Chapitre 21 : Méfiez-vous du retour d'une mère.

Juvia rangea ses livres dans son casier, sans vraiment y faire attention, elle était dans ses pensées.

Elle repensait à tous les événements d'hier, particulièrement à celui survenu en fin d'après-midi.

La mère de Sting avait refait surface à plus grande surprise de Juvia et aussi pour son plus grand trouble.

Les deux femmes avaient parlé pendant plus de deux heures pendant lesquelles la mère de Sting s'était confiée à la bleue et lui avait demandé de l'aide pour parler à son fils et Juvia bien que réticente avait finit par accepter, surtout grâce aux suppliques de la mère.

Juvia s'était laissée convaincre par l'histoire de la femme et aussi parce qu'en se souvenant des réactions de Sting quand il parlait de sa mère, Juvia s'était dite que cela serait bien de renouer le lien.

Juvia était tout de même, un peu stressé à l'idée d'en parler à Sting, elle redoutait l'effet qu'aurait se retour sur lui.

Juvia soupira une nouvelle fois et referma son casier.

Soudainement deux bras vinrent enserrer sa taille et un baiser se déposa sur son cou.

_ Bonjour poupée.

La bleue se retourna et l'embrassa furtivement, ce qui ne fut pas du goût du blond qui voulut prolonger le baiser.

Ce dernier devint rapidement passionné et assez inapproprié pour un baiser dans un lycée, si bien que Juvia recula et mit un doigt sur ses lèvres pour le stopper.

_ Tu as laissé passer ta chance samedi, c'est trop tard.

La bleue se détacha de lui et s'en éloigna avec un sourire narquois.

Sting avait bien entendu comprit que Juvia faisait allusion à samedi soir quand il avait refusé de coucher avec elle.

Le blond ne voulait pas repenser à cela et rattrapa rapidement sa petit-amie.

_ Je vais me rattraper, assura le blond, on aura plein d'autres occasion crois moi !

_ Mouais…Juvia n'en est pas si sûr…Tu es interdit de séjour à la maison et Jellal vérifie si Juvia rentre à l'heure… heureusement hier Wendy a pu intercepter l'appel du lycée.

_ A propos d'hier qu'est-ce qu'on doit faire par rapport à Minerva ?

_ C'est vrai que cette histoire avec son père m'inquiète souffla Juvia.

Tandis que le couple passait ils ne firent pas attention à Jet qui passait à côté d'eux et le roux entendit leur conversation. Ce qui le décida à aller parler à la brune, il se mit donc à marcher plus vite et se dirigea jusqu'au casier de la brune.

Il trouva celle-ci entrain de ranger ses livres dans son casier et n'hésita à pas aller l'aborder.

_ Salut Minerva !

Jet se permit une certaine familiarité après ce qu'ils avaient faillis faire hier, pourtant son arrivé fut accueillit par un visage froid et des lèvres serrés.

_ Dégage.

Le roux se sentit déstabiliser par cette soudaine froideur, elle qui avait prit l'habitude de lui offrir des sourires charmeur, Jet se trouvait désormais désarmé, mais il ne se laissa pas démonter.

_ Est-ce que son ton poignet va bien ?

La brune qui s'était attendu à cette question eut un visage inexpressif en lui répondant d'un ton impersonnel.

_ Tu m'as lassé.

Jet ne su pas quoi répondre à ça.

_ Je me suis bien amusé avec toi mais aujourd'hui j'ai envie de changé de jouet, donc tu peux t'en aller.

_ Est-ce que tu me dis ça à cause de ce que j'ai vu hier. Dit-il pas plus perturber que cela de se faire traiter de « jouet ».

Minerva laissa échapper un soupir exaspéré et s'apprêtait à s'en aller, quand Jet saisit son poignet à l'endroit où son père l'avait tenu hier.

Sans même lui demander son avis il fit remonter la manche de son pull et découvrit avec horreur l'empreinte de doigts qui formait un grand bleu violacé. Ce qui avait provoqué cette marque avait été non seulement la poigne de fer de Gemma mais aussi le fait qu'il utilise un peu de magie pour que ce soit plus douloureux.

Minerva arracha son poignet à son emprise et se pressa de faire descendre sa manche.

_ Si tu en parle, je te jure que…

_ Ce n'est pas la première fois qu'il fait ça, n'est-ce pas ? La coupa t-il.

_ La ferme ! Gronda t-elle.

_ Attend ! dit-il en fouillant dans son sac à dos.

Il en tira une liasse de feuille et les lui mit dans les mains.

_ J'ai fait des recherches hier, sur comment repérer les cas de maltraitances.

Minerva hallucinait. Avait-il vraiment fait ça pour elle ? Se souciait-il d'elle a se point ?

