Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.
Merci à Margarete1 pour sa nouvelle review. Oui, Neal a enduré tout cela, mais il n'a pas dit son dernier mot. Benjamin non plus d'ailleurs.
Chapitre 20) Mise à nu
Après avoir demandé à un autre agent d'aller chercher des secours, de faire venir une ambulance, Peter regagna la chambre, en referma la porte et retourna s'asseoir au bord du lit, s'efforçant d'apaiser Neal qui tremblait de tout son corps sous la couverture. Peter souffrait de le voir dans un tel état, c'était Neal Caffrey, celui qui se sortait toujours d'affaire, dont l'aplomb incroyable teinté d'insolence l'avait fait grincer des dents plus d'une fois. Il n'aurait pas du être tel que Peter le voyait en cet instant précis. Il aurait du être en train de sourire avec son charme habituel, de plaisanter sur le temps qu'avait mis Peter à venir le chercher.
C'était ce que Neal aurait fait avant...
C'était ce que Neal ne ferait peut être plus jamais.
Peter sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine à cette pensée.
Neal avait enduré des choses que Peter ne voulait pas même imaginer, il ne se faisait aucune illusion à ce sujet, ce n'étaient pas quelques réprimandes et quelques coups qui avaient pu mettre son ami dans un état pareil.
Lorsqu'il reprit place au bord du lit Neal s'écarta instinctivement et ce fut plus douloureux encore pour Peter. Le geste... la façon maladroite de se mouvoir du jeune homme dissimulé, le bruit de sa respiration entrecoupée... Neal avait si peur... et Peter doutait d'être en mesure de le délivrer de cette peur.
- Calme toi Neal, ce n'est que moi, les autres sont partis chercher du secours.
- Peter... soupira Neal.
- Ça va aller... continua Peter, Anatoli est en prison, ses hommes aussi, tu n'as plus rien à craindre.
Neal poussa un profond soupir et roula sur le dos, son visage émergea de la couverture, le bandeau sur ses yeux inspira une crainte supplémentaire à Peter.
- Neal, est-ce que tu vois la lumière de la lampe ? demanda t'il d'un ton inquiet.
- Oui... mes yeux n'ont rien. affirma Neal.
Peter vit ses mains sortir de sous la couverture et se diriger vers le bandeau, il les arrêta avant qu'elles ne l'atteignent.
- Non !
Neal laissa fuser un cri de détresse et se débattit pour lui échapper.
- Laisse moi ! Laisse moi Peter ! Laisse moi le retirer !
Peter ne relâcha pas sa prise pour autant et Neal était trop faible pour réussir à défaire son étreinte. Il cessa rapidement de lutter et se mit à pleurer, ses sanglots étaient une épreuve de plus pour Peter, mais il ne le laisserait pas faire. Il ne voulait prendre aucun risque. Pas sans savoir depuis combien de temps son ami portait ce bandeau.
Il maintint Neal avec douceur et fermeté le temps que ce dernier se calme puis l'aida à se rallonger confortablement.
- Depuis combien de temps as tu ce bandeau Neal ?
Le visage de Neal se contracta.
- Je ne sais pas... j'ai perdu la notion du temps... je ne sors jamais de cette pièce.
A nouveau le cœur de Peter se serra. Neal enfermé dans cette chambre sans fenêtre, avec ce bandeau sur les yeux... La cellule qu'il avait occupé en prison était sans doute bien plus confortable pour lui, on ne lui bandait pas les yeux là bas. Il insista.
- Essaie de réfléchir, était-ce longtemps après ton retour chez Kirdan ou avant ?
- Avant... le jour où j'ai repris connaissance dans cette pièce. répondit Neal.
Peter soupira, il préférait ne pas dire à Neal que cela faisait deux mois. Le jeune homme l'apprendrait bien assez tôt.
- Il vaut mieux que tu le garde dans ce cas.
Neal poussa un long gémissement de détresse.
- Je t'en prie, laisse moi le retirer... je n'en peux plus de ne pas voir... implora t'il.
- Neal, je sais que c'est dur, mais il est plus prudent de laisser les médecins t'examiner avant. Les secouristes ne vont pas tarder. En attendant je reste avec toi.
Neal soupira et sembla se résigner.
- Merci Peter...
L'espace d'un instant Neal fut traversé par le désir saugrenu de se blottir contre l'agent du FBI. Il n'en fit pourtant rien, Peter n'aurait sans doute pas accepté ni compris un geste de ce genre et Neal avait trop peur d'être rejeté pour prendre un tel risque.
Les secouristes arrivèrent peu après, Neal sentit Peter se lever et s'écarter du lit pour leur laisser le champs libre.
Lorsque l'un d'eux écarta la couverture Neal s'y agrippa désespérément, essayant de garder son corps meurtri hors de vue de Peter. Il avait trop honte, il ne voulait pas que Peter voit dans quel état il se trouvait désormais. Hélas ses efforts furent vains, ses forces le trahirent et ses doigts laissèrent échapper la couverture.
Un silence assourdissant suivit la découverte de son corps.
Peter eut l'impression que son cœur manquait plusieurs battements puis repartait trop vite.
Le corps de Neal présentait tout un lacis de marques plus ou moins récentes, des meurtrissures qui racontaient mieux que des mots le calvaire que le jeune homme avait traversé.
Les tremblements de Neal augmentèrent, il laissa pourtant les secouristes l'examiner brièvement et l'installer sur le brancard qu'ils avaient amené.
Lorsque le brancard se mit en branle Neal paniqua.
- Peter !
Peter se précipita vers lui et lui saisit la main.
