Après « The tower »2-15

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John Sheppard entra dans le laboratoire, étonné de ne pas y voir son amant. Le scientifique ne se trouvait ni au mess ni dans ses quartiers. La veille au soir ce dernier s'était senti fatigué et lui avait fait comprendre qu'il souhaitait prendre une bonne nuit de sommeil. John n'avait pas été plus étonné que ça. Après la mission qu'ils venaient d'effectuer c'était normal qu'il désire se reposer un peu et il avait donc dormi seul dans ses quartiers.

Cela lui avait fait bizarre, il avait perdu l'habitude. Rodney lui avait manqué. Son corps chaud lové contre lui, les mots murmurés dans son sommeil et même ses gesticulations nocturnes.

-Où est McKay ?

-Zelenka haussa les épaules.

-Il est passé à l'aube prendre ce dont il avait besoin et m'a laissé un message avec quelques consignes. Je ne sais pas si je vais pouvoir m'habituer à ce calme, ça me rend nerveux. Il me manque déjà.

Le cœur du militaire s'accéléra. Mais que racontait Radek ?

-Je ne comprends pas, il n'est pas parti tout de même ?

-Ecoutez colonel, répliqua le tchèque gêné, si vous voulez plus d'explications, adressez-vous au docteur Beckett. C'est son meilleur ami, il vous renseignera.

Mais qu'est-ce que tout ça voulait dire ? John Sheppard haussa un sourcil et passa nerveusement la main dans ses cheveux. S'il s'était passé quelque chose de grave, il aurait été le premier informé, non ?

Manifestement Zelenka ne lui en dirait pas plus. Il lui avait déjà tourné le dos et reprit ses occupations. Il était évident qu'il voulait le voir s'en aller.

Le militaire courut en direction de l'infirmerie. Maintenant qu'il y réfléchissait le scientifique n'avait pas l'air d'aller bien du tout, la veille. Pas physiquement, ça non, mais il était resté étrangement silencieux et lointain tout le temps du retour de la mission. Quand il avait essayé de lui parler, il avait répondu à mi-mots et fermé les yeux. John en avait déduit qu'il était fatigué et que c'était bien normal, il n'avait pas insisté. Et puis Rodney s'était rendu à l'infirmerie et avait déclaré à John qu'il allait se coucher.

Il fit irruption dans l'infirmerie en coup de vent et bouscula une infirmière qui portait un plateau chargé d'éprouvettes qui tanguèrent dangereusement. Par chance elle eut le réflexe de le redresser à temps et les petites fioles fixées dans leur support reprirent leur place initiale.

-Excusez-moi, s'exclama le militaire, je suis pressé. Je cherche le docteur Beckett !

-Le docteur vous attend dans son bureau, colonel Sheppard, répondit l'infirmière en le toisant d'un regard désapprobateur.

Cette réponse confirma ses doutes. Il se passait quelque chose mais quoi ?

La porte était ouverte. Le médecin l'attendait assis derrière son bureau. D'un geste il l'invita à fermer la porte et prendre un siège. Le militaire en déduisit aussitôt que ce n'était pas bon signe.

-Où est Rodney ? Demanda t-il sans préambule. Que lui est-il arrivé ?

-Je tiens d'abord à vous rassurer John, j'ai examiné avant son départ, il va bien.

-Son départ ? Le militaire bondit de son siège, il est parti ? C'est une plaisanterie où quoi ! Mais pourquoi est-ce qu'il ne m'en aurait pas parlé ?

-Rappelez-vous colonel, à la première réunion nous avons envisagé l'éventualité d'un séjour de Rodney hors d'Atlantis et…

-Mais pas comme ça, pas sans moi, vous n'avez pas le droit ! s'écria le militaire penché sur le bureau du médecin, vous allez me le faire revenir tout de suite, sinon…

-Sinon quoi ? S'enquit Beckett nullement intimidé en le regardant droit dans les yeux, ce n'est pas la peine de me menacer colonel, vous n'arriverez à rien comme ça alors maintenant reprenez vous et regagnez votre siège avant que j'appelle la sécurité de l'infirmerie.

Le militaire hésita quelque seconde puis baissa les yeux et se rassit. s'il voulait savoir où se trouvait Rodney il lui faudrait en passer par les exigences du médecin, c'était évident. Et dire qu'il le croyait leur ami !

-Je ne suis pas votre ennemi John, reprit Carson comme s'il avait lu dans ses pensées, je suis l'ami de Rodney et un peu le votre par la même occasion, enfin, je l'espère, j'essaye seulement de vous aider tous les deux.

-Vous avez une drôle de façon de le faire, grinça le militaire, en l'éloignant de moi !

-Là vous faites erreur, c'est Rodney lui-même qui l'a demandé. Je vous précise en passant qu'il n'est parti que pour deux ou trois semaines. Disons qu'il s'agit pour lui de vacances. Il a précisé qu'il avait besoin de réfléchir.

-Il m'a quitté, admit le militaire, j'y crois pas, il m'a quitté, mais qu'est ce que j'ai fait nom de dieu ? Personne ne l'aime plus que moi ! Pourtant tout allait bien, je ne comprends pas. Il vous a dit quelque chose ?

