Hello !
Bon les filles, vous êtes prête à avoir très chaud, très très chaud. Et à pleurer comme des madeleines ou à crier "halléluia" ? Parce que c'est ce qui risque fortement d'arriver avec ce chapitre Je n'en dis pas plus. Profitez.
Quand ça deviendra chaud, écoutez :
Feeling Good de Nina Simone,
Higher and Higher de Otis Reading
I put a spell on you de Jay Hawkins
Unsquare dance Happiness Therapy pour la fin
Chapitre rating M!
Aliena: Dans les dernières paroles de Béatrice, j'ose espérer que tu reconnaîtras une référence à Walk or die
Chapitre XXI
Douche froide
Béatrice retenait avec difficulté sa respiration. Il ne devait surtout pas la trouver, sinon c'en était fini d'elle. Elle entendait ses pas dans l'allée. Il se rapprochait lentement mais sûrement, prenant le temps d'ouvrir chaque porte. Il n'y avait que quatre douches. Il en avait déjà ouvert deux.
Elle était faite comme un rat.
Ou pas... Si elle utilisait le pommeau de douche et allumait le jet au moment où la porte de la cabine s'ouvrirait, elle aurait encore une chance.
La question était juste de savoir si elle voulait vraiment saisir sa chance ?
La porte s'ouvrit, révélant en contre jour la silhouette de Lucas. Ce dernier ne souriait pas, mais ses yeux brûlaient d'une passion féroce.
Béatrice eut à peine le temps d'inspirer qu'il fermait la porte et se jetait brusquement sur ses livres. Elle émit un petit cri étouffé à moitié amusé à moitié indigné. Elle avait l'impression de se noyer dans son odeur d'homme, mélange de sueur et de musc. Elle ferma les yeux, emportée par cette passion. Ses mains glissèrent dans ses cheveux courts, noirs comme du charbon. Une part d'elle-même était déstabilisée de ne plus retrouver qui les coupait du monde autrefois...
Autrefois...
Béatrice fit balayée par le souvenir de leur union dans le jardin. Lucas sentit son corps s'affaisser contre le sien, brusquement. Il cessa de l'embrasser pour remarquer qu'elle venait de perdre connaissance. Si cette fois-ci, il savait de quoi il s'agissait, cela ne l'empêchait pas de ressentir la peur. Car il ne pouvait pas prévoir quel souvenir allait revenir.
L'automne avançait mais le temps était encore clément. La douceur du soir et le calme du jardin de Beorn était propice à un rapprochement, mais jamais Bilbo n'avait cru que ses rêves se réaliseraient ce soir, après des jours d'évitement, de frôlements, d'espoirs qu'il jugulait tant bien que mal et de nuits peuplés de rêves qui le laissaient haletants et affreusement gêné quand il se réveillait. Il embrassait à perdre haleine le nain qui le hantait nuit et jour. Et cette fois-ci, ce n'était pas un rêve. De même, ce qui suivit était loin d'appartenir au monde onirique. Leurs mains froides et calleuses partaient à la découverte de l'autre, écartant les couches de tissus encombrantes pour trouver la peau de l'autre.
"Thorin..." chuchota Béatrice en papillonnant des yeux pour découvrir le visage de Lucas penché sur le sien.
Lucas aurait voulu parler mais Béatrice l'en empêcha en caressant ses lèvres de son pouce. Elle se redressa lentement en restant dans ses bras pour venir l'embrasser de nouveau. Elle ne voulait pas parler de ce souvenir. Ce souvenir ne la comblerait pas. Elle ne voulait que Lucas, rien que Lucas. Ce dernier la regardait encore avec inquiétude. Elle l'amena plus près d'elle encore, emmêlant leurs jambe. Sa langue vint caresser et redessiner les lèvres de son amant. Ce souvenir incomplet lui donnait encore plus envie de lui. Mais il ne répondait pas à son baiser.
Avec une extrême délicatesse comme s'il craignait de la briser s'il faisait un mouvement brusque, il prit son visage entre ses mains et se détacha d'elle. Dans son regard, Béatrice put voir qu'elle n'avait pu chasser sa peur. Cela la blessa profondément. Il avait tant souffert. Elle soupira.