_ Pourquoi as-tu fait ça ? Murmura t-elles les yeux exorbités, en regardant les feuilles et en voyant des lignes soulignés au fluo.

La brune malgré tout son self-control, ne put empêcher son visage de traduire l'étonnement. Et dans sa poitrine une étrange chaleur se diffusa, elle jeta successivement un regard aux papiers et au visage soucieux du roux.

_ Je me suis inquiété pour toi, avoua Jet.

Minerva n'en pouvait supporter davantage, elle lui balança ses papiers à la figure et dit d'un ton furieux.

_ Mon père ne m'a jamais frappé alors oublie cette histoire de poignet.

Elle s'éloigna de lui d'un pas pressé, ce crétin avait réussit à la troubler et à faire son rythme cardiaque légèrement accélérer.

Jet récupéra les papiers éparpillés bien décidé à aider la brune même si celle-ci refusait son aide.

D'un autre côté Sting arriva devant sa salle après avoir accompagné sa mage d'eau à la sienne. En y entrant il se rendit compte que Rogue était présent, il en était heureux et soulagé. Les révélations d'hier l'avaient beaucoup secoué et il craignait la réaction du brun face à Minerva.

Lui-même était perturbé, il avait l'impression de voir ce qui l'entourait pour la première fois, le blond frissonnait rien qu'en se remémorant avoir été une fois convoqué dans le bureau de Gemma(*), s'il avait été capable de tuer son frère qu'est-ce qui le retiendrait de s'en prendre à lui ou à Juvia ?

Il prit place à côté de son ami avec une boule au fond de la gorge.

_ Salut, comment ça va ?

Cela devait être la vingtième fois qu'il lui posait cette question depuis hier et à en juger du visage de Rogue, cela commençait à sérieusement l'agacer.

_ Je vais bien.

Bien sûr il mentait, apprendre que la mort de son père n'était pas accidentel n'avait rien de facile, particulièrement quand son assassin vivait dans la même ville que vous.

Rogue serra les poings, particulièrement quand il vit Minerva entrer dans la salle de cours, voyant la soudaine tension de son ami, Sting essaya de calmer le brun.

_ Calme toi, ce n'est pas de sa faute à elle, elle n'est peut-être même pas au courant, tenta t-il de l'apaiser.

_ Ça c'est à moi le décider. Grogna le mage de l'ombre.

La conversation prit fin à ce même moment et personne ne parla durant toute l'heure.

Et le même scénario se répéta durant les cours suivant.

Juvia de son côté était angoissée pour une tonne de raison, elle faisait à peine attention au cours de chimie, qui était pourtant sa matière préférée.

Elle repensait à Minerva, elle repensait aussi à Saraza qui lui avait demandé un énorme service hier et rien que d'y penser la bleue regrettait d'avoir accepté.

Les heures défilèrent rapidement et bientôt arriva l'heure du déjeuner.

Erza vint la rejoindre dans la file de la cafétéria avec un sourire qui ne la lâchait plus depuis dimanche.

_ Comment ça va avec Jellal-nii-san ? Questionna t-elle avec un sourire dans la voix.

En se retournant et envoyant le sourire idiot de la rouquine, elle n'eut pas besoin de réponse.

Juvia qui était tellement heureuse pour eux, se pencha à l'oreille de son amie et lui chuchota :

_ Il a une pause entre midi et treize heures, si tu te dépêche tu auras le temps d'aller manger avec…

A peine avait-elle finit sa phrase que la rouquine s'était déjà mise à courir lançant un grand « merci » à travers la cafète.

Juvia rigola doucement et après avoir attrapé son plateau elle se dirigea vers sa table, se frayant un chemin entre toute les tables et alors qu'elle vit Sting et Rogue assit à une table et qu'elle s'y dirigeait, elle se sentit partir en avant et tomber.

Son plateau tomba devant elle et part miracle cela ne se renversa pas sur ses vêtements, elle entendit des rires et reconnut celui de Jenny qui lui avait fait un croche pied.

Juvia se releva doucement, et préféra ne pas s'en occuper, après tout Jenny faisait tout le temps ça, et si une petite moquerie lui permettait de se sentir mieux, alors Juvia encaisserait.

_ Tu te pensais intouchable n'est-ce pas gloomy? Mais sortir avec Sting ne te protégera pas de moi, ricana Jenny.

Juvia vit du coin de l'œil Sting se lever furieux, mais quelqu'un le devança et renversa un grand vers de jus de tomate sur Jenny qui poussa un cri strident.

Minerva avait un regard ennuyé.

_ Ne t'avais pas dit ne pas la toucher ?

_ Comment oses-tu ?! Protesta la blonde avec fureur.

