Et voici le chapitre 21! Désormais, jusqu'au mois d'octobre environ, les parutions des chapitres vont être vraiment bouleversées, à cause de la rentrée universitaire. Désolée!

Bonne lecture

Fustella

Chapitre 21

Le silence régnait dans la Forêt des Mystères. Dans le château, cinq sorciers avaient remarqué comme un changement dans l'atmosphère des lieux. Quelque chose allait se produire et cela serait un tournant dans leurs vies. Ils le sentaient au plus profond d'eux-mêmes.

- Ce silence est anormal à cette heure…

- Dans la Forêt, le silence est anormal à toute heure du jour ou de la nuit, mon ami… C'est la première fois que j'entends d'ailleurs un tel silence…

- De mémoire d'homme, c'est de toute façon la première fois… Je suis sûr qu'un évènement exceptionnel se prépare.

L'homme à la longue barbe argentée qui venait de parler ne savait pas si bien dire… En effet, au même moment, dans une clairière au cœur de la forêt, venait d'apparaître un jeune garçon d'environ onze ans, habillé d'une robe de sorcier brune qui le camouflait assez bien dans la végétation hivernale, même dans la neige.

Retirant sa capuche, il s'avança dans la forêt, cherchant à atteindre la lisière. Il y arriva en effet sans se tromper, ce qui était assez étonnant vu que la Forêt des Mystères aimait perdre les inconscients qui pénétraient ses limites sans raison. La vie reprit peu à peu sur son passage et le bruit avertit les sorciers que l'événement s'était produit. Ils sortirent devant les grandes portes pour en déterminer la nature et furent assez surpris de voir cet enfant s'avancer vers eux sans aucune peur ni crainte.

Arrivé en bas des escaliers, il s'agenouilla respectueusement et tous furent assez déstabilisés de la manière dont il agissait et parlait.

- Je vous salue, messeigneurs, et je vous apporte mes hommages, milady. Pardonnez mon arrivée impromptue, mais je viens de bien loin et n'ai pas eu la possibilité de vous prévenir de mon arrivée.

Le sorcier à la barbe argentée, qui n'était autre que Merlin en personne, se ressaisit le premier, décidé à connaître ce voyageur si jeune et si noble.

- Nous vous pardonnons, jeune homme, mais nous aimerions savoir à qui nous avons affaire…

L'enfant sourit.

- J'ai porté tant de noms et de surnoms depuis ma naissance que j'ignore si vous avez pu entendre parler de moi par ceux qui m'attendaient ou m'ont fait venir. Néanmoins, je crois que le mieux est toujours la vérité. Je suis de mon vrai nom Harry James Potter.

Un homme, aux cheveux oscillant entre le blond très pâle et l'argent, fronça les sourcils.

- Potter ? N'est-ce pas un nom de la lignée des Gryffondor ?

De nouveau, le jeune garçon sourit. Ses yeux pétillaient quelque peu et Merlin s'en amusait assez, car il prouvait que ce nouveau venu ne craignait pas le sorcier, qui était tout de même Salazar Serpentard, un des sorciers les plus intimidants de sa génération.

- En effet, Milord, mais je ne suis pas seulement un Gryffondor. Je suis tout autant un Serpentard, un Serdaigle ou un Poufsouffle.

- Vraiment ?

Salazar avait haussé un sourcil, pris entre la moquerie et l'agacement. Ce que cet enfant disait était impossible ! Les Potter étaient la famille de la sœur de Godric, et aucun membre de la famille des autres fondateurs n'en faisait partie !

- Vous m'avez l'air sssssusssspicccccieux, SSSSSir SSSSalazzzzzar SSSSSSSerpentard…

Ce sifflement sorti de la bouche du jeune voyageur les fit sursauter. Mais le plus surpris était sans conteste le Fondateur de la maison des Serpents. Ce gamin connaissait son nom ! Il savait qu'il était fourchelang !

- Co…Comment ?

