Une aura sombre entourait Nakamura Tatsuma. Son corps était tendu, ses mains jointes soutenaient sa tête au niveau de la bouche, il paraissait être en pleine réflexion. Devant lui étaient assis les dirigeants Akashi qui abordaient un visage tout aussi grave que lui.
« -Ça n'aurait pas dû arriver. » Dit finalement Masaomi après de longues minutes de silence.
Les deux autres le regardèrent et il se trouva vouloir se recroqueviller sous le regard d'acier de sa femme. Il n'avait jamais pu égaler le charisme qu'émanait naturellement Shiori, elle pouvait geler n'importe qui d'un seul regard, même son mari qui la côtoyait depuis des années.
« -La question n'est pas de savoir si cela aurait pu arriver ou pas. Notre enfant a été enlevé. » Lui répondit-elle avec sang-froid.
« -Comment l'avez-vous appris ? » Demanda Tatsuma en ignorant la tension entre eux pour se concentrer sur l'homme en face de lui.
Masaomi fronça les sourcils et désigna le téléphone qui se tenait innocemment sur la grande table de réunion en face d'eux. Le cœur de Tatsuma commença à s'éveiller à mesure qu'il comprenait la situation. Qu'en était-il de Danielle ?
« -Il ont appelé la direction qui m'a donné l'appel. Normalement, je ne reçois pas les appels qui ne sont pas annoncés, excepté ceux de Shiori. Seulement, on m'a dit que c'était une question de vie ou de mort et que cela concernait mon fils. J'ai immédiatement répondu depuis mon bureau et ils m'ont fais savoir qu'il détenait Seijuro et que je devais rester calme jusqu'à leur prochain appel.
"-Etait-ce un homme ou une femme ? Avez-vous remarqué quelque chose qui pourrait aider à l'identifier ?
-Non, sa voix était déformée et il n'y avait pas de bruits de fond."
Ils firent silence avant que le policier ne reprenne la parole :
"-Et vous m'avez appelé ?
-Si mon fils a été kidnappé, alors il y a de grandes chances pour que Kei l'ait été également. »
Le coeur de Tatsuma se tordit. Une peur et une douleur éclatèrent immédiatement et parcourut l'intégralité de son corps et il fallut toutes ses années d'entraînement pour ne pas succomber à la panique et garder un visage calme et froid comme celui de ses interlocuteurs. « Pourquoi ? Pourquoi Danielle ? » n'avait pas pu s'empêcher de se demander le policier.
Sans faire attention aux émotions qui faisaient rage dans l'esprit de Tatsuma, Masaomi avait continué :
« Seijuro n'aurait pas voulu perdre une seconde de la compagnie de votre fille étant donné qu'ils ne se voient pas aussi souvent qu'avant… et si ce n'était pas le cas, elle aurait donné des signes de vie. Or, celui qui avait été chargé de les ramener à la maison a clairement expliqué qu'il l'avait cherché mais qu'elle restait introuvable. Il m'a également rapporté de leur institutrice que votre fille était précipitamment partie de sa salle de classe, la même chose pour Seijuro. Un gardien, qui n'a rien fait contre cela, a témoigné avoir vu un enfant qui correspond à la description de votre fille sortir rapidement de l'enceinte de l'école puis plus tard mon fils.
-Cet homme a laissé deux enfants d'à peine six ans sortir tous seuls dans la rue sans intervenir ? » Demanda-t-il en plissant les yeux.
Shori était dans le même état que les deux autres, et la réponse glaciale de Masaomi les firent taire pour plus de question.
« -Je m'en suis déjà occupé. »
Shiori ne put s'empêcher de sourire, bien que ce fut bref. Masaomi a toujours été doué pour diriger malgré sa maladresse en ce qui concernait les sentiments. C'était en cela qu'il était très fort et très faible... il ne se contente que de prendre des décisions que dans l'intérêt de tous, sans se préoccuper des sentiments d'autrui. Tandis que c'est une bonne chose dans sa vie professionnelle, il avait au contraire beaucoup de mal à se lier avec les gens "intimement" en dehors de Shiori... son fils ne faisait malheureusement pas exception à leur grand déséspoir... mais c'était un leader né, tout comme elle et ils s'étaient bien trouvé, elle avait fondé une famille avec lui et ils étaient tellement heureux… mais cette paix se retrouvait trouble par certains individus. Et comme une mère, elle allait tout faire pour ramener son fils.