_ La ferme, tu ennuies tout le monde, tu es si pathétique à l'enquiquiner comme ça, à croire que sans elle tu n'as pas de vie. Claqua la brune d'un ton ennuyé, d'une main elle aida la bleue à se relever et saisit avec autorité le plateau de Jenny qu'elle n'avait pas encore entamé et le tendit à Juvia.

_ Vu que tu as fait tomber sa nourriture c'est la moindre des choses conclut-elle avec un sourire méprisant.

Jenny quitta la cafétéria humiliée et énervée.

Juvia ne put s'empêcher de jeter un regard à Jenny, elle regrettait tant les jours anciens où elles étaient amies.

Avec un soupir Juvia prit place à côté de Sting en l'assurant qu'elle allait bien. Minerva prit place à côté de Rogue et remarqua immédiatement que ce dernier semblait tendu, et en jetant un regard à son visage, le brun tremblait et soudainement il se leva et quitta la cafétéria.

_ Qu'est-ce qui lui prend ? fit Minerva en haussant un sourcil.

Sting se releva sans prendre la peine de répondre à la question et quitta à son tour la cafétéria, il retrouva son meilleur ami entrain de faire les cents pas dans un couloir, contrôlant difficilement sa magie.

_ Il faut que je fasse quelque chose, je ne peux pas simplement rester là sans rien faire marmonna Rogue.

_ Nous pourrions parler avec Minerva de son père.

_ Es-tu fou ! Tu sais ce qu'il adviendrait si elle le dit à son père !

_ Avant tout je voudrais lui parler de ta vision et après on décidera pour la suite.

Rogue hocha la tête mais préféra aller faire un tour pour se vider l'esprit.

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Au même moment Erza arriva sur le lieu de travail de son désormais petit-ami.

Elle arriva devant sa boulangerie préférée et constata que le panneau « en pause » était accroché sur la devanture. Elle s'y approcha et regarda à travers la porte vitrée, elle cogna à la porte quelque coups et bientôt elle vit Jellal sortir d'une porte derrière le comptoir.

Un sourire naquit sur ses lèvres en voyant Erza, et il se dépêcha d'aller lui ouvrir et la fit entrer.

_ Qu'est-ce que tu fais ici ? S'étonna t-il.

La rouquine au lieu de lui répondre, saisit ses lèvres et bien que le baiser fût plaisant, Jellal ne pensait que c'était l'endroit le plus approprié pour cela, et il le lui fit comprendre.

_ Ton patron est-il présent ?

_ Il est allé faire des courses, mais il ne va pas tarder.

_ Très bien, alors nous avons encore du temps, conclut-elle en saisissant son col de T-shirt en l'entrainant dans un baiser passionné auquel le bleu ne pu résister.

Il saisit ses hanches en la reprochant de lui mais ils furent vite interrompus par un raclement de gorge.

Jellal repoussa Erza et regarda avec un air mortifié son patron.

Si la rouquine sentit Jellal paniqué, elle était plutôt calme, à vrai dire le visage de Mr. Rozu était plus amusé qu'en colère.

_ La fougue de la jeunesse ! s'exclama t-il avec un rire dans la voix.

_ Mr. Rozu je suis si désolé, je promets que cela n'arrivera plus.

_ Inutile de paniquer Jellal, je ne vais te renvoyer parce que tu flirt avec ta petite-amie pendant ta pause. Ça fait si longtemps que je me désespérais de te voir profiter de ta jeunesse !

Jellal fut soulagé par la bienveillance de son patron.

_ Prends ton après-midi, profite un peu, tu travaille trop!

_ Mais patron… je ne peux pas vous laisser vous occuper de la boutique tout seul.

_ Pourtant tu vas le faire sinon tu es renvoyé !

La grimace de Jellal fit ricaner Erza et avec une vitesse incroyable il remercia et alla se changer puis ils quittèrent la boulangerie.

les regarda partir en se disant que le petit garçon qui venait acheter des croissants avec sa maman avait bien grandit.

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A la fin du déjeuner, Juvia se dirigea vers son casier pour y récupérer son livre science qu'elle avait oublié.

_ Juvia-san ? Questionna une voix hésitante.

La bleue se retourna et vit Jet, elle s'en étonna car le roux ne lui avait jamais parlé auparavant.

_ Est-ce que je peux te parler un instant.

_ Bien sûr, acquiesça la bleue en refermant son casier,puis elle fixa son attention sur le roux, signe qu'elle était toute ouïe.

_ Ce matin je vous ai entendu parler avec Sting-san, du père de Minerva.

Juvia se tendit et se réprimanda d'avoir été si peu discrète à propos d'un tel sujet.

_ Ce n'est sûrement pas mon problème, et Minerva me la bien fait comprendre mais…je m'inquiète pour elle et comme vous êtes amies je me suis dit que…tu pourrais l'aider.

_...