- Je suis fourchelang depuis qu'un de vos descendants m'en a offert le don en tentant de me tuer, Sir Serpentard.

Alors que les autres fondateurs allaient intervenir, Merlin les coupa.

- Nous devrions parler de tout cela à l'intérieur. Je suis curieux de savoir ce que ce jeune homme désire…Un si jeune enfant n'entreprend pas un voyage seul sans raison, d'autant plus si ce voyage est long.

Obéissant au vieux sorcier, ils se dirigèrent dans le bureau directorial, celui qui plus tard serait celui tant de directeurs jusqu'à Albus Dumbledore. Harry observa les sorciers. Merlin ressemblait un peu à Dumbledore, avec sa longue barbe et sa longue chevelure. La seule différence était la couleur argentée de celles de Merlin, celles d'Albus étant blanches. Il avait des yeux pétillants, pleins de sagesse et de malice, tout à la fois. Sa robe était bleue pailletée d'argent, comme une nuit étoilée. Godric avait les cheveux noirs et les yeux bruns-rouges. Il était chaleureux et rayonnait de force et de courage. Il portait une robe rouge feu ouverte sur le devant, laissant plus de confort en combat ou dans les mouvements rapides. Il avait déjà détaillé Salazar, si semblable à Draco par la chevelure blond argenté et les yeux bleus-gris. Il semblait différent de celui dont parlaient les livres ! Il était le calme et la noblesse incarnée, d'une maîtrise de soi impeccable. S'il n'avait pas déjà connu le sorcier de par les tableaux, il se serait posé bien des questions. Sa robe verte semblait être conçue pour être à la fois confortable et pratique, adaptée à l'art complexe des potions. Rowena avait des cheveux cuivrés et des yeux perçants de la couleur du ciel. Elle transpirait l'intelligence et la sagesse. Gracieuse, elle semblait flotter et non marcher. Sa robe bleue, ample aux manches pour accentuer les mouvements qu'elle faisait, était de coupe moyenâgeuse, comme les châtelaines de l'époque. Restait Helga, la douce Helga aux yeux forêt et aux cheveux d'or. Elle était entourée d'une aura maternelle, douce, chaleureuse et généreuse. Sa robe jaune était plus courte que celle de sa collègue, afin de ne pas se prendre dans les ronces basses de la forêt. Elle n'était pas non plus ample et elle portait des gants, comblant ainsi le manque de tissu pour la réchauffer en hiver. Ces gants devaient aussi lui servir pour la Botanique.

Godric était le Feu, Salazar l'Eau, Rowena l'Air et Helga la Terre. Rien qu'à les voir, cela sautait aux yeux. Et Merlin… Merlin était comme l'espace, un univers empli d'étoiles et de mystères. Un peu comme lui.

Dans la pièce aux cinq bureaux, Harry prit place dans un fauteuil, au centre du demi-cercle formé par les meubles. Les cinq sorciers s'installèrent derrière leurs bureaux et fixèrent le jeune garçon, tentant d'en apprendre plus sur lui par son apparence. Il était petit, fluet, mais semblait plein de ressources. Sa robe brune était pleine de poussière et de boue, elle était un peu déchirée. Mais pas assez pour un long voyage, juste comme s'il n'avait fait que traverser la Forêt. Son regard à l'intense couleur émeraude semblait plein de sagesse et de maturité mais une étincelle de douleur subsistait. Anormal pour un si jeune enfant. Comme s'il en avait trop vu. Pourtant, ses yeux pétillaient en les regardant, ce qui les rassurait, même si ces lueurs étaient tout aussi étranges. Trop… matures. Elles ressemblaient à celles des yeux de Merlin, pas à celles de leurs enfants du même âge. Il semblait les connaître depuis longtemps et savoir comment chacun réagissait. Poudlard ne semblait pas plus l'étonner, pas plus que les étranges phénomènes qui s'y produisaient. Merlin trouvait tout cela des plus intéressants. Cet enfant attisait sa curiosité légendaire.