Tatsuma ne souriait pas lui et fronçait les sourcils mais décida de laisser passer pour se concentrer sur l'essentiel car lui aussi était prêt à faire ce qu'il fallait pour retrouver Danielle et cela incluait de s'allier avec les Akashi.
« -Qui aurait pu les enlever ? » Demanda le policier sans prendre le soin de cacher la dureté de son ton en regardant les deux dirigeants.
Le couple lui rendit son regard, comprenant le sens implicite.
« -Que croyez-vous ? Nous avons beaucoup d'ennemis, c'est normal vu notre profession et nos origines. Shiori vient d'une famille entièrement constitué de politiques, d'avocats et de professeurs, tous ont une importante place au sein du Japon. Quant à moi, j'ai repris l'entreprise familiale et j'ai forcément des concurrents, des employés mécontents, leurs familles. Nous ne savons même pas combien ils sont, s'ils ont été payé par quelqu'un, si non, alors la raison de leur enlèvement…
-Y en a-t-il capable d'enlever des enfants ?
-Oui. Certains en serait capable.
-La branche Akashi se spécialise surtout dans l'armement si je ne me trompe pas.
-Oui, notre entreprise fait exclusivement affaire avec le gouvernement.
-Et en ce moment, votre entreprise pourrait-elle avoir un lien avec la raison de leur kidnapping ?
- « En ce moment » ? Eh bien… »
Masaomi semblait un peu réticent à communiquer une information de cette importance à un policier mais il n'a hésité qu'une seconde.
« -Avec un entreprise concurrente, la WalkerCompagnie, le gouvernement nous a demandé de collaborer pour la mise au point d'un gilet qui assurerait une protection plus sûre et plus importante pour ceux qui en auraient besoin. Ils étaient chargés de la conception et nous, des tests. On a alors remarqués des anomalies qui pourraient risquer la vie de ceux qui les porteraient et on en a fait un rapport qu'on leur a envoyé… et notre travail était terminé. Seulement, nous avons remarqué, trop tard néanmoins qu'ils n'avaient pas énormément tenu compte de nos observations, ce qui constitue un délit grave contre la sécurité. Nos experts ont alors envoyé ce même rapport à plusieurs agents du gouvernement qui à la suite ont entamé des poursuites contre WalkerCompagnie pour homicide volontaire d'une dizaine de personnes et avec tout un tas d'autres chefs d'accusation qui ont été déterré à partir de cette affaire. Le gouvernement a rassemblé des preuves mais notre témoignage constitue l'une des preuves les plus importantes contre eux.
« -Et ce serait eux ? » Demanda Shiori.
« -Dans combien de temps est le procès ? » Demanda Tatsuma.
« -Dix-huit jours.
-Ça me semble être une très grosse coïncidence. » Dit Tatsuma en fronçant les sourcils.
-Ou peut-être faisons-nous fausse route…
-Pour moi, c'est un mobile suffisant. Je vais aller enquêter sur place pour voir si je trouve quelque chose.
-N'est-ce pas risqué ?
-Je serais discret. Je ne risquerais pas la vie de Danielle et de votre fils.
-Mais pourquoi devez-vous y aller ? Ne serait-ce pas judicieux d'aller interroger la WalkerCompagnie ? » Demanda Masaomi, reprenant sa femme qui allait parler.
« -Pour qu'ils me disent qu'ils ont effectivement enlevé nos enfants ? Nous n'avons aucune preuve tangible qui les relient comme commanditaire de l'enlèvement de nos enfants, juste des suppositions. » Répondit Tatsuma avant de claquer la porte.
Danielle grimaça de douleur en se réveillant. Immédiatement, elle porta sa main vers la source de sa douleur sur son front. Son visage se décomposa en sentant une peau clairement blessée, gluante et toujours saignante.