_ Hier nous étions chez elle et…hum son père a débarqué et lui a fait un bleu au poignet.

Juvia ferma les yeux, la situation était inquiétante et elle devait agir au plus vite.

_ Cet après-midi après les cours, rejoins Juvia en salle de chimie, Fit la bleue.

Jet acquiesça vivement et quand tous deux prirent des chemins différents ils étaient tous les deux dans leurs pensées.

Le reste de l'après-midi fila à une vitesse impressionnante et bientôt les cours touchèrent à leur fin.

Minerva qui se sentait étrangement épuisé par cette journée s'apprêtait à rejoindre sa voiture pour rentrer chez elle quand elle reçut un texto de Sting lui disant de venir urgemment dans la salle J12 car il y avait un problème avec Juvia.

Minerva ressentit une étrange boule grandir au sein de sa gorge, étais-ce de l'inquiétude ? La brune n'eut pas le temps de creuser sa réflexion car elle se pressa de rejoindre l'intérieur de son établissement.

Quand la mage passa la porte de la salle J12, elle eut un moment de flottement où elle ne comprenait pas que ce que faisait Juvia, Sting, Rogue et Jet assis au premier rang , Minerva remarqua aussi le mot « INTERVENTION » écrit sur le tableau.

Elle haussa un sourcil et contempla le visage grave des quatre personnes devant elle.

_ Je t'en pris Mierva prend place invita chaleureusement Juvia en pointant le bureau du professeur.

_ Qu'est-ce qui se passe ? Questionna la brune. Et qu'est-ce qu'il fait là en se désignant Jet qui se triturait les doigts.

_ Nous sommes ici dans une atmosphère totalement neutre pour te parler d'un problème, continua Sting.

Minerva serra les poings, bien sûr qu'elle se doutait de ce qu'ils voulaient parler, elle n'était pas idiote. Comment ce crétin de Jet avait pu tout leur dire alors que la mage lui avait spécifié de fermer sa bouche ?! La brune se sentit trahit mais refoula ce sentiment étrange qu'elle n'était pas censé ressentir.

_ Nous sommes venus parler de la maltraitance de ton père, ajouta Rogue sans tact.

_ Qu'est-ce qui vous fait penser à une chose aussi stupide ? Questionna t-elle avec un visage neutre.

_ J'ai eu une intuition dit Rogue

Minerva avait bien entendu comprit de quoi il parlait. Ce crétin avait une vision.

_ Mon père ne me bat pas déclara t-elle d'une voix impassible.

Ils exagéraient.

Son père ne la battait pas, il essayait juste de la discipliner, et il est vrai qu'il avait usé de ses poings pour lui faire comprendre certaines choses de la vie, mais c'était pour son bien, n'est-ce pas ?

Pourtant pourquoi avait-elle un doute ?

_ Oh arrête un peu de mentir ! Éclata Rogue furieux. Ton père est un putain de meurtrier doublé d'un psychopathe, qui a tué son propre frère !

Minerva écarquilla les yeux, soudainement prise de panique, il n'était pas sensé être au courant de cela, elle tenta de se maîtriser mais si Rogue était au courant cela ne pouvait signifier qu'une chose…

_ De quoi parles-tu ? Interrogea t-elle, paniquée.

_ Ton père a tué le mien et ne me fait croire que tu ne le savais pas, à ce que je sais tu es son bras droit.

Minerva écarquilla les yeux, essayant d'assimiler ce qu'elle venait d'apprendre sans trop comprendre.

_ Rogue ! s'exclama Sting, le brun étai-il fou pour délivrer une information de cette importance, alors que Minerva était susceptible de tout dire à son père? Et surtout devant un Jet qui ignorait l'existence de la magie et qui semblait perdu face à cette conversation.

Rogue lui était si énervé qu'il s'enfichait.

Minerva ne sut quoi dire, elle n'était pas au courant de cette version de l'histoire, c'est vrai qu'elle savait que son père avait dû mettre à mort ses frères à cause des actes impardonnable de ceux-ci, mais elle ignorait que Rogue était son cousin, et son père non plus sinon il lui aurait demandé de le recruter.

La brune jeta un regard à Juvia qui la regardait avec un regard compatissant. 'Si seulement elle savait' se dit Minerva.(*)

_ Il a tué son frère crois-tu vraiment qu'il aura le moindre scrupule à te tuer ? Cracha Rogue en se rapprochant d'elle.

La main de Minerva se referma autour du cou de Rogue avec une telle force que les genoux du brun plièrent sous cet assaut.

_ Minerva !

Le cri des trois autres lui firent reprendre ses esprits, principalement la voix de Jet qui semblait effrayé.

Elle lui jeta un regard, il semblait paniqué et était perdu, par tout ce qu'il venait d'entendre.