- Jeune homme, vous vous êtes présenté comme un Potter, mais je suis moi-même lié à cette famille par ma sœur. Et je peux vous assurer qu'aucun Harry James Potter n'en fait partie.

Harry leva ses yeux sur un Godric Gryffondor assez déstabilisé. Il sourit.

- Pas encore, sans doute… Je ne suis pas encore né.

Cette fois, les quatre Fondateurs avaient les yeux grands ouverts, sous le choc. Merlin souriait à travers ses mains croisées devant son visage. Ceci expliquait peut-être certaines choses…

- En quelle année êtes-vous né, dans ce cas ?

- Je suis né en l'an 1980, soit dans 988 ans, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs. Je viens de l'année 1992 pour vous rencontrer.

Godric se leva soudainement.

- IMPOSSIBLE ! Les voyages dans le temps sont impossibles !

- Impossible n'est pas Magie, Lord Gryffondor. Et j'ajouterai même, dans mon cas, qu'impossible n'est pas Merlin.

Les quatre sorciers se tournèrent vers le vieux mage qui avait relevé un sourcil à l'entente de son nom. L'enfant était clairement amusé par l'incrédulité peinte sur les visages des Fondateurs.

- Moi ?

- Oui, Sir Merlin. Si je suis ici, c'est parce que j'ai besoin de votre aide. J'ai besoin d'instruction et vous êtes les seuls à être à même de me donner celle dont j'ai présentement besoin. Ou plutôt devrais-je dire « nous ». C'est pourquoi vous m'avez donné le moyen de renverser les barrières du temps et de l'espace.

- Nous ?

- En effet, Lady Serdaigle, il y a un « nous ». Mais je pense que ce sera plus facile pour vous de me comprendre si je vous raconte mon histoire. Mais je tiens à vous prévenir qu'elle est longue et complexe.

Les cinq sorciers acceptèrent et emmenèrent le garçon vers le salon de leurs appartements privés, la seule pièce qui reliait leurs cinq appartements. Une fois bien installés, après avoir assuré à Harry qu'aujourd'hui était un jour de congé, ils se préparèrent à entendre une histoire qu'ils devinaient intéressante.

Ils ne furent pas déçus.

Plusieurs fois, il y eu des cris de colère ou d'horreur, des larmes ou des questions. Personne n'osait croire tout ce que l'enfant avait traversé. Rowena et Helga avaient tenu à ce qu'il parle de ce qu'il avait vécu chez les Dursley sans rien omettre, de façon à ce qu'elles puissent mesurer l'étendue de ce qu'il avait traversé et l'aider à dépasser les traumatismes qui, elles le sentaient, le tourmentaient toujours. Et le récit de tout cela les avait choqué. Les femmes ne pouvaient croire qu'un enfant puisse subir tout cela en sachant que ce n'était que le début, Gryffondor était furieux qu'un de ses descendants ait pu être ainsi traité, Merlin était accablé par les actes de la communauté sorcière et par le destin de cet enfant. Mais le plus choqué de tous était sans conteste Salazar Serpentard. Il n'arrivait pas à croire que le monstre qui était derrière tout cela était de son sang. Il en avait honte, c'était une tâche sur son honneur, une tare dans la lignée des Serpentard. Et penser que lui-même était vu comme un être abject lui retournait l'estomac.

Quand Harry eut fini et que le silence se fit dans la pièce, chacun resta plongé dans ses pensées. La nuit était venue et ils avaient pris leurs repas du midi et du soir dans la pièce. L'enfant se leva et alla poser une main réconfortante sur l'épaule de Salazar qui se tenait le visage dans les mains. L'homme tourna son regard de glace vers lui et rencontra un visage triste et compréhensif. Aucune pitié dans ce regard vert, et il en était reconnaissant. Il ne l'aurait jamais supporté et il sentait qu'Harry le savait.