"Tho...Lucas..."commença-t-elle
"Non, Béatrice. Dis-moi ce dont tu te souviens." lui demanda-t-il
"Ce n'est pas vraiment le moment."
"S'il te plaît ?"
"Est-ce que tu aimes tant que ça souffrir ?"
"J'ai peur de ta souffrance et non de la mienne, Béa. J'ai peur qu'à chaque souvenir qui te revient, tu ne vois plus que l'être cruel que j'ai pu être avec toi. J'ai peur que tu décides un jour de me laisser à cause de ce qui est entre nous. J'ai peur..."
"Lucas...regarde-moi." lui demanda-t-elle en posant sa main sur sa joue pour l'obliger à relever la tête.
"Même si je ne me souviens pas de ce qui a pu être en nous, cela ne m'empêche pas de vouloir être avec toi. Aujourd'hui, tu es Lucas avant d'être Thorin. je n'ai pas le droit de condamner notre relation au nom de la peur. Nous ne sommes plus dans le même contexte, nous avons évolué. Si tu as peur de me faire du mal, pour te rassurer, dis-toi que je ne me laisserai plus faire. Tu risques même de t'en mordre les doigts si tu essayes. Surtout, si tu continues de faire le con, comme maintenant." termina-t-elle sur un ton plus léger, presque joueur en faisant glisser ses ongles le long de son cou puis de son omoplate jusqu'à son épaule.
"Je ne peux pas chasser ses souvenirs. Ils reviendront tous, même les plus tristes, même les plus sombres. Mais on sera à deux pour y faire face. Ne laisse pas ta peur nous séparer cette fois-ci ou sinon tu me perdras pour de bon. Ne me crains pas. Je ne pourrai pas t'éloigner de moi, même sous le coup de la colère, parce que je ne sais que trop ce que c'est de vivre loin de toi. Mais si tu me fuies, ne pense pas que je te courrai après."
Malgré cette menace, elle avait chuchoté en enfouissant sa tête dans son épaule. Lucas, grave, la serra contre elle.
"Béatrice ?"
Elle releva la tête à l'entente de son prénom prononcé avec tant de doute et de chaleur. Dans les yeux de Lucas se reflétait ses deux émotions. Ils lui enlevèrent la capacité de parler et elle ne put l'encourager à continuer que d'un mouvement de tête. Il s'écarta un peu d'elle pour la regarder, l'admirer.
"Tu ne t'en souviens peut-être pas, mais j'avais tressé tes cheveux. Or, dans la tradition naine, tresser les cheveux de quelqu'un n'appartenant pas à sa famille a une symbolique particulière. Faire une tresse à quelqu'un qui n'est pas de notre sang signifie que...que..."
Lucas semblait mal à l'aise. Béatrice n'en menait pas large non plus tout en voyant presque où il voulait en venir.
"C'est l'équivalent d'une demande en mariage, n'est-ce-pas ?" abrégea-t-elle
Lucas acquiesça, les yeux remplis d'interrogation. Comment pouvait-elle connaître cette coutume ? A moins que ce souvenir lui soit revenu ? Mais dans ce cas...
"Je n'ai pas accès à ce souvenir, mais, après...Erebor, j'ai beaucoup étudié les us et coutumes des différents peuples de la terre du Milieu. je n'ai rien oublié de mes recherches." se contenta-t-elle de répondre.
Lucas se rapprocha d'elle, plein d'espoir.
"Je sais que c'est un peu tôt, mais je ne veux plus te perdre Béatrice. Je ne crois pas que je supporterais une nouvelle séparation. Je ne veux pas que tu te sentes prise au piège, mais j'aimerais sincèrement que tu crois à ce que je vais te demander ou plutôt redemander: veux-tu m'épouser ?"
M'épouser ? Mariage?
Béatrice déglutit péniblement, prise d'une angoisse sourde. Comment était-on passé d'une "partie de jambes en l'air" à une demande en mariage en bonne et due forme ?
"Lucas...on n'a jamais vécu ensemble, on n'a même pas encore eu de relation sexuelle, on n'a jamais vraiment eu le temps de découvrir quel genre de couple on ferait..."
"Béa, est-ce que tu m'aimes ?"
La question était abrupte. Si peu Thorin et en même temps marquée de son apparente rudesse.