Elle entendit un rire et releva la tête. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant l'homme avec les yeux plissés. La petite fille tourna rapidement la tête pour regarder où elle était et une peur incontrôlable parcourut son corps quand elle vit qu'elle était dans une sorte d'atelier, il y avait beaucoup de machine mais elles avaient l'air vieilles, il y avait de la poussière partout et très peu d'éclairage. Sans perdre l'homme de son champ de vision, elle n'avait eu que quelques secondes pour observer son environnement avant de comprendre instantanément sa situation et son cœur rata plusieurs battements. Dans une telle situation, la jeune fille choisit de baisser la tête et ne rien dire. Connaissant, la psychologie de ce genre de personnage, il se mettrait à lui parler assez tôt sans qu'elle ne pose de questions, bien qu'elle ne soit pas sûre qu'elle le veuille vraiment. Lors de son inspection, la brune avait levé le nez en l'air, et n'avait donc pas vu la forme endormi à côté d'elle. En le baissant à nouveau, Danielle put se rendre compte de sa présence et une plus grande peur pris possession d'elle et doucement, en tremblant, elle prit son poignet pour vérifier son poux. A son grand soulagement, il était vivant, et apparemment, il avait eu plus de chance étant donné l'absence apparente de blessure sur son corps.
L'autre homme rit et Danielle voulut le regarder mais s'abstint.
« -Tu peux me regarder tu sais ? »
La petite fille garda le silence mais elle avait sursauté légèrement en entendant le son de sa voix.
« -Tu es vraiment une petite fille intéressante. Tu ne pleures pas, tu ne cries pas, tu ne poses pas de question, et tu essaies même de contrôler tes émotions… La plupart des enfants de ton âge aurait craqué, non ? Tu baisses même la tête.»
Il rit et elle décida qu'elle détestait ce rire.
« -Bien, et si on recommençait sur de bonnes bases ? Mon nom est… »
Les yeux de Danielle s'écarquillèrent et elle se boucha très vite les oreilles avec ses mains. Dans son champ de vision, elle put voir qu'il était un peu surpris. Quand elle était sûr qu'il ne dirait pas son nom, elle les enleva.
« -Allons allons, je ne vais pas te tuer parce que tu connais mon nom ! Ça n'a pas vraiment d'importance, j'allais te donner un faux de toute façon. »
Kei resta silencieuse.
« -Bien, au moins, ça me donne une bonne idée de comment tu penses ! Alors, je reprends, je m'appelle Kibach Hisoka. C'est un véritable plaisir de te rencontrer. »
Danielle se mordit la lèvre.
« -Toi, je sais que ton nom est Kei, comme le petit Akashi le crie tout le temps. Tu es son amie, non ? Tu sais qu'à cause de toi, on a perdu plusieurs occasions ? »
Elle eut envie de lui poser des questions mais se retint.
« -Ah, mais c'est vraiment pas drôle quand tu gardes le silence ! Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle ! » Dit-il avec la même jovialité mais avec une teinte menaçante.
Un frisson parcourut la jeune fille et elle releva lentement la tête, le cœur battant.
« -Merci. Donc, je disais qu'on avait perdu plusieurs occasions… mais finalement, on a décidé de te prendre avec.
-Me prendre avec ? »
En essayant de paraître neutre, Kei réalisa que ce n'était pas elle la cible mais bien son ami Seijuro.
« -Alors, la première fois, à Halloween… »
La petite fille avait eu donc raison de se méfier autant, mais son cœur se resserra à la réalisation d'un tel danger si proche.
« -Pourquoi je n'en aie pas parlé à Tatsuma ?! »
Brusquement, l'homme, Hisoka, se leva et se dirigea vers elle. Rapidement, elle voulu ramper en arrière, sa position assise ne lui offrant que cette chance mais il lui ordonna rapidement de ne pas bouger. Devenue comme pétrifiée, elle ne bougea plus. Seuls les tremblements de son corps assuraient qu'elle n'était pas une statue.
Son cœur accélérait encore plus si c'était même possible à mesure qu'il avançait et s'accroupit pour lui faire face et la regarder dans les yeux. Il ne souriait plus.
« -Tu dois t'être rendu compte que tu n'étais pas notre cible. Ce qui veut dire, que tu n'es pas celle que nous avons besoin de laisser en vie. »
Danielle pâlit à ses mots mais essaya tant bien que mal de repousser les larmes qui voulaient s'échapper.
« -Tu n'as pas non plus besoin de pleurer. Personne ne va venir te réconforter. »
La petite serra les points. De son point de vue, elle n'avait pas besoin d'être consolée. Elle voulait juste rentrer en sécurité chez Tatsuma.
Hisoka dut voir la colère dans ses yeux et se remit à sourire.
« -Quel regard ! Mais ne t'en fais, pas. Pour le moment, on a pas l'intention de te faire du mal. Reste tranquille, incite ton futur mari à rester tranquille et tout ira bien ! D'accord ? Je te nomme responsable ! »
Kei n'avait pas confiance en sa propre voix pour ne pas trembler alors elle hocha simplement la tête.