- Vous n'êtes pas lui. Vous n'avez pas à en avoir honte car vous n'avez rien à voir avec lui. Il n'est plus un homme, vous, vous l'êtes encore. Et vous le serez toujours, peu importe ce qu'on dira de vous dans le futur. Tant que vous vivrez fidèle à vous-même et que ceux que vous aimez savent qui vous êtes réellement, vous n'aurez pas à vous en faire pour les racontars. Vous ne leur devez rien. Et il y aura toujours des gens pour vous aimer tel que vous êtes vraiment, au-delà des illusions des on-dit. A mon époque, il y en a toujours. Il y a moi, mes oncles, mes tantes, mes cousins et cousines, mes amis. Même si certains ont mis des années avant de comprendre et ont eu besoin d'aide, ils vous respectent tout autant que les autres et savent qui vous êtes.

Le silence se fit après cette tirade et Salazar eut un triste sourire.

- As-tu vraiment onze ans ?

Harry soupira tristement. Ses yeux se firent tristes, la douleur les traversant soudainement. Puis il eut un sourire tout aussi douloureux.

- Peut-on seulement dire que j'aie été un enfant ? Parfois, moi-même je ne sais plus trop ce que je suis…

Devant son air malheureux, Rowena et Helga le prirent dans leurs bras, jetant un regard noir à Salazar. Mais Harry les rassura.

- Il ne voulait rien de mal, vous savez. Je pense que c'est normal de se poser la question. Je me serai posé la même…

Puis, alors que les femmes le libéraient, il se tourna vers l'homme qui était un peu ennuyé. Et son sourire se fit plus doux.

- Sir Salazar, moi aussi je suis victime de ce que disent les gens. Si j'avais été à Poudlard, qui sait ce que j'aurai vécu ? J'aurai été une cible facile pour mes ennemis et pour les moqueries. Mon don de Fourchelang, qui m'a donné ma première amie, aurait été une cause de douleur. Avez-vous honte de vous, Milord ?

- Moi ? Non ! Non, pas du tout !

Harry se tourna vers les autres.

- Et vous ? Avez-vous honte de lui après ce que je viens de vous dire ?

Godric nia vigoureusement et les trois autres le suivirent sans hésitation. Harry eut un grand sourire joyeux.

- Alors, où est le problème ? Tant que vous vivrez fièrement et fidèlement à ce que vous êtes, tant que d'autres vous croient, quel est le problème si des gens du futur, que vous ne connaissez pas et qui ne vous connaissent pas, pensent autrement ? Vous ne serez plus là pour en recevoir les effets !

Les adultes ne purent que sourire devant ce petit bonhomme joyeux malgré sa peine qui poursuivit dans sa lancée.

- Et puis, je vous en ai présenté qui vous connaissent tel que vous êtes ! Et ce ne sont pas seulement des Serpentard ! En plus, mon oncle, le Directeur des Serpentard, tente de rendre à votre maison et à votre mémoire l'éclat d'autrefois ! Comme quoi les choses peuvent évoluer !

Et devant sa volubilité et ses grands gestes, devant le retour momentané à l'énergie de l'enfance, ils ne purent que sourire davantage, et même de rire, partageant son dynamisme. Salazar le regarda et le questionna.

- Et toi, petit Harry, as-tu honte de ce que tu es ?

Le silence fut soudain, les adultes attendant la réponse du voyageur temporel qui avait un sourire doux à nouveau.

- Pourquoi aurais-je honte ? Je suis fier d'être ce que je suis, d'avoir hérité de vous tous… Je suis fier d'être Harry James Potter, fier d'être moi…

Salazar ébouriffa sa chevelure corbeau. Il commençait à vraiment apprécier ce petit gamin.

- Alors, c'est parfait ! En ce qui me concerne, je vais vous aider le mieux que je peux ! Je ne pourrai plus me regarder dans la glace si je ne faisais pas de mes héritiers véritables des personnes dignes et fortes, capables de surpasser cette mauvaise copie d'être humain qui se prend pour un digne héritier ! A partir de ce moment, il n'est plus mon héritier !