Minerva relâcha Rogue qui recula en se frottant la gorge, Sting et Juvia vinrent voir comment il allait, et Minerva en profita pour partir, ou s'enfuir, c'était selon le point de vue.

Minerva sentait sa poitrine lourde et douloureuse, les mots acides de Rogue l'avaient touché plus qu'elle ne l'aurait voulu.

_ Minerva attend !

Elle leva ses yeux au ciel exaspéré par cette voix, elle commençait à regretter d'avoir voulut jouer avec lui.

_ Où vas-tu ? Questionna le roux d'une voix douce.

_ Chez moi loin de votre bêtise.

Jet se saisit soudainement de son sac à dos où il prit un morceau de papier et y inscrivit quelque chose avant de le donner à Minerva.

_ C'est mon adresse, mon appart n'est pas très luxueux mais si ton père…recommence n'hésite pas…

Minerva regarda fixement le morceau de papier, elle se sentit étrangement touché par cette attention.

_ Pourquoi fais-tu ça, ne t'ais-je pas dis que je m'amusais avec toi…

_ Je me doutais que tu jouais avec moi, avoua t-il, une jolie ne pourra jamais s'intéresser à moi sincèrement.

Cette phrase était sortit plus amère qu'il ne l'aurait voulu et il voulu refouler l'image de Levy et réussit avec beaucoup de facilité cette fois.

_ Peut importe, ajouta Jet, n'hésite pas à venir.

Jet ne comprenait pas tout de cette histoire, les autres semblaient plus au courant que lui, mais il se devait de l'aider, même si le fait que Gemma soit capable de meurtre le perturbait.

Minerva regarda le papier de longue minute même après le départ de Jet, puis elle se décida à rentrer chez elle. Le fait de savoir que Rogue était son cousin la perturbait, surtout qu'elle ne savait pas quoi faire de cette information.

De retour dans la salle de classe, Rogue fulminait encore.

_ Rogue-san calme toi s'il te plaît…soupira Juvia en voyant le brun sortir de la classe furieusement.

_ Laisse tomber il se calmera mieux tout seul. Souffla Sting.

Juvia sentait que la situation partait en cacahuète, elle ne savait pas pourquoi elle mais sentait que cela finirait mal.

Soudainement la main de Sting la sortit de ses pensées.

_ On y va ? Questionna Sting.

_ Oui, hum fit Juvia d'un ton hésitant, tu ramènes Juvia ?

Le blond haussa un sourcil en ne comprenant pourquoi la bleue hésitait autant, après tout ce n'était pas la première fois qu'il la raccompagnait.

Les deux jeunes sortirent du lycée et Sting conduit quelque minute avant d'arriver devant chez Juvia, il l'embrassa doucement et s'apprêtait à repartir.

_ Hum… Sting-kun, tu peux sortir de la voiture deux minutes, Juvia aimerait te présenter quelqu'un.

Le blond haussa un sourcil mais s'exécuta, la mage d'eau se mit à traverser la rue très vite suivit par son petit-ami qui se demandait à qui elle voulait le présenter et pourquoi elle se dirigeait vers la maison des voisins.

Ils traversèrent une petite allée où de part et d'autre se trouvait un jardin bien entretenu.

Ils ne tardèrent pas à arriver à un petit porche et s'arrêtèrent devant la porte blanche.

_ Pourquoi va-t-on chez tes voisins interrogea t-il en lui jetant un regard plein d'incompréhension. Il fut soudainement saisit par l'expression paniquée de la jeune fille.

_ Juvia ? S'étonna t-il.

Pour toute réponse la bleue cogna vivement à la porte, puis se retourna vers lui, et lui dit avec un regard suppliant :

_ S'il te plaît… ne me déteste pas.

Le joueur de basket était de plus en plus perplexe et sa surprise s'accentua en voyant Macao-sensei lui ouvrir.

_ Bienvenu à vous deux salua t-il en les invitant à entrer.

Juvia s'engouffra dans la maison la première, suivit d'un Sting de plus en plus perdu.

_ Le salon est par là indiqua Macao en passant devant eux.

Sting jeta un regard autour de lui, ils traversaient un long corridor où quelques cartons trainaient par ci par là.

Cela ne pouvait signifier qu'une chose : Macao-sensei venait à peine d'emménager, mais pourquoi Juvia ne le lui avait pas dit ce matin et surtout pourquoi l'emmenait-elle ici ?

Il trouva bientôt la réponse à ses questions, dans le salon à peine meublé d'un canapé vert et d'un fauteuil, les autres cartons n'étaient pas encore défaits et la pièce semblait aussi grande que vide.

Mais outre la pièce, Sting s'immobilisa à l'entrée du salon en voyant assise sur le canapé vert, une femme.

