fin et bronzé de Kono, se dessinait maintenant une petite ancre marine, d'environ cinq centimètre. La peau tout autour était rougie par le traumatisme du tatouage, mais bientôt, il ne resterait plus que l'œuvre de Jeff.
« C'est parfait, » souffla-t-elle en lui déposant un baiser sur la joue.
Ils n'avaient pas l'habitude d'autant de démonstration d'affection, mais le gêne qui s'emparait d'eux finirait bien par disparaître…
Allongée sur un des lits de l'infirmerie, Kono se faisait soigner par Raphael. Lorsqu'il s'occupait d'elle, le jeune homme était insondable, son visage n'affichait qu'une profonde concentration. Quelques fois, il faisait une légère moue montrant à la jeune femme qu'elle avait trop forcée sur son abdomen.
« Tu n'aurais pas dû les aider à ramer, accusa-t-il.
- Il fallait bien, se justifia-t-elle.
- Tu n'as rien à prouver Kono… » murmura-t-il.
Elle le regarda un instant, avant de poser sa main sur le bras du médecin. Il resta fixé sur le poignet de la jeune femme, avant de lâcher son désinfectant et de lui attraper la main. Le brun examina le tatouage un instant.
« Pourquoi cet ancre ? questionna-t-il.
- Différentes choses, tu aurais préféré que j'écrive ton prénom peut-être ? taquina la griffonne.
- J'aurais adoré » répliqua-t-il en lui offrant son sourire en coin.
Il attrapa un tube de crème hydratante et en appliqua une noisette sur le poignet rougie de Kono. Le brun massait délicatement sa peau, lui faisant un bien fou.
Elle regarda à travers le gros hublot. Ils arrivaient sur une île estivale, tout ça lui donnait une idée…
« Est-ce que tu peux me faire un pansement qui résiste à l'eau ? demanda-t-elle.
- Tu es au courant que les utilisateurs de fruit du démon ne peuvent pas nager ? répliqua le doc.
- Ce n'est pas une réponse. »
Il la gratifia d'un rictus agacé avant d'appliquer une bande de protection, imperméabilisant en partie sa plaie.
« Je t'ai trouvé des vêtements, dit-il.
- J'ai des vêtements, rectifia-t-elle.
- Ce sont les vêtements de Conrad, répliqua-t-il.
- Je suis Conrad. »
Il soupira et la vrilla de ses yeux d'argent. Cette femme était plus têtue que tous les hommes du navire réunnit. Il partir fouiller dans une armoire, et en sorti une petite pile de vêtements féminins.
« Si tu crois que je vais porter des trucs aussi sexy à bord d'un bateau rempli d'homme, tu te fourre le doigt dans l'œil, rigola-t-elle.
- Même pour me faire plaisir ? » dit-il dans un sourire taquin.
Ce rapprochement soudain entre eux, cette proximité, l'étonnait toujours autant. Elle s'était ouverte à lui avec une facilité déconcertante, acceptant son aide sans rechigner. A vrai dire, il avait demandé à s'occuper d'elle, car il trouvait son cas particulièrement intéressant. Une femme, prête à tout abandonner pour mener une vie de pirate désenchanté, comment résister ? Sa détermination, la force de caractère dont elle avait dû faire preuve pour garder son secret pendant trois mois, tout ça l'impressionnait beaucoup plus qu'il ne voulait le dire.
Le capitaine avait réuni tout le monde sur le pont supérieur. Il leur avait expliqué qu'ils avaient quartier libre pour la fin de l'après-midi, mais qu'il voulait qu'ils passent la nuit à bord. L'île ne semblait pourtant pas bien dangereuse… D'après lui, ils allaient rester ici une bonne semaine, car il avait quelques petites choses à régler. Seul les commandants en savaient plus, et les autres ne cherchaient même pas à comprendre. Une fois tout le monde à terre, le paysage semblait plaire à plus d'un.
« C'est le temps idéal pour surfer » avait lâché innocemment Marco.
Kono avait pris ça pour un encouragement, et la jeune femme avait demandé à Jeff l'attendre quelques secondes.