- Je suis d'accord !

- Moi aussi !

- J'en suis !

- Puisque tout le monde est d'accord, allons nous coucher. Nous discuterons demain de la meilleure manière d'arranger les entraînements d'Harry et ses amis. Au lit !

Et dans un éclat de rire, les Fondateurs et leur Hériter obéirent à Merlin, installant le jeune homme dans le sixième appartement, celui des invités de la famille.

Poudlard, 16 janvier 1992

- GRANGER, WEASLEY, LONGDUBAT ! RETENUE ET 30 POINTS EN MOINS A GRYFFONDOR !

La salle de Potion était plongée dans le silence. Le Professeur Rogue fulminait, invectivant ses souffre-douleur favoris. Tous les trois avaient été répartis en une équipe pour la réalisation d'une potion calmante qui venait d'exploser. Leurs tentatives d'explication avaient énervé l'enseignant qui venait de leur hurler dessus.

Les Serpentard ricanaient, les Gryffondor étaient outrés. Ils avaient tous vu Parkinson saboter le précieux mélange en revenant de la réserve d'ingrédients. Mais ce qu'ils ne savaient pas, c'était que les trois élèves avaient sauté sur l'occasion pour recevoir une retenue qui leur permettrait de rencontrer leur professeur. Comme ce dernier avait reçu leur signe de connivence, il avait joué le jeu. Et par le lien mental qu'il commençait également à développer avec les enfants et les autres Ombres, il avait fait comprendre à Draco que sa visite était ardemment souhaitée au moment de ladite retenue. Un acquiescement discret lui signifia que le message était bien passé.

Les élèves quittèrent le cours à la sonnerie, sauf les trois Gryffondor et le Serpentard que Severus retint un moment.

- Vous trois, dans mon bureau ce soir à 20h. Aucun retard à tolérer, suis-je clair ? Maintenant, filez !

Les trois enfants acquiescèrent et partirent. L'homme se tourna alors vers son filleul qui était attendu devant la porte par sa clique. Il s'agissait d'être fin.

- Monsieur Malefoy, j'aimerai vous parler de vos résultats actuels. Vous viendrez me voir ce soir à 20h30. Sans faute, n'est-ce pas ?

- Vous pouvez compter sur moi, monsieur.

Et il partit à son tour.

Séverus resta seul, attendant la classe suivante, celle des Jumeaux Weasley. D'autres têtes à surveiller… Ils étaient très doués en potion mais s'ingéniaient à en faire le moins possible en classe, n'hésitant pas à rater leurs expériences pour le simple plaisir de le voir enrager. Ca ressemblait assez à un comportement Maraudeur, tiens…

Puis ses pensées dérivèrent vers ses amis, Sirius et Rémus. L'un était en train de veiller sur leur neveu qui venait de rentrer de son voyage dans le temps avec quelques lettres. Il semblait qu'il avait fait un détour par les années 70'. L'autre venait de trouver un travail dans le monde moldu, dans une bibliothèque. Il était content pour lui, il avait besoin de sortir, de travailler, même si la présence du petit garçon lui avait fait un bien fou. En fait, Harry les avait tous soignés, d'une certaine façon.

Penser à Harry lui fit penser à ses enfants. Que faisaient-ils ? Si ses souvenirs étaient bons, Sylvain avait déjà brisé les barrières de son lui enfant. Et Tania s'était liée à Elena et Lily, ainsi qu'à Rémus, Sirius et James. Elle repoussait au maximum le moment de se lier à Peter. Et il ne l'en blâmait vraiment pas !

Alors que ses élèves commençaient à entrer et à s'installer, il fronça les sourcils. Il avait l'impression qu'il y avait quelque chose qu'il ne devait pas oublier…

Soudain il se souvint !