- Je suis là Neal. N'aie pas peur. Tout va bien.
- Où allons nous ?
- A l'hôpital Universitaire de Columbia. répondit l'un des secouristes.
Peter sentit la main de Neal se crisper dans la sienne. Il le regarda, les mâchoires du jeune homme étaient contractées à l'extrême.
- Neal... je te promets que je ne te laisserai pas. Pas cette fois. Je resterai à tes côtés, il ne t'arrivera rien.
- Benjamin...
- Nous en parlerons plus tard.
Neal soupira et cessa de parler. Il se sentait très faible, n'avait rien mangé ni bu depuis deux jours et il avait la tête qui tournait un peu. Il perdit connaissance avant qu'on l'installe dans l'ambulance. Les secouristes le placèrent aussitôt sous monitoring mais n'essayèrent pas de le ranimer, ils n'étaient pas inquiet outre mesure pour lui, son cœur battait normalement et ils avaient pu juger qu'il avait toute sa tête et sa mobilité.
Peter garda sa main dans la sienne tout le long du trajet.
Une fois au centre hospitalier Neal fut amené aux urgences et pris en charge par un médecin. Un agent du FBI les accompagna pour prendre des photos des blessures de Neal et consigner les commentaires du médecin. Le médecin et le photographe firent un état détaillé des diverses blessures qui marquaient le corps du jeune homme. Chacune d'entre elles fut photographiée et décrite avec minutie dans le rapport qui consignait tout.
Peter resta dans un coin de la pièce, regardant avec remords l'état navrant du corps de son consultant, essayant de ne pas écouter ce que les deux hommes disaient. C'était trop pour lui malgré son expérience d'agent. Ce n'était vraiment pas la même chose d'entendre énumérer les blessures d'une victime anonyme et d'entendre énumérer les blessures d'un ami. Il était également soulagé que Neal soit inconscient, ainsi il ne subissait pas une douleur de plus. Peter le connaissait assez pour être certain qu'il vivrait très mal cette inspection minutieuse. L'examen achevé le docteur fit installer Neal dans une chambre individuelle aux lumières tamisées, lui retira son bandeau examina ses yeux rapidement et le plaça sous perfusion.
Peter le suivit dans le couloir.
- Son état est il grave docteur ?
- Il est sérieux mais ses jours ne sont pas en danger. Il est déshydraté, souffre visiblement de malnutrition et ce en sus des blessures et contusions qui couvrent son corps. Pas de fractures non plus, juste quelques côtes fêlées.
Peter hocha la tête, à demi soulagé seulement.
- Et pour ses yeux ?
- Ils n'ont rien, d'ici quelques jours il pourra retrouver la lumière du jour. Il a juste besoin de se réadapter.
Peter remercia le médecin pour son aide et le regarda partir distribuer ses soins à d'autres.
Il resta auprès de Neal jusqu'à ce que le jeune homme reprenne connaissance.
Il l'aida à se redresser.
- Comment te sens tu ?
- J'ai un peu mal aux yeux...
- Le médecin a dit qu'ils avaient besoin de se réadapter, je vais baisser les lumières.
Peter joignit le geste à la parole et Neal soupira de soulagement.
- Merci.
- De rien, tu veux que nous parlions encore de Benjamin ?
Une lueur de crainte traversa le regard de Neal.
- Tu ne sembles pas mesurer le danger qu'il représente...
- Je te donne ma parole qu'il ne pourra plus te faire de mal. lui affirma Peter pour le tranquilliser.
- Tu ne le connais pas.
- Et toi tu ne le connais plus, tu étais encore très jeune quand vous vous êtes perdu de vue. Il a du beaucoup changer.
- Oui, il est devenu dangereux.
- Neal, nous avons les moyens de nous protéger nous même. Nous pouvons le faire sans te sacrifier.
Peter lui sourit avec assurance pour tenter de le calmer. Neal détourna les yeux. Il sentait qu'il ne parviendrait pas à convaincre son partenaire, il allait devoir trouver un autre moyen pour les protéger lui et sa femme. Anatoli Kirdan était désormais hors course, il se demanda ce que ferait Benjamin en apprenant cela. Il espérait de tout son cœur qu'il ne s'en prendrait à personne à cause de cela. Il ne le pensait pas ami avec Kirdan mais comme Peter venait de le souligner il ne connaissait plus Benjamin. Il était temps d'essayer d'apprendre ce qu'il en était.
- Neal ? appela Peter qui n'aimait pas l'expression qui s'était peinte sur le visage de son partenaire.
- Je suis fatigué... souffla Neal.
Peter le regarda avec intensité, à force de le fréquenter il avait développé un sens très fiable concernant les mensonges que Neal pouvait dire, il les sentait presque viscéralement. Il était donc certain que le jeune homme était en train de lui mentir à demi. Le fait qu'il le fasse moins d'une heure après leurs retrouvailles était très mauvais signe. Neal était peut être affaibli et meurtri, mais il n'avait pas perdu sa capacité à prendre des décisions fâcheuses. Peter songea qu'il allait devoir le garder à l'œil. Mais pour le moment Neal était dans un lit d'hôpital, relié à une perfusion, encore trop faible pour tenter quoi que ce soit. Il pouvait le laisser sans crainte.
- Je te laisse te reposer, je repasserai bientôt. dit il en quittant la chambre.
Neal ferma les yeux et se remit à réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour écarter encore la menace que représentait Benjamin. Malgré ses efforts il avait du mal à réfléchir vraiment. La fatigue et les manques se faisaient cruellement sentir. Il s'endormit avant de trouver une solution satisfaisante.
A suivre