Cette dernière se leva quand il arriva, elle portait une jolie robe à fleurs verte et rose, ses cheveux blonds étaient attachés en une grande queue de cheval et ses yeux bleus reflétaient son stress et sa joie.

Sting la reconnue sans peine, elle n'avait pas changé depuis l'année de ses 10 ans. Son visage était resté encré en lui et n'avait jamais pu s'effacer, non parce qu'il avait voulu garder un souvenir d'elle, mais parce que son esprit refusait d'oublier le visage de la femme qui avait fait souffrir son père, et lui par la même occasion : C'est-à-dire le visage de sa mère.

Juvia qui le voyait tendu, essaya de déposer une main rassurante sur son bras, mais elle fut chassée.

Sting jeta un regard glacé à sa petite-amie.

_ Qu'est-ce que ça veux dire ?!

_ Sting, souffla sa mère d'une voix émue.

_ Tu m'as piégé dit-il a Juvia sans même faire attention à la femme qui l'avait mise au monde.

_ Sting-kun, écoute ce qu'elle a à te dire.

_ Je t'avais dit que je ne voulais pas entendre parler d'elle et toi tu m'amène chez elle.

_ C'est moi qui suis venu à elle et l'ai supplié de me laisser te voir, je savais que si je venais directement à toi, tu m'aurais envoyé balader.

_ Et tu avais bien raison Saraza.

La mère du blond se sentit mal quand son fils ne l'appela même pas « maman », mais elle était déterminée à modifié cela.

_ Que veux-tu de moi ? Interrogea Sting sur la défensive.

_ Et si tu prenais place pour que l'on puisse discuter tranquillement.

Sting envisagea cette possibilité, car même si il était en colère, il était tout de même curieux, alors il prit place sur le fauteuil les bras croisés, sa mère se rassit, et Juvia prit place à côté d'elle, n'osant pas regarder son petit-ami dans les yeux. Macao-sensei lui, avait disparu dans une autre pièce.

_ Tout d'abord tu dois savoir que je ne t'ai retrouvé qu'il y a quelque mois, je commençais à fréquenter Macao et j'étais venu le voir dans ce lycée, et c'est là que je t'ai vu au loin…le monde est petit n'est-ce pas ? Ensuite comme Macao et moi nous voulions emménager ensemble et que j'ai appris que tu venais souvent dans le quartier, j'ai saisit ma chance.

Sting n'ajouta rien, mais grimaça en apprenant que sa mère sortait avec Macao-sensei.

_ Tu étais si grand, tu es devenu un beau jeune homme et j'ai bien faillit ne pas te reconnaitre.

_ Tu m'aurais reconnu si tu ne t'étais pas barré, pour je ne sais qu'elle raison.

_ Stin,g souffla sa mère.

_ Oh arrête avec cette expression blessée ! s'indigna t-il, tu n'es pas celle censé avoir mal ! Tu es partit sans raison et tu as laissé tomber mon père, alors n'essaye pas de te faire passer pour la victime, cracha t-il.

_ Sting ! S'indigna Juvia, qu'il ignora superbement.

_ Je comprends ta colère Sting, souffla Saraza, mais elle laisse moi au moins m'expliquer.

_ Va-y je t'en pris ! dit-il d'un désinvolte.

_ Je me sentais déprimé, vraiment très déprimé, la meilleure amie venait de mourir et je me sentais étouffé alors…

_ Okay okay…si c'est pour tomber dans le mélodrame inutile de continuer, je m'en vais dit-il en se levant, il ne voulait pas entendre d'excuse bidon.

Il s'apprêtait à quitter le salon, quand un « attend » retentissant fut crié par Juvia qui elle aussi se leva et regarda Saraza avec un regard qui se voulait déterminer.

_ Dites lui la vérité ! exigea Juvia, la vraie version pas un mensonge, il a le droit de connaître la version que vous avez raconté à Juvia, vous avez peut-être honte mais si vous voulez qu'il comprenne il faut lui dire la vérité pas un mensonge édulcoré !

_ De quoi tu parles interrogea Sting, perplexe par la tournure des événements.

_ Hier quand ta mère est venue me parler, elle a dû me convaincre pour t'aider, car au début Juvia voulait refuser de se mêler…mais pour une raison qui m'échappe elle essaye de te cacher la vérité alors que tu as le droit de savoir.

Saraza soupira, elle avait pourtant expliqué hier à Juvia qu'elle ne pourrait pas dire toute la vérité, car elle avait honte de ses faiblesses du passé.

_ J'ai légèrement menti…ce n'est pas ma meilleur ami qui est morte…mais ma sœur…

Sting fut saisit par cette nouvelle, il ignorait avoir une tante.

_ Quand elle morte j'ai été détruite et j'ai vraiment déconné.

_ Que veux-tu dire par là ? Questionna le blond.