Il se leva d'un bond, faisant sursauter ses étudiants, et, après leur avoir aboyé de l'attendre et de sortir leurs affaires, il se précipita dans ses appartements. Là, il se tourna vers le calendrier magique et retint un juron.

Là, marquées en rouge, ressortaient deux dates :

20 Janvier : anniversaire de Sylvain

29 Janvier : anniversaire de Tania

Il prit une grande inspiration pour se calmer et retourna en classe, faisant de nouveau sursauter sa classe par son entrée fracassante. Tandis qu'il observait ses élèves faire leur potion, les reprenant et les houspillant à l'occasion, son esprit marchait à cent à l'heure.

- Merde ! J'avais complètement oublié ! Il faut que je leur trouve un cadeau ! Peut-être même que je pourrai aller les voir ? Ah mais non, ils sont à Poudlard… Bon sang, j'ai plus beaucoup de temps…Bon, ne surtout pas oublier d'aller voir Dymion tout à l'heure pour écrire à Harry… Il pourra m'envoyer des catalogues et me conseiller, comme ça je pourrai commander leurs cadeaux. Ou profiter de ce week-end pour aller à Pré-au-Lard et faire mes achats avec lui… Oui, je vais faire ça…

Rassuré sur le temps qui lui restait, il se calma et reprit son parcours dans la classe, arrêtant les Jumeaux Weasley qui essayaient de faire exploser la potion de leur voisin, un Serpentard. Décidemment, ces deux-là étaient intenables !

Poudlard, même jour.

Hermione écoutait attentivement le Professeur Binns raconter d'un ton monotone la révolution des Gobelins de 1728. Sa plume enchantée prenait tout en note, invisible des autres élèves qui ne faisaient attention à rien. Derrière elle, Ron et Neville semblaient tout aussi attentifs, ce qui était un fait surprenant. Mais les autres étudiants avaient rapidement cessé de s'interroger sur les étranges attitudes de ces trois-là. Ils avaient conclu qu'Hermione avait déteint sur eux – à la grande horreur des Jumeaux ! – sans se douter qu'en réalité ils discutaient mentalement, joignant parfois leur amie à la conversation. Bien que passionnée par les études, Hermione trouvait la manière d'enseigner de Binns franchement barbante après avoir eu droit aux cours d'Histoire de Rémus Lupin et ceux de Morgane. Et comme elle savait que cette matière serait revue avec eux, elle pouvait bien se permettre de décrocher, surtout si leurs plumes prenaient tout en note. Elle n'avait ainsi plus rien à faire.

En ce moment, ils discutaient au sujet des anniversaires des Rogue.

- Sylvain aimerait peut-être un accessoire de Quidditch ?

- Sauf qu'il ne joue pas au Quidditch, Ron. Je veux dire… Il joue avec ses cousins et sa sœur, pas dans une équipe de Poudlard. Il aime voler, c'est sûr, mais ce sport ne lui sert qu'à se défouler, se vider la tête.

- Il n'en joue pas, mais il aime tout de même… Pourquoi pas un livre sur les équipes existantes ici ?

- Bien vu, Neville. Ok pour moi, je lui offrirai un livre sur le Quidditch, mais je compte sur vous pour m'aider à le choisir…

- Entendu. Moi, je lui offrirai bien un assortiment d'ingrédients pour Potions.

Ron dut retenir une grimace, songeant aux prix des ingrédients de base.

- Ils coûtent cher, non ?

- Pas si je me procure une partie des ingrédients par moi-même. Avec l'aide d'Harry, il n'y aura pas de problème.

- Bon raisonnement. Et toi, Hermione, tu penses lui offrir quoi ?

- Je ne sais pas trop… Je pensais plus à un truc moldu, mais s'il le reçoit à Poudlard, ça risque d'être difficile… Une série de romans, peut-être ? Il aime lire et c'est facilement camouflable. Je demanderai de l'aide à Harry.

- Pourquoi pas ? Euh… les amis ?

- Oui, Nev ?