« -Ton futur mari devrait bientôt se réveiller. Tu lui expliqueras la situation, moi je dois passer un coup de fil. D'ailleurs, il n'y a qu'une sortie, donc tu ne pourras pas t'échapper ! »
Et il partit. Le grincement de la lourde porte en métal faisant écho derrière lui.
Danielle sentit les larmes qu'elle avait repoussées remonter pour finalement s'échapper. Elle sanglota silencieusement et se frotta les yeux dans une tentation de les faire s'arrêter.
« -Tatsuma… viens m'aider, s'il te plaît. »
La peur déchirait les entrailles de Nakamura Tatsuma alors qu'il inspectait l'endroit où s'était déroulé le kidnapping. Il avait réussi à le trouver grâce à l'institutrice qui lui avait dit que sa fille semblait précipitamment vouloir rentrer. Ajouté à cela le seul témoin que le chef Akashi avait puni et lui avait tout craché et il avait l'emplacement exact, ou à peu près, de la scène de crime.
Il avait cherché la moindre trace depuis une heure et à sa plus grande horreur, le seul indice était un peu de sang sur le bitume. C'est avec émotion qu'il mis un genou au sol en passant sa main sur la tâche de sang séchée.
« -Danielle, où peux-tu être ? »
Tatsuma releva la tête en entendant des voix fortes à proximité qui semblaient venir dans sa direction.
« -Et alors tu sais ce qu'a fait Riko-tan ? Elle a…
-Tais-toi ! Arrête de me parler tour le temps d'elle, on est en service ! »
Sans avoir le temps de faire quoi que ce soit, deux personnes se retrouvèrent en face de lui. L'homme qui parlait s'étaient stoppé en même temps que la femme à côté de lui. Ils se regardèrent une seconde avant que Tatsuma ne se relève en observant prudemment les deux venus.
« -Excusez-moi, nous sommes de la police. Je crois que vous vous trouvez sur une scène de crime. » Dit-il en se tenant près pour une bagarre ou une fuite éventuelle.
Tatsuma fronça les sourcils et les laissa approcher.
« -Je fais aussi partie de la police. Nakamura Tatsuma. » Dit-il en leur montrant sa plaque.
Ils firent de même.
« -Je suis Aida Kagetora et c'est ma collègue Araki Masako. Nakamura-san, pourriez-vous nous expliquer votre présence sur une de nos scène de crime ?
-Je ne savais pas qu'il y avait une enquête.
-Eh bien, c'est le cas. Quelques personnes ont apparemment vu un kidnapping se produire ici et ont appelé la police. Deux enfants seraient impliqués. »
Tatsuma pâlit imperceptiblement. Il avait à moitié espéré que la police ne serait pas impliquée, cela pourrait faire peur aux kidnappeur et les pousser à être plus impulsifs et imprévisibles… mais en même temps, ils pourraient l'aider à retrouver Danielle plus vite…
« -Je rentrais chez moi quand j'ai vu une tache rouge sur le sol. Je me suis penché et j'ai vu que c'était du sang.
-Je vois. Alors nous allons nous occuper de ça. »
Une invitation implicite pour Tatsuma de se retirer.
« -J'aimerais vous offrir mon aide, si cela ne vous dérange pas.
-Nakamura-san, c'est tout à votre honneur, mais… » Commença Araki.
« -Pourquoi pas ? » Coupa Aida.
Tatsuma essaya de camoufler son soulagement et sa reconnaissance.
« -Je vous remercie. » Fit-il poliment.
Plus tard, une équipe complète arriva. Ils examinèrent la scène et Tatsuma partit avec les deux agents pour enquêter. Il était déterminé à retrouver sa fille.
A présent, Danielle ne pouvait que serrer son ami plus fort dans ses bras alors qu'il tentait, aussi vainement qu'elle, de retenir ses larmes et garder son calme. Ils savaient tous les deux que faire trop de bruits pourraient s'avérer dangereux pour eux alors que trois autres hommes rentraient et sortaient de l'atelier en plus du serpent.
Contrairement à Seijuro qui semblait vouloir discuter avec elle pour se rassurer, la voix de Kei semblait être éteinte car elle n'avait pas pu prononce un mot, sa gorge trop nouée par la peur.