_ Tu ne t'en souviens pas parce que nous ne l'a fréquentions pas mais ta tante Yama restait cloitrée chez elle, et était déprimée et cela bien avant ta naissance, et…son suicide m'a détruite principalement parce qu'avant sa mort elle m'accusait d'être la cause son état …et j'ai finit par la croire.

Saraza dû prendre une seconde, pour continuer son histoire toujours aussi douloureuse sept ans après.

_ Selon elle j'avais une famille parfaite et tandis qu'elle était stérile, selon elle personne ne voulait d'elle, tout le monde m'avait toujours préféré à elle et toute les personnes qu'elle avait croisé, l'avait fréquenté pour son argent et elle avait finit par être dégoûté du monde.

_...

_ Après sa mort je suis tombé dans l'alcool et d'autres addiction, tu ne l'as sûrement pas remarqué parce que tu étais un enfant, mais j'étais dans un état lamentable et ton père m'a fait partir, nous nous sommes mit d'accord pour te dire que j'étais tout simplement partit pour ne pas te perturber. Après cela j'ai dû me reconstruire seule et cela m'a prit presque cinq ans puis quand j'ai voulu te retrouver j'ai su que vous aviez déménagé et il y a deux ans j'ai eu ton père au téléphone (un peu avant la mort de celui-ci), il ne voulait pas que je t'approche, j'ai perdu ta trace après cela, jusqu'à il y a quelque mois puis j'ai engagé un détective pour en savoir plus sur ta nouvelle vie.

Un long silence accueillit cette révélation.

Sting resta un moment le regard dans le vide et ce ne fut que quand Macao et son fils osèrent pénétrer dans le salon, qu'il laissa éclater sa colère.

_ Tu n'as pas d'excuse !

_ Sting, murmura Saraza.

_ Je me fiche de tes excuses, de ta sœur, ou de tes problèmes, je ne veux savoir, tout ce que je sais c'est que tu nous as laissé, point à la ligne. Hurla t-il en secouant la tête épuisé par ce trop plein d'émotion.

Il se releva du fauteuil et quitta la maison. Malgré sa rancœur, les mots de sa mère l'avait profondément touché, et malgré les raisons de celle-ci, il ne s'était pas retenu de lui dire des choses qui lui ferait du mal, tout simplement parce qu'à lui ça lui faisait du bien, pour l'instant.

Il se dirigea vers sa voiture et s'y engouffra quand il entendit les cris de Juvia l'interpeller. Cette dernière prit place sur le siège passager avant qu'il ne démarre.

_ Pourquoi t'être montré si cruel !? S'exclama t-elle furieuse.

_ Tu oses me gueuler dessus alors que tu savais que je ne voulais pas la revoir ! Tu m'as trahi !

_ Tu exagères, grogna t-elle, ta mère s'en veux vraiment ! Comment peux-tu lui tourner le dos ainsi ? C'est ta mère !

_ Et c'est repartit ! Juvia, ce n'est pas parce que ta mère est morte et que tu es en manque, que cela signifie que j'ai besoin d'une mère ! Je me débrouille bien sans elle !

_ Oh oui tu te débrouilles bien, ironisa t-elle, si bien que tu es un petit con arrogant ! Et en plus de cela tu es blessant !

Sting, déglutit en voyant Juvia furieuse, il ne l'avait jamais vu autant perdre son calme qu'aujourd'hui.

_ Juvia à aider ta mère parce qu'elle pensait que cela te rendrait service, mais Juvia avait tord ! Tu n'es qu'un pauvre idiot et tu ne cesse de te faire passer pour la victime, tu n'es si le premier ni le dernier enfant à ce faire abandonné ! Et il te restait ton père à toi au moins !

_ Comment oses-tu me dire ça ?! J'aurais pu dire la même chose de ta mère !

_ La ferme ! Le cri retentit dans l'habitacle et la pluie se mit à tomber furieusement. Ma mère s'est faites assassiné bordel de merde, par son propre compagnon, le propre père de Wendy, un malade mental qui l'a tué parce qu'il a arrêté de prendre ses foutu médocs ! Et tu veux savoir le plus beau ! Juvia savait qu'il avait arrêté mais elle n'a rien dit parce qu'elle avait peur que cela provoque une dispute entre eux ! Ironique n'est-ce pas !?

Sting resta pétrifié par ces paroles.

_ Tu sais ce que ça fait de rentrer chez soit un après-midi et d'entendre des cris à l'étage, d'approcher lentement la chambre de sa mère et d'y voir sa mère gisant au sol, saigné comme un porc ! Et son beau-père devenu fou se défenestrer en réalisant ce qu'il avait fait ! Tu sais ce que ça fait de devoir faire face à une jeune Wendy qui demande où est sa maman, et pourquoi son papa n'est plus là ?!