- Le cours est fini…

En effet, tout le monde commençait à ranger alors qu'ils étaient toujours immobiles. Riant sous cape de leur absence, ils prirent leurs affaires et quittèrent la classe pour rejoindre la Tour des Gryffondor. Ils déposèrent leurs affaires dans leurs dortoirs avant de se retrouver dans la salle commune. Ils y reprirent leur discussion sans user de leur lien télépathique.

- C'est bon pour Sylvain. Et Tania ? Qui lui offre quoi ?

- Je pensais lui offrir la même chose que pour son frère, des romans moldus. Plus dans son style, évidemment. Et vous ?

- Un objet de Quidditch ?

- RON ! Quidditch, toujours Quidditch ! Tu n'as rien d'autre en tête ?

- Ben, on dit toujours que quand on sait pas, on offre des cadeaux comme on aimerait en recevoir…

Devant cette explication, Hermione se calma. C'est vrai qu'offrir un cadeau à une fille, pour quelqu'un de si maladroit avec la gent féminine, c'était une tâche ardue.

- Après tout, c'est possible. Elle adore le Quidditch, après tout. Comme sa mère !

- C'est vrai ? Vous pensez qu'elle aimerait une paire de gants pour poursuiveur ? C'est bien son poste favori ?

- C'est une excellente idée ! Et toi, Nev' ?

Neville avait encore plus de mal que Ron à déterminer quel cadeau serait le mieux pour la jeune fille. Il eut soudain une idée de génie en songeant au caractère explosif de leur amie.

- Des feux d'artifice ! Vous savez, de ceux qui écrivent des mots ou des figures dans le ciel !

- De quoi vous parlez ?

Les trois première année se tournèrent vivement pour tomber nez-à-nez avec Lee Jordan et les Jumeaux Weasley. Evidemment, toujours là où on les attend le moins ! Neville fut le premier à réagir, usant de son assurance nouvelle.

- Hermione nous demandait des idées de cadeaux sorciers pour une de ses amies ! Vous voulez nous aider ?

Toujours un peu méfiants, les trois troisième année semblèrent cependant accepter l'explication. Comme ils avaient à faire, ils refusèrent l'offre et allèrent s'installer non loin des trois plus jeunes, à distance suffisante pour les entendre. Mais les plus jeunes avaient bien compris leur idée…

- Bon, je crois que j'ai assez d'idées ! Merci, les garçons !

- De rien ! Que fait-on maintenant ? On se met au devoir de métamorphose ?

- Plus vite commencé, plus vite fini ! Je suis d'accord, Nev'. Hermione ?

- Je dois aller à la volière, commencez sans moi, je vous rejoins. Vous allez à la Bibliothèque ?

- Non, je pensais commencer avec nos propres livres et connaissances et aller ensuite en Bibliothèque. Ca vous va ?

- C'est parfait ! J'y vais ! Je vais au Repaire, j'ai des notes à dupliquer pour Harry.

- Ok, à toute ! Vérifie si Godric est passé, s'il te plaît. On ne sait jamais.

Hermione les quitta sur ces mots alors que les deux autres allaient chercher le nécessaire dans leur dortoir avant de redescendre s'installer à une table de la salle commune, bien en vue des trois curieux.

Ils ouvrirent leurs manuels de base, prirent les notes complémentaires d'Harry et les cours particuliers des Fondateurs sur la matière concernée, qu'Harry leur envoyait de façon à suivre le rythme de leur ami. Georges, qui se leva discrètement sous l'excuse de leur emprunter une plume et un parchemin, fut cependant assez surpris lorsque, tentant de lire les notes, il découvrit un langage complètement incompréhensible, créé par les Ombres pour plus de sécurité.