C'était la première fois que le jeune Akashi voyait son amie dans cet état. Habituellement, elle était la plus forte des deux, la plus déterminée, celle sans peur. Maintenant, la petite fille avait réussi à arrêter ses larmes de couler mais elle n'avait pas dit un mot depuis leur conversation tantôt quand elle lui a expliqué leur situation. Cela faisait maintenant une journée entière qu'ils avaient été pris. Hisoka leur avait apporté de la nourriture et les laissait s'isoler pour aller au toilette mais la terreur qui les avait pris dès leur réveil n'avait pas baissé d'un chouia.
« -Kei ? »
Elle tourna la tête vers lui.
« -Père et Mère vont venir non ? On va rentrer ? »
Danielle essaya de lui sourire mais elle n'a pas pu. Elle se contenta donc de hocher la tête en lui frottant la tête et en la repoussant sur son torse.
Puis d'un coup, la porte s'ouvrit avec un fracas de métal.
« -Kibach ! Kibach ! »
L'homme entra dans l'atelier et les autres se rassemblèrent autour delui.
« -Oui ? » Fit l'appelé.
« -On a un problème. Des gens nous ont vu prendre les deux petits et maintenant il y a une enquête !
-Hm… Tu es sûr que ce n'est pas le père qui a parlé ?
-Non. L'enquête porte sur des témoignages de plusieurs personnes et pas d'un Akashi, ça je suis sûr.
-Et qui est le responsable de l'affaire ?
-C'est… »
Danielle ne put entendre la suite parce que Seijuro avait choisi ce moment pour chuchoter à son oreille quelques mots :
« -Kei… ils sont tous rassemblés à un seul endroit et ils ne font pas attention à nous, on peut s'échapper ! »
Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle secoua vivement la tête.
« -C'est de la folie ! Ils sont quatre hommes adultes, armés et nous on est des enfants avec de PETITES JAMBES ! »
Seijuro commença à la tirer vers la sortie, mais elle essaya de le retenir. Il tira encore plus fort et fini par la traîner complètement derrière lui.
La terreur que ressentait Danielle était à son comble mais elle atteint son apogée lorsqu'elle entendit crier derrière elle.
« -HEY ! »
Immédiatement, Seijuro s'est mis à courir en entraînant Danielle avec lui qui n'a pas eu d'autre choix que de courir avec lui.
Ils ont réussi à traverser la porte et la petite fille a eut le temps de la refermer.
Les deux se remirent à courir… mais leurs coeurs se remplirent de désespoir lorsque même pas cinq minutes après leur fuite, ils se retrouvèrent encerclés.
« -Non non non non non non non non… ! »
Avec mille cris, ils ont été traîné vers l'entrepôt et Danielle a été jeté sans ménagement contre le mur tandis qu'un des hommes tenait Seijuro.
Hisoka s'approcha de la petite fille au sol et s'accroupit.
« -Qu'es-ce que je t'ai dis à propos de la fuite ? Je t'ai pourtant clairement expliqué les règles. Je t'ai chargé de les appliquer à la lettre. Tu sais ce que ça veut dire ? »
Danielle avait trop peur pour même bouger la tête.
« -Ca veut dire que tu es responsable. Peut importe qui a eu cette idée stupide, je t'ai chargé de vous faire la discipline et tu as échoué. »
Il semblait à présent qu'il faisait une moue, tel un enfant vexé.
« -Comment je vais faire maintenant ? Je te faisais confiance… Je vais devoir te punir. »
Les deux enfants crièrent, l'un de peur et l'autre de colère.
Seijuro avait tellement eu peur depuis qu'il était en ce lieu mais il regrettait tellement plus son action, il était tellement en colère contre ses agresseurs, il était tellement furieux contre lui-même.
Ses actions ont entraînés des conséquences catastrophiques, et pourtant il les avait toujours faites. Il pensait pouvoir les sauver tous les deux, il pensait pouvoir être le plus fort des deux, le plus courageux. Au lieu de cela, il a poussé sa meilleure amie dans la fosse aux serpents. A cause de lui, l'une des personnes qu'il chérissait le plus allait souffrir. Pourquoi n'avait-il pas écouté Kei quand elle n'était pas d'accord avec son plan ? Ils n'étaient pas bien préparé, ne connaissait rien de leurs kidnappeurs, n'avaient aucune arme, n'étaient que des enfants. Il avait été trop impulsif et arrogant.
Il était faible. Tellement faible.
Seijuro se sentait malade. L'homme, Hisoka était accroupit devant son ami et lui avait pris le menton pour qu'il puisse la regarder dans les yeux.