Le phénix était sûr de son coup, si elle montrait ses aptitudes incroyables aux autres, ils seraient tellement impressionnés, qu'ils oublieraient immédiatement toutes les petites rancœurs…
Dans le dortoir, la griffonne venait d'enfiler son bikini avec une précaution infime, faisant attention à ne pas toucher au pansement imperméable. Elle passa ensuite sa combinaison, mettant simplement le bas, et laissant les manches tomber le long de ses fines jambes. D'un geste anxieux, elle ébouriffa ses cheveux. C'était le grand moment.
Quelle ne fut pas la surprise des hommes de Barbe Blanche, en voyant la jeune femme arriver ainsi apprêtée, une planche dans les mains. Marco arborait un rictus satisfait, Satch restait fixé sur la tenue de Kono, Jeff était aux anges, et Ace semblait… médusé.
« C'était donc lui, ce fameux tatouage. » dit Satch en pointant du doigt l'aine découverte de la surfeuse.
Une vague était tatoué de manière tribale du côté droit. Elle lui sourit et s'approcha de Marco. La jeune femme ne savait pas s'il lui en voulait encore, mais il semblait apte à la discussion.
« Il parait qu'il faut toujours écouter les conseils d'un phénix. » lui dit-elle doucement.
Il sourit un peu et lui tendit son poing, elle y entrechoqua le sien en un check d'encouragement. Sans qu'elle s'en rende compte, tous les regards étaient maintenant tournés vers elle. Elle passa entre les hommes et s'avança vers la mer. Alors qu'elle marchait droit devant elle, Raphael lui attrapa le poignet et elle se stoppa. Sans rien dire, il enroula une bande autour de son tatouage encore frai, délicate attention qui l'empêchera de s'infecter. Elle lui déposa un baiser sur la joue en guise de remerciement et continua sa descente vers la mer.
Les vagues étaient fortes, de quoi leur offrir un beau spectacle. Un peu de mousse stagnait de-ci de-là, mais rien de bien gênant, certains rouleaux allaient tout de même lui donner du fil à retordre. Le sable mouillé épousait parfaitement la forme de ses pieds, lui donnant l'impression d'être seule sur terre. Elle fit quelques pas et l'eau lui lécha les pieds, un vent marin fit voleter ses cheveux, l'enivrant d'une exquise odeur salée. Elle planta sa planche dans le sol et remonta sa combinaison jusqu'en haut.
Sa planche à la main, Kono avançait dans l'eau fraiche. Quand le niveau dépassa sa taille, la jeune femme se décida à chevaucher sa fidèle alliée. Une énorme déferlante arrivait droit sur elle, alors la griffonne se mit dos à la vague et utilisa ses mains pour ramer quelques secondes. Quand une impulsion lui indiqua que le rouleau s'approchait d'elle, elle se mit en position et au moment de se mettre debout, la surfeuse se servit de la force de la vague pour se propulser sur le dessus de la lèvre. En équilibre sur sa planche, elle était d'une grâce incroyable. Le vent fouettait son visage, lui envoyant des milliers de gouttelettes salées, la puissance du courant la transcendait, et elle émanait une confiance en elle incroyable.
A chaque nouvelle vague, elle changeait de figure, offrant un spectacle époustouflant à ses camarades. Tantôt sous un rouleau, puis en équilibre dessus. Elle était dans son élément.
Ils étaient littéralement sur le cul. Chacun d'entre eux, Marco excepté, avait la bouche grande ouverte. Ace n'en revenait pas, elle était simplement splendide. L'incarnation de la volupté, comme inflexible face au dangereux océan. Barbe Blanche regardait toute la scène depuis la proue de son navire, et alors qu'elle chevauchait une vague d'une rare violence, la légende avait clamé d'une voix puissante :
« Tu es bien la fille de ton père ! »
En entendant les paroles du grand homme, la jeune femme avait sourie de toutes ses dents. Elle s'était redressée un peu plus, et avait exécuté une figure splendide, s'envolant presque.
A plat ventre sur le deck, Kono se laissant ramener sur le bord par une vaguelette. Une fois à quelques mètres des autres, elle descendit et nageât jusqu'à la plage. Une fois debout, face à tous, elle attendait une réaction spéciale. Mais devant elle, une horde d'homme imitant les poissons, la dévisageaient. Elle fronça les sourcils et retira sa combinaison trempée, avant d'attraper sa planche et de fendre la foule direction le MobyDick.