Béatrice ne savait pas ce qui la chamboulait le plus : la demande en mariage inattendue ou cette question si bête en apparence...Bien sûr qu'elle aimait Thorin...non Lucas. Thorin lui avait toujours semblé parfait, mais Lucas était un homme débarrassé du poids de la couronne, de la responsabilité du destin d'un peuple. Juste un homme pour elle qui n'était qu'une femme.
Mais entre aimer et le dire, il y avait tout un monde.
Allait-elle fuir aussi ? Se détourner de ce qu'elle désirait vraiment ?
"Oh! Seigneur oui! Tu n'as même pas idée à quel point." déclara-t-elle en le dévorant du regard.
Lucas tendit alors la main vers son visage et caressa sa joue. Les mains de Lucas n'étaient pas douces, remarqua Béatrice. Elles avaient la rugosité dû à une vie de labeur, d'effort. Thorin, non plus, n'avait pas eu les mains douces d'un prince qui ne connaissait pas le monde et le prix de la vie. Lucas s'approcha d'elle.
"Et je t'aime plus que tu ne saurais le croire. J'ai eu la chance de te retrouver. Tu es mon nouveau départ. Je n'ai plus de couronne, plus d'or à t'offrir, mais je sais que ce n'est pas ça qui te fera fuir loin de moi, n'est-ce pas ?"
Le sourire chaleureux de Lucas était contagieux : Béatrice sentit qu'elle devait sourire de la même manière.
"Si tu me dis oui, on ne se retrouvera pas marier du jour au lendemain, tu sais. On prendra notre temps, ce ne sera qu'un engagement entre nous, une promesse qu'on rendra tangible à deux quand on voudra la partager avec nos familles. La seule chose que cela changera, c'est que j'aurai la meilleure raison du monde de revenir vivant."
"Lucas, c'est une demande en mariage ou du chantage ?" lui demanda-t-elle avec un froncement de sourcil.
Lucas effaça ce dernier du bout de l'index :
"j'essaye d'obtenir gain de cause. J'ai appris à traiter avec des terroristes. Mais toi, tu es de loin la personne la plus terrifiante avec qui j'aurai eu à traiter."
Pour toute réponse, Béatrice eut un sourire moqueur.
Mais ils restaient bloqués.
"Laisse-moi jusqu'à ce soir. J'ai besoin d'y réfléchir. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère : si nous nous aimons toujours, nous avons aussi beaucoup changé et nous n'avons jamais vécu ensemble. Qui sait ? J'ai peut-être d'horribles manies qui te feront fuir." l'avertit-elle pour essayer de détendre l'atmosphère.
"J'ai la phobie des aspirateurs, je suis incroyablement lent pour faire les courses parce que je compare tous les prix. Quand je fais une lessive, il m'arrive souvent de mélanger les couleurs et le blanc. Heureusement qu'il y a décolorstop. J'oublie systématiquement de remettre le couvercle sur le beurre. je sais faire la vaisselle mais je ne sais pas utiliser un lave-vaisselle. Quand je me rase..."
"Stop !C'est bon, j'ai compris. S'il y a bien une chose qui n'a pas changé chez toi, c'est bien ton entêtement." répondit-elle en riant.
"Je ne lâcherai rien, béa. Alors dis-moi oui."
"A une dernière condition...fais-moi l'amour. Ce serait bête que je doive prendre un amant parce que je n'aurais pas vérifier si mon futur époux a toutes les qualités indispensables pour être un..."
Béatrice ne put terminer sa phrase : Lucas s'était jeté sur ses lèvres. Ses mains se glissèrent bientôt sous le débardeur de la jeune femme. Rapidement, il releva le vêtement pour le jeter dans un coin de la douche. Béatrice l'imita. Ses mains glissèrent lentement sur son torse, retraçant du bout des doigts son tatouage.
"Pourquoi l'Ancien des jours ?" demanda-t-elle
"A cause du compas qui écarte les nuages. Je l'ai fait pendant mon incarcération en Russie."
"On a été un mauvais garçon, Mr North ?" demanda-t-elle sensuellement
"Tu n'as pas idée à quel point." répondit-il sur un ton qui la fit frissonner.
La main de la jeune femme glissa vers le bas de son ventre. Elle entendit la respiration de Lucas s'accélérer.