_ Tu sais ce qui est le plus douloureux Sting, dit-elle après une minute de silence, de voir dans ses yeux qu'elle sait ce qui s'est passé, elle sait ce que son père a fait mais elle n'en parle pas. Son père est actuellement interné dans un hôpital psychiatrique, mais jamais elle n'ira le voir car elle le déteste trop… la haine pour un parent tu ne sais pas ce que s'est…et tu ne veux pas le savoir…

Juvia éclata en sanglot, tous ses sentiments qui étaient restés enfouis en elle depuis si longtemps, depuis le fameux après-midi où elle était rentrée plus tôt des cours, avaient enfin éclaté.

Le père de Wendy était atteint de psychose, au début il avait rencontré la mère de Juvia et l'avait mise enceinte et il avait ensuite dû l'abandonner à cause de son instabilité, le père de Wendy avait été longtemps absent et avait finit par revenir quand la petite avait eu 6 ans, et son traitement lui avait permit d'espérer une vie normale. La famille avait vécu pendant deux ans comme une famille normale jusqu'au drame, jusqu'à ce qu'il arrête ses pilules pour une raison inconnue.

La mère de Juvia n'avait pas une magie défensive comme ces enfants, mais avait seulement le don de guérir les autres, comme Wendy, et tout comme la petite bleue, sa mère de était incapable de se guérir avec sa propre magie.

Juvia se souvenait de manière troublante qu'elle était restée prostré près de la dépouille de sa mère, déversant des larmes et des pluies diluviennes qui avait engloutit la ville, son frère qui était allé chercher Wendy à la maternelle l'avait ensuite retrouvé dans cette état, Wendy était restée en bas et n'avait heureusement pas vu la scène. Jellal n'avait même pas essayé de la faire arrêter ses pluies.

Il avait plu pendant de longues heures avant que Juvia ne cesse cette pluie.

Dans la panique de l'inondation, la mort de leur mère était passée presque inaperçue, le beau-père lui avait été interné, et le procès qui avait jugé son cas s'était déroulé dans la plus grande discrétion.

La vie d'une femme amoureuse de l'amour s'était éteinte en un jour pluvieux de mai.

Juvia sentit à peine Sting la prendre dans ses bras en lui murmurant des mots rassurants et des excuses.

Sting lui caressa le dos et les cheveux et au fur et à mesure de ses attentions, la mage d'eau se calmait, il finit par lui essuyer ses larmes et lui demanda une énième fois pardon.

Juvia la gorge nouée ne dit rien et Sting se demanda un instant comment une femme pouvait laisser un malade mental même sous traitement approcher ses enfants.

_ Elle était amoureuse, répondu Juvia.

Sting grimaça, il ne s'était pas rendu compte d'avoir parlé à haute voix.

Le blond envisagea un instant que ce n'était pas la mère mais Juvia qui aurait été victime de cet homme et il en frissonna et raffermit sa prise sur Juvia.

La pluie se calma lentement pour finalement cesser de tomber et Juvia décida qu'il était temps de rentrer chez elle, car c'était trop d'émotion pour elle en une journée.

Avant de quitter la voiture, Sting lui murmura qu'il ne voulait pas la laisser seule mais étant interdit de séjour chez elle, il dû se résoudre à la laisser s'en aller.

Mais il lui promit de l'appeler, dès qu'il arriverait.

Et tandis que la voiture de Sting, s'éloignait et que Juvia rentrait chez elle, un peu plus légère d'avoir pu en parler à quelqu'un, Jellal et Erza rentraient de leur après-midi en amoureux, complètement trempés par cette pluie soudaine.

La rouquine entreprit un baiser qui se voulu amoureux, puis lui proposa un rendez-vous jeudi soir, car ce dernier lui avait confié ne pas être de service au restaurant ce soir là.

Jellal bien qu'un peu réticent finit par accepter avec joie, cette après-midi avait été parfaite et aucun nuage noir ne pouvait entacher sa relation avec Erza.

C'est donc serein et amoureux qu'ils se séparèrent, sans se douter de la tournure que prendrait la suite des événements.


Il ne se passe pas grand-chose à part des révélations mais normalement c'est dans le prochain chapitre que tout explose.

Des pronostics pour la suite des événements ?

Lyline : Merci pour la review, j'espère que tu as apprécié l'histoire de Saraza :)

Rokushimo : Julius est-il en vie ? Bonne question, la réponse bientôt, Est-ce que Rogue et Gadjeel vont se parler ? Ce n'est pas prévu mais peut-être vont-ils échanger quelque phrase. En tout cas merci pour la review. :)

(*) Petit rappel Gemma est l'ancien principal de Sting.

(*) Cette phrase est importante pour la suite.

Normalement il reste 5 chapitres ou 6 ça dépend...