Il était malade qu'il soit aussi proche d'elle.
Il était malade du contact de l'homme qui le maintenait.
Pire que tout il était malade de lui-même.
Il se sentait si impuissant. Il s'était pourtant promis de la protéger. Sans s'en rendre compte, un de ses yeux commença lentement à changer, très lentement, très très lentement, l'un d'eux devint plus clair, doré… et tandis que cet horrible sentiment d'incompétence broyait l'ensemble de son corps, son cœur, ses entrailles, son estomac, il criait et criait, il continuait à crier, encore et encore en tirant sur ses bras, en se débattant.
Il n'entendit pas l'homme ordonner qu'on le calme, mais il sentit le chiffon sur sa bouche et ne put que l'inhaler. Toujours avec autant d'impuissance. La couleur doré recula.
Les larmes coulaient librement sur ses joues alors qu'il tombait dans l'inconscience tandis qu'au dernier moment, son œil avait reprit sa teinte rubis.
Danielle regardait son ami se débattre en criant et en pleurant dans les mains d'un de leurs kidnappeurs. Ses yeux témoignaient une souffrance qui écrasait le cœur de la petite fille. Elle serra les dents mais essaya de garder son calme. Elle n'avait pas le luxe de pouvoir montrer sa rage, elle n'était qu'une erreur qu'ils pourraient facilement corriger.
Hisoka, qui tenait toujours son menton la regardait en souriant.
« -En fait, cette petite punition tombe vraiment vraiment bien. Très bon timing ! »
Il se releva et alla prendre quelque chose qui fit pâlir d'horreur la fillette.
« -NON ! »
Danielle n'avait pas d'autre choix que de regarder son bourreau revenir avec un revolver alors que deux hommes étaient venus pour la maintenir au sol.
« -NON ARRÊTE ! » Cria-t-elle en se débattant avec toute la hargne qu'elle a pu rassembler.
L'homme ne fit que sourire et pointa l'arme vers l'une de ses jambes.
« -Alors, je vais te laisser choisir. La droite ou la gauche ? »
Danielle trembla tandis que leurs yeux se connectaient.
« -Non… je… »
Le regard que lui jeta Hisoka la fit taire et elle ne fit que trembler encore plus alors qu'elle fermait les yeux.
« -La… gauche… »
Danielle attendait la douleur mais au bout d'une minute, alors qu'elle ne recevait rien, elle ouvrit les yeux. Cette attente était insupportable.
Seulement, dès que ses paupières s'ouvrirent, tous entendirent un coup de feu et un cri abominable empli de douleur et de terreur.
Les larmes perlaient les yeux de Kei alors qu'elle reçut la balle dans sa jambe… droite.
« -FILS DE… ! »
Les deux hommes qui la tenaient la relâchèrent et elle mit immédiatement ses deux mains sur le trou de la blessure en grognant alors que son sang s'échappait librement. Elle respirait lourdement tandis qu'elle essayait de retenir le grand cri qui menaçait de sortir du fond de sa gorge. Malgré cela, de petits cris s'échappaient de sa bouche et la douleur était trop intense pour qu'elle puisse essayer de retenir ses larmes.
La petite fille n'osait pas regarder le résultat mais apparemment, ce n'était pas fini.
« -Voilà, au moins comme ça, tu ne pourras plus essayer de t'échapper et ça tempérera les ardeurs de ton ami. Maintenant, tenez-là, je vais extraire la balle. »
Les yeux de Danielle s'écarquillèrent. Cela voulait dire plus de douleur.
« -IL VA PAS TRIFOUILLER L'INTERIEUR DE MA JAMBE EN PLUS CE… !- NON ARRÊTE ! »
L'homme se contenta de la regarder avant de parler :
"-Si je ne la retire pas, ça laissera des séquelle dans ta jambe, tu devrais me remercier ! En plus, c'est un cadeau important pour nous."
Avant qu'elle ne puisse même protester, elle était à nouveau enchaîner dans les mains de deux hommes alors qu'Hisoka se mit sur sa jambe avec seulement une pince et son autre main.
Dès le premier contact entre lui et elle, le grand cri qu'elle avait miraculeusement réussi à retenir… explosa.
Kei respira lourdement en laissant échapper des grognements et des larmes de douleurs alors que, le regard vide, elle voyait son bourreau exhiber la balle qu'il avait extraite avec la délicatesse d'un troupeau d'éléphant.