"Et...Gnothi Seaton ?"
"Connais-toi toi-même...Tu sais ce que c'est d'être réincarné...la souffrance des souvenirs, d'être deux personnes en même temps, la solitude que cela provoque...On peut si facilement se perdre, faire des erreurs à cause de ça...Passer de roi à moins que rien, être juste un numéro...il y a de quoi rendre fou un homme."
Elle resta silencieuse. Non pas qu'elle ne savait pas quoi répondre (bien au contraire), mais Lucas se mettait à nu devant elle. Si elle parlait, elle craignait de briser ce nouveau lien qui s'établissait entre eux.
"Dum Spiro Spero...tant que je respire, j'espère..." continua-t-elle
Il crocheta son menton et plongea ses yeux de glace dans les siens.
"Tant que je respire, j'espère..."répéta-t-il dans un murmure contre ses lèvres.
Savait-elle seulement que sa raison ne tenait plus qu'à un fil tandis qu'elle le découvrait lentement, horriblement lentement ?
Son regard pétillant lui prouvait que oui.
"Tant que je respire, j'espère..." reprit-elle
Ses mains descendirent jusqu'à son pantalon de survêtement qu'elle fit descendre lentement. Lucas ne portait plus qu'un boxer au regard de la bosse qui le déformait, Béatrice ne pouvait douter de son désir pour elle. Son regard noirci par ce même désir semblait brûler chaque parcelle de sa peau et de son âme.
"Est-ce que tu vas être mon esclave sexuel ? Non, parce que là, j'ai juste l'impression de devoir tout faire..." le provoqua-t-elle
La réaction de Lucas ne se fit pas attendre : il avança vers Béatrice, jusqu'à ce qu'elle se retrouve collée contre la plaque de contre-plaqué. Quelque chose dans la regard de Lucas l'avait réduite au silence. Ce dernier sut apprécier à sa juste valeur sa poitrine ferme encore maintenue par son soutien-gorge de sport noir et son ventre plat et musclé. Son regard se chargea d'inquiétude quand il remarqua une longue et grande cicatrice qui n'était pas tout à fait effacée à la droite de son nombril. Il la caressa du bout des doigts en une muette interrogation. Béatrice posa sa main sur la sienne pour le rassurer.
"Ce n'est rien de plus qu'un souvenir d'adolescence. Rien de grave." chuchota-t-elle
Lucas accepta de se contenter de cette réponse. Pour l'instant.
Il se mit à genoux devant elle. Même dans cette position, sa tête arrivait au-dessus du nombril de Béatrice. Il posa ses lèvres sur cette cicatrice pâle avant de la redessiner du bout de la langue, comme si cela pouvait l'effacer. La jeune femme tressaillit sous cette caresse inattendue. Depuis son opération, une dizaine d'année auparavant, cette parcelle de peau avait toujours été moins sensible que le reste de son corps. Mais Lucas semblait décidé à remédier à cela. Sa langue mutine quitta la chair meurtrie pour rejoindre le nombril de la jeune femme où elle mima l'acte à venir. La peau de Béatrice avait un goût sucré-salé et une odeur entêtante. Il ne put s'empêcher de sourire quand un premier soupir s'échappa de ses lèvres qu'il pouvait imaginer entrouvertes. Lentement, il fit glisser son leggins le long de ses jambes qu'il voulait sentit se resserrer autour de ses hanches quand il entrerait en elle. Le moment n'était plus aux mots mais aux sensations. Elle sentait le souffle de Lucas descendre maintenant vers sa peau dénudée. Ses mains puissantes remontèrent doucement mollets puis ses cuisses, l'obligeant à écarter doucement les jambes. Il glissa ses deux pouces sous l'élastique de sa culotte de coton grise avant de la faire descendre lentement. Il ne savait pas comment il parvenait à conserver son calme et son sang-froid. Quant à Béatrice...sa Béatrice l'attendait, le rouge aux joues, le feu aux yeux, pour pouvoir poursuivre avec lui leur chemin de plaisir aux travers des flammes de la passion. Il prit doucement sa cheville dans sa main pour lui faire soulever le pied gauche et retirer sa petite culotte. Il fit de même pour l'autre jambe. Il resta un instant à genoux devant elle, ses yeux plongés dans les siens. Tous deux attendaient avec impatience le moment où tout basculerait, le moment où ils ne feraient plus qu'un. mais l'attente ne faisait qu'augmenter leur désir de l'autre.