-John, répliqua patiemment le médecin, il s'est passé des choses sur cette mission. Tout d'abord cette fille, Mara…

Le médecin s'arrêta quelques secondes, laissant le militaire devenu cramoisi bredouiller des explications.

-Elle..elle a essayé de me séduire, je ne voulais pas…John Sheppard n'alla pas plus loin se rendant compte qu'il oubliait de mentionner qu'il avait bien rendu le baiser, qu'elle était nue devant lui et qu'il n'avait réagi que quand il s'était rendu compte que la belle escomptait bien le remboursement de ses faveurs en lui passant la bague au doigt.

-N'entrez pas dans les détails John, ça ne m'intéresse pas. Quoique après l'histoire avec Teer ce n'était pas très judicieux de remettre ça…

-Mais je croyais que vous m'aviez abandonné ! se justifia le militaire, pour deux heures pour vous il s'était passé six mois dans ce monde, vous n'allez pas remettre ça sur le tapis maintenant !

-Ce n'est pas de moi qu'il s'agit John mais de Rodney. D'autre part il y a plus grave, vous avez risqué sa vie en lui ordonnant de démarrer les moteurs dans les catacombes de cette cité en sachant que le sol était instable et que tout risquait de s'écrouler sur sa tête. Ca, moi aussi j'ai de la peine à le digérer, continua le médecin d'une voix dure et nos amis aussi, je vous l'assure. Il n'y a guère qu'Elisabeth pour prendre votre défense, et encore ! Bon, il faut dire qu'elle vous a toujours soutenu mais heureusement elle a abondé dans notre sens quand nous lui en avons parlé.

-Carson, articula le militaire, je n'avais pas le choix, il fallait que je prenne une décision. Vous croyez que ça a été facile pour moi ? Les habitants du village d'un coté et Rodney. Et puis j'étais persuadé qu'il ne lui arriverait rien, je…j'ai aussi pensé qu'il exagérait un peu, vous savez comme il est.

-N'empêche qu'il a cru que tout le monde se désintéressait de lui. Teyla et ensuite vous. Et vous savez comme il est à fleur de peau en ce moment, il ne lui en a pas fallu plus pour craquer. Ecoutez, prenez-le du bon coté, il vous reviendra.

-J'aurai dû m'occuper de lui hier soir, lui parler, lui expliquer. Comme il ne disait rien j'ai pensé que ce n'était pas important pour lui, qu'on avait le temps…Où est-il ? Questionna t-il en se levant de son siège, je vais lui expliquer tout ça, il comprendra.

-Rasseyez-vous John. Même si c'est dur pour vous il faut respecter son souhait et lui laisser un peu de temps. Il a pas mal encaissé ces dernières semaines, Teer, le goa'uld et cette bombe qui menaçait d'exploser, vous vous rendez-compte à quel point il a été sous pression ? Ajoutez à ça son enfermement dans un jumper sous des millions de litres cubes d'eau et maintenant la mission avec cette fille et ce qu'il a ressenti dans les catacombes, il faut le comprendre ! ( 1 )

Vaincu le militaire reprit place.

-Et s'il a un problème, qu'est ce qu'il va faire ?

-Il a une radio John et j'irai le voir plusieurs fois par semaine. D'autre part Teyla va en profiter pour séjourner quelques jours dans la maison de sa grand-mère qui est maintenant inoccupée et ce serait bien que le major Lorne reste aussi, si vous êtes d'accord, bien sûr. Ils sont partis ce matin, à l'aube.

-Donc ils sont sur le continent, chez les athosiens. C'est moi qui aurait dû être là-bas, pas Lorne..

-John, soyez patient, considérez qu'il prend quelques jours de vacances bien méritées et il est entre de bonnes mains.

-Loin de moi.

-Oui, loin de vous.

-J'ai besoin de lui Carson !

Le médecin fit le tour du bureau et posa une main compatissante sur son épaule.

-Et il a besoin de vous, allez, courage, il reviendra et vous aurez un magnifique bébé, vous verrez. Il ouvrit un placard et en ressortit un flacon qu'il tendit au militaire.

-Tenez, goûtez,Uisge Beatha, comme on dit en gaélique, whisky pour vous, confirma t-il, ça ne peut pas vous faire de mal.

-Merci Carson, et désolé pour tout à l'heure, répondit le militaire en buvant une gorgée bientôt suivi d'une autre, puis d'une encore..

-Hey ! c'est pas du Bourbon ça se déguste ça ! s'offusqua le médecin en s'emparant du flacon. Il le leva et porta un toast. A la santé du futur bébé et de ses terribles parents ! Il en but une bonne lampée et le reposa dans son abri.

-Carson, vous direz à Rodney que…

-Je peux lui passer des messages.

-Vous savez, moi, écrire c'est pas mon truc Carson.

-Allez, tout le monde peut le faire, il suffit de le vouloir John, faites un petit effort !

A suivre…

( 1 ) Episodes 2-12 à 2-15