« -Il m'a charcuté… »
Danielle jura mentalement et malheureusement, ne put s'empêcher de faire une bêtise. La douleur avait brouillé son cerveau.
Alors, même si elle regretterait, elle se le permit quand même.
Sans hésitation, elle bougea son pied maintenant libre et avec une jambe encore intacte, de ses agresseurs qui avaient desserré leur emprise sur elle et frappa violemment le ventre du boucher devant elle.
Il haleta et laissa tomber la balle qu'il avait dans la main. Un son de métal retentit sur le sol.
Un dernier sourire fit apparition sur le visage de la fillette…
Avant qu'elle ne prennent un coup dans la figure…
En entendant :
« -Elle devrait s'estimer heureuse qu'on ne lui ait pas coupé sa jambe. »
Et qu'elle ne sombre dans les ténèbres.
NDA : ET STOP ! Ne me détestez pas s'il vous plaît x'). J'espère que vous avez aimé (même si ce serait un peu bizarre vous me direz... -_-) ou au moins que c'était suffisamment bien écrit sans trop de faute. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
Juriigothic : Mais quelle violence... mais quelle violence... xD J'adore... et non c'est pas un pédophile x)
F : J'espère que ce chapitre t'auras plu pour sa longueur et pour sa rapidité (par rapport aux autres !). J'avoue que j'ai hésité beaucoup avant de publier ce chapitre, tu me diras, la maltraitance d'enfant c'est puni par la loi... x). C'est dommage que tu n'aie pas de compte donc du coup je vais te le dire par cette réponse : J'espère que tu as appréciais que j'ai donné vie à TON idée de blesser "un peu" gravement Danny (bon vu que t'as pas de compte, ça te protège des représailles je me suis dit xD). Je suis également super contente de ta réaction devant le pouvoir de la cutenessattitude de Akachibikawai (tu n'as pas cité de nom mais je suppose je suppose) et également de te faire savoir que tu avais raison, Danny a bien MORFLE c'est le cas de le dire... Pas encore le psychopathe, pas encore... mais ça viendra. Je ne peux pas répondre à toutes tes questions à cause de l'alerte SPOILER mais tu verras assez tôt ;). Sur ce, OVER et merci encore !
lys0212 : OUIIIII MERCI ! Quand tu m'as dit ça, j'étais TELLLLEMMMMMMENT RASSURÉE ! Ca me fait plaisir de savoir que la kawaiitude de ces petits t'ont FFKOFFKODJGFKOKQJVJCDUCICIEGUHUGFHHGUFJKJBIGFU ! Masaomi est surtout très maladroit xD. Haha non j'oublierai pas mais je compte sur toi pour me le rappeler ou comme d'habitude me pointer les incohérences ! SALUT OVER !
Regina-lily-Swan : Merchi :3. Aaaah, c'est la Pinky Promesse mais c'est vrai que même si c'est enfantin, ça reste glauque xD, surtout avec un sourire lumineux !
Ah bah figure-toi que j'y aie pensé à faire cette conversation sur les bébés mais je me suis dit... Naaaan, c'est trop tôt ! (Et puis le sujet, c'était les petits-amis donc...). Oui, moi aussi en tant que moi-même, c'est pas une bonne idée de garder ce genre de chose pour soi, au moins pour sa propre préservation, on ne sait jamais ! Voilà, j'espère que tu as aimé ce chapitre et CETTE FIN ! (Tu entends mon rire là, tu l'entends ? Hehehe)
Safira-chan : Merci à toi pour ce premier commentaire ! x) Salut à toi Safira-chan, ceux qui vont se faire (peut-être, sans doute, probablement, on verra) engueuler par review après ce chapitre te saluent ! J'espère que tu as aimé ce chapitre ou au moins que tu as apprécié de lire mon style ou qu'il ne t'a pas dérangé ! Oui, une demande en mariage ! Je trouve ça tellement mignon quand les petits s'aiment tellement qu'ils disent qu'ils vont se marier (enfin, moi j'en connaissais en tout cas). Et oui, tu supposes bien, encore un petit dossier à conserver pour le futur hehe :D ! Merci encore pour ton commentaire et A LA PROCHAINE ! :)
Lys de Pandore : Merci encore pour ton commentaire ! (Ps : au cas-où tu n'aurais pas vu ta boîte mail, vas-y, je t'ai répondu comme il le faut :) )