Puis le regard de Lucas se porta vers le triangle de chair recouvert d'une légère toison dorée de Béatrice. la respiration de cette dernière devint erratique quand elle sentit le souffle chaud de Lucas venir chatouiller sa peau sensible. Elle ne ressentait pas le froid humide de cet après-midi de janvier en Écosse. Il n'y avait plus qu'une chaleur intense qui naissait dans le bas de son ventre pour se répandre dans chaque recoin de son corps, ramollissant ses muscles.
Puis, soudain, le nez busqué de Lucas vint frotter délicatement son bourgeon de chair, la faisant presque sursauter. la friction était délicieuse, mais loin d'être suffisante.
Lucas redécouvrait l'amour au fond d'une grange humide en Ecosse. il aurait pu être 'importe où, cela n'importait guère. Tant que Béatrice était là. Il se noyait dans son odeur et dans sa douceur. Quand il sentit les doigts de son amante dans ses cheveux, tirant presque sur ses mèches, il comprit que la torture qu'il lui infligeait n'était pas pour lui déplaire. Loin s'en faut. Malgré les pulsations presque douloureuses qui parcourrait son membre raidi, il continua de ne se préoccuper que du plaisir de sa compagne. Les gémissements parfois coupés d'un petit cri provenant de la bouche de sa tentatrice étaient pour lui un assez bon indice du plaisir qu'il lui donnait.
"Oh! Seigneur...Lucas..." s'écria-t-elle
Lucas sentit ses muscles se contracter autour de sa langue. Joueur, il cessa tout mouvement et poussa même le vice jusqu'à se retirer. la réaction de Béatrice ne se fit pas attendre :
"NON...Mais...t'es sérieux là ?" explosa-t-elle essoufflée et frustrée.
La tension entre ses cuisses était insoutenable et rien, sinon lui, ne saurait la soulager.
S'abstenant de répondre, Lucas la regarda avec délectation. L'envie et la souffrance du désir non satisfait ne la rendait que plus attirante, désirable.
Derechef, il la plaqua de nouveau contre la paroi de la douche, activant par accident le jet d'eau. Une pluie brûlante leur tomba sur les épaules, mais ils n'en avaient cure. Lucas s'empara des lèvres de Béatrice, les redessinant de la pointe de la langue dans une demande tacite d'accès. La demande fut rapidement agrée et les deux langues entamèrent un tango sulfureux.
Soudain, Lucas sentit l'air frais et l'eau chaude qui commençait déjà à refroidir entrer en contact avec la peau sensible de son sexe tendu. Son boxer n'était plus qu'un lointain souvenir. Rapidement, sa verge se retrouva entourée par la main de son amante. Ce simple contact lui coupa le souffle, mais ce n'était rien en comparaison du doux mouvement de va et vient qu'amorça Béatrice. Lucas s'étonna: était-ce lui qui venait d'émettre ce grognement guttural digne d'une bête sauvage ? Apparemment oui. Et en réponse, Béatrice avait accéléré le rythme de ses caresses...
"Béa...arrête-toi. C'est en toi que je veux venir." articula-t-il péniblement "Si tu me le permets." ajouta-t-il en la regardant
La jeune femme acquiesça.
"Tu ne risques rien avec moi. Et j'ai une contraception. Si ça ne te gêne pas, je suis assez vieux jeu et je voudrais être marié avant de tomber enceinte. Je veux faire de belles photos de mariage." plaisanta-t-elle
Lucas se fustigea mentalement. Elle était la seule à avoir pensé à la contraception. Si elle n'en n'avait pas parlé...il ne pouvait pas envisager...une grossesse...une grossesse était synonyme de risque...de mort.
Il eut froid tout à coup.
Béatrice senti qu'elle le perdait. Avait-elle dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
"Hey! Lucas...Luc...Thorin, regarde-moi." chuchota-t-elle en voyant son regard devenir lointain et inquiet.
Elle colla son front contre le sien.