Toujours aucune réaction, ils étaient trop surpris pour dire quoi que ce soit.
« Elle est douée hein, remarqua Marco.
- Tu le savais déjà n'est-ce pas ? devina Ace.
- Je la regarde faire ça tous les soirs depuis qu'elle est à bord, » renseigna le phénix.
Sur cette phrase, Marco préféra retourner sur le navire, laissant les autres reprendre leurs esprits.
…
Kono et Marco étaient assis côte à côte sur la proue en forme de baleine. Après s'être changée, Kono était partie s'allongée dans l'infirmerie ou Raphael l'avait rejoint. Le médecin n'avait rien dit à propos de ses aptitudes, il s'était contenté de rester à ses côtés. Au bout d'un moment, elle lui avait annoncée qu'elle allait prendre l'air avant le repas et avait vu Marco regarder le coucher de soleil. Elle s'était installée près du commandant et ils étaient restés en silence un bon moment. La veille, elle avait observé la montée en puissance du soleil, et maintenant elle voyait sa chute. Après avoir dominé le ciel pendant toute une journée, l'empereur de feu descendait doucement vers l'océan. Sa lumière s'affaiblissait de minutes en minutes, comme s'il perdait son combat. Abandonnant son statut laissant la lune pour régner à sa place, faisant d'elle la reine des cieux. Elle veillerait sur son royaume jusqu'au lendemain, où à l'aube, le roi déchu viendrait récupérer son trône.
« Tu les as impressionnés tu sais, lui dit soudain le phénix.
- Ce n'est pas l'impression que j'ai eu, lâcha-t-elle, pessimiste.
- Même Ace en est resté sans voix, et quand je suis rentré dans le dortoir, ils ne parlaient que de ça. » informa le blond.
Les discussions étaient passées de « comment critiquer Kono ? » à « Oh, mais qu'est-ce qu'elle surfe bien ! ». En soit, c'était un progrès incroyable.
« Tu m'en veux encore ? s'enquit-t-elle.
- Je ne t'en ai jamais voulu, j'étais simplement déçu, rectifia-t-il.
- Ce n'est pas comme si j'étais la fille de Roger non plus, essaya-t-elle de plaisanter.
- C'est Ace le fils de Roger. »
Elle rigola un instant, croyant qu'il lui faisait une blague. Le rire de la jeune femme résonna à travers le pont du bateau, elle lui donna un coup de coude joueur, montrant qu'elle avait compris le jeu de mots.
« Ce n'est pas une blague. » dit-il sérieusement.
Son sourire s'estompa un peu et elle le regarda intensément. Il rigolait ?
« Tu rigoles, hein ? demanda-t-elle, le suppliant presque du regard.
- Il fallait bien que tu le saches un jour, conclu le blond.
- Rigole pas avec ça Marco ! Tu déconnes, hein, dis-moi que tu déconnes ! » paniqua la jeune femme en s'approchant de lui.
Le comportement si colérique, borné et haineux d'Ace s'expliquait beaucoup mieux maintenant… Il en souffrait, c'était évident. Etre le fils d'un tel homme devait être terriblement lourd à porter... Et si ça se savait, il deviendrait automatiquement l'ennemi public numéro un... On l'exécuterait seulement à cause de son père... C'était horrible... Comme si parce qu'ils avaient le même sang... Mais... Mais s'il lui avait donné son sang alors elle... Impossible...
« Attend une minute, t'es en train de me dire que j'ai le sang de… non…
- Si, tu as le sang de GolD. Roger dans tes veines. »
Elle resta muette, ne sachant que dire devant cette révélation.
« J'ai aussi un message pour toi de la part du paternel. Il voudrait que tu intègres la seconde division… informa Marco.
- Je suis plus à ça près, ironisa-t-elle.
- Il a pas fait ça pour rien, demain matin il envoie le seconde en mission sur l'île et ils auront besoin de toi.
- Super, quoi de mieux que de passer tout son temps avec la personne qui vous aime le moins sur cette planète, râla la brune.
- Laisse faire le temps… »
N'hésitez pas à me dire vos avis, suppositions et impressions.
Bonne soirée =)