Pendant que les garçons plongeaient dans leur devoir, Hermione dupliquait les notes destinées à Harry. Le long d'un mur se trouvait une armoire à casiers, fermés par un mot de passe, sauf un. Elle rangea les parchemins dans le casier à cet effet et alla vérifier dans celui qui était ouvert si Godric, Hedwige ou un des hiboux que chacun d'eux avait reçu en cadeau de Noël avaient apporté du courrier. En effet, plusieurs petits tubes ou paquets de carton s'y trouvaient, portant le nom du destinataire (ou le mot « Ombre » s'ils étaient tous concernés) et contenant les lettres du passé ramenés par le phénix. Elle allait s'emparer de ceux des Gryffondor quand elle se souvint qu'ils allaient rencontrer Severus et Draco après le dîner. Au lieu de les confier à leurs hiboux pour qu'ils les reçoivent le lendemain matin, pourquoi ne pas les leur remettre ce soir ? Elle prit celui de Severus et allait prendre celui du Serpentard quand la porte s'ouvrit.

- Licorne ! Y'a du courrier ?

La jeune fille haussa un sourcil à la tenue de son ami. Débraillé, tel était le mot.

- En effet. Mais dis-moi, que signifie cette tenue ? Elle n'est guère digne d'un Malefoy !

- M'en parle pas ! Figure-toi que j'ai eu toutes les difficultés du monde à me débarrasser de cette gourde de Parkinson ! Y'a quelque chose pour moi ou c'est collectif ?

Hermione lui lança son paquet et le regarda remettre un semblant d'ordre dans sa tenue.

- Comment se fait-il que tu sois là ? Je croyais que tu devais rester avec ces chers Serpentard et que tu ne pourrais pas venir aujourd'hui ?

Draco grommela et s'assit lourdement dans un fauteuil, allumant le feu d'un coup de baguette avant d'ouvrir la boîte de carton.

- C'est juste que je me suis rappelé un truc…

- Un truc ?

- Tu vas te moquer de moi…

- Laisse-moi deviner… Les anniversaires de Tania et Sylvain ?

Abandonnant le paquet dont il sortait les lettres et colis, Draco se retourna vivement.

- Co…Comment ?

- Neville et Ron avaient oublié aussi. Simple question de logique. Alors, tu as une idée de cadeau ?

Le Serpentard soupira :

- Je ne sais pas trop… Vous avez choisi quoi ?

Hermione lui répondit puis, voyant l'heure, le quitta rapidement. Sur le chemin qui la menait à la tour Gryffondor, elle se mit à songer à tout ce qui lui était arrivé depuis son entrée dans le monde magique. Elle était une nouvelle venue, pourtant elle savait que ce qu'elle vivait était exceptionnel, même pour un sorcier. Elle, Héritière de Rowena Serdaigle, était une amie avec l'Héritier de Merlin, un jeune garçon surdoué et extraordinaire malgré son jeune âge. Elle allait suivre en parallèle avec ses études à Poudlard l'enseignement des plus grands sorciers et mages de tous les temps. Elle voyageait dans le temps pour les rencontrer ! Elle était destinée à vivre un destin exceptionnel, c'était ce que Merlin et les Fondateurs lui avaient dit. Et tout ça alors qu'elle était une fille de Moldu, de simples dentistes ! S'ils savaient, s'ils pouvaient comprendre, comme ils seraient fiers d'elle !

Hermione appréciait cette vie, même si elle savait qu'elle serait risquée. Mais peu lui importait, car elle sentait qu'avec ses amis, rien ne pouvait l'arrêter ! Même les moqueries et insultes des autres étudiants lui glissaient à présent dessus sans l'atteindre.

Comme disait Harry : Vis fidèle à toi-même, fièrement et noblement, suis ton cœur et tes convictions, et tant que ceux que tu aimes savent qui tu es et que tu es fière d'être ce que tu es, le monde qui t'entoure n'aura aucune importance si le tien tourne rond.

C'était ce genre de réplique qui les aidait à avancer sans perdre pied. Ils y puisaient leur raison d'être. Toujours. Et grâce à elles, ils pouvaient avancer la tête haute.

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