"Dis-moi ce qu'il ne va pas ?" lui demanda-t-elle doucement en caressant ses avant-bras. Même au poignet, il portait un tatouage : une chaîne.
"Avant de te retrouver..."commença-t-il "Je...j'ai aimé une autre femme, Marianne."
Pour la première fois de sa vie, Béatrice ressentit la vive morsure de la jalousie. Mais qui était-elle pour reprocher à Lucas d'avoir aimé quelqu'un d'autre ? Il avait bien dû accepter de vivre et de travailler avec son ex. Alors, elle n'allait quand même pas faire une crise pour si peu.
"Elle était enceinte quand elle...elle est morte." déclara-t-il sombrement
"Alors...tu as peur qu'il m'arrive la même chose. Tu te sens responsable. Tu te dis que c'est ta faute. Tu n'as pas pu les protéger et tu crois qu'à nouveau, tu ne sauras pas me protéger." comprit-elle
Elle soupira et lui tourna le dos. Elle dégagea sa bretelle de soutien-gorge. Sur son épaule gauche, s'étalait une marque de brûlure encore récente.
"Ça vient d'Australie. On a voulu m'envoyer in Patres. Est-ce que tu aurais pu me le faire éviter ? Non, même si on s'était reconnu avant."
Elle lui montra ensuite une éraflure boursoufflée sur les côtes jusqu'alors dissimulée par son bras droit.
"Ca date d'il y a un an. Europe de l'Est. Attaque d'Ultron. Explosion des ordinateurs sur lesquels je travaillais. Est-ce que tu aurais pu m'en protéger ? Non plus. Tu ne peux pas protéger tout le temps ceux que tu aimes. Tu n'es pas une machine. Tu es un homme. Et comme tous les hommes, tu fais de ton mieux, en espérant que ce soit suffisant. Mais parfois, on ne peut rien contre les coups de la vie. Je ne peux pas te dire de ne pas souffrir ou de ne pas avoir peur. C'est impossible. Ta souffrance et ta peur sont naturelles et légitimes. Mais elles ne doivent pas te paralyser ou détruire en toi l'espoir que des choses meilleures peuvent arriver. je ne tomberai pas enceinte, ni aujourd'hui, ni demain, ni un autre jour. Nous menons des vies trop dangereuses. mais si cela venait à arriver, ni toi, ni moi ne pourrions décider de ce qui pourrait advenir. Et tu ne pourrais pas te sentir coupable de problèmes qui ne seraient pas de ton fait. Tu ne pourrais pas t'empêcher d'avoir peur, mais j'ose espérer que tu sauras trouver aussi le bonheur."
Béatrice se tut, continuant de caresser son visage, ruisselant d'eau. Comment faisait-elle ? Comment faisait-elle pour trouver les bons mots dans cette vie comme dans l'autre ?
Il n'avait rien à répondre à cela.
"Maintenant, si ce n'était qu'une excuse pour gagner du temps parce que tu ne saurais être à la hauteur de mes exigences, dis-le moi tout de suite. je demanderai à Jaime..."
De nouveau, il la coupa brusquement. Comment ça, il ne serait pas à la hauteur ? Elle ne doutait de rien, la péronnelle !
L'exigence de son baiser coupa le souffle à Béatrice et court-circuita ses neurones. Elle ne pouvait plus que ressentir. Lucas était partout, sauf là où elle voulait qu'il soit. Il la plaqua derechef contre la paroi de la douche. Sa main droite décrocha habilement le soutien-gorge de la jeune femme qu'il envoya rejoindre leurs vêtements trempés. Il admira quelques instants la poitrine généreuse mais point trop s'en faut de la jeune femme. Ses mains englobèrent doucement ses seins, les moulant parfaitement puis ses pouces taquinèrent les pointes sensibles. Soupirant de bien-être, Béatrice se redressa pour approfondir le contact. Elle en voulait plus, toujours plus. Elle voulait Lucas et rien que lui. Elle le voulait depuis toujours et il la torturait en la faisant encore attendre.
"Lucas..." murmura-t-elle quand ses lèvres se refermèrent sur son mamelon.
C'était une prière muette, une supplication implicite que son amant choisit délibérément d'ignorer pour poursuivre sa délicieuse et ô combien lente torture.
Cela méritait vengeance.
La main gauche de Béatrice se faufila entre eux pour venir s'emparer de sexe gorgé et tendu de son amant. Elle s'en saisit doucement. ce fut d'abord une caresse aérienne, imperceptible avant qu'elle ne reprenne son va et vient plus prononcé interrompu auparavant. Lucas étouffa un nouveau grognement contre ses lèvres et glissa sa main jusqu'à l'antre plus qu'accueillante de sa maîtresse. Son pouce taquina la boule de nerfs de la jeune femme. Béatrice ne put retenir un cri de plaisir et de satisfaction quand un premier doigt la pénétra, bientôt suivi d'un second. Lucas exerça un mouvement de ciseau qui arracha un nouveau cri à Béatrice. Il ne pouvait plus attendre pour la posséder. il retira ses doigts. Leur absence fit presque lâcher à Béatrice un sanglot de frustration.
"Si tu t'arraches de nouveau avant que j'ai enfin pu jouir, je te jure que je te tues !" le menaça-t-elle d'une voix voilée par le désir.
"Oh ! Crois-moi, ça n'arrivera pas." répondit-il en se positionnant à son entrée.
Et quémandant de nouveau l'accès à sa bouche, il commença à avancer en elle. Béatrice s'agrippa à ses épaules et cacha sa tête dans son cou. Fermant les yeux, elle savoura l'incroyable sensation de se sentir remplie, comblée de la plus délicieuse des manières qui soit. Lucas mordillait sa peau en poursuivant sa lente progression. c'était une insoutenable et incroyable torture qui menaçait de lui faire perdre la tête à tout moment.
"Azyungâl." murmura-t-il à son oreille quand il se fut enfoncé jusqu'à la garde en elle.
Béatrice n'avait pas de nom à lui donner. Elle n'avait que son amour et son corps à lui offrir. Et elle le laisserait en disposer allègrement. Elle amorça un premier mouvement des hanches. Lucas comprit : il se retira légèrement pour rentrer de nouveau en elle. Ce si simple mouvement eut un effet foudroyant sur leurs deux corps, leurs deux âmes. Mais, comme avec une drogue, il leur en fallut bientôt plus. Lucas accentua le mouvement, sortant presque de ce fourreau si accueillant, si chaud pour mieux y retourner.
"Mahal...encore." gémit Béatrice les yeux fermés.
Qu'elle prenne à témoin le dieu des nains ne signifiait qu'une chose: qu'elle aimait ce qu'il lui faisait. Bilbo n'en appelait à Mahal que lorsque la situation était trop intense pour lui. Lucas commença donc à accélérer son mouvement de va et vient, allant toujours plus loin, toujours plus profond. Il ne voulait plus qu'une chose : c'était de se perdre en elle à jamais et pour toujours.
Les douches résonnaient du claquement des peaux, des gémissements qui peu à peu se changeaient en cri.
Lucas mordillait, suçotait chaque parcelle de la peau de son amante qu'il parvenait à atteindre. Béatrice n'était pas en reste. Ses ongles griffaient, labouraient le dos de l'agent secret. Il la sentait se tendre peu à peu. Ses muscles se contractèrent soudainement autour de lui.
"Lucas !" cria-t-elle
Son cri, son appel eurent raison de lui. un dernier coup de reins et il se laissa fauché par la petite mort, se répandant en elle.
Durant de longues minutes, ils restèrent emboîtés, front contre front, reprenant leur souffle.
A contre-coeur, Lucas se retira. Il prit en coupe le visage de Béatrice et ses pouces caressèrent ses joues rondes.
"Tu m'as manqué." se contenta-t-il de dire.
"Toi aussi;" répondit-elle
l'eau glacée se rappela soudainement à eux. Avec forces de rires et de jurons, ils prirent enfin leur douche. Peut-être la douche la plus rapide de l'histoire. Puis Lucas alla récupérer des serviettes et leur vêtements. tandis qu'ils s'épongeaient l'un et l'autre, un sourire apparut soudainement sur le visage de Béatrice. Il ne disait rien qui vaille à Lucas.
"S'il y a bien une chose que je ne suis pas prête de regretter de notre ancienne vie, c'est ton cul poilu."
Son rire se changea en cri strident quand Lucas la remit sous l'eau glacée.
A Suivre.
Avis